//if. / ^^^. v.>j*V '■■V»^ '--^ ^ P^ } ^fy V V ^:-' ^^i j>^' Vi' \ ^t HARVARD UNIVERS ITY LIBRARY OF THE MUSEIM OF COMPARmVE ZOOLOGY FROM THE WILLARD PEELE HUNNEWELL ( C L A s s O F I 9 O 4} MEMORIAL FL^D The income of thisfund is used forthe purchase of entomological books ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. niPRIJIElUE I)'niPl'OLYTE TILLURD Rue Si Hyaciiillio Sl-.Midii;l , 5i>. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. Nalura maxime miranda in miniinis. TOME ONZIEME. PARIS , CH. PITOIS, ÉDITEUR. ON SOUSCRIT : CHEZ p. BERTRAND, LIBRAIRE, RUE ST-ANDRÉ-DES-ARCS, 58. Strasbourg, Y" LEVRAULT, rue des Juifs, 33. IS42. ^^ ^ >fl ^ >^^ fi C > J' TTOT El !9I7 ir par an , de : 24 fr. pour les membres résidant à Paris. 26 fr. — — en France et à l'étranger. Les membres résidants paient leur cotisation d'avance et par tri- mestre. (Règl., art. 55.) Les membres non résidants doivent faire parvenir la leur au Tré- sorier de la Société, sans frais, immédiatement après Vannonce de leur nomination, et, pour les années suivantes, dans le courant du mois de janvier. (Règl., art. 55, et séance du 6 mars 4853.) Les memores de la Société ne reçoivent leurs Annales que par la Société. Les numéros auxquels ils ont droit sont envoyés francs de port jusqu'à résidence : Aux membres de Paris, après réception du trimestre correspon- dant à celui du numéro paraissant; Aux membres hors Paris, après réception de leur cotisation de l'année courante; Et francs de port jusqu'à la frontière, aux membres étrangers, éga- lement après réception de leur cotisation de l'année courante. (Règl., art. 6.) La Société correspond par l'entremise de son Secrétaire et de son Trésorier. Le premier a dans ses attributions la correspondance scien- tifique ; le second, celle qui concerne le recouvrement des cotisations et l'envoi des numéros des Annales. Les lettres et paquets doivent être adressés, francs de port, à l'un comme à l'autre, rue d'Anjou- Dauphine, n° 6, à Paris. (Règl., art. 57.) Nota. Pour ne pas éprouver de retard dans l'envoi de leurs Anna- les , il est essentiel que MM. les Membres français et étrangers adres- sent, le 1" janvier de chaque année , le montant de leur cotisation au Trésorier de la Société, les premiers par mandat sur la poste aux let- tres, les étrangers par la voie du commerce. Chaque auteur d'un Mémoire inséré aux Annales a droit à un tirage à part de 10 à 20 exemplaires, dont le prix est de 5 cent, par feuiîle d'impression, 10 cent, par planche en noir, et 35 cent, par planche coloriée. Tl doit informer le Secrétaire de ses intentions en même temps qu'il envoie son travail , et joindre à sa première cotisation le mon- tant du tirage à part après l'impression du Mémoire. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DK FRÂÎNCE. €OIfI]yiUl¥l€ATIOIV l^ERBAIiE SUR LA Ptérologie DES Lépidoptères (PI. i, ii, m.) Par M. Al. LEFEBVRE, ( Séance du 19 janvier 1842.) M. Al. Lefebvre présente de nombreux dessins à l'appui d'une méthode qui a pour objet do faciliter la classification et la description des Lépidoptères. Elle repose exclusivement sur des caractères qu'offre le système nervulo-alaire dans les in- sectes de cet ordre. L'auteur s'exprime en ces termes : « Depuis plus de dix ans. Messieurs, celte élude, dans plusieurs ordres, avait été l'objet de mes investigations, et je me disposais àen faire connaître les résultats à la Société, lors- qu'enl836,je fus obligé de me démeliredes honorables fonc- lionsqu'elle avait bien voulu me confier, de m'éloignerde Paris 6 ANNALES et d'abandonner mes occupations entomologiques pour un temps illimité. « Aujourd'hui , qu'il m'est permis de reprendre de temps à autre ces occupations favorites , j'ai l'honneur de vous sou- mettre une partie des dessins ptérographiques faits pour la plupart à l'époque dont je viens de vous parler, ainsi que la méthode cjue j'essayais d'introduire , à l'aide des nervures qui constituent la charpente des ailes des Lépidoptères. Je vous en entretins un instant, en 1832 (1), au sujet d'un groupe de ces insecles de la tribu des Satyrides , et, plus tard , relative- ment à de nombreuses variétés dans le dessin alaire de l'un d'entre eux, VArgé Galatea ; j'eus même, dans la suite, occasion de vous parler de cette méthode appliquée à une tribu de l'ordre des Névroptères. « Le temps me manquerait si j'avais à vous analyser les travaux que Harris, Dalman , Godart, plus récemment MM.'Duponchel, Boisduval, Guénée et Deviltiers, Lacordaire, de Haan, etc., ont publiés sur ce sujet, et tout nouvellement notre collègue M. le docteur Rambur : seulement, avant de terminer, je m'arrêterai sur ce dernier entomologiste, parce qu'il m'a paru avoir voulu résumer les travaux de ses prédé- cesseurs sur ce sujet trop peu étudié jusqu'à ce jour, et en tirer parti pour la classification. « Je me bornerai donc à vous dire que tous ces premiers au- teurs, loin de rechercher des caractères génériques dans la dis- position de ces nervures, se sont contentés de désigner les prin- cipales sous des noms assez diflerents et au fur et mesure que le besoin de les distinguer nominativement se faisait sentir. « Frappé, depuis longues années, des ressources précieu- ses que MM. Jurine, Meigen, Macquarl , Schilling, et autres avaiehl puisées dans les premières ailes des Hyménoptères, (i) .^nn. de la Soc. Eni. de France ., tom. i, p. 82. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7 ilcs Diplèies et des Hémiptères; ayant étudie: moi-nièinc les caractères que la nature a imprimés parmi ces divers ordres dans ces organes de locomotion, je remarquai quVïile les inscrivait d'une manière plus particulière , plus sensible pour nous, sur les premières ailes que sur les secondes. Je me persuadai en outre ,en m'appuyanl d'ailleurs sur mes propres observations, que dans l'organe le plus développé, le plus prédominant dans tel ordre, devaient nécessairement résider les caractères les plus sûrs, les plus Irancbés. Dès lors, je m'attachai àtrouver, surtout aux premières ailes des Lépidop- tères, quel plan la natm-e avait voulu suivre dans la distribu- tion de leurs neivures, dont la marche et la forme souvent si compliquées, devaient nvoir un but et n'être pas l'effet d'un capricieux hasard. « Dqà par un simple dessin alaire propre à ces diurnes du G. Ar(jé(Bd.), j'avais remarqué la persistance avec laquelle il était répété à la même place, ne variant de forme que selon l'espèce, de manière à se faire reconnaître d'une manière po- sitive , même ù travers les variétés les plus anormales dont ce dessin n'était jamais atteint, tandis que tout changeait au- lour de lui et que les autres dessins étaient plus ou moins allérés. « Par induction , je pensai que les nervui^s (1), ayant une bien autre importance ou du moins certaines d'entre elles, de- vaient présenter, selon la famille, la tribu, le groupe, le genre , et peut-être même selon l'espèce , des caractères bien plus intéressants à connaitre, bien plus utiles à étudier (1) Employé ainsi d'une manière générale, pour ne rien changer aux expressions consacrées, j'entends toujours tout le système vascu- lo-aérifèi'o des ailes, bien que dans l'application je lui fasse représen- ter telle espèce de nervure. De même qu'on dit les Papillons pris gé- néralement, sans pour cela désigner seulement les Lépidoptères du ■G. Papillon , clo. 8 AiNNALES pour la classifjcalion. Vous voyez, Messieurs, que mon ambi- tion n'était pas minime, et que je me préparais un travail de longue haleine, peut-être même de toute une vie d'homme. « El tout d'abord me tracer une roule, la jalonner de ca- ractères naturels, invariables, était ce à quoi jedevais procéder, devenait le premier but que je me proposais d'atteindre. « A foi'ce d'examiner les plis de l'aile dont parfois quelques- uns, par leur position et leur coloration, simulent assez bien une nervure |)0ur en imposer au premier coup-d'œil, je m'aperçus qu'il en existait un plus accusé, beaucoup plus long que tous les autres, et qui, dans toutes les espèces que je consultais, partait invariablement du milieu du bord ex- térieur en se prolongeant longitudinalement à travers la cellule discoïdale, qu'il y eût ou non une petite nervule Iransverse closant cette cellule. « Vérifié sur une assez grande masse de Lépidoptères de toutes les familles ou tribus, tant exotiques qu'indigènes, ce caractère me parut constant, et souvent existant à l'excès dans certains groupes. Quelque faible qu'il pût être parfois, sa prolongation constante était toujours fort remarquable en comparaison des autres plis inlernervulaires qui s'arrêtent tous, comme devant une barrière infranchissable, aux coudes que présentent les méplats qui entourent et forment la cellule discoïdale. Ce caractère persistant se répétait aux deuxièmes ailes, mais, comme je devais m'y attendre, le plus souvent d'une manière moins sensible, tandis qu'aux premières il était toujours très reconnaissable. « J'avais donc réussi à trouver une ligne de démarcation natu - relie, positive et nullement arbitraire parmi ces branches qui radient de la base à la marge. Je nommai ce pli , pli cellulaire en raison de sa position, pour le distinguer de tous les autres. «Ce point une fois arrêté, les rameaux se divisèrent natu- rellement en deux groupes, l'un supérieur, l'autre inférieur à DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9 ce même pli. Les supérieurs produits par la sous-costale (1), les inférieurs par la médiane. Quant à la ncrvule transversale qui clôt lacellule discoïdale lorsqu'elle est fermée, nervule que traverse et semble parfois soulever en partie ou faire dévier la puissance du pli cellulaire, vu quelquefois son absence totale, ou que lorsqu'elle existe, elle naît le plus souvent delà base de la première supérieure comme de la première inférieure, en restant incomplète à son milieu (voy. Erebus Crepuscularis?) ; vu qu'elle peut aussi procéder indistinclement de l'un ou de l'autre faisceau , et demeurer nulle ou du moins très faible à l'une de ses extrémités; qu'elle est aussi, dans son état le plus normal, susceptible d'offrir dans toute sa longueur une égale force, une attache aussi solideà ses deux bouts, etc. ; ne pouvant dune, par ces motifs, la rallier décidément à l'un ou l'autre faisceau de nervules, faute de raisons plausibles et fixes, je dus l'en isoler, et l'appelai disco-celhdaire (2). ..«Peut-être, plus tard, son départ de l'une des deux ner- vules, lorsc|u'elle sera incomplète à l'autre extrémité, scra-t-elle d'un précieux secours dans les coupes génériques. ('Il est à remarquer que la nature paraît tenir celte nervule pour si nécessaire à Tharmonie de ce système alaire, qu'elle la reproduit souvent par un dessin imitatif, lorsqu'elle n'existe pas, et que par un motif inexplicable, elle la dérobe pour la plupart du temps à nos regards sous un épi d'écaillés^ ou sous une tache colorée d'une manière tranchée avec le fond. aralion naturelle des ner- vules en deux faisceaux. Les discoïdales^ en s'ajus- tant avec les deuxième et troisième inférieures, dont elles ne paraissent être qu'un prolongement, sont un cas qui se rencontre souvent dans les Nocturno- crépusculaires. Leur attache sur la médiane est re- marquable, ainsi que les zigzags que décrit cette dernière avant d'arriver à la première inférieure. D'autres Hépialides m'ont offert les mômes dispositions, à de légères différences près. Fig. 4. G. GLA.UCOPIS (Polymena). Première et deuxième ailes. Première aile. J'ai choisi cette figure pour donner un exem- ple du point de départ des troisième et quatrième supérieures attachées sur la deuxième. La côte est ici dilatée comme une nervure jusqu'à moitié de sa course. Deuxième aile. Disposition très remarquable des nervures. Fusion de la sous-costale avec la costale. Cette dernière , la seule que nous puissions conserver, file parallèlement à la côte jusqu'à l'angle externe, et la sous -costale ne fait acte de pré- DE J.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 29 sence que par une nervule unique. Une seule bifurcation à la médiane. Brisure extrême de la disco-cellulaire. Fig. 5. G. Gynautocera (Gucrin) (Rhodope), et fig. 6, G. lÏELEONA (Swainson) [Papilionaris). (a) anastomose partielle do la quatrième supérieure avec la costale. (Elle reparaîlau delà de cette dernière au G. Gynautocera, tandis qu'elle est complètement absorbée au G. Heleona.) (6) anastomose de Vinterne avec la sous-médiane. J'ai donné ces deux figures pour montrer d'abord l'analogie générale qui existe dans la disposition des nervures, malgré la différence notable dans la forme des ailes de ces deux espèces de genres voisins et autrefois confondus : ensuite, pour faire sentir la différence ptérologique qui les caractérise. Et, en effet, bien qu'à tous deux la disco-cellulaire soit brisée , il existe au G. Heleona une aréole discoïdale dont est privé le G. Gynauto- cera, chez lequel la discoïdale ne se bifurque pas. A tous deux, même forme dans les supérieures, même petite brisure de la première, même nombre dans les inférieures, môme anastomose de l'interne 5 à toutes deux une intermédiane. Fig. 7. G. OEketicus (....). Le défaut d'espace m'a empê- ché de donner la deuxième aile de ce Bombycite, qui est fort curieuse par ses ramifications nervulaires. Je me borne donc à la première. (a) aréole sous-cellulaire , formée par la bifurcation de la sous-médiane. (6) anastomose et double déviation de Vinterne. (c) bifurcation de la première inférieure, cas moins commun et qu'on retrouve au G. Erasmia (Hope). J'ai dû borner là les exemples , en ce que ce n'est pas une énumération complète de toutes les nervures que je prétends donner, mais un court aperçu des principales d'entre elles, des 30 ANNALES diverses formes qu'elles affectent et la manière dont je propose de les analyser. - Pour cela, il finit une certaine étude et acquérir une connais- sance de la ptérograpbie nervulaire des groupes : car si on n'a- vait pas égard aux habitudes des nervures selon certains genres, on risqueiait de rallier une ramification à un autre faisceau et de s'égarer dans leur nomenclature. On conçoit, du reste, que tout cet arrangement n'est qu'hy- pothétique, hase sur des analogies, et comme tous les caractères génériques tirés d'ailleurs, non susceptible d'être poussé à l'ex- cès, comme non sans exceptions. Le rendre le plus rationnel que possible est, pour le moment, tout ce que je puis ambi- tionner. Planche m. Les fig. 1,2, 3 et 4 sont principalement destinées à faire voir les diverses déviations que la première supérieure peut affecter aux premières ailes. Presque nulle au G. Parnassius , courbe en dedans aux Eurybia , largement ployée en carré au G. Pa- pilio, etc.-, on peut du reste la suivre dans toutes ses phases aux autres espèces figurées dans ces deux planches. On voit clairement par la fig. du G. P^anessa, où la disco- cellulaire n'existe pas, et où la cellule discoïdale est par con- séquent ouverte, la tendance que cette nervule a à dévier, et que le coude qu'elle forme très souvent à son départ est bien à elle, et non, comme on l'a cru, la portion antérieure de la disco-cellu- laire , en lui faisant lancer un rameau vers le bord extérieur. Les G. Limenitis^ Urania^ Timetes, etc., où la cellule discoï- dale est ouverte , en fournissent encore la preuve. Fig. 5. G. Hyades {Jairns). J'ai choisi dans mes dessins cette figure, tant pour faire voir la disposition de la disco-cellulaire des premières ailes que pour montrer la brièveté qu'aux secondes peut avoir la sous-costale, ainsi que la longueur de ses ramifications, en comparaison du G. Heliconia, que j'ai placé auprès. A ce même G. Hyades, DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 31 on voit également comment aux doiixièmes ailes la capitale pont sembler naître de la précostale ^ par opposition à eelle do V fle- liconia Selene. Fig. 6, G. HELIC0NI4 (Melpomene). 7. G. Heliconi^P (Selene.) Comme à la planche précédente, j'ai r('Lini à dessein ces deux, figui-es d'espèces placées d'habitude dans le même genre, et qui, par la seule inspection des nervures (abstraction faite des caractères puises ailleurs dans ritisecte), doivent cependant former deux groupes distincts. Dans le fait, si les premières ailes do ces deux Hcliconides offrent assez d affinité dans la distribution de leurs supérieures, on trouve aux deuxièmes ailes des caractères suffisants pour les distinguer et ne pouvoir les placer dans le même genre; à Selene, les deux costales des deuxièmes ailes sont extrême- ment resserrées à leur base , et par cette raison la cellule dis- coïdale très grande, tandis qu'à Melpomene , ces costales sont très écartées, et la cellule discoïdale d'autant plus pe- tite ; en plus, à^cette dernière espèce, la disposition des supé- rieures n'est plus du tout la même ; la disco-cellulaire n'y est pas brisée comme à Selene, où elle lance en outre un rameau imparfa:it dans la cellule discoïdale , et cela peut-être en raison de sa dimension, qui laisserait ainsi un trop grand espace de membrane sans soutien. Cette iîg. 7 est destinée également à donner pour les deux ailes des exemples de rameaux imparfaits que souvent on ren- contre dans beaucoup de genres. On pourra remarquer aux premières ailesdeces deuxHélico- nides un curieux exemple d'une ôaseo-me'rftane toute différem- ment placée qu'au G. Papilio, mais absolument disposée comme Vinterne, à croire vraiment qu'il y a eu ici transposition de cette nervure à la place de la baseo médiane .- à l'une, elle est en- tière, à l'autre incomplète. Quant à la numération des supérieures indiquées sur la plan- che aux premières ailes par les chiffres romains, je dois conve- 52 ANNALES nir qu'il faut s'aider un peu par le raisonnement, et jusqu'à ce que de nouvelles observations viennent confirmer ou annuler mon opinion, voici ce que je propose : Tenté de reconnaître un nombre fixe de quatre supé- rieures pour tout l'ordre, j'ai trouvé que la première ne se ra- mifiait que rarement quand elle n'était pas seule: qu'au con- traire, la deuxième avait une extrême tendance à se diviser en plusieurs branches, et ainsi delà troisième, quand la deuxième était simple; et que cette troisième , lorsqu'elle est simple, rejet- tée alors près de la côte avecla quatrième, part plus volontiers avec elle du dessus de la cellule discoïdale que de ses extrémi- tés; et à l'inverse, lorsque cette troisième se ramifie, sa base se trouve presque toujours réunie à celle des précédentes , ou du moins en est fort voisine; les exceptions m'ont paru rares. Du moins tel est le point un peu éphémère, j'en conviens, où mes observations m'ont amené jusqu'à présent. Maintenant partant de cette base , telle quelle , pour analy- ser ptérologiquement les nervures d'une aile (1), je commence par reconnaître mon pli cellulaire, et de suite, toujours le plus près possible de la cellule discoïdale, la première supérieure, puis la quatrième; après, j'attribueàla troisième età la seconde les ramifications qui semblent leur appartenir. Mais si les bran- ches partent de la cellule discoïdale ou d'une aréole sus-cellu- laire (augmentant ainsi le nombre des nervules), attendu qu'il m'est avéré que la deuxième a plus de tendance à se ramifier que la troisième, c'est à la deuxième que j'attribuerai les bran- ches en surplus, pour peu qu'il y ait hésitation. Du reste, j'ai peu vu de troisième supérieure se ramifiant de la base elle- même, ce mode de ramification m'a paru plutôt être le propre de la seconde. (1) La face inférieure des ailes est celle oià cet examen se fait avec plus de certitude et de facilité ; et afin de s'en mieux rendre compte , je conseille d'adopter un côté, tant pour l'observation que surtout pour les dessins qu'on en peut faire, et pour lesquels je préconise l'emploi des couleurs dont je fais usage. DE I.A SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQÎJR. ô3 Ainsi, pour nous aider des ailes figurées ici : je trouve mon compte quartenaire supérieur au G.Parnassius, où premièreet deuxième sont à base commune. Au G. Papilio, j'attribue à la deuxième la nervule qui, au-dessus d'elle, part de la même base en se dirigeant vers l'apex. Même mode de procéder |)our les G. Fanessa et Euribia , dernier genre où cette réunion des deux grandes branches est plus manifeste à la base. Au G. Hyades ^ mon nombre se trouve exact, et c'est la troisième qui , à sa moitié, lance trois rameaux costaux et un apical. Au G. Ileliconia, même calcul et même nombre de rameaux, mais s'échappant bien plus près de la base. Au G. Castnia , cette répartition parait plus difficile , vu la présence de l'aréole sus-cellulaire, mais ma première et ma quatrième supérieures trouvées, je dis de ma seconde qu'elle est trifourchue, à base écartée , partant de l'extrémité de cette aréole. Au Gi Macroglossa , où les quatrième et (.roisième sont très difficiles à voir^ c'est la deuxième qui se trifurque, et dont le troisième rameau supérieur longe la dernière moitié de la côte. Au G. Hepialus, première et troisième sont à base commune et toutes faciles à numérer. Au G. Glaucopis , nous en trouvons de moins si nous admet- tons l'absence des troisième et quatrième supérieures , ou bien nous les dirons partir, comme c'est plus rationnel, du dessus de la deuxième , qui elle-même est trifourchue. Ces anomalies, ces transpositions ne sont pas rares, seulement il faut avoir le tact de les reconnaître et de s'en rendre le meilleur compte pos- sible. Aux G. Gynautocera, Heleona, elles sont très faciles ànu-^ mérer , malgré l'anastomose de la quatrième; et enfin au G. OEketicus, comme au G. Papilio, la deuxième est bifourchue dès sa base. J'en agis de même pour la reconnaissance des nervures dis- XI. 3 54 ANNALES coïdale, itiférieure et autres, el je procède également par analo- gie. Le groupe des Heleona, des ^garista, des Castnia me don- nant presciue toujours des nervures que je ne retrouve pas aux Diurnes, savoir : une intermédiane^ une discùïdale formant ou non aréole 5 facilement je les distribue, et de manière à ra- mener chaque ramification au poste qu'elle doit occuper ot qu'elle doit porter dans cette nomenclature. Cette méthode semble au premier coup d'œil se prêter trop facilement à l'arbitraire, et j'en comprends tout le défaut, mais obligé d'en parler bien plus tôt que je ne l'aurais voulu, je dois convenir des points qui pour moi sont encore douteux , et que je ne peux éclaircir qu'après de plus longues observations. N. B. Dans l'extrait de cette note inséré au Bulletin de la Société Cuviérienne, il y a plusieurs erreurs commises sur la planche. Ce dessin grossier fait tout simplement à la phime n'étant pas bien venu dans son transport sur la pierre, il a fallu y retoucher, et diverses nervures ont été omises ou mal entendues. P. S. Il y avait près de deux mois que je venais d'entretenir la Société de cette théorie , et je me proposais à la plus prochaine séance de lui soumettre l'application de ma méthode aux caractères génériques, lorsqu'au moment où finissait de s'imprimer cette notice, je rendis visite à M. Milne-Edwards, qui dans la chaire d'Entomologie du Muséum a succédé à M. Audouin, que les sciences viennent de perdre. Ce fut seulement alors que je sus de ce savant anatouMste qu'il tra- vaillait également de son côté à des recherches semblables dans l'or- dre des Lépidoptères. Grand fut notre étonnement lorsque nous nous apprîmes mutuellement que nous courrions vers le même but sans nous en être douté : et les nombreux dessins ptérograpbiques qu'à l'instant M. Milne-Edwards eut l'obligeance de me soumettre, me prouvèrent quelle importance pouvait acquérir cette innovation en de pareilles mains, et avec le secours de matériaux aussi nom- breux. Je dois le dire, ce professeur s'empressa de me demander, avec une DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 35 prévenance que l'on saura apprécier comme moi, dem'enlendre avec lui sur ce sujet, afin d'éviter autant que possible la confusion au moins nominale que jetteraient, dans celte nomenclature de la cliar- pente alaire, deux méthodes qui paraîtraient à si peu de distance l'une de l'autre. Cette démarche de M. Milne-Edwards, vu sa position scientifique, etje rang modeste que j'occupe parmi les entomophiles, me tracèrent dès ce moment la mai'che que j'avais à suivre. Je fus confirmé dans cette résolution après l'entretien rempli d'in- térêt que j'eus avec lui, et lorsqu'il m'eut développé dans tous ses dé- tails la manière dont il envisageait cette théorie et comptait la traiter. Aussi, tant dans l'intérêt de la science que par déférence pour ses profondes connaissances et pour sa conduite pleine de délicatesse en cette occasion , j'eus plaisir à lui déclarer, comme je le fais ici , que j'abandonnais la poursuite et la publication de mes re- cherches à ce sujet, les bornant à la communication que j'en avais, fait à la Société Entomologique. Malgré les obligeantes sollicitations de M. Milne-Edwards pour me faire renoncer à cette décision, je crois devoir y persister , et en cela, je le pense, j'aurai l'approbation de chacun. Dépositaire des idées qui ont présidé aux travaux pférologiques dé ce savant, initié aux bases de son travail, aux ingénieux procédés qu'il emploie , afin de n'avoir aucun doute sur la valeur de ses exa- mens anatomiques , on comprend qu'il ne m'est pas permis d'en di- vulguer un seul mot. Je ne puis qu'engager les Entomologistes à at^ tendre avec confiance le résultat des travaux de M. Milne-Edwards pour faire l'application de ces nouveaux caractères à la classification des Lépidoptères. Je trouverai ma récompense des recherches auxquelles je me suis livré dans [a satisfaction d'avoir un des premiers appelé l'attention de nos naturalistes à ce sujet , et vu enfin un des plus recommandables d'entre eux s'en emparer pour le traiter avec cette supériorité oui jusqu'à ce jour a présidé à tous ses travaux. A, Lefebvrk. 20 mars 1842. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 57 DESCRIPTION DE LA CHENILLE DE VEriopus pteridis^ Par M. Bruand. (Séance du 3 novembre 1841.) Cette charmante Noctuelle a rarement été prise en France ; elle habite principalement l'Allemagne seplentrionale. M. TREiTSCHKEa fait de celte espèce unique son genre Erio- pus (pieds laineux), quia pour caractère une particularité qui n'existe que chez le mâle : ce sont les longs poils qui garnis- sent les deux pattes antérieures jusqu'au pénultième tarse. M. DuPONCHEL a ajouté une espèce nouvelle à ce genre; c'est la Latreillei, qu'il a dédiée au savant naturaliste dont elle porle le nom, et qu'il a figurée dans le vu'' vol. de son superbe ouvrage sur les Lépidoptères d'Europe (^4). J'ai pris pour la première fois l'insecte parfait l'année der- nière, dans les boisd'Evans (arrondissement de Dôle,Jura) ; mais quoique ces bois soient remplis de fougère, il est très difficile de rencontrer, soit la chenille, soit le papillon. Deux choses contribuent à les rendre encore plus rares : ce sont d'a- bord les Ichneumons, qui détruisent bon nombre de chenilles ; ensuite, c'est l'habitude qu'ont les paysans de nos contrées de (1) Ouvrage commencé par feu Godart, et que les souscripteurs ont eu le bonheur de voir continué par M. Duponehel. 58 ANNALES coupor les fougères pour économiser la paiile, et faire la litièie aux bestiaux. M. Treitschke prétend qu'il est difficile d'élever la chenille, cela vient de ce que la fougère sèche presque aussitôt qu'elleest cueillie. Pour remédier à cet inconvénient, j'ai transporté chez moi quelques pieds de fougère; je place sur l'un d'eux la che- nille, je couvre celle-ci avec un vase à fleurs défoncé et couvert lui-même d'une toile métallique , après avoir eu soin de placer au fond un peu de terre légère, séparée du sol par un obstacle quelconque, qui empêche la chenille de s'enfoncer trop avant quand elle descend pour se chrysalider. Au moyen de ces précautions, la chenille vient parfaitement et arrive à sa taille au bout d'une quinzaine de jours. Je ne crois pas qu'il existe un autre exemple d'une chenille de INoctuelle qui atteigne aussi prompt^ment le terme de sa croissance ; et c'est là encore une cause qui rend sa découverte difficile , car le laps de temps pendant lequel on peut la rencontrer est très restreint. Au reste, il ne faut pas perdre courage facilement en la cher- chant; car j'ai , pour ma part, visité près de deux mille pieds de fougère, l'année dernière, pour trouver trois chenilles, dont deux avaient été piquées par les Ichneumons. Cette année, j'en ai visité presque autant, et je n'ai rencontré qu'une seule chenille. Je l'ai peinte à plusieurs époques, et j'en donne ici une figure très exacte (1) : je pense qu'elle n'a jamais été publiée en France, ou du moins qu'elle est peu connue. En voici la description, au terme de sa croissance. Elle est assez grosse pour sa longueur (plus de 3 mill. de diamètre sur 27 de long.), de forme arrondie, légèrement déprimée en dessous; rase, les anneaux bien arqués et sou- tenus, le premier et le dernier peut-être un peu plus forts que les intermédiaires. (1) Voyez plaiiclie iv , partie i"^. DE \A SOClÉTli: EiNTOiMOLOGlQUR. 30 La couleur générale esl un beau vert veloulé; la lêle est petite, détachée et tombante, légèrement en forme de cœur, mais le bas bien arrondi et le sommet peu échancré; elle est d'un vert sale tirant sur le jaune; ainsi que le premier anneau , la ligne stigmatale est d'un jaune pâle, assez large et bien arrêtée; les stigmates noirs, le premier et le dernier plus visi- bles (1) que les autres; la vasculaire vert foncé, étroite et interrompue vers les intersections. Chaque anneau, excepté le premier, est orné d'une raie de même couleur que la stigmatale, de ligure triangulaire sur le troisième et le second (elle est même brisée sur celui-ci), et en forme de demi-cercle sur tous les autres jusqu'au douzième exclusivement : elle est remplacée sur ce dernier par un trian- gle plein, très allongé, dont les pointes latérales viennent se joindre à la ligne stigmatale et dont le sommet esl placé au commencement du douzième anneau , et le dessous un peu en avant du clapet anal, qui est peu visible et marqué seule- ment par une petite raie transversale, plus claire que le fond. A la pointe antérieure de ce triangle, ainsi que devant le centre du demi-cercle précédent, se trouve un petit point de la même couleur. La partie qui suit immédiatement chaque raie dorsale prend une teinie verte plus foncée que le reste. En outre, la vasculaire est coupée sur tous les anneaux, à partir du troisième jusqu'au onzième inclusivement, par une petite tache transversale, de même couleur que la stigmatale et placée en arrière des demi-cercles, près des intersections. Cette tache a la forme d'un carré long sur les 4", 5^, 6% 7% 8* et 9* anneaux; c'est une raie atténuée à ses extrémités sur le 3% le 10* et le 11*. Il en est de même sur le second , mais ici la vasculaire coupe cette raie, comme elle coupe les taches triangulaires de ce même anneau et du suivant. La li^ne sous- •ï3' (1) Ce caractère est bien plus remarquable dans le jeune âge de la chenille„ 40 ANNALES dorsale esl remplacée sur chaque anneau, sauf le premier, par un point jaune-clair qui est placé un peu en avant, et presque à l'exlrémilé des raies cintrées et triangulaires. Celles- ci occupent toute la partie dorsale; le centre est placé sur le bord de l'anneau du côté de la lêle, le bas s'étend jusqu'à l'inlerseclion de l'anneau suivant , se dirigeant par conséquent vers la pailie anale. Au-dessous de chaque point qui orne le 41* et le 12^ anneau,' il en existe un beaucoup plus petit, mais qui n'est guère visible qu'à la loupe. Dans le jeune âge de la chenille, la couleur générale est d'un vert plus tendre, les raies dorsales moins bien écrites; celles des intersections sont remplacées par deux petits points do même couleur, un de chaque côté de la vasculaire. Enfin , lorsqu'elle est à sa seconde peau (environ 13 millimètres de longueur), les écailles de la tète sont marquées d'une petite lache brune, ce qui lui donne un aspect assez singulier. Je n'ai remarqué aucune dilîerence dans les quatre exem- plaires que j'ai rencontrés, quoique M. Duponchel parle d'une variété où la couleur verte esl remplacée par du rouge. La chenille sort de l'œuf vers le milieu de juillet, arrive à sa taille au bout d'une quinzaine de jours, entre en terre dans les premiers jours d'août, et se forme une coque oblon- gue dans laquelle elle reste à l'élat de chenille jusqu'au prin- temps suivant. Cette particularité m'a fait perdre un exemplaire de celle espèce rare : car, désirant peindre la chrysalide, en hiver , j'ouvris la coque à l'une de ses extrémités , et je fus fort étonné de trouver sa chenille aussi verte que lorsqu'elle était descendue en terre : elle referma sa coque, mais ce dérange- ment la fit périr. Cette chenille vit sur la fougère, pteris aquilina, et se tient consiammenl au-dessous des feuilles, ainsi que cinq ou six autres espèces , qui se nourrissent de cette planle : mais je n'en ai jamais trouvé une seule sur les pieds qui portaient de la u rai ne. DE LA SOCIÉTÉ EJNTOMOI.OGIQUE. Ai nESCRlPTlOIV d'un nouveau genre d'insectes diptères 5 Par M. Macquart. (Séance du 22 décembre 1841 , 11 a été récemment découvert en France un insecte Diptère de la famille des Notacanlhes, tribu des Stratiomydes , qui ne se rapporte à aucun genre connu. 11 présente un singulier as- semblage de caractères appartenant à différents membres de cette famille -.il se rapproche des Sargus par le faciès, des Béris par les huit divisions du troisième article des antennes; des Stratiomyies par la longueur du premier article de cet organe, par les deux pointes de l'écusson et par les nervures des ailes. Comme chacune de ces ressemblances est accompa- gnée des difîérences les plus contrastantes, il est impossible de réunir ce Diptère à aucun de ces genres. De plus, il se dis- tingue de tous par le caractère que présente le périslome fort saillant et échancré pour recevoir la trompe. Nous le considé- rons donc comme type d'un nouveau genre auquel nous don- nons le nom d'Exochoslome , qui exprime la saillie de la bouche. 42 ANiXALES Nous devons la découverte et la communication de ce Dip- tère à M. Boyer de Fonscolombo, entomologiste distingué, habitant Aix en Provence. Il nous a autorisé à le faire con- naître. C'est vers la fin de mai 1840 qu'il en a pris trois in- dividus, en fauchant au filet dans des prés naturels assez frais et humides, sur un terrain très élevé et très froid qui couronne la vallée du Sault, département de Vaucluse, au pied du mont Ventoux, Il avait gelé très épais la veille, par le vent nommé mistral. Voici la description du genre et de l'espèce. Genre EXOCHOSTOME, Exochostonm. Macq. Faciès des Béris. ^ Tête presque sphérique. Trompe un peu allongée, à lèvres terminales menues et ter- minées en pointe mousse. Palpes filiformes, de trois articles, atteignant la moitié de la longueur de la trompe. Labre court, échancré. Langue paraissant nulle. Soies maxillaires rudimen- taires. Face un peu saillante, arrondie dans le haut, puis inclinée en arrière, un peu velue; péristome saillant, échancrant la face et présentant dans le bas, de chaque côté, une petite sail- lie obtuse, formée du prolongement des joues. Front large, $ , brièvement velu , un peu creusé sur les cô- tés, un peu élargi postérieurement, vertex portant trois ocelles disposés en triangle. Yeux convexes, arrondis, nus. Antennes insérées au milieu de la hauteur de la tête, près de la base supérieure de la saillie de la face; un peu plus lon- gue que la tête; premier article un peu allongé, cylindrico- conique, atténué à la base, brièvement velu ; deuxième court , çyathiforme, muni de quelques soies courtes; troisième nu, DE LA SOCIETE ENTOMOLOGfQUE. -45 trois lois aussi long que le piemiei-, subuliforme, composé de huit divisions, dont les quatre premières courtes et cylindri- ques; la cinquième plus longue, allénuée à l'extrémité, et les trois dernières plus menues, égalant ensemble la cinquième en longueur. Thorax finement velu, arrondi antérieurement, un peu con- vexe , à côtés droits; écusson semi-circulaire à deux petites pointes obtuses, assez rappro(!hées. Abdomen nu, lisse, un peu plus large que le thorax, à bords saillants; premier segment arrondi antérieurement; les deuxième, troisième et quatrième d'égale longueur et largeur, à côtés droits; cinquième arrondi postérieurement; sixième petit. Pieds menus , presque nus. Ailes grandes, à nervures faibles; cellule marginale étroite, assez courte; deux sous-marginales : première assez longue et étroite; deuxième peti(e, apicale, éloignée de la marginale; les deux basilaires d'égale longueur; discoïdale, hexagonale; cinq posiérieures ouvertes à l'extrémité : la première ayant sa base appuyée à l'extrémité de la basilaire externe ; les deux suivantes, à la discoïdale; les quatrième et cinquième, à la basilaire interne; anale allongée, se terminant près du bord intérieur. ExocHOSTOME LUISANTE, Exochostoma nitida. Macquart. Nigra nitida : iibiis fluvis . Long. 2 3/4, L. 9. Face noire, à poils noirs. Front d'un noir mat sur les cô- tés, luisant au milieu. Antennes noires. Thorax à légers re- flets verts. Abdomen très luisant, à poils noirs très courts. Extrémité des cuisses et jambes jaunes; un anneau plus pâle au milieu de ces dernières; jambes postérieures brunes, à 44 ANNALES base et extrémité fauves et un anneau blanchâtre au milieu. Balanciers d'un jaune pâle. Ailes noirâtres. Explication des figures de la 2^ partie de la planche iv. 1. L'insecte grossi. 2. La longueur naturelle. 3. La tête vue de côté. 4. La tête vue en face. 5. La trompe. 6. L'écusson. DE lA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ' 45 OBSERV^IlTIOUTS SUR UNE NOTICE PUBLIÉE SUR LES PODURELLES dans le n° 64 de la Bibliothèque universelle de Genève^ Par M. l'abbé Bourlet. (Séance du S janvier 1842.) M. Nicollel de Neufchâtel a publié dans le recueil scienti- fique de la Bibliothèque universelle de Genève une notice sur une espèce de Podurelle trouvée sur les glacis des Alpes. Cette espèce, que je crois nouvelle et voisine de la Podura arborea, lui a servi de type pour l'établisse- ment d'un nouveau genre qu'il a nommé Desoria, genre ab- solument identique avec celui créé par moi , il y a trois ans , sous le nom d'Jsotoma, que j'ai depuis remplacé par celui de Podura. M, ISicollet, s'étant livré à cette occasion à quelques recherches sur les Podurelles, ne s'est pas contenté d'en ob- server les parties extérieures ; il a voulu porter le flambeau de l'anatomie jusque dans leur organisation intérieure, étude dé- licate et difficile, vu la petitesse de ces animaux et le peu de consistance de leur corps, qui se prête difficilement à la dissec- tion. On doit féliciter l'auteur des particularités que ses inves- 16 ANNALES îigalions lui ont fait découvrir. M. INicollet a reconnu que les mandibules et les mâchoires des Podurelles, quoique seule- ment rudimentaires, sont armées de fortes dents; que leur tube intestinal est composé de deux membranes, l'une inté- rieure, très mince, lisse et transparente, l'aulre extérieure, un peu opaque, plus épaisse et ridée transversalement, toutes choses qui, je l'avoue, ont échoppé jusqu'ici à mes recherches. M. INicollet croit devoir corriger plusieurs erreurs commises par ceux cjui l'ont devancé dans l'étude des Podurelles. Ces erreurs sont : lo qu'on a cru jusqu'à présent que les Podu- relles se nourrissaient de sucs terreux et végétaux, tandis qu'elles se nourrissent de matières solides; 2" qu'elles sont, comme les autres insectes, privées de circulation, et que leurs stig- mates sont nuls ou inapparents, tandis que M. INicollet a dé- couvert chez elles une véritable circulation analogue à celle des vertébrés, et qu'il a compté sur leur corps vingt stigmates; 3" que Latreille s'est trompé en réunissant aux Lépismènes ces insectes, qui, selon l'auteur, devraient former le passage des Arachnides aux insectes. i\I. INicollet me permettra de lui faire observer que tous les Entomologistes n'ont pas partagé l'erreur qu'il leur impute concernant le mode d'alimentation des Podurelles : la plu- part, au contraire, ont reconnu qu'elles se nourrissaient, non de sucs, mais de détritus végétaux; je citerai entre autres, Latreille, Duméril, Guéhin. Pour mon compte, voici ce que j'écrivais il y a trois ans, dans les Mémoires de la Société royale de Lille : « Les Podures se nourrissent d'humus; ce dont on peut s'assurer en les mettant dans un vase avec un morceau de terre : on voit , en l'examinant quelques jours après, qu'elles l'ont creusé en tous sens , et que, partout où elles ont pu pénétrer, elles en ont enlevé l'humus, en laissante nu les autres parties. Elles peuvent cependant vivre quelque temps avec d'autres substances. » Depuis, m'éfant occupé de l'étude des Sminthurides [Smin- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Al thiirus, L/VTR. ) ; je me suis assuré que ces Podurelles se noui- rissenl la plupart de feuilles vertes dont elles rongent le paren- chyme, et quelques-unes de champignons, en d'autres termes, que ces insectes sont les uns phyto-thalérophages, et les au- tres mycélophages. Quant au mouvement périslallique observé par M. Nicollet dans le corps desPodurides, je l'avais aussi remarqué, ainsi que les intermittences auxquelles il paraît être sujet : mais je n'ai pas cru pouvoir en conclure qu'il fut l'indice d'une véri- table circulation. Je conjecturai , au contraire, qu'il avait lieu dans le tube digestif , lequel, comme on sait, est doué dans les insectes d'un mouvement de cette nature. Ce qui pourrait appuyer ma conjecture, c'est que M. Nicollet n'a aperça chez les Podurelles aucune trace de vaisseau dorsal. D'ailleurs, la cessation de ce mouvement dure quelquefois (/es heures entières : or esl-il vraisemblable que l'exercice d'une fonction aussi essentielle a la vie que la circulation du sang, puisse rester suspendue si longtemps sans entraîner la mort de l'animal? Enfin devons-nous penser, avec M. Nicollet, que Latreille s'est trompé lorsqu'il a réuni dans un même ordre les Podu- relles aux Lépismènes? Quoique l'erreur ne soit que trop sou- vent le partage de l'humanité, on doit y regarder à deux fois, ce me semble, avant de dire d'un savant aussi distingué que Latreille, il s'est trompé. Législateur en entomologie, La- treille a porté l'ordre et la lumière dans toutes les parties de cette science, et la classification établie par lui, œuvre du génie, expression de profondes combinaisons, pourra bien, par suite des progrès de la science, être modifiée dans quel- ques-unes de ses parties accessoires, mais ses bases dureront probablement autant que cette science même , parce que ces bases sont dans la nature. M. Nicollet voudrait que les Podu- relles fussent classées d'après leurs organes intérieurs. Nul h ANNALES doule que ces organes, étant appelés à jouer un rôle plus im- portant dans les phénomènes de la vie, ne fournissent des ca- ractères plus naturels que les organes extérieurs : mais on sait que les premiers, faciles à saisir dans les animaux supérieurs, sont d'une observation difficile, souvent même impossible dans les animaux exigus et mous , tels que sont les Podurelles. Aussi les investigations les plus minutieuses n'obtiennent-elles souvent, sur la conformation intime de ces insectes, que des données vagues et incomplètes, éléments peu propres à servir de base à une bonne classification. Force est alors de s'en tenir aux formes extérieures. C'est ce que l'on a fait pour les Podu- relles, comme pour presque tous les insectes. Sous ce rapport les Podurelles paraissent occuper dans le cadre entomologique la place qui leur convenait. Munies de six pieds, de deux an- tennes et d'une tête distincte, elles ont droit par ces caractères à la classe des insectes. L'absence d'ailes et de métamorphose, leur appendice abdominal, les écailles dont plusieurs sont ré- volues, leurs organes buccaux et la forme de leurs yeux, les placent naturellement à côté des Lépismènes. Concluons que , dans l'état actuel de la science, le mieux est de conserver à cette famille le rang qui lui a été assigné par notre grand En- tomologiste, à moins qu'une suite d'observations claires et précises ne viennent démontrer que la nature a marqué ail- leurs sa place. DE I,A SOCIÉTÉ ENTOMOI/H.M^dii:. iî) SUR UN INSECTE DE LA. FAMILLE DES LONGICORNES^ Par M. Emile Blanchard. (Séance du S janvier 1842.) M. Duponchel publia en 1837 , dans les Annales de la So- ciété Entomologique, la description et la figure d'un insecte de la famille des Longicornes, qu'il nomma Purpuricenus Loreyi. Notre savant confrère annonçait alors que cette nouvelle espèce avait été trouvée dans un chantier de Marseille, en émettant l'opinion fort judicieuse que ce Longicorne était probablement exotique, et que l'individu en sa possession pouvait être venu dans des bois apportés d'Orient. Tout récemment, M, Buquet a appris à la Société que sa collection renfermait un individu de cette même espèce qui avait été pris au Havre. Or, comme il est curieux de voir un insecte d'une assez grande (aille et fort remarquable par ses formes et ses cou- leurs, trouvé plusieurs fois, et par hasard, sur différents points de la France, surtout quand il est presque certain que cet in- secte n'est pas indigène , je crois qu'il n'est pas sans intérêt XI. 4 50 ANNALES de faire savoir à la Société enlomologique qu'un individu mâle de ce Purpuricenus Loreyi, Dup., a été pris dernièrement dans Paris même, à l'entrepôt du Magasinage public, situé à la place des Marais, par M. Tappes, caissier de cet établisse- ment, qui dans ses moments de loisir s'occupe d'Entomologie avec le plus grand zèle. Comme cet entrepôt renferme des quantités considérables de bois exotiques, et particulièrement de bois des Antilles, j'ai supposé qu'il devait en être sorti ; mais il a été impossible d'arriver à sa retraite, qui aurait probablement indiqué sa patrie. M. Tappes a bien voulu faire hommage au Muséum du seul individu qu'il possédât, et après l'avoir examiné, je n'ai pas tardé à reconnaître que cette espèce , qui offrait tant d'analo- gie par ses couleurs avec les Purpuricenus et les Anoplistes, s'en éloignait beaucoup par tous ses caractères zoologiques. M. Buquet ayant fait la même observation, a décidé, dans sa Notice communiquée à la Société Enlomologique, que l'es- pèce décrite par M. Duponchel devait être placée dans le genre Eburia, de M. Serville. A cette occasion, j'entrerai dans quel- ques détails qui tendront à compléter les observations faites sur cet insecte, sous le rapport zoologique. Il m'a paru évi- dent, comme à M. Buquet, que le Purpuricenus Loreyi offrait les plus glands rapporis avec les Eburia; mais j'ai trouvé de très grandes différences dans presque toutes les parties. Dans le P. Loreyi, la tèle est proportionnellement plus petite que dans les Eburia; le dernier article des palpes est plus épais et moins dilaté à l'extrémité; les antennes, qui présentent de grandes ressemblances par la longueur et la proportion de chaque article, en diffèrent cependant d'une manière sensi- ble par le premier article, qui est plus cylindrique et nota^- blemenl plus mince à sa base , ainsi que le second article. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiyLE. n\ Le proihorax du P. Loreyi est beaucoup plus court que ce- lui des EW/a, et surtout plus orbiculaire, sans parler des tubercules auxquels je n'attache que fort peu d'importance; l'écusson se termine un peu en pointe, tandis qu'il est parfai- tement arrondi dans les Eburia : les élytres sont bien moins parallèles, dépourvues de pointe à leur extrémité, et tron- quées presque carrément. Enfin , les épines qui terminent les cuisses intermédiaires et postérieures sont plus petites et plus égales que chez les Eburia proprement dites, dont l'interne est toujours beaucoup plus développée que l'externe , qui est souvent oblitérée complètement. Tous ces caractères, joints à un aspect bien différent, me font penser que le Purpuricenus Loreyi de M. Duponchel, doit constituer un genre distinct auquel on pourrait appliquer le nom à'Heterops; ce genre se placerait immédiatementaprès ce- lui d' Eburia, et renfermerait, outre le Loreyi, V Eburia di~ midiata, Chev. , de l'île de Cuba, qui offre exactement les mêmes caractères, ainsi que l'a fait observer M. Buquet. Si l'on se refusait à admettre que ces deux insectes doivent former un genre particulier, il faudrait à bien plus forte rai- son confondre parmi les Eburia les genres Cerasphorus, Seu v. , Coccoderus , Buq. , et Chlorida, Serv. , qui en diffèrent moins que notre genre Heterops. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 53 JVOTG POUR SERVIR A l'histoire DU Pissodes fini; Par M. GouREAU. (Séance du 19 janvier 1842.) Ce curculionite est l'un des insectes qui cause le plus de dégât dans les foçêts de sapins; on a vu quelquefois les admi- nistrations forestières, en France et en Allemagne, faire abat- Ire une grande étendue de bois pour préserver les parties saines d'une forêt, en les isolant des parties infectées par cet insecte. Il paraît donc intéressant d'étudier ses mœurs, afin de recon- naître s'il existe quelque circonstance de sa vie où il tombe fa- cilement sous la puissance de l'homme, et qui permette de le détruire. Voici ce que l'observation m'a fait connaître sur son histoire. Le 18 mai, en cherchant sous des écorces de sapins, je trouvai, sur un tronc abattu depuis plusieurs mois, une ni- chée de larves et de chrysalides. Les premières étaient arrivées au terme de leur croissance, elles étaient contractées, im- mobiles et couchées chacune dans une petite loge qu'elles s'é- taient creusée au temps de leur agilité. Cette loge était légère- ment imprimée dans l'aubier; la plus grande partie de sa profondeur était prise dansla partie intérieure et tendre de l'é corce. Les chrysalides étaient aussi couchées et immobiles dans des cellules semblables. Je pris une assez grande quantité des unes et des autres que je déposai dans une boîte. Au bout de S4 a:\nales quelques, jours, je vis des larves se métamorphoser en chrysa- lides, et d'autres, en plus grand nombre, se dessécher. Quel- ques chrysalides se transformèrent en insectes parfaits, que je reconnus facilement pour àesPissodes pini; les autres se dessé- chèrent. Les insectes qtii parvinrent à une heureuse transfor- mation ne prirent jamais leur couleur naturelle, et leurs élytres restèrent plus ou moinschiffonnées. J'attribue ces résul- tats à ce que les larves et les chiiysalides renfermées dans la boîte n'étaient pas placées dans des circonstances convenables. A l'état naturel, elles sont dans une légère humidité et pri- vées du contact de l'air; lorsque les insectes doivent paraître à l'état parfait, ils se débarrassent facilement de leur robe de chrysalide, à l'aide des épines qu'ils portent et des frottements qu'ils éprouvent contre les parois de leurs loges. Dans une boîte, ils sont en contact avec l'air qui les dessèche promple- ment; et pour se dépouiller de leurs enveloppes, ils éprouvent des difficultés dans lesquelles ils succombent quelquefois; s'ils parviennent à les surmonter, ils en sortent le plus sou- vent mutilés. Il ne m'a pas paru que les larves rongeassent le bois; car je n'ai pas observé de sillons sur l'aubier, ni de trous dans le bois même; elles me semblent se nourrir de la sève, du cam- bium et des sucs que renferme la partie intérieure et tendre de l'écorce. Je suis porté à croire que ces larves jouent, à l'égard ihi sapin, un rôle analogue à celui des larves d'ichneumon à l'égard des chenilles, et qu'il en est de même pour une mul- titude de larves qui habitent entre le bois et l'écorce des au- tres arbres. Lorsque la larve du Pissodes pini a atteint toute sa crois- sance, elle se creuse, à l'aide de ses mâchoires, une loge qui pénètre d'un millimètre au plus dans le bois, et dont la con- tre-partie est enfoncée dans l'écorce. L'insecte, après sa der- nière métamorphose, achève de percer l'écorce et y pratique DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 55 un trou rond par lequel il sort. On peut observer ces trous sur les sapins qui ont nourri l'insecle. La larve du Pissodes pini est d'une couleur blanche, ex- cepté la tête, qui est jaunâtre ; sa forme est cylindrique, un peu atténuée aux deux extrémités; sa consistance est molle. La tête est écailleuseet ronde; on y voit trois sillons longitu- dinaux à peu près parallèles; celui du milieu est le plus pro- noncé. Le labre et les mandibules sont bruns; ces dernières sont épaisses et fortes, comme il convient à un insecte qui doit ronger des substances ligneuses; elles m'ont paru mu- nies d'un petit tuberculeà leur racine, qui représente peut-être les antennes. Comme toutes les larves que j'ai trouvées étaient sur le point de se métamorphoser, les difleientes parties de la bouche étaient très contractées, et je n'ai pu apercevoir, à l'aide de la loupe, ni les mâchoires, ni les palpes. On voit cependant sous les mandibules deux petites pointes qui appar- tiennent probablement à la lèvre inférieure ou aux palpes. Le corps est composé de douze anneaux, dont le premier porte deux petites taches jaunâtres, d'une apparence écai lieuse; les autres sont blancs et mous. La chrysalide est blanche. La trompe est étendue le long de la poitrine; les antennes coudées sont appliquées sur les côtés de la poitrine et passent sur les pattes antérieures. Toutes les autres parties du corps sont libres et placées comme on l'ob- serve sur les autres chrysalides des coléoptères. On voit deux épines droites à l'extrémité de l'abdomen, deux autres plus petites sur le sommet de la tète, et une couronne de très pe- tites pointes sur le dos de chaque anneau de l'abdomen. L'insecte ne passe guère plus de (juinze jours sous cette forme. Lorsqu'il approche du moment de sa métamorphose, ses yeux et ses élylres brunissent, les autres parties se colorent légèrement; enfin l'enveloppe se rompt, et il en sort sous sa forme adulte. Il est d'abord tout blaiic; ce n'est que petit à m ANNALES petit qu'il prend sa consistance et sa couleur nalurelle. Il est d'ailleurs trop connu pour que j'en donne ici la description. Les observations précédentes, en nous donnant quelques notions sur les mœurs du Pissodes pini, ne nous fournissent aucun indice sur les moyens que l'on doit employer pour le détruire et nous préserver de ses ravages. Les observations qui suivent nous mettent sur la voie et nous permettent d'arriver à ce résultat. Le 14 juin, en me promenant dans une forêt de sapins du Jura, au-dessus de Collonges, je remarquai l'un de ces arbres dont les branches étaient desséchées d'un seul côté de la tige, depuis le bas jusque vers le sommet; les branches situées de l'autre côté étaient vertes et paraissaient saines. Je m'en approchai pour l'examiner de plus près, et je vis que l'écorce de la partie paralysée était sèche, tandis que celle de l'autre moitié conservait sa verdeur et son apparence de santé. On ju- geait au premier coup d'œil que la sève y circulait librement, tandis qu'elle s'était retirée de l'autre partie. Je trouvai sur le côté sec delà tige et près de terre, une assez grande quantité de Pissodes /jjui cachés dans lesgerçuresde l'écorec. Jesoulevai plusieurs fragments de celle écorce, et je vis une multitude de larves parvenuesàtoutieur développement, et déjà retirées dans les cellules où elles devaient se métamorphoser en chrysalides. Les arbres environnants me parurent tous parfaitement soins, et je ne trouvai aucun insecte sur leurs tiges. En poursuivant mes investigations, je rencontrai une souche de sapin dont la lise avait été abattue récemment. Elle était couverte de Pisso- des pini; les vms étaient isolés, les autres accouplés; le plus grand nombre se tenait tapi dans les gerçures de l'écorce, tandis que d'autres se promenaient sur la section. Je visitai successivement plusieurs autres souches de l'année courante, biluécs dans les environs, et toutes m'offrirent le même spec- li.cle. J(^ portai eubuile mon attention sur les souches de l'année DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 57 précédente, sur lesquelles je ne rencontrai point d'insectes; mais ayant soulevé l'écorce de plusieurs, je vis une grande quantité de larves et de chrysalides du Pissodes, et je ne dou- tai pas que ce ne fût là le berceau de la génération qui infestait ce canton. Enfin, j'examinai les souches de deux ans, dont l'écorce desséchée et presque pourrie était détachée du bois; elles ne recciaienl ni larves, ni cbrjsalides. Il me semble que l'on est en droit de conclure de ces faits, que le Pissodes pini pond ses œufs à la fin du printemps, et qu'il les dépose dnns les gerçures de l'écorce des souches des sapins coupés pendant l'hivçr précédent; que les larves se nourrissent entre l'écorce et le bois, en absorbant la sève et les liquides qui y circulent; qu'elles extraient en outre les li- quides contenus dans la partie intérieure et tendre de l'écorce en la triturant avec leurs mandibules, qu'arrivées au terme de leur croissance, au printemps suivant, elles se creusent cha- cune une loge pour s'y retirer et y subir leurs métamorphoses en chrysalides; enfin que l'insecte parfait achève de percer l'é- C(^rce avec ses dents , sort de sa prison et se livre en dehors aux divers actes de sa vie. La larve prévoyante, en s'enfermant dans sa loge, s'y place le dos tourné contre le bois, afin que la chrysalide et ensuite l'insecte parfait aient le rostre placé con- tre la partie de l'écorce qui doit être percée pour donner issue à ce dernier. Les insectes sortis d'une souche de l'année précé- dente vont pondre sur les souches de l'aimée courante, qui deviennent à leur tour la patrie d'une nouvelle génération, la- quelle se portera sur les souches de l'année suivante, ainsi de suite indéfiniment, jusqu'à ce qu'une circonstance extraordi- naire vienne détruire la race. Il semble encore que la sève pure n'est pas l'aliment que préfèrent les larves; lorsqu'elle est altérée par le contact de l'air et son mélange avec l'eau de la pluie et des rosées, ou modifiée par d'autres causes que je ne connais pas, elle est 58 ANINALES beaucoup plus de leur goût. Les insectes sont doués d'un sens assez délicat pour distinguer, entre les arbres d'une forêt et les troncs qui s'y trouvent , ceux dont la sève convient à leur postérité. Lorsqu'ils rencontrent un sapin dont la sève est delà même qualité que celle des souches de l'année précédente, ils s'y portent en masse, y déposent une multitude d'œufs dont les larves absorbent la sève et le cambium, privent de nour- riture les branches et la partie supérieure de la tige, et déter- minent la mort du sujet. Quelles sont les causes qui prédispo- sent un sapin à devenir ainsi la proie du Pissodes pini? Est-ce une maladie résultant du sol, des racines ou d'une altération de certains tissus? ou bien vient-elle des blessures qu'il a re- çues les années précédentes de la part des insectes? C'est ce que je ne peux décider. Ce qui me paraît certain , c'est que les su- jets vigoureux qui entouraient celui dont j'ai parlé plus haut étaient parfaitement sains, et que je n'ai trouvé aucun insecte sur leurs troncs. Ce qui me paraît également vrai, c'est que l'arbre attaqué ne péril pas la première année, qu'il se sou- tient en dépérissant graduellement pendant une et peut-être deux années. 11 résulte de ce qui précède, que, pour détruire ]e Pissodes pini et préserver une forêt dans laquelle il s'est établi, il faut abattre tous les arbres malades, et les transporter au loin, hors de la forêt, avant le mois de juin; que si l'on est obligé de les laisser sur place, il faut les écorcer ; et que de plus on doit écorcer toutes les souches ; par ces moyens, on enlève à ces petits animaux les aliments et le séjour nécessaires à leur nourriture et à la propagation de leur espèce. L'opération d'écorcer les souches n'a pas d'inconvénient pour les coni- fères, attendu qu'ils ne poussent pas de rejets comme le font les arbres à feuilles caduques; on peut donc l'employer sans aucun danger et avec certitude, si ce n'est de détruire la race entière, au moins de la diminuer considérablement. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 59 DSSAI d'une classification méthodique de la tribu des coprophages, famille des lamellicornes, divi- SION DESSCARABOEIDES, COLÉOPTÈRES, PENTAMÈRES; Par M. Reiche. (Séance du 16 février 1842.) Cn de nos plus savants collègues a dit avec raison, dans la préface de la dernière édition de son Catalogue, que nonob- stant les tra va irx de MM. Mac Leay, Serville etLatreille , il restait encore beaucoup à faire pour donner une nomenclature satis- faisante de la famille des Lamellicornes. Afin d'aider par queL ques renseignements celui qui entreprendra ce grand travail, je viens présenter à la Société le fruit de quelques études sur la première tribu de celte famille, celle des Coprophages et un essai de sa classification méthodique. Depuis les travaux des auteurs cités plus haut, plusieurs Entomologistes se sont occupés de celte (ribu; MM. Brullé et de Caslelnau, dans deux éditions diverses de Suites ù Buffon, ont traité de la famille entière; le premier de ces savants s'est principalement occupé des mœurs et des premiers états des inr 60 ANNAl.ES sectes, il s'est peu étenJu sur les divisions établies ou à éla- blir pour en faire un classement naturel et propre à en faciliter l'étude, et il a même cherché à restreindre le nombre des genres déjà admis, quoique, d'autre pari, il en ait introduit quelques-uns nouveaux , créés par lui-même. Nous devons à M. Brullé des renseignements intéressants sur l'absence de tarses antérieurs dans plusieurs genres. M. de Caslelnau, au contraire de l'auteur précédent, ne s'est occupé principalement que de la partie systématique : sa nomenclature est plus étendue; mais le temps et l'espace lui ont été mesurés si courts, qu'il n'a pu donner que des des- criptions très succinctes et tout à fait insuffisantes, tant pour les genres que pour les espèces. La dernière édition du Catalogue de M. le comte Dejean nous donne la nomenclature la plus complète et certainement la plus naturelle de toutes celles qui ont été publiées jusqu'à pré- sent; elle servira nécessairement de base à tous les travaux ul- térieurs, sauf quelques changements qu'exigera l'étal des con- naissances acquises depuis. Des publications de nouveaux genres de celte tribu ont été faites par MM. Kirby, Perty, Vigors, Eschschollz, Erichson, Guéri n et Westwood. Ce n'est qu'après l'étude des travaux de tous ces auteurs, et après des dissections multipliées, autant que possible, sur plusieurs individus du même genre, que j'ai pensé à présenter ce travail ; je prie mes collègues de l'ac- cueillir avec indulgence. Les Coprophages se distinguent des insectes appartenant aux autres tribus des Scarabœides, par les caractères suivants: Antemies insérées sous l'épislome, près de la partie anté- rieure et interne de l'œil, de huit ou neuf articles, le premier 1res long, atteignant le bord du chaperon, les cinq suivants ne dépassant pas ensemble la longueur du premier, tous cor- DE l.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 61 nés, polis, glabres, et les trois derniers très dilatés, en la- melles infundibuliformes, membraneux, tomenteiix, formant ilne masse subsphérique. Labre membraneux, entièrement caché. Mandibules cornées à leur base, amincies et membraneuses à leur extrémité et au côté interne , qui est fortement cilié. Mâchoires cornées, épaisses, anguleuses, terminées par un lobe arrondi, membraneux, entier ou bilobé, et dont la par- lie inférieure est tournée en dedans. Menton assez fortement échancré de chaque cô!ô , droit dans son milieu. Lèvre inférieure subconique. Palpes labiaux insérés à la partie supérieure externe de la lèvre inférieure, à premier article aussi grand ou plus grand que les deux suivants réunis, le troisième étant le plus peiit et à peine visible dans plusieurs genres. Palpes maxillaires insérés mil côté externe supérieur des mâ- choires, à dernier article beaucoup plus grand que les autres , subcylindriforme , le premier article très petit. Tefe aplatie; ses bords très développés recouvrant toutes les parties de la bouche et le point d'insertion des antennes , l'é- pistome échancré ou découpé en plusieurs lobes, et le vertex souvent armé de cornes ou de tubercules dans un des sexes ou dans les deux. '• Yeux assez gros, presque entièrement infères; une faible portion de leur circonférence visible en dessus par une échan- crure latéro-postérieure du vertex. Corselet ou prothorax très grand, souvent plus large que les élytres , se développant dans quelques genres d'une manière extraordinaire, en carènes, en lobes ou en cornes dans l'un des sexes. m annaf.es Poitrine (mésothorax et mélalhorax) très étendue, occupant en espace au moins le tiers de la longueur de l'insecte. Êcusson peu prononcé, non apparent dans beaucoup de genres. Elytres de consistance solide, coriacée, le plus souvent li- bres et embrassant Tabdomen. Abdomen proportionnellement peu développé , composé de neuf anneaux ou segments supérieurs, et de six inférieurs. Pattes robustes, peu propres à la course; les antérieures fouisseuses, aplaties, leur côté externe profondément denté ou lobé; les intermédiaires souvent plus écartées à leur inser- tion que les autres; toutes les jambes munies d'une ou de deux épi nés ou appendices soudés ou articulés ; les tarses, complets dans la plus grande partie des genres, manquent aux pattes antérieures de quelques-uns, et sont incomplets d'un à trois articles, ou seulement des crochets dans quelques autres. M. Âudinet Servi lie , dans l'Encyclopédie méthodique, a donné, d'après Lalreille , une division des Coprophages en quatre groupes. M. de Castelnau a assigné à ces groupes les noms de Ateuchites, Coprites, Onitides el Apliodites. J'ai adopté celte division, qui m'a semblé naturelle; m^iis j'ai dû chan- ger plusieurs des caractères sur lesquels elle était basée. J'ai aussi un peu altéré la terminaison des dénominations applii^ quées par M. de Castelnau à ces groupes, pour leur en donnejp. une commune et qui m'a paru plus euphonique et plus en rapport avec celle adoptée dans les autres branches de l'his- toire naturelle. DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIQUE. 65 DIVISION de la tribu des Coprophages en sous-tribus. olIongéeR, peu on pas renflées à leur eïirémilé. Têle sans cornes dans les deux sexes ATEUCBIOES. i réunies à leur base . siins éciissoii ou hia- tus suinral COPRISES. séparées à leur base par un écusson ou hiatus sulural. .'. . OZVITIDES. ■ PalitB interA n'étant pas plus écailées à leur insertion tnédiairea \ que les autres APBODIDES. 1" Sous-tribu. Ateuchides. Cette division est remarquable à plus d'un titre; tous les Entomologistes savent avec quelle industrie les insectes qui la composent forment des boules d'excrémenis dans lesquelles ils renferment leurs œufs, et qu'ils roulent jusqu'à ce qu'ils aient trouvé un lieu convenable pour l'enterrer profondément. C'est cette industrie qui leur a valu les noms de Routeurs^ Pil- lulaires, qu'ils portent dans quelques ouvrages. L'organisation de quelques genres se distingue par l'exis- tence d'une anomalie apparente, celle d'ailes propres aux vol, recouvertes d'élytres soudées. Sous le rapport historique, cette sous-tribu renferme des genres dont les espèces paraîtraient avoir été, chez quelques peuples de l'antiquité, sinon l'objet d'un culte religieux, au moins celui d'une attention particulière (4). L'ancien continent, l'Amérique et l'Auslralasie lui four- nissent leur contingent de genres; mais il est à remarquer (1 ) C'est par suite de l'opinion manifestée par beaucoup de savants, d'une sorte de culte que les Égyptiens auraient rendu à quelques in- sectes de cette sous-tribu, qu'on leur a donné, en Angleterre, le nom d'insectes sacrés (sacred Beetles.) 64 ANNALES qu'à l'exceplion d'un seul, le genre Sisyphus, aucun genre n'est commun à deux continents. Les caractères qui distinguent les Ateuchides des autres Coprophages sont les siiivanls : Antennes de neuf articles . Tête et corselet sans cornes dans les deux sexes. Êpisiome au moins échancré dans tous les genres, et dé- coupé dans quelques-uns en lobes plus ou moins nombreux , mais ne dépassant pas le nombre de six. Êlytres laissant à découvert le pygidium ou dernier seg- ment de l'abdomen , en dessus. Pattes intennédiaires et postérieures grêles , allongées , li- néaires, peu ou point élargies à leur extrémité, les intermé- diaires plus écartées à leur insertion que les autres. Ces insectes sont de taille moyenne, de forme oblongueou subhémisphérique; les uns très déprimés, les autres 1res ren- flés; leur couleur est en général d'un brun obscur, noire ou métallique. Je partage la sous-tribu des Ateuchides en deux divisions fondées sur l'absence ou la présence, sous les élytres, d'ailes propres au vol. La première division, celle des aptères, comprend sept genres, qui se rangent dans l'ordre et d'après les caractères suivants : DE LA SOCfÉTÉ ENT0M0I.0G1QUE. 05 iPremière Division APTÈRES. 1" Section. / B<"-d Po*««rio,.r du / corselel coupe e:.rre- l I. AULACILM , Dejea». meiil, écliuncié de / Toulfs les pall.» I <^haque .;ôlé , les an- i Type, A. CdW»o<«,„, Beiciih. municâd'un tarse. 1 gles aigus ï Ai,sUalUn,. • ■ i Bord postérieur du ; I corselel légèrement ar- ( 1(. COPRiECIJS , Reicub. roudi , entier, les an- j Ries très obtus, arron- ■ Type, C. HemUphœricu, Lau. ', dis.. I Deuxcpi- Ji"-ses munii de croehets, lui. CIRCELLIDM, Latee.i.lk. nés oii I africains I i,r des "'"f''/: ) Les deux appendices , y GLYPHIDERUS. Westwood. Faite» anteiieu- i ■■■P<=' ^- ^^^uiapius. Oe.v.ee. I j'ejlréinitc des jambes \ Chaperon à si» k yil. MNEMATIUM, Mac I,e»ï. j intermédiaires I dents rtiguè's. SïerHum s '^ \ s 209. Id. Oliv., Enlomol., i, 3, p. 174, 1N°217, Tab. 13, fig. 117. Ateuchus, Fab., Syst. Eleuth., i, p. 57, ]N°15. CmcELLiuM, Lat., Règne animal, i, p. 535. PI. V, fig. 3. Palpes Mâchoire Lèvre inférieure. ... . . . 74 ANNALES Antennes, articles 4, 5, 6 globuleux? 7, 8, 9 en lamelles infundibuliformes, formant ensemble une masse orbiculo- ovalaire. Tête semi-orbiculiu're; épistome avec une large et profonde échancrure aniérieure, à deux lobes avancés dans son milieu. Corselet transversal moins large que les élylres, convexe; ses bords latéraux nullement aplatis et dilatés. Bord antérieur largement échancré pour recevoir la tète; bord postérieur droit; les côtés arrondis au tiers antérieur, ensuite droits jus- qu'à la base. Eciisson entièrement caché; ^o'int il' ailes?? Elytres soudées? aussi larges que le corselet à leur base. Pattes moyennes ;anfmeMre à jambe droite en dedans, tri- lobée en dehors, tronquée carrément avec une forte épine au côté interne. Intermédiaire forte. Jambe cWiée; droite, allant en s'élargissant médiocrement à l'extrémité, tronquée carrément (avec une épine de chaque côté de la troncature? ). Pos- térieure h pmhe ciliée, droite, s'élargissant brusquement à l'ex- trémité, tronquée anguleusement ; angles de la troncature sail- lants, en forme de dents. Tarses. Antérieur Intermédiaire Postérieur de la longueur des deux tiers de la jambe. Premier article moitié plus long que les suivants. Deuxième, troisième et qua- trième égaux, tous triangulaires. Cinquième oblong. Crochets simples (1). Ce genre n'a pas été compris dans mon tableau synoptique, faute de caractères suffisamment connus; je ne puis affirmer (1) Cette description et celle qui suit n'étant faites que sur la figure donnée par M. Hope, je ne me crois nullement responsable de leur exactitude; je serais même très surpris si les jambes intermédiaires étaient faites comme elles sont figurées , et avec une épine de chaque côté de la troncature , et s'il n'y avait pas de tarse antérieur. DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMOr.OfilQUE. 78 qu'il soit ici bien à sa place, mais par l'analogie j'en suis pres- que certain. TESSARODON HOLLANDI^ , Fab. , Ent. Sysl. , 1, p. 65, Id. Id. Herbst., Col. u, p. 324, ÎN° 209. Tessarodon iNoV/E HoLLANDi^, OUv. , Enl. , I, 3, p. 174, N" 217. Tab. 13, fig. 147. Id. HoLLANDi^, Latr. , Règne animal , i, p. 535. jHab. Australia. Musœo Dam. Banks. Long., 5 millim. Lat., 3,50 mill. PI. V, fig. 3. Ovatus, niger; ca[>he punctaio ; antice quadridentato ; thorace crebre punctato; elytris costatis, interstitiis subtitissime medio bi-striatis puncîisijué seriebus duabus utnnque dispositis ; pedibus ciliaiis. Ovalaire, noir; lêùe moyenne, ponctuée. Epislome large- ment et profondément échancré, avec deux lobes avancés du milieu de l'échancrure, dont les angles sont aigus; yeiix ovales. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur , criblé de gros points enfoncés; élytres soudées? plus larges, réunies, que longues, aussi larges que le corselet à leur base, et s'élargissant aussitôt jusqu'au tiers de leur longueur, dimi- nuant ensuite en s'arrondissanl jusqu'à l'extrémité; très con- vexes, avec des côtes obtuses, dont les intervalles ont deux stries fines parallèles, et une rangée de petits points enfoncés de chaque côté; les quatre pattes postérieures ciliées. 76 ANNALES DtUXIÈMK SECTION. Pâlies anlérieures dépourvues de tarse. Premier Groupe.' Deux épines ou appendices arliculés àrexlrémifé des jambes intermédiaires. Genres CIRCELLIUM , EUCRANIUM, GLYPHIDERUS. 4. Genre CIRCELLIUM, Latreiile, Règne animal, i, p. 535, ScARAB^us, Fa6r. , Ent. Syst. , i, p. 64, ]N°515. » Herhst,, Col. ii , p. 297, ]N°191. Tab. 49, fig. •'<. » 0/iy.,Ent.,i, 3, p. 153, N" 186. Tab. 17, fig. 161. » Pallas, Icon., p. 20. A, 23. Tab. B, fig. 23, A. Ateuchus, Fabr., Syst. Eleulh. , i, p. 57, N° 42. CoPRis, Oliv. , Encyclop. méth. , 1790, p. 171 , N" 120. Ateuchus, ServiUe, ici. 1823, p. 352. CiRCELLiuM, Dejean, Catalogue 1833, p. 136. CiRCELLiuM, Brullé, Ins. Pillot, 1837, vi, p. 295. \ CiRCELLiuM, Hope, Coleopterist's Manual, i, p. 55. CiRCELLiuM, Delaporte, Ins. Dumén,il, 1840, ii, p. 66. PI. V, fig. 4. Palpes. Maxillaire à premier article grêle, renflé au bout, cuculliforme; deuxième triangulaire, de même longueur que le premier ; troisième, en cône renversé, moitié plus long que le deuxième; quatrième, aplaii, en ovale très allongé, cultri- forme, un tiers plus long que le troisième (PI. v, fig. 4, b). Labial à premier article en triangle, presque équi latéral ; DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMO LOGIQUE. 11 l'angle externe ariondi , l'inlerne aigu, d'une surface égale au quart de la lèvre inférieure. Deuxièmesemi-orbiculaire articulé près de l'angle externe du premier ei moitié plus petit, tous deux coriaces , extrêmement velus. Troisième ovoïde très pe- tit, corné, glabre, inséré au côté interne du deuxième (Pi. v, fig. 4,c.) Mâchoire obtuse, garnie extérieurement de longs poils raides et portant au côté interne supérieur deux lobes membraneux superposés, ne descendant qu'au quart de sa longueur (PI. v, fig. 4,/;). Lèvre inférieure presque cairée, un peu rétrécie, antérieure- ment sinuée à sa partie supérieure; sur son disque deux larges fascies longitudinales de très longs poils (Pi. v, fig. 4, c). Aiitenne-A premier article subcylindrique, aussi long que les suivants réunis, un peu renflé prèsdeson insertion; deuxième très petite subglobuleux ^ troisième obconique^ deux fois plus long que le deuxième; quatrième oèco/îi^/MP, moitié plus grand que le troisième; cinquième cupuliforme , moitié plus grand que le premier; sixième infundibuliforme, de la hauteur du cinquième; septième, huitième et neuvième en lamelles, for- mant une masse ovalaire, aussi longue que les cinq articles précédents réunis (PI. v, fig. 4, c/). Téfesemi-orbiculaire. Bord antérieur de Vépistome hWohé; yeux triangulaires très petits. Corselet transversal , aussi large que les élylres, et atteignant les { de leur longueur. Bord antérieur échancré profondément pour recevoir la têfe. Bord postérieur droit, un peu sinuédans son milieu. Côtés arrondis, angles antérieurs et postérieurs obtus. Écusson entièrement caché. i427es rudimcnlaircs, alropliiées. Elytres soudées , embrassantes , moins larges que le corselet à leur base. 78 ANNALES Pattes antérieures assez allongées. Cuisse n'alleignant pas le bord laléi'o-postérieur du corselet. Jambe de la longueur de la cuisse, droite en dedans, trilobée en dehors, tronquée car- rément à l'extrémité avec un appendice épais, obtus, arti- culé au côté interne de la troncature. Intermédiaires moyennes écarlées à leur insertion. Cuisse n'atteignant pas le bord ex- terne de l'élytre. Jambe de la longueur de la cuisse, légère- ment arquée en dedans, avec plusieurs dents au côté externe, tronquée carrément à l'extrémilé; angles de la troncature sail- lants, avancés, et deux épines articulées dans son^côté interne. Posimeures trèslongiies. Cwissedépassanl les élytresdu fiers de sa longueur. Jambe un peu plus longue que la cuisse , arquée en dedans avec plusieurs dents au côté externe, tronquée car- rément à l'extrémité, avec une forte épine articulée au côté interne. Tarses prenant leur insertion au côté externe dans la tron- cature des jambes. Antérieur nu\ . Intermédiaire im tiers moins longquela jambe , à ariiclesépais, anguleux : leîpremier'un peu î plus long que le deuxième; deuxième, troisième et quatrième presque égaux , très bombés en dessus, déprimés en dessous ; leurs angles terminaux avancés de chaque côté, subépineux. Cinquième subcylindrique, un peu renflé au bout. Posté- rieur, de la moitié de la longueur de la jambe. Articles 1-5, comme l'intermédiaire. Crochets simples. Sternum déprimé, large. Il esl remarquable que l'insecte qui fait le type'de.ce genre ne soit pas mentiomié dans les Horœ Entomolocjicœ , de Mac Leay. Serait-ce que son organisation eût dérangé l'économie de son système quinaire, ou qu'il eût considéré cet insecte comme appartenant à un nouveau groupe (1)? (i) On serait disposé à croire celle dernière explicaliou par ce que dit M. Hope de ropinion de celauteur, qui prétendait que le Scar. Bac- chus était, suivant Illiger, le type du genre Canthon d'Hoffmansegg. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 79 CmCELLIUM Bacchus, Fabr., Ent. Sysl., i, p. 64, IN°212 Id. Id. , Herbst., Col. ii, p. 297, NMOl , PI. XIX, fig. 4. Id. Id., 0/iy. , Ent., 4, 3, p. 153, INM8G, PI. XVII, fig. 161. Id. Hemisph^ricus, Pallas, Icon., p. 20, A, 23. pl.B, fig. 23, A. Id. Bacchvs , ServiUe , Encycl. méthod., 1825. Tom. X, p. 352. Id. Id. , Dejean, Calai. 1821 , p. 52. Id. Id., Brullé, Im. Pillot, iS3l , tom. vî, p. 293. Id. Id., Hope, Coleopl. Maniial , i, p. 55. T. Il, pi 66. Id. Id. , De Castelnau , Ins. Dmnénil, 1840. T. Il, p. 66. Hab. From. Bon.-Spei. Miisœo Reiche. PI. V, fig. 4. Subhemisphœricus, niger, niiidus; capile punctnto antice mc- dio bilobato; ihorace lœvigato lateribus vix punclatis puncto que utrinque medio impressis; elylris sublœvigatîs , striis temiibus quinque punctisque raris instruciis; pedibus posticis serratis. Subhémisphérique, noir, assez brilla ni. Teïe couverte de petits points enfoncés, large, semi-orbicnlaiie; milieu de l'é- pistome avancé en deux lobes courts, arrondis. Un tidoercule obsolète au milieu du veriex. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur, très convexe, légèrement marginé, couvert de très petits points enfoncés, obsolètes sur le disque, avec quelques enfoncements çà et là, principalement sur le milieu des côtés, et une strie médiane longitudinale très peu marquée. Elyires soudées, allant en s'élargissant un peu jus- qu'au tiers de leur longueur, s'arrondissant ensuite jusqu'à 80 . ANNALES l'extrémité; leur contour formant presque le demi-cercle. Su- ture un peu élevée; quelques côtes obsolètes; cinq stries très fines sur chacune, avec de petits points enfoncés très espacés, irrégulièrement placés dans les intervalles , et une carène sub- marginale n'atteignant pas l'extrémité. Epipleure de la lar- geur du quart de l'élytre, avec une strie longitudinale bien marquée dans son milieu. Pygidium très ponctué, ainsi que la poitrine; les cinq premiers segments de Y abdomen lisses, avec quelques points enfoncés à leur base; le sixième très ponctué. Pattes, Antérieure ciliée en dedans, avec quelques dentelures au côté externe de la jambe avant les trois lobes. Une rangée de tubercules saillants au milieu de sa face inférieure, allant de la base au sommet, et dont les deux premiers sont beau- coup plus gros que les suivants. infermérfzVureà jambe forte- ment quadridentée sur ses angles latéro-inférieurs ; ces dente- lures servant d'insertion à des faisceaux de poils. Postérieure à cuisse échancrée en dedans près de la base, avec une touffe de poils dans l'échancrure. Jambe armée de deux dents au côté externe, l'une au tiers, l'autre aux deux tiers de sa lon- gueur, avec de petites denielures tout le long -, son côté interne est hérissé de tubercules inclinés de bas en haut et d'où par- tent des faisceaux de poils, et porte une petite carène terminale très velue. La (aille de cet insecte varie beaucoup; ne trouvant aucun caractère sexuel extérieur, j'étais porté à croire que les plus gros individus étaient des femelles; mais l'opération très sim- ple de détacher l'abdomen et d'en visiter le dernier segment, m'a fait retrouver le pénis dans tous les individus que j'ai vus, un seul excepté, et qui était le plus petit (1). (i) Je ne puis trop recommander ce moyen si simple de s'assurer du sexe dans les cas douteux ; la consistance cornée de l'organe mâle le fait résister à la décomposition , qui détruit promptement l'organe membraneux femelle. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 8i Une seconde espèce est signalée par M. Weslwood (British Cyclopedia , lom. ii, p. 55), sous le nom de 6'. Ly- ceus. La seule description qu'il en donne consiste à dire que rette nouvelle espèce dilTère du C. Bacchus par sa taille plus grande et la forme différente des lobes de l'épistome. D'après la figure qu'il en donne, je dois dire que je ne vois aucune différence entre l'épistome de l'espèce supposée nouvelle et ce- lui des individus bien conservés du Bacchus ; quant à la taille, j'ai des insectes de cette dernière espèce aussi grands que le C. Lyceus. 5. Genre EUCRAMUM , Dejean, Catal. 1833, p. 135. EucïiANiuM, BruUé, Ins. Pillot, 1837, t. m, p. 289. Anomiopsis, Weslwood, Zoolog. Soc, tom. n, p. 159, P1.29,f]g. 2. PsAMMOTRUPEs, Guérhi , Icon. R. A. Ins. Texte, p. 74. Pachvsoma, DeCastelnau, Ins. Duménil, 5840, l. n, p. 68. PI. VI, iig. 5. Palpes. Maxillaire : premier article très petit, cucuUiforme; deuxième subcylindrique, un peu arqué, renflé vers l'extré- mité, deux fois plus long que le premier; troisième, sembla- ble au deuxième; quatrième, moitié plus long que le précédent, fusiforme (PI. vi, fig. 5, b). Labial. Premier article presque semi-orbiculaire, plus grand que les deux suivants réunis; deuxième, suborbiculaire , un tiers plus petit que le premier, tous deux coriaces, très velus; troisième, ovoïde, très petit, corné, glabre, articulé au côté interne du deuxième (PI. vi, fig. 5,c). Mâchoire garnie en dehors de longs poils raides, et portant XI. 6 82 ANNALES au côté interne su périeui: un lobe membraneux, divisé, qui ne descend qu'à la moitié de sa longueur (PI. vr, fig. 5, b). Labre membraneux, échancré, avec une petite dent au mi- lieu de l'échancrure. Lèvre inférieure conique, convexe, profondément échancrée au sommet, 1res velue (PI. vf , fig. 5, c). y4?2fenne à premierarticlegrèle, subcylindrique, unpeusinué, atteignant leborddel'épistome; deuxième, subglobuleux ; troi- sième, deux fois plus long que le deuxième, cylindrique, un peu renflé au bout; quatrième , moitié moins long que le troi- sième, en cône renversé; cinquième, subgiobuleux, sembla- ble au deuxième; sixième, eu puli forme, dilaté en dedans; septième, builième et neuvième, en lamelles, formant une masse oblongue aussi longue que les cinq articles précédents réunis (Pi. vi, fig. 6, cl). Tête large. Epistome denticulé sur ses côtés, largement et profondément échancré antérieurement, avec deux lobes avan- cés partant du fond de l'échancrure. Yeux très petits, subor- bicuiaircs. Corselet transversal, plus large que les élylres. Bord anté- rieur échancré carrément en avant >, our recevoir la tête; bord postérieur sinué , rentrant dans son milieu. Côtés arrondis. Ecusson ne séparant pas les élytres à leur base. Pointd'ailes. É/j/fres soudées, embrassantes, semi-orbiculaires, très étran- glées à leur base, ets'élargissant immédiatement, en s'arron- dissanl en arc de cercle jusqu'à l'extrémité. Pattes. Antérieures assez longues. Cuisse atteignant le bord latéro-postérieur du corselet. Jambedela longueurde la cuisse, droite au côté interne, quadrilobée en dehors; lobe terminal simulant une prolongation delà jambe; troncature oblique, avec une épine articulée au côlé interne. Intermédiaires très rapprochées à leur insertion des postérieures. Cuisse atteignant iebord externe des élylres. Jambe de la longueur de la cuisse, DE LA SOClETi: ENTOiMOLOGIQUE. 85 un peu déprimée, arquée en dehors, tronquée obliqucmenî, avec deux épines articulées : l'une interne, aiguë; l'autre ex- terne, spatuliforme (Pi. vi, fig. 5, e). Postérieures. Cuisse dépassant du tiers de sa longueur le bord des élytres. Jambe de la longueur de la cuisse, droite, dilatée à l'extrémité du côté externe, tronquée carrément j avec une épine articulée au côté externe (PI. vi, fig. 5 , /). Tarses de cinq articles, aplatis, triangulaires, insérés au côté interne supérieur de la troncature des jambes. Antérieur nul. Intermédiaire de la l(jngueur des {delà jambe. Articles décroissant de longueur : le premier, moilé plus long que le deuxième; le cincjuième, arrondi à l'extrémité. Postérieur de la longueur des | de la jambe. Premier article deux fuis plus long que le deuxième; troisième, moitié moins long que le deuxième, quatrième et cinquième en décroissant; ce dernier arrondi à l'extrémité. Crochets nuls. Sternum aplati, allongé, très développé d'avant en arrière. ECCRAWUM AEACHNOIDES, Dejean , Cala!. 1833, p. 135. Id. Bndlé, lus., Piliot , 1837, Tom. ni, p. 289. Pach\soma LàcouDAïuEi , De Castelnau, 1ns. Duménil, 1840, Tom. u, p. 68. Hab. Tucuman , Cordova. ^ Musœo Desmarest et Reiche Ç , Musœo de Brème. Long., 24-26 mil!. Lai., 15-17 miîL PI. VI, fig. 5. Niger, paulum metaUico nitidus; capite ciliato antico bilobato, postice obsolète carinato , tuberculo obsoieto utrinque instructo; ihorace sparsim punctato canaliculato , utrinque puncto impresso, lateribus posticis, ciliatis; elyliis convexis punctato striatis, in. terstitiis punctatis; pedibus ciliatis. Noir, avec un léger reflet métallique. Tête avec des points enfoncés, plus rares sur le vertex; une petite carène peu mar- 81 ANNALES qiiée, et un tubercule peu sailiant de chaque côté en avânl des yeux. Épislome découpé en deux lobes avancés et relevés, spiniformes, sub-paralièles dans le mâle, plus larges, ar- rondis et divergents dans la femelle. Côtés arrondis, si- nueux, bi anguleux. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur, légèrement rebordé, plus large que les élytres, vaguement ponctué; une ligne enfoncée dans son milieu, n'at- teignant pas le bord antérieur, et un gros point enfoncé de chaque côté, au milieu et près du bord latéral. Bord antérieur un peu renflé.dans son milieu, et déprimé à chaque angle de l'échancrure; les côtés arrondis, finement denliculés; leur moitié postérieure fortement ciliée. Bord postérieur siniié, à milieu renîrarit. Elytres convexes, ayant chacune huit stries de points enfoncés, dont la première et la deuxième vont se réunir aux stries de l'épipleure; la troisième à la quatrième, la cinquième à la huitième, et la sixième à la septième. Quel- ques points irrégulièrement placés dans les intervalles. Côte submarginale obtuse, eflacée aux deux tiers des élytres. Epi- pleure de la largeur du cinquième de l'élytre, avec une strie tout à fait marginale, et une autre de points enfoncés submé- diane. Poitrine et abdomen vaguement ponctués. Pattes^ Anté- rieure ciliée, surtout en dehors, à l'articulation de la jambe. Intermédiaire. Cuisse légèrement ciliée en dehors. Jambe un peu épineuse sur ses angles; côté externe de la troncature pro- longé en épine. Postérieure avec le genou cilié, ainsi que le côté externe de la jambe, dont les angles sont subépineux. Tarses fortement ciliés; cils plus longs et plusfournisdu côtéexterne. Doux autres espèces appartenant à ce genre sont décrites. 2. Eucu. DiosGORiDEs, Westwood, Zoo!. Soc, t. ii, p. 164. PI. !29. Ilab. America Australi. Musœo Patrick Walker. 3. Euca. DEMTiFRONS, Guérm , Icon. R. A. Texte, p. 75. Hab. Pafag'O/îia (Baie de Saint-Blas). Musœo Reiche. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 8S 4. EucR. /tluANus, B/anc/?arrf, Ins. Voy. de d'Oibigny. ïlab. Patagonia. JiJusœo Reiche. J'en connais une cinquième espèce inédile, étiquetée E. HeteroclytUm , dans la Collection du Muséum de Paris. 6. Genre GLYPHIDERUS , Westwood , Zool. Soc, t. ii, p. 164. PI. 29. PI. VI, fig. 6. Palpes, maxillaire et labial, comme dans le genre Eucra- JNIUM (PI. VI, tîg. 6, b, d). Mâchoire (PL vi, fig.6,t). Labre et Lèvre intérieure, comme dans le genre Eucbanium (PI. VI, fig. Q,c). Antennes Tête moyenne. Epistome sinué sur ses côtés, avec deux lobes avancés dans son milieu. Vertex armé d'un tubercule conique, vertical. Yeux suborbicuiaires. Corse/eî transversal, plus large que lesélylres, canaliculé irrégulièrement; ses angles postérieurs aigus, réfléchis. Ecusson ne séparant pas les élytres; point d'ailes. Ely très soudées, embrassantes, semi-orbiculaires, très étran- glées à leur base, et s'élargissant immédiatement en s'arion- dissan». Pattes. Antérieures assez longues. Jambe droite au côté in- terne, quadrilobée? au côté externe, avec une épine articulée dans la troncature. Intermédiaires non rapprochées des posté- rieures à leur insertion, mais plus écartées qu'elles l'une de l'autre. Cuisses atteignant le bord del'élytre. Jambe de la lon- gueur de la cuisse, arquée en dehors, tronquée carrément, 86 ANNALES avec deux épines aiguës, articulées, l'une inlerne , l'autre externe. Postérieures rapprochées l'une de l'autre à leur inser- tion, grêles. Cuisse dépassant l'abdomen de la moitié de sa longueur. Jambe de la longueur de la cuisse, droite aux | de su longueur, ensuile un peu courbée en dehors, dilaléedu côlé externe, tronquée obliquement, avec une épine articulée au côlé interne. Tarses insérés au côté interne de la Ironcaiure, de cinq ar- ticles, aplatis, ciliés : le premier, subtrianguiaire, plus long que les autres ; deuxième , troisième et quatrième, en décrois- sant- cinquième, oblong. Crochets nuls. GLYPHIDERUS STERQUILINUS , Westwood, loco citato. Habit. America Australi. Musœo Patrick Walker. Long., 22 mill. Lat. ,l4mill. PI. VI, fig. 6. Ater , nitidus, punctatissimus , convexus; elytris semi-circida- ribus , striis sex sinipticibus in singido ; thoracis lateribiis tibiis que quatuor posticis serrulatis; çapite thorace, tarsis que breviter rufo liirtis. Westw. D'un noir brillant, très ponctué, convexe. Tète médiocre, subirigone. Epistome à deux lobes avancés dans son milieu , et un petit, peu distinct de chaque côlé. Vertex avec un tuber- cule conique, aigu, vertical.. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur, très ponctué; ses côtés arrondis, denti- culés, ciliés de poils roux très courte; ses angles postérieurs réfléchis; le disque élevé , et dans son milieu une impression large et irrégulière, terminée antérieurement par deux tuber- cules arrondis. Elytres très ponctuées , convexes , avec six DE lA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 87 stries lisses sur chacune. Jambes inlermédiaires et postérieures denliculées sur leurs angles. >Vestw . Deuxième groupe. Une seule épine ou appendice articulée à l'extrémité des jambes intermédiaires. Genres PACHYSOMÂ. — MNEMAïIUM. 7. Genre PACHYSOMA, Kirbij, Mac Leay. Horae Enlomolo- gicaî, 1. 1, p. 507. Pachvsoma, iCfr/>t/, Mac Leay. Horse Enlomologicse ; Lequien, 4833, p. 56. ScARAB^us, Oiiv., Eut., I. 3, p. 154, N" 487, PI. xxiv , fig. 207. CopRis. Id. Encycl. mélh., 4790, p. 472, N° 1^4. Ateuchls, Sch. . Syn., Insect. , t. i, p. 60. Pach-vsoma, Seru. , Encycl. Méth. , Ins., 4823, tom. x, p. 352. Id. Latr.,l\. A. Ins., t. i, p. 534. Id. Dej., Calai., 4833, p. 135. Id. Brullé,lm.Pinot,i831, t. vi, p. 288. Id. Guérin, icon. R. A. Texte, p. 74. Id. De Castelnau, \ns. Duménil, 1. 11,^. 6T . PI. VI, fig. 7. Palpes. Jiaa;27/a?>e : premier article petit, subcyiîndrique, cuculliforme. Deuxième, de la longueur du premier, trian- gulaire, subéqui latéral. Troisième, un quart plus long que le deuxième, moins élargi au bout, cuculliforme. Quatrième, presque aussi long que les trois premiers réunis, fusiforme (PI. Yi , fig. 7, b). Labial: premier article grand , ovalaire. 88 ANNALES Deuxième, oblong, (ronqué au boul, aussi long que le pre- mier, mais moins large, lousdeux très velus. Troisième, pe- tit, ovoïde, glabre (PI. vi, fig. 7, c). Mâchoire avec quelques longs poils sur ses angles , et à son sommet un petit lobe membraneux, cilié, eri quart de cercle, ne descendant pas sur le côté (PI. vi , fig. 7 , b}.' Lèvre inférieure semi-orbiculaire, échancrée au sommet, avec une touffe de longs poils de chaque côté de l'échancrure (Pi. vi, fig. 7,c). A7itennes. Premiev article grêle, subcylindrique, un peu aminci près de l'articulation et au milieu, aussi long que les suivants réunis. Deuxième, très court, cupuliforme. Troi- sième, trois fois plus long que le deuxième, cucuUiforme. Quatrième, subcylindrique, deux fois plus long que ledeuxiôme. Cinquième, aussi court que le deuxième, mais plus renflé, cupuliforme. Sixième, semblable, mais un peu prolongé en dedans. Septième , huitième et neuvième, en lamelles, for- mant une masse subsphérique, moins longue que les cinq articles précédents réunis (PI. vi, fig, 7, d). Tête large, triangulaire. jBpis/omebilobé en avant; une pe- tite échancrure externe à la base de chaque lobe. Yeux trian- gulaires, très petils. Corselet transversal, aussi large que les élytres. Bord anlé- fleur légèrement échancré pour recevoir la tête; bord posté- rieur sinué, rentrant au milieu, les côtés arrondis. Ecusson ne séparant pas les élytres. Ailes nulles. Elytres soudées, embrassantes, presque orbiculaires, rétré- ciesà leur base, et s'élargissant immédiatement en s'arrondis- sant jusqu'à l'extrémité. Pattes. Ayitérieures moyennes. Cwisse épaisse, forte, dépas- sant de très peu le bord laléro-postérieur du corselet. Jambe un peu plus courte que la cuisse, aplatie, un peu arquée en dedans, quadri lobée en dehors, tronquée obliquement, avec DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 89 une épine articulée. Intermédiaires moyennes, très rappro- chées entre elles à leur insertion. Cuisse atteignant le bord de l'élytre. Jambe un quart plus courte que la cuisse, droite en dedans , bidentée et sinuée au côté externe , tronquée oblique- ment de haut en bas, avec une seule épine articulée. Posté- rieures moyennes. Cuisse ne dépassant que d'un cinquième de sa longueur le bord de l'abdomen. /am/?e droite en dedans, bidentée et sinuée en dehors , tronquée obliquement de haut en bas et de dehors en dedans, avec une seule épine articulée au côté interne de la troncature. Tarses insérés au côté supérieur de la troncature des jambes. Intermédiaire de la longueur des trois cinquièmes de la jambe. Articles un à quatre, triangulaires, un peu aplatis, le premier plus long, les autres en décroissant ; cinquième aussi long que le premier, renflé au bout. Postérieur de la longueur des qua- tre cinquièmes de la jambe. Articles un à quatre, triangu- laires, aplatis; le premier article aussi long que les trois sui- vants réunis; deuxième, moitié moins long que le premier; troisième et quatrième, en décroissant; cinquième, delà lon- gueur du deuxième, renflé au bout. Crochets simples. Ster- num nullement saillant. PAGHYSOM ^SGULAPIUS, Oliv., Ent. , i . 3 , p. 154, No 187, pi. 24, fig. 207. Id. Kirby , Mac Leaij , Horae En- tom. , t. I , p. 507. Id. Serville, Encycl. méth., Ins., t. X, p. 352. Id. Latreille , R. A. Ins., t»i p. 534. Id. Dejean, Cal., 1833, p. 135. Id. Brullé, Ins. , t. vi, p. 288. id. Z)e Caste/noM, Ins., t.ii,p. 67- 90 ANNALES Paciiysoma ^sculapius, Guérin, Icon. , R. A. Texte, p. 74. Hab. Prom. Bon.-Spei. Musœo Reiche. Long. , 24-26 millim. Lat. , 16-17 millim. Pi. YI, fig. 7. Ater, capite punctato; ihorace marginato, subcanaliculato , punctato , lateribus rufo cilîaliSy in medio tuberculo subobsoleto instructis; elytris substriatis, interstitiis irregulariter punctatis; pedibus rufo ciliatis. Noir, de la forme à peu près du chiffre 8. Tête irrégulière- ment ponctuée , couverte de petites rugosités plus sensibles sur les côtés. Vertex bombé. Corselet d'une largeur égale à deux fois sa longueur , rebordé, irrégulièrement ponctué, sur sa par- tie antérieure et sur le disque, de points enfoncés, accompa- gnés chacun d'un petit tubercule , de petites rugosités très légères sur le reste desa surface ; une ligne enfoncée, lisse, lon- gitudinale, dans son milieu , parlant de la base et n'atteignant que la moitié de sa longueur, et une impression irréguiièreau milieu de ses côtés; ceux-ci arrondis, denticulés et ciliés dans leur moitié supérieure. Elytres à six stries, peu marquées sur le disque et effacées à l'exirémité; intervalles irrégulièrement ponctués de points tuberculeux, comme ceux du corselet, et une petite carène dessinant tout leur contour depuis la base de la suture jusque près de son extrémité. Epipleure de la largeur du tiers de l'élytre. Pygidium, poitrine et partie latéro-posié- rieure des segments de l'abdomen , couverts de très petits tu- bercules. Pattes antérieures avec du petites dentelures au côté externe des jambes, avant et entre les lobes; côté interne cilié; dessous des cuisses et des jambes rugueux, une petite carène sur la face supérieure de la jambe; genoux ciliés. Inter- médiaires à cuisèe ponctuée; jambes avec deux petites carènes DE I.A SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 91 ciliées, obliques, au côlé externe, interrompues brusquement, formant dentelures. Postérieures à cuisse finement poncluée, avec une rangée de très petits tubercules. Jambe avec trois petites carènes ciliées, obliques au côté externe. Tarses ciliés ; cils plus longs et plus fournis au côté externe. Deux autres espèces appartenant à ce genre sont décrites. 2. Pach. HYPPOCRA.TES , Kùlnj, Mac Leay , Horse Enlom. , t. 1, p. 507. Hab. Proin. Bon.-Spei.- Musœo Kirby. 3. Fach. Striât um , De Castehiau, Ins. Duménil , i840, t. 11, p. 68. Hab. Prom. Bon.-Spei. Musœo Gory. 8. Genre MNEMÂTIUM, Mac Leay, Horae Ent., t. i. Ateuchus, Dejean, Cat. , 1833, p. 135. Mnematium, JS"ir/?z/, Règ. an. Anglais. Id. Guérin, Icon. , Règ. an., Texte, p. 76. PI. VI, fig. 8. Palpes. Maxillaire à premier article grêle, subcylindrique, cucuUiforme. Deuxième, tiiangulaire, presque équilaléraî , de la longueur du premier, troisième, cucuUiforme, de la longueur du deuxième. Quatrième, fusiforme, aussi long que les deux précédents réunis {Pl.vi, fig. 8, b). Labial. Pre- mier article oblong, un peu élargi à l'extrémité. Deuxième, suborbiculaire, presque aussi grand que le premier, tous deux coriaces, très velui^. Troisième, très petit, ovoïde, corné, glabre (PI. vi, tig. 8 , c). Mâchoires^ ciliées au côté externe, garnies en dedans d'un 92 ANNALES lobe membraneux, parlant du sommet et descendant aux deux tiers du côté interne (Pi. vi, fig. 8,6). Lèvre inférieure, presque semi-orbiculaire, un peu sinuée à la partie latéro-supérieure, échancrée au sommet, rugueuse. Bords de l'échancrure garnis de longs poils (PI. vi , fig. 8,c). Antennes. Premier article grêle, subcylindrique aussi long que les suivants , réunis. Deuxième , très court , cupuliforme. Troisième, une fois plus long que le deuxième, cylindrique, un peu renflé au bout. Quatrième, cinquième, cylindriques, de la longueur du premier. Sixième, cyalhiforme, de la lon- gueur du précédent. Septième, huitième et neuvième, en la- melles formant une masse ovaiaire aussi longue que les cinq articles précédents réunis (PI. vi , fig, 8, d). Tête semi-orbiculaire. Epistome découpé en six dents ai- guës. Yeux oblongs. Corselet transversal , plus large que les éiytres. Bord anté- , rieur échancré dans son milieu pour recevoir la tête ; bord postérieur arrondi , ainsi que les côtés; les angles obtus. Ecusson entièrement caché. Ailes nulles. Eiytres soudées, embrassantes, convexes, de la largeur de la moitié du corselet à leur base, et s'élargissant immédia- tement en décrivant un arc de cercle jusqu'à l'extrémité; elles ont une carène subraarginale qui n'atteint pas l'extré- mité. Pattes. Antérieures très longues. Cuisse dépassant un peu le bord latéro -postérieur du corselet. Jambe de la longueur de la cuisse, légèrement arquée en dedans, quadrilobée en dehors, échancrée carrément à l'extrémité, avec une épine articulée. Intermédiaires grêles, peu espacées à leur insertion. Cuisse àé- passant un peu le bord des éiytres. Jambe un tiers moins lon- gue que la cuisse, sinuée en dehors, droite en dedans, tron- quée carrément de dedans en dehors, mais obliquement de DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 93 haut en bas en dessus, avec une épine articulée. Postérieures grêles, longues. Cuisse dépassant l'abdomen du tiers de sa longueur. Jambe de la longueur de la cuisse, légèrement ar- quée en dedans , sinuéeen dehors, tronquée obliquement de dehors en dedans et de haut en bas, avec une forte épine ar- ticulée au côté interne. Tarses articulés au haut de l'échancrure des jambes; anté- rieurs nuls; intermédiaires de la longueur des deux tiers de la jambe; postérieurs de la moitié, tous deux, à premier article aussi long que les deux suivants réunis; deuxième, troi- sième, quatrième, en décroissant de longueur, tous triangu- laires, un peu aplatis en dessous. Cinquième, oblong, ar- rondi au bout, aussi long que les deux précédents réunis. Crochets simples. Sferrmm élevé, saillant, anguleux (1). MNEMATIUM RIïCHll , Mac Leaij , Ilorœ Enlom. Ateuchus iNTERRUPTus, Dejmjî, Gat., 1833, p. 135. Hab. Africa boreali, Tripoli. Musœo Reiclie. Long., 46-49 mill. Lat., 44-43 niill. PI. VI, fig. 8. Niger, niticÊs; ca pi te /?u?îcîaïo, elevato , caréna transversa, obsoleta instructo , vertice depresso , thorace lœvigato , sparse punctato, lateribus seiratis ; e\y\.r\s obsolète sulcatis. D'un noir assez brillant. Tête couverte de petits tubercules serrés, un peu bombée, avec une petite carène transversale peu marquée; interrompue au milieu. Vertex déprimé. Epis- (1) On s'élonnera, avec raison , que le genre Mnematium n'ait été cité ni par M. Serville dans l'Encyclopédie , ni par Latreille, dans le Règne animal, ni même par M. De Castelnau, dans son Histoire des Insectes. Ces trois auteurs ont cependant étudié le travail de Mac Leay, et Pont souvent copié. 94 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. tome avçc deux denîs aiguës avancées dans son milieu, el deux autres de chaque côté, presque en angles droits. Corselet d'uiie largeur égale à deux fois sa longueur, lisse, avec des points enfoncés très distants; une petite strie longitudinale enfoncée sur son disque, partant de la base et ne dépassant pas le mi- lieu, et un enfoncement irrégulier au milieu de chac[ue côté, près du bord latéral; les côtés denliculés. Elytres à six stries - obsolètes, les intervalles élevés subsiiionnés. Pattes anté- rieures denticulées en dehors, avant et entre les lobes; inter- médiaires et postérieures légèrement ciliées. Jambes avec deux petites carènes obliques, courtes, au côté externe. Tarses ci- liés; pygidium, poitrine et segments de l'abdomen, lisses. Une seconde espèce est décrite. 2. Mnem. Silenus, Kirby , R. A. anglais, t. i, p. 506, pi. 40, f. 2. Hab. Syria. Musœo Reiche. AWWOWC'ES, GENERA ET SPECIES CURCULTONIDUM, CUM SYNONY- MIA HUJUS FÂMILI^, a C. J. Schoenhen. Six volumes chacun en deux parties sont en vente. ChezRoret, rue Hautefeuille, iO bis. SPECIES GÉNÉRAL DES COLÉOPTÈRES DE LA COL- LECTION DE M. LE COMTE DEJEAN. Tonv vr, ((.me- nant l'histoire naturelle des Hydrucanthares et des Gyri- niens, par M. le docteur Aube. Chez Méquiynon-Marvis fils, rue de l'École-de-Médecine, 3. HISTOIRE NATURELLE ET ICONOGRAPHIE DES INSECTES COLÉOPTÈRES , commencée par MM. de Castelnau et Gory, et continuée par M. Gory. Cinquante-deux livraisons contenant des Monographies de Carabiques. La Monographie des Ciylus et celle des Buprestes sont en vente. Prix de chaque livraison : 6 fr. Chez Duménil, rue des Beaux-Arts, 10. FAUNE ENTOMOLOGIQUE DE L'ANDALOUSIE, par M. le docteur Rarnbur. Chaque livraison contient 5 planches et 5 feuilles de Jexte. La 4*^ livraison contenant une partie des Lépidoptères est en vente. Prix de chaque livraison : 6 fr. Chez Arthus-Bertrand , rue Hautefeuille, 23. GENERA Eï INDEX METHODîGUS LEPIDOPTERARUM EU- ROPiEARUM , auclore Boisduval. Chez Roret, rue Hautefeuille, 10 bis. MONOGRAPHIE DES TRÂGIIYDÉRIDES , par M. Dupoiu. Un volume in-8" , el 70 pi. coloriées. Chez Artlms-Bertrand , rue Hautefeuille, 23. ESSAI MOiSOGKAPHIQUE ET ICONOGRAPHIQUE DE LA TRIBU DES COSSYPHIDES (famille des Coléoptères Hé- téromères) , par M. le Marquis De Brème. Première partie, un volume in-8°; devant paraître à la fin | de juin 1842. * Chez Lacheze, rue des Malhurins-Saint-Jacques, 24. Un ancien membre de la Société Entomologique se propose d'entreprendre, de concert avec une autre per- sonne, un voyage dans le but d'explorer, sous le rapport entomologique, le midi de la France. Ces deux Entomolo- gistes doivent parcourir , dans le courant de mai, juin et juil- let, la Lozère, l'Aveyron, le Tarn, l'Hérault, les Pyrénées, l'Aude, la Haute-Garonne, la Garonne, le Cantal , la Corrèzé, le Puy-de-Dôme, etc. Ces deux amateurs, pour couvrir en partie les frais de leur voyage, se sont décidés à offrir aux Entomologistes quelques lots de Coléoptères. Chaque lot de 200 insectes est de 20 fr. Il n'y aura pas [Aus de quatre individus de la même espèce dans chaque lot. 1 On souscrit chez M. Guérin-Ménéville, rue de Seine, 13. ( Écrire franco ) . Ml PO DU BUREAU y.E 1842. PRÉSIDEST, M. le docteur Aube , Hue de Tournon , 8. VICE-PRÉSIDENT, M. Goureau, Rue de Verneuil , 39. SECRÉTAIRE , M. E. Sesmarest, Rue de la Harpe, 45. SECRÉTAIRE-ADJOINT, M. Pïerret, /?Me Corneille, 3. ' 'lÉSORIEK , \ Pitois, "^on , 35. TK ^INT, M. jRve Da^ ARCBIVIS. M. Suponchv Rue de Sèvres. 4. SÉANCES PENDANT L'ANNÉE 1842, Onzième de sa fondation. LES MERCREDIS / 5 ( 19 \ 16 ( ï^- Janvier, rier. 46 ] Mars. 20 } ^^"'• Mai. Juin. LES Juillet. Août. Septembre. Octobre. mercredis] ^g j Novembre. s,. ( Décembre. LIS SÉANCES ONT LIEU A SEPT HEURES DU SOIR, Rue d' Anjou- Dauphine , 6, à Paris. TABLE DES MATIÈRES Contenues dans cette Livraison. Communicatioa vd-bale aar la Piérologie des Lépidoptères ; par M. Al. Lefebvrit. . 4 Description de la chenille de V^riopus pteridis; par M. Bruand. 57 Description d'un nouveau genre d'insectes diptères (l'^icodftijs- tema nitida) ; par M. Macquart. 41 Observations sur une notice publiée sur les PodwrmB'S d«hs le No 64 de la Bibliothèque universelle de Gel^ève ; par M. l'abbé Bourlet 45 Notice sur un insecte de la famille de Longicornes ( Purpuri- cenus Loreyi Dup. ) ; par M. Em. Blanchard 49 Note pour servir àl'histoire du Pissodes pini ; parM.GouREAU. 55 Essai d'une classification méthodique de la tribu des Copro- phages , famille des Lamellicornes , division des Scarabœi- des , Coléoptères penîamères ; par M. Reiche S9 Annonces; \ 95et ^y Bulletin ENToaoLOGiQUE. Premier trimestre de ife48i . . , i AVIS MM. les Membres qui n'ont pas vereé le monian» ri» ic... /.^îi^,*„„ rannée 4842. sont pariés de l'envoyer Van sTe" plu btefSai Se ni'pas S'adresser a M. Ch. Pitois, trésorier, Rue de l'Odéon . 35. à Paris. mPBllJE»» D'HlPyoLIIE TILLIiïB, ICk W-HIACmTHB STUICHSI, 30. ^. ^^■yco. y/////^/ ùrzs r^' i/i (^^^.r'W Aursi m ANNALES DE LA SOCIÉTÉ T DE FRANCE. ISalura maxime nUranda in minimis. TOME OINZIËME. i S49. — MewopièâÊfêe IriniesiÉ^e. PARIS. CH. PITOIS, ÉDITEUR, RUE DE l'oDÉON, 35. M l)CCC XLII. -.^SHk' ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ElNTOMOLOGIQUE. 95 W®TICE SUR LA VIE ET LES TRAVAUX DE Jean -Victor AUDOUIN, Chevalier delà Légion d'honneur, membre de rAcadémie des sciences, et d'un grand nombre d'autres sociétés savantes, tant nationales qu'étrangères (1), professeur d'entomologie au Muséum d'histoire naturelle de Paris j deGédc le 9 novembre 1841. Lue à la Société eniomologique de France, dans sa séance du 6 airil 1842. Par M. DUPONCHEL , archiviste de ladite socie'té. Messieurs, Ce qui frappe d'abord dans la biographie des savants, comme dans celle des hommes de lettres et des artistes, c'est de voir que la plupart ont eu à lutter, soit contre leur po- sition, soit contre la volonté de leur famille, pour suivre leur vocation; en sorte que ce n'est qu'à force de persévérance qu'ils ont pu embrasser la carrière à laquelle ils se sentaient appelés. Tel fut le sort de celui dont nous avons à nous entre- tenir : il n'a pas tenu, en effet, à ses parents, qu'il ne fût un avocat obscur, au lieu d'être, comme il l'a été, un des natura- listes les plus distingués de notre époque; mais heureusement (1) On trouvera la liste de toutes les sociétés dont M. Audouin était membre, à la suite de la partie bio{jraphique de cette notice. XI. 7 96 Ai^NÂLES pour lui et pour eux, sa constance à poursuivre son but fut plus forte que leur volonté. Jean- Victor Audouin est né à Paris , le 27 avril 1797, de parents chargés de plusieurs enfants, et dont la modique for- tune fut tellement réduite par des pertes successives, qu'il devint leur soutien pendant les dix dernières années de sa vie. Après avoir commencé ses études au collège de Reims, il les continua pendant trois ans à celui de Louis-le-Grand (1); au bout de ce temps il alla rejoindre un cousin qui occupait une place assez importante dans la ville de Lucques, gou- vernée alors par la princesse Élisa , sœur de Napoléon. Ce pa- rent le fit entrer dans le collège principal de celte ville, où il ne tarda pas à se distinguer, malgré l'emploi qu'il était obligé de faire d'une langue qui lui était étrangère, mais qu'il sut bientôt comme la sienne , grâce à son application et à sa faci- lité pour apprendre. Se destinant dès lors à la carrière de 1 l'enseignement, il espérait terminer toutes ses études classi- ques dans ce collège, et n'en sortir que pour entrer à l'École normale, lorsque les événements de 1813 vinrent déranger tousses projets, en l'obligeant de quitter brusquement l'I- talie pour rentrer en France , ce qu'il ne put faire sans courir de grands dangers. De retour à Paris, au commencement de 1814, il reprit ses études à ce même collège qu'il avait quitté deux ans auparavant pour se rendre en Toscane. Ce- pendant, si cette vie nomade dut nuire un peu à ses études classiques, en revanche elle contribua beaucoup à développer en lui le goût qu'il avait montré dès ses plus jeunes ans pour l'histoire naturelle. La vue des Alpes qu'il traversa deux fois, et son séjour dans un pays dont les productions différaient en grande partie de celles de sa patrie , durent nécessairement produire cet effet; de sorte que ce goût, qui était modéré (1) C'était alors le Lycée impérial. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 97 avant son départ pour l'Italie, était devenu un penchant irré- sistible lorsqu'il revint en France. Malheureusement ce pen- chant ne s'accordait guère avec la destination que lui réser- vaient ses parents: en effet, à peine eut-il fini ses études, que son père, qui était avocat, et qui ne voyait rien de mieux pour son fils que de lui faire embrasser sa profession, exigea de lui qu'il fit son droit, et le plaça même chez un avoué pour joindre la pratique à la théorie. Qu'on juge du désappointement du jeune Audouin, obligé de se livrer à des études pour lesquelles il avait la plus profonde antipathie. Aussi, malgré toute sa bonne volonté, n'y faisait-il aucun progrès, et sa position était devenue intolérable, lorsque enfin ses parents, vaincus par ses instances, consentirent à la demande qu'il leur faisait depuis longtemps, dépasser des bancs de l'École de droit sur ceux de l'École de médecine. Peut-être auraient-ils refusé ce con- sentement , sans une circonstance que nous mentionnerons plus bas, et s'ils n'avaient fait la réflexion que la profession de médecin n'est pas moins lucrative que celle d'avocat ou d'avoué, lorsqu'on y acquiert quelque renom, car, d'après leurs idées positives, ce qu'ils voulaient avant tout pour leur fils, c'était de la fortune, et ils avaient raison de penser que la carrière des sciences n'y conduit pas , du moins ordinaire- ment. Quant à lui, moins soucieux qu'eux sous ce rapport, il ne vit dans le changement de carrière auquel ils avaient consenti qu'un moyen de se livrer plus facilement à sa passion pour l'histoire naturelle. Ainsi, en abandonnant, à sa grande satisfaction, Justinien pour Hippocrate, son projet n'était pas, comme ses parents le croyaient , de pratiquer un jour la mé- decine, pour laquelle il n'avait pas plus de goût que pour la jurisprudence; mais il savait que les connaissances néces- saires pour obtenir le diplôme de médecin ne le sont pas moins pour devenir un habile naturaliste; et, en effet, si la zoologie a fait de si grand progrès depuis Linné, surtout dans $B AMNALES les invertébrés , c'est parce qu'on ne s'est plus contenté d'é- tudier les animaux d'après leur organisation extérieure, et qu'on a joint à cette étude celle de leur anatomie et de leur physiologie. Toutefois , pour ne pas contrarier les désirs de sa famille, et lui laisser croire qu'il étudiait la médecine pour elle-même, il entra comme externe chez un des premiers pharmaciens de Paris, où il passa deux ans; il en employa au- tant à servir d'aide à M. Vogel, alors préparateur des cours de chimie à l'École de pharmacie, et devenu depuis célèbre pro- fesseur à Munich. Enfin, après quatre autres années consacrées à cultiver les diverses branches de l'art de guérir, il fut reçu docteur en médecine en 1826, à l'âge de vingt-neuf ans. Mais qu'on ne croie pas que tout ce temps ait été perdu pour sa science favorite : loin de là ; nous verrons dans l'analyse que nous donnerons plus bas de ses travaux , que pendant les huit années que durèrent ses études médicales, il publia dix mé- moires, parmi lesquels on remarque celui qu'il lut à l'Acadé- mie des sciences, le 15 mai 1820, et qui a pour titre : Recher- ches anatomiques sur le thorax des animaux articulés et celui des insectes en particulier. Ce beau travail lui valut les plus grands éloges de la part de l'illustre Cuvier, si bon juge en celte matière , et lui acquit un tel renom, qu'il fut reçu quel- que temps après membre de la Société philomathique (1), et successivement de plusieurs autres sociétés savantes, tant en France qu'à l'étranger, récompense bien flatteuse pour un jeune homme de vingt-trois ans , et bien propre à exciter son émula- tion.Aussile voyons-nous reconstituer, en 1822, conjointement avec quelques jeunes naturalistes , la Société d'histoire natu- relle, et créer en 1824, de concert avec deux de ses amis, de- (1) On sait que le nombre des membres résidants de cette société est limité à cinquante , et que presque tous ceux qui en ont fait partie depuis sa fondation sont parvenus à l'Académie des sciences, dont elle peut être considérée comme la pépinière. DE LA SOCIETE EiNTOMOLOGIkîUE. 99 venus depuis ses beaux -frères, et comme lui membres de l'Académie des sciences, les Annales des sciences natu- relles, recueil qui continue de jouir d'une juste célébrité. Au reste, sa réputation scientifique était déjà tellement répandue à cette époque, que la place de sous-bibliothécaire de l'Insti- tut étant venue à vaquer en 1823, il fut choisi par les quatre Académies pour la remplir. Dès lors tous les obstacles semblent s'aplanir devant lui, dans une carrière où tant d'autres sont restés en chemin. Ainsi, en 1825, le célèbre Lamarck, professeur de zoologie pour les animaux articulés, et notre illustre Latreille, qui n'était alors que son adjoint, étant tous deux hors d'état de professer, l'un par son état de cécité, et l'autre à cause de sa mauvaise santé, ce fut M. Audouin que l'administration du Muséum choisit pour les suppléer, et il faut convenir qu'elle n'eut qu'à se féliciter de sa détermination, car il s'acquitta de cette tâche difficile, avec un éclat qui surpassa l'attente de ceux même qui auguraient le mieux de son aptitude au professorat. Doué d'un bel organe et d'une élocution facile, exposant ses idées avec un ordre et une méthode remarquables, s'expri- mant souvent avec élégance et toujours avec clarté, il prouva, dans cette occasion, qu'il possédait, dans un degré éminent, une qualité indispensaole dans un professeur, l'art de se faire écouter même sur les sujets les plus arides. Aussi son cours eut le plus grand succès, et dès lors il fut jugé digne de devenir un jour titulaire d'une place dont il avait si bien rempli l'intérim. En 1826, le gouvernement voulant enfin terminer le grand ouvrage sur l'expédition d'Egypte, ce fut encore M. Audouin que l'administration du IMuséum désigna au ministre de l'in- struction publique pour donner l'explication des planches rela- tives aux mollusques et aux animaux ardculés, dont l'infortuné M. Savigny n'avait pas eu le temps de rédiger le texte avant iOa ANNALES de devenir aveugle. Pour bien faire ce travail il aurait fallu avoir sous les yeux les animaux en nature, ou du moins les dessins originaux ; mais ni les uns ni les autres ne purent être retirés des mains de M. Savigny, et M. Audouin fut obligé de deviner en quelque sorte ce que représentaient les figures en noir. 11 en est résulté que son explication est très-som- maire, et laisse beaucoup à désirer, surtout pour les planches qui représentent des insectes. Quoi qu il en soit, le gouverne- ment, pour l'indemniser de l'emploi de son temps dans ce tra- vail ingrat, lui avait accordé une gratification; mais il la re- fusa, en demandant qu'elle fût remise à M. Savigny, qui, outre sa cruelle infirmité, se trouvait alors dans une position très- gênée. Son désintéressement et son zèle furent appréciés , et sur la proposition de la commission d'Egypte, le roi le nomma chevalier de la Légion d'honneur. Sans doute cette distinc- tion honorable fut aussi la récompense de ses travaux anté- rieurs. Ce fut dix mois après l'avoir obtenue qu'il devint le gendre de M. Brongniart. La connaissance qu'il avait faite de ce célèbre professeur, dix ans auparavant, a eu une trop grande influence sur sa destinée, pour que nous n'entrions pas à ce sujet dans quelques détails. On sait que M. Brongniart, aussi bon zoologiste qu'il est profond minéralogiste, s'était beaucoup occupé autrefois d'entomologie , et qu'il est en grande partie l'auteur d'une histoire générale des insectes en dix volumes in-18, publiés en 1802, sous le nom de M. de Tigny. Or, il parait que, mal- gré ses grandes occupations, il n'avait pas encore entière- ment renoncé à cette science en 1861 , car cette même année il se promenait avec sa famille dans les bois de Meudon, où il se livrait, comme dans sa jeunesse, à la recherche des insectes, lorsqu'il fut rencontré par le jeune Audouin, qui s'occupait de la même recherche. S'aborder, se communiquer récipro- quement le produit de leur chasse et ne se quitter qu'après DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 101 s'être enrichis mutuellement par des échanges, mais sans que l'un se fit connaître à l'autre, tel fut le résultat de cette ren- contre qui probablement n'aurait jamais eu d'autre suite pour M. Audouin, si quelque temps après, assistant, par hasard, au cours de minéralogie du collège de France, il n'eût reconnu, dans le professeur, l'entomologiste qu'il avait rencontré au bois de Meudon. La leçon terminée , il s'empressa d'aller le saluer, pour renouveler connaissance avec lui, M. Brongniart le reconnut à son tour , l'accueillit fort bien , le questionna cette fois sur ce qu'il faisait, et lui dit, entre autres choses, que n'ayant pas le temps de s'occuper de sa collection qui deve- nait la proie des dermes tes , il voudrait bien trouver un jeune homme auquel il pût se fier pour en prendre soin, moyennant 600 francs par an ; et il finit par lui demander si, parmi ses camarades, il n'en connaîtrait pas un à qui cela pût convenir. M. Audouin le quitta en lui promettant de s'en informer et de lui rendre réponse sous peu. Effectivement, il revint voir M. Brongniart quelques jours après , et ce fut pour s'offrir lui-même de remplir ce modeste emploi. Cette offre étonna d'abord le célèbre professeur, qui ne la croyait pas compatible avec la position de celui qui la faisait; mais, après les expli- cations du jeune Audouin , il vit bien qu'il pouvait l'accepter, et n'y consentit toutefois qu'après avoir obtenu l'agrément des parents, qui l'accordèrent d'autant plus volontiers que l'entretien de leur fils allait leur coûter 600 francs de moins; et ce fut même à cette occasion qu'ils lui permirent de quitter le droit pour la médecine. C'est ainsi que , dès l'âge de dix-neuf ans, M. Audouin se trouva placé sous le patronage d'un homme qui, par sa haute position dans le monde savant, devait nécessairement lui fa- ciliter l'accès d'une carrière presque inabordable pour ceux qui veulent y pénétrer sans appui. Mais il faut convenir que si M. Brongniart employa son influence dans cette occasion, n2 ANIMALES ii ne pouvait en faire unmeilleur usage : en effet, par les rap- ports journaliers;qiii s'établirent entre lui et le conservateur de sa collection, il fut à même d'apprécier les qualités de celui auquel il avait accordé sa confiance, et plus il apprit à le con- naître, plus il conçut pour lui d'estime et d'affection. Ces deux sentiments, fortifiés parle temps, finirent par être par- tagés par tous les membres de la famille du célèbre académi- cien, et celui-ci, après dix ans d'épreuve, jugea le jeune sa- vant qui les avait inspirés digne de devenir son gendre. Or remarquons qu'à l'époque de son mariage, M. Audouin n'était encore que sous-bibliothécaire de l'Institut; mais, d'un autre côté , n'oublions pas qu'il avait donné des gages sur son ave- nir, tant par les nombreux mémoires qu'il avait déjà publiés que par la manière brillante dont il avait fait le cours d'ento- mologie pendant la maladie deLatreille. Cet épisode, sur lequel nous avons dû nous étendre, nous a fait interrompre notre récit; nous allons le reprendre où nous l'avons laissé. Ce fut un an avant son mariage, c'est-à-dire en 1826 , que M. Audouin entreprit son premier voyage sur les côtes de Bretagne et de Normandie , dans le but d'étudier les crustacés. ïl en fit un second en 1828, et un troisième et dernier en 1829. Ces trois voyages, exécutés en commun avec son ami M. Milne-Edwards, eurent pour résultat d'enrichir le Muséum de beaucoup d'espèces rares ou nouvelles, et la science de plusieurs faits nouveaux et curieux , qui sont consignés dans des mémoires publiés en commun par les deux auteurs. Parmi ces mémoires, se trouve celui qui fait connaître la véri- table circulation du sang dans les crustacés , et auquel l'Aca- démie des sciences décerna, en 1828, le prix de physiologie expérimentale , ainsi que nous le verrons plus bas. En 1830, Latreille ayant enfin été nommé professeur d'en- tomologie, M. Audouin le remplaça comme aide-naturaliste, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 103 place qu'il avait remplie gratuitement pendant la maladie de son illustre maître; celui-ci étant mort en 1833, il devint, sans contestation, son successeur dans la chaire d'entomo- logie. Un an auparavant, en 1832, il s'était réuni à plusieurs en- tomologistes pour fonder, sous le patronage de son vénérable prédécesseur, la Société entomologique de France (1), dont il fut nommé vice-président la première année de sa fondation, président la seconde , et de nouveau président en 1837. Ceux qui l'ont vu remplir ces honorables fonctions n'ont pas oublié avec quelle noble gravité il s'en acquittait, avec quelle clarté il résumait les débats, et surtout avec quelle précision il posait les questions mises aux voix; ils n'ont pas oublié non plus l'intérêt qu'il savait donner aux moindres commu- nications qu'il faisait à la société. En 1834, la Société royale et centrale d'agriculture, ayant remarqué la direction que M. Audouin avait donnée à ses tra- vaux, le nomma à l'une de ses places d'associé ordinaire, con- vaincue qu'elle était de l'utilité des études entomologi- ques pour le progrès des connaissances agricoles ; et ce fut sur la présentation de cette société que le ministre de l'agri- culture et du commerce, informé des ravages que faisait de- puis quelques années dans les vignobles du Maçonnais la py- rale de la vigne, chargea M. Audouin, en 1837, de se rendre sur les lieux pour étudier les mœurs de cet insecte, et indiquer (l) Nous croyons à propos de rappeler ici que, parmi les membres fondateurs de cette société , M. Alex. Lefebvre est le premier qui en ait eu l'idée , et qu'il a fallu tout son zile et toute sou activité pour surmonter les obstacles qui s'opposaient à sa formation. Ce zèle et cette activité ne se sont pas démentis pendant les quatre premières années qu'il a été notre secrétaire , fonctions que sa résidence habi- tuelle à la campagne l'a forcé d'abandonuei', an grand regret de la société. 104 ANNALES aux propriétaires et aux vignerons les moyens les plus effica- ces, sinon de le détruire entièrement, ce qui n'est pas au pouvoir de l'homme, mais au moins d'en diminuer le plus possible la propagation, et par conséquent les dégâts. Les résultats de cette importante mission ont été consignés, d'abord dans deux notices lues à l'Académie des sciences les 4 et 25 septembre 1837, et ensuite dans un grand ouvrage in-4°, avec planches, divisé en quatre livraisons, dont la pre- mière seule a paru du vivant de l'auteur , et dont les trois autres doivent être publiées par les soins de M. Milne-Edv^ards, son ami et son successeur à la chaire d'entomologie. Nous reviendrons sur cet ouvrage, ainsi que sur les deux notices qui l'ont précédé , dans l'analyse que nous donnerons plus bas des travaux de M. Audouin sur l'entomologie appliquée à l'agriculture. Enfin M. Audouin, dont la louable ambition était d'arriver un jour à l'Académie des sciences, eut le bonheur de voir ses vœux satisfaits en 1838. Une place dans la section d'économie rurale étant devenue vacante par le décès de M. Tessier , il l'obtint par les mêmes motifs qui l'avaient fait élire quatre ans auparavant membre associé de la Société royale et centrale d'agriculture. Depuis , M. Audouin fit plusieurs voyages scientifiques : l'un en Italie, en 1839, où il assista au congrès de Pise; les autres dans plusieurs parties de la France, pour étudier les in- sectes des divers ordres nuisibles à l'agriculture. Ce fut à son retour de celui qu'il fit l'été dernier dans le Midi, que la ma- ladie, qui le minait depuis longtemps , prit un caractère plus grave et l'emporta par une apoplexie, le 9 novembre 1841 , à l'âge de quarante-trois ans et huit mois. Ainsi mourut dans la force de l'âge, et au milieu de tra- vaux laissés imparfaits , celui dont la carrière était encore si pleine d'avenir. Les causes morales de cette fin prématurée DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 105 honorent trop le caractère de M. Audouin pour être passées sous silence. Voici l'explication qu'en donne son intime ami , M. Milne-Edwards, dans le discours plein de sensibilité qu'il , prononça sur sa tombe : « Comment croire, dit-il , que notre ami, uni à l'une des fa- « milles les plus estimées par tous les hommes de science et les «plus respectées par tous les hommes de bien, associé à une « compagne si digne, par son caractère et ses vertus, d'embellir « sa vie et de charmer son existence , heureux dans ses en- «fants, n'ayant rien à souhaiter pour lui-même; comment «croire qu'il mourrait le cœur froissé par des chagrins ré- « pétés, si on n'avait vu dans tout le cours de sa vie avec quelle «vivacité il sentait tout ce qui lui arrivait en bien comme « en mal. « Une nouvelle et triste épreuve , ajoutée à bien d'autres , «vint le surprendre au milieu d'une mission qu'il accomplis- «sait dans le Midi, il y a quelques semaines. Cruellement «frappé déjà, il revint à Paris , et tous ses amis, en le voyant, «furent pénétrés des sentiments les plus tristes. Chaque jour «ses forces semblaient s'éteindre; son estomac rejetait les ali- « ments les plus légers ; les sources de la vie paraissaient atta- « quées. Après trois semaines des soins les plus tendres , les «plus assidus et les plus inutiles, hélas! une apoplexie est « venue mettre un terme à une scène de désolation. «Une inteUigence trop ardente, un cœur trop prorapt à «s'abandonner aux émotions les plus nobles et les plus pieuses, «voilà le triste secret de cette maladie, qui depuis longtemps « travaillait sourdement à ravir Audouin à notre amitié. C'est à «ces deux causes qu'il faut reporter l'origine de cette attaque «soudaine, quoique lentement préparée, qui vient de nous en- « lever notre collègue , à peine âgé de quarante-quatre ans. » A ces paroles, parties du cœur, ajoutons que la mort de M. Audouin est un événement déplorable, non-seulement 106 ANNALES pour sa famille et ses amis, qu'il laisse inconsolables de sa perte, mais pour la science, envers laquelle il n*a pu remplir tous ses engagements. Toutefois , faisons observer que si la carrière de M. Audouin n'a pas été aussi longue qu'elle aurait pu l'être, elle a été aussi féconde que brillante dans sa brièveté. On en jugera par l'analyse que nous donnons de ses travaux à la fin de cette notice, oîi l'on verra qu'ils ne sont pas moins variés que nombreux. Nous citerons ici, comme les plus im- portants : 1° son mémoire sur le thorax , dont l'introduction annonce un esprit généralisateur et qui avait profondément médité sur l'organisation des animaux articulés; 2° ceux qu'il a publiés en commun avec M. Milne-Edwards, sur les crus- tacés, et dont le plus remarquable est celui qui démontre la véritable circulation dans ces animaux (ce mémoire , comme nous l'avons dit, a obtenu le prix Montyon); 3° ses recher- ches anatomiques et physiologiques sur la maladie contagieuse qui attaque les vers à soie, et qu'on désigne sous le nom de muscardine; 4° enfin, son grand ouvrage sur la pyrale de la vigne, bien que nous pensions qu'il a été conçu sur un plan trop vaste, et qu'il dépasse le but pour lequel il a été en- trepris. Les personnes qui font consister toute l'entomologie dans la méthode ou la classification apprécieront peu sans doute le mérite des travaux de M. Audouin, et regarderont même comme étrangère à cette science la partie de ces travaux qu'il intitule lui-même Entomologie agricole; mais, heureuse- ment pour sa réputation, tous les entomologistes ne parta- gent pas cette manière de voir, et il en est plus d'un qui pense qu'observer les mœurs des insectes dans leurs divers états, et chercher à s'en rendre raison par l'étude de leur anatomie et de leur physiologie, comme l'a fait M. Audouin dans ses ou- vrages, n'est pas moins utile aux progrès de l'entomologie que d'introduire chaque jour de nouvelles divisions plus arbi- DE LA SOCIETE ËNTOMOLOGKiljE. 107 (raircs les unes que les autres dans la nomenclature déjà si embrouillée de cette science. Cela suppose au moins des con- naissances préliminaires qui ne s'acquièrent que par des études sérieuses, et dont l'application à des animaux d'une or- ganisation aussi délicate et aussi compliquée que celle des insectes demande autant de patience que de sagacité. Cela suppose, enfin, un génie ou un talent d'observation beaucoup plus rare qu'on ne pense; et la preuve en est qu'on peut compter facilement ceux qui le possèdent, tandis que nous voyons surgir de toutes parts des fabricateurs de genres et des descripteurs d'espèces. Ainsi, pour bien juger M. Au- douin, il faut le considérer comme étant de l'école des Swam- merdamm, des Lyonnet et des Réaumur, école si bien con- linuée de nos jours par les Savigny, les Straus, les Marcel de Serres et les Léon Dufour. Quant à la partie de ses travaux oii il cherche à prouver l'utilité des connaissances entomologiques pour la conservation des forêts et les progrès de l'agricullure , comment ne pas lui en savoir gré, quand on voit les hommes les plus éminents en physique, en chimie, en botanique, faire servir leurs pro- fondes théories au perfectionnement de tout ce qui constitue la partie matérielle de la civilisation. Démontrer que l'entomc- logie peut aussi contribuer pour sa part à ce perfectionne- ment, n'est -ce pas le seul moyen de la réhabiliter dans l'esprit des hommes sérieux, qui veulent que les sciences ne servent pas seulement à satisfaire une vaine curiosité , mais qu'elles aient aussi un but d'utilité? Au reste, M. Audouin a suivi en cela l'exemple de Réaumur, qui , après nous avoir intéressés aux travaux des teignes, en nous faisant connaître la manière ingénieuse dont elles s'y prennent pour se nourrir et se vêtir à nos dépens, tcrmineleur histoire par nous indiquer les moyens de nous préserver de leurs dégâts. Cependant, tout en rendant justice au mérite des travaux de M. Audouin , nous ne préten- 103 ANNALES dons pas les mettre sur la même ligne que les ouvrages de ces savants qui ont embrassé l'entomologie dans son ensemble, et Font étudiée dans un but purement philosophique , tels que les Fabricius, les Latreille, les Lamarck et les Duméril; mais depuis que les méthodes ou les systèmes de ces célèbres au- teurs ont veilli, et ne sont plus suivis dans la pratique, où sont les ouvrages qui les ont remplacés? Nous avons force travaux partiels sur certains ordres ou certaines familles que les en- tomologistes collecteurs affectionnent plus particulièrement , et pas un seul ouvrage général sur l'entomologie. Or, par là, nous n'entendons pas un species, mais seulement un^^- nera, comme celui que Latreille publia en 1806; car, pour un species , convenons, vu l'énorme quantité d'espèces que ren- ferme aujourd'hui la classe des animaux articulés , non com- pris les annélides et les crustacés, convenons, dis-je, que cet ouvrage ne peut être fait par un seul homme , et qu'il n'en faudrait pas moins de douze qui se partageraient les divers ordres entre eux pour le terminer en un pareil nombre d'an- nées. On peut en juger par la famille des carabiques de M. le comte de Dejean, et par celle des curculionides de Schœnherr. On sait que la première se compose de cinq volumes qui ont été édités en dix ans, et que la seconde, dont le premier volume a paru en 1833, en comprend déjà douze, et n'est pas encore finie. Mais il ne suffirait pas de réunir douze entomologistes assez instruits et assez d'accord entre eux pour concourir à cette vaste composition, il faudrait encore trouver un éditeur assez hardi pour en entreprendre la publication à ses risques et périls. C'est dans cet état de choses que M. Audouin a trouvé l'en- tomologie, et où elle est encore. Il est à regretter que pendant les huit ans qu'il a professé cette science , le temps lui ait manqué pour faire paraître un nouveau Gênera en rempla- cement de celui de Latreille; mais peut-être attendait-il pour DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUË. 109 cela que l'immense collection confiée à ses soins fût entière- ment classée d'après la méthode qu'il avait adoptée, de con- cert avec M. Brullé , son adjoint , aujourd'hui professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Dijon; car nous savons que, malgré la direction particulière qu'il avait donnée à ses travaux, cette classification l'occupait beaucoup, et si elle ne s'est pas trouvée plus avancée à sa mort, c'est à l'insuffisance des moyens dont il pouvait disposer pour cette opération qu'il faut s'en prendre. En effet, que l'on veuille bien considérer que la collection entomologique du Muséum renferme aujourd'hui plus de 120,000 espèces, tant d'in- sectes que d'arachnides, de myriapodes et de crustacés; que ces 120,000 espèces sont réparties dans 10,000 genres et 2000 tribus ou familles au moins , ce qui fait 132,000 éti- quettes à écrire; que chaque espèce étant représentée l'une dans l'autre par 4 individus, il en résulte 480,000 animaux, grands et petits, à placer dans je ns sais combien de tiroirs, indépendamment des doubles conservés à part pour les échanges ; que l'on considère ensuite que pour suffire à tant de besogne le professeur n'a que deux ou trois aides qui ne sont tenus d'y donner que quatre ou cinq heures par jour, on sera forcé de convenir alors qu'il n'y a pas de propor- tion entre cette immense opération et les moyens d'exécu- tion, et qu'il est physiquement impossible, par conséquent, au professeur, malgré toute sa bonne volonté et tout le zèle personnel qu'il pourrait y mettre, de la terminer aussi promptement que le voudraient ceux qui n'en connaissent pas les difficultés. Espérons, néanmoins, que le successeur de M. Audouin parviendra à les surmonter, et obtiendra de l'ad- ministration les moyens de mettre fin à un état de choses dont s'étonnent avec raison les entomologistes étrangers qui visitent cette partie importante du premier cabinet d'histoire natu- relle de l'Europe , cl que déplorent les entomologistes natio- naux qui voudraient pouvoir classer et nommer leurs collée- 110 ANNALES lions d'après celle du Muséum, laquelle, en effet, devrait servir de type à toutes les autres, du moins en France. Cette notice serait incomplète, si, après avoir fait connaître le mérite de M. Audouin comme savant , elle se taisait sur ses qualités morales, qui n'étaient pas moins distinguées que celles de son esprit. Nous citerons d'abord, comme preuve de son bon cœur, sa conduite envers ses parents malheureux, et nous croyons ne pouvoir mieux faire que de rapporter à ce sujet les paroles prononcées sur sa tombe par son ami M. Milne-Edwards : «Audouin, dit cet ami, perd une de ses «sœurs, laissant après elle une nombreuse famille ; il adopte «un de ses enfants, qui, dans sa reconnaissance, le pleure «maintenant comme un fils tendre et dévoué. La fortune mo- «dique de ses parents se dérange , et dès lors il redouble d'ef- « forts, il recueille sa mère et sa jeune sœur, et tandis que la «première termine ses jours auprès de lui , dans l'oubli de ses « douleurs, des économie: obtenues à l'aide d'un esprit d'ordre «lui permettent d'offrir une dot à cette sœur, dont le mari « était devenu pour lui un véritable frère. Dans sa famille nom- «breuse et privée de son chef naturel, trois frères lui restaient, «et il devient leur chef, leur appui, leur père. Ses conseils, ses «soins, ses secours, au besoin, rien ne lui coûtait pour les «guider dans la vie, pour les soutenir dans l'adversité, pour «les consoler dans leurs malheurs.» Mais voici un fait oublié par M. Milne-Edwards, et qui prouve que cette chaleur de cœur instinctive qui caractéri- sait M. Audouin le portait non-seulement à venir au secours de ses parents malheureux, mais encore à soulager, même au péril de sa vie, des personnes qui lui étaient absolument étrangères. Nous tenons de la bouche même de M. le docteur Rousseau, chef des travaux anatomiques au Jardin des plantes, qu'à l'époque où le choléra sévissait avec le plus de rigueur dans Paris, M. Audouin, qui n'avaitjamais pratiquéla m,édecine, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 111 se souvint, à cette fatale époque, qu'il avait le droit de l'exer- cer par son diplôme. Il vint donc spontanément s'adjoindre à M. Rousseau , qu'il accompagna dans toutes les visites que celui-ci faisait chez les cholériques du douzième arrondisse- ment ; et , comme , parmi eux , il s'en trouvait de très-pauvres , il aidait de sa bourse ceux qui n'avaient pas le moyen d'exécu- ter les prescriptions du médecin. Cette conduite n'a pas be- soin de commentaires pour être appréciée; elle fut récom- pensée par la^médaille accordée aux médecins qui montrèrent le plus[ de dévouement dans cette terrible circonstance. DuTreste, M. Audouin joignait aux qualités les plus solid du cœur etfde l'esprit une grande aménité de caractère et cet esprit de conduite sans lequel il est bien difficile de réussir dans le monde , quelque mérite qu'on ait d'ailleurs. On ne doit pas s'étonner d'après cela qu'il ait eu pour adversaires ces pré- tendus Alcestes qui se donnent pour des modèles de fran- chise et d'indépendance, parce qu'ils n'ouvrent la bouche que pour dénigrer tous ceux qui les offusquent, et qu'ils ne peu- vent se plier aux moindres exigences de la société , comme si la science, le talent, le génie même, dispensaient du savoir- vivre. Mais, en revanche, il eut pour amis ces hommes judi- cieux qui ne pensent pas qu'on soit dissimulé parce qu'on est prudent et circonspect, ni qu'on soit flatteur parce qu'on a assez de tact pour ménager l'araour-propre des autres. Quant aux personnes qui n'ont eu avec M. Audouin que des rapports scientifiques, elles n'ont pas oublié combien ils étaient agréables, et elles se souviennent également que, possesseur de la plus riche bibliothèque de Paris, en fait d'ouvrages entomologiques, il l'avait rendue accessible à tous ceux qui avaient besoin de la consulter. M. Audouin était membre de l'Institut de France (Académie des sciences) et de la Légion d'honneur; professeur administrateur au Muséum d'histoire naturelle ; docteur en médecine ; membre de la XI. 8 112 ANNALES Société royale d'agriculture; de la Société philomathique de Paris; de la Société entomologique de France ; de la Société d'horticulture de Paris; de la Société royale académique de Caen; des Sociétés lin- néennes de Bordeaux et du Calvados ; des Sociétés académiques de la Loire-Inférieure et d'Arras; de l'Académie des sciences d'Aix; de la Société des sciences de Lille; de la Société philomathique de Perpi- gnan; des Sociétés d'agriculture de la Drôme , de la Marne , de Lyon, de la Charente-Inférieure , du département de Seine-et-Oise et d'Au- rillac; du Cercle médical de Vassy; de l'Académie de médecine de Marseille ; de l'Académie des sciences de Stockholm ; de la Société des curieux de la nature de Moscou; de l'Académie royale de Turin; du Lycée des sciences naturelles de New- York; des Sociétés géologique et entomologique de Londres; de la Société des sciences physiques et naturelles de Genève; de l'Académie des sciences naturelles de Phila- delphie; des Sociétés d'histoire naturelle de Hartford, de l'île Mau- rice et de Halle ; de l'Académie des géorgophiles de Florence ; de la Société d'agriculture de Turin, et de la Société de médecine de Gand. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 113 DES TRAVAUX DE M. AUDOUIN. Ces travaux se divisent en deux parties bien distinctes. La première se compose des Mémoires , Notices et Notes qui ont pour objet des recherches auatomiques et physiologiques, ainsi que des observations de mœurs, non-seulement sur les crustacés et les insectes , mais encore sur quelques annélides et quelques mollusques. La seconde comprend ceux où l'au- teur n'étudie les insectes que dans un but d'utilité médicale, agricole ou industrielle. C'est à cette partie de ses travaux qu'il a dû son admission , d'abord dans la Société royale et centrale d'agriculture , et ensuite son entrée à l'Académie des sciences, dans la section d'économie rurale, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Tous ces mémoires, traitant de sujets isolés et n'étant pas, par conséquent , susceptibles d'être groupés méthodiquement, nous les présenterons dans l'ordre de leur publication. Du reste , comme les bornes d'une notice biographique ne nous permettent pas de les analyser tous , nous ne nous étendrons que sur les plus importants , et nous serons aussi bref que possible sur les autres. 114 ANNALES PREMIÈRE PARTIE. ANATOMIE, PHYSIOLOGIE ET OBSERVATIONS DE MOTURS. 1818. V Anatomie dune Larve apode /rowcee dans le bourdon des pierres. (Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris, 1. 1, p, 319.) Ce mémoire, publié en commun avec M. Lâchât, est le premier que ^I. Audouin ait fait paraître. Il avait alors vingt et un ans. Il a pour objet de démontrer que la larve dont il y est question n'est pas, comme on le croyait, un ver intesti- nal , mais une larve de diptère du genre conops. \ 820. 2° Sur les rapports naturels qui existent entre les appendices masticateurs et locomoteurs des crustacés et ceux de même nature chez les insectes hexapodes et les arachnides. (Analyse des travaux de l'Académie des sciences pendant l'année 1820; par M. G. Cuvier.) Ce travail, dont M. Duméril a rendu un compte favorable à l'Académie, a pour but de simplifier l'étude comparative des appendices du corps des animaux articulés. 1 820. 3° Recherches anatomiques sur le thorax des ani- maux articulés et celui des insectes en particulier. Lues à l'Académie des sciences le 15 mai 1820 (^Ann. des se. nat., t. I, p. 97 et 416, 1824.) Ce n'est que depuis l'apparition de ce travail, que cette par- tie du corps des insectes, vulgairement appelée corselet, est bien connue. On n'avait auparavant qu'une idée très-incom- DE LA SOCIÉTÉ ElMOMOLOGIQLIE. 115 plète de son organisation. M. Audouin, en l'analysant avec soin, y a découvert trente-quatre pièces , qu'il décrit dans les plus grands détails, et à chacune desquelles il a donné un nom qui en indique la position relative. Par cette nomenclature , aujourd'hui généralement adoptée , l'auteur a fait disparaître l'arbitraire et la confusion qui régnaient dans l'ancienne, laquelle ne s'appliquait d'ailleurs qu'aux principaux segments du corselet, parce qu'on avait négligé d'étudier les différentes parties dont chacun d'eux se compose. Ainsi , sous ce rapport , M. Audouin a rendu le plus grand service à l'entomologie. Mais par quelle fatalité ce travail , qui , à notre avis , est un des principaux fondements de la réputation de son auteur comme entomologiste, par quelle fatalité, disons-nous, n'a-t-il été imprimé qu'en partie ? Et cependant il n'est pas douteux qu'il n'ait été lu en entier à l'Institut, puisque Georges Cuvier, en 1821 , en a fait le plus grand éloge dans un rapport très- détaillé à l'Académie , et dont voici la conclusion : «Indépendamment de son étendue et de son exactitude, le « travail de M. Audouin a le mérite d'avoir fixé les idées sur une «partie intéressante de l'organisation des insectes, qui n'avait «été étudiée encore que superficiellement, de l'avoir décrite «avec précision, d'avoir donné aux parties des noms métho- (idiques, au moyen desquels tous ceux qui auront à en parler «dans la suite pourront s'entendre aisément; enfin, d'avoir «déduit des faits, et par une méthode rigoureuse d'analyse, «les lois générales observées par la nature dans cette partie «de ses ouvrages. « Sous tous ces rapports, l'auteur nous parait très-digne des « encouragements de l'Académie, qui nous semble devoir faire « imprimer son mémoire parmi ceux des savants étrangers. » Or, bien que cette conclusion ait été adoptée, jamais le mémoire dont il s'agit n'a été imprimé aux frais de l'Acadé- mie, comme il aurait dû l'être; mais sa première partie seule- il6 ANNALES ment a paru dans le tome i des Jnnales des sciences natu" relies, sans que nous ayons pu savoir pourquoi le reste n'avait pas été publié. Et ce qu'il y a de bizarre dans cette publication incomplète , c'est qu'elle s'arrête au milieu d'une phrase ; de sorte que, sans le rapport de Cuvier, on n'aurait aujourd'hui qu'une idée très-imparfaite du mérite et de l'étendue de ce travail. Le reste du manuscrit aurait-il été perdu .^ 1821. 4° Recherches sur les rapports naturels qui exis- tent entre les Trilobites et les animaux articulés. ( Ann. gén. des sciences physiques j, t. viii , p. 233 , avec planches.) Dans ce mémoire, très-étendu, et où l'auteur fait preuve de connaissances réelles en anatomie comparée , il démontre que les trilobites , qui sont des animaux fossiles, doivent, par la forme de leur thorax , être rapportés aux crustacés , et que , dans l'état vivant, ils ne pouvaient avoir de véritables pattes, mais posséder seulement des appendices branchiaux , servant à la fois à la respiration et à la locomotion. 1821. 5° Observations sur les organes copulateurs mâles des bourdons, en commun avec M. Lâchât. ( Même ouvrage , t. vm, p. 285. ) Ce travail , qui fut l'objet d'un rapport très-favorable de M. Latreille à l'Académie des sciences, fait connaître la com- position des organes copulateurs mâles des bourdons- Les au- teurs prouvent qu'on peut y rencontrer des différences bien caractéristiques pour la distinction des espèces. Depuis, on sait que M. le docteur Rambur est parvenu , par l'étude des mêmes organes dans les hespéries, à distinguer d'une ma- nière certaine plusieurs espèces de ce genre, qu'on avait con- fondues jusqu'alors, tant elles se ressemblent par le reste de leur organisation. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOOIQUE. 117 1821. 6° Mémoire sur /'Achlysie, nouveau genre d'Ara- chnides trachéennes. ( Mém. de la Société d'hist. nat. ^ t. i , p. 98 , avec planche.) Dans ce mémoire, Tauteur décrit très au long un nouveau genre cVarachnides , découvert par lui, et auquel il a donné le nom diAchlfsia, de celui d'Achlys, déesse de l'obscurité, parce qu'il est privé d'yeux. Il appartient, suivant lui, à la famille des holètres , tribu des acarides , et peut être placé à côté des leptes. Mais M. Dugez, dans ses travaux sur les aca- rides, a démontré depuis que le genre Achlysia n'était autre chose qu'un Hydracne, qui n'avait pas encore atteint son entier développement. 1821 . 7° Lettre adressée à M. Arago, président de l'Aca- démie des sciences sur la génération des insectes. (Ann. des se. nat.j t. ii, p. 281.) Quelques anatomistes avaient déjà remarqué , dans les in- sectes et chez les femelles , une vésicule particulière attenant aux organes de la génération , et ils avaient cru que cette vé- sicule sécrétait exclusivement une liqueur visqueuse ou une matière sébacée. L'auteur prouve que , dans plusieurs es- pèces , cette vésicule , qu'il nomme poclie copulatrice, rem- plit simultanément ou exclusivement un rôle essentiel dans l'acte de la génération. C'est elle qui reçoit l'organe mâle et la liqueur séminale , qu'elle conserve pour en imprégner les œufs à leur passage au moment de la ponte. Celle observa- lion explique quelques-uns des faits si extraordinaires que présente la génération chez les insectes. 118 ANNALES 1821 8" Recherches anatomiques sur la femelle du Drile JAUNATRE (drilus flavescens) et sur le mâle de cette espèce. (^Ann. des se. nat., t. ii, p. 443, avec planche.) M. Mielzinsky , membre honoraire de la Société helvétique de Genève, a le premier signalé J'existence d'un insecte voi- sin des lampyres, lequel, soit à l'état de larve, soit à l'état parfait, vit aux dépens d'une espèce de limaçon {hélix nemo- ralis) , et subit ses métamorphoses dans l'intérieur de la co- quille de ce mollusque. C'est pourquoi il lui avait donné les noms générique et spécifique de Cochleoctonus vorax. M. Desmarest père, ayant découvert ce même insecte à Alfort, et ayant suivi ses métamorphoses, a obtenu des individus des deux sexes qui Font mis à même de reconnaître en lui le Dri- lus flavescens. Or il parait que si M. Mielzinsky en a fait un genre nouveau , c'est parce qu'il n'a trouvé que des femelles qui, à l'état parfait, sont aptères et diffèrent très-peu de leurs arves, comme dans la plupart des lampyres. Depuis, M. Au- douin a confirmé les observations de M. Desmarest en démon- trant par l'anatomie que le mâle et la femelle du Drilus flaves- cens , malgré leur dissemblance énorme à l'extérieur, avaient la même structure à l'intérieur. 1824. 9° TSote sur une nouvelle espèce «i'AcHLYSiE. {Annales des sciences naturelles^ t. ii, p. 497.) Voir ce que nous avons dit au genre Achlysie ( 1821 , n» 6), 1826. 10° Mémoire sur la Nïcothoé, animal singulier qui suce le sang des homards; en commun avec M. Milne- Edwards. ■ Lu à l'Académie des sciences le 13 nov. 1826 {Ann. des se. nat., t. IX, p. 345 ). Il s'agit, dans ce mémoire , d'un petit crustacé parasite, d'une forme bizarre, dont la femelle seule s'attache et reste DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 119 fixée pendant toute sa vie aux branchies du homard, où elle acquiert, au moyen de la succion, un développement extra- ordinaire dans ses parties latérales inférieures. Les auteurs comparent ce développement à celui qui s'opère dans l'abdo- men des tiques et des cochenilles femelles , lorsqu'elles sont fixées sur l'animal ou la plante aux dépens desquels elles vi- vent; ce qui n'a pas lieu dans les mâles, parce qu'ils mènent une vie vagabonde. 1826. ir Sur un petit Crustacé isopode, qui vit dans la tête de la Callinasse; par les mêmes. (^Annales des sciences naturelles, t. ix , p. 359.) Le crustacé qui fait le sujet de cette note a un genre de vie analogue à celui de la nicothoé , et confirme les observations contenues dans le mémoire précédent et les conclusions que les auteurs en ont déduites. 1827. 12° Recherches anatomiques et physiologiques sur la CIRCULATION DANS LES CRUSTACÉS ; par les mêmes. • Premier mémoire lu à l'Académie des sciences le 15 janvier 1827; deuxième mémoire lu à l'Académie le 5 février 1827 [Jnn. des se. nat.j, t. XI, p. 283 et 352, avec un grand nombre de planches). Ce travail étendu se compose de deux mémoires distincts , dont nous n'entreprendrons pas de donner l'analyse, ce qui nous mènerait trop loin : il nous suffira de dire que , dans le premier , les auteurs font connaître d'une manière très-détail- lée la véritable structure du cœur des crustacés, sur laquelle on n'avait avant eux que des notions imparfaites; dans le se- cond , qui est purement physiologique , ils rendent compte des nombreuses expériences qu'ils ont foites pour découvrir la marche que suit le sang dans ces animaux. Il en résulte que le sang va du cœur aux différentes parties du corps , de ces 120 ANNALES parties à des sinus veineux , des sinus veineux aux branchies d'où il revient au cœur. Ce qui prouve l'importance et le mé- rite de ce travail , c'est que l'Académie lui a décerné le prix de physiologie expérimentale, en 1828. 1828. 13° Recherches analomiques sur le système ner- veux des Crustacés ; par les mêmes. Lues à rAcadémie des sciences, en septembre 1828 {Ann. des se. nat.j t. XIV, p. 75 , avec planches). Il résulte de ces recherches , que les modifications nom- breuses que présente le système nerveux des crustacés, dans la série de ces animaux, se réduisent en définitive à un degré plus ou moins grand de rapprochement et de centrali- sation des noyaux médullaires et des cordons nerveux qui les lient entre eux. Ce mémoire , présenté à l'Académie, a été l'objet d'un rap- port favorable, 1828. 14*" De la respiration aérienne des Crustacés , et des modifications que /'appareil branchial présente dans les crabes terrestres ; par les mêmes. Lu à l'Académie des sciences le 12 mars 1828 {Jnn. des se. nat.j t. XV, p. 85). Les expériences que les auteurs ont entreprises sur la respi- ration des crustacés de nos côtes , et leurs diverses recherches anatomiques sur les espèces exotiques qu'on nomme Crabes terrestres, parce qu'ils vivent longtemps hors de l'eau et font de très-longs voyages à travers des pays chauds et montueux, les ont conduits à découvrir, chez ces espèces intéressantes, une organisation toute particulière, et qui rend parfaitement compte de la faculté dont elles jouissent. En effet, ces crabes ont, comme les crustacés aquatiques, des branchies; mais DE LA SOCIÉTÉ ËNTOMOLOGIQUE. 121 ces branchies sont douées de la faculté de respirer Tair élas- tique , pourvu que cet air soit chargé d'humidité. A cet effet , la nature leur a accordé à tous , tantôt des espèces de réser- voirs en forme de rigoles, et tantôt des corps de forme spon- gieuse, placés dans les cavités respiratoires du thorax. Ces appareils retiennent l'eau nécessaire à l'entretien de ce genre particulier de respiration. Le rapport fait à l'Institut sur ce travail conclut à son inser- tion dans le Recueil des mémoires des savants étrangers, se fondant « sur ce que ce travail expose des faits nouveaux, curieux en eux-mêmes, et importants pour la science physio- logique. » 1828. 15° Résumé des recherches sur les animaux sans VERTÈBRES, faites aux lies Chausey; par les mêmes. Présenté à l'Académie des sciences le 29 septembre 1828 {Ann. des se. nat., tome xy, p. 1). Ce résumé a pour objet de faire connaître les faits ci-après, et de constater, en les communiquante l'Académie, qu'ils sont les premiers qui les aient observés : 1° ils ont découvert le mode de reproduction de plusieurs animaux composés , particulière- ment des ascidies; 2° ils ont décrit et défiguré l'animal dit flustres, sorte de polype dont les loges, réunies les unes aux autres, et excessivement minces , recouvrent divers corps sous- marins, et s'appliquent exactement à leurs surfaces; 3° ils ont fait connaître la structure de différents polypes très-différents des flustres , et beaucoup plus simples qu'eux; 4° enfin ils ont présenté diverses observations nouvelles relatives aux épon- ges ou à d'autres corps singuliers, appartenant à la même famille. Cette communication a donné lieu à un rapport très-favo- rable de G. Cuvier, qui depuis en a mentionné les résultats dans son Règne animal. 122 ANNALES 1828, 16° Recherches anatomiques sur le système muscu- laire des Crustacés ; par les mêmes. En étudiant la myologie du homard, les auteurs ont dé- couvert dans les muscles de la queue une disposition très- singulière qui donne à cet organe une très-grande force, tout en diminuant considérablement le nombre et Tétendue de leurs points d'attache au squelette tégumentaire de l'animal. La plupart de ces muscles se fixent par leurs deux extrémités à la partie qu'ils doivent mouvoir, et prennent leur point d'appui sur le muscle précédent, qu'ils entourent comme une corde autour d'une poulie. Ce travail est encore inédit; mais il en a été publié un extrait assez étendu dans la traduc- tion française du Traité d'anatomie comparée de Meckel (tom. VI, p. 129). 1828. 17° Observations pour servir à l'histoire de la for- mation des Perles. Lues à la Société d'histoire naturelle en juin 1828 [Mémoires du Muséum d'hist. nat.^ tom. xyii, avec planches). Ces observations, qui ont pour objet d'expliquer la manière dont se forment les perles , sont au nombre de deux. La pre- mière concerne la découverte d'une perle dans une coquille du genre Solen, vulgairement manche de couteau; la se- conde est relative à une monstruosité singulière que présentait une huître de nos côtes , et consistant en un tubercule calcaire énorme qui occupait en entier, à l'intérieur de cette coquille, la place de l'impression musculaire. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMO LOGIQUE. 123 1829. 18° Des poils des Annélides, considérés comme moyen de défense; en commun avec M. Edwards. Lu à l'Académie des sciences le 18 juillet 1829 [Aiin. des se. nat., tom, XXI, p, 317). Les auteurs démontrent dans ce mémoire que les poils qui garnissent les pieds des annélides ne sont pas , comme on le croyait, de simples ornements ou des organes propres à faci- liter la locomotion, mais bien des armes défensives , dont ils décrivent les formes variées. 1829. 19° Observations sur différents faits relatifs à /'ana- TOMiE DES Crustacés et à la découverte de plusieurs Mollusques nouveaux; par les mêmes. Lues à l'Académie des sciences le 23 novembre 1829 {Ann. des se. nat., tom. xxi, p. 317). Dans ce mémoire, les auteurs rendent compte de leurs nou- velles recherches sur les animaux sans vertèbres de nos côtes, et d'observations nombreuses faites sur les mœurs des diverses annélides et de plusieurs mollusques; ils ont retrouvé YA- plfsie verte de Montagu; ils ont découvert deux nouveaux genres auxquels ils donnent le nom de Cribelle et de Dori- morphe. Leurs excursions fréquentes sur les côtes leur ont fait reconnaître que les animaux qui les habitent sont distri- bués en quatre zones principales, comprises entre les limites des plus hautes et des plus basses eaux. Ces régions sont oc- cupées par des animaux souvent très -différents. G. Cuvier a fait , sur ce mémoire et sur le précédent , un rapport à l'Académie, qu'il termine par la conclusion suivante : « Nous pensons que l'Académie ne peut trop témoiguer sa satisfaction des efforts heureux par lesquels ces deux habiles naturalistes sont parvenus à enrichir la faune française des- 124 ANNALES pèces si nouvelles et si curieuses , et la zoologie , en général , d'observations intéressantes; et nous lui proposons d'accor- der son approbation aux mémoires dont nous venons de lui présenter l'analyse. » 1829. 20° Observations anatomiques et physiologiques sur l'appareil de la génération des Crustacés. Dans ce mémoire, MM. Audouin et Milne-Edwards signa- lent l'existence d'une poche copulatrice placée près de l'ou- verture externe de chaque oviducte : elle est très-apparente chez le Maja squinado, et sert de réservoir à la liqueur spermatique , destinée à féconder les œufs au fur et à mesure de leur passage au dehors. Ils exposent aussi les expériences qu'ils ont faites pour montrer que c'est réellement dans cette poche que la liqueur fécondante, déposée par le mâle pendant la copulation, doit pénétrer. Enfin ils rapportent une obser- vation faite par M. Edwards sur un crabe tourteau femelle, chez lequel il trouva , après la copulation , les verges du mâle brisées à leur base, et restant dans la poche copulatrice, comme cela a lieu, suivant l'observation de M. Audouin, chez beaucoup d'insectes (voir ce que nous avons dit à ce sujet, page 119). 1829. 21° Sur l'animal de la Glycimère , et sur l'anatomie de ce mollusque. Lu à la Société philomathique , mars \ 829 {Ann. des sciences nat. (Revue), 1839, p. 47). M. Audouin démontre , par la description détaillée externe et interne de ce mollusque, qu'il doit être placé près des myes, dans la méthode naturelle. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 125 1829. 22° Observations sur l'animal de la Siliquaire. Communiquées à la Société philomathique le 8 janvier 1829 {Jnn. des se. nat. (Revue), 1829, p. 13). On ne savait à quelle classe rapporter l'animal qui habite l'espèce de tube calcaire et plus ou moins tourné en spirale que l'on trouve dans les collections sous le nom de siliquaire. L'auteur a fait connaître que, par son organisation, il appar- tenait à celle des mollusques. G. Cuvier a consigné, en les adoptant, les résultats ci-dessus dans son Règne animal, tora. III, p. 109 et 110. 1 829. 23° Observations sur un mollusque de la Méditer- ranée qui se rapproche beaucoup des Glavagelles. Communiquées à l'Académie des sciences le 29 avril 1829 {Ann. des se. nat. (Revue), 1829, p. 78). Les clavagelles sont des coquilles fossiles que jusqu'ici on n'avait pas encore trouvées à l'état vivant. L'auteur a été assez heureux pour s'en procurer un individu provenant des mers de Sicile , et il a reçu en même temps l'animal parfaitement conservé. G. Cuvier, à qui M. Audouin a remis son travail , a noté cette observation dans son Règne animal, t. m, p. 16L 1829. 24° Description et classification des Annélides de France ; en commun avec M. Milne-Edwards. Présentées à l'Académie des sciences le 19 juillet 1829 (Ann. des se. nat., t. xxi). Ce travail étendu , qui doit former un volume de 400 pages, accompagné de planches , n'a pas encore été imprimé ; mais nous le mentionnons ici parce que G. Cuvier en a fait le rap- port le plus avantageux à l'Académie, dans sa séance du 14 novembre 1830. 126 ANNALES 1830, 25° Description de I'Hyponoé, nouveau genre d'an- nélides; par les mêmes. {Jnnales des sciences naturelles ^ t. xx, p, 156, avec figures.) Les auteurs ont été conduits à rétablissement de ce genre curieux d'annélide par l'étude qu'ils ont faite des espèces exotiques comparées à celles qui sont propres au littoral de la France. L'espèce qui lui sert de type a été envoyée des mers d'Asie au Muséum d'histoire naturelle , par M. Gaudi- cliand. 1830. 26° Note sur le système nerveux des Crustacés; par les mêmes. Lue à la Société d'histoire naturelle de Paris (Ann. des se. nat., t. XX, p. 181). Les observations contenues dans cette note sont une confir- mation de celles qu'ils ont lues à l'Académie des sciences, en septembre 1828 (voir le mémoire n° 13). 1832. 27° Recherches pour servir à I'histoire naturelle du littoral de la France, ou Recueil de mémoires sur Vanatomie , la physiologie , la classification et les mœurs des animaux de nos côtes; par les mêmes. In-8°, avec un grand nombre de planches faites d'après nature. Cet ouvrage devait avoir trois volumes ; le dernier n'a pas paru. Le premier, sous le titre d'introduction, renferme la description des localités que les auteurs ont visitées , dans trois voyages successifs à Granville, aux îles Chausey, à Saint-Malo, et jusqu'au cap Frehel.[On y trouve des recher- ches statistiques. Les chapitres 4 et 5 , qui ont été rédigés par M. Edwards, sont relatifs aux pêches; le chapitre 6, dont DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 127 la rédaction a été faite par M, Audouin , traite des naufrages qui ont eu lieu sur les côtes de France. Le second volume présente , à l'occasion de la description des annélides , un système général de classification pour ces animaux : plus de vingt planches leur sont consacrées. 1832. 28° Observations sur le nid d'une araignée con- struit en terre, et remarquable par une grande perfec- tion de travail. (^Annales de la Société ent. de France , t. ii, p. 69, pi. iv.) Ce nid appartient à une espèce de Migale de la Corse, dont l'industrie , pour le construire , est poussée à un grand degré de perfection. En effet elle creuse dans la terre argileuse un tube qu'elle tapisse de soie intérieurement , et qu'elle ferme par un couvercle à charnière. Le côté interne de ce couvercle présente une série de trous rangés en demi-cercle, dans les- quels l'araignée introduit les dents dont ses mâchoires sont armées, et qui correspondent à ces trous. C'est par ce moyen et en opposant une forte résistance , qu'elle se tient renfermée hermétiquement dans son nid, et empêche ses ennemis d'y pé- nétrer. Tous ces détails , et beaucoup d'autres non moins cu- rieux , sont décrits et figurés dans le mémoire en question. 1832. 29° Lettres pour servir de matériaux à l'histoire des insectes. Première lettre , contenant des recherches sur quelques Arachnides parasites , adressée à M. Léon Dufour , correspondant de V Institut. ( Extrait des Annales des sciences naturelles j, mai 1832.) Dans cette lettre , l'auteur passse en revue les genres pté- ropte, caris , argas et ixode; cherche à reconnaître les es- pèces décrites par les auteurs, qui s'y rapportent, et en décrit XI. 9 128 AjNNALES plusieurs de nouvelles dont il donne des figures grossies avec leurs détails génériques, 1832. 30° Observations sur l'accouplement entre des indi- vidus d'espèces différentes du genre Coccikelle. Communiquées à la Société entomologique de France le 4 août 1832 [Annales de ladite société, t. i, p. 232). Il résulte des expériences faites par Tauteur sur les Cocci- nella bipuncta et dispar, que ces deux espèces se sont ac- couplées , mais que les œufs provenant de cet acccouplement sont restés stériles. Ces expériences ayant été répétées jus- qu'à dix fois , M. Audouin en conclut que les cas où ces sortes d'accouplements sont féconds doivent être rares. Nous ajou- terons que, dans ce cas, les hybrides qui en proviennent fi- nissent par rentrer, après quelques générations, dans l'une ou l'autre espèce ; sans quoi il s'en formerait tous les jours de nouvelles, et les primitives disparaîtraient. Or, cette hypothèse n'est pas admissible ; l'expérience est là, d'ailleurs, pour prou- ver le contraire. 1833. 31° Observations sur le mode singulier d'accouple- - ment des Géeriojns. {Ann. de la Soc. eut. de France, t. ii, séance du 6 nov. 1833.) On sait que la famille du Cebrio gigas possède une ta- rière longue et cornée ; M. Audouin en indique le double usage : elle sert non-seulement à l'introduction des œufs dans la terre , mais encore à rendre possible l'accouplement qui se fait d'une manière inusitée et fort singulière. En effet, la fe- melle , cachée entièrement dans la terre , ne laisse poindre à la surface du sol que sa tarière, autour de laquelle on voit plu- sieurs raàles affluer dans leur ardeur. Bientôt l'un deux, plus DE LA SOCIÉTÉ EISTOÎMOLOGJOUE. 129 heureux que les autres, parvient à introduire son pénis clans ce tube saillant, et l'accouplement a lieu, sans que les deux individus se soient vus autrement. L'auteur a été témoin de ce singulier rapprochement des sexes. 1833. 32° Quelques observations sur le Prosopistome, nou- veau genre très-singulier de crustacé. (Noucelles annales du Muséum d'hist. nat. ^ t. ii, p. 23.) L'animal dont il s'agit fait le passage des crustacés aux in- sectes , et ressemble bien plus , en apparence , à ceux-ci qu'aux premiers. Aussi plusieurs entomologistes, se méprenant à leur égard, le regardèrent-ils, les Uns comme voisins des gyrins, les autres, comme se rapprochant des uotonectes. L'auteur, consulté par Latreille, lui présenta sur ce sujet un travail que ce savant fit en partie connaître , et sur lequel il s'exprime ainsi : « Je dois dire que mon jeune ami M. Victor Audouin « est arrivé aux mêmes résultats que moi , et que ses observa- « tions coïncident parfaitement avec les miennes , quant aux « faits généraux. Ainsi que moi encore , il a reconnu dans le a binocle à queue en plumet de Geoffroy, le prototype de «mon crustacé, et certes bien peu d'entomologistes eussent «été capables de tels rapprochements, car bien peu possè- «deut l'ensemble des connaissances générales sur lesquelles « reposent de telles données. » 1833. 33° Observations sur les phénomènes qui précèdent souvent la reproduction des pattes chez certains crus- tacés. [Ann. de la Soc. eni. de France^ t. i, p. 238, année 1833.) On sait que la reproduction des pattes chez les crustacés et les arachnides n'a lieu qu'à la base même de la patte. Si donc il arrive que la patte soit brisée accidentellement ailleurs que 130 ANNALES dans ce point , l'animal se décide de lui-même à opérer une nouvelle amputation dans le seul endroit où il est convenable qu'elle soit pratiquée. Pour ce faire , les araignées arrachent le moignon superflu ; mais les crustacés , qui , d'après leur con- formation, ne peuvent en agir ainsi, emploient un moyen tout autre et non moins efficace. On les voit , dans cette cir- constance , roidir le moignon de la jambe entière : aussitôt un petit craquement se fait entendre; il est l'indice de la frac- ture qui vient de se faire naturellement et par le seul fait d'une contraction musculaire de certains muscles; la jambe tombe aussitôt , et le nouveau membre ne tarde pas à se montrer et à croître. L'auteur a fait sur ce point de nom- breuses expériences sur les tourteaux, avec M. Milne-Edwards. 1833. 34° Noie sur un insecte fossile découvert dans le terrain houiller. Lue à l'Académie des sciences le 25 février 1833 ( Ann. de la Soc. ent. de France j, t. ii , Bulletin^ p. 7, et feuilleton du jourual le Temps ^ 27 février 1833). Il s'agit, dans cette note, d'une empreinte d'aile de névro- ptère d'un genre inconnu, mais voisin des corydales, et sur- tout dès mantispes , trouvée à Colebroskedale, dans le Shropshire, en Angleterre, au milieu de nombreux fossiles végétaux, dans un terrain houiller. 1833. 3Ô° Description anatomique et zoologique d'un genre de Crustacé vivant, analogue, sous beaucoup de rapports , aux trilobites. Présentée à l'Académie des sciences, séance du 19 août 1833. (Annoncée dans le journal le Temps, et par extrait, dans le Compte *rendu des travaux des naturalistes réunis en 1835 à Bonn,iVo- tizcm dem Gebiete^ etc., oct. 1835.) Ce qui rend l'étude de ces crustacés curieuse, c'est la res- semblance qu'ils offrent avec des crustacés du monde antédi- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiQUE. 131 luvien ( les trilobites), dont on ne connaissait pas d'analogue vivant aussi voisin. L'auteur en décrit trois espèces , et en donne des figures avec des détails de forme et de structure des différents organes. 1833. 36° Observations sur un insecte coléoptère, qui passe une grande partie de sa vie sous la mer. Lues à l'Académie des sciences le 3 juin 1833 [Nouvelles Jnn. du Muséum d'hist. nat.j t. in, p. 117 ). Ce coléoptère est le blemus fulvescens de la famille des carabiques, et de la tribu des subulipalpes. Ce petit carabique vit sur les bords de l'Océan , où il est alternativement sub- mergé lorsque la marée monte, et mis à sec lorsqu'elle des- cend, sans que, dans le premier cas, il soit asphyxié, bien qu'il ne paraisse pas organisé pour vivre sous l'eau; mais il est entièrement couvert de poils , y compris ses antennes tt ses pattes, et M. Âudouin a remarqué que lorsqu'on le fait passer immédiatement de l'air dans un vase rempli d'eau de mer, ses poils retiennent entre eux de petites bulles d'air qui bientôt se réunissent en une seule, et forment autour de son corps une espèce d'atmosphère qui lui reste adhérente, mal- gré l'agitation que l'insecte se donne en courant dans l'eau, au fond , ou contre les parois du vase où il est renfermé. M. Au- douin ne doute pas que ce qui a lieu dans cette expérience ne se produise lorsque la mer vient submerger cet insecte. Toujours il emporte avec lui cette couche d'air , et quand il se cache sous une pierre , il se trouve momentanément dans les conditions d'un msecte placé librement dans l'air; mais comme cette petite couche d'air doit être proniptement viciée, comment s'y prend-t-il pour la renouveler, puisqu'il n'a au- cun moyen de remonter à la surface de l'eau. ^ ]\I. Audouin suppose qu'alors ce renouvellement s'opère de la même ma- i32 ANNALES nièreque Ta expliqué M. Dutrochetà l'égard de la chenille du patomogeton , qui vit également submergée. C'est, en effet, l'opinion de ce^savant académicien, dans le rapport qu'il a fait à l'Académie, le 19 août 1833, sur le mémoire de M. Audouin. Au reste, le Blemiis fulwescens n'est pas le seul coléoptère non aquatique qui jouisse de la faculté de respirer sous l'eau pendant un temps plus ou moins long. Suivant une notice de M. W, Spence, insérée dans les Transactions de la Soc. ent. de Londres, année 1836, le Staphyliniis tricornis et les po- gonus Brullei, Chaleciis et Mruginosus seraient dans le même cas. 1833. 39° Observations sur la manière de vivre de la larve du Sitaris humeraiis. Communiquées à la Société entomologique de France, séance du 2 décembre 1835 [Ann. de la Société, t. iv, Bulletin, p. 77). Cette larve , qui a beaucoup d'analogie avec celle des mé- loés et des cantliarides , vit parasite dans le nid des larves d'Anthophores. 1833. 37° Observations sur les coques construites par des larves de Coléoptères, qui subissent leurs métamor- phoses' dans la terre. Communiquées à la Société entomologique de France le 4 déc. 1833 (Ann. de la Soc, t. ii, Bulletin,;, p. 71). Ces observations sont relatives à la larve du Lucamis cervus, et à celle du Copris hispanus. La première, après avoir vécu dans le bois pourri , s'enfonce dans le sol , et s'y construit une^coque ovoïde en terre , dans laquelle elle subit ses métamorphoses. Il en est de même de la seconde , qui , avant de se renfermer dans sa coque , vivait dans les bouses. Ces observations n'ont rien de neuf. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 133 1833. 38" Observations sur la faculté que possèdent les Gallidies de ronger des corps très-durs. Communiquées à la Société entomologique de France le 1 8 déc. 1 833 {Ann. de la Société, t. ii, Bulletin, p. 76). M. Audouin a présenté à la Société entomologique une plaque de plomb provenant d'une toiture de bâtiment, et sur laquelle des larves de Callidies ont creusé de profondes sinuosités pour s'y loger , comme dans le bois. Ces larves , après avoir percé le bois de la couverture, ont rencontré le plomb, ce qui ne les a pas empêché de continuer de ronger. Ce fait, dit M. Audouin, ferait supposer que la liqueur que les Callidies dégorgent en travaillant n'est pas exclusivement destinée à amollir le bois afin de l'entamer plus facilement , comme on le croyait jusqu'à présent. 1835. 40° Analyse de deux Calculs d'acide urique trouves dans les canaux dits Canaux biliaires des insectes. Détermination des fonctions de ces canaux. Lettre adressée à l'Académie des sciences , séance du 7 décembre 1 835 ( Compte rendu des séances, \ 835, p. 442, et Ann. des sciences nat., 2^ série). M. le docteur Aube , ayant trouvé dans le corps d'une femelle de Lucanus capi^eolus deux petits corps irrégulière- ment arrondis, rugueux, d'un jaune grisâtre, et d'un aspect cristallin, qui obstruaient la portion des canaux biliaires qui rampent à la surface des intestins , il les remit à M. Audouin , qui, d'après l'analyse chimique qu'il en fit, reconnut que c'étaient deux calculs entièrement formés d'acide urique. Il conclut, de ce cas pathologique , que les vaisseaux dits biliaires chez les insectes , sont des organes de sécrétion urinaire , ce qui met fin à l'incertitude où l'on était sur leur véritable usage. 134 ANNALES 1836. 41° Quelques remarques sur le développemerit ex- cessif de la lèvre inférieure dans les Stènes. {^Ann. de la Société entomologique de France , t. iv, p. 166.) Ces remarques ont pour but de compléter les observations anatomiques et physiologiques faites par M. le docteur Tliion sur les organes de la manducation des stènes, et qui font l'objet d'un mémoire très-intéressant inséré dans le tom. iv, p. 153-166, des Jnn. de la Soc. ent. de France. Il résulte de ces observations que, chez les stènes, la languette de la lèvre inférieure serait remplacée par une trompe , à l'extrémité de laquelle seraient placés les palpes labiaux , ce qui ferait de ces coléoptères des insectes à la fois broyeurs et suceurs; tandis que, suivant feu Carcel, qui a étudié les mêmes insectes, cet organe, qui ne sort de la bouche que lorsque l'animal est pressé entre les doigts, serait le prolongement de la lan- guette (ligula). 1836. 42° Observations sur des Podures (podura nivalis^ Lin.) trouvées à la surface de la neige dans les Alpes. (Communiquées à la Société ent. de France, séance du 1 7 févr. 1836.) Ces insectes ont été recueillis par MM. Breschet et Bec- querel, sur une montagne couverte de neige, le mont Vélan, dans le col du Grand Saint-Bernard. Ils couvraient la neige dans l'étendue de plusieurs mètres , et à quelque distance , ils ressemblaient à de la poudre noire qui aurait été accu- mulée sur cette surface blanche. Non-seulement il en existait à la surface de la neige , mais encore à plus d'un pied dans son intérieur. M. Audouin, en communiquant ces podures à la Société, pense qu'elles se rapportent à la podura nivalis de Linné. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 135 1836. 43° Examen des Crustacés qui habitent les salines de Marignane. Communiquée l'Académie des sciences, dans la séance du 7 nov. 1 836 ( Compte rendu des séances j, 1836 , 2^ semestre, p. 545 ). L'auteur, après avoir déterminé le crustacé qui pullule dans les marais salants du raidi de la France, comme étant le cancer saliniis de Linné, a fait connaître une espèce voisine et très- curieuse , qu'on trouve en Egypte dans des lacs dont la tem- pérature s'élève, en été, jusqu'à 60" cent., et dont les eaux contiennent en dissolution du carbonate de soude, du sulfate de soude et des sels magnésiens. Ces lacs ne présentent aucun autre animal que ces petits crustacés à corps mou et pellucide. 1837. 44° Noie sur la demeure d'une Araignée maçonne, originaire de l'Amérique du Sud. Lue à l'Académie des sciences, séance du 29 mai 1837 (^Compte renduj t. iv, p. 853, et Jlnn. des se. n«f.j avril 1837). Le but de cette note est de démontrer que les araignées maçonnes de l'Amérique du Sud ne sont pas moins indus- trieuses que celles de nos contrées méridionales dans la con- struction de leur demeure; mais cette démonstration, suivant nous, est sans objet, car pourquoi supposer que l'auteur de la nature aurait accordé moins d'instinct pour leur conservation aux animaux du nouveau monde qu'à ceux de l'ancien? 1837. 45° Mémoire sur un genre nouveau 5 1^'opération, continuée, du 12 au 18 août Inclusivement, par mie trentaine de personnes, a donné pour ces sept journées un (Glal de 482,000 -plaques, ou de 28,920,000 œufs d'étruits. Ainsi, douze journées de vingt à trente travailleurs ont suffi pour détruire 40, 182,000 œufs qui eussent éclos dans l'es- pace de douze à onze jours, et souvent plus tôt, selon Tépoque plus ou moins éloignée à laquelle ils ont été pondus. Ces résultats parurent si satisfaisants, que M. Delahante n'hésita pas à opérer sur une beaucoup plus grande écligllc. Il fît rechercher les œufs dans sa grande propriété, dite du bois de l'Oize, et qui n'a pas moins de 120 hectares d'étendue. Le travail fut entrepris par la presque totalité des vignerons, et pendant les onze jours qu'il dura, on recueillit 1,184,000 plaques d'œufs, contenant 68,040,000 œufs. Tandis que ces expériences se f.iisaient sous les yeux de l'au- teur, et en quelque sorte sous sa direction, un autre pro- priétaire , M. Desvignes Famé, exécutait aussi en grand la recherche des œufs, et obtenait, par ce procédé, la destruc- tion de 31,000,000 d'œufs, dans une propriété beaucoup moins grande que celle de M. Delahante. Or, M. Desvignes, qui en sa qualité d'habile négociant s'entend parfaitement en calcul, a supputé que la dépense de cette opération^ répétée deux fois dans le même vignoble, ne s'élevait pas à plus de 20 francs par hectare , somme bien minime, si on la compare au produit de la récolte moyenne sur un sol qui se vend jusqu'à 10 et 14,000 francs l'hectare. En résuma' , l'auteur considère la cueillette des œufs comme préférable à tous les moyens proposés ou employés jusqu'ici pour la destruction de la pyrale. Il regarde ce pro- cédé comme bien supérieur à celui qui a pour objet la re- cherche des chrysalides, et même à l'opération longue, dif- ficile, et toujours imparfaite de l'échenillage ; cependant il ne proscrit pas ce dernier moyen, mais il ne l'admet que comme J56 - ANNALES ia ressource de l'imprévoyant vigneron qui ayant vu, Tannée précédente, des pontes sur ses vignes, a négligé de les en- lever. Enfin l'auteur termine sa notice par annoncer qu'il croit être arrivé à la découverte d'un procédé au moyen duquel on pourrait détruire les chenilles qui se cachent l'hiver sous l'écorce des ceps, sans nuire au tissu très-délicat de celte écorce, et en attendant qu'il ait acquis la certitude entière de son efficacité, il demande à l'Académie la permission d'en faire le dépôt dans les archives, ce qui lui a été accordé. 1837. 16° Considérations noiwelles sur les dégâts occa- sionnés par la Pyrale de la vigke , particulièrement dans la commune d'Jrgenieuil. Lues à rAcuidémie des sciences, dans sa séance du 25 septembre 1837. (Par extrait dans le Compte rendu , et insérées dans les Annales des sciences naturelles.) Ce nouveau mémoire a pour but de démontrer que si les moyens proposés pour arrêter les ravages de la pyrale dans les vignes du maçonnais sont également applicables aux vignes d'Argenteuil, il existe cependant dans cette locahté certaines pratiques de culture qui doivent engager à les mo- difier. C'est ainsi que l'auteur a reconnu que les échalas que l'on emploie à Argenteuil pour soutenir la vigne, servent de refuge aux jeunes larves qui, sortant de l'auf au mois d'août, passent la fin de la saison chaude, et tout l'hiver, sous les pe- tites esquiUes qu'ils présentent à leur surface. Il en résulte que ces supports qu'on enlève après la vendange, mais qu'on remet en place au printemps, apportent avec eux une certaine dose d'infection. On pourrait éviter ce fâcheux effet en les soumettante une haute température, soit qu'on- les passât dans un four, soit qu'on leur fît subir l'action de k vapeur. DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGKJDK. 157 1837. 17° Observations sur des vers du genre Gordius, qui font périr un grand nombre de larves de Hanwetoins. C'est en Belgique, aux environs de Liège et dans les prai- ries humi(ies , que l'auteur eut l'occasion de remarquer que , dans certains cas , les Gordius vivent dans le corps des larves du hanneton et qu'ils en détruisent un très-grand nombre. 11 a suivi toutes les circonstances du développement de ces cu- rieux parasites , et a communiqué quelques détails sur ce feit nouveau, à M. le docteur Leblond, qui l'a consigné en 1837 dans sa nouvelle édition de l'atlas des Fers intestinaux de Bremser, p. 57. 1837. 18° Nouvelles expériences sur la nature de la ma- ladie contagieuse qui attaque les Vers a soie, et qu'on désigne sous le nom <:/eMuscAUDii\E. Lues à l'Académie des sciences, daas .sa séance du 20 novembre 1837. (Par extrait dans le Compte rendu des séances de l'Académie, 2* semestre, p. 712.) 11 résulte de ces nouvelles expériences , 1° Que la muscardine peut se montrer spontanément et en tout lieu , lorsque certaines circonstances réunies favorisent son développement ; 2° Qu'elle n'est pas une maladie particulière au ver à soie , mais qu'elle est générale à la classe des insectes à laquelle elle paraît exclusivement propre ; 3*^ Qu'elle peut se propager, non-seulement des vers à soie à des insectes d'espèces très-différentes, mais qu'ayant pris spontanément naissance chez une de ces espèces, elle peut, lorsqu'on la transmet à des vers à soie , leur occasionner cette même maladie qui se montre dans les magnaneries, et qu'on désigne sous le nom de muscardine; 4° Que dans ce transport, qu'on peut varier et multiplier 158 ANNALES à rinfini , en l'opérant sur des insectes d'ordres , de familles , de genres et d'espèces différents ou semblables , le crypto- game et la maladie qu'il produit n'éprouvent aucun change- ment; à° Que si les sporules disséminées dans l'air sctot le seul moyen qu'emploie la nature pour la reproduction delà plante, on peut cependant obtenir son développement d'une manière artificielle , en greffant certaines de ses parties , par exemple son /hallus, sur le tissu graisseux d'un insecte, c'est-à-dire sur ce même sol dans lequel les sporules auraient végété ; 6° Enfin, que, par celte voie artificielle d'infection, le cryptogame envahit plus rapidement le tissu graisseux, ce qui amène une mort beaucoup plus prompte. Une commission chargée par l'Académie d'examiner ces faits en a reconnu l'exactitude, et, sur les conclusions de M.Dutrochet, son rapporteur, l'Académie, dans sa séance du 22 janvier 1838 , a approuvé l'impression du mémoire de M. Audouin dans le recueil des Savants étrangers. 1838. 19° Exposé sommaire de diverses observations re- cueillies pendant plusieurs années sur les insectes nui- sibles A l'agriculture. Présenté à l'Académie, dans sa séance du 29 janvier 1838. L'auteur s'étant mis sur les rangs pour le fauteuil devenu va- cant , à l'Académie des sciences (section d'Agriculture), par la mort de M. Tessicr, le but de cet exposé était de faire connaî- tre à l'Académie les titres sur lesquels reposaient ses préten- tions à ce fauteuil qu'il a en effet obtenu. 11 y donne le résumé d'un journal , tenu par lui depuis 1817, de tous les faits qu'il a recueillis, pendant plus de vingt ans , sur les métamorphoses des insectes de tous les ordres , et particulièrement de ceux nuisibles à l'agriculture. Ce journal se compose de 14 volumes DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCJIQUE. 150 renfermant plus de 6,000 observations , appuyc'es de nom- breuses préparations et de dessins qui les représentent ; ce sont , dit-il, les matériaux d'un ouvrage qui devra traiter des insectes sous le double point de vue de l'histoire naturelle et de l'agriculture. Ces observations, rangées dans un ordre chronologique , peuvent être rapportées à dix groupes prin- cipaux, comprenant, savoir: Le 1^', les insectes qui nuisent aux grains et aux fruits; Le 2®, ceux qui nuisent aux racines ; Le 3*^, ceux qui nuisent aux tiges; Le 4'', ceux qui nuisent aux bourgeons; Le 5®, ceux qui attaquent les feuilles dans leur entier; Le G*", ceux qui n'en rongent que le parenchyme ; Le 7^, ceux qui y occasionnent des excroissances connues sous le nom de galles ; Le 8®, ceux qui attaquent les bois employés dans les con- structions ; Le 9^, ceux qui sont parasites de l'homme, des animaux do- mestiques et des autres vertébrés ; Le 10® enfin , ceux qui sont parasites des autres insectes. . Les 14 volumes dont nous venons de parler sont restés dé- posés pendant un mois dans une des salles du secrétariat de l'Institut, où la plupart des membres de l'Académie des scien- ces sont venus les examiner. 1839. 20° Remarques sur la Cochenilie du nopal. Communiquées à l'Académie des sciences, dans sa séance du 8 juil- let 1839 (^Comptes rendus, t. ix, p. 69 ; Aiin. de la Société entom.y t. vm). Sous ce titre , M. Audouin n'a fait que reproduire à l'Aca- démie les renseignements qui lui ont été communiqués par M. Berthelot, sur ses essais pour acclimater la Coclwiiille du XT. 11 IGO ANNALES nopalldims les îles Canaries , où il a longtemps résidé. Cet acclimatement a parfaitement réussi, malgré l'insouciance des habitants, et quelques-uns d'eux en ont fait depuis l'objet d'une industrie lucrative. 1840. 21° Observations sur certains insectes gui atta- quent les bois employés dans les constructions. Lues à l'Académie des sciences , dans sa séance du 4 mai Î840. ( Comptes rendus , t. ix , p. 689; annales des sciences nat. , 2*^ série, t. XIV, p. 39.) L'auteur parle d'abord du Termes lucifugum, qui ravage depuis quelques années les constructions de Rochefort et de La Rochelle, et dont il a été si souvent question. Il annonce ensuite que les boiseries des nouvelles galeries du Muséum d'histoire naturelle sont attaquées par un petit coléoptère , Lyctus canalicalatus, Fab., ce qu'il attribue à ce que le bois employé avait encore la couche d'aubier , dans laquelle les lyctes avaient pondu leurs œufs. 11 ne connaît aucun moyen de remédier à ce mal ; mais il pense qu'il s'arrêtera quand tout l'aubier aura été consommé par ces insectes. 11 termine en annonçant que M. Payen s'occupe d'analyses et d'expé- riences dans le but de faire périr les insectes qui rongent le bois et de rendre celui-ci inattaquable. 1840. 22° Sur une éducation, faite à Paris , d'un Ver a SOIE DE LA LomsiAKE (Bombyx cecropia). (Extrait des Comptes rendus des séances de l'Académie des se, séance du 20 juillet 1840.) Dans la séance du 20 juillet 1840, M. Audouin a présenté à l'Académie plusieurs chenilles vivantes du Bombyx cecropia, espèce de lépidoptère de l'Amérique du Nord, analogue à DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGKJUE. iCi notre grand paon. Il a accompagné cette communication d'ob- servations verbales dont voici le résumé. Ayant reçu, le 19 fé- vrier 1840, seize cocons du bombyx en question, envoyés de la Louisiane, il en a obtenu neuf papillons, du 17 au 20 mai. Des individus des deux sexes s'ctant trouvés parmi eux, ils n'ont pas tardé à s'accoupler , et une femelle pondit un cer- tain nombre d'œufs, dont l'éclosion eut lieu le 25 du même mois. C'est de cette éclosion que sont provenues les chenilles présentées à l'Académie. L'auteur les a nourries avec les feuilles d'un prunier américain qui est cultivé en pleine terre au Jardin des plantes ; mais il s'est assuré qu'elles s'accommo- deraient , au besoin , du prunier d'Europe domestique , et même du prunus spinosa. Ces chenilles ne diffèrent de celles de notre grand paon que par la couleur variée de leurs tu- bercules. Leur cocon diffère également très-peu de celui de ces dernières, quant à la forme et à la couleur; seulement il est moins en poire, et ses deux extrémités se ressemblent. Mais quand on a enlevé la première enveloppe, qui n'est bonne qu'à être cardée , on en trouve une seconde , beaucoup plus fournie de soie que celle du grand paon , et dont le fil se dé- vide aussi facilement que celui du ver à soie. Il paraît que ce lépidoptère abonde dans les forêts de la Louisiane, où les Indigènes récoltent les cocons attachés aux branches; ils les apportent ensuite en masse à la Nouvelle- Orléans, où l'on en fabrique des étoffes qu'on dit être d'une excellente qualité. Si cela est , ces étoffes doivent être plus solides que belles, vu le peu de finesse du fil, qui ressemble plus à de la laine qu'à de la soie. Dans tous les cas, nous ne pensons pas que l'industrie pût tirer un grand profit de l'éducation domestique du Bombyx dont il s'agit en Europe, attendu que sa chenille produit trop peu de soie , comparativement à la quantité de nourriture qu'elle consomme, du moins d'après ce que nous avons vu. 162 ANNALES 1840. 23° Histoire des insectes nuisibles à la vigive, et particulièrement de la Pyraie qui dévaste les vignobles des départements de la Côle-d'Or, de Saône-et- Loire, du Riiàne, de l'Hérault, des Pyrénées-Orientales, de la Haute-Garonne, de la Charente-Inférieure, de la Marne et de Seine et-Oise. Cet ouvrage 111-4° doit se composer de six livraisons et de vingt planches, indépendamment de deux cartes topogra- phiques des vignobles ravagés. La première livraison seule a paru; mais M. Btîilne-Edwards s'est chargé de publier les cinq autres, d'après les matériaux laissés par l'auteur. Il serait difficile de donner son avis sur un ouvrage avant de l'avoir lu en entier. Cependant, s'il est permis d'en juger par la pre- mière livraison, nous pensons que l'auteur en a trop étendu le cadre pour le sujet qu'il avait à traiter. Il est vrai que, d'après son titre, il doit y être question, non-seulement de la pyraie, mais de tous les insectes qui attaquent la vigne, et comme ils appartiennent à divers ordres, l'auteur s'est vu obligé de parler d'abord des onze ordres qui, d'après la mé- thode qu'il adopte, divisent la classe des insectes, ce qui l'en- traîne dans une foule de détails scientifiques très-étrangers au but de l'ouvrage : car, d'après la mission dont il a été chargé par le ministre de l'agriculture, il aurait dû se borner, suivant nous , à rédiger un manuel pratique à la portée des intelli- gences les plus vulgaires , et pour indiquer aux propriétaires et aux vignerons les moyens les plus efficaces et les moins coûteux de détruire les insectes nuisibles à la vigne, et prin- cipalement la pyraie , qui à elle seule cause plus de ravages que tous les autres ensemble. Au lieu de cela , l'auteur a fait un livre de science et de luxe , très-propre à orner une riche bibliothèque, et qui ne sera jamais consulté par ceux aux- quels il est censé s'adresser, non-seulement à cause de son DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 163 prix très-élevé, mais parce que les notions qu'ils pourraient y puiser pour leur usage se trouvent noyées dans une foule de choses qui n'intéressent que les entomologistes. Toutefois, si l'on juge cet ouvrage sans avoir égard au motif qui l'a fait entreprendre, on ne pourra s'empêcher d'en faire un juste éloge : l'auteur y donne de nouvelles preuves de son talent d'observateur , de sa manière claire et précise de rendre compte de ce qu'il a vu, et de l'art qu'il a d'y intéresser le lec- teur par une diction élégante et soutenue. Indépendamment des ouvrages et mémoires dont nous venons de présenter l'analyse, M. Audouin a publié un grand nombre d'articles entomologiques dans le Dictionnaire clas- sique dCJiistoire naturelle , et a concouru à la rédaction d'un ^tX\X Manuel d'entomologie Jaisant partie de X Encyclopédie portative. On lui doit aussi l'article Arachnide , publié dans le Cyclopœdia of anatomy and physiology, ainsi que l'ar- ticle Abeille dans le Dictionnaire universel d histoire na- turelle, publié par M. Charles d'Orbigny. Enfin, il laisse quatorze volumes manuscrits d'observations faites par lui pendant vingt ans sur les mœurs et les méta- morphoses des insectes, ainsi que nous l'avons dit plus haut; - mais il est à craindre que ces matériaux ne soient perdus pour la science, car lui seul pouvait en tirer parti pour l'ou- vrage général qu'il se proposait de publier sur les insectes, considérés sous le double rapport de l'histoire naturelle et de l'agriculture. P. S. Pendant que cette notice était à l'impression, M. le comte de Castelnau, qui fut présent à sa lecture le 6 avril , nous a remis, sur l'opinion émise par M. Audouin , relative- ment aux Trilobites (v. p. 116), des observations que nous croyons devoir transcrire ci-après, dans l'intérêt de la science : «M. Goldfuss publia, dans le tome xv des Annales des ^sciences naturelles, une note sur les Trilobites, et en fi- 164 ANNALES «gura, pi. Il , quelques fragments qu'il crut reconnaître pour «des pattes. Cependant ce fait était encore des plus obscurs, «lorsque M. de Castelnau rapporta d'Amérique des Caly mènes «qui lui présentèrent , au moyen de sections longitudinales et « transversales, des séries bien distinctes de pattes lamelleusès, «larges et en forme de rames. Cet auteur, dans un mémoire «lu à l'Académie des sciences, et dont un extrait se trouve «dans les comptes rendus de 1841, termine son travail par les « réflexions suivantes : « Ces observations peuvent changer considérablement l'idée «que nous nous formons des Trilobites : effectivement, sont-ils «toujours des êtres à corps discoïdal beaucoup plus élargi que «la tète , et divisé en trois lobes ? ou ce corps ne doit-il pas être «décrit comme allongé, plus étroit que la partie céphalique, «et muni de chaque côté d'appendices mobiles, tentaculaires , «supportés par des arcs, et recouverts en partie ou en totalité «par une sorte de membrane ou de manteau? Peut-être ces « appendices n'étaient-ils destinés qu'à porter des organes res- «piratoires ayant la forme d'arbuscules ; ce qui les rapproche- « rait encore des oscabrions , dont ils formeraient le passage «aux crustacés.» DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 165 SUR UN MÉMOIRE ET UNE NOTICE DE M. ROBINEAU-DESVOTDY, Insérés dans les Annales de la Société entomologique de France, 1841, 4® trimestre. Par M. MACQUART. ( Séance du 6 avril 1 842. ) Dans un mémoire sur trois espèces nouvelles de Malaco- mydes, et dans une notice sur XHerbine des Us, M. Robineau- Desvoidy fait plusieurs observations critiques sur mon His- toire nalurelle des diptères, faisant partie des Suites à Buf- fon, édition Roret. J'estime trop celui qui m'attaque pour ne pas chercher à me justifier à ses yeux et à ceux des entomolo- gistes. Ces observations sont , les unes générales , les autres parti- culières. Commençons par les premières. M. Robineau-Desvoidy me critique de baser , ainsi que les diptérologistes allemands , la classification sur l'organisation, au lieu de prendre, comme lui, pour base, les mœurs des dip- tères. Nous ne saurions être de son avis quand il dit que tout bon travail sur les insectes sera dorénavant établi sur les mœurs des individus. Nous sommes convaincu que la zoolo- me AKNALES gie systématique , cette première partie de la science , qui consiste à distinguer les êtres animés les uns des autres, et à les classer dans l'ordre naturel , n'a de base solide que l'orga- nisation. Quand nous avons un animal sous les yeux , nous avons toujours ses organes pour nous apprendre ce qu'il est ; mais nous n'avons pas toujours la connaissance de ses mœurs. De plus , quoique les mœurs aient des rapports intimes avec les organes, l'étude de la zoologie nous offre un grand nom- bre d'exemples, tels que le loup et le chien, qui, avec une or- ganisation fort semblable, ont des mœurs très-différentes. Nous ne voulons pas dire par là que l'étude des mœurs ne soit pas une partie importante de la science : nous la considé- rons, dans l'état actuel de nos connaissances , comme un auxi- liaire utile pour la classification. En voyant, par exemple, une muscide sortir, au lieu d'un papillon, de l'enveloppe d'une chrysalide, nous jugeons, avec raison, qu'elle appar- tient à la tribu des Tachinaires. Mais combien plus souvent ne devons-nous pas reconnaître les membres de cette tribu à leurs caractères organiques? et, tandis que, relativement aux mœurs parasites de ces muscides, nous ne connaissons guère que le fait principal , accompagné d'un petit nombre de mo- difications, nous voyons l'organisation de ces mêmes diptères se modifier à Tinfini, et fournir seule les éléments de la classi- fication la plus complexe. M. Robineau-Desvoidy nous blâme encore «d'avoir affecté «la prétention de chercher à concilier ce qui a paru en Alle- « magne et en France presque en même temps, sur des insectes «(les muscides) qui avaient exigé des méthodes particulières «d'études, et qui, par conséquent, avaient dû conduire à «plusieurs résultats différents. » Telle a été, en effet, notre intention. Lorsque, sur la proposition du célèbre Latreille, nous entreprîmes cet ouvrage, tout nous commandait d'avoir égard aux travaux antérieurs , et surtout à ceux de Meigen, DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIOUE. 167 le véritable fondateur de la diptérologie : l'esprit de justice, l'insuffisance de nos propres observations, l'utilité pour la France d'y faire connaître l'excellent ouvrage écrit en alle- mand de ce grand entomologiste, autant que le permettait le cadre étroit qui nous était donné. Pour toutes les familles supé- rieures des diptères, cette marche était la seule que nous eus- sions à tenir. Arrivé aux muscidcs (les myodaires de M. Ro- bineau-Desvoidy), devions-nous abandonner cette direction et détruire l'unité de notre travail pour suivre une route nou- velle, oudevions-nous continuer cette ligne de conduite sans ac- cueillir les découvertes importantes de M. Robineau-Desvoidy ? L'un et l'autre de ces partis me parurent injustes et préjudi- ciables au mérite que pouvait avoir mon ouvrage. Je fus en- core amené à utiliser les observations de M. Robineau-Des- voidy par la nécessité que je trouvai à modifier la classifica- tion que Meigen avait adoptée pour les muscides. En premier lieu , il n'avait pas subdivisé cette immense famille en tribus, et cette omission rendait plus longue et plus difficile la déter- mination des genres et des espèces; en second lieu, plusieurs genres formés par Meigen, tels que les Tachines, les Antlio- myies , étaient devenus extrêmement nombreux , et présen- taient en même temps des modifications assez importantes ; de sorte qu'il était nécessaire de les élever au rang de tribus et de former des genres de leurs subdivisions. Comme l'ouvrage de M. Robineau-Desvoidy satisfaisait à ces exigences de la science, je dus le consulter, et j'y trouvai des matériaux pré- cieux à employer. Cependant je ne pus le suivre que d'assez loin : le cadre restreint de mon travail et la marche suivie pour les familles supérieures m'en faisaient la loi. D'ailleurs, les subdivisions en tribus et en genres m'y paraissaient plus nombreuses que l'état de la science ne le réclamait, et j'avoue que, malgré l'étude approfondie que je fis de cet ouvrage, j'en trouvai l'emploi très-difficile pour la détermination des 168 ANNALES genres et des espèces. L'absence de figures, de synonymie, et, si ce n'est pour les muscides supérieures , des caractères si utiles que fournissent les nervures des ailes, le peu d'impor- tance souvent des caractères génériques et spécifiques, et leur énonciation fréquemment sous la'îorme comparative qui exige la connaissance des espèces et des genres voisins , toutes ces difficultés m'ont souvent interdit la faculté de puiser à une source aussi féconde. M. Robineau-Desvoidy ne considère le second volume de mon ouvrage, contenant , en grande partie , les muscides, que comme une compilation. Je conviendrais que c'en est une, si, en signalant et en employant les travaux antérieurs , comme la justice l'exigeait dans un travail de cette nature, je n'y avais joint des observations qui me fussent propres; si je n'avais fait connaître des espèces nouvelles , des genres nouveaux ; si je n'avais renforcé les éléments de la classification par l'emploi approfondi des nervures des ailes ; si je n'avais fait mes ef- forts pour opérer cette conciliation entre les deux systèmes de classification dont M. Robineau-Desvoidy me fait un grief. M. Robineau-Desvoidy me reproche d'avoir répandu de la confusion dans la classification, en comprenant quelquefois dans les mêmes genres et les mêmes tribus des espèces qui ont des mœurs différentes. Ayant pris l'organisation pour base de la classification , cet inconvénient s'est, en effet, présenté quel- quefois , quoique l'harmonie qui règne entre les organes et la manière de vivre le rende rare. Je pourrais dire, par la même raison, que M. Robineau-Desvoidy y a mis une confusion sem- blable, en plaçant dans les mêmes groupes des diptères de con- formations différentes. Tout consiste à savoir quel système doit prévaloir, et, d'après les raisons que j'en ai données plus haut, je persiste dans le mien. Venons maintenant aux critiques de détail. M. Robineau-Desvoidy m'adresse le reproche d'avoir changé DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÏQUE. 169 le nom Lerîa, qu'il a donné à un genre de diptères vivant dans les terriers des mammifères fouisseurs, contre celui de Blephariptera, qui est de moi. J'alléguerai, pour ma justifi- cation, que je considère le genre Blephariptera comme diffé- rent du genre Leria, quoique les espèces de ce dernier fassent partie du premier. M. Robineau-Desvoidy dit lui-même : « Plusieurs des espèces décrites par M. Macquart , sous le nom «de Bléphariplères, sont susceptibles de ne pas appartenir à «nos Léries. D'après la description de cet auteur, nous «sommes porté à penser que quelques-unes de ces mêmes es- «pèces peuvent appartenir à notre genre Herbfna.^^ D'après cette assertion de M. Robineau-Desvoidy lui-même, j'ai donc pu considérer ces deux genres comme n'étant pas identiques , et les Léries comme une fraction des Blcphariptères. Ce genre Lérie , tel que l'a formé M. [Robineau-Desvoidy, offre un exemple de l'imperfection de son système de classifi- cation, puisqu'il se trouve obligé de l'enfreindre en compre- nant le Z. fiwgh'ora, qui vit sur les champignons, avec les espèces qui se tiennent sur la fiente des blaireaux et des lapins. Les genres Leria et Blephariptera sont des démembre- ments du genre Eelomyza, de Meigen; ils ont les plus grands rapports avec lui, et ils s'en rapprochent surtout par les soies qui garnissent dans toute sa longueur le bord extérieur des ailes, caractère que l'on ne retrouve dans aucun autre dip- tère ; ils ne se distinguent des autres espèces de ce genre que par des différences légères : leur place naturelle est donc à côté de lui, et cependant, dans le système de M, Robineau- Desvoidy, ils doivent en être éloignés ; ils doivent même ap- partenir à une tribu différente, parce qu'ils n'en ont pas les mœurs. M. Robineau-Desvoidy mengage à ne pas confondre XHe- teromyza <7//76'or;?/^, de Meigen, avec son Thelida filiformis. 170 ANNALES Je ne Ty ai rapporté qu'avec un point de doute ; c'est proba- blement une espèce voisine. M. Robineau-Desvoidy me reproche d'avoir supprimé son genre Dyctie, et même d'avoir placé les espèces qui le consti- tuent parmi les Sciomyzes de Meigen et de Fallen. Ayant reconnu l'identité du Dyctia herbanim , Rob.-D. , avec le Sciomyza cinerea, Meig., et présumé celle du Pherbellia vernalis^ Rob.-D., avec le Sciorn. monilis; ayant reconnu que le genre Jriiia, Rob.-D., différait peu des Dyctia et des Pherhellia,'^2\ cru devoir les réunir en un seul, en celui des Sciomyzes, Meig., dont ils faisaient partie, M. Robineau-Desvoidy me blâme d'avoir placé ce genre Sciomyze dans ma tribu des Scatomyzides , dont la manière de vivre est différente. Les rapports d'organisation m'y ont engagé. Il s'est soumis lui-même à cette loi, malgré le sys- tème différent qu'il a adopté, lorsqu'il a réuni dans une même tribu les Scatophages, qui vivent sur les excréments, les Thyréophores, qui habitent les cadavres de quelques mam- mifères, et les Dryopes (Dryomyzes), Fallen, qui vivent sur les champignons pourris , les fruits gâtés et les bouses des vaches. Il me fait un grief d'avoir placé son genre Minettie dans cette même tribu des Scatomyzides. Il dit de ce genre : «Par «les antennes et le chète (c'est-à-dire par ses principaux ca- «ractères différentiels), il serait peut-être impossible de le « distinguer des Suillies ; mais les mœurs exigent absolument «leur séparation.» Par cette insuffisance des caractères orga- niques, je l'ai réuni aux Suillies et aux autres genres de la tribu des Térénides , sous le nom générique de Saprorayze , Meig., qui les comprend tous. M. Robineau-Desvoidy croit que je me suis trompé en avan- çant que le Cordylura spinimana est commun dans les bois humides. Je puis l'assurer que je l'ai pris communément dans DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 171 un bois fort humide, dépendant de mon jardin, à Lestrem. Je ne suis pas également certain que cette espèce soit la même que son Norellia pseiido-narcissi. Après celte longue revue des critiques de M. Robineau- Desvoidy, contre lesquelles je devais me défendre, je con- viendrai avec lui que mon ouvrage présente de grands dé- fauts, les uns résultant du cadre trop étroit qui m'a été donné, les autres, de mon insuffisance. I,es caractères des genres, par exemple, et les descriptions des espèces, sont gé- néralement trop restreints, et ne suffisent pas convenable- ment à la détermination. Ce n'est qu'un abrégé; mais l'ento- mologie française réclamait un traité sur les diptères : je l'entrepris avec dévouement; et, quoique je doive convenir de la faiblesse de cet ouvrage, je crois cependant qu'il n'a pas été sans utilité , en facilitant en France l'étude difficile de cet ordre d'insectes, et j'en ai reçu des assurances qui me sont précieuses. J'apprends avec plaisir que M. Robineau-Desvoidy va nous donner le complément de son ouvrage. Je verrai même avec plaisir qu'il relève les erreurs dans lesquelles j'ai pu tomber, car j'aime trop la vérité pour ne pas applaudir à son triomphe, même aux dépens de mon amour-propre. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLCKJIOUE. 173 IV® TE POUR SERVIR A l'hISTOIRE DES MÉTAMORPHOSES DES Coléoptères. Par M. GOUREAU. (Séance du 20 avril 1842.) L'insecte qui fait Tobjet principal de cette notice est la Pyrochroa coccinea. Ce coléoptère a été étudié par deux entomologistes distingués, qui ont publié dans des recueils scientifiques leurs observations sur la larve , la chrysalide et Tinsecte même. Le premier, M. le professeur Ahrens, a inséré, dans la sixième livraison du tome i*^' de la Revue entomolo- gique de M. Silbermann , une description de la larve , accom- pagnée de bonnes figures représentant cette larve, la chrysa- lide et l'insecte ailé. Ce qu'il dit des mœurs de ce coléoptère, qui se développe sous les écorces de bouleau ou de chêne dans les régions du Nord, me parait très-exact; au moins, je n'ai rien observé qui y soit contraire. Le second, M. Léon Dufour, a communiqué à l'Académie des sciences, dans la séance du 29 juin 1840, un beau mémoire sur le même insecte, avec des planches faisant connaître non - seulement sa structure exté- rieure sous ses^ deux premières formes, mais encore son anatomie dans l'état de larve et d'insecte parfait. Ce savant 174 ANNALES célèbre, qui fait refleurir Técole de Réaumur trop longtemps délaissée, na riea omis de ce qu'il a été à même d'observer dans ses savantes investigations sur les métamorphoses; mais ces changements s'opèrent ordinairement avec une telle promptitude, que l'observateur n'a pas toujours le temps de voir tout ce qui se passe dans ce moment, si curieux à étudier. J'ai eu l'avantage d'assister à la métamorphose d'une larve de Pyrochroa coccinea en chrysalide et à celle de la chrysa- lide en insecte parfait , dans des circonstances très-pénibles pour l'insecte , mais très-favorables à l'observateur, qui m'ont permis de le voir se dépouiller lentement de ses vieilles tu- niques pour revêtir ses enveloppes nouvelles. C'est de l'his- toire de ces métamorphoses que je vais entretenir la Société. La première fois que je trouvai la Pyrochroa coccinea à l'état de larve, de chrysalide et d'insecte parfait, fut le 13 mai 1833, dans les environs de Besançon. Elle était sous l'écorce d'un vieux noyer à demi détachée du tronc. A cette époque de l'année, la larve avait acquis tout son développe- ment, et ne paraissait pas très-agile. La chrysalide, placée dans du tan ou de la vermoulure, se tenait verticalement, la tête en haut, et se mouvait avec beaucoup d'agilité, surtout en avan- çant. Enfin l'insecte parfait, qui n'avait pas encore pris son essor, restait dans une complète immobilité. Les chrysalides sont ordinairement immobiles lorsqu'elles sont emmaillottées comme celles des Coléoptères et des Hymé- noptères , et l'on en voit peu qui changent de place. Cepen- dant celle de la Pyrochroa coccinea peut se transporter d'un lieu à un autre avec rapidité. Elle n'exécute pas ce mouvement avec ses pattes, qui sont emmaillottées, repliées et appliquées contre le corps, mais à l'aide des petites^ épines qui le garnissent. Ces petites épines, distribuées en grand nombre autour des anneaux de l'abdomen, et sur le corselet, sont un peu courbées, et leur pointe est tournée du côté de la DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 175 tête. Lorsque l'insecte imprime à son abdomen un mouvement vermiculaire , les épines trouvant des points d'appui dans le tan qui l'enveloppe , il peut avancer avec une rapidité d'au- tant plus grande que le mouvement vermiculaire est plus vif. Les épines ont encore une fonction qui me paraît beaucoup plus importante pour l'existence de l'insecte ; car sans elles il ne pourrait probablement pas se dégager de son enveloppe de chrysalide, ou s'il y parvenait, il en sortirait estropié et déformé. Aussi la plus grande partie des chrysalides des coléoptères, toutes celles, je crois, qui ne sont pas envelop- pées dans une coque , en sont pourvues plus ou moins abon- damment; ces épines sont, en outre, placées de manière à faci- liter la sortie de l'insecte et à retenir sa vieille dépouille , qui se trouve accrochée à des points fixes, tandis que l'insecte s'élance au dehors. Le 13 avril 1835, je trouvai pour la seconde fois, sous une vieille écorce de chêne , une larve et une chrysalide de la Pyrochroa coccinea, que je plaçai dans une boîte pour les observer à mon aise. Je ne tardai pas à m'apercevoir que la larve se contractait, que sa longueur diminuait, que la peau de l'extrémité postérieure devenait vide et chiffonnée ; il sem- blait que l'insecte s'en retirât insensiblement et sans effort. Bientôt après la peau se fendit sur le dos des premiers an- neaux ; l'ouverture s'agrandit sans mouvement brusque , et la chrysalide se dégagea de son enveloppe. Dans cette opération, qui paraît se faire sans effort , il s'opère cependant un dépla- cement notable de plusieurs parties de l'insecte : les antennes, les élytres, les ailes et les pattes sont entraînées dans les posi- tions où on les voit dans la chrysalide, par les frottements qu'elles éprouvent contre la vieille peau et contre les bords du trou par lequel sort l'animal; ces parties prennent aussi de l'accroissement en devenant plus libres. La métamorphose ci-dessus ne m'a pas laissé voir le dépla- XI. 12 i7G ANNALES cément dont je viens de parler, à cause de la rapidité avec laquelle elle s'est opérée; mais une autre circonstance me Ta fait connaître. Le 3 avril de la même année , j'avais retiré d'une pièce de chêne sèche une larve couchée dans une galerie creusée dans l'aubier, et fermée par de la sciure de bois à ses deux extré- mités. Elle avait vingt millimètres, de long ; sa forme était ronde, plus grosse du côté de la tête qu'à l'extrémité opposée, sa couleur, jaune. Elle était formée de douze anneaux bien séparés; le bord antérieur de la tête, ainsi que les parties de la bouche, étaient bruns, ces dernières extrêmement resserrées; cepen- dant on y distinguait, à la loupe, deux petites antennes, deux mandibules, une lèvre inférieure et quatre petites palpes. Elle était pourvue de neuf stigmates de chaque côté, dont les deux antérieurs plus grands que les autres. A sa forme générale, on reconnaissait qu'elle appartenait à la famille des longicorues. Je la plaçai dans une boîte sur de la sciure de bois. Comme elle était dans un état de contraction et de léthargie , elle passa quelques jours sans me présenter aucune circonstance remarquable; mais le 18 avril elle commença à se raccourcir, â se détacher de sa peau , dont l'extrémité postérieure resta vide et ridée. Elle n'eut pas la force d'achever sa métamor- phose, et périt dans ce travail. Le 20, voyant qu'il ne s'opérait plus de changement, et que la vieille peau était presque tota- lement détachée, et formait comme un sac dans lequel l'insecte était renfermé, je l'enlevai, et je vis les parties de l'insecte telles qu'elles sont placées au moment même de la métamor- phose. Les antennes étaient roulées autour des yeux, sans for- mer cependant une volute régulière; les pattes étaient pliées en paquet chiffonné, et placées sous la poitrine ; les ailes et les élytres, très-courtes, étaient appliquées sur les côtés, entre les pattes antérieures et les intermédiaires. Toutes ces parties pouvaient se développer facilement à l'aide d'une épingle. II DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 177 est naturel de penser, d'après cette disposition, qu'en soiiant de l'ouverture dorsale, la chrysalide éprouve des frottemenis qui étendent les antennes, les ailes et les pattes, et les placent régulièrement, comme on les observe après la métamorphose. La position des antennes que l'on vient d'indiquer semble nous faire connaître la cause de la grosseur de la tète des larves des Longicornes : elle tient à co qu'elles sont placées comme deux paquets chiffonnés sur les côtés , ce qui doit né- cessairement eu augmenter la largeur. La chrysalide ci-dessus ne m'a pas donné son insecte; mais, en l'examinant avec soin, j'ai cru reconnaître qu'il en serait sorti le Clytus arcuatiis. Je reviens maintenant à la chrysalide de la Pyrochroa coccinea. Placée dans une boîte, elle est moins vive que celles qui se trouvent sous les écorces dans leur position naturelle, et ne change pas de place aussi facilement. Elle est garnie d'un plus grand nombre d'épines qu'on n'en voit ordinaire- ment sur celles desa utres chrysalides de coléoptères. Chaque anneau est armé de plusieurs groupes de deux et trois poils roides, recourbés du côté de la tête, qui lui donnent le moyen de se mouvoir en remuant vivement son abdomen. Elle se tient habituellement sur le dos. Sa couleur est blanc jaunâtre, mais au bout de quelques jours les ailes brunissent, puis les pattes, puis les deux derniers anneaux de l'abdomen, enfin le tour des stigmates prend cette dernière couleur. On remarque bientôt que l'extrémité de l'abdomen se retire, et laisse vide une partie de la peau. Ce vide augmente insensiblement, et l'abdomen se raccourcit en grossissant. La peau se fend ensuite sur le corselet, et glisse un peu vers la partie inférieure. L'in- secte, dans ce travail, se tient sur le ventre, remue son abdo- men, étend et agite ses pattes. Ces mouvements contribuent à agrandir l'ouverture et à dégager le corselet. Aussitôt qu'il est libre, on observe les stigmates du thorax, qui souvrcnl el 178 ANNALES se dilatent considérablement; l'insecte se gonfle d'air, ce qui produit une extension extraordinaire et successive des an- neaux de l'abdomen, qui semblent s'ouvrir sur le dos, et laissent voir le vaisseau dorsal. Cette dilatation est suivie d'une contraction, et celle-ci, d'une dilatation nouvelle, dont le jeu alternatif fait descendre la peau vers la région infé- rieure. Lorsqu'elle est arrivée au milieu du corps, la tête se découvre comme le ferait un homme encapuchonné, dont on ouvrirait le capuchon sur les épaules pour le rabattre sur la poitrine. L'insecte, en relevant sa tête, dégage ses antennes de leurs fourreaux, comme on déchausse un bas en le retournant; il dégage les pattes antérieures de la même manière, et s'en sert ensuite pour repousser la peau et faciliter la sortie des autres pattes et des ailes : celles-ci s'allongent par les tiraille- ments qu'elles éprouvent en se dévêtissant, et se placent sur le dos. Lorsqu'elles sont dégagées de leurs fourreaux, elles ont acquis toute leur longueur, ce qui n'a pas lieu, comme on sait, pour les Lépidoptères et les Diptères, dont les ailes sont courtes, gonflées et humides dans la même circonstance. Le travail que je viens de décrire est extrêmement pénible pour l'insecte sorti de sa position naturelle et placé dans une boite : privé des points d'appui que lui donnent les nom- breuses épines qui garnissent son corps , il se débat dans des espèces de convulsions, et ne parvient à se métamorphoser qu'avec la plus grande difficulté. Lorsque les épines sont en- gagées dans les parois de sa loge naturelle, le plus léger effort suffit pour lui faire quitter sa dépouille, et il parait à la lumière dans tout son éclat ; au lieu que dans les boites il avorte le plus souvent, ou bien ne vient au jour qu'estropié et difforme. Presque toutes les chrysalides de coléoptères que j'ai exa- minées m'ont offert des épines, ou des crochets placés à l'ex- trémité .de l'abdomen, ou sur les anneaux du corps , ou sur la DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 179 partie antérieure du corselet , et bien souvent sur toutes ces régions à la fois. Je ne doute pas que leurs fonctions ne soient de faciliter la dernière métamorphose, comme je viens de le dire pour la Pyrochroa coccinea. Les épines ou crochets qui terminent l'abdomen servent à fixer la peau de la chrysa- lide en arrière , afin qu'elle ne soit pas entraînée par la sortie de l'abdomen; celles qui arment le sommet du corselet ont pour but de faciliter le dégagement de la tête et le rabatte- ment du capuchon; enfin, celles de l'abdomen, tout en contri- buant pour leur part à la métamorphose , servent principale- ment à la locomotion. Un fait qui mérite bien d'être remarqué, c'est le changement considérable qui s'opère dans les dimensions de la plupart des insectes au moment oii ils subissent leur métamorphose. Lors- que la larve d'un coléoptère est sur le point de passer à l'état de chrysalide , elle cesse de manger, se retire à l'écart, et se tient en repos pendant quelques jours : alors elle se contracte, sa longueur diminue quelquefois prodigieusement, et sa grosseur augmente; il y en a qui se réduisent au tiers de leur longueur primitive; elles ne sont plus reconnaissables. Il s'opère à l'intérieur des changements non moins surprenants, qui sont signalés par M. Dufour dans les descriptions anato- miques comparées de la Pyrochroa coccinea, et d'autres espèces étudiées par lui sous les deux formes primitives. Un changement analogue, mais beaucoup moins considérable, a lieu chez la chrysalide au moment oii elle devient insecte ailé. Un grand nombre d'hyménoptères porte -aiguillon nous présentent des changements en sens contraire, c'est-à-dire, que le travail qui s'opère dans la larve au moment de sa mé- tamorphose a pour résultat d'allonger la chrysalide, et que celui qui a lieu dans la chrysalide produit un allongement dans l'insecte. Lorsqu'une chrysalide de coléoptère est sur le point de se métamorphoser, certaines de ses parties changent de couleur, 180 ANNALES et deviennent brunes , comme je 1 ai dit pour îa Pyrockroa coccinea; c'est même un signe certain du prochain change- ment qui doit avoir lieu : mais Ton est tout étonné de voir l'insecte, à sa sortie, entièrement blanc; les nuances brunes ont complètement disparu. Je ne connais pas encore Texplica- tion de ce phénomène. Les larves des coléoptères qui vivent à couvert arrivent ra- rement à une heureuse transformation lorsqu'on les transporte dans des boîtes où elles se trouvent en contact avec Tair. Les insectes qui en sortent sont ordinairement estropiés, et sont longtemps à prendre leurs couleurs naturelles; le plus grand nombre ne la prend jamais; ce qui tient, à ce qu'il me semble, à la circonstance de leur naissance. Le contact immédiat de lair dessèche promptement les téguments de leur corps , et les durcit avant que la matière colorante ait eu le temps de s'y infiltrer. Dans leurs positions naturelles, se trouvant dans des loges privées du contact de l'air, ils conservent pendant quelques jours un état de molesse qui permet à la matière co- lorante de se répandre dans leurs téguments. Ce n'est qu'après s'être complètement affermis qu'ils s'occupent à s'ouvrir un passage pour arriver à la lumière. Les deux auteurs qui ont écrit l'histoire de la Pyrochroa coccinea, et que j'ai cités au commencement de ce mémoire, ne parlent pas affirmativement des aliments dont se nourrit la larve. Je n'ai pas eu non plus l'avantage de les reconnaître; je suppose, d'après les divers gîtes qu'elle se choisit, d'après son agilité et sa forme aplatie propre à glisser sous les écorces, et surtout d'après la forme de ses mandibules, qu'elle pour- rait bien ne pas se contenter de bois en décomposition, mais qu'elle dévore les autres insectes qui habitent comme elle sous les écorces à demi détachées des arbres de nos forêts. M. Léon Dufour pense qu'elle vit des détritus du bois. Ces conjectures ont besoin d'être confirmées par l'observation directe pour acquérir le degré de certitude qui leur manque. DE LA SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGIQUE. 181 Je termine ces observations en rapportant l'opinion de cet entomologiste célèbre, sur les fonctions des épines qui gar- nissent la chrysalide de la Mordella fasciala. Elle est consi- gnée dans un beau mémoire qu'il a adressé à l'Académie des sciences le 3 août 1840, dans lequel il fait connaître la larve, la chrysalide, les métamorphoses, etl'anatomie de la larve et de l'insecte ailé. Après avoir signalé les épines et les crochets qui arment l'extrémité de l'abdomen, les segments du ventre et ie sommet du thorax de la chrysalide, il dit qu'elle « s'en sert « comme moyens ambulatoires pour avancer dans ses galeries , «et pour faciliter son changement de peau lorsqu'elle va «passer à l'état d'insecte parfait», ce qui est exactement l'opi- nion que j'ai émise en parlant de la Pfrochroa cocclnea. ,Uai trouvé des larves et des chrysalides de Mordella fas- ciata, dans le mois de mai 1835. Elles élaient couchées dans du bois de chêne en décomposition, réduit presque en terreau, et recouvert par l'écorcc à demi détachée du tronc. Celles que M. Léon Dufour a décrites habitaient le peuplier noir en décom- position, ce qui semble indiquer que la nature du bois leur est indifférente. Les observations que j'ai faites sur cet insecte étant conformes à celles publiées par ce savant, je n'en par- lerai pas ici; je dirai seulement que la larve et la chrysalide paraissent incommodées par le contact de l'air, et que lors- qu'on les retire de leurs galeries, elles se remuent vivement et tournent continuellement sur elles-mêmes comme une bro- che. Je ne pense pas que le dernier segment corné, conique et acuminé, hérissé de pointes et d'aspérités, qui termine la larve, lui serve de râpe et de tarrière pour agrandir sa de- meure ou pour se frayer un passage en arrière, ainsi que le dit INl. Léon Dufour; je crois que cet appareil sert de pied anal à l'insecle pour se pousser en avant dans sa galerie. Cette larve ne paraissant pas organisée pour marcher, il est proba ble qu'elle se nourrit du détritus du bois en décomposition. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 183 ]VOTE SUR LE GENRE CERATITIS DE M. MAC lEAV ORDRE DES DIPTERES. Par le Marquis de BRÈME. (Séance du 4 mai 1842.) Le genre curieux qui fait le sujet de ce mémoire est, je crois, bien peu connu encore des entomologistes, et les faits qui s'y rattachent me semblent dignes de fixer leur attention. En étudiant quelques diptères recueillis récemment en Andalousie par M. Ghiliani , je fus frappé de l'aspect extra- — ordinaire et bizarre d'une petite muscide : je crus y recon- naître de grandes analogies avec les Téphrites ; mais la sin- gularité des appendices dont son front est orné, ainsi que la structure et la coloration particulière de ses ailes, me firent aisément comprendre que ce singulier diptère devait certai- nement appartenir à quelque nouvelle coupe générique. Je ne tardai pas à faire des recherches à ce sujet, et grâce à l'obligeance de M. Guérin, je fus assez heureux pour trouver une Téphrite à peu près semblable dans les nombreuses et in- téressantes collections rapportées de l'Ile de France par feu ¥ 184 ANNALES M. Dcsjardins. M. Giiérin a bien voulu mettre le comble à sa complaisance , en me communiquant quelques notes de ce sa- vant naturaliste. Ces précieux renseignements et ces objets de comparaison m'apprirent que la diptérologie européenne venait de s'enrichir d'un genre nouveau, et que la singulière muscide trouvée en Espagne appartenait au genre Ceratitis de Mac Leay, créé par cet entomologiste sur une espèce très- voisine de celle que je viens de recevoir, et observée jusqu'ici seulement à l'ile de France et aux Açores. C'est dans le Zoological journal, n° xvi, année 1829, que M. Mac Leay fait connaître sa Ceratitis cilriperda, par une lettre adressée à M. Vigors, où l'on retrouve des détails curieux sur les dégâts causés aux oranges par cette petite muscide. Ce mémoire est accompagné d'une figure cxtraordinaire- raent amplifiée et peu exacte de l'insecte mâle. Malheureu- sement M. Mac Leay ne nous donne pas une description bien détaillée de l'espèce , et ne dit rien des caractères qu'il assigne à son nouveau genre. Nous tâcherons donc de suppléer à cette omission, et nous lui empruntons, en attendant, quelques dé- tails sur les dégâts causés par cet insecte. Les observations de l'entomologiste anglais portent sur des individus qu'il s'était procurés à Londres , et qui provenaient de larves importées dans les oranges même que reçoivent les marchands de cette ville. Ce sont surtout les oranges venant de l'île Saint-Michel (Açores) que l'on trouve généralement attaquées par cette larve, et les dégâts dont elle est cause sont immenses. Un individu femelle, d'une espèce de Téplirite qui attaque également les oranges , au dire de M. Cattoire , a été apporté de Maurice à M. IMac Leay, par cet ancien payeur des troupes françaises à l'île de France, ce qui a mis à même M. Mac Leay de se convaincre de l'identité de cette espèce avec celle ob- servée par lui, provenant des oranges de Saint-Michel. De mon côté, j'ai pu constater également les mêmes rapports, en DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 185 comparant les individus de la collection de M. Desjardins, avec la figure donnée par M. Mac Leay. Dans le cinquième volume du Règne animal, page 534, M. Latreille fait la remarque suivante, à propos du genre Téphritis : « Les colons de l'île de France ne peuvent presque ftpas, d'après les observations communiquées par M. Catîoire, «obtenir des citrons sains et en parfaite maturité, à rai- «son de l'extrême mulliplicité d'un diptère du même sous- « genre qui y dépose ses œufs.» Quoique ces renseignements ne soient pas tout à fait d'accord avec ceux que M. Cattoire a fournis à M. Mac Leay, il est à présumer que c'est la même espèce de muscide dont il est question , et qu'elle attaque in- distinctement les citrons et les oranges , ou bien encore que l'observateur de qui l'on a ces vagues renseignements, a con- fondu la nomenclature de ces deux espèces de fruits , comme cela arrive assez souvent dans le pays où ils sont cultivés. D'ailleurs, M. Desjardins nous annonce dans ses notes que les individus des Ceratitis citriperda, qu'il a trouvés à Maurice, furent presque tous recueillis sur les feuilles des orangers. II n'est guère possible non plus d'admettre la remarque suivante, que le même M. Cattoire adresse à M. Mac Leay : « Cet insecte «dépose sa larve dans l'ovaire de la fleur d'oranger, et en dé- « truit le fruit. » Ces détails me semblent inadmissibles et contradictoires avec ceux donnés ci-dessus par M. Latreille ; car onne saurait croire, après l'examen fait d'une orange gâtée de Saint-Michel^ que la mouche mère ait déposé ses œufs sur la fleur plutôt que dans le fruit même, puisque la piqûre produite par sa tarière est toujours visible au centre de la partie la plus mûre du fruit, et qu'elle décèle constamment la présence du ver destructeur. De l'ensemble de ces observations et renseignements divers, il est aisé, je crois, de conclure que l'espèce observée à File de France par Mi>L Cattoire et Desjardin'^ attaque probable- 186 AiNNALES ment les oranges, de préférence aux citrons , ou peut-être lun et l'autre de ces fruits , et qu elle est identiquement la même que celle observée par M. Mac Leay, provenant des oranges de Saint-lNîichel. Il est, en outre, évident que, conformément aux observa-, tions données par INI. Latreille , cette mouche introduit ses œufs dans les fruits au moyen d'une piqûre qu'elle fait avec sa tarière , d'une manière analogue à celle déjà observée à l'égard de beaucoup d'autres diptères. Il est très-aisé de reconnaître l'aspect d'une orange renfer- mant le germe destructeur, à la partie plus ou moins grande de son écorce présentant des indices évidents de corruption, c'est-à-dire par le peu de consistance de son tissu, et par la teinte jaune opaque et olivâtre qui remplace en ces parties l'éclat de la couleur ordinaire. La dimension de l'endroit pré- sentant de telles apparences extérieures, dépend de l'étendue du dégât causé dans l'orange par la larve qui s'y trouve ren- fermée : cet espace peut varier de 2 à 3 centimètres environ, et on observe toujours au centre un petit orifice blanc, qui est la piqûre de la mouche mère , et qui servira aussi probable- ment de sortie à la larve, au moment de sa métamorphose. En ouvrant un fruit tel que nous venons de le décrire, on trouve toute la partie qui environne la larve dans wa état complet de putréfaction. Le jus a tout à fait disparu, et les fibres sont dé- composées et couvertes d'une moisissure d'un blanc bleuâtre. Quant au reste du fruit, il est généralement desséché, quoique sain. L'examen attentif de l'espèce retrouvée en Andalousie m'a prouvé qu'elle est tout à fait distincte de celle dont il a été question jusqu'ici, opinion que j'ai eu le plaisir de voir con- firmée par notre savant diptérologiste M. Macquart, auquel j'ai communiqué le joli insecte qui nous occupe, ainsi que l'es- pèce de rUc de France. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLE. 187 Je propose dénommer Hispanlca cette nomelle CeraU/is, dont je présente ici la description détaillée, et la figure des deux sexes , considérablement grossie. Cette muscide a été retrouvée aux environs de Malaga, localité qui abonde en orangers, comme presque tout le littoral de la Méditerranée : je puis donc supposer, par analogie, qu'elle doit y vivre sur les mêmes fruifs; malheureusement nous n'avons pu nous procu- rer encore des détails positifs à ce sujet; M. Ghiliani sera peut- être à même de nous en fournir à son retour d'Espagne. Je conçois également la probabilité de retrouver cette espèce, ou quelques-unes congénères, dans le midi de la France, dans la Provence, l'Italie, la Sicile, la Sardaigne, et à Malte, et je m'empresserai de publier plus tard l'ensemble des observa- tions que j'aurai pu réunir sur ces localités , pour compléter l'histoire de cet insecte, destructeur d'un fruit si précieux. D'après ces observations , il sera peut-être aisé d'aviser au moyen le plus efficace de mettre un produit aussi important à l'abri des dégâts auxquels il est sujet. M. Wiedman (Jnalecta entomologica,^. 66) donne, sous le nom de Tephrilis capitata, la description d'une mouche fort singulière, du musée royal de Copenhague, qui nous semble être identiquement notre muscide de l'Ile de France , quoiqu'il y soit dit qu'elle a été prise par Daldorf dans l'océan Indien. C'est sur cette même espèce, signalée par Wiedman, que M. Macquart a créé son genre Fetalophora ( Suite à Buf/bn,D'nptères, vol. ii, p. 464). Nous croyons devoir adop- ter le nom générique proposé par Mac Leay(l), qui a la priorité sur celui de M. Macquart, et, pour la même raison, nous con- servons à l'espèce de Maurice le nom spécifique de M. Wied- (1) Le nom de Ceratiies, donné par M. Servilleà un genre nou- veau de la famille des Longicornes, devra également être changé, comme postérieur au mémoire de M. Mac Leay. 188 ANNALES man , quoique celui donné par Fauteur anglais nous paraisse plus significatif. CERATITIS. Mac Leay. Petalophora. Macqiiart. TepJiritis. Wiedman. Les caractères de cette coupe générique sont, à peu d'ex- ceptions près , ceux assignés par les auteurs au genre Te- phritis. Face plane et nue. Front assez large, muni de chaque côté d'une saillie longitudinale , formant un léger tubercule an- térieurement, sur lequel est insérée une soie terminée par une lamelle rhomboïdale très-mince. Écusson renflé, arrondi, et relevé postérieurement en forme de bosse. Antennes inclinées à troisième article oblong et comprimé : style légèrement pubescent à la base , le mâle. — Oviducte saillant et tronqué, la femelle. Ceratitis HisPANiCA de Brème. PI. vu, n° I , fig. 1 , 2, 4 et 5. Tête blanche, trombe et antennes ocracées; palpes blan- châtres. Front d'un blanc rougeâtre, présentant de chaque côté nne élévation ou tubercule couleur d'ocre, légèrement allongé, et un peu dilaté antérieurement, en forme de mamelon, sur le- quel est insérée une soie blanche très-fine, et moins longue que le style. Chacune de ces soies se termine par une petite la- melle rhomboïdale, noire, très-mince.- Yeux bruns. Thorax déprimé, un peu pubescent, surtout en dessous, entièrement blanchâtre : sur le dos, plusieurs bandes noires, luisantes, interrompues, forment divers compartiments symétriques. Flancs blancs, écusson noir, luisant, et bordé an- térieurement d'une ligne jaunâtre : abdomen très-large , à bandes alternatives de jaune foncé et de gris; région de l'anus d'un brun foncé. Ailes larges, hyalines, pointillées et striées de DE LA SOCIEIE ElNTOMOLOGIQUE. 189 brun à la base : celle-ci offrant une légfère tache couleur cVocre. Au milieu de Taile, une bande assez large, transversale, jaunâ- tre, atteignant à peine le bord inférieur, où elle se termine par deux autres taches, confluentes, plus petites et foncées. Près du bord extérieur, une autre bande jaune, parsemée de petils points noirs longe la nervure marginale jusqu'à rextrémilc de l'aile, où elle rencontre une toute petite tache brune et ronde. Enfin, une tache brunâtre et ovale suit la direction transversale de la nervure qui s'étend entre les nervures sous- aiarginales et interno-médiaires. Balancier et pattes couleur d'ocre. — La femelle est tout à fait semblable au mâle, mais elle est privée des deux soies patellifères, et son front ne pré- sente pas de trace de tubercule. Observations. — Les lamelles qui terminent les soies dont nous venons de parler, m'ont semblé ( examinées au micros- cope) composées de deux membranes Irès-minces superposées et ridées, ce qui me ferait croire que dans l'insecte vivant cette lamelle doit être gonflée et arrondie; les soies paraissent s'articuler à l'endroit de leur insertion sur le front, à la ma- nière des antennes : l'insecte a probablement la faculté de les mouvoir. La Ceralitis hispanica diffère essentiellement de la ci- triperda de l'ile de France, par ses soies qui sont plus courtes que celles de l'espèce exotique , et insérées beaucoup plus bas au bord des yeux, comme on peut le voir dans le dessin que je donne de la tête grossie du C. citriperda ( pi. vu , n° 1 , fig. 3); en outre, les lamelles de celle-ci sont blanchâtres, tandis qu'elles sont d'un noir foncé et luisant dans l'espèce trouvée en Andalousie. Sa larve doit avoir les plus grands rap- ports avec celles de plusieurs Téphrites qui vivent d'une ma- nière analogue à la muscide que nous venons de décrire, mais je ne sais rien de précis à cet égard. 190 ANNALES Explication des figures de la planche VII, û° 1 , 1. Ceratitis hispanica mâle de Brème. 2. id. id. femelle. 3. Tête du Ceratitis citriperda mâle de Mac Leay. 4. Antenne du Ceratitis hispanica. 5. Lamelle rhomboidale du Ceratitis hispanica. DE L4 SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 191 MI!§TOIRE DES MÉTAMORPHOSES DU TRIPLAX NIGRIPENNIS ; Par M. Léon DUFOUR. (Séance du 4 mai 1842.) Le Réaumur suédois, de Géer, donna, le premier, dans ses célèbres mémoires, une description exacte de ce petit coléop- tère, accompagnée de figures qui laissent peu à désirer. Il l'appela Anthribiis riiber, mais il ne dit rien, ni sur son habi- tat, ni sur son genre de vie. Avant lui, Linné l'avait signalé sous le nom de Silpha russica. Ce même insecte fut , plus tard, placé parmi les Erotylus , les Ips, les Tritoma, enfin, PaykuU et Fabricius lui assignèrent un rang définitif dans le genre Triplax, adopté généralement aujourd'hui. Quoique cet insecte soit assez commun dans les diverses contrées de l'Europe, personne jusqu'ici n'a parlé de ses mé- tamorphoses , et je m'estime heureux de pouvoir combler cette lacune de la science. A la mi-août 1841, je rencontrai dans un jardin, sur les troncs de quelques pommiers languissanls, des bolets sessiles, se rapportant au BoleiushispidusAtVtvX(vdiXài. Je m'empressai XI. 13 102 ANNALES d'en explorer r intérieur, et je n'y trouvai que des larves assez nombreuses d'une même espèce. Je reconnus qu'elles appartenaient à un coléoptère , mais elles différaient de toutes celles que j'avais étudiées jusqu'alors. Ces larves me parais- sant pour la plupart adultes, je fis les recherches les plus scrupuleuses pour découvrir leurs nymphes , mais ce fut en vain. Plusieurs de ces bolets, criblés de galeries pleines de dé- tritus, avaient été abandonnés par les larves, et je présumai, ainsi que je l'avais bien des fois observé pour d'autres larves fongivores, qu'elles devaient s'enfoncer dans la terre pour cette transformation. J'emportai donc soigneusement dans mon laboratoire un certain nombre de ces bolets peuplés de larves. Je les plaçai dans un grand bocal de verre , dont le fond était garni d'un mélange de terreau et de sciure de bois. Dans les premiers jours de septembre , je constatai dans le terreau plusieurs nymphes en bon état, et, deux semaines après, je vis éclore, à ma grande satisfaction, une multitude de Triplax nigripennis. Voici les résultats de l'étude des trois formes de cet in- secte : Larva hexapoda, cephala, antennata , oblonga, villo- sala, pallide nifa; capite rotundato siibcorneo; corporis segmentis fascia dorsali transversa obscura siiblente as- perula, ultimo emarginato angulis antrorsum uncinatis. Hab. in Boleto liispido Bull. Long. 4 lin. Larve formée de onze segments , la tète non comprise. Neuf paires latérales de stigmates placées sur la membrane inter- segmentaire , savoir : huit abdominales et une thoracique ; celle-ci entre le premier et le second segment. Tête bien cir- conscrite, c'est-à-dire à contour libre, avec quelques poils rares, et dans son milieu un espace rond plus foncé, entouré d'une dépression. De chaque côté, à l'endroit correspondant aux yeux, quatre ou cinq petits points noirâtres, saillants, qui DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE 193 ne sont pas des organes de la vue. Antennes fort petftes, la- térales, conico-subulées, insérées un peu en arrière de l'arti- culation des mandibules, de trois articles, dont le dernier très- fin. Labre demi-circulaire. Mandibules cornées, robustes, bifides à leur pointe, et munies en arrière d'un angle denti- forme. Mâchoires oblongues pressées contre la lèvre, à extré- mité obtuse. Palpe maxillaire latéral, externe, de trois arti- cles. Lèvre bifide à lanières aiguës. Palpes labiaux invi- sibles. Premier segment du corps plus large que les suivants, à bord antérieur arrondi , les autres à peu près égaux entre eux, transversalement oblongs, poilus sur les côtés. Région dorsale de ces segments avec une bande transversale plus foncée, interrompue à la ligne médiane par un iiv-.:* '^ . . -^ ces banaoo, <.... acs asperiies d autant plus prononcées, qu'elles sont plus postérieures. Le dernier segment échancrê et terminé, de chaque côté, par un petit crochet corné, courbé d'arrière en avant. Ce segment a des aspérités spinu- leuses et pilifères. Anus saillant , conoïde , comme dans les larves des Elater, des Mordella, etc. Pattes courtes, débordant à peine le corps, terminées par un crochet simple assez fort : malgré leur brièveté, la larve a une marche assez agile. ^Ymv^kmida, obvoliita, obionga, postice attemiata, albida, oculis solis fiiscis, parce villosa, segmentis abdo- minalibiis utrinqiie triangiilaribus , ultimo in spinas diias graciles subrectas diuiso. Hab. in terra. Long. 2 1/2 lin. On sait que les larves de plusieurs coléoptères non- seule- ment s'enfoncent dans la terre pour subir leur transformation en nymphe, mais que plusieurs d'entre elles s'enferment dan^ des espèces de coques. Celle du Triplax est tout à fait à nu el libre au milieu du terreau. Au moment de Tcclosion de l'in- 191 ANNALES secte parfait , la peau de la nymphe s^ouvre par la région dor- sale du thorax, et demeure une dépouille informe. Dans les premiers jours de sa naissance , le Triplax est d'un marron vif uniforme. Après une semaine environ, les élytres deviennent noires , et passent enfin au noir bleuâtre. Triplax nigripennis. Fabr., Syst. El. 11 , p. 581. Silpha riMsica. Lin. Anthribus niber. De G. , Mém. Tom. v, p. 283. PI. viii , fig. lî-15. Erotylus mssiciis. Oliv., Encycl., Tom. vi, p. 438. Ips nigripennis. Panz. Faun. Fasc. 60, tab. 7. Trltoma nigripenne. Latr., Gen. cr. et ins. Tom. m, p. 70. Rufo rubra nitida,glabra;elxtris nigro-cœruleis obiter ■ ------ ^''nr.tatis;antenms,oculis, scutello ^metathorace- que subtus, nigris, Hab. in Boletis parasiticis. Long. 2 1/2 lin. Ce signalement distingue cette espèce du T. œnea, qui a Técusson, une partie des antennes et le meta thorax rougeâ- tres, et du T. rufipes, dont le corps est noir, avec les anten- nes, les pattes et l'écusson rougeâtres. Dans le bocal où j'ai élevé le Triplax nigripennis , je me suis assuré qu'il fait sa nourriture du champignon, comme dans son état de larve. Cet insecte recherche l'ombre. Il n'est pas rare de trouver, soit sous le chapeau du bolet, soit sous d'autres abris, des troupeaux de quinze à vingt individus con- tigus et comme entassés ; mais, au moindre rayon du soleil, ils se désunissent, courent en s'agitant, et s'envolent avec pres- tesse pour regagner l'ombre. Cette habitude de se dérober à l'éclat de la lumière vient à l'appui de l'observation déjà faite par Latreille dans son Histoire nat. des crust. et des ins. , que cet insecte vole le soir et se rencontre parfois sous les écorces. Les sexes de ûotre Triplax n'offrent extérieurement aucune DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOOIQUE. 195 différence appréciable, tandis que dans le T. mfîpes les palpes maxillaires du mâle sont infiniment plus développées que celles de la femelle, et allongées, caractère remarquable qui u'avàit point encore été observé. Lorsqu'on manie le Triplaxiiigripeiinis, et surtout lorsqu'on le pique, il exhale une odeur de pomme de terre crue, que j'avais déjà signalée dans les Coccinelles (1), et qui se retrouve dans les Endomyques, et même dans quelques Galéruques. Ce trait, en apparence insignifiant , n'est pas sans valeur à mes yeux : il justifie de la place assignée au Triplax par Latreille, dans son admirable Gênera. La famille des Erotylènes , qui le renferme, termine la section des coléoptères tétramères, et le Triplax, colloque précisément à la fin de cette famille, se trouve ainsi contigu, dans la série générique, aux /^^--- " - qui commpnt^ont i« oti^tiou ues coléoptères trimères. Qu'il me soit permis, à cette occasion, d'émettre une réflexion qui a quelque portée. i * - Si l'on voulait donner aux considérations prises des habi- tudes, et du genre de vie des insectes une valeur de classifi- cation qu'elles sont loin de mériter, il faudrait, violant tous les principes fondés sur l'étude si philosophique de la struc- ture de la bouche et des tarses , comprendre dans un même groupe les Dacne, les Cis , les Tetratoma, les Diaperis, les Triplax, et autres coléoptères fongivores; il faudrait consti- tuer ainsi une famille des plus hétérogènes avec des penta- mères, des hétéromères, des tétramères et des trimères, enfin bouleverser la méthode naturelle si heureusem^ent établie par Latreille , et retomber dans le chaos. C'est pourtant un sem- blable pêle-mêle qu'a consommé M. Stephens dans son précieux catalogue systématique des insectes de l'Angleterre. Sa famille (1) Recherches anatomiques sur les coléopt. {Jiinalcs des sciences naturelles , t. )v, p. 120 (1825). 196 ANNALES des Engidœ , où se trouve égaré le Triplax, est ime compo- sition indigeste de vingt-cinq genres enlevés arbitrairement à dix familles différentes. Explication des figures ^ toutes fort grossies. PI. VII, n®ii. 1. Larve du Triplax nigripennis, avec la mesure de sa lon- gueur naturelle. 2. Antenne isolée. 3. Mandibule isolée. 4. Lèvre , mâchoires et palpes maxillaires. 5. Extrémité postérieure de l'abdomen , détachée, et vue de rfl ' ^ **'^'' *"" évidence les crochets et les aspérités pi- 6. Nymphe vue par sa face inférieure, avec la mesure de sa longueur naturelle. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOOIQUE. 197 DEISCRlPTIO^f DE DEUX LÉPIDOPTÈRES NOUVEAUX RECUEILLIS EN BARBARIE PAR LE CAPITAINE CHARLON, Décrits et publiés par M. Hugues DONZEL. (Séance du 4 mai t842.) Anthocharis Charlonia cf. PI. VIII, fig, 1. Largeur 36 millim. Alis concoloribus siilphureis ; anticis , apice punctoque discoidali nigris; posticis, subtils griseo-nebulosis, macu- Us flavidis ; capite thotaceqiie nigris ; antennis abdomi^ neque flavidis. Hab, prope Emsilah {Barbarie). Cette charmante petite Anthocharis est fort curieuse , en ce sens qu elle est en jaune ce que ses congénères A. belia, et autres de la même série , sont en blanc. Toutes les ailes sont d'un jaune-soufre. Les supérieures ont ran}',le apical et un point discoïdal noirs. Ce dernier est fait en forme de rein; il est surmonté d'un petit trait, noir aussi , qui touche la côte. Le noir dont est chargé l'angle apical forme 198 ANNALES- une sorte de triangle; il est coupé transversalement par une bande maculaire d'une jaune pâle, peu marquée. Ces mêmes ailes offrent en dessous les mêmes caractères, si ce n'est cjne le noir de l'angle apical est très-pâle et sablé de jaune, et que la côte , à l'extrémité , est marquée de quatre petits points lilancs. Les ailes inférieures, en dessous , sont d'un jaune pâle, semé d'atomes grisâtres; vers le milieu , le bord antérieur est mar- qué d'une tache étroite , un peu arquée , jaunâtre ; viennent «nsuite deux petits points de la même teinte. Au milieu, on voit un petit point rond; puis plus bas, dans la direction de l'angle anal, une paire de petites taches rondes, confluentes, également jaunâtres. Les antennes , les palpes , la poitrine , les pattes et l'abdo- men, en dessous, sont jaunes. La tête, le corselet et l'abdo- men, en dessus, sont noirs. Il serait intéressant de savoir si la femelle est de la même couleur. Comme elle est arrivée en compagnie des A. belia, belemia et glauca , il est à présumer qu'elle vole à la même époque que ces espèces , c'est-à-dire en février et mars. Prise du côté d'Emsilah, en Barbarie, par M. le capitaine Charlon, à qui elle a été dédiée. — De la collection de M. Dardoin. Bombyx Philopalus. PI. viii , fig. 2. Larg. : 55 millim. Ails reuersîs; anticis griseo-fuscecentibiis , costa nervis- fjiie albidis; posticls albicantibiis ; antennis late pectl- natis rufescentibus; tliorace pilosissîmo , griseo-fusce- cente; abdomine albido rufescente. Hab. : Prope Constantinam , Barbaria. Il a à peu près le port et la taille du Bombyx Diuncli ; ses DE LA SOGIKTK ENTOMOLCXilOOE. 199 ailes supérieures sont d'un brun grisâtre, pâle; elles ont, près de l'extrémité, une bande blanchâtre, peu sensible, parallèle au bord terminal, qui part de la côte, et vient se perdre dans le milieu de l'aile, au bord interne. La côte, qui est fort large, et toutes les nervures,, qui sont sensiblement dilatées, sont d'un blanc pâle un peu roussâtre; une sorte de tache orbiculaire de la même teinte touche la côte et clôt la cellule discoïdale. Les ailes inférieures sont d'un blanc roussâtre, pâle, avec un limbe terminal enfumé ; sur ce limbe , les nervures sont très-dilatées, et conséquemment très-apparentes. Le bord in- terne est chargé de poils d'un brun roussâtre, pâle; toute la frange est d'un blanc roussâtre; tout le dessous est semblable au dessus, si ce n'est qu'il est plus pâle. La tête est d'un blanc roussâtre ; les antennes sont rousses et fortement pec- tinées; le corselet est brunâtre et très-velu; l'abdomen est d'un blanc roussâtre. Cette espèce remarquable, qui ne se rapproche d'aucune de celles d'Europe, a été' prise aux environs de Constantine, par M. le capitaine Charlon , je ne sais à quelle époque. Je l'ai dédiée à un excellent ami du pauvre capitaine, à M. Philopal, de Marseille, qui prend un vif intérêt à tout ce qui concerne l'entomologie, mais qui ne s'en occupe que pour son ami, M. Dardoin. — De la collection de ce dernier. xî. U ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOOIOUE. 201 BE§€iaiï»Tï©]X d'lwe nouvelle espèce de lépidoptères; Par M. DARDOIN. (Séance du 4 mai 1842.) Niimeria agarltharia. PI. VIII, fig. 3 et 4. Jlis anticis cinerascenli-obscuris , fascia média Jusca uirinque sinuata medio puncto nigro signala ; alis posticis dilutio- ribus apice cinereis. Elle est un peu plus grande que la N. capreolaria; ses ailes supérieures sont d'une teinte grisâtre un peu bistrée, par- semées de quelques atomes plus obscurs , traversées dans leur milieu par une large bande plus obscure, un peu trapézoïdale, sinuée des deux côtés, et légèrement lisérée de blanchâtre, ce qui la détache de la couleur générale. L'extrémité de ses mêmes ailes a, ainsi que la frange, un reflet d'un gris foncé. Les ailes inférieures sont d'un gris blanchâtre avec l'extré- mité d'un cendré obscur; la frange estj luisante et un peu plus pâle. 202 ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. , Le corselet participe de la couleur des premières ailes , et rabdomen est de la même teinte que les secondes. Le dessous des quatre ailes est blanchâtre avec un petit point central noir, précédé, sur les ailes antérieures, d'une raie semi-noirâtre. La femelle, que je crois mal développée, est plus petite que le mâle, et doit voler très-peu. Elle offre la même teinte , mais la bande médiane de ses premières ailes est peu distincte. J'ai élevé cette espèce sur un Ulex, dont le nom botanique m'est encore inconnu, mais que je suppose être le provin- cîalis. TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS CETTE LIVRAISON. Description d'une espèce nouvelle dePrionien du genre Derobrachus {D.Levoiturien); par M. L. BUQUET 203 Notice sur divers Faits qui confii-ment la propriété venimeuse du La- trodectus malinignatus , par'M. GRAELLS; traduite en français par M. L. Fairmaire 205 Description d'une nouvelle espèce du genre Dasytes {£). ciliatus ) , par M. GRAELLS; traduite en français par M. L. Faibuaibe. 221 Notes sur quelques coléoptères nouveaux {Langelandia anophthal- ma, etc.), par M. AUBE 225 Note sur les variétés des Callimorpha dominula et donna; par M. A. COSTA 239 "^oi&suTVEnnoinos illunaria; par M. GUENÉE 243 Notice sur les Anlhicus recueillis aux environs de Perpignan, et description de quelques espèces nouvelles; par M. le Marquis DE LA FËRTÉ-SÉNECTÈRE 247 Nouvelle espèce de crustacés du genre Branchipus [B. torvicornis) ; par M. WAGA 261 Description d'un insecte aptère qui se trouve en quantité aux envi- rons de Varsovie {Achorutes bielanensis); par M. WAGA. 264 Description d'un insecte coléoplère indigène de la Chine, trouvé dans le thé du commerce ( AnisopUa thelcola ) ; par M. '.WAGA. 273 Diraphia novum insectorum genus Liyice proxiinum ( sp. nov. D. limbata) ; par M. WAGA 275 Adapsilia, genre de diptères appartenant à la sous-tribu Dolicho- cêres de Macquart, voisin de Sepedon et[Tetanocera (espèce type, A. coarctata); par M. WAGA 279 BctLETiN ENTOMOLOCiQDE, 3^ trimcstre de 1842; par le Secrétaire de la Société xxxi •> *»~» i Livre nouveau d'Entomologie. ESSAI MONOGRAPHIQUE ET ICONOGRAPHIQUE DE LA TRIBU DES COSSYPHIDES ( famille des Coléoptères hétéromères ) ; par M. le Marquis de Brêue. En vente , la première partie, 1 beau vol. in-8°, avec sept planches coloriées avec le plus grand soin; prix, 12 fr. Sous presse , la seconde et dernière partie, 1 vol. in-8° avec cinq pi. coloriées (paraîtra dans le courant de février I8î3) ; prix , 12 fr. Chez LACHÈZE, Libraire-Éditeur, rue des Mathurins-S.- Jacques, 24. PAJLZS. — )HPEIUER1£ ET FOPfDESIE DE JLIGSTODX , RUJE M0If5I£UJ&-I,E-PJLI>'CE, 29 biS, AUG 22 19!7 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIE DE FRANCE. Nalura maxime miranda in minimit. TOME ONZIÈME. iSé^, — Troisiètne tritÊtestre» (il PARAIT QUATRE CAHIERS PAR AN.) PARIS. CH. PITOIS, ÉDITEUR, RUE DE l'oDÉON, 35. M DCCC XLII. i ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 203 DESCRlPTIOUr d'une espèce nouvelle de Prionien du genre Derobrachus (Dejean, Ser ville ); Par M. Lucien BUQUET. (Séance du 4 mai 1842.) Derobrachus Levoiturieri , Buq. (PI. ix, fig. 1.) Brunneus ; thorace trldentato; elytrîs eiongatis ,ferrU' gineis , marginutis ; pedibus spinosis. Long. corp. femin«, 77 millim. Lat. 27 millim. Habitat: in Colombia (Mus* nost. } Communie, dom. Levoiturieri Cet insecte est beaucoup plus grand que le D. brevicollis décrit par notre collègue, M. Audinet Serville, dans le t. i^'", p. 155 de nos Annales; il est d'un brun marron, un peu plus clair sur les élytres seulement. La tête, assez petite, est gra- nulée; lés mandibules, fortes et peu avancées, sont dentées in- térieurement ; et sur le côté interne, près de leur courbure, on voit une autre petite dent faiblement marquée ; les yeux sont grands et très-saillants. XI. 15 204 ANNALES Le corselet, du double plus large que long, un peu échan cré antérieurement, a, sur chaque bord latéral, trois fortes épines, longues et très-aiguës; il est couvert, particulière- ment sur les côtés, de rugosités assez profondes, et l'on voit, en outre, en dessus, deux élévations arrondies, assez grandes, placées transversalement , et peu éloignées l'une de l'autre. Quelques poils fauves et courts, qui s'échappent de dessous le corselet, atteignent l'écusson à sa base. Celui-ci est grand, cordiforme, plus large que long, et lisse. Les élytres, plus larges que le corselet, pris dans sa plus grande dilatation, sont allongées , convexes, rebordées, presque lisses, arron- dies à l'extrémité, et munies d'une petite épine à l'angle su- turai seulement; les angles huméraux sont arrondis; et l'on voit un peu au-dessous de ceux-ci des rugosités profondes qui n'occupent qu'un assez petit espace. On remarque, de plus, sur chacune d'elles, deux lignes longitudinales peu éle- vées, mais distinctes, qui n'atteignent ni la base, ni l'extré- mité ; enfin , on voit çà et là quelques petites rides sinueuses faiblement indiquées. Les pattes sont allongées, assez grêles, et toutes les jambes sont épineuses au bord interne. Le corselet, en dessous, et la poitrine sont couverts d'un duvet fauve, court et soyeux; l'abdomen est d'un brun rougeàtre et luisant; le dernier seg- ment dépasse les élytres de toute sa longueur. Je dois le dessin de cet insecte intéressant au pinceau de madame Fanny de Longuemare , à qui la science est déjà re- devable de travaux remarquables, tant par la chaleur du coloris que par l'exactitude scrupuleuse avec laquelle cette dame a traité les différents sujets qui lui ont été confiés. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 205 SUR DIVERS FAITS OUI COlNFIRMENT LA PROPRIÉTÉ VENIMEUSE DU Latrodectus malmignalus Walkenaër; Par M. le docteur GRAELLS (1); Traduite en français par M. Léon FAIRMAIRE. (Séances des 4 mai et 1®'' juin 1842.) Quand , le 6 mai 1834, je pris la liberté de communiquer à la Société entomologique les détails de quelques accidents causés en Catal0j<5ne par \q Latrodecliis malmignatus,ie crus qu'on connaissait déjà bien les effets que produit le venin de cette araignée sur Thomme; et, pour cette raison, je fus forcé de me borner à montrer que ces accidents se sont fait sentir sur certains points de la province que j'habitais alors. Plus tard, je vis, par la lecture de quelques ouvrages modernes, entre autres, le Traité des Jptères , par le baron Walke- naër, dans les suites à Buffon , et aussi par les notices que (1) Le titre en espagnol est le suivant : Noticia de varias hechos que confinnan la propiedad ponzonosa de! Latrodectus malnii- gnatus W alhenaer , por el doclor don Mariaiw de la Paz Graëlls , professer de zoologia en el real Museo de ciencias naturales de Madrid , miembro de varias corporaciones cienti- ficas. 200 ANNALES m'ont données différents entomologistes d'un savoir éminent, que, sans données bien positives sur ce sujet, il n'était pas suf- fisamment démontré que les accidents observés en différentes occasions, et en différents pays, fussent réellement produite par l'araignée en question. La circonstance de vivre une partie de l'année , et d'avoir beaucoup de relations dans une province dans laquelle, de- puis quelque temps, on observe, par malheur, que cet être suspect abonde , m'a mis en main des faits certains ; et comme déjà la Société entomologic{ue a pris en considération mes no- tices de l'année 1834, en les publiant dans ses Jnnales(\),ie crois de mon devoir de lui communiquer maintenant les résul- tats de mes investigations sur celte matière : que si ses obser- vations sont en partie du ressort de la médecine, je ne vois cependant pas d'inconvénients à les faire connaître à mes sa- vants collègues, parmi lesquels plusieurs , comme moi, parta- gent leurs moments entre l'étude des deux sciences. De toutes manières , si mon mémoire paraissait à la Société étranger à ses occupations, je la laisse libre d'en faire ce qui lui plaira,^ en lui rappelant seulement que mon but en lui com- muniquant ce travail a été uniquement de compléter l'histoire d'un animal intéressant sous un certain point de vue , qui est compris dans le ressort de l'institution de notre association. Avant l'année 1830, on ne connaissait dans la campagne de Tarragone (petit département de la Catalogne), aucune araignée dont la piqûre fût suivie d'accidents graves et alar- mants. Les hommes les plus âgés de différents endroits du canton, consultés sur cette particularité, s'accordèrent à dire que jamais ils n'avaient connu, ni entendu parler à leurs {\) Annales de la Société entomologique de France, t. m, Bul- letin , p. XXVI. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 207 pères des accidents déterminés par les araignées, qui se sont montrées dans les années 1830, 1833 et 1841. Cependant, ce n'en est pas moins une chose étrange, et pour moi incroyable, que le Latrodectiis en question n'ait jamais existé dans ce pays, et qu'on doive le considérer dans ces années comme envoyé du ciel, ainsi que les plaies d'Egypte. Il est bien connu que les circonstances atmosphériques ne sont pas toujours favorables pour le développement de certains êtres, et c'est pour cette raison que nous voyons manquer plus ou moins pendant certaines années des insectes qui sont dans d'autres années très-abondants , et deviennent de véritables fléaux, comme, par exemple, la sauterelle. Mais comment com- prendre que les conditions nécessaires à la propagation du Latrodectas (\\x\ nous occupe ne se soient pas reproduites de- puis un temps immémorial, motif par lequel on ne conservait aucune connaissance de son existence dans la campagne de Tarragone ? J'ai observé que l'apparition de cette araignée coïncide communément avec celle de la sauterelle; et j'ai reconnu que ces orthoptères se multiplient prodigieusement dans les années oii à un hiver doux et un peu pluvieux succède un printemps tempéré et sec. Ces circonstances réunies sont aussi favorables au Lalrodectus , surtout si elles continuent quelques années de suite ; et je ne crois pas, puisqu'elles se sont reproduites trois fois en une décade , qu'elles aient manqué dans un siè- cle, de telle sorte que l'existence d'un ennemi si dangereux sortit ainsi de la mémoire des hommes du pays. Du reste , je puis assurer que le Lalrodectus malmigna- tus est ujne araignée que depuis plusieurs années je connais et vois constamment plus ou moins abondamment tous les étés, avec d'autres espèces du même genre dans les environs de Barcelone, principalement dans les terrains arides et sa- blonneux qui se trouvent entre la montagne de Monbuy et 203 ANNALES Castell-de-Fels. Heureusement, ces lieux sont presque aban^ donnés à cause de leur stérilité; et c'est sans doute la cause de ce qu'on n'a pas observé là, comme dans la campa g^ne de Tarragone, des cas d'individus piqués par ces araignées. Avant d'entrer dans la relation des faits qui prouvent la propriété venimeuse du Latrodectiis malmignatus , je de- mande, quoique cela ne serve que de confirmation, à rap- peler les particularités que j'ai remarquées dans ses habi- tudes. Les mois de l'été sont principalement ceux pendant lesquels l'araignée dont nous parlons se rencontre le plus abondam- ment : il n'est pas si facile de l'avoir en abondance dans les autres mois ; car, à mesure que la température de l'été baisse, à l'automne, elle va en disparaissant, de manière que, pen- dant l'hiver, il est impossible d'en trouver une seule à la sur- face de la terre, ce qui ferait croire qu'elle passe tout ce temps de l'année dans des retraites souterraines, à la pro- fondeur de quelques pouces, et en partie garantie du froid par la tapisserie dont elle garnit ses quartiers d'hiver. Au commencement du printemps, j'ai vu constamment ces araignées aux aguets dans leurs toiles, qui s'étendent ordi- nairement à peu de hauteur du sol, et en général sur les ornières que les voitures tracent dans les champs, ou dans les trous faits par les pieds des chevaux , ou bien dans d'autres endroits analogues; car c'est son habitude de placer avec soin ses pièges, sans doute pour empêcher la fuite de sa vic- time, dans le cas oii elle tomberait à terre avant d'avoir reçu le coup mortel. Le Latrodectus place les fils de ce filet au pied des végé- taux voisins, à peu de hauteur; la forme qu'il lui donne n'est pas régulière, et ne mérite pas le nom de véritable toile; car il consiste en plusieurs fils dirigés de diverses manières, et destinés à envelopper les imprudents qui se heurtent con- DE LA SOCIETE ElNTOMOLOGKJUE. 209 tre eux, et à soutenir une loge plus ou moins centrale, qui est son véritable nid aérien, ou, si Ton veut, son habitation d'été. Cependant, en examinant avec attention cette rési- dence aranicole, on remarque certaine adresse dans sa dispo- sition ; et quoiqu'il y ait bien moins d'art que dans la con- struction des demeures de beaucoup d'araignées, néanmoins la loge n'est pas mal faite intérieurement : elle est ordinaire- ment de la grandeur d'une coque de noix, garnie en dehors des différentes dépouilles d'insectes dévorés par le Latro- decUis; et sa présence est dissimulée par quelques feuilles sèches de végétaux voisins, de sorte qu'à la première vue on pourrait croire que c'est par hasard qu'elles sont tombées sur une vieille toile d'araignée. Au mois de juillet, époque à laquelle je rends mes visites à cette araignée , j'ai toujours trouvé deux individus dans cha- que nid : l'un, ordinairement la femelle, placée sous la loge, très-bien cachée; l'autre, souvent le mâle, de côté en em- buscade , caché sous quelques feuilles de plantes auxquelles sont attachés les cordages de sa demeure. En un mot, on peut dire qu'il est en observation, sans se laisser voir; la so- litude de son piège fait croire facilement qu'il est aban- donné par le chasseur qui Ta construit; mais c'est tout le contraire : le moindre choc qui fait trembler cette habitation aérienne avertit les surveillants perfides , qui accourent im- médiatement pour en connaître la cause, et saisissent étroite- ment Finsecte imprudent qui a osé s'aventurer dans ce re- paire d'assassins. Si l'étranger est robuste, et si ses armes défensives peuvent l'aider à se sauver dans un combat corps à corps, le Latrodectus commence par faire trembler ses fils, pour que sa proie s'embarrasse davantage; et aussitôt, sans perdre de temps, il s'avance d'un air intrépide, et l'enveloppe avec tant d'agilité, et d'adresse , que je l'ai vu dompter en un peu plus d'une minute la Clcada plebeia, VOEdfpoda cœ- 2i0 ANNALES rulescens, et d'autres insectes non moins robustes. Les deux individus s'aident mutuellement; et dès que la première man- œuvre est finie, quand les mouvements du prisonnier ne sont plus que de vains efforts contre ses liens, l'une des arai- gnées s'approche et le frappe de mort. Si l'insecte est grand, à la première piqûre, il parait éprouver une forte convulsion, qui passe bientôt pour faire place à un état d'abattement tel, qu'il peut se remuer à peine , et périt en peu de temps. Dans ce cas, il n'est pas rare de voir l'araignée répéter ses coups ; mais quand l'insecte est faible, ou elle saute brusquement sur lui en lui donnant une mort prompte, ou elle l'enveloppe auparavant si ses armes lui sont suspectes. La place que le Latrodectus choisit pour frapper sa victime ne paraît pas être indifférente; car j'ai remarqué qu'il s'attaque aux join- tures des segments , en donnant la préférence à celle de la tête avec le thorax, bien que, dans quelques cas, je l'aie vu frapper en d'autres parties. Les acridiens, mantes, cigales, melolonthes, abeilles, et jusqu'aux cicindèles, sont fréquemment la proie de la vora- cité de cette araignée. Quelquefois je me suis amusé à tour- menter ces adroits chasseurs en remuant leurs toiles avec une paille ou un petit morceau de bois; et d'ordinaire, après le choc d'un corps quelconque sur son habitation, il sautait aussitôt pour venir en reconnaître la cause, et se retirait précipitamment en voyant que l'agresseur était d'une force supérieure. Si on tourmente ces araignées , en les touchant avec une paille, elles se laissent tomber à terre en ramassant leurs pattes et en faisant le mort ; mais si Ton continue à les tourmenter, elles recommencent à fuir, en se défendant de temps en temps par une piqûre dirigée contre l'instrument qui les incommode. Il est à remarquer que cette araignée parait en abondance dans les mêmes années que le genre Jciidium {OEdipoda)) DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 211 et je vois que cette observation a été faite par les laboureurs de la campagne de Tarragone, qui ont porté leur attention sur la destruction que font les Latrodectus parmi ces insectes; car, sous leurs nids, on voit le sol couvert des restes de ces orthoptères, quoique, comme je Tai déjà dit, ce ne soit pas leur seule nourriture, puisqu'ils dévorent aussi des espèces d'autres genres. La coque dans laquelle la femelle dépose ses œufs est d'une couleur brunâtre , très - serrée , sphéroïdale , atténuée à une de ses extrémités , de 7 à 8 lignes de diamètre, et elle contient dans son intérieur 200 à 300 œufs, différence qui provient de la force de la femelle, ou plutôt de la différence des pontes, ou du moment de la ponte ; car je ne crois pas me tromper en disant que cette araignée forme chaque année deux co- ques; car différentes fois je les ai vues dans un même nid, sans y trouver plus d'une seule femelle. C'est dans ce cas que j'ai remarqué la plus grande différence dans le nombre des œufs que chaque poche contenait, et qui variait pour le moins de plusieurs douzaines. Ces œufs paraissent adhérer les uns aux autres par des soies très-fines; car en voulant les séparer de la poche, on les voit réunis en chapelet, dont la cou- leur ressemble à celle de la paille sèche. Je n'ai pas encore pu voir naître le Latrodectus en question; et bien que je l'aie souvent rencontré très-petit, il vivait déjà seul, et établi dans une toile particulière. Outre ce Latrodectus, \'dX trouvé dans les mêmes localités, si je ne me trompe, le L. oculatus { Argus ^ Savigny) et le L. erebus {Lugubre, Léon Dufour) {{)\ quoique le baron Walkenaër dise que le premier soit d'Afrique ; mais cela seul (1) Serait-ce cette espèce que le naturaliste cité plus haut appelle Theridion unicolorj la seule qu'il dit avoir trouvée dans le royaume de Valence, dans une lettre qu'il a bien voulu m' écrire à ce sujet, il y a déjà quelque temps ? 2i2 ANNALES ue serait pas un obstacle, parce qu'il y a beaucoup d'insectes de la côte africaine de la Méditerranée que j'ai trouvés sur celle d'Espagne, et même dans l'intérieur de ce pays. Les mœurs de ces espèces sont très-semblables à celles que j'ai décrites du L. malmignatus. Les accidents dangereux causés dans l'été de 1830 par une araignée , dans le canton appelé le Plà , dans la campagne de ïarragone , fixèrent l'attention de l'Académie royale de mé- decine et de chirurgie de Barcelone, qui envoya, pour exami- ner le fait, deux de ses membres qui, par malheur, étaient peu versés dans l'entomologie. De cette manière , le résultat de la mission ne remplit pas les vues de l'Académie, puisque ses envoyés participèrent aux préventions du vulgaire contre toutes les araignées en général, et que leur imagination, déjà pleine de tarentules, ne se représenta cet être fameux que d'une manière fantastique, et virent, dans les malades qu'ils visitèrent, la célèbre maladie de Tarente de l'illustre Baglivi ; car je ne crois pas qu'ils aient quitté un instant l'idée qui les dominait en quittant Barcelone pour leur mission : tant la pré- vention est funeste pour pouvoir juger sainement des choses ! Quand cette commission rendit compte à l'Académie de ses recherches, elle présenta un flacon de cristal, presque rempli d'araignées, conservées dans l'alcool, leur paraissant toutes des tarentules, et des plus venimeuses. Cette collection d'arai- gnées me fut communiquée par la Société , pour que je don- nasse mon avis sur les diverses espèces qui la composaient; et je pus m'assurer qu'il ne s'y trouvait pas une seule tarentule, et que dans ces genres et espèces diverses, les seules qui me parussent suspectes étaient celles du genre Latrodectus (autrefois Tlieridion)^ qui formaient une partie du contenu du flacon. Cette année-là, on reconnut positivement les accidents, mais sans pouvoir vérifier quelle araignée les causait. DE LA SOCIÉTÉ ErNÏOMOLOGIQLE. 213 Eii 1833, cette plaie se répéta pour la seconde fois dans cette même campajjne de Tarragone, et les pays attaqués furent en plus grand nombre; car on remarqua des accidents à Vendrell, Belbey, Calafell, Santa-Oiiva, Feras, Albinana et San-Vicente-de-Calders. L'Académie de médecine, inté- ressée à vérifier le fait d'une manière positive , commissionna de nouveau un de ses membres , et choisit à cet effet le mé- decin de Vendrell, don Esteban Andreu, homme laborieux, qui réunit des faits très-exacts , scrupuleusement dépouillés de tous préjugés, et fruits d'une sévère observation. Ce corps scientifique me chargea de nouveau de l'examen des araignées que le docteur Andreu avait envoyées avec ses observations; et je vis que presque tous les individus ap- partenaient au Latrodectus malmignatus ; le reste était composé des L. ociilatiis et erebiis. Je pouvais alors, avec quelque probabilité, présumer que cette araignée était la véritable cause des graves accidents qui s'étaient reproduits deux fois en quatre ans dans la cam- pagne de Tarragone : je résolus de m'assurer de la constance des faits qui devaient me prouver la propriété venimeuse du Latrodectus dont nous parlons, et ses suites funestes pour l'homme, annoncées déjà par plusieurs naturalistes d'époques différentes : et en donnant mes recherches à l'Académie, je pus l'assurer que les araignées réunies par le docteur An- dreu étaient la cause des désagréables accidents observés dans le pays déjà cité. Plus tard , la lecture de quelques ouvrages modernes , comme je l'ai indiqué au commencement de ce mémoire , m'a fait connaître les doutes qui existent encore sur ce sujet, et que , bien que divers observateurs aient assuré que la mor- sure du Latrodectus malmignatus produit sur l'homme une plaie empoisonnée, suivie de dérangements considérables, comme nous l'avons observé en Catalogne, quelques auteurs, 214 ANNAI.ES parmi lesquels le célèbre entomologiste baron Walkenaër, révoquent en cloute les rapports cités sur ce sujet, et attri- buent les effets observés à la mauvaise disposition dans la- quelle se trouvait le sujet attaqué en recevant la morsure , qu'ils regardent comme la cause accidentelle et non produc- trice des phénomènes morbides qui la suivent immédiatement. L'importance de tirer à clair cette question est évidente; et, bien que je ne me reconnaisse pas doué d'un savoir suffi- sant, j'essaierai cependant de le faire, sans autre prétention que de soumettre ma manière de penser au jugement des savants qui, avec plus de talents et de connaissances, peuvent être compétents dans cette matière. Avant tout, je déclare que je n'ai jamais ajouté foi à toutes les fables que j'ai entendues sur les araignées, y com- pris celles qu'on raconte de la Tarentule, qui est si commune en ce pays, et que je me suis si souvent amusé à observer dans ses nids mêmes ; mais je ne puis pas non plus accorder une parfaite innocence à des êtres dont la classe renferme les scorpions, dont le venin est bien prouvé, et dont beaucoup ont des qualités venimeuses suffisantes pour tuer leurs vic- times par la plus légère piqûre. La propriété de donner des blessures envenimées n'est pas douteuse dans certaines arai- gnées , et M. Walkenaër lui-même, en parlant du venin de cer- tains animaux, avoue son existence. Une simple expérience lui en aurait prouvé la certitude. Si l'on blesse avec une épingle un insecte qui ne soit pas très-délicat, à peine se manifestera- t-il une légère altération qui ne menace nullement sa vie d'une prompte mort; mais si on livre cet être à xm Latrodectus , nous verrons que la simple piqûre faite par un instrument aussi délicat que les mandibules dont il est pourvu, détermine dans l'insecte une mort instantanée. Cette blessure a donc quelque chose de particulier, puisque, immédiatement après sa production, périt l'animal qui l'a reçue. De la SOCIKTÉ ENTOMOLOGIQUE. 215 Puisque l'existence du venin n'est pas douteuse dans certai- nes araignées, pourquoi ne croirait-on pas que, clans quel- ques-unes, son activité pût nuire à l'homme même, en étant la cause des différents accidents qui suivent son inoculation? La simple piqûre d'une épingle pourrait-elle causer les graves symptômes que l'on voit constamment survenir chez l'homme à la suite de la morsure du Latrodectus malmignatus? Je ne le crois pas ; et à moins de trouver le sujet dans la pire disposi- tion, la piqûre insignifiante d'une épingle ne pourra pas avoir de suites plus qu'à l'ordinaire. Dans ma pratique médicale, j'ai eu une foule d'occasions de voir que les simples blessures des téguments observées sur des personnes malades amènent à peine d'autres résultats que les solutions ordinaires de conti- nuité , durant généralement peu de temps , à moins qu'elles ne soient très-étendues, ou qu'il ne vienne s'y compliquer quelque vice de constitution du malade. Pendant ma longue fréquentation de l'amphithéâtre anatomique de l'École de mé- decine de Barcelone, j'ai observé bien souvent que les bles- sures et piqûres faites par les scalpels dont on se sert pour la dissection des cadavres n'avaient ordinairement aucune suite , tandis que d'autres fois je les ai vues en avoir de fa- tales; et dans ces cas, dont il m'intéressait de connaître la cause , j'ai reconnu , à n'en pas douter, que le mal occasionné ne provenait ni de l'insignifiante blessure, ni même de la seule disposition du sujet, mais bien de l'inoculation d'une humeur vireuse produite par la maladie qui a fait succomber l'individu dont la dissection a amené un tel résultat. Ainsi, non- seulement j'ai vu s'inoculer certaines maladies, mais aussi se produire une inflammation spéciale du système lymphatique, qui, dégénérant en suppuration, a fini avec la vie de l'individu attaqué. En réfléchissant donc sur ce qui vient d'être dit , nous voyons que de simples blessures dans les téguments, surtout quand 216 ^ ANNALES elles'sont aussi minimes que celles produites par de l«%ères pi- qûres d'épingle, ne sont pas suivies d'accidents alarmants comme dans le cas où l'instrument est envenimé. Maintenant, puis-je supposer un moment, avec les natura- listes qui ne croient pas au venin de notre Latrodectiis, qu'une piqûre d'épingle, ou uneautre blessure analogue, peut produire sur une personne mal disposée, la fièvre, et ensuite le délire, sans qu'il soit nécessaire de recourir, pour ce phénomène, à l'ac- tion d'aucun venin, et que ce sont les seuls symptômes qui carac- térisent la maladie produite par la morsure de notre Latro- dectiis? La reproduction constante d'une même série de sym- ptômes, toujours déterminée par les mêmes causes, peut-elle être regardée comme fortuite et dépendante seulement de la mauvaise disposition individuelle? Il serait superflu de réunir tous les accidents, qui , aussi bien , ne sont pas ordinairement très-fréquents. Boccon, Rcysler, Rossi, Totti, Abbot, Cauro, etc., ont parlé de l'envenimement produit par la piqûre du Latrodec- tiis , et l'on a mis en doute les assertions de ces observateurs, sans en citer d'autres qui aient prouvé expérimentalement le contraire , en se contentant de dire : « qu'on a beaucoup exa- « géré la chose ; que toutes ces observations sont très-ancien- «nes; qu'on ne s'est pas donné la peine de bien examiner si la «maladie observée était véritablement produite par la piqûre «de l'araignée en question, et que l'on n'a présenté ni faits « ni observations qui le démontrent. » Je suis convaincu que s'il est utile de n'être pas trop crédule , il est peu prudent d'être incrédule sans fondement, et pour cette raison, je me suis décidé à réunir toutes les données possibles, sur les faits arrivés dans la campagne de Tarragone, pendant les trois années 1830, 1833, 1841, pour connaître ainsi la vérité. Les fruits de cette résolution sont les observations faites par le docteur Andreu , dont l'authenticité est facile à prou- DE LA SOCIÉTÉ ErsTOMOUJGÎOlIE. 2(7 ver en consultant rAcadémie de médecine de Barcelone , les médecins de Vendrell, Velbey, Calafeil, Santa-Oliva, Feras, Albinana , San-Yicen(e-de-Calders et le Plà, ainsi que les habitants de ces endroits, et surtout ceux qui ont ressenti les effets d'un semblable envenimement. Simptômes que détermine la morsure du Latrodectus malmignatus. D'après les observations faites sur les personnes piquées par cette araignée, la maladie à laquelle une telle blessure donne lieu est caractérisée par les symptômes suivants, expo- sés ici dans ce qu'ils ont de plus important, et dans l'ordre où ils se présentent et se sucèdent. Dans l'action de la morsure, le sujet sera une piqûre assez désagréable, qui, bien examinée , est double, puisqu'elle pro- vient de la morsure faite par les deux mandibules de l'arai- gnée ; cela se manifeste ensuite plus ouvertement par deux cercles rouges, qui, se réunissant ensuite, forment une aréole œdémateuse qui marque le siège de la tumeur et qui se dé- veloppe plus tard à l'endroit blessé. La douleur, devenue brûlante, occupe la longueur du mem- bre attaqué, et gagne même les glandes axillaires ou ingui- nales, suivant la région à laquelle appartient le membre : ces glandes se tuméfient et deviennent douloureuses , et l'espace entre elles et l'endroit piqué se marque de taches livides qui semblent désigner le passage des vaisseaux lymphatiques. La douleur continue successivement, en gagnant du terrain, jus- qu'aux cavités abdominale et thoracique, avec une sensation de chaleur brûlante , forte constriction ou mal de gorge , ten- sion du ventre, ténesme, sans pouvoir répandre une seule goutte , et prurit douloureux sur le sommet de la glande. Une douleur aiguë ne tarde pas à occuper la tête, se fait sentir 218 ANNALES tout le long de l'épine dorsale, et aussitôt, surviennent des convulsions générales, et plus particulièrement aux extrémi- tés, dans lesquelles se sent un fourmillement très-incommode, suivi quelquefois d'une insensibilité notable , surtout aux piedSj qui sont ordinairement livides, pendant que tout le corps est enflé. Cet appareil imposant de symptômes fait voir une faiblesse d'esprit très-marquée chez les malades , par leurs expressions de désespoir, d'affliction profonde , de craintes sur le retour de leur santé, car ils se croient menacés d'une mort pro- chaine; on les voit changer continuellement de place dans leur lit, pousser des soupirs et des cris plaintifs, porter machina- lement les mains à leur tête , où ils disent qu'ils se sentent piquer le cerveau par des épingles; la figure est quelquefois crispée et brûlante, d'autres fois pâle. On remarque de la diffi- culté dans la respiration, le pouls est très-bas, fréquent, irré- gulier, la peau froide et rendue humide par une sueur abon- dante , froide et visqueuse ; en même temps le patient se plaint que ses entrailles brûlent, et demande avec avidité de l'eau fraîche. Dans quelques cas, la vue s'obscurcit au point de ne plus distinguer les objets, la conjonctive est injectée; dans d'au- tres, la voix s'affaiblit, ou bien le tintement des oreilles devient très-marqué. On a vu quelquefois des taches livides paraître sur le corps entier. L'intensité de ces symptômes varie suivant la délicatesse de l'individu, la force du Lat rode dus , et aussi le nombre des piqûres qu'a reçues le patient. La décadence du mal s'annonce au bout de plus ou moins de temps , suivant la force du malade , l'énergie des moyens employés, et la promptitude de leurs effets : dans tous les cas, on la voit s'annoncer par la sueur, qui, de froide et visqueuscj devient chaude et vaporeuse, par l'élévation et la régularité DE LA SOCIÉTÉ ENTOMO LOGIQUE. 219 du pouls , la facilité de respirer, et d'uriner, la cessation du prurit des glandes , et de la douleur aiguë du cerveau et de l'épine dorsale, qui passe à un engourdissement très- marqué ( je soupçonne que cet état léthargique est un effet du laudanum qu'on donne au malade, et non un sym- ptôme de la maladie ; car il faut remarquer qu'il apparaît quand cessent les phénomènes nerveux qui précèdent, pen- dant lesquels le patient prend une bonne quantité d'opium); tous les symptômes baissent d'intensité , se dissipent successi- vement d'une manière complète , et la convalescence s'annonce par une lassitude générale, beaucoup de tristesse, constipa- tion, douleurs dans les mollets, qui diminuent à mesure que le patient passe à Tétat normal. L'endroit malade offre, comme nous l'avons dit, une tumé- faction qui , dans quelques cas , se change en une véritable tumeur qui suppure, ordinairement, au grand soulagement du malade : dans d'autres cas, l'inflammation locale cède sans suppuration , et pendant quelque temps l'endroit piqué reste marqué par une tache livide remplaçant la tache rouge qui marquait le point de la piqûre. ExpUcalion des figures 1 et 2 , n" II de la planche X. Fig. 1. Latrodectus malinignatas , Walk. grossi. Fig. 2, Id. id. grandeur naturelle. XI. 16 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 221 DESCRIPTION d'une nouvelle espèce du genue Dasytes y Par M. le docteur GRAELLS (1); Traduite en français par M. LÉON FAIRMAIRE. ( Séances des 4 mai et l^"" juin 1842.) Dasytes ciliatus. Graells. (PI. x,IN"ii,fis. 3 à 6). Virldis, tenuissime piinctalus , granulatas , granulis pilo nigro e recto terminatis , marginibus prothoracis et ely- trorum ciliatis , ciliis prothoracis prorsum, elytrorum retrorsum versis. Habitat ad aqaas caUdas de Monteleobino, in floribut Cisti morts peliensis et albidi. Long. 3 lig. Larg. 1 lig. La couleur générale de ce Dasytes est d'un vert de pré, avec quelques reflets cuivreux sur la tête et le prothorax , bronzés (1) En espagnol, le lilre de ce Mémoire est le suivant : Dcscrip- cioii de una cspecie nacva del gencro Dasytes j, por cl doctor G radis , etc. etc. 222 ANNALES sur les pattes, et violets sur les antennes, les palpes et les der- niers segments abdominaux; les yeux sont noirs. La tête a, sur le vertex, un enfoncement très-marqué, au milieu duquel on voit, entre les yeux et les antennes, une petite élévation contiguë à l'épistome, et très-bien circon- scrite dans tout son pourtour : cette élévation , comme le reste de la tête, est marquée de points très-fins enfoncés; au-dessous et devant les yeux, se voient deux autres pe- tites élévations, desquelles naissent les bases des antennes. Le dessus du prothorax est transversal, un peu déprimé, plus large «que long, surtout antérieurement; il est marginé et très-cilié sur ses bords, dont les poils se dirigent en avant. La surface de cette partie est finement pointillée , et couverte de quelques granules pilifères dont les poils sont très-courts, La ligne médiane est marquée par un sillon large dont la dé- pression divise évidemment le dos en deux parties latérales. Deux autres sillons, moins marqués, courent transversale- ment le long des bords antérieur et postérieur, aux extrémités desquels on voit quelques petits enfoncements , comme ceux du sillon de la ligne médiane, lesquels, réunis, forment trois dépressions antérieures et trois autres postérieures, ce qui, joint aux granules et aux autres circonstances dont nous avons parlé, rend très-remarquable la surface de cette pièce du prothorax. L'écusson est très-petit, comme carré, finement pointillé, et avec un enfoncement très-marqué au milieu. Les élytres sont molles, étroites , presque planes , ponctuées avec la même finesse que les parties citées ci-dessus, avec plu- sieurs lignes de granules assez élevés, et terminés chacun par un poil rigide, noir et droit; elles sont marginées, très-ciliées, et les cils dirigés en arrière. La couleur générale est quelquefois variée par des reflets dorés, cuivreux ou azurés. DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIOLE. 22:i Ce Dasytes ressemble beaucoup, à la première vue, au Da- sfles nobilis, tant par sa couleur que par sa grandeur, sa forme et ses mœurs; mais il n'est pas difficile de le distinguer, si l'on fait attention aux différences suivantes : Dasytes CILIATUS. Subdepressus, tcnuissime piiiic- tatiis, granulatus, granulis piio nigro erecto termiiiatis. Capite thoraceque subfoveolalis : tergo elytrisque valde ciliatis, ciliis lon- guisculis. Siibcylindricus, piiuclatus, pi- liferus, pilis et fovcolis puncto- ruin asurgenlibus. Capite thora- ceque convexis : îergo elytrisque vix ciliatis, ciliis breviusculis. De plus, j'ai remarque que le Dasyles cilia fus seul se ren- contre sur les fleurs des Cystes, tandis que le D. nobilis aime les composées et les rosacées ; et môme sur les rcnoncula- cées. Au mois de mai, ce Dasytes, que je crois nouveau, est assez abondant sur les fleurs des Cisfiis monspeliensis, albi- dus, ciispus,GXc. , qui couvrent une grande partie de la mon- tagne de Pareil, voisine de la ville de Calders-de-Monbuy, cé- lèbre par ses fameuses eaux thermales, Explicalion des figures 3 rir G, du n" Il de la planche _V. 3. L'insecte grossi un peu plus de quatre fois. 4. îd. vu de profil pour observer les poils roides des {gra- nules qui couvrent les élytres. 5. Cette figure , aussi très-grossie, montre les divers carac- tères de la tête. 6. Grandeur naturelle du Daaytes cilîatus. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 225 SUR QUELQUES COIÉOPTÈRES NOUVEAUX; Par M. le docleur Cil. AUBE. (Séance du T'^juin 1842.) La science entomologique possède quelques cas fort inté- ressants d'insectes privés de l'organe de la vue, ou du moins, autant que nous ont permis de le constater nos moyens d'in- vestigation. Ces insectes sont : les Claviger, Mùller, ÏÀnom- matus terricola, Wesmael (l), et le Monopsis brunnea^ Gyllenhal (2). On se rend assez bien compte de cette anomalie par le genre de vie de ces insectes. Les premiers, en effet, sont toujours enfermés dans des galeries souterraines, où les fourmis les re- tiennent captifs ; le second vit également dans la terre , et le troisième, dans les endroits les plus sombres des écuries les moins éclairées, où on les rencontre sous le fumier, N'avons- (1) Anommatus terricola, Wesmael., Biil. de l'Acad. des sciences et belles lettres de Bruxelles , t. ii, p. 339. Cerylon perforai uni j Dé]. C3Lt. (2) IJfpophlieus bninneus Gjl.Jns. suce, t. ni, p. 711. m ANNALIÎS nous pas aussi, dans les animaux plus élevés, des cas analogues? Comment s'expliquer, en effet, Texiguité des yeux de la taupe, et l'anihilation de ceux du zemnl (Jspalax tfphlus^ Desm.),^ dont les paupières sont soudées , si ce n'est par la vie presque constamment souterraine de ces animaux. Si, par hasard, ils se trouvent à la surface du sol , ils se dirigent , surtout le der- nier, au moyen des organes de Touïe et de l'olfaction, qui sont chez lui d'une exquise perfection; la taupe elle-même, que nous pouvons plus facilement observer, loin de fuir vers un point connu , comme le rat et le lapin , cherche à s'enfoncer en terre là où elle a été surprise , et à s'y creuser une nouvelle galerie. Je viens présenter aujourd'hui à la société un insecte qui offre les mêmes particularités , et qui , en raison de son genre de vie, n'a pas non plus besoin de l'organe de la vue : il se rencontre dans les mêmes circonstances que X Jnommatiis terrlcola, et nous l'avons recueilli dernièrement sous une bûche de merisier déjà en décomposition et en partie enfoncée dans le sol; nous en avons pris aussi quelques individus dans la terre sous-jacente. Cet insecte , entièrement nouveau pour la science, a été dé- couvert, il y a environ trois ans, par M. Langeland , qui m'a généreusement sacrifié le seul exemplaire qu'il possédait , et qu'il avait trouvé dans les conditions citées précédemment, M. Langeland , auquel j'avais exprimé quelques doutes sur la nationalité de cet insecte, que je soupçonnais exotique, a fait de nouvelles recherches, qui , heureusement, ont été couron- nées de succès , et dans son amour ardent pour la science , il est venu de suite me faire part de sa découverte, en m'offrant l'occasion d'observer moi même cet intéressant insecte. Après l'avoir examiné avec attention, et m' être convaincu qu'il n'avait pas d'yeux apparents, je conclus a priori , qu'il devait égah'ment être privé des organes de la locomotion DE L\ SOCIÉTÉ ËNTOMOLOGIQUE. 227 aérienne, et Texpérience est venu confirmer mes prévisions; je pensais aussi que ses élytres pouvaient être soudées, ce que j ai également constaté. Je fus amené , par ce résultat, à examiner le Claviger fo- K'eolatiis, XAnommatiis terricola, et le Mono psi s brun- nea : tous trois sont privés d'ailes, mais tous trois ont les élytres libres. A quoi tient cette différence? Je ne saurais l'ex- pliquer, pas plus que je ne saurais dire pourquoi , parmi les coléoptères clairvoyants et privés d'ailes , les uns sont collap- téres, tandis que les élytres sont libres dans les autres. Je nommerai cet insecte , qui doit constituer un genre nou- veau , Langelandia anophtalma, du nom de M. Langeland , qui, le premier, l'a découvert au sein même de la capitale, dans le chantier de l'ile Louviers. Je saisirai cette occasion pour donner aussi la description de r[uelques autres coléoptères nouveaux, tous appartenant à des familles qui ont été étudiées dans ces derniers temps. Je donne ces explications pour justifier la publication d'espèces isolées en apparence , mais qui , cependant , en raison des travaux an- ciens, cessent d'être des faits jetés au hasard, et serviront, au contraire, de complément à ces travaux. Ce sont deux Hrdroporiis , un de Sicile et un de Pologne ; deux Scfdmœmis , l'un pris par M. Langeland, et l'autre recueilli dans le Jura par IM. Chevrier: ils font tous deux par- tie de la division du thoracicus , et n'ont ni l'un ni l'autre été décrits dans l'excellent travail tout récent de ÎNI. Scliaum sur les insectes de ce genre ; trois Abrœus , deux Ocrpus et un Pœdenis , qui ne figurent pas non plus dans les travaux de IM. Erichson. Laîxgilaindia. Tête déprimée, et fortement enfoncée dans le corselet. Antennes en massues , assez courtes , composées de onze 228 ANNALES articles : les deux premiers plus forts que les sept suivants , les deux derniers plus forts que les autres , et constituant la massue. Epistome coupé carrément. Labre très-petit , arrondi et cilié. Mandibules robustes , bidentées à l'extrémité. /I/(ic/?ozrf* membraneuses, mousses, et garnies de cils roides en dedans; la division interne un peu plus courte que l'externe. Palpes maxillaires de quatre articles : le premier très- petit, les second et troisième beaucoup plus forts, le quatrième plus gros que tous les autres réunis et ovoïde. Menton assez saillant et arrondi. Languette assez large tridenticulée. Palpes labiaux de trois articles : le premier très-petit, le second beaucoup plus fort , le dernier plus gros que les deux autres réunis et ovoïde. Yeux nuls. Corselet quadrangulaire. Elylres soudées, recouvrant entièrement l'abdomen, et Tembrassant sur les côtés. Ailes nulles. Pattes de médiocre longueur ; tarses de trois articles : les deux premiers réunis, plus courts que le troisième, qui est terminé par deux crochets égaux. Corps allongé et entièrement déprimé. Ce genre est voisin du Bitorna, à côté duquel je crois de- voir le placer. LOGLAWDIA ANOPHTIIALMA. ( PI. IX, fig. 2 à 6.) Long. 3 à 4 millim. Larg. de 3/4 à 1 m illira. Étroit, allongé, près de quatre fois aussi long que large , d'un brun ferrugineux. Tête courte, déprimée, rugueuse, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. ^29 avec les bords latéraux légèrement relevés; antennes ferrugi- neuses. Corselet une fois et demi aussi long que large , un peu plus étroit en avant qu'en arrière ; les angles antérieurs saillants et un peu aigus , les postérieurs fortement échan- crés; les bords externes à peine arrondis, presque rectilignes et légèrement crénelés; il est déprimé, rugueux comme la tête, et présente trois côtes saillantes longitudinales qui en occupent toute l'étendue; entre la côte externe et le bord existent deux petites fossettes. Écusson invisible. Élytres ova- laires, allongées, deux fois aussi longues que larges, arron- dies à l'extrémité; les angles humérauxsont très-saillants, et se logent dans une écliancrure du corselet; elles sont dépri- mées, et présentent une côte saillante; la ligne suturale est également saillante; entre ces côtes existent des points en- foncés, disposés en lignes longitudinales peu visibles, en raison de la rugosité générale de l'insecte. Le dessous du corps cha- griné. Pattes d'un brun ferrugineux. vit dans la terre, où il se nourrit de détritus de végé- taux, et s'attache quelquefois aux pièces de bois posant à terre, et qui, par leur propre poids , se sont un peu enfoncées dans le sol. Telles sont , du moins , les circonstances dans les- quelles il a été découvert par M. Langeland (1). lÎYDROPORUS SCHAUMEI. Long. 5 millim. Largeur, 2 2/3 millim. Ovalaire, un peu allongé, et légèrement déprimé. Tête tes- tacée , noirâtre en arrière et en dedans des yeux ; antennes et (1) Depuis la lecture de ce mémoire, mon ami M. Montandon a également reucontré cet insecte dans des conditions analogues. II l'a pris dans le jardin de la maison qu 'il habile , sous des débris de treil- lage qui posaient depuis longtemps à terre, et qui étaient déjà en partie pourris. 230 ANNALES palpes testacés, noirs à l'extrémité. Corselet de la couleur de la tête , avec une bande noire très-étroite le long du bord extérieur, et une tache bilobée au milieu de la base, une fois et demie aussi large que long, largement échancré en avant, sinueux à la base, dont le milieu se prolonge en pointe mousse sur les élytres; il est finement réticulé, et présente en avant et en arrière quelques points enfoncés assez forts. Élytres ovalaires un peu allongés, présentant chacune, près de l'extré- mité, une dent à peine visible; moins larges en avant que le milieu du corselet, et formant, à leur point de réunion avec lui, un angle rentrant très-marqué; elles sont noires, avec une large tache à la base , irrégulièrement dentelée en arrière, deux autres taches arrondies au milieu environ, et placées obliquement, deux autres en avant de celles-ci, et un peu plus en dehors , et une dernière à l'extrémité : toutes ces taches sont testacées. Cette disposition est peu constante , et très- souventles taches s'atrophient ou disparaissent complètement, à l'exception de celles de la base, qui est constante; elles sont finement réticulées , et présentent trois lignes longitudinales de points enfoncés ; la portion réflL'chie est teslacée en avant, et noirâtre en arrière; le dessous du corps, d'un noir de poix terne, avec l'abdomen, quelquefois un peu ferrugineux; les pattes d'un testacé ferrugineux, avec les tarses légère- ment rembrunis. Rapporté de Sicile par Î\I. Ghiliani. Hydroporus polonîci.s. Long. 4 V4 millim. Larg. 2 1/3 millim. Ovalaire, très-légèrement déprimé. Tète d'un testacé pâle, très-légèrement rembrunie sur le vertex ; elle est très-fine- ment réticulée et terne; antennes et palpes testacés , le dernier article des premières, noir à l'extrémité. Corselet de la cou- leur de la tête, à peine rembruni en avant et en arrière, un DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 231 peu plus de deux fois aussi large que long, largement échan- cré en avant , sinueux à la base , dont le milieu se prolonge en pointe mousse sur les élytres ; il est très-finement et réguliè- rement réticulé , et terne comme la tête. Élytres ovalaires un peu allongées, arrondies à l'extrémité, plus larges en avant que le milieu du corselet, et formant, à leur point de réunion avec lui , un léger angle rentrant; elles sont teslacées pâles, avec une large tache grisâtre , peu apparente et très-limitée , qui en occupe toute l'étendue, à l'exception du bord externe. Elles sont ternes et entièrement couvertes de trois petits points enfoncés, très-serrés et également répandus sur toute leur sur- face, et offrent, en outre, la trace de trois lignes de points plus forts, mais à peine visibles; la portion réfléchie est testacée. Le dessous du corps et les pattes sont testacés. La poitrine est quelquefois noirâtre , et couverte de forts points enfoncés. Il a été découvert aux environs de Varsovie par M. Waga , qui a bien voulu me le communiquer ; il doit être placé à côté du Picipes. AbR^US ATOMARIUS. Long. 2/3 millim. Larg. 1/2 millim. Ovalaire, légèrement convexe, d'un noir de poix très-bril- lant. Tête petite , lisse ; antennes ferrugineuses, avec la massue testacée. Corselet lisse , plus étroit antérieurement , légère- ment arrondi en arrière. Écusson à peine visible. Élytres une fois et demie aussi longues que le corselet, lisses et sans au- cune trace de strie. Pattes étroites; les jambes de devant à peine dilatées. Il ressemble beaucoup au Nigricornis; mais il est un peu plus allongé : la massue des antennes est testacée, et l'œil armé de la meilleure loupe ne peut apercevoir trace de ponctuation. Je n'ai jamais pris qu'un seul individu de cette espèce, mais 232 ANNALES je ne puis indiquer dans quelle circonstance : je Tai trouvé à Fontainebleau le 29 juillet 1 837. Abr^us punctum. Long. 1 '/3 niillim. Larjj. -/s miHim- Ovalaire, un peu allongé, légèrement convexe, et d'un noir de poix asssez brillant. Tête petite, très-finement poin- tillée, et presque lisse; antennes noires. Corselet un peu plus étroit en avant, légèrement arrondi en arrière, et couvert de très-petits points enfoncés assez rapprochés. Écusson très-pe- tit , triangulaire. Élytres une fois et quart plus longues que le corselet, un peu ferrugineuses, et couvertes de petits points enfoncés un peu plus forts et plus écartés que ceux du corse- let. Pattes étroites ; les jambes de devant très-légèrement dila- tées à partir de leur naissance , arrondies en dehors , et très- tinement dcnticulées. Il ressemble au Nigricornis , mais il est plus grand , plus allongé ; la ponctuation du corselet et des élytres est plus forte et moins serrée, et, en outre , il n'offre pas sur le corselet la petite ligne transversale qu'on observe chez ce dernier. J'ai reçu cet insecte d'Italie. AbR^US PARVUIUS. Long. 1 1/3 millim. Larg. ^/t, millim. Suborbiculaire , très-convexe , noir de poix un peu ferru- gineux. Tète très-finement pointillée ; antennes ferrugineuses, avec la massue testacée. Corselet ferrugineux et luisant , plus étroit en avant , légèrement arrondi en arrière , et couvert de très-petits points enfoncés, assez écartés. Écusson à peine vi- sible. Élytres une fois et quart plus longues que le corselet , couleur de poix, et couvertes de petits points enfoncés très- rapprochés, souvent confluents, et qui les font paraître ternes DE L\ SOCIÉTÉ EOTOMOLOGIQUE. 233 et granuleuses. Pattes étroites ; les jambes antérieures forte- ment dilatées, à partir de leur tiers supérieur, et arrondies en dehors. Il ressemble au Globosiis, dont il diffère par la ponctuation relative des élytres et du corselet, qui est plus serrée sur les premières, tandis que c'est le contraire dans le Globosiis ; en outre, les pattes antérieures sont arrondies extérieurement, tandis qu'elles sont anguleuses chez ce dernier. 11 a aussi quelque analogie avec le Granuhim Erichson , par la dilatation des pattes antérieures ; mais il est deux fois plus grand, et ses élytres sont couvertes d'une ponctuation beaucoup plus serrée. Je l'ai pris à Fontainebleau , dans un chêne pourri. ScVDMiENUS LATICOLLIS. Clievrîer in Hit. Long. 1 '/g millim. Larg. 2/; millim. Oblong, très-légèrement convexe, et d'un noir de poix brillant. Tête petite, enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux , rougeàtre, brillante et couverte d'un duvet Irès-léger. Antennes assez longues, testacées; les trois derniers articles formant la massue. Corselet très-large en avant , rétréci en arrière , assez convexe au milieu , noir de poix assez brillant , et couvert d'une légère pubescence. Écusson cordiforme. Élytres ova- laires, plus étroites en avant que le corselet, et formant avec lui un angle rentrant très-sensible, arrondies en arrière, de la couleur du corselet, et comme lui couvertes d'un duvet léger ; elles offrent chacune, à la base, une impression fortement enfoncée. Dessous du corps brun, avec l'abdomen d'un testacé ferrugineux. Les pattes testacées ; les cuisses légèrement ren- flées. Il ressemble considérablement au Tlioracicus, à côté du- 234 ANNALES quel il doit être placé ; mais cependant il s'en distingue par une taille double en grosseur, par sa forme plus trapue , sa convexité plus grande , et ses antennes relativement un peu plus longues. Il a été pris dans le Jura par M. Chevrier, de qui je tiens nn exemplaire. SCYDM^NUS MIKUTISSIMTJS. Long. 2/3 millim. Larg. y^ millim, Ovalaire, allongé , déprimé, entièrement d'un testacé pâle, et couvert d'un léger duvet. Tête très-petite, enfoncée dans le corselet jusqu'aux yeux; les trois derniers articles des an- tennes formant la massue. Corselet très-large en avant, rétréci en arrière , où il est très-légèrement rembruni. Écusson cor- diforme; élytres ovalaires , un peu allongées, plus étroites en avant que le corselet, et formant, à leur point de réunion avec lui, un angle rentrant très-sensible; elles sont arrondies en arrière , et offrent chacune à leur base une impression enfoncée. Pattes plus pâles; les cuisses légèrement renflées. Cet insecte, également très-voisin du Tlwracicus , n'en diffère que par sa taille, beaucoup plus petite, moitié moin- dre , et sa forme plus étroite et plus élancée. Je ne sais si sa couleur est constante, n'ayant vu qu'un petit nombre d'indi- vidus tous pris en même temps et dans les mêmes circon- stances. Découvert en mai dernier par M. Langeland, dans l'île Louviers, sous une bûche couverte de champignons; il en a pris six exemplaires, OCYPUS SICCLUS. Long. 18 à 20 millim. Long. 4 millim. Allongé , subcylindrique , noir et brillant. Tète suborbicu- laire, couverte de points assez forts, assez écartés, et de quel- DS LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 235 ques autres beaucoup plus petits dans les intervalles; antennes et palpes ferrugineux; mandibules noires. Corselet à peu près de la largeur des élytres , aussi long qu'elles, ponctué comme la tête, mais un peu plus fortement, avec une ligne longitu- dinale au milieu , lisse et luisante. Écusson couvert de points très-serrés. Élytres d'un noir bleu, un peu ternes, couvertes de points fortement enfoncés et très-serrés. Abdomen couvert en dessus et en dessous de points enfoncés assez forts, mais moins serrés que sur les élytres, et présentant, en outre, d'au- tres points épars , beaucoup plus forts, et d'où sortent autant de cils noirs. Pattes ferrugineuses; les hanches antérieures également ferrugineuses , les intermédiaires et postérieures noirâtres. Il est très-voisin du Pedator, mais il est plus grand ; la ponctuation des élytres est plus forte et plus serrée , et celle de l'abdomen également plus forte, mais beaucoup plus lâche. Rapporté de Sicile par M. Ghiliani. OCYPUS PLAINIPENNIS, Long. 15 millim. Larg. 3 i/o millim. Allongé , déprimé, noir et brillant. Tête assez large, subor- biculaire , couverte de points assez forts et écartés , et de quel- ques autres beaucoup plus petits dans les intervalles; antennes et palpes ferrugineux; les premières plus pâles à la base et à rextrémilé, et assez longues; mandibules noires. Corselet \m peu plus étroit et un peu plus court que les élytres, ponctué comme la tête, avec une ligne longitudinale au milieu, lisse et luisante. Écusson couvert de points (rès-serrés. Élytres d'un noir bleu , un peu terne, avec la suture très-étroitemenl fer- rugineuse; elles sont déprimées et couvertes de points peu serrés. Abdomen couvert en dessus et en dessous de points enfoncés assez forts, â peine moins serrés que sur les élytres XI. 17 236 ANNALES et présentant, en outre, quelques autres points épars, un peu plus forts, et cVoii sortent quelques cils noirs. Pattes rougeâ- tres; toutes les hanches noires. Il diiïère essentiellement du précédent , par sa taille plus petite, sa forme plus déprimée, la légère ligne rougeàtre à la suture des élytres , et la couleur noire de toutes ses hanches ; il diffère aussi du Pedator^ dont il se rapproche davantage par ses antennes et ses élytres plus longues ; celles-ci sont moins rugueuses , un peu plus brillantes et plus déprimées , et la ponctuation générale est ÎDeaucoup moins serrée. Rapporté de Sicile par M. Ghiliani. PjŒDERUS lusitaricus. Long. 10 millim. Larg. 1 ^3 miHim. Allongé et subcylindrique. Tète assez forte, noire, luisante, avec quelques points enfoncés sur les côtés et en arrière ; an- tennes noires ; les trois premiers articles et la base du quatrième testacés ; palpes maxillaires testacés; le dernier article presque entièrement noir, les labiaux noirs ; mandibules noires. Corse- let rougeàtre, suborbiculaire , un peu allongé, et légèrement rétréci en arrière , marqué en dessus de deux lignes longitu- dinales de points enfoncés , et de quelques autres points épars sur les côtés. Écusson noirâtre. Élytres un peu plus courtes que le corselet, d'un bleu verdâtre, couvertes de points assez forts et écartés. Abdomen rougeàtre , avec les deux derniers seg- ments noirs ; il est marqué de très-petits points épars. Poitrine noire. Pattes noires ; les cuisses tcstacées dans leur tiers supé- rieur; les tarses d'un brun ferrugineux; les hanches anté- rieures testacées, les intermédiaires et postérieures noires; il est tout couvert de petits poils noirs et rares. Il a beaucoup d'analogie avec le ZzYz'orâf//^^ dont il doit être bien certainement séparé, et s'éloigne beaucoup des variétés DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 237 méridionales de cette espèce dont parle M. Enichson. La forme de son corselet est moins globuleuse. Ses éiylres sont un peu plus allongées, et couvertes de points un peu plus enfoncés. Ses pattes sont presque entièrement noires, et les hanches intermédiaires sont également de cette couleur, tandis qu'elles sont testacées dans le LUtoralis. Il a été pris en Portugal par M. Deyrolle, qui en a rapporté environ quinze exemplaires identiques. Explication des figures 2 à 6 de la planche IX. 2. Langelandia anophthalma très-grossi. 3. Mesure de sa grandeur naturelle. 4. Bouche vue en dessous, représentant le menton a, les mâchoires h, les palpes maxillaires c, la languette d, et les palpes labiaux e. h. Dessus de la tête représentant l'épistome a, le labre b , et la naissance des antennes c. 6. Mandibules. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUË. 239 HiTOTE SUR LES CalUmorpha dominula et donna; Par M. Acu. COSTA. (Séance du 3 août 1842.) M. Duponchel , dans le supplément à son Histoire naturelle des Lépidoptères ou Papillons de France (1), a élabli d'une manière assez tranchée les caractères par lesquels la CalUmorpha donna se distingue de la variété jaune de la CalUmorpha dominula. M. Boisduval, ajoute-t-il, pense que la donna pourrait n'être qu'une variété locale de la do- minula, et qu'il faudrait examiner la chenille pour décider si c'est une espèce ou une variété locale. Nous ne sommes pas à même de remplir ce vide; car il nous a été impos- sible de trouver la chenille dans les environs de Naples; mais nous voulons parler seulement des variations que nous offre la C. donna dans les différents endroits de notre royaume, pour en conclure que celte prétendue espèce, quelle qu'en soit la chenille, ne peut pas être considérée comme espèce distincte. (1) Tome m, page 46. 240. ANNALES Dans la Calabre , la Callimorphe est tout à fait semJîIable au type de la donna décrit et figuré par M. Dupondiel seulement, au lieu d'avoir les deux points jaunes sur le collier, elle a sur le corselet deux traits longitudinaux du même jaune, comme dans la domimila. La Callimorphe des Abruzzes, au contraire, s'éloigne de la donna, et s'approche de la dominuki, comme nous le ferons remarquer après en avoir donné la description. Le dessin des ailes antérieures est le même que celui de la dominula (pi. ïx-, fig. 7); mais la tache oblongueprès de l'ori- gine du bord interne est toujours plus petite , et manque souvent tout à fait. Il y a même des individus dans lesquels manque quelqu'une des taches ordinaires (pi. ix, fig. 8); mais le défaut de la basilaire n'accompagne pas toujours celui des discoïdales. Le dessin des ailés postérieures est aussi le même que celui de la dominula; mais le noir est plus oo moins prédo- minant. Le plus souvent, les deux taches irrégulières noires, qui , dans la dominula ordinaire , sont près du bord externe, dans la Callimorphe en question sont réunies, et forment une seule bande occupant tout le bord, et chargée d'une tache près de l'angle antérieur, une lunule plus ou moins allongée vers l'angle postérieur, et quelque intermédiaire, jaunes. La tache qui est au milieu du bord antérieur communique , par une nervure noirâtre, avec la base, qui est aussi légèrement de cette couleur (pi. ix, fig. 7). On trouve encore des individus dans lesquels le noir est plus étendu et la bande du bord est plus large et chargée d'une seule tache jaune (pi. ix, fig. 8 ), La tête et le corselet sont noirs-verdàtres : ce dernier a de chaque côté un trait longitudinal jaune, plus ou moins long, qui se réduit même quelquefois à un simple point. L'abdomen est de la même couleur que le corselet, le plus souvent sans tache, rarement avec un point jaune bien marqué aux côtés DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGÎOUE. , 241 de chaque segment, comme Tavait déjà observé M. Boisduval, ce que nous avons eu le soin de représenter dans la figure huitième de la planche neuvième. D'après cette description , on voit que îa Callimorphe dcf^ Abruzzes doit se rapporter à la domimila pour le dessin des ailes , et à la donna pour la couleur de l'abdomen. De ce que nous venons d'exposer il résulte qu'il n'y a pas un caractère constant pour distinguer les deux espèces, et que, quelle qu'en soit la chenille, l'insecte parfait présenter.! toujours tant de variations formant les passages intermédiaires, qu'il est impossible d'établir une limite entre les deux Galh- morphes, à moins qu'on ne veuille prendre en considération la patrie de chaque individu. Enfin, il paraît convenable de dire, pour cette espèce, que le mélanisme augmente dans les lieux chauds et plus méri- dionaux et vice versa. Explication des fig. 1 et ^ de la planche IX. Fig. 7 et 8. Variétés de la Callimorpha donna. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLO(;iOUE. 2Î3 WOTE SUR l'ennosios ILlunaria; Par M. GUENÉE (de Châteaudim ). (Séance du 7 septembre 1842.) Tous les entomologistes connaissent maintenant la cause de Textrème différence qu'on remarque entre la Fanessa prorsa et sa variété levana , et ce fait est devenu un des mieux constatés , et un des plus curieux dans l'histoire des Lépidoptères. Tout porte à croire que ce n'est pas là un fait isolé, et que plusieurs Lépidoptères exotiques se trouvent dans le même cas. La variation extraordinaire qu'on remarque dans la Cyreslis hylas? de Java, qui est tantôt fauve et tantôt d'un blanc pur, n'a peut-être pas d'autre cause. Mais, sans aller chercher des exemples parmi les espèces exotiques, nous en trouvons qui ne sont guère moins frap- pants parmi les Lépidoptères de nos pays, et il ne s'agit que de multiplier les observations à ce sujet. Déjà M. Duponchel a consigné dans notre Iconographie des chenilles un fait de cette nature à loccasion de VEnnomos illnstraria; ic viens en apporter aujourd'hui un nouveau, puisé dans le même genre. VEnnomos iUunaria ( Wien-Verz.) a aussi sa variété œsli- vale, et elle est quelquefois tellement tranchée, qu'on serait 244 ANNALES tenté d'en faire une espèce. Les individus provenant de che- nilles prises à Tarrière-saison et qui éclosent au printemps de Tannée suivante, sont, comme on sait, d'un gris un peu verdàtre, surtout dans la femelle. Cette dernière est marquée, aux ailes inférieures, d'une bande médiane sombre violàtre ou d'un vert olive, sur laquelle se dessine la tache semi-lunaire qui , en dépit de son nom , existe chez cette espèce comme chez ses congénères. Le mâle est fortement sablé d'atomes ferrugineux; et ces atomes se multiplient en dessous, de manière à former un fond d'un violet-verdâtre , sur lequel se détachent des lignes d'un blanc terni. Dans la variété œstivale , c'est-à-dire chez les individus provenant de chenilles élevées en mai et éclos en juillet de la même année , le mâle n'est que lôgC-rement sablé d'atomes , et le fond de la couleur tire visiblement sur le jaune lavé de rose. En dessous, la différence est encore plus marquée, et les lignes claires sont roses au lieu cFêtre blanches. La femelle n'est pas moins distincte : le gris-verdàtre est remplacé chez elle par un jaune d'ocre franc, et la ligne des ailes inférieures est ferrugineuse et souvent réduite à quelques traits à peine visibles; enfin toutes les ailes sont liserées de ferrugineux vif. Il est à remarquer que presque toujours cette variété œsti- vale est plus petite, et à ailes proportionnellement moins allongées que chez les individus printaniers. J'ai observé la même chose chez ïlUustraria. D'après ces deux faits, je pense que toutes les espèces du même groupe sont sujettes à cette modification. Je ne l'ai pas encore observée chez la Liinaria; mais je ne serais pas éloigné de croire que la Deliinaria d'Hubner, que M. Boisduval con- sidère comme une espèce distincte, n'est que le résultat d'une différence dans l'époque de Féclosion , à moins toutefois que M. Boisduval n'ait élevé la chenille, et qu'elle ne lui ait offert DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGlQUiî. 2i3 des différences constantes; et encore engagerais-je notre collègue à réiDéter son expérience; car on sait, d'une part, combien la chenille de Lunaria est sujette à varier, et, d'au- tre part, combien sont légères les différences spécifiques des chenilles dans ce genre : il n'y a qu'à citer à l'appui de celte observation celles à'IUiinarîa et à'Illustraria, celles à'Jn- gularia et ^ Alniaria , etc. etc< ANNALES DE LA SOCIÉTÉ RNTOMOLOGIQUE. 247 M®TICE SLR LES ANTHICUS RECUEILLIS AUX ENVIRONS DE PERPIGNAN ET DESCRIPTION DE QUELQUES ESPÈCES NOUVELLES; Par M. le Marquis de la FERTÉ-SKNECTÈRE. (Séance du 7 septembre 1842.) En rangeant les Hétéromères de ma collection , et en y in- tercalant une belle suite de types de Tancienne collection Dejean, que je dois à l'obligeance de M. le marquis de Brème, j'ai été conduit à reconnaître quatorze espèces à'Anthicus bien distinctes , recueillies par moi en deux chasses , au mois de juin 1840, dans la seule localité de Canette, petite mais très-ancienne ville du Roussillon, située à deux lieues de Per- pignan , et à une petite lieue de la mer, sur la rive droite du Têt. La réunion d'un si grand nombre d'espèces du même genre, sur un même point, m'a paru un fait assez intéressant pour être communiqué à la Société. J'ai d'abord voulu n'en donner que la liste, et j'ai été entraîné non-seulement à dé- crire les espèces que j'ai supposées nouvelles, mais à donner quelques caractères spécifiques pour les espèces du catalogue Dejean , non décrites par Fabricius. Je réclame l'indulgence des entomologisîes pour ce travail, en quelque sorte impro- 2^8 ANNALES visé, mais qui pourra nôtre pas inutile à quiconque voudrait entreprendre un jour la monographie complète de ce genre. 1, AnlMcus antherinus. Fabr, Syst, Eleuter. 1, p. 291. 2. J. hirtellus. Fabr. id., id., p. 292. 3. J. guttatus, Hoffmansegg. Dej. Catal. Hirtiis , piceiis , thorace corda to, elytris maculis basait et posteriori ferrugineis. Entièrement d'un brun foncé , hérissé de longs poils comme X hirtellus, avec deux taches jaunes ou ferrugineuses sur chaque élytre , l'une vers la base , transversale , obliquant un peu de l'angle antérieur vers le centre , et moins large que la tache correspondante dans Xhirtellus, l'autre arrondie vers l'extrémité. Les élytres , légèrement arrondies sur les côtés, ont une forme plus ovalaire que celles de Xhirtellus. Sans cette différence on pourrait considérer l'espèce de Fa- bricius comme une variété du guttatus, dont les taéhes pos^ térieures auraient disparu. 4. J. affinis. Dejean, Dej. Catal. Brwmeus, tenue pubescens, capite nigro thorace cor- dato elytris fascia posteriori flavescente subparallelis. Plus petit que Xhirtellus, d'un brun foncé, avec une bande jaunâtre large et distincte sur les élytres, vers les deux tiers de leur longueur. La tête est noire, luisante, les antennes sont jaunes, avec les quatre derniers articles obscurs. Le cor- selet est cordiforme , peu bombé antérieurement, rétréci à la base, qui est jaunâtre ; il est peu brillant, et laisse apercevoir une pubescence très-fine qui existe aussi sur les élytres. Celles- ci sont peu arrondies sur les côtés, et coupées carrément à la base. Les pattes sont cnîièrement jaunes. Trcs-comnnin dans DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 249 les prairies près de Canette, j'en al pris un seul individu dans les montagnes des Albères, dernier anneau de la chai ne des Pyrénées orientales. Ô. A. hrunneus, mîhi. (PI. x, n** i, fig. 1.) Nigro hrunneus , nilidus , glaber, capite hrevi poslice quadrato , thorace ad basim parum coarctato, elytris subparallelîs , distincte punctukitis , concoloribus , iin- pressionis humeralîs colore dilutiore. Cet insecte est voisin de \À. fenestratus, Dej. Il s'en rap- proche par la forme de la tête, qui est; large , courte et carrée postérieurement, par celle du corselet qui est peu rétréci à la base, enfin par sa couleur, généralement brune; mais il lui manque les taches grises qui ornent le Fenestratus, et qui sont dues à une pubescence régulièrement distribuée en deux bandes : Tune qui couvre toute la base des élytres, l'autre qui les traverse par delà la moitié. Le Brunneus, en outre, a les élytres moins arrondies sur les côtés; elles sont plus brillantes, plus distinctement ponctuées , et on remarque près des angles antérieurs une impression humérale bien distincte et assez longue, que l'on n'aperçoit pas dans le Fenestratus. La cou- leur, en cette partie, est un peu plus claire que le fond des élytres. Les pattes et les antennes sont rougeàtres. 6. J. Jntoniœ , milii. ( Fig. 2, pi. x, n° i.) Ferrugineas , tenue pubescens , capite fusco , elytris ovatis , fasciis média et apicali ni gris. Cette jolie petite espèce, que j'avais déjà trouvée en 1838 dans le département du Gard, a pour caractère principal l'absence presque totale d'angles huméraux aux élytres, dont la base parait envelopper celle du corselet , et dont les côtés sont arrondis ûc manière à donner à l'ensemble des élvtres 250 ANNALES la forme d'un ovale allongé. La tête est cFun brun foncé, sans être tout à fait noire, luisante, avec les antennes rouges, à l'exception des quatre derniers articles, qui sont plus ou moins obscurs. Le reste de l'insecte est d'un rouge ferrugineux assez clair. Le corselet cordiforme, et médiocrement bombé, est teint de noir à sa partie antérieure, et inégalement couvert d'une pubescence soyeuse argentée. Les élytres présentent la même pubescence : elles sont rouges avec l'extrémité noire, et une bande transversale de même teinte vers le milieu de leur longueur; quelquefois la tache terminale n'atteint pas le bord postérieur des élytres. Les individus recueillis près de Perpignan sont beaucoup plus foncés que ceux du département du Gard, et les taches y sont agrandies de manière que les élytres paraissent brunes avec la base rougeàtre, et une bande de même teinte vers les deux tiers de leur longueur. J'ai même un individu dont la base est entièrement brune, et cette dernière variété, réduite à une seule bande rouge, pourrait bien être identique avec XJ. unifasciatiis, Dej. Malheureusement, l'unique indi- vidu que j'ai reçu comme type de cette espèce est en si mau- vais état, que je n'ose rien affirmer à cet égard. 7. A. plumbeiis , Dej. Cat. Totiis niger, piibe sericea argentea vesfitus , elytris ovalis , pedibiis feirugineis. Semblable au précédent pour la forme du corselet et celle des élytres, très-différent par la couleur. Tête noire, luisante; antennes obscures. Corselet et élytres d'un noir plombé, lui- sant, sans apparence de taches, et uniformément couverts d'une pubescence soyeuse argentée. Pattes rougeâtres. Peu commun à Canette, mais excessivement commun près de Montpellier, en fauchant les hautes herbes le long d'un rivière. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25i 8, A. tenellus. Hoffmansegg, Dej. Cat, Nigro piceus , pariim puhescens , efftris maciiUs clnd- biis basait et posteriori ôbliquis pallide ferrugineis. De la taille du Floralis, plus étroit^ ce qui le fait paraître plus allongé , généralement d'un brun foncé , tête noire , large et carrée, corselet oblong très-cordiforme. Élytres en ovale très-allongé, brunes, légèrement pubescentes, avec quatre taches d'un ferrugineux pâle , les deux antérieures placées au quart de la longueur forment un chevron très-ou- vert , la pointe tournée vers le centre. Les deux autres for- ment un chevron moins ouvert , en sens inverse du premier, vers les deux tiers des élytres. On distingue à la base de chaque côté de la suture une petite élévation ou nervure comme dans le Floralis, et une dépression sur tout l'empla- cement qu'occupe la tache antérieure. Antennes et pattes fer- rugineuses , à l'exception des cuisses qui sont de la couleur du corps. 9. A. gracilis. Panzer. Je me permettrai de décrire cette espèce , ne pouvant re- produire ici le texte de Panzer, que je li'ai pas à ma dispo- sitiorl. Elongaliis , brunneo-ferrugineus , capite postice subro- tundato, thorace cordato , elylris flavescentibiis , sutura margine laterali et macula marginali fuscis. L'A. gracilis est de la taille du Floralis ; la tête est un peu arrondie postérieurement, brune, peu brillante, distincte- ment ponctuée. Le corselet est cordiforme, un peu aplati sur le disque et dilaté latéralement à sa partie la plus anté- rieure. Les élytres sont allongées, rétrécies antérieurement, coupées carrément à la base , distinctement ponctuées , beau- coup plus claires que le corselet , avec la suture et les bords XI. 18 252 ANNALES plus foncés. La teinte foncée du bord se dilate vers le milieu de la longueur et forme une tache obscure qui s'avance en pointe vers la suture qu'elle atteint presque, de manière que la seconde moitié des élytres présente, sur certains indi- vidus, une tache d'un brun clair, entourée de brun plus foncé ; les pattes et les antennes participent à la couleur claire des élytres (1). 10. A. Bremeî. ( PI. x , n° 1 , fig. 3 et 4.) Cette espèce , que j'ai été heureux de dédier à un de nos plus zélés entomologistes, varie, pour la couleur, depuis le rouge testacé clair jusqu'au brun le plus foncé , pour ne pas dire jusqu'au noir. Je considère les individus les plus clairs, sinon comme le type de l'espèce , du moins comme le point de départ des différentes variétés. Var. «. (PI. x,n° l,fig. 3.) Lœte ferrugineus , parce piibescens , capite concolore, thorace strangiilato iorqiiato , elytiis laterihus pariim rotundatis , fasciis média apicalique nigris. Cette variété est entièrement d'un rouge testacé clair; la tête, les antennes, les pattes, le corselet, tout se confond dans cette teinte vive et brillante ; les élytres seules , sur un fond également rouge, présentent deux taches noires, l'une qui les coupe transversalement vers le milieu de leur lon- (1) Depuis que cette notice est terminée, j'ai trouvé la descrip- tion de VAnthicus gracilis dans deux ouvrages : 1° dans VEncjr- clopédie méthodique, t. viii, 2® partie, p. 396, à l'article Notoxus, et dans V Histoire naturelle des Coléoptères j, de M. le comte de Castelnau, t. ii, p. 258. L'un et l'autre ouvrage citent Panzer. Faun., ins. germ. initia j 35, 3. La description du second ouvrage me paraît fautive ; celle du premier diffère peu de la mienne, que je n'ai pas cru devoir supprimer. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 253 gueur, et qui est souvent interrompue sur la suture, l'autre tout à fait terminale et remontant un peu le long de la suture. Ces deux taches s'épanouissent sur les bords latéraux et s'y réunissent le plus souvent : voilà pour la couleur. Quant aux formes , VJ. Bremei a la tète arrondie postérieurement , sé- parée du corselet par un col apparent; le corselet allongé, très-bombé antérieurement, très-rétréci ou plutôt étranglé postérieurement aux deux tiers de sa longueur, puis se dila- tant un peu à la base , de manière à offrir l'apparence d'un collier garni à sa partie supérieure de deux très -petits tuber- cules rugueux, plus ou moins apparents. Les élytres ont des angles huméraux sufisamment prononcés pour que cette va- riété se distingue facilement de VJ.Antoniœ ci-dessus décrit, auquel il ressemble au premier coup d'œil par la couleur et la forme des taches. Var. b. Variabilis. Chevrolat in litteris. ( PI. x, n° 1, fig. 4.) Nigropiceus , thorace strangulato torqiiato , elytris lateribus parum rotundatis , maculis basait et posteriori ferrugineis. Entièrement d'un brun rouge plus ou moins foncé; les élytres présentent chacune deux taches ferrugineuses sur un fond brun, disposées à peu près comme celles du Tenellus (voyez ci-dessus). Quelquefois les deux taches postérieures, moins arrêtées dans leurs contours, n'en forment qu'une seule arrondie et commune aux deux élytres. Cette variété et la suivante existent sous le nom de Variabilis dans la collec- tion de M. Chevrolat, auquel je les ai données, et qui les a considérées comme une espèce distincte de la variété précé- dente. Var. c. Entièrement d'un brun très-foncé ; on aperçoit à peine sur les élytres quelques traces des taches basilaires : les postérieures ont entièrement disparu. 254 ANNALES Ces deux dernières variétés ont sur les élytres une ponc- tuation constamment plus grosse et plus profonde que n'est celle de la première; mais ce caractère ne m'a pas paru suffi- sant pour établir deux espèces, d'autant plus que j'ai pris au même lieu un individu dont les taches font transition de la première variété à la seconde. Il est d'ailleurs probable que les individus les moins foncés sont les plus frais éclos, et il ne serait pas impossible que la ponctuation plus profonde des autres fût le résultat d'un contact plus prolongé avec l'air. Je ferai observer encore que les individus varient entre eux sensiblement pour la largeur du corselet et celle des élytres. En comparant la variété ah corselet large avec la variété bouc à corselet étroit , on a de la peine à croire que ces deux in- sectes appartiennent à la même espèce; mais j'ai recueilli des uns et des autres dans les trois variétés , et je suis tenté de croire que le plus ou moins de largeur du corselet et des élytres n'est qu'un caractère sexuel. Les trois variétés ci-dessus ont été trouvées à Canette, dans une même chasse ; j'ai pris aussi les variétés b etch Mont- pellier, et la variété b dans les Hautes-Pyrénées. Je dois ajouter que VJnthicus ici décrit se rapproche tel- lement du Riparius Dej., cité au Catalogue avec une longue synonymie, qu'il me serait fort difficile de dire en quoi les formes de l'un diffèrent de celles de l'autre; mais les taches du Bremei manquent entièrement au Riparius, qui a les élytres uniformément d'un jaune brun plus ou moins clair. C'est du moins tout ce que j'ai pu observer sur les trois indi- vidus bien conservés que M. de Brème a extraits pour moi de l'ancienne collection Dejean. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 255 11. J. minutas, mihi. (PI. x, n'' 1 , fig. 5.) Ferrugineus , nitidm, parce pubescens, thorace stran- giilato torqualo, elytris ovatis , brunneis, basi sutura- quâ sensim ferrugîneis. Cette espèce est voisine de la précédente et du Riparius; elle a, comme ces deux espèces, le corselet oblong , très- bombé antérieurement, étranglé aux trois quarts de la lon- gueur, avec le collier bituberculé à la base ; mais elle eu dif- fère par sa taille, qui est constamment pVus petite; par la forme de la tête, qui est carrée postérieurement, et surtout par celle des élytres, qui sont en ovale allongé, avec les an- gles antérieurs arrondis. Quant à la couleur, les individus que j'ai pris ont la tète, les antennes, le corselet et les pattes d'une couleur ferrugineuse, moins claire que la variété a de XAnthiciis Bremei. Les élytres n'ont pas de taches distinctes, elles ont la base de la couleur du corselet ; mais au delà elles se rembrunissent peu à peu, excepté sur la suture, qui reste ferrugineuse. 12. A. melanophthalmus, mihi. (PL x, n° 1 , fig. 6 et 6 ût.) Totiis flavo-testaceiis , ociilis nigris , thorace bilobato , elytris parallelis antice siibpunctato-striatis. Cette espèce n'est pas la moins curieuse de celles que j'ai recueillies à Canette ; elle est entièrement d'un jaune testacé clair, et les yeux seuls, gros et saillants, se détachent en noir sur cette teinte uniforme, ce qui lui a valu le nom que lui a donné M. Chevrolat en la recevant de moi , et sous lequel je l'ai envoyée à plusieurs entomologistes. La tête est courte et large, peu ou point détachée du corselet; les antennes sont courtes , un peu moniliformcs , et grossissant vers l'extrémité plus que cela n'a lieu dans les autres espèces; le corselet est 256 ANNALES très-dilaté antérieurement, aussi large que la tête, y compris les yeux, étranglé brusquement aux deux tiers de sa longueur, puis dilaté de nouveau jusqu'à la base, qui est aussi large que la tête, non compris les yeux; son disque, en outre, est partagé en deux par un sillon longitudinal bien marqué, qui ne se prolonge pas tout à fait jusqu'à l'étranglement. Cette forme bilobée du corselet rapproche cet insecte du Piilchellus du Catalogue, mais plus encore des espèces américaines Inter- ruptiis et Bilobus; seulement, dans ces espèces, le corselet étant beaucoup plus long et beaucoup moins large , la stran- gulation n'est pas aussi choquante. Les élytres sont très- allongées, comparativement à la forme courte et trapue des parties antérieures ; elles sont aussi parallèles que possible , coupées carrément à la base, et couvertes jusque par delà la moitié de gros points enfoncés , rangés en stries presque ré- gulières. Cette espèce n'a pas été recueillie comme les autres à l'aide du filet faucheur, je l'ai prise courant très-vite à terre sous des amas de joncs desséchés que la rivière du Têt , pendant les inondations, avait charriés et déposés sur la grève. Ces joncs , en conservant de l'humidité au sable brûlé tout autour par le soleil, étaient devenus le rendez- vous d'un grand nombre de Coléoptères. 13. A. pedestris. Fabricius. Syst. éleut. 1 , p. 291. 14. A. pulchellas. Dejean, Rodriguei, Latreille, (Dej. Cat.) Piceus, nitidus, suh hirsutus, thorace elongato bilobato, elytris fasciis basait et posteriori flavescentibus. Très-petite espèce digne du nom qu'elle a reçu de M. Dejean. Tête noire, très-luisante, corselet bilobé beaucoup plus long et moins large que celui du Melanophthalmus , d'un brun rouge foncé antérieurement, plus clair vers la base. Elytres DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 257 très-brillantes, un peu arrondies sur les côtés, coupées car- rément à la base, parsemées de longs poils jaunes, brunes, avec deux bandes transversales jaunâtres. Tune très-près de la base et interrompue sur la suture , Tautre vers les trois quarts de la longueur. Antennes jaunâtres , pattes testacées, à l'exception des cuisses qui sont brunes. Cette espèce , que j'ai prise moi-même à Bordeaux, à Auch, à Montpellier et à Canette, se tient constamment sous les pierres ou dans le sable, au pied des arbres. Elle a été prise aussi en abondance à IMalaga , par ISI. Ghiliani , habile chasseur, voya- geant pour le compte d'une société, dans l'hiver de 1841 à 1842 ; mais les individus de l'Andalousie sont encore plus petits que ceux du midi de la France. Parmi les quatorze espèces , les A. melanophthalmiis et Pulchellus sont les seuls dont je puisse indiquer positivement la station , suivant l'expression de M. Lacordaire. Quant aux douze autres, elles se tiennent toutes sur des fleurs ou des graminées; mais mon ignorance en botanique ne m'a pas permis de reconnaitre les plantes auxquelles certaines espèces s'attachent de préférence. Je dois donc me borner à dire que toutes ces espèces ont été recueillies à l'aide de la fauchoire , dans les terrains vagues et incultes , et dans les prairies qui séparent la ville de Canette de la mer. Gyllenhal , dans son Histoire des insectes de la Suède , signale aussi les bords de la mer comme l'habitation particulière de plusieurs espèces de ce genre. Dans le centre de la France, le nombre des espèces àHJn- thicus est beaucoup plus restreint. Le Catalogue de M. Dejean n'en attribue que trois aux environs de Paris : Antherinus , Floralis et Hirtellus; et dans la campagne que j'habite en Touraine , au milieu de la forêt de Chinon , je n'ai rencontré depuis six ans que les espèces suivantes : Antherinus , assez commurj sur les fleurs ; 258 ANNALES Floralis , très-commun I , , j ,. „. „ ' . sur les murs, près du fu- Hirtelliis , movas, covtmmn ) . , . 1. . 1 I mier. 4 Pustulatus, un seul mdividu j Rufipes une seule fois, dans la forêt, au bord d'une fosse. Instahilis (pi. x, n**l, fig. 7 et 7 a), commun, courant sur la terre, dans les vignes. A propos de YJnthicus instabiUs, bien qu'il n'entre pas dans mon plan d'en parler ici, je ne puis résister à signaler une singularité que je crois être particulière à cette espèce; car je ne Tai remarquée dans aucune autre, et il n'en est fait mention dans aucun des ouvrages que j'ai pu consulter. Cette singularité consiste dans une dilatation ou épanouissement en forme de palette ou de spatule à la partie externe des tibias postérieurs : cette espèce d'appendice tibial doit être un caractère sexuel; car tous les individus de l'espèce n'en sont pas pourvus ; mais il m'est impossible de dire à quel sexe il appartient , bien que l'analogie me porte à l'attribuer au mâle. J'ai dessiné dans des proportions assez grandes la patte postérieure droite des deux sexes , afin qu'on puisse éta- blir la comparaison. La patte est figurée dans la position na- turelle au repos, appliquée contre l'abdomen. On voit ainsi la face supérieure de l'appendice, qui est légèrement convexe, avec un sillon longitudinal vers le milieu ; la face inférieure, au contraire , présente une concavité correspondante , ce qui laisse à l'appendice une très-mince épaisseur. Après avoir appelé l'attention des entomologistes sur VAn- thiciis instabiUs, il n'est pas inutile d'en donner la descrip- tion qui , peut-être , n'existe encore nulle part. Cette espèce porte trois noms différents dans le catalogue de ]M. Dejean ; je lui conserverai le premier, donné par Hoffmansegg : ce doit être le plus anciennement répandu, puisqu'il figurait dès 1821 dans la première édition du Catalogue. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 259 J. instahilis, Hoffmansegg., Dej. Cat. (PI. x, n° i, fig. 7 et 7 a.) Colore aiit brunneo aut flavescenle varïabili, capite postice suhquadrato , thorace cordato , elytris concolo- ribus , immaculatis sat profunde punctatis , tibiis posticis sexiis uniiis in formam spatulœ extrinsecus dilatatis. Cet Anthicus étant très-voisin du Gracilis de Panzer, il suffit de signaler les différences. Il est constamment un peu plus grand ; la tête, au lieu d'être arrondie, est presque carrée postérieurement; le corselet, également cordiforme, est un peu plus large et moins bombé antérieurement. Les élytres ne sont pas rétrécies antérieurement , elles sont de la même couleur que le reste de Tinsecte, sans aucune tache, et cou- vertes d'une ponctuation plus grosse et plus profonde; elles n'ont pas d'impressions humérales, ce qui distingue cette es- pèce du Brunneas , décrit ci-dessus. Les pattes sont un peu plus claires, et les tibias postérieurs de l'un des sexes, pro- bablement du mâle, sont dilatés extérieurement en forme de spatule mince et plate. Cette dilatation commence à peu près au quart de la longueur du tibia, et augmente graduellement jusqu'à l'extrémité, qui est arrondie et aussi large que la plus grande largeur de la cuisse. La couleur générale de l'insecte est, ou le brun ferrugineux, ou le jaune testacé assez pâle; je n'ai pas remarqué de nuances intermédiaires. J'ai reçu de M. le marquis de Brème deux individus pâles de l'Espagne, avec appendice , et un individu foncé de la Dalmatie , sans appendice, Je trouve les deux variétés en Touraine. Explication des figures de la planche X, n" 1, 1. Anthicus brunneus. 2. — Antoniœ. 3. — fire/7zeï (femelle? ), Var, A, 260 ANNALES 1 5r^/77e/ ( mâle ? ), Var. B. I variabilis , Chevrolat. 5. — minutas. 6. — melanophthalmus . 6 a. — id. antenne grossie. 7. — înstabilis, Dej. (mâle?); patte postérieure grossie. 7 a. — instabilis, Dej. ( femelle? ); patte postérieure grossie. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLIE. 261 KaUVEIiliE ESPÈCE DE CRUSTACÉS DU GENRE DES BRANCIIIPES ; Par M. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.) Branchipus torvicornis. ( PI. xi , fig. 1 à 4.) Cornibus cephaUcis maris validîssimis , tortuosis , in pliirimos processus ramiformes divisis ; ovario feminœ elongato , conico. Long. mar. 1 p. ; fem. circa 14 1. Cette espèce est la plus remarquable de celles que l'on connaît jusqu'à présent. Non - seulement elle semble sur- passer par le volume de son corps les quatre espèces que M. Milne-Edwards décrit dans son ouvrage sur les crustacés ( Suites à Buffon ), mais encore elle étonne dans le mâle par un énorme développement des cornes céphaliques, qui , éten- dues , égalent en longueur le corps entier. Ce qui , dans les cornes des espèces connues , n'était qu'un rudiment en forme de dent, est une branche dans celle-ci. Ces cornes procèdent des deux côtés du front , qui se prolonge entre elles en un gros et assez long mamelon (pi. xi, fig. 3, f). Grosses et char- 202 ANNALES nues à leur base, elles avancent d'abord tout droit, poussant en dessous {ib., g g) une branche grêle en forme d'un fil de la longueur des antennes antérieures, et encore plus forte que ces dernières ; puis elles se brisent en coude ( ib, , h A), et leur partie succédant à la fracture offre à sa surface inté- rieure de nombreuses rides tranversales , une série de petites dents {ib, , i) et une autre pareille ( ib., k k) qui monte de la partie radicale à la suivante, traversant le coude. Ensuite elles se brisent une seconde fois {ib., l / ) , mais de bas en haut, présentant sous cette fracture une courte mais forte pointe ou dent {ib., o). Cette troisième partie des cornes, la dernière, se fourche presque à sa base {ib., m m) , en deuxbran- ches courbes, disposées à l'instar des deux bras d'une lyre, un peu comprimées, et se rétrécissant graduellement vers le bout, jusqu'à passer en longues pointes. Ces deux branches ne sont pas égales. La plus petite {ib., n n) présente sur ses cour- bures , et du côté interne , une dentelure , et outre cela , un mamelon court et grêle ; mais l'autre, plus grande {ib., p /?), se divise, en dessous, en plusieurs apophyses, dont le plus grand {ib., r r)a base élargie comme une empaumure des bois de cerf, est une lame triangulaire, très-mince et trans- parente, à extrémité longue et pointue. La partie extrême de cette branche terminale {ib., q q), recourbée en forme d'une faux, prolongée et pointue, offre dans toute la longueur de sa tranche intérieure une dentelure serrée. Telle est l'armure du mâle. La femelle , encore plus grosse que le mâle, se distingue, en outre, par le front avancé en deux lames amincies aux bords, et qui se dirigent sous la tête ( pi. IX, fig. 4, ^ ^ ). Son ovaire a une couleur bleue et la forme d'un cône allongé. Les deux nageoires qui terminent la queue dans les deux sexes sont allongées , couvertes de cils, et presque les mêmes que dans le Branchipe des étangs. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 2G3 J'ai trouvé cette espèce si remarquable, le 13 juillet 1840, dans une eau assez profonde, mais excessivement trouble, formant un petit marais, et remplissant une fosse où était au- trefois un puits au milieu d'un jardin rustique à Odolany, petit village aux environs de Varsovie. L'opacité de cette eau ne permet pas de voir les animaux; mais ils se laissent abon- damment pécher au moyen d'un crible. Il n'y a pas de doute que leur existence dépend de l'opacité du milieu où ils vivent; car si l'eau où ils se trouvent était transparente , les canards et les grenouilles les extermineraient totalement dès le prin- temps. Ils y habitent en société des Limnadics tétracères de Krynicki; lesquelles, en outre, se trouvent abondamment dans les autres petites mares des environs , où il n'y a pas de Branchipes. "264 ANNALES DESCRIPTION d'un insecte aptère qui se trouve en quantité aux environs de varsovie; ParM. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.) Achorutes (1) hielanensis. (PI. xi, fig. 5 à 8.) Cinereo-cœrulea , albido pilosa , tarsis fiircaque albis , antennariim articula ultlmo longltudiiie trium prœce- dentlum. Long. 2 millim. i^» Crass. 1 millim. Le dessus de tout le corps de ces animaux présente une couleur et une conformation très - uniformes : la couleur est cendrée -bleuâtre, ou plutôt bleue, mais tirant au cen- (1) Je ne veux pas augmenter la nomenclature en multipliant les noms génériques. Laissant donc à des entomologistes plus habiles que moi l'appréciation du genre auquel doit appartenir mon insecte, je le rapporte, en attendant, au genre Achorutes Templ. ( probable- ment Hypogastrura, Bourlet ), avec lequel il s'accorde , excepté le caractère que lui assigne M. Burmeister, le dernier article de l'an- tenne le plus petit ; car cet article est, au contraire, dans mon espèce, le plus grand, M. Burmeister ne fait pas non plus mention des yeux à son genre Achorutes; mon espèce n'en a point. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 265 ciré, à cause d'une multitude de poils blancs très -petits, très-courts et très-serrés , qui couvrent toute la surface du corps. Ce genre de tégument destiné à garantir l'animal de l'humidité, fait que le corps, partout à sa surface, est mat et comme pruineux. Les plus manifestes de ces poils couvrent les articles des antennes, les tarses et les incisions du corps, surtout en dessous. Le dessous du corps présente plus de variété , tant sous le rapport de la conformation que de la couleur. Les segments du corps offrent de nombreuses plicatures, et vers leur centre, où la peau qui les couvre est la plus mince, ils changent gra- duellement leur teinte bleue , pour paraître enfin tout à fait blancs. Un grand cône déprimé constitue la tête, sur le sommet de laquelle sont placées les antennes (pi. xi, fig.7, /"Z"), très-rap- prochées à leur base, chacune enchâssée dans une proéminence annuliforme , très-semblable au premier article de l'antenne. Chaque antenne est composée de quatre articles : les deux pre- miers, courts, sont égaux; le troisième, un peu plus long, joint un peu obliquement au dernier, qui est le plus long, cylindri- que , et faisant avec lui un coude. La longueur de ce der- nier article est presque égale aux trois autres pris ensemble. Ces antennes sont grosses, et ne dépassent pas la longueur de la tète. Il n'y a aucune trace d'yeux. La tête, en dessous, vis-à-vis de la base des antennes, se prolonge et se rétrécit en bouche, comme, par exemple, dans la larve des Libellules. Ce rehaussement aboutit, par une ou- verture circulaire, à la cavité buccale, fermée en haut par la lè- vre supérieure (pi. xi, fig. 8, g), et du côté opposé, par la lèvre inférieure. Le bord antérieur de la première a trois échancru- res symétriques, d'où résultent trois sinus ronds, le mitoyen, le plus grand , et quatre dents ou lobes pointus. Les sutures 266 ANNALES sous la gorge {ib.,Ji) marquent les deux aires triangulaires, par- ties immobiles qui composent le mentum. La lèvre inférieure, composée elle-même de deux pièces, est, à son bord antérieur, ciliée, dure, et pousse des cotés deux mamelons charnus {ib., ii), que Fou peut regarder comme des palpes labiaux. Nous voyons donc que cette organisation de la bouche a une analo- gie frappante avec celle de quelques Myriapodes, et nommé- ment du genre des Iules. Entre ces deux lèvres, reste une ouverture trilobée , par où l'animal fait échapper de temps en temps , avec une grande vitesse, les parties intérieures de sa bouche, qui, dans leur état d'inactivité, se cachent totalement dans le fond de la cavité buccale. On voit en haut deux man- dibules assez fortes, chacune terminée par un crochet blanc, analogue à celui qui termine chaque patte. Immédiatement au-dessous de ces mandibules, se laissent apercevoir deux au- tres parties égales, que je crois être les mâchoires, mais dont l'organisation assez compliquée, à cause de la mollesse de leur substance et de la profondeur de leur gisement, m'a pré- senté jusqu'aujourd'hui de grandes difficultés dans l'étude spéciale (1). Pendant que ces instruments masticaux restent dans leur situation neutrale, on voit dans les endroits (k h^ pi. XI, fig. 8) deux points blancs : ce sont les extrémités des crochets qui terminent les mandibules. Le reste du corps se compose de huit segments (pi. xi, fig. 7 et 8), savoir : Le premier segment {prothorax) est très-court : c'est à lui que s'attache la première paire des pattes. Le deuxième segment {mesothorax) ^ auquel s'attache la deuxième paire des pattes , est plus large que le premier, et deux fois plus long. (1) Je me propose de donner plus tard une description plus com- plète de cette organisation. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQUE. 267 Le troisième segment {metathorax), qui sert d'attache aux pattes de derrière , ressemble tout à fait au deuxième. Les pattes sont plutôt semblables à celles des crustacés ou des aranéides, qu'à celles des insectes propres. Chacune est composée de cinq articles, et enchâssée dans une proéminence annuliforme du sternum, plus basse toutefois que celle de l'antenne. Le premier article (coxa ), pî. xi, fig. 8, /, est court, presque sphérique, eta en partie la couleur blanche du dessous du corps. Le deuxième {fémur) ^ ib., m, le plus long, et grossi à sa base , présente en dehors une double plicature, où entrent les articles qui suivent quand la patte est pHée. Le troisième {tibia)^ ib.,n, et le quatrième {metatarsas), ib., presque égaux, sont plus grêles et plus courts que le précédent. Enfin, le cinquième [tarsiis), ib.,p, allongé, conique, se rétrécissant vers le sommet, est terminé par un seul ongle ou crochet blanc, qui s'articule à la patte. La première paire des pattes est la plus courte et la plus faible ; la plus forte est la dernière. Ces pattes se distinguent encore par quelque singularité de leur direction. Quand l'a- nimal les meut pour marcher, les fémurs des pattes opposées se dirigent parallèlement vers eux-mêmes, et ce ne sont que les jambes qui s'écarquillent. Les cinq articles suivants du corps composent l'abdomen , savoir : Le quatrième segment , plus large , mais un peu plus court que le précédent, a, en dessous, et au milieu, une peau blanche qui s'élève assez haut pour former un cylindre de cette cou- leur {zflinder, zjiindrische Warze , Burm.; tube gastri- que, Bourlet\ ib., q q, mais dont le bout rétractile, hémisphé- rique, comme bouffi et fendu longitudinalement , se distingue du corps par une couleur bleuâtre. Nous parlerons plus bas de l'usage de cet organe. XI. 19 268 ANNALES Les segments cinquième et sixième , qui sont blancs en des- sous, et vers leur milieu, ne présentent rien de particulier. Le dessous du septième segment présente une nombreuse plicature. Son centre sert de base à la fourche déprimée, ib.,rr, qui aide l'animal à sauter, et qui est propre à la plupart des insectes de cette famille. Dans l'état de repos, ceîte fourche reste appliquée à la partie ventrale des deux segments précé- dents. Sa large base , ib., rr, est entourée par un pli de la peau de ce segment. A la base , la fourche a une couleur presque bleue, comme tout le corps ; plus loin, elle est blanche-bleuâ- tre; enfin, les dents sont blanches, quelquefois rougeâtres. Le huitième et dernier segment du corps est le plus grand de tous. Un pli semi-lunaire, ayant l'apparence d'une incision ou d'une suture, et qui part tant au-dessus qu'au-dessous du segment , près de son bout postérieur, sépare cette partie anale de manière qu'elle paraît constituer le neuvième seg- ment caudal, s s, pi. xi, fig. 7 et 8, dont le bord posté- rieur, qui termine à la fois tout le corps en arrière, est alter- nativement échancré et denté. Il y a six dents, dont les deux du milieu sont les plus grandes. La surface inférieure de cette partie finale du huitième segment présente deux espaces pro- tubérants, pi. XI, fig. 8, 1 1, ovoïdes, d'une forme très-régulière, dirigés et rapprochés par leurs bouts antérieurs vers eux-mê- mes, et au point où est l'anus. Je regarde ces protubérances comme le siège des organes de la génération de l'animal. Quoique la surface supérieure, soit de la tête, soit de tous les segments du corps, ne présente, au premier coup d'oeil, qu'une uniformité parfaite j cependant il y a dans certains endroits, sur cette surface, de petites rides ou fentes stigmati- formes. A la base du cône qui constitue la tête , ces fentes sont rangées en deux séries transversales et parallèles, u u, pi. xi, fig. 7. Huit d'entre elles, c'est-à-dire quatre de chaque série, sont les plus visibles, et deux extérieures, dans la série la plus DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 269 voisine de la base , sont les plus grandes. Chaque segment du corps porte également, à sa surface supérieure, quatre pareilles fentes,deux latérales, /^,,«^«^,prèsdescôtes,et presque dans le lieu ordinaire des véritables stigmates, deux mitoyennes, ib., x X, entre celles-là, et plus rapprochées vers le dos. Par chacune de ces fentes ou pores, l'animal, inquiété, laisse sortir des gouttes d'une liqueur épaisse, blanchâtre, opaque, amère, ayant une odeur qui tient le milieu entre celle que répand le Poly- desmus complanatus et celle qu'exhalent les Coccinelles ou plusieurs autres insectes ( Hister blpustulatm , Clythra trident ata , Lyciis sanguineas , etc.). J'ai observé que même les plus grands pores situés aux angles postérieurs de la tête ont également la faculté d'exhaler des gouttes répul- sives, comme le font ordinairement les myriapodes. La mar- che de l'animal est lente. Attaqué, il se roule un peu, en rap- prochant sa tête jusqu'au ventre, et à l'instant même il fait sortir les gouttes du liquide dont on vient de parler. Dans cet état d'enroulement, les dents de la fourche embrassent le ma- melon cylindrique et s'y fixent. Quand on touche avec le bout d'une petite baguette l'animal qui marche sur du papier, il saute au moyen de sa fourche; cependant, à cause de la pe- santeur de son corps , il ne se prête que très-rarement à ce mouvement rapide, et le saut qu'il fait alors ne le porte jamais bien loin. Une quantité étonnante d'individus de l'espèce que je décris se trouvent dans les parties basses du bois de Bielany, situé sur le bord de la Vistule, et tout près de Varsovie. Il est bien singulier que, dans les forêts situées précisément vis-à-vis, sur le bord opposé de ce fleuve, on n'y ait jamais trouvé un seul individu de ces insectes. J'en ai rencontré, il est vrai , mais très-rarement dans les parties basses du parc de Jablonna, à deux lieues de Varsovie, également sur la Vistule. A l'endroit de leur habitation, ils sont dispersés 270 ANNALES parmi les feuilles mortes qui pourrissent sur la terre ; ils s'at troupent et se cachent sous de grands corps abandonnés, comme des planches, des copeaux, etc., pour y chercher de l'hu- midité. Ils existent pendant toute l'année ; car, même en hiver, après avoir remué la neige et les feuilles, on peut en trouver en abondance. Ils ne peuvent pas vivre longtemps hors de l'humidité. 11 paraît que le tube gastrique, qui se trouve sous le premier segment de l'abdomen de ces insectes, et que Latreille a pré- sumé être l'issue de leurs organes sexuels (1), contient l'ou- verture par où ces animaux reçoivent l'air pour respirer. Cette conjecture n'aurait-elle pas quelque rapport avec celle de M. Guérin, à l'égard des vésicules qu'il a observées l^Jnn. des se. liât. , 1 836 , Zoologie , p. 374 ) dans le genre Machilis ? Sous le rapport de cette restriction du nombre des stigmates, leur respiration aurait une analogie parfaite avec celle des aranéides , et relativement au besoin de la médiation de l'hu- midité, à la respiration des crustacés. Les cloportes qui fré- quentent même les endroits assez secs, afin de pouvoir retenir l'eau à leurs ouvertures respiratoires , ont ces dernières mu- nies d'opercules, observés par MM. LerebouUet et Duvernoy {Y Institut, 1840, n° 312). Aussi les Jchonites, qui n'ont point ces opercules , ne peuvent-ils rester qu'un temps très- court dans des endroits secs. On reconnaît très-facilement cette destination de leur tube gastrique, lorsque, après avoir été isolés dans un endroit sec, ces animaux, pressés de res- pirer, sont placés sur un verre dont la surface a été hu- mectée; alors l'action de leur tube augmente; ils se collent, pour ainsi dire, au verre humecté, ce qui a probablement (l) De l'organisation extérieure et comparée des insectes Thysa- noures (Nouvelles Jnnales du Muséum d'hist. nat. , t. l*"", p. 185). DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. 271 fait supposer à quelques eiilomologistes que ce tube est des- tiné uniquement à soutenir l'animal, lorsqu'il marche sur un plan vertical. Dans un vase rempli de feuilles pourries et humectées , on peut non-seulement les conserver vivants pendant plusieurs années, mais même encore les envoyer en état de vie dans des lieux très-éloignés. J'ai observé sur les individus élevés par moi, qu'ils muent très-souvent. Leurs dépouilles sont blanches et toujours chiffonnées. Je n'ai jamais vu ni leur copulation ni leurs œufs , quoique chaque année , au commencement du mois de mai, il apparaisse dans le vase une multitude de petits. Le corps de ces derniers offre exactement la conformation de celui des adultes, excepté : V qu'il est presque cylindrique ; 2° qu'il est tout à fait blanc; 3° qu'il ne présente aucune trace de la fourche; en un mot , ce sont des individus qui portent tous les caractères du genre Lipura, Burm. Il est donc facile d'arriver à cette conjecture que les espèces Podura ambulans, et Po-r dura aïba. Lin, {fimetaria, Schrank), que M.Burmeister dé- tache pour former son genre Lipura , ne sont que des indi- vidus imparfaits des espèces qui appartiennent à son genre Achorutes. Dans les plus jeunes individus de mon espèce, on aperçoit le rudiment du tube que M. l'abbé Bourlet ( An- nales de la Soc. ent. de France, 1841 , Bull, lviii) refuse a l'epèces Podura fimetaria, tandis que M. Burmeister {Ma- nuel, t. II, p. 447 ) approuve, au contraire, son existence dans le genre Lipura. Avant la mue, la couleur du corps des individus adultes devient plus foncée. S'il se manifeste alors au-dessus des seg- ments postérieurs des taches blanches , c'est une marque qu'ils ne supporteront pas leur maladie : aussi, dès l'instant que ces taches ont paru , l'animal est-il à peine en état de faire quel- ques pas; bientôt il devient immobile, il se tuméfie, et prend une couleur bleu-violet, quelquefois toute brune, mais alors 272 ANNALES il ne vit plus. Quelquefois le corps de ce cadavre éprouve un singulier changement; un article quelconque de ses antennes ou pattes s'enfle au point qu'il se transforme en une vessie grosse, transparente et pleine d'eau , au milieu de laquelle des millions d'infusoires fourmillent. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 273 DESeRIPTIOlV d'un IWSECTE COLÉOPTÈRE INDIGÈBIE DE LA CHINE TROUVÉ DANS DU THÉ DE COMMERCE; Par M. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.) Anisoplia theicola. (PI. \i, fig. 9 et 10.) Livida, glabra, pimctulata , thorace lateribus margi- iiato macula magna cordiformi viridl splendente , ely- tris punctato-striatis , macula circa scutelliim, sutura , margine exleriori, punctoque apicali violaceo splen- dentihus , pectore vlridi. Descriptio. « Clypeus transversus, margine antico reflexo, «integro, cupreo resplendens , pimctatissimus. Caput antice «quoad colorem et siiperficiem clypeo simillimum , postice «viridi splendens, laeve. Ociili nigri. Anteiinae rufae capitulo «nigro. Thorax antice et lateribus marginatus (immargina- «tus postice), nitidissimus , subpunctatus , glaber, lividus; «disco ejus macula magna cordiformis, viridi splendens, nullibi «margines thoracis nisi medio marginis postici adversiis scu- 'ctellum attingens.Sculellum lividum. Elytra magnam partem 27i AISNALES «abdominis non obîegentia, punctalo-striata, singulo striis «circiter VIII; glabra , livida; macula trapezoidali scutellum «cingente, sutura, margine exteriore et puncto/! lineolaapi- « cali intense violaceis , splendentibus. Corpus lividum , niti- «dum, glabrum. Abdomen parte elytris non obtecta puncta- «tum, segraento ultimo/1 anali vix dignoscibile pubesceiitiai «vestigium ostendens. Peclus totumviride; metasterno cana- «licuiato. Pedum femora livida , tibiae fuscae, anticae extra bi- «dentatae. Longitudo totius insecli, lin. 3.» Habitat procul dubio in China. Unicum exemplar dessicca- tum apud mercatorem russicum in tliea bohea commerciali Varsoviae repertura , musœo Cel. Aube prœstantissimi Galliae entoniologi obtuli. DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 275 NOVUM INSECTORUM GENUS LIVI^ PROXIMUM. {Aphidii, Homoplera.) Par M. WAGA. ( Séance du 7 septembre 1 842. ^ Antennac graciles , thorace breviores , arliculo secundo reliquis majori, ovato (non conico ut in Livia). Caput qiiadratum , sulco medio longitiidinali divisum , processibus anticis rotundatis. ( Observ. Reliqaa ut in Livia, cujus forte alterum sexum esse tempus docebit.) (1). D. Lirnbata, alis anticis limbo apicali fusco. (PI. xi, fig. Iletl2.) Cet insecte est tellement analogue à la Livia jnncorwn , Latr., qu'il n'y a que quelques modifications assez graves dans (1) Dans la séance du 5 octobre 1842 , de la Société entomologi- que, ainsi que dans la Renie zoologique (1842 , n° 9, p. 293), M. Guérin-Méneville a annoncé que M. Waga lui ayant envoyé deux individus delà Dirapiiia limbaia, en même temps qu'un individu de la Lii'ia juncorum , il a pu les étudier avec soin , et qu'il a reconnu que ses deux individus du genre Diraphia étaient de sexes différents; 276 ANNALES la conformation des antennes , qui ne permettent pas de le placer dans le genre des Livies. II a la grandeur, la couleur, la conslruclion des pattes et des yeux, la substance des ailes, tout à fait comme dans la Lwiajiincoriim. L'aile supérieure est à son bout plus large et plus arrondie que dans Tautre. Les nervures de cette aile s'accordent parfaitement avec celles de la Livia jiincorum , excepté que, comme plusieurs autres détails de l'organisation du corps, elles sont ici plus prononcées. Dans la Livia junco- rum , l'aile supérieure, vers son extrémité, a une liture noi- râtre, peu visible, tandis que dans la Diraphie, tout autour de la partie antérieure arrondie de cet organe, s'étend une bande marginale noire très-manifeste, de sorte qu'elle constitue une bordure de l'aile du côté de son bout. On aperçoit, sur le mé- sothorax, quelques légères taches brunâtres qui n'existent pas dans la Livia juncoram. Cependant la seule différence essentielle consiste dans la lêle et les antennes. La tête est plus large que celle de la Livia : un sillon longitudinal très-manifeste la divise en deux portions égales , dont chacune s'avance en un prolongement antérieur qui n'est pas terminé en angle aigu, comme dans la Livia, mais qui est arrondi en arc. cette observation doit lever tous les doutes que M. Waga pouvait avoir sur la validité de son genre et même de sou espèce. D'après M. Gué- rin-Méneville , la Diraphia limbafa mâle a son abdomen terminé par un appareil destiné à saisir sa femelle , et composé de fortes pinces relevées, comme celles que présentent les mâles des Psylla, tandis que dans la femelle il y a plusieurs valves en forme de sabres , réunies en pointe en arrière. Enfin, M. Guérin-Méneville a remarqué à la base des hanches postérieures dans les deux sexes , une épine saillante assez forte ; l'épine de chaque hanche est très-rapprochée à sa base de celle qui lui est opposée , ce qui produit une espèce de fourche divergente sur la ligne médiane. E. D. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQIJE. 277 Tandis que toute la structure de la Diraphie est plus forte que celle de la Livia jiincoiurn , les antennes, au contraire, de la première, sont beaucoup plus faibles que celles de la dernière. Leur deuxième article (1), qui, dans 'a Livia junco- rnm, a une énorme grosseur, est, dans la Diraphia, beau- coup plus petit, d'une forme plus régulière, et au lieu d'être conique, ventru à la base, n'est que simplement ovale. Dans la Livia, cet article constitue la moitié de l'antenne, tandis que, dans la Diraphia, il ne fait que le quatrième de sa longueur. Le reste de l'antenne, aussi bien dans la Livie que dans la Diraphie, ne diffère en rien, même pour la couleur (2). Cet insecte saute, mais je ne l'ai jamais vu se servir de ses ailes pour voler. Je l'ai trouvé aux environs de Varsovie, dans une localité couverte de buissons isolés, non loin d'une forêt. 11 y en avait sous un buisson une société nombreuse , tous en- fouis dans la terre à une profondeur de deux pouces environ, comme le font quelques espèces du genre Ulopa. C'était en automne. Il serait possible que ce ne fussent que des femelles qui s'y seraient abritées avant l'hiver. Il est singulier que, dans quelques-uns de ces individus , les nervures de l'aile supé- rieure gauche offraient, dans la bifurcation apicale de la ner- vure du milieu, une troisième branche ( trifurcation ), quoique l'aile droite ne présentât pas cette anomalie. (1) M. Buriueister ( Manuel , t. u, p. 96) l'appelle le premier, quoique, malgré cela, il assigne un juste nombre d'articles (dix) aux antennes de la Lifta. (2) Deux articles apicaux des antennes, tant dans la Livia que dans la Diraphia, sont noirs , et les cinq qui précèdent ( les 4*, 5^, 6", 7*^ et 8^ ), également chez toutes les deux , sont blancs, comme couverts de farine, ce qui disparaît cependant après la mort de l'insecte. Les articles 1*^', 2^ et 3® s'accordent pour la couleur avec la lèle et le corselet. 278 ANiNALES Le mot Diraphia, employé originairement par liliger, pour désigner le genre que Latreille avaitnommé auparavant Livia, fait allusion à deux stylets ou soies inégales qui terminent ï'apex de l'antenne , circonstance qui se rapporte également à ces deux genres. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 279 GEINRE DE DIPTÈRES APPARTENANT A LA SOUS-TRIBU DoUcIlO' cères de macquart, voism de Sepedon et Tetanocera ; Par M. WAGA. (Séance du 7 septembre 1842.) CARACTERES DU GENRE. Antennse porrectœ, prodactione anteriori capUis insev" tœ, basi approximalœ , articulo secundo tertio duplo longiori, secundo obconico, setoso, tertio ellipsoidall integerrimo ; seta nuda. ( PI. xi, fig. 17. ) lîypostoma perpendiculare, subdescendens , nuduin, luci- dum, macula orbitalis infra oculutn. (PI. xi, fig. 16) (1). Oculi ovati. Abdomen basi angustatum, mari Oi'atum, depressum , feminaî collapso-conicum (2). Alae incumbentes , abdomine longiores. Face presque perpendiculaire , carénée , très - luisante y épistome saillant, front déprimé. Tête triangulaire. Antennes de la longueur de la tête ; deuxième article velu et en cône (1) In Telanoceris plurimis macula hœc sub fronte , inter oculo et basi antennarum sila. (2) Je ne peux m'exprimer autrement à l'égard de la forme que représente la figure. 280 ANNALES oblique renversé, deux fois plus long que le troisième; celui ci ellipsoïdal, sans échancrure; style nu. Addomen à pre- mier segment le plus long , rétréci à la base en un pédicule. Adapsilia coarctata. Long. 4 lig. (PI. xi, fig. 13 à 17. — 13 le mâle, 14 la femelle.) Tout le corps et les pieds ferrugineux, yeux verts en élat de vie. Ailes variées de cinq taches noirâtres. La tète est de la couleur la plus claire, deux lignes brunes le long de l'occiput ; le vertex est un peu élevé , le front plat, sans lueur, faiblement caréné longitudinalement , couvert de poils très-courts. Elle se rétrécit et se prolonge en avant, ce qui lui donne une forme triangulaire. Sur le sommet de ce prolon- gement, sont fixées les antennes, très-rapprochéesàleurbase. Leur premier article est très-menu ; le deuxième, le plus long, velu, très-rétréci à la base, grossissant vers le sommet, et tronqué obliquement : il reprend vers son extrémité , qui est creuse; le troisième, celui-ci est plus de deux fois plus court que le deuxième, ovale, sans aucune échancrure, à sommet terminé en pointe obtuse , nu. De son dos prend naissance le style, de la longueur de l'antenne entière, noir, nu. Les yeux ont une forme ovale, peu convexe; ils sont verts pendant la vie. La face est nue, partout très-luisante, comme vernissée, à carène saillante, longitudinale. Immédiatement sous l'œil, sur les joues, s'étend en bas une tache foncée, linéaire. Le corselet est luisant , muni de soies fortes , mais très-dis- persées, noires. Quatre lignes obscures, mais peu distinctes, partent le long du corselet, les mitoyennes rapprochées vers elles-mêmes , les extérieures à quelque distance de celles-là , et interrompues. L'écusson arrondi, obtus, porte près de son extrémité deux soies , les plus fortes , noires. Il n'y a que les rudiments des caillerons. Les balanciers sont triangulaires, de couleur jaune-citron. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 281 Les ailes sont un peu plus longues que l'abdomen. La deuxième nervure transversale est droite. Sur chaque aile il y a cinq taches foncées, qui, dans la femelle, sont moins dis- tinctes. La première tombe sur le point de la bifurcation de la seconde nervure sous-marginale; la deuxième, sur la réu- nion transversale en forme dV de la nervure intermédiaire avec l'anale et l'axillaire, plus petite que la précédente, et qui devait composer avec elle une bande interrompue. La troisième tache couvre la première nervure transversale, et, s'élargissant vers le haut, occupe la cellule noire stigraatique ou le piinctum alœ , et atteint le bord extérieur de l'aile. Cette troisième tache présente également la disposition d'une bande, car elle se prolonge comme l'ombre, jusqu'à la cel- lule anale. La quatrième tache est un parallélogramme assez régulier, répandu sur la deuxième nervure transversale. La cinquième, la plus grande de toutes, obscurcit Xapex de l'aile, et présente deux échancrures sinueuses du côté interne. Entre cette dernière et la deuxième tache, en haut, vers le milieu , on voit un trait noir le long de l'aréole marginale , mais il n'y a qu'une trace ombrageuse sur l'aile de la femelle. Les pieds présentent une couleur uniforme; cependant les tarses sont un peu cendrés, les pelottes jaunes. Les jambes intermédiaires sont terminées par des pointes. L'abdomen , composé de cinq segments, est à sa base nota- blement rétréci, presque en pédicule; et ce rétrécissement ne consiste que dans le premier segment. L'abdomen du mâle est déprimé, ovale, à incisions noirâtres. La surface des seg- ments est luisante, couverte de soies dispersées, qui, surtout aux côtés, sont longues et fortes. Le dernier segment, le cin- quième, se recourbe et se cache sous lavant-dernier. L'abdo- men de la femelle est conique, et un peu fléchi en bas. Son pre- mier segment rétréci a la forme d'un chandelier rond ou d'un pavillon de trompette. Son bord dilaté est roide, recouvert 282 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. de soies noires touffues, tandis que tous les segments qui suivent sont presque nus , et si faibles, qu'après le dessèche- ment de l'insecte, ils se plient et perdent entièrement leur forme. Je n'ai trouvé qu'une unique paire de ce diptère en au- tomne, aux environs de Varsovie, sur un buisson de chêne qui croissait au bord d'un chemin à une petite distance d'une forêt, et je présume que c'était au moment où l'insecte venait de sortir de terre après sa dernière métamorphose. Le nom Adapsilia se rapporte à la rareté de l'insecte. Explication des figures de la planche XL Fig. 1 à 4. Brancidpus toruicornis. i IVIàle. 2 Femelle. 3 Tête grossie du mâle, à corne droite détachée. 4 Tête grossie de la femelle. Fig. 5 à 8. Aclioriites bielanensis. 5 Insecte augmenté. 6 Sa grandeur naturelle. 7 Dessus du corps très-augmenté. 8 Dessous du corps. Fig. 9 et 10. Anisoplia theicola. 9 L'insecte grossi. 10 Sa grandeur naturelle. Fig. 11 et 12. Diraphia limbata. 11 L'insecte grossi. 12 Sa grandeur naturelle. Fig. 13 à 17. Adapsilia coarctata. 13 Le mâle. 14 La femelle. 15 Leur grandeur naturelle. 16 Tête grossie. 17 Antenne grossie. TABLE DES MATIERES CONTENCES DANS CETTE LIVRAISON. Nolice sur la vie et les travaux de Jean -Victoe AcDOcm ; par M. DUPONCHEL 95 Observations sur un mémoire et une notice de iVl! Robiiveac-Des- voiDY, insérés dans le 4^ trimestre de 1811 des Annales delà Société; par M. MACgUART 165 Note pour servir à l'hisloire des inéiamorplioxes des Coléoptères ; par M. GOUREAU 173 Ko;e sur le genre Ceicititis de M. Mac Leay; par M. le Marquis de BRÈME 183 lîi.stoire des méiaœorphoies du Triplax nigiipennis; par M. Léon DUFODR 191 Description de deux Lépidoptères nouveaux, recueillis en Barbarie par M. le capiia ne Charlopi ; décrits et publiés par M. Hugues DONZEL 197 Description d'une nouvelle espèce de Lépidoptères ; par M. DAR- DOÏN 201 Bduetiu ENTouoLocieus, 2«= irimcstre de 1842; par le Secrétaire de la Société xv Livres nouveaux d'Entomologie. lltsrOlBE NATOKELLE DES COtÉOPTÈEES DE FRAKCE ; par M. E. MDL- SANT. En vente: La iVîoaographie des Loscicornes ,. 1 vol. in-8°, figures noires, 9 fr., figures coloriées , 12 fr. ; et la Monographie des La- MELLicoENEs , 1 foFt volume in-8°, figures noires, 18 fr., figures coloriées, 21 fr. Sous presse, la Monographie des Paipicornes. A la Librairie de MAISON,, quai des Augustins, 29, et chez M. DUPONT, naturaliste, quai Saint-Michel , 25, à Paris. Essai monographique et iconographique de ia tribd des cos- STPHiDEs (famille des Coléoptères hétéromères) ; par M. le Marquis DE BRÈME. Première partie, 1 vol. in-8° avec 7 planches coloriées (paraîtra à la fin de septembre); prix, 12 fr. Chez LACHÈZE , libraire , rue des Mathurins-Saint-Jacques, 24. Piïis. — lupftiMEHiB ET foudebie b» Aiciroox , ïDB MonsiioK-i>(-FaivcE, 29 bit. / ^.^^i^ c AU6 21 m? ^-- ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQCE DE FRANCE. Nalura maxiHiè miranda in itiinittiit. TOME OiNZIÈME. ÉS418* — Qualrièane iriÊneêtVei (il PARAIT QUATRE CAHIERS PAR AN.) PARIS. CH. PITOIS, ÉDITEUR, RUE DE l'oDÉON, 35. MAI MDCCCXLIII. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 283 >'%«.^V«.^V«^V%/««/%^%WV%/%«/«^%X^%'«^^'«>^%/«^^%^V%%VW^ d'une espèce nouvelle de Lucanide, appartenant au genre Dorcus DE Megerle ; Par M. Lucien BUQUET. (Séance du 5 octobre 1842.) Dorcus Lessonii, Buq. (PL xii, n" 1, fig. 1.) Nigro-piceiis ; mandibuUs exsertis, inciirvis, intus biden- tatis; capite bicorniitOj excavato; thorace lœi'igato, medio impresso ., tenidter marginato ; elftrfs oblongo- ovatiSj confertissime piinctatis , riifo-cinctis. Long. corp. mâle, mandib. inclus, millim. : 17. Lat. millim. 6. — femelle. — d". — 13. — d« 5»/o Cet insecte est d'un brun noir assez brillant. La tête , d'un tiers plus large que longue, fortement creusée antérieure- ment, et lisse dans cette partie, est légèrement et finement pointillée en arrière. Les yeux sont gris, peu saillants, et l'on voit à côté de chacun d'eux une petite corne assez élevée, légèrement penchée en avant et tronquée à l'extrémité. Les mandibules, plus longues que la tête chez le mâle , courbées XI. 20 284 ANNALES en dedans et fortement élargies à leur naissance, s'amin- cissent vers leurs extrémités, qui sont arrondies du bout. Elles sont armées de deux dents : l'une, très-forte , longue et aiguë, se trouve à la base; l'autre, très-petite, est placée un peu au-dessus de la précédente. Le corselet, finement pointillé, d'un tiers plus large que long, légèrement rétréci en arrière, presque parallèle, re- bordé sur les côtés, et coupé carrément à la base, est forte- ment échancré en avant , près des angles antérieurs : il a en dessus une large impression ovale , profondément marquée, et l'on voit au milieu du bord antérieur un petit tubercule assez saillant, dirigé en avant. L'écusson est triangulaire , plus large du double que long , finement pointillé dans le milieu, et arrondi au bout. Les élytres, en ovale allongé, de la largeur du corselet, coupées carrément à la base, à angles huméraux saillants et arrondies au bout, sont fortement rebordées, et ponctuées surtout antérieurement : on voit sur chacune d'elles une bande d'un rouge de brique, assez étroite, un peu en relief et comme veloutée , qui part de l'angle humerai et descend jusqu'au bord suturai, sans toucher à la bordure. La femelle , d'un tiers plus petite que le mâle , est moins brillante que lui. La tête , aplatie et fortement ponctuée , a un petit tubercule placé sur le milieu du bord antérieur. Le cor- selet est couvert d'une ponctuation très-serrée ; l'impression du milieu , très-large et profonde , est encadrée , excepté à la base, par une côte assez saillante, lisse et brillante. Les élytres sont relativement plus ovalaires, et la ligne rou- geâtre dont elles sont ornées est un peu plus large , et placée à une plus grande distance de la bordure que dans le mâle. Cette espèce remarquable a été découverte au Chili par M. Adolphe Lesson, chirurgien de la marine royale, qui a bien voulu en enrichir ma collection, et à qui je l'ai dédiée. DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOOIQUE. 285 OBSER^ATIOATS SUR LA Monographie des Èrotyliens de M. Th. Lacordauië ; Par M. le comte DEJEAN. (Séance du 2 novembre 1842.) M. Th. Lacordaire vient de faire paraître un ouvrage du premier ordre, sur la famille des Èrotyliens , et si je possédais encore ma collection, je croirais de mon devoir de vous en présenter une analyse détaillée ; mais on ne peut être ento- mologiste sans collection, et je suis contraint de me borner à quelques courtes observations. M. Lacordaire a réuni aux Èrotyliens les insectes que j'avais placés dans la famille des Clavicornes, et dont j'avais fait les genres Encaiistes et Episcapha , et il en a séparé le genre Tlialassia de M. Chevrolat, ceux démembrés de l'ancien genre Langiiria, le genre Phalacriis , et ceux qui le suivent dans mon dernier catalogue. Lorsque je me suis défait de ma collection, je possédais 305 espèces d'Èrotyliens , y compris les genres Encaustes et Episcapha , dont 2Ô7 citées dans la dernière édition de mon catalogue , et 48 que je m'étais procurées depuis son impres- sion. Ces espèces étaient réparties dans 25 genres. 286 ANNALES M. Lacordaire décrit dans son ouvrage 671 espèces qu'il a vues, et cite en outre 19 espèces décrites par différents au- teurs , en tout 590 ; c'est presque le double de celles que je possédais. Ces espèces sont réparties dans 28 genres. M. Lacordaire, tout en se servant de mon catalogue , y a fait , avec raison , beaucoup de changements , car le travail que j'avais présenté ne pouvait être considéré que comme un premier jet, qui avait besoin d'être modifié et sérieusement examiné. En entomologie , comme en beaucoup d'autres choses , il est impossible de bien faire du premier coup, et ce n'est qu'à force de travail, et de revoir ce qui a été fait, que l'on par- vient à faire quelque chose de passable. M. Lacordaire a fait beaucoup mieux que moi; ceux qui viendront après lui feront encore mieux , et je crois pouvoir indiquer d'avance son genre Brachyspliœmis , composé de 148 espèces, qui, comme le genre Feronia de mon Species des carabiques, me paraît contenir des espèces de genres très-différents, et qui proba- blement sera par nos successeurs divisé en plusieurs nou- veaux genres. Ainsi que je l'ai dit, il m'est impossible , sans collection, de faire une analyse détaillée de cet ouvrage ; mais , tout en approuvant complètement pour l'ensemble et les détails la marche suivie par son auteur, je ne puis cependant m'empê- cher de lui adresser quelques observations; car plus un ou- vrage a de mérite , plus il est nécessaire de relever ce qu'il peut avoir de défectueux. Je commence par quelques observations générales. Lorsqu'un auteur fait un ouvrage du genre de celui-ci, il se trouve souvent , pour beaucoup d'espèces , entre deux dif- ficultés. Est-il plus convenable de rapporter l'espèce dont il est question à une espèce décrite par un ancien auteur, sans être bien certain que ce soit cette espèce , ou vaut-il mieux DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 287 la décrire comme espèce nouvelle , quoiqu'elle puisse avoir été décrite antérieurement? Je me suis toujours prononcé pour le dernier système, et je crois qu'il y a beaucoup moins d'inconvénients à décrire un insecte comme espèce nouvelle, que de le rapporter à une espèce décrite par un ancien auteur, sans être bien certain que cette espèce soit bien réellement celle dont il est ques- tion , et dans le Species des carabiques, et dans le catalogue de ma collection , j'ai toujours donné comme nouvelles les espèces sur lesquelles je n'avais pas la complète certitude qu'elles fussent décrites antérieurement. M. Lacordaire me parait avoir suivi le système contraire; il dit souvent : J'ai la conviction complète , ou je ne doute pas que cette espèce ne soit celle décrite par tel auteur, et j'avoue que je suis loin de partager ses convictions, d'autant plus qu'elles ne sont ordinairement basées que sur l'examen de descriptions ou de figures. Ainsi que je l'ai dit plusieurs fois , dans l'état actuel de l'entomologie, il est impossible de déter- miner d'une manière certaine un insecte avec des descriptions et des figures; c'est à peine si on peut le faire avec les insectes eux-mêmes , et pendant de longues années , pendant lesquelles beaucoup d'entomologistes venaient nommer des insectes sur ma collection, j'ai vu souvent , je ne dirai pas de simples ama- teurs, mais des entomologistes de noms connus, commettre de graves erreurs , bien qu'ils eussent les insectes eux-mêmes sous les yeux. Je crois donc que M. Lacordaire aurait mieux fait de n'avo r pas eu autant de confiance dans les descrip- tions et les figures des anciens auteurs, et je crois surtout que lorsqu'une espèce était connue sous un nom récent , il a eu tort de changer ce nom, pour lui attribuer un nom plus ancien, sans être parfaitement certain que ce fût l'espèce décrite sous ce nom. Dans le Species des carabiques et dans mes catalogues , 288 ANNALES j'ai toujours eu le plus grand soin d'indiquer en synonymie tous les noms sous lesquels une espèce avait été désignée, quand bien même ces noms n'auraient été imprimés nulle part ; je crois avoir, en agissant ainsi, rendu un véritable service à tous les entomologistes, et je regrette beaucoup que tous ceux qui ont écrit après moi n'aient pas suivi le même système et se soient bornés à citer seulement les noms im- primés, dédaignant même souvent ceux de catalogue. En effet , quel est le but de la synonymie ? Ce n'est nullement de constater ce qui a été imprimé, ce qui en ferait un simple renseignement bibliographique, mais c'est surtout de faci- liter les recherches des entomologistes qui veulent déterminer dans un ouvrage les insectes de leur collection ; et rien ne fa- cilite autant les recherches que la désignation de tous ces noms inédits , même de ceux entièrement abandonnés , sous lesquels un insecte a été désigné. Je crois donc, qu'autant il est inutile de multiplier la synonymie lorsque les noms sont identiques, autant il est utile de donner tous les noms qui ont pu être appliqués à une espèce, et qu'il est surtout utile de faire connaître les noms qui n'ont pas été imprimés. M. Lacordaire , à l'exemple de beaucoup d'autres auteurs, n'a pas suivi ce système , et je le regrette vivement. Il néglige aussi souvent de faire connaître quel est Tentomologiste qui a donné le nom adopté pour telle espèce , et si souvent il dit, par exemple, Lacordaire in De], catal.; Reiche in VeJ. cataL, il l'oublie pour beaucoup d'autres espèces, et particu- lièrement pour celles décrites par M. Guérin, qui, ordinaire- ment, n'a pas nommé les insectes qu'il décrit. Dans une famille dont les genres ne sont pas encore bien déterminés , et dont beaucoup d'espèces passeront probable- ment d'un genre dans un autre, je crois qu'il aurait été coiï- venable de ne pas répéter plusieurs fois les mêmes noms spé- cifiques. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 280 M. Lacordaire ne s'est pas astreint à cette règle. ïrentc-un noms, angustatus, annnlatas, apiatiis,brasiliensis , cinc- iellus, cinctlpennis , cruciatus, decempunctatus , dimi- diatus , dorsonotatus , Duponchelii , elongata, giganteus , încertiis , interruptus , limbatus , lividus , maciiliventrls , melanopterus , melanopus, nigropiinctatus , oculatiis, pic- tus, pulicarius, quadrimaculatus , quadrisignatus , scii- tellaris , testaceiis, trifasciatiis , iinîcolor et violaceus, sont répétés deux fois, et bicolor est répété trois fois. Je ferai observer, à cette occasion , que , si j'ai quelquefois changé des noms adoptés, c'était pour éviter ces doubles emplois; je l'ai fait, entre autres, pour VJpiatus de M. Chevrolat. Je dirai aussi un mot sur le mode adopté par M. Lacordaire pour les variétés. Quelquefois l'espèce est à peu près con- stante, et l'on rencontre des variétés qui s'en écartent; alors on peut suivre la marche adoptée par M. Lacordaire, décrire d'abord l'espèce et ensuite les différentes variétés ; mais ordi- nairement cela n'est pas ainsi : il n'y a pas de type , pour me servir de l'expression de M. Lacordaire; mais tous les indivi- dus sont plus ou moins différents, et dans ce cas il vaut mieux, ainsi que je l'ai fait souvent dans le Species des cara- biques, décrire les variétés extrêmes, et dire que l'on trouve tous les passages intermédiaires de l'une à l'autre. Je passe maintenant aux observations particulières. Pag. 40. Encaustes javana. Je crois que cette espèce est la Criienta de mon catalogue ; mais je n'en suis pas certain , et M. Lacordaire n'a pu s'en assurer, n'ayant pas en sa pos- session es Encaustes et Episcapha de ma collection qui , avec les autres nécrophages , sont entre les mains de M. le marquis de la Ferté-Sénectère. P. 51. Episcapha glabia. La dernière édilion de mon catalogue a été publiée par livraisons; à l'époque oîi a paru 290 ANNALES celle qui contient les nécrophages , je croyais que cet insecte devait être rapporté à XErotylus 4. pustulatus de Fabricius; mais depuis, ayant reçu ce dernier insecte de M. Wester- mann, je l'ai placé , dans la dernière livraison, dans le genre Aulacocheilus , et c'est ce qui fait le double emploi signalé par M. Lacordaire. P. 63. Genre Dacne. Je ne puis partager ropinion de M. Lacordaire sur l'adoption de ce nom générique. Bien qu'on ait adopté le nom à' En gis pour les Dacne de Latreille , et que, comme le dit M. Lacordaire, ce dernier nom se trouve maintenant sans emploi, je ne crois pas que l'on puisse pren- dre un ancien nom générique abandonné pour le donner à un nouveau genre, et je crois que M. Lacordaire aurait mieux fait de créer un nouveau nom. P. 67. Dacne Eeros. M. Say m'a envoyé , sous le nom de Héros , un insecte qui ne m'a pas paru différer de la Fas- ciatay et que j'ai désigné comme simple variété dans mon catalogue; je ne crois donc pas que cette espèce soit VEngfs Héros de Say. P. 95. Ischfrus columbianus. Il y a ici une faute d'im- pression ; il faut écrire colombiamis. P. 163. Mfcotretus polyophtalnms. M. Lacordaire écrit toujours de cette manière tous les noms ayant la même ori- gine ; il me semble cependant qu'il faudrait polfophthalmus. Je ne répéterai pas cette observation. P. 186. Mfcotretiis sobriniis. M. Lacordaire dit qu'il a trouvé dans ma collection un individu que j'avais confondu avec mon Brachymerus simplex; il y a évidemment erreur, car il n'y a pas d'insecte portant ce nom dans mon catalogue ; et il fallait dire avec son Bracliymerus sobriniis, qui est le Brachfsphœnus simplex de M. Lacordaire. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQIjE. 291 P. 215. Triplax bicolor. M. Dahl m'a envoyé des indivi- dus de cette espèce, pris par lui en Hongrie, sous le nom de Scutellaris ; n'y aurait-il pas confusion avec la précédente, qui n'en serait qu'une variété , dans laquelle les élytres seraient de la couleur du reste du corps? car je ne vois rien dans la description qui justifie le nom de Scutellaris. P. 218. Tritoma flavicollis. Cet insecte a été décrit par Fabricius, dans son Syslema eleutheratorum , sous le nom de Tetratoma dimidiatum , et comme venant de la collec- tion de M. Bosc , qui l'avait rapporté de la Caroline. Le pre- mier individu que j'ai possédé m'avait été donné par M. Bosc, et cette espèce de certitude est bien plus certaine que toutes celles tirées des descriptions et des figures; je l'ai reçu depuis de M. Leconte. Cette synonymie existe dans mon catalogue, et j'ignore ce qui a pu empêcher M. Lacordaire de la citer, P. 227. L'insecte que PaykuU a décrit sous le nom de Tri- toma glabra, qui a été longtemps inconnu , même des ento- mologistes suédois, mais qui est bien connu maintenant , ap- partient au genre Agyrtes ; il est très- voisin du Subniger, et il est cité, p. 133 de mon catalogue, sous le nom ô^A- gyrîes glaber. P. 247. Aulacocheilus 4. pustiilafiis. Ainsi que je l'ai dit ci- dessus, ce n'est que postérieurement à l'impression des premières livraisons de mon catalogue, que j'ai reçu cet in- secte de M. Westermann, comme le véritable Erotylus 4. piistiilalus de Fabricius. P. 249. Aulacocheilus cuniferus. Il y a probablement ici , soit une faute d'impression, soit une erreur de M. Guérin. Cet insecte avait été nommé Luni férus par M, Chevrolat, ainsi qu'il est indiqué dans mon catalogue, et d'après la des- cription, ce nom lui convient beaucoup mieux que celui de Cuniferus. 292 ANNALES P. 251. Aulacocheilus violaceus. J'ai trouvé communé- ment cet insecte sous des écorces , dans le lieu indiqué par M. Lacordaire; j'en ai pris aussi un individu en Dalmatie, entre Makarsca et ^'ergoraz. P. 2Ô9. Cfclomorphiis Beaiivoîsi. M. Lacordaire, en di- sant qu'il avait conservé à cette espèce le nom qu'elle portait dans ma collection, a oublié de dire que je l'avais placée à tort dans le genre Delphus de mon catalogue, ainsi que le Globosas àécvM plus loin, et quatre autres espèces, toutes de la Colombie, envoyées par M. Lebas, et que M. Lacordaire a probablement décrites sous d'autres noms que ceux que je leur avais assignés. P. 314. Brachysphœnus détritus. M. Lacordaire dit que j'avais placé cet insecte dans ma collection parmi les Iphiclus; mais il ne dit pas sous quel nom spécifique. Il y était nommé Iphiclus nebulosus, et ce nom lui avait été assigné par moi, ainsi que ceux de tous les insectes envoyés de Colombie par M. Lebas , et non par M. Guérin. P. 333. Brachysphœnus anmilaris. M. Lacordaire dit aussi que j'avais nommé cet insecte Circumdatus ; mais il ne dit pas où je l'avais placé. J'en avais fait à tort un Oligo- corymis , genre de M. Chevrolat, composé de deux espèces, que M. Lacordaire place dans les genres Zonarius et Prio- telus. Cet insecte avait été envoyé en très-grande quantité par M. Lebas , et le nom de Circumdatus avait été adopté par les nombreux souscripteurs aux insectes qu'il récoltait. P. 372. Brachysphœnus simplex. C'est cet insecte qui est mon Brachymerus sobrinus, et c'est un individu du Myco- iretus sobrinus de M. Lacordaire , que j'avais confondu avec lui; voyez ce que j'ai dit ci-dessus. P. 470. Zonarius indicus. Pendant longtemps j'ai par- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 293 tagé l'opinion de M. Lacorclaire, et j'ai regardé YErotylus fasciatus de Fabricius comme un Helops ; ']e le croyais en- core lors de l'impression des premières livraisons de mon ca- talogue, ainsi qu'on peut le voir p. 229; mais depuis j'ai reçu l'insecte décrit ici, de M. Westermann, qui habite Copenha- gue , et qui peut voir journellement l'ancienne collection de Fabricius , comme étant le véritable Erotylus fasciatus de cet auteur. Je ne puis donc partager les convictions de M. La- cordaire, par la raison que je viens d'énoncer, qui me parait bien plus positive que toutes celles tirées de descriptions et de figures. Cet insecte étant extrêmement rare dans les collec- tions , M. Lacordaire et moi n'ayant jamais vu que cet indi- vidu, je ne crois pas non plus qu'il puisse être rapporté à YErotflus indicus d'Olivier. En terminant ces observations, je ne crois pas devoir répé- ter ce que j'ai dit plusieurs fois sur l'adoption des noms les plus anciennement publiés et sur la valeur des noms de cata- logues ou de collections ; mais bien qu'il me paraisse assez singulier de voir M. Lacordaire adopter, par exemple , des noms tels que ceux de Oocra/ms et de O moi ol élus de préfé- rence à ceux d'Eprtus et (k'ElUpticus , tout en disant que ces noms ont été changés par M. Hope, sans motif et sans né- cessité, je dirai ce que j'ai dit sur l'ouvrage des Curculio- nites de M. Schônherr, et si je possédais encore une collection, bien que ne partageant pas toutes les idées de M. Lacordaire sur beaucoup de noms génériques et spécifiques , et qu il me parût préférable d'en prendre d'autres, je les adopterais, parce que je crois qu'un ouvrage comme la Moiiograpliie des Ero- if liens doit faire loi, et que tous les entomologistes doivent adopter ce qui y est établi. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLCKiJOUE. 295 OBSERVATIONS SUR c.\ NOUVEA.U GEXRE DE L\ TRIBU DES Nymphalites ; Par M. H. LUCAS. I (Séance du 16 novembre 1842.) Le genre des Nymphales , tel que Tavait établi Latreille, renfermait une foule d'espèces offrant entre elles une grande variation de formes, et était devenu fort difficile à classer mé- thodiquement. M. le docteur Boisduval. auquel la science est redevable d'un très- grand nombre de travaux sur l'ordre des Lépidoptères, a senti combien les espèces qui composaient ce genre étaient confuses entre elles, et a pensé avec raison qu'il était nécessaire . afin d'établir une concordance avec ces es- pèces, de créer de nouvelles coupes génériques. Déjà M. Hors- field (1} avait formé, avec les Nymphalîs paraleika et Lu- bentina, deux genres . qui sont désignés sous les noms de Paphia et ai Jconthea , mais dont les caractères génériques sont encore inédits. Parmi les nouvelles coupes génériques que M. le docteur Boisduval a créées . nous citerons les Cys- (1) Descrip. Catal. ofthe Lepidopt. Ins. contain. in the mus. ofihehonor caste-Inâ. Comp., part. 2 (1829% pi. v, fig. 5 : pi. vi, fig. 4. 296 ANNALES tineiira (1), les Cyrestis, les Aterica, les Cfbdelis, les Te- rinos , les Catagramma , les Limenltis , les Diadema, les Heterochroa , les Siderone, les Adolias , les Nymphalis, les Jganistlios et les Prepona^ auxquelles il faut joindre les Neptis, les Apatiira et les Charaxes, dont les premiers ont été établis par Fabricius et les deux derniers par Ochsen- heimer. Tous les genres que nous venons de désigner étaient autant d'espèces qui , autrefois, appartenaient au genre Nym- phalis de Latreille et de Godart. M. Boisduval, sans aucun doute, ne se serait pas arrêté là, car la création de ces nouvelles coupes génériques, quoique commençant à rendre déjà plus rationnel ce genre Latreillien , l'aurait conduit à en établir d'autres; mais malheureusement de graves occupations obli- gent encore ce lépidoptéropliile à remettre à nn temps plus reculé la continuation de son Species dont les caractères des genres que nous avons cités plus haut auraient été sans au- cun doute exposés. M. Blanchard, suivant l'impulsion dtîjà donnée par M. le docteur Boisduval, crut devoir établir quatre autres nouveaux genres , dont les caractères ont été donnés dans le tome 3*^ de \ Histoire naturelle des insectes, faisant suite au Baffon-Diiménil (2); ces genres sont désignés sous les noms de Megalara , Victorina , Phillophasis et Roma- leosoma. A notre retour d'Afrique, où nous fîmes un séjour de plusieurs années, comme membre de la commission scien- tifique de l'Algérie , rappelé ensuite au Muséum , nous nous mimes à classer de nouveau la collection des Lépidoptères (1) Pour ces nouvelles coupes génériques, consultez les pi. vu, viii et IX de X Histoire naturelle des insectes lépidoptères , par M. le docteur Boisduval, des suites à Buffon , publiées par le libraire Roret. (2) Dans ce même ouvrage , on trouve l'exposition des caractères génériques des Cyrestis , des Catagramma , des Neptis^ des Lime- nitis , des Diadema, des Cliaraxes et des Agajiisl/ios. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 297 dont tous les diurnes, tant exotiques qu'européens, avaient déjà été rangés et déterminés par nous en 1839, d'après la classification de M. le docteur Boisduval. Dans ce nouvel arrangement, nous avons adopté tous les^nouveaux genres que nous avons cités plus haut , et dont le nombre se monte déjà à plus de vingt. Tel était l'état actuel du genre Nym- phalis, dont on a fait un groupe sous le nom de Nfm- phalites , et dans lequel il reste encore beaucoup à faire, quoique cependant nous ayons été conduit à former sept ou huit coupes génériques dont nous exposerons plus tard les caractères; parmi ces dernières , il en est une à laquelle nous avons donné le nom de Godartia (1), qui se distingue de toutes les autres par la coupe arrondie de ses ailes , et c'est ce nouveau genre qui fait le sujet principal de cette notice. Genre Godartia, Lucas. (PI. xii, n" 2, fig. 2 et 3.) Larva chrysalisque ignotœ. Ociili prominentes; palpi distincti, capiit superantes. Antennœ breviusculœ, citrà segmentiun primum abdominale. Thorax validas , com- pressiusculiis. Alœ primœ anleriîis rotandatœ , exteriîis pariter rotundatœ , sed subdenticulatœ ; alœ secundœ (1) En nous servant du nom de Godart, pour désigner une coupe générique , c'est afin de rendre hommage à cet homme modeste, vic- time de son zèle pour l'entomologie, et ensuite pour rappeler que c'est ce même lépidoptérophile qui, le premier, à l'article Papilio de V En- cyclopédie méthodique , a retiré de la confusion dans laquelle elle était plongée la famille des Lépidoptères diurnes, et que c'est encore lui qui eut l'heureuse idée de jeter les premiers fondements d'une his- toire naturelle des Lépidoptères de France , laquelle , après sa mort , a été étendue, comme on le sait , aux espèces d'Europe , travail qui a été consciencieusement continué et achevé par notre savant collègue et ami M. Dupouchel. I 298 ANNALES exleriîis posteriùsque rotundatœ , fortiter denticulatœ. Abdomen brève , parum robiistum. Pedes brèves, va- lidi. La tête est de moyenne grosseur ; les yeux sont très-gros et saillants; les palpes, écartés entre eux, hérissés de poils courts et serrés, sont grêles, et dépassent de beaucoup le cha- peron. Les antennes sont courtes, assez robustes et grossissent graduellement vers leur extrémité: cette dernière est en massue fusiforme ; ces organes , repliés le long du corps , dé- passent le premier segment de l'abdomen. Le thorax est peu robuste et légèrement comprimé. Les ailes supérieures ont leur bord antérieur très-arrondi, ainsi que le bord externe; ce dernier est légèrement dentelé ; la sommité de ces organes forme un angle arrondi ; le bord interne est presque coupé droit avec sa partie médiane , cependant légèrement concave. Les ailes inférieures sont arrondies avec les bords externe et postérieur légèrement dentelés; ces dernières, pendant le repos , embrassent complètement l'abdomen. Les pattes sont courtes , robustes. L'abdomen est court , peu robuste. Tels sont les caractères que nous pouvons assigner à cette nouvelle coupe générique, vraiment remarquable par la coupe arrondie de ses quatre ailes. La place que cette der- nière doit prendre dans la série des genres qui composent la tribu des Nymphalites , n'est pas très-facile à assigner, ce- pendant nous croyons qu'en la plaçant entre les Romaleo- soma et les Leptoptera, c'est réellement le rang qu'elle doit occuper. Les caractères qui empêcheront de confondre les Godartia avec les deux genres entre lesquels nous les pla- çons, sont faciles à saisir; ainsi, dans les Romaleosoma , le thorax est toujours robuste ; les antennes sont presque aussi longues que le corps, et les organes du vol, quoique arrondis, ne présentent jamais la forme bizarre de ceux des Godartia. On ne pourra pas non plus la confondre avec les Lepto- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGiQUË. 209 ptera (1), parce que dans ces derniers la coupe des ailes est bien moins arrondie que dans notre nouveau genre; ils en diffèrent encore par la longueur de leurs antennes et la briè- veté de leurs palpes. La seule espèce que l'on connaisse de ce genre est propre à nie de Madagascar, et a été rapportée par M. Jules Goudot au nombre de deux individus, dont un est dans les collections du Muséum et l'autre, qui a appartenu aussi à cet établisse- ment, a été échangé à M. Lacordaire. Ce second individu main- tenant fait partie de la collection de M. le docteur Boisduval. Godartla rnadagascariensis , Lucas. Enverg. 83 millim. G. Alis siiprà nîgrls , maciilis vi rescentibiis ornatis ; poslicis ad marginem analem nifo tinctis ; alis infrà m fis , inacalis siibvirescentibiis ornatis , anticis in medio nigrescentibus ; antennis nigris; palpis capiteqiie ni gris, albido macLilatis ; thorace nigro, infrà albido maculato; abdo mine suprà atro-ferriigineo , infrà nigro- ferra gineo annulato ; pedibiis nigris , albido-ornatis , articiilis tar- sornm albido annulatis (Marum tantum novi). Les ailes supérieures en dessus sont noires, ornées de trois bandes transversales maculaires d'un vert clair, et dont la dis- position peut être ainsi exprimée : la première ne se présente que sous la forme d'une tache plus longue que large, ayant le côté externe fortement échancré; la seconde, composée de sept taches aussi plus longues que larges, est remarquable eu ce que ces dernières affectent toutes une forme différente; (1) L'espèce type de ce nouveau genre est îc Leplopicra dccora^ Boisd. ( Inédit.) XI. 21 300 ANNALES enfin, la troisième, ou celle qui est située près du bord externe, n'est constatable que par la présence de six taches plus ou moins arrondies, et qui diminuent de grosseur à mesure qu'elles atteignent la partie postérieure du bord près duquel elles sont placées. Le dessous diffère du dessus par une teinte ferrugineuse fortement prononcée, avec le centre, cependant, de couleur noire ; ce dessous présente aussi les mêmes dessins qu'en dessus, mais ces derniers sont beaucoup plus prononcés; ainsi la première bande est une tache non interrompue, la se- conde ne diffère en rien de celle du dessus; quant à la troisième, les points ou taches sont beaucoup plus prononcés et au nombre de huit. Le dessus des ailes inférieures est également noir, orné d'une large tache d'un vert clair , plus ou moins ova- laire , et qui semble être divisée en trois par la partie saillante des nervures. Près du bord externe, on aperçoit six taches également d'un vert clair, affectant une forme plus ou moins arrondie, et dont la dernière ou sixième n'est consta- table que par la présence de quelques atomes verdâtres ; le bord anal est fortement teinté de ferrugineux. Le dessous de ces mêmes ailes est entièrement ferrugineux avec la nais- sance des nervures d'un noir brillant ; près de ces dernières sont deux points arrondis très-rapprochés , d'un vert clair ; vers le bord antérieur on aperçoit aussi deux points de même forme et de même couleur que ceux que nous venons de dé- crire, mais beaucoup plus éloignés entre eux; vers le centre, on remarque la même tache ovalaire qu'en dessus , mais dont les séparations sont beaucoup plus prononcées ; près de cette dernière sont quatre autres taches oblongues , dont la qua- trième, tout à fait située près du bord anal, n'est représentée que par quelques atomes verdâtres : outre les six grandes taches plus ou moins arrondies que l'on voit aussi en dessous, et dont la cinquième est la plus prononcée , on aperçoit près du bord externe deux rangées de points arrondis , lesquels DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 301 sont au nombre de treize dans la première rangée , tandis que la seconde, ou celle qui est située tout à fait près du bord externe, n'en offre que sept; les points qui forment cette se- conde rangée diminuent à mesure qu'ils gagnent le bord externe postérieur. Les antennes sont noires. La têle de cette dernière couleur est ornée de six taches d'un beau blanc, et ainsi disposées : quatre en dessus et deux derrière les yeux, lesquels sont d'un ferrugineux foncé. Les palpes, de même couleur que la tête , sont ornés de six taches blanches , dont les intermédiaires, ou celles qui sont situées sur le second ar- ticle, sont beaucoup plus prononcées que les autres. Le thorax noir, hérissé de longs poils de cette dernière couleur, présente de chaque côté, en dessus, deux points blancs; en dessous, il est également noir et parsemé de taches blanches plus ou moins arrondies. Les pattes, de même couleur que le thorax , sont tachées de blanc avec les tarses annelés de cette der- nière couleur. L'abdomen en dessus est d'un noir ferrugineux, hérissé de longs poils soyeux noirs ; en dessous , il est annelé de noir et de ferrugineux. Cette espèce remarquable a été rencontrée à Madagascar. Explication des figures de la planche XII , n° 2. 1. Godartia madagascarîensis , vu en dessus. 2. id. id, vu en dessous. 3. Tête vue de face. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 303 IVOVICE SUR LA Stilbia stagnicola, et description de cette espèce sous ses différents états; Par M. GRASLIN. (Séance du 7 décembre 1842.) Voici une espèce qui , par la conformation de l'insecte par- fait , a dû nécessairement dérouter les entomologistes adonnés à l'étude des Lépidoptères; ne connaissant point sa chenille, les uns en ont fait une Ophiusa, d'autres une Caradrina; et M. Boisduval , dans la nouvelle édition de son Index métho- dique , l'a reléguée à la fin de ses noctuo-phalénides. Il était presque impossible , en effet , avant de connaître les premiers états de la Stilbia stagnicola , de la classer d'une manière naturelle , parmi les nombreuses noctuelles de Linné. Le peu de consistance et la largeur des ailes du mâle , ainsi que son corps effilé , auraient même fait croire à des entomologistes que cette espèce était plutôt une phalène qu'une noctuelle, s'ils n'avaient pas trouvé que sa tête était trop grosse pour admettre cette opinion. Dans tous les cas , quelque idée que l'on eût de la Stilbia stagnicola, on ne pouvait guère se figurer qu'elle fût produite par une chenille aussi bien nourrie 304 ANNALES que la sienne , si je puis m'exprimer ainsi , enfin , par une vé- ritable chenille &'Hadena ou à'Orthosia. J'espère ne pas déplaire à ceux de mes collègues qui s'oc- cupent de Lépidoptères, en leur communiquant une descrip- tion et une figure de cette espèce sous ses différents états ; elle n'est pas encore très-connue, puisqu'elle n'existe pas dans toutes les collections; et je crois que la femelle et la chenille n'ont point été observées jusqu'à présent. Les premiers états de la Stagnicola étant connus , il me semble , d'après les caractères de l'insecte parfait et de la chenille , que l'on doit placer le genre Stilbia dans la tribu des Orthosides. Stilbia stagnicola ( PI. xiii, fig. 1 à 7 ). Mas : alis anticis latis , cineraceis lucidis , ad basim in- ter maculas solitas et ad apicem obscurioribus ; in tertia parte antica et in tertia postica, duabus lineis, vicinis , cinereo-fuscis , sinuatis , notatis. Maculis solitis ala dilu- tioribus, deflectentibus ; antica elongata. Jlis posticis albido-rufulis , ad marginem subobsciirioribns . Corpore gracili, longiiisculo. Femina : alis anticis angustioribus , fere ni gris, strigis maie notatis; macula solita antica an- gustiore. Abdomine crasso. Aniennœ maris et feminœ , ciliato-dentatœ . Larva : instabilis orlhoslœ formis , viridis, aut pallidain casiam desinens , aut fulvo-subrubra, etc.; linea dorsualè-albida , linea lateralidorsualè , subam- pli ore , albido-flavida ; fascia lateralè-albida vet subfla- vida, ad extremitatem posteriorem acuta. Puppa : parva, brevis, priîis attenuata, relrà-conica , cinereo-subflavida ad ochram desinens ,perlacida; in cavo agglutinato an- gustè sepulta. Un caractère distinctif de cette espèce , la seule du genre Stilbia jusqu'à présent , c'est qu'à l'état de repos ses ailes s'a- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 305 baissent le long du corps en formant un toit très-incliué , et que celles d'un côté recouvrent en partie les autres. Les ailes supérieures vont en s'élargissant de la base à l'ex- trémité, où elles sont légèrement arrondies , et finissent en pointe obtuse à l'angle apical; elles sont d'un gris cendré luisant , largement lavées de gris brun noirâtre à la base et le long de la côte jusque vers leur milieu; dans cette partie, et vers leur extrémité , cette teinte s'adoucit et se mêle avec la couleur du fond. Non loin de la base, on aperçoit un petit trait blanchâtre, délié, sagitté, renfermant un autre petit trait noir. L'aile est traversée, vers son tiers interne, par deux raies sinueuses, rapprochées, parallèles, fortement den- telées dans trois endroits, d'un gris brun noirâtre; la pointe des trois dents de la ligne externe est lavée de brun noir; deux autres raies semblables, également rapprochées, tra- versent le tiers externe de l'aile ; mais celles-ci décrivent une courbe très-saillante, dont la partie convexe, tournée en de- hors , est finement dentelée , et forment , avant d'atteindre le bas de l'aile , deux grandes dentelures dont les dents de la raie interne sont lavées de brun noir. Les taches ordinaires , placées entre les deux raies doubles, sont t rès-appa rentes , divergentes, d'un gris plus clair que la couleur du fond. L'orbiculaire , située obliquement, est très-allongée, cerclée de brun noir, et offre, dans son milieu, un trait longitudinal , délié, d'un gris noir; la réniforme, qui justifie parfaitement son nom par sa figure, est de la même couleur que l'orbicu- laire, finement cerclée de brun noir extérieurement, plus largement à son côté interne, et renferme un petit trait délié longitudinal, d'un gris brun. Une bande, de la même teinte que la partie obscure de l'aile, descend de la tache réniforme un peu obliquement en dedans; cette bande est sinueuse, forme deux dentelures, et se fond, sur ses bords, avec le gris de Faile; la partie marginale de cette dernière est traversée 306 ANNALES par une raie sinueuse, très-dentée, d'un gris brun noirâtre; les dents de cette raie sont iiserées de gris clair extérieure- ment , et les deux supérieures sont plus grandes et plus fon- cées que les autres. Uangle apical est ombré de gris brun noirâtre; la côte est marquée, en approchant de cette partie, de quatre petits points espacés, d'un gris clair. La frange est de la couleur de l'aile, dont elle est séparée par une ligne déliée , interrompue , d'un gris brun noirâtre ; en outre , cette frange est liserée , extérieurement , de gris brunâtre, et offre, dans son milieu , un rudiment de raie longitudinale de cette même couleur. Les ailes inférieures sont larges, d'un gris pâle roussâtre, qui s'obscurcit en approchant du bord terminal; les nervures se détachent légèrement en gris roussâîre. La frange est sé- parée de l'aile par un liseré brunâtre; elle est large, de la couleur de l'aile, et présente, dans son milieu, une ligne longitudinale un peu plus foncée et à peine visible. Les palpes sont bruns, très-courts, droits, un peu écartés. La spiritrompe est assez longue. Le thorax est arrondi, de la couleur des ailes ; le collier est plus foncé et de la même teinte que leur partie la plus obscure. L'insertion du corselet à l'ab- domen est cachée par une petite touffe de poils, d'un gris blanchâtre, placée, de chaque côté, au-dessous de l'épaulette ; ces petites touffes ont au-dessus d'elles un petit trait noir longitudinal, et sont séparées, à leur partie inférieure, par une autre touffe plus grosse, arrondie, d'un brun noirâtre, qui s'avance sur l'abdomen; celui-ci est grêle et de la cou- leur des ailes inférieures. Les antennes sont brunes, légèrement dentées et ciliées, ce qui ne s'aperçoit facilement qu'au moyen de la loupe. En dessous, les ailes supérieures sont d'un gris roussâtre, avec les quatre points blanchâtres de la côte bien marqués; les ailes inférieures sont comme en dessus. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOLÎE. 307 La femelle diffère notablement du mâle ; ses ailes supé- rieures, beaucoup plus étroites, sont presque noires ; leur couleur foncée ne laisse apercevoir que des rudiments des raies transverses , et absorbe en partie la tache réniforme ; la tache orbiculaire est beaucoup plus étroite et presque linéaire; ses antennes sont presque noires et un peu moins dentées. En outre , la teinte j^énérale de la femelle est plus foncée que celle du mâle ; mais ce qui l'en sépare encore plus facilement, au premier coup d'œil, c'est son abdomen qui est énorme, surtout avant la ponte, et se trouve en dispro- portion avec la faiblesse du thorax. Les oeufs sont fort gros , relativement à la taille de cette espèce; l'abdomen n'en con- tient guère plus de quinze à vingt; ils sont sphériques, aplatis aux pôles , légèrement cannelés dans le sens de l'axe ; d'un rose pâle jaunâtre; la femelle les dépose sur la terre, entre les herbes , sans les coller à aucun végétal. La chenille, dans sa première jeunesse, est d'un gris jau- nâtre, ou roussâtre, ou verdâtre, selon les individus, avec une bande latérale blanchâtre ; sa peau , à cette époque , est parsemée de poils noirâtres assez longs; lorsqu'elle est par- venue à toute sa grosseur, elle varie beaucoup pour la cou- leur du fond; je vais décrire et donner la figure de trois de ses variétés , auxquelles les autres se rapportent plus ou moins. Première variété. Elle est légèrement atténuée aux deux extrémités , d'un vert clair tirant sur le jaune roussâtre. Une ligne déliée, blanchâtre, un peu rétrécie aux incisions, fine- ment liserée de vert plus foncé, couvre le vaisseau dorsal; cette ligne est nulle sur le dernier segment, et peu visible sur le premier, où elle n'est pas liserée de vert. Une ligne longi- tudinale , un peu plus large que celle du vaisseau dorsal , d'un blanc vert jaunâtre, liserée en haut et eu bas de vert plus foncé que la couleur du fond, longe le cùlé du dos à partir 30cS ANNALES du commencement du deuxième anneau, s'élève légèrement sur le onzième anneau , en formant un angle obtus peu appa- rent, et va mourir sur la partie postérieure du douzième, en se rapprochant insensiblement du vaisseau dorsal. Les côtés , immédiatement au-dessous de cette ligne, sont d'un vert plus foncé que le dos. Une bande longitudinale assez large, atté- nuée aux extrémités, longe les côtés au-dessus des pattes; cette bande, qui est d'un blanc teinté de bleuâtre inférieu- rement , finit en pointe à la partie anale , où elle semble pres- que se réunir à la ligne descendue des côtés du dos. L'espace, d'un vert plus foncé, qui sépare la ligne latéro-dorsale de la bande latérale , est teinté de noirâtre à sa partie inférieure. Les stigmates , qui paraissent noirs à l'œil nu et sont peu vi- sibles, excepté le dernier. S'appuient sur cette même bande latérale. Le dessous du ventre est à peu près de la couleur du dos, avec une raie confuse un peu plus foncée, sur laquelle sont placées les pattes; les membraneuses sont de la couleur du ventre , excepté la dernière paire qui est plus foncée ; elles ont la couronne de crochets d'une couleur de chair grisâtre ; les écailleuses sont de cette dernière couleur et ont la pointe noirâtre. La partie anale est plus foncée que le corps , légèrement teintée de roussàtre à son extrémité , et le premier anneau est faiblement lavé de vert jaune roussàtre; on aperçoit, en ou- tre, un petit point dorsal noirâtre , à partir du quatrième an- neau jusqu'au dixième inclusivement. La tète, de grandeur moyenne et de forme arrondie, est d'un vert gris roussàtre pâle, luisante, et très -finement ponc- tuée de noir sur les côtés. Enfin, la peau est un peu transparente et jaunâtre aux in- cisions. Deuxième variété. Le dos est d'une couleur de cannelle DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 309 grisâtre claire , avec la ligne vasculaire blanchâtre , liserée de bistre brunâtre; ce liseré , qui devient noirâtre aux inci- sions , offre l'apparence d'un point noirâtre sur le milieu des anneaux. La ligne latéro-dorsale est d'un jaune pâle grisâtre , liserée en bas et en haut de bistre brunâtre ; l'espace des côtés qui suit cette ligne est un peu plus foncé que le dos, dans un intervalle à peu près de la largeur de cette même ligne , et forme , en s'obscurcissant à sa partie inférieure , une bande d'un brun de bistre, plus foncée sur ses bords, et qui s'appuie sur la bande qui précède les pattes. Cette dernière bande est d'un jaune-paille qui est légèrement lavé d'orangé sur les premiers anneaux. Les lignes et bandes sont disposées comme dans la variété verte, à l'exception de l'extrémité de la ligne vasculaire et de celle de la ligne latéro-dorsale, qui se dis- tinguent facilement sur le premier anneau. Le dessous du ventre est un peu plus foncé que le dos et tire sur le rous- sâtre; ses côtés sont longés par une large bande d'un bistre foncé, qui devient presque noir sur les anneaux postérieurs; cette bande, à partir du troisième anneau, contient un espace de la couleur du fond qui longe à l'extérieur les pattes mem- braneuses, et finit en pointe à chaque extrémité. La dernière paire de pattes membraneuses est de couleur de bistre; les autres sont de la couleur du ventre, avec la couronne de crochets, comme dans la variété verte; les écail- leuses sont d'une couleur semblable , aussi avec la pointe brune. La tête , couverte sur les côtés de points noirâtres presque imperceptibles, est d'un roux grisâtre, pâle et luisante. Les mêmes points dorsaux se retrouvent comme dans la première variété. Troisième variété. Le fond de sa couleur est d'un gris cendré pâle , légèrement rosé. La raie vasculaire et son liseré, ainsi que les points dorsaux, sont comme dans la seconde va- 310 ANNALES riété. La raie latéro -dorsale est d'un blanc sale, finement liserée en bas et en haut de gris brunâtre. L'espace des côtés, situé au-dessous de la ligne latéro-dorsale, est de la couleur du dos , et lavé de gris brunâtre au-dessus de la bande laté- rale ; celle-ci est blanche , très-légèrement teintée de rose. Le dessous du ventre est d'un gris rose. D'autres variétés forment le passage de l'une à l'autre de celles que j'ai décrites. Mais, depuis que mes dessins sont ter- minés, j'en ai trouvé deux autres assez remarquables : l'une d'elles , semblable à la deuxième pour la couleur, en diffère par l'espace , situé entre la raie latéro-dorsale et la bande latérale , qui est entièrement d'un bistre foncé ; l'autre , d'un gris verdàlre, offre une bande presque noire, qui longe la bande blanche latérale, en dessus. Cette chenille vit exclusivement de graminées ; elle habite les clairières des bois ; elle semble affectionner certaines loca- lités , où elle se cantonne ; car il s'en faut qu'on la trouve répandue indistinctement partout , comme il arrive pour cer- taines espèces qu'on rencontre même plus rarement; elle se tient le long des feuilles de graminées à rez de terre, et tombe à la moindre secousse ; au repos , elle prend assez sou- vent une attitude singulière en élevant et arrondissant la partie antérieure de son corps , comme le font beaucoup d'es- pèces de chenilles; mais au lieu de replier, comme elles, la tête sous le ventre, elle la soulève en avant. Parvenue à toute sa grosseur dans le courant du mois de février, elle entre en terre où elle se forme une petite cavité agglutinée, dans laquelle il n'entre point de soie. La chry- salide, qui s'y trouve étroitement logée, est petite, relative- ment à la taille de la chenille, assez courte, atténuée anté- rieurement , conique à sa partie postérieure; elle est d'un jaune d'ocre grisâtre transparent, plus clair sur le dessus de l'abdomen, avec les trois dernières incisions des anneaux DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 311 lavées de brun rouge et les autres d'un gris pâle roussâtre. Le milieu du dessus de l'abdomen est longé par une bande , amincie à ses extrémités, d'un gris roussâtre. Les stigmates sont d'un brun noirâtre. La pointe de l'anus est d'un brun roussâtre , armée de quatre poils crochus , placés transversa- lement à sa partie inférieure; ces poils , visibles seulement à la loupe, ont leurs crochets tournés par en bas. L'insecte parfait éclôt à la fin du mois d'août, ou dans le courant de septembre ; on se le procure , quelquefois , en secouant les jeunes arbres et les branches ; il tombe alors en voltigeant faiblement pour aller s'abattre presque aussitôt; mais il se tient plus habituellement dans les herbes, près de terre. Je pense que la femelle , gênée par le poids de son ventre , ne vole guère que pour pondre. Explication des figures 1 à 7 de la planche XIll. 1 et 2. Stilbia stagnîcola mâle et femelle. 3 , 4 et o. Diverses variétés de sa chenille. 6. La même chenille jeune. 7. La chrysalide. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 313 HISTOIRE DES MOEURS ET DESCRIPTION DE LA CHENILLE DE LA Diantliœcia luteago; (PI. xiii,.fig. 8, 9 et 10). Par M. GRASLIN. (Séance du 7 décembre 1842.) On ne doit pas être surpris que le Lépidoptère dont la larve fait le sujet de ce mémoire ait déjà figuré dans plu- sieurs genres, avant que ses premiers états eussent été obser- vés, puisqu'aujourd'hui , que je vais les faire connaître, les auteurs de classification pourraient encore hésiter. Des obser- vations , faites pendant plusieurs années , m'ont mis à même de connaître complètement les premiers états et les mœurs de la Luteago, et de lui assigner une place , que je crois natu- relle; je ne pense pas qu'elle puisse former un genre nouveau; il est vrai que ses mœurs s'écartent de celles des autres Lépi- doptères qui font partie du genre dans lequel je la fais entrer; mais ne semble-t-il pas que, dans les genres, même les plus homogènes , la nature se soit plue à mettre des exceptions ? La plupart des entomologistes sont convaincus aujourd'hui , je le suppose , de l'utilité , de la nécessité de la méthode dite naturelle: c'est-à-dire de la méthode qui tient compte de 314 ANNALES tous les caractères des insectes , sous leurs divers états , ainsi que de leurs mœurs et de celles de leurs larves , pour arriver à les classer; la classification, dérivant de cette méthode, groupe les espèces, d'une manière ordinairement satisfaisante, après qu'on a examiné, comparé les divers caractères dont l'analogie peut les rapprocher et les réunir, ou les dissem- blances qui doivent les séparer; mais l'abus de la méthode naturelle , car l'abus marche souvent à la suite des améliora- tions comme une ombre importune, l'inconvénient de cette méthode, serait dans la multiplicité des genres : il est tel na- turaliste qui donnerait une si grande valeur à des différences seulement suffisantes pour séparer deux espèces, qu'il ferait de chacune d'elles un genre différent; en suivant cette mar- che , nous aurions bientôt autant de genres que d'espèces, ce qui ne simplifierait pas beaucoup l'étude de l'entomologie, si l'on n'y prenait garde. C'est surtout dans le genre Noctiia, de Linné , si abondant en espèces , que cet abus pourrait se pré- senter : à l'exception d'un assez bon nombre de groupes très- naturels, ces nombreuses espèces offrent des caractères si peu tranchés, qu'elles forment comme une matière pre- mière , élastique et ductile , que l'on pourrait allonger, rac- courcir et couper sous la forme d'une multitude de genres. Pour en revenir à l'espèce qui nous occupe, je ne crois pas, d'après les détails donnés ci -après, qu'on doive lui faire les honneurs d'un genre nouveau. La chenille de la Luteago offre des mœurs fort singulières, et qui diffèrent de toutes celles que j'ai été â même d'étudier; sa conformation et sa manière de vivre la rapprochent de celle de la Gortyna flavago, espèce que je n'ai pas encore été à portée d'observer moi-même ; cependant , malgré ce côté de ressemblance , la Luteago doit , à mon avis , entrer dans le genre Dianthœcia, l'un des plus naturels qui aient été créés aux dépens du genre Noctua de Linné. Les antennes, DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 315 les palpes, le dessin des ailes, le corselet , le long oviducte de la femelle , la chrysalide surtout , et la plante même qui sert exclusivement de nourriture à la chenille, font de la Lu- teago une véritable Dianthœcia. Cette masse de caractères doit l'emporter, ce me semble, sur la légère différence qui distingue la chenille de celles de ses congénères, et même sur la singularité de ses mœurs qui , à les examiner de près , ne s'éloignent pas tant qu'on pourrait le croire de la manière de vivre des autres Diantluecia. Larça cylindracea , ad extremitates paululum atte- nuata. Cinereo-rufula aut livida, palUdissima. A tertio segmenta , pellis perlucîda, venam dorsiialem violaceo- fuscam ostendit. Punctis soUtis perpaululum notalis; ex his punctis, pili , valde tenues, exeunt. Sub abdomine piippœ , involucrum pedum, linguœ alarumque valde prominens. Voici maintenant, ab ovo , l'histoire de la chenille de ce Lépidoptère : L'œuf est d'un blanc un peu jaunâtre, sphérique, aplati aux deux pôles ; examiné à la loupe , on voit qu'il est légèrement chagriné et cannelé dans le sens de l'axe. Dans la première quinzaine du mois de juin, la femelle de la Luteago pond un œuf sur une tige de Silène inflata, non loin d'un nœud, et plus fréquemment sur une feuille, en dessus ou en dessous, ordinairement à peu de distance du pétiole. L'œuf se trouve collé sur la plante par une liqueur gom- meuse dont il est enduit en sortant de l'oviducte ; circonstance qui se retrouve dans beaucoup d'autres espèces de Lépi- doptères. Cinq jours après la ponte, la petite chenille sort de l'œuf, se rend au nœud le plus voisin, le perce et s'introduit dans la tige. Mais, soit que l'instinct qui veille à la conservation XI. 2-2 316 ANNALES des êlres fasse éloigner la larve éclosante du lieu de sa nais- sance, pour dérouter certains ennemis, soit par toute autre cause , elle descend assez souvent à un ou deux nœuds , ou monte à une égale distance de Tendroit où l'œuf était déposé ; dans tous les cas , elle perce le nœud dans l'articulation. Pen- dant les premiers jours, elle vit ordinairement dans cette partie la plus tendre et la plus succulente de la plante ; elle y est d'autant plus en sûreté, que l'ouverture qui lui a donné passage est fermée par ses excréments, et s'oblitère si bien par la végétation de la plante , qu'on distingue seulement à sa nuance différente le chemin qu'elle a parcouru. Lorsqu'elle a quelques jours, la petite chenille monte à l'extrémité du petit tube qui la contient; elle en ronge les parois qui lui fournissent une nourriture tendre et en rapport avec ses forces naissantes ; peu à peu elle descend en rongeant l'intérieur de cette tige, dans laquelle on voit çà et là ses excréments , qui ressemblent à de la sciure de bois blanc très- déliée, et qui restent attachés à ses parois; quand elle est par- venue à un nœud, elle mange une partie de sa substance et le perce assez souvent pour ronger les parois de la même tige au-dessous. La jeune chenille subit sa première mue dans le brin qui lui sert de logement; lorsqu'elle habite un pied de Silène peu vigoureux , elle est forcée de traverser intérieurement jusqu'à deux et trois nœuds pour trouver une nourriture suf- fisante avant de quitter la tige. Cependant, l'espace situé entre deux nœuds suffit ordinairement à la chenille, encore fort petite, qui en sort avant de changer une deuxième fois de peau; il existe, néanmoins, quelques exceptions à cette règle , car j'ai trouvé plusieurs fois la dépouille de la seconde mue dans un brin qui contenait celle de la première. Lorsque la chenille est sortie de sa tige , en la perçant , elle descend à la racine du Silène inflata, qui est très-grosse, DE LA SOCIÉTÉ ËiMOMOLOGIQUE. 317 ferme et succulente; elle s'y introduit et fait une galerie en rongeant sa substance au-dessous de la peau. Comme cette racine est souvent dure à sa partie qui avoisine la surface du sol, la chenille descend à une certaine distance en terre, afin de Tentamer. J'ai trouvé des chenilles qui , pour attaquer les racines dans leur partie la plus tendre, s'étaient enfoncées sous terre jusqu'à 1 pied et même 1 pied y^: profondeur à laquelle atteignent quelquefois ces mêmes racines de Silène inflata. Quoique j'aie observé deux œufs sur la mêii.e feuille , et une fois, cinq sur différentes feuilles de la même tige, jamais je n'ai trouvé qu'une chenille dans chaque brin. Les autres chenilles sentent peut-être que la tige est occupée et vont en chercher une autre, ou elles descendent, immédiatement après leur éclosion, à la racine de la plante. Cette seconde hypo- thèse semblerait assez probable, attendu que j'ai trouvé plu- sieurs fois, sur un pied de Silène, un plus grand nombre d'œufs éclos qu'il n'y avait de tiges attaquées, et même sans qu'il y eût aucun brin d'attaqué; mais il pourrait bien arri- ver aussi que les jeunes chenilles devinssent la proie de quel- que ennemi, avant de pouvoir entrer dans une tige. Un fait m'a prouvé que leur manière de vivre presque toujours à couvert ne les préservait pas de tout danger. Un jour, j'ai trouvé une de ces chenilles, parvenue à la moitié de sa gros- seur, que la larve d'un carabique était occupée à dévorer, et cela à plus d'un pied sous terre. Lorsque la chenille de la Luteago est entrée dans une ra- cine, elle la parcourt, soit en montant, soit en descendant; elle remplit entièrement le vide qu'elle laisse après elle, avec ses excréments, qui sont si pressés, et offrent la substance de la racine si peu dénaturée, qu'on pourrait croire quelle Ta simplement broyée pour boucher la galerie qu'elle a par- courue. 318 ANNALES Plusieurs chenilles habitent quelquefois la même racine ; mais une seule Toccupe plus habituellement. La substance in- terne de cette racine fait ordinairement le fond de sa nour- riture, quoiqu'elle ronge aussi parfois la peau épaisse qui la recouvre. On est surpris , en voyant les mutilations , les ra- vages auxquels le Silène inflata résiste ; ime ou deux années de végétation comblent les blessures profondes qui ont détruit le tiers ou la moitié de sa racine. Parvenue à tout son accroissement dans le courant du mois d'août , cette chenille abandonne la racine qui l'a nourrie et remonte à peu de distance de la surface du sol, pour se former une coque de terre agglutinée , dans laquelle il entre fort peu de soie. A^oici maintenant la description de la chenille de la Lu- leago, qui est à peu près exactement , dans sa jeunesse , la même que lorsqu'elle est parvenue à toute sa grosseur : elle est cylindrique, légèrement atténuée aux extrémités, en- tièrement d'un gris livide roussàtre, très -pâle; sa peau, luisante et transparente , laisse apercevoir, à partir du troi- sième anneau, le vaisseau dorsal qui se détache en brun violâtre. Les stigmates, vus à la loupe, sont ovales, de couleur de chair, cerclés de noir. Examinés à l'œil nu , ils sont de cette dernière couleur. Les points dorsaux ordinaires sont peu visi- bles, pilifères et de couleur brune ; d'autres points semblables, un peu plus apparents , se trouvent au-dessus et au-dessous des stigmates. Les petits poils qui partent des points sont très-peu visibles, et paraissent grisâtres à l'œil nu; au moyen de la loupe, on les voit d'un gris brunâtre transparent. Le premier anneau offre un écusson corné, d'un gris fauve très-pâle, luisant; et le dernier, une plaque anale, également luisante , mais plus pâle. DE LA SOCiF.TÉ ENTOMOLOGIQUE. 319 La tête est d'un fauve rouge luisant, armée de mandibules robustes d'un brun noir. Les pattes, écailleuses, sont un peu plus pâles que la tète, et ont leurs pointes de la même couleur; les membraneuses, de la couleur du corps, ont les crochets bruns. La chrysalide de la Luteago a de tels rapports avec toutes^ celles du genre Dianthœcia, que je connais, qu'elle ne s'en distingue que par la taille ; si elle n'était un peu plus grande, on ne pourrait la séparer des chrysalides des Dianthœcia compta, conspersa, silènes, carpophaga, cucubali, cap~ sincola, etc.; elle est cylindrico-conique , un peu allongée, d'un brun rouge foncé luisant, ou un peu plus pâle et tirant sur le fauve, suivant les individus; ses anneaux sont légère- ment chagrinés. L'enveloppe des ailes est un peu plus claire; l'extrémité de cette enveloppe, ainsi que de celle qui recou- vre la trompe et les pattes, s'avance en pointe obtuse et re- courbée sous l'abdomen. L'extrémité de l'anus est saillante, aplatie, d'un brun noir, armée de deux petites épines divergentes. L'enveloppe des palpes forme , comme dans quelques espèces congénères , un petit tubercule arrondi, brunâtre, situé entre les yeux. La grande affinité, la parfaite ressemblance entre elles, des chrysalides des diverses espèces du genre Dianthœcia , qui vivent sur les caryophyllées , tiendrait-elle à l'influence de la nourriture sur les chenilles ? On serait tenté de le croire en voyant la chenille de la Luteago former une chrysalide complètement semblable à celles de ses congénères, quoique sa manière de vivre, sur l'une des plantes de la famille exclu- sivement recherchée par les Dianthœcia, ne soit pas la même que celles des autres espèces ; et d'ailleurs , toutes les Dian- thœcia ne se nourrissent pas uniquement des graines des caryophyllées : la chenille de la cucubali se contente Irès- souventdes feuilles du Silène inflata. Une autre singularité , 320 ANNALES que je ne puis m'empècher de faire observer, c'est rovicUicte saillant dont l'abdomen delà femelle de la Luteago est muni. Il semble que certaines espèces sont comme l'ébauche d'un genre , d'un groupe de Lépidoptères très- voisins entre eux , ou font le passage d'un genre à un autre. Qui ne croirait, en voyant le longoviducte d'une femelle pleine d'analogie, pour le reste de sa conformation avec les autres espèces du genre Dianthœcia, que cet oviducte ne fût destiné à introduire dans les capsules naissantes l'œuf qui doit y éclore? Cette ressemblance d'organe m'a fait ouvrir des milliers de capsules de Silène inflala, espérant toujours y trouver la chenille de la Liiteago dont j'avais surpris la femelle pondant sur cette plante. Quoique ce mémoire ait peut-être déjà paru trop long, je saisis l'occasion qui m'est offerte ici pour citer un cas de lon- gévité d'une chrysalide de Dianthœcia; c'est le plus re- marquable que je connaisse. J'avais élevé, dans le royaume de Grenade, en Andalousie, au mois de juin 1835, plusieurs chenilles de la Dianthœcia silènes. De retour chez moi , toutes les chrysalides , à l'excep- tion d'une seule, me donnèrent leur papillon au mois de mai de l'année suivante; celle qui restait à éclore ayant conservé son poids et sa flexibilité, je la visitai l'année suivante à l'épo- que de l'éclosion de la silènes , dans l'espoir de piquer cette jolie espèce; ce fut en vain, la chrysalide était toujours vi- vante ; je continuai chaque année à l'examiner. Enfin , le 21 mai 1839, quatre ans après sa métamorphose, la silènes pa- rut ; elle était un peu plus pâle que celles de la première anuée, mais très- bien conformée. Trois journées d'orages continuels avaient précédé son éclosion. Les années précédentes avaient offert des journées aussi chaudes^, mais sans orages, et la silènes n'était pas éclose. L'électricité jouerait-elle un rôle dans l'éclosion des insectes ? C'est un problème que les ento- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUË. 321 mologistes, qui s'occupent de physique, devraient bien ré- soudre. Explication des fi g. % à 10 de la planche XI II. 8. Chenille de la Dianthœcia luteago. 9. La chrysalide. 10. OEufs collés sur une feuille, et tige du Silène inflata, occupée par une jeune chenille. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQL'E. 323 RECHERCHES SUR LES Helluonides , ou révision du genre Helliio , Bonelli et Dejean ; Par M. REICHE. (Séance du 4 janvier 1843.) En m'occupant tout récemment du travail dont la publi- cation est commencée dans la Revue Cuvierienne, 1842, 8^ livraison et suivantes, c'est-à-dire de la description de tous les coléoptères de la Colombie inédits que renferme ma collection ,. j'arrivai à étudier un Carabique, appartenant au genre Helluo, tel que l'a formulé le comte Dejean. En com- parant les caractères que possède cette espèce avec ceux de V Helluo costatus, que Bonelli donne comme le type du genre, je fus frappé des différences importantes qu'ils présentent , et fus ainsi amené à étudier tout le genre. Il résulte , pour moi , de cette étude , que ce genre ne peut être conservé , comme l'a conçu le savant auteur du Species des Carabiques , et que les éléments hétérogènes qu'il renferme peuvent être divisés et recueillis en plusieurs groupes, que j'ai pensé de- voir être appelés genres (1). (1) M. le comte Dejean (Spec. gén. des coléop., t. i, p. 284) reconnaissait qu'il existait des différences génériques entre les cinq 324 ANNALES Je sais qu'on est assez mal venu , en ce moment, quand on présente au monde naturaliste un travail qui, au lieu d'un genre à étudier, en présente plusieurs, et qu'une des plaies de la science est cette multitude de genres introduite avec plus ou moins de raison , dans la nomenclature ; mais il y a ici lieu de distinguer entre des divisions de cette nature établies isolément , sans comparaison avec les autres de la même fa- mille, sans l'étude préalable approfondie des relations, et des genres provenant d'un travail fondamental , et dont l'établis- sement n'est fait que pour faciliter la connaissance de l'espèce, et son classement rationnel dans l'ordre naturel , par ses affi- nités. Tous les naturalistes reconnaissent que c'est là le but que doit se proposer tout classificateur, et conviennent que dans un genre nombreux en espèces les divisions sont néces- saires , indispensables. Mais ici commence la querelle. Les uns, pour éviter la difficulté d'avoir à retenir une foule de déno- minations, souvent barbares, veulent qu'on s'en tienne aux grands genres de Linné ou de Fabricius. Ces naturalistes ré- trogrades, dont la paresse redoute le moindre travail, ne ten- dent qu'à immobiliser la science et ne veulent pas reconnaître que les divisions linnéennes ou fabriciennes, suffisantes quand Tentomologie était bornée à la connaissance de Ô à 6,000 es- pèces, ne le sont plus à présent que nous en comptons dix fois plus ; les autres ( et malheureusement ce sont ceux qui écri- vent le plus ) embrassent l'extrême opposé : ils élèvent les moindres divisions à la dignité de genre, et nous amèneront peu à peu à avoir autant de genres que d'espèces. Entre ces deux extrêmes, il y a un milieu où, en multipliant les divi- sions autant qu'il le faut pour faciliter l'étude, on ne baptise du nom de genre que celles qui sont fondées sur des dif- espèces qu'il possédait alors de ce genre, mais n'avait pas jugé né- cessaire, vu leur petit nombre, de les séparer. DE LA SOCIÉTÉ EINTOMOLOGIQUE. 325 férences d'ensemble, c est-à-dire sur une réunion de ca- ractères différentiels d'un ordre assez important, tels que ceux qui sont tirés des organes buccaux, des antennes et des pattes. Ce milieu est la voie que j'ai voulu suivre, et si je m'en suis un peu écarté, ce que je crois possible, on devra recon- naître que, par respect pour des noms honorés dans la science, je n'ai pas toujours été maître de mon sujet, et j'ai dû, en conséquence , adopter, dans mon travail , des coupes généri- ques dont je n'ai pu juger le mérite, ne connaissant pas les espèces sur lesquelles elles ont été fondées , et dont les des- criptions , quand il y en a , sont beaucoup trop courtes , et ne sont pas comparatives. A l'exemple de M. Hope, je pense qu'on peut élever au rang de sous-famille un groupe naturel , comprenant neuf genres et quarante-deux espèces décrites , et j'adopte le nom qu'il lui a imposé, celui de Helluonides, Hellaonidœ {Coleopterists Ma/mal, 1. 1, p. 110). La place naturelle de cette sous-famille dans la nomencla- ture a dCi nécessairement m'occuper aussi. La difficulté de la rattacher à aucun des groupes déjà formés a fait singulière- ment varier la position que les divers auteurs lui ont assignée. Latreille (Familles naturel/es du rèi^ne an/mal) en fait le pas- sage des Polistichiis aux Drypta. Elle s'éloigne de ces deux genres par la forme du menton, du labre, des antennes, et surtout des Drypta par les palpes et la forme générale du corps. M. le comte Dejean ( 5'/?ec/e,? des Carabiques) place le genre Helluo dans la deuxième tribu des Troncatipennes , dont le principal caractère est de n'avoir pas la tête rétrécie en col, et en fait le passage des Lébiaires aux Brachines. Ou verra que plusieurs des genres des Helluonides ont un col bien marqué, et qu'ils diffèrent essentiellement des Lébiaires et des Brachines par la forme du menton, des antennes et du 326 ANNALES labre , et surtout des premières , par l'absence de dentelures aux crochets des tarses. M. BruUé {Histoire naturelle des insectes , suites à Buf- fon ), en fait une division de sa famille des Graphiptériens, en raison du développement de la lèvre inférieure. Ce caractère est important, sans doute, mais il n'est bien marqué que dans ÏHelluo costatus; tous les autres organes sont totalement différents. M. Hope {Coleopterits Manual) en fait, comme je l'ai dit plus haut, une famille spéciale, à laquelle il rap- porte sept genres, savoir: Helluo, Bonelli; Mnigma, New- men; Planètes, Mac Leay; Macrocheiliis , Kirby ; Omphra, Leach ; Pleuracantlius , Gray ; et Helluomorpha , Dela- porte, 11 leur reconnaît des affinités avec le genre Ozœna, et néanmoins les en sépare par les Heteromorpha et les Morio, avec lesquels je ne leur vois que des relations éloi- gnées. M. de Castelnau {Histoire naturelle des insectes, suites à Buffon) place ce groupe dans sa famille des Brachi- nites, dont il forme les premiers genres, et le fait suivre immédiatement des Ozœna. L'arrangement de M. de Castelnau, quant au rapproche- ment des Helluonides et des Ozœna , me semble le plus ju- dicieux. En effet, ils se touchent par la forme du menton , des palpes , des antennes et des tarses ; mais je ne puis en dire autant du classement de ces deux genres dans la famille des Brachinites , dont ils s'éloignent par tous les caractères. Je crois qu'il convient de réunir les genres rentrant dans ces deux groupes, Helluo et Ozœna, pour en établir une seule ou deux petites familles , comme le fait M. Hope, et de les placer entre la première et la seconde sous-tribu des Tron- catipennes. Les Helluonides , Helluonidœ , Hope , se distinguent des autres groupes des Troncatipennes par les caractères sui- vants : DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 327 Palpes. Maxillaire à premier article très-court cuculli- forme, le pénultième moins long que le terminal, celui-ci sécuriforme plus ou moins allongé; Labial à pénultième article presque aussi long ou plus long que le terminal; celui-ci plus ou moins allongé, tronqué carrément à l'extré- mité. Mâchoire falciforme terminée par une pointe aiguë , for- tement ciliée intérieurement ; Galette à dernier article al- longé, cylindrique , arqué en dedans. Mandibule en lame très-large, aplatie, sub-conique, légè- rement arquée en dedans, sans dents, mais avec une large expansion arrondie à la base interne. Lèvre inférieure plus ou moins avancée sur les mandibu- les , canaliculée ; l'insertion des palpes très - rapprochée à la base de la face externe. Menton très-développé, trilobé, lobes plus ou moins aigus et avancés, l'intermédiaire ordinairement plus court. Labre ordinairement transverse, large, plus ou moins avancé sur les mandibules. Épistome transverse plus court que le labre. Yeux saillants. Antennes insérées latéralement sous l'uisertion des man- dibules en avant des yeux, à premier article plus long que les autres, cylindrico-conique ; 2®, 3® et 4^ coniques, ce dernier un peu aplati et dilaté à son extrémité, les suivants aplatis, presque carrés, égaux en longueur, allant en s'élargissant jusqu'à l'extrémité; le dernier ovale un peu plus long que le pénultième. Tète oblongue, un peu rétrécie postérieurement, quelque- fois en col bien marqué. Corselet sub-cordiforme, plus large que la tête antérieu- rement, rétréci postérieurement, ses angles antérieurs ar- rondis , les postérieurs obtus peu ou pas relevés. 328 ANNALES ÉcrssoN triangulaire, très-court, ne dépassant presque pas la base des élytres. ÉLYTRES plus larges que le corselet, plus ou moins allon- gées, striées, tronquées à Textrémité, et laissant à découvert tout ou partie du dernier segment de l'abdomen en dessus. ÉPiPLEURES très-étroits, s'effaçant aux trois quarts de la longueur des élytres. Abdomen à segments entiers dans les deux sexes. Pattes généralement courtes, robustes; cuisses mutiques; jambe antérieure échancrée profondément en dedans vers le milieu de sa longueur avec une dent et une épine articulée au sommet de l'échancrure; toutes les jambes tronquées à Textrémité avec deux épines articulées au côté interne de la troncature des intermédiaires et postérieures, et une seule aux antérieures; tarses à pénultième article plus petit, échancré, bifide ou bilobé; dernier article en massue, de la longueur du premier; les antérieurs à articles épais sub-triangulaires; les intermédiaires et postérieurs à articles sub-cylindriques plus grêles; crochets très-espaces, séparés par une lame arron- die, saillante, membraneuse; ils sont simples, sans dents, ni épines. On ne possède aucune donnée sur les premiers états de ces insectes , et tout ce qu on sait de leurs mœurs , c'est qu'on les trouve à terre. Ils paraissent posséder la faculté explosive des brachines, comme les Galerita, les Anthia, etc. L'Europe est la seule partie du monde qui n'offre aucune espèce faisant partie de ce groupe. Les Helluonides se divisent en neuf genres, classés dans l'ordre suivant : 1 Oinphra, 2 Helluo, 3 JEnigma, 4 Ma- crocheilus , 5 Jcanthogenius , 6 Planètes, 7 Dailodonius, 8 Pleuracanthus , 9 Helluomorpha. Le tableau suivant fera embrasser d'un seul coup d'œil le plan que j'ai suivi pour cette classification. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 329 S ë ^ u a toN K O P ^ I.J u w K t^ to H co cr? o «c U ^ -*! w J i PQ o < 5: H ^ « •= s? ë^ — S a >™ S B •0) s. 1 <2 3 S* n — ■= bo es Q. •-- hn ^ s ^ i: îs a ^-2 «s = "55 .^ S S 3 U E ourt r les Sor ieur w 'S • ' OJ O «1 .-^ fc. '5 Si ^ii2^ s B o / transvers laissant mandibLi ' bord an .2 o- .2 'OJ c 330 ANNALES V C^^ OMPHRA. Leach. Palpes. Maxillaire à deuxième article aussi long que le quatrième, aplati, tronqué obliquement à l'extrémité ; le troi- sième moitié moins long, conique; le terminal en triangle allongé; labial à pénultième article sub-cylindrique, le ter- minal aplati, sub-triangulaire, allongé, sécuriforme, un peu plus long que le pénultième. Lèvre inférieure carrée, ses angles antérieurs arrondis, très-avancée et cachant les mandibules. Menton à lobes très-larges , les latéraux arqués en dedans, recouvrant entièrement les mâchoires et les mandibules , l'in- termédiaire un peu moins long, en angle peu aigu, avancé entre les points d'insertion des palpes labiaux. Labre ^risr^^c^er^e, très-court, presque droit, laissant à découvert une grande partie des mandibules. Épistome à articulation bien marquée. Antennes à premier article aussi long que les deux sui- vants réunis, deuxième, troisième et quatrième égaux, sub- cylindriques. Tète peu rétrécie postérieurement. Corselet convexe, ses angles postérieurs non relevés. ÉCLSSON large, triangulaire. Élytres soudées, ovalaires, l'angle humerai à peine mar- qué, leur extrémité tronquée un peu obliquement; elles sont d'un cinquième plus longues que la tête et le corselet réunis. Ailes atrophiées. Pattes courtes, robustes; jambes tronquées carrément à Textrémité, troncature des antérieures profondément échan- crée; tarses de la longueur des jambes à pénultième article bifide , à premier article aussi long que les deux suivants réu- nis, deuxième, troisième et quatrième presque égaux. Patrie, Asie coQtinentale inter-tropicale. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 331 „ , ^ 1 hirla , Fabr. Syst. £"/. 1 . 2 1 4 . Dej . Spec. t . 284 . \tnsUs , Leach. 2.0. — pilosa, Klug. Jarb. der insect. i. 7i. 3.0. ^ atrata, id. id. 1.72. 4. 0. — complanata, Reiche, hujus operis, p. 342. 2e G'^^.^HELLUO. Bonelli, Obseru. entomol. Mém. acad. imper., Turin, 1811-1-2, 455. Palpes — maxillaire à deuxième article un peu plus long que le quatrième; troisième moitié moins long, conique; le terminal aplati sub-triangulaire presque carré ; labial à pé- nultième article sub-cylindrique plus long que le terminal , celui-ci aplati sub-triangulaire. Lèvre inférieure arrondie, tuméfiée, très-avancée sous les mandibules. Menton à lobes latéraux avancés, larges, arqués en de- dans , recouvrant les mâchoires et les mandibules ; l'intermé- diaire sub-aigu , beaucoup plus court et n'atteignant pas le point d'insertion des palpes labiaux. Labre avancé , cachant les mandibules , aussi long que large, ses côtés droits et parallèles jusqu'aux deux tiers de sa longueur et se rejoignant en angle obtus , antérieurement. Epistome à articulation peu distincte. Antennes à premier article un peu moins long que les deux "suivants réunis , les deuxième , troisième et quatrième presque égaux sub-cylindriques. Tête peu rétrécie postérieurement. Corselet presque plane, sub-cordiforme , ses angles posté- rieurs un peu relevés, saillants. ÉcussoN petit , cordiforme. ÉLYTRES soudées, en carré allongé, l'angle humerai marqué, l'extrémité tronquée presque carrément, arrondie latérale- XI. 23 332 ANNALES menf ; elles sont d'un sixième plus longues que la tête et le corselet réunis. Ailes atrophiées. Pattes assez allongées , fortes ; cuisse antérieure avec une dent obtuse au tiers de sa longueur en dedans, les autres mu- tiques ; jambes tronquées carrément à l'extrémité ; tarses de la longueur des jambes à pénultième article échancré; l'anté- rieur a les trois premiers articles presque égaux ; les intermé- diaires et postérieurs ont le premier article plus long , les deuxième, troisième et quatrième presque égaux. Patrie : Australie. Type 1. Helluo costatus , Bonelli, loc. cit.; Klug, Jarb. derinsect., 1, 75. 3*^ G'^ TEMGMA.Newmann, Entom. mag., 1836, n" 15, 499. Palpes — maxillaire à deuxième article allongé , le troi- sième plus court que le terminal , qui est aplati , tronqué , claviforme ; labial à pénultième article plus long que le ter- minal, qui est robuste et tronqué. Lèvre inférieure profondément échancrée au milieu , ses côtés distants, allongés , aigus ? Menton Labre arrondi, avancé, cachant les mandibules. Tète presque trigone , plus étroite que le corselet. Corselet cordiforme, tronqué. ÉLYTRES libres , allongées , presque linéaires , tronquées , striées, ayant postérieurement une membrane marginale dia- phane. Ailes développées, propres au vol. Pattes courtes; tarses plus courts , simples, cylindriques. Ce n'est que conjecturalement que je place ici ce genre, dont je n'ai pas vu le type; j'ai été guidé par la forme du labre ; il DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQLIE. 3;}3 reste à connaître la forme du menton et des antennes, pour lui assigner sa place exacte. La forme insolite de la lèvre infé- rieure l'éloigné de tous les autres genres , mais j'ai lieu de craindre qu'à cet égard la description ne soit inexacte. Patrie: Australie. Type 1. tEnigma iris, Newmann, loc. cit.; Hope , Col. Man.,\, 110. 4^ G'^ MACROCHEILUS. Kirby, Mss. Hope, Coleop. Man., 2, 166. Palpes — maxillaire à deuxième article un peu plus long que le quatrième , celui-ci un peu allongé ; labial à article terminal cylindrique , tronqué à l'extrémité. Lèvre inférieure carrée, un peu échancréeau milieu anté- rieurement, avancée, cachant les mandibules en partie. Menton à lobes égaux en longueur, les latéraux de moyenne largeur, aigus , l'intermédiaire très-aigu, spiniforme, ils sont assez avancés et dépassent le point d'insertion des palpes la- biaux. LabRe avancé, cachant les mandibules, semi-orbiculaire. ÉPiSTOME à articulation assez marquée. Antennes à premier article moins long que les deux sui- vants réunis, deuxième, troisième et quatrième presque égaux sub-cylindriqucs. Tète peu rétrécie postérieurement. Corselet peu convexe, rebordé, ses angles postérieurs un peu relevés. ÉccssON petit, cordiforme. Élytres en carré allongé , l'angle humerai bien marqué , l'extrémité tronquée un peu obliquement, arrondie latérale- ment; elles sont d'un tiers plus longues que la tète et le cor- selet réunis. 334 AiNlNALES Ailes développées, propres au vol. Pattes courtes , fortes ; cuisses mutiques ; jambe anté- rieure tronquée obliquement à l'extrémité, intermédiaire et postérieure tronquées carrément ; tarses de la longueur des jambes, à premier article presque aussi long que les deux sui- vants réunis , deuxième , troisième et quatrième allant en dé- croissant : ce dernier échancré , presque bifide. Patrie : Asie intertropicale. Typel. Macrocheilus iripustulatus, Dej. Spec. 1. 286 (non Fabr.) Syn. Bensonii. Kirby, Mss. Hope, Coleop. Man. 2. 1 66. » quadrimaculatns,{j\xév\n,Rev. Cuv. 1840-38. 5^ G'^^ ACANTHOGENIUS. Reiche. A^cavôa, épine; T^^etov, menton. Palpes — maxillaire à deuxième article presque aussi long que le troisième et le quatrième réunis , quatrième triangu- laire ; labial à pénultième article de la longueur du terminal, celui-ci triangulaire. Lèvre inférieure carrée assez avancée , ne cachant pas les mandibules. Menton à lobes égaux en longueur , les latéraux assez larges, aigus, l'intermédiaire très-aigu, spiniforme : ils sont très- avancés , dépassant le point d'insertion des palpes labiaux. Labre avancé , cachant les mandibules, semi-orbiculaire, un peu moins long que large , son bord un peu ondulé. ÉPiSTOME à articulation très-peu marquée. Antennes à premier article moins long que les deux sui- vants réunis , le deuxième plus court que le troisième , troi- sième et quatrième égaux. Tête rétrécie postérieurement en un col bien marqué. Corselet peu convexe , rebordé , ses angles postérieurs un peu relevés. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. 335 ÉCLSSON petit, cordiforme, assez aigu. Élytres libres, en carré allongé, leur angle humerai bien marqué , tronquées un peu obliquement à l'extrémité , un tiers plus longues que la tête et le corselet réunis. Ailes développées, propres au vol. Pattes courtes , robustes ; cuisses mutiques ; jambe anté- rieure tronquée obliquement à l'extrémité , intermédiaire et postérieure tronquées carrément; tarses de la longueur des jambes , à premier article presque aussi long que les deux suivants réunis, deuxième, troisième et quatrième presque égaux : ce dernier échancré , un peu bifide. Patrie : Asie , Afrique. Type 1. AcANTHOGEWus//n;?/cf«^, Wiedeman, Zoo/. /nag'. 2. 49 2. A. — grandis, Dej. Spec. 5.400 S.A. — labrosus, ibid. 5.400 4. A. — bisignatus, Reiche, ^/macu/a^aï. Dej. 5. 402 5. A. — biguttatus, (jOvy,Mag. Zool.,(j\ièr\n. \9,M 6. A. — distactus, Wiedemsm, Zool. Mag. 2.49 7. A. — dorsalis , Klug, Jarbucft. derinsect. i. 77 S.A. — cruciaiuSj UArc , Bev. Ciwîer. 1840.113 9. A. — scapularis j hujus operis ^ p. 343. Le nom àiAcanth. bimacnlatus,\)e}. faisant double emploi avec le Planètes bimaculatus de Mac Leay décrit ci-dessous, je l'ai remplacé par celui diAcanth. bisignatus. 6* G''^ PLANETES. Mac Leay, Annulosa Javanica (Lequien), 130. Palpes — maxillaire à deuxième article aussi long que les troisième et quatrième réunis : ce dernier plus long que le troisième, oblong, tronqué à l'extrémité ; labiale pénultième 330 ANNALES article cylindrique aussi long que le terminal : celui-ci trian- gulaire, allongé. Lèvre inférieure carrée, très-peu avancée. Menton à lobes courts , larges , rintermédiaire peu pro- noncé, n'atteignant pas le point d'insertion des palpes la- biaux. Labre transverse moitié moins long que large , coupé carrément en avant, laissant à découvert une partie des man- dibules. ÉPïSTOME sub-membraneux à articulation bien marquée. Antennes à premier article aussi long que les deux sui- vants réunis, le deuxième plus court que le troisième , celui-ci et les suivants à peu près égaux en longueur. Tète peu rétrécie postérieurement. Corselet presque plane, transverse, moitié plus large que la tête, peu rétréci postérieurement, ses angles postérieurs obtus non réfléchis. ÉcussoN petit, triangulaire, aigu. Élytres libres, en carré allongé, leur angle humerai bien marqué, tronquées un peu obliquement à l'extrémité, à côtes élevées; un quart plus longues que la tête et le corselet réunis. Ailes développées, propres au vol. Pattes moyennes , assez fortes ; cuisses mutiques ; jambe antérieure tronquée obliquement à l'extrémité, intermédiaire et postérieure tronquées carrément; tarse un peu plus long que la jambe , l'antérieur à articles allant en décroissant du premier au quatrième, les intermédiaire et postérieur à pre- mier article aussi long que les deux suivants réunis; les deuxième, troisième et quatrième en décroissant: celui-ci échancré. Patrie: Asie insulaire. DE LA SOCIETE ENIOMOLOGIQUE. 337 Type 1. Planètes bimaculalus , Mac Leay, loc. cit. 2. — stlgma , Yd\i.,Sxst. El 1. 192. 121. texte Hope, Col. Man. 1. 40. J'ai donné les caractères de ce genre d'après un Helluonidc qui, dans la collection de M. le comte Dejean, portait le nom de Planètes bimaculatus sous lequel il l'avait reçu de M. Bo- hemann. Ces caractères diffèrent en quelques points de ceux que lui a assignés M. Mac Leay : 1" je n'ai pas remarqué que le labre fût un peu échancré {vix emarginatus), je l'ai vu droit ou très-légèrement ondulé par les points enfoncés qui le bordent; 2° le quatrième article des an- tennes n'est pas aussi long que le premier, et est beaucoup plus court que les deuxième et troisième pris ensemble , quoi- que M. Mac Leay le fasse plus long. Il y a ici erreur mani- feste de la part de cet auteur, car dans la figure qu'il donne du Planètes bimaculatus , ce quatrième article n'est pas plus long que le troisième. L'insecte que j'ai sous les yeux, et qui appartient maintenant à M. de La Ferté - Sénectère , est évidemment l'espèce typique. T G•■^ DAILODONTUS. Reiche. Ar^xo;, visible ; o^cu,-, dent. Palpes — maxillaire allongé , à deuxième article un peu moins long que les deux suivants réunis, troisième obconique , quatrième un peu allongé, une fois plus long que le troisième; labial à pénultième article aussi long que le dernier , celui-ci sub-cylindrique , un peu élargi et tronqué à l'extrémité. Lèvre inférieure oblongue un peu avancée , ne cachant pas les mandibules. Menton à lobes larges , sub-aigus , les latéraux médiocre- ment avancés; l'intermédiaire plus court. L\bre court , Iransverse , droit , laissant à découvert une partie des mandibules. 338 ANNALES ÉPiSTOME à articulation bien marquée. Antennes à premier article aussi long que les deux suivants réunis , troisième et quatrième égaux , deuxième un peu plus court ; cylindriques. Tète un peu rétrécie en col postérieurement. Corselet déprimé , rebordé , ses angles postérieurs obtus , un peu relevés. ÉCDSSON petit , cordiforme. Élytres libres , oblongues , leur angle humerai marqué , leur extrémité tronquée un peu obliquement et arrondie latéralement , un septième plus longues que la tête et le cor- selet réunis. Ailes développées, propres au vol. Pattes moyennes, fortes; cuisses mutiques ; y<3'/7<6e anté- rieure tronquée obliquement à l'extrémité , les intermédiaires et postérieures tronquées carrément ; tarses de la longueur des jambes à pénultième article échancré , bifide, l'antérieur à premier article plus long, les autres en décroissant, les inter- médiaires et postérieurs à premier article aussi long que les deux suivants réunis , les autres en décroissant. Patrie: Amérique méridionale. Type f . Dailodontus cc'. t. 288 3. P. — brevicollis ^ ibid. 5.403 4. P. — Lacordairei , ibid. 5.404 5. P. — cribralusj Reiche, Bet^ue Cut'ier. i 842 6. P. — anthracinuSj Klu^, Jarb.der Jnscct. i. 73 7. P. — sanguinolentus j ibid. 1 . 74 8. P. — ferrugineiis , ibid. 1.75 9-^ G•^^ HELLUOMORPHA. Delaporte, Étud. Entom. : 1 , p. Ô3. Palpes — maxillaire à deuxième article plus long que le quatrième , et presque aussi long que les troisième et qua- trième réunis , troisième conique embrassant le suivant, qua- trième un peu plus long que le troisième , presque carré , tron- qué en hache , Tarticulation de ces deux derniers articles non marquée par un étranglement; labial à dernier article, plus grand que le pénultième ou l'égalant , en cylindre aplati i tronqué. Lèvre inférieure avancée, un peu arrondie en avant, ne cachant pas les mandibules. Mekton à lobes latéraux larges , obtus , moins avancés que la lèvre inférieure, intermédiaire sub-aigu , plus court, attei- gnant le point d'insertion des palpes labiaux. Labre arrondi antérieurement, entier, un peu avancé, recouvrant les mandibules. Épistome à articulation peu marquée. AwTEJXNES à premier article aussi long que les deux suivants réunis , deuxième un peu plus court que le troisième, les sui- vants allant plus ou moins en s'élargissant vers l'extrémité. Tète un peu rétrécie en col postérieurement. Corselet peu convexe , rebordé , ses angles postérieurs obtus, un peu relevés. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 341 ÉcussoN petit, cordiforme. Élytres en carré long, à troncature peu sensible, l'angle humerai bien marqué. Ailes développées, propres au vol. Pattes courtes, fortes; caisses mutiques; jambe anté- rieure tronquée un peu obliquement à l'extrémité, avec la troncature largement échancrée, les intermédiaires et posté- rieures tronquées carrément; tarses à pénultième article échancré, bifide, l'antérieur à premier article plus long, les deuxième, troisième et quatrième, en décroissant; tarses in- termédiaires et postérieurs plus grêles, à premier article aussi long que les deux suivants réunis , ceux-ci égaux, le pénul- tième moitié moins long. Patrie , les deux Amériques. Ce genre , qui termine la famille des Helluonides , est com- posé d'espèces assez dissemblables , et pourra peut-être plus tard être divisé en deux genres , l'un comprenant les espèces de l'Amérique boréale, l'autre celles de l'Amérique intertro- picale et australe. Les premières se distinguent par la dilata- tion plus forte des articles quatrième à onzième des antennes, les palpes plus grêles , et la forme du corps plus allongée. Je n'ai pas cru ces différences assez importantes pour servir de base à l'établissement d'un genre nouveau , et n'en ai fait qu'une division. A. Antennes allant en s'élargissant modérément du qua- trième article à l'extrémité , corselet plus large que long. Insectes de l'Amérique du Sud. 1. Helluomorpha héros, Gory, ^7i«. Soc. cniom. 2. i97 2. H. — agat/ij-rnus , Bn([uet , ilt'id. 4.618 3. H. — bellicosa , Delaporle, £)!«.'/. entom. \. 5Z 4. H. — anicolor , Brullé, ?^o/.ded'Orbigfny, //i5. 22 5. H. — inelanaria , li{v\ch.e , hiiju^ operis, p. 3i;î 342 ANNALES 6. Helluomorpha /cmoratoj Dejean, Species. 5. 405 7. H. — nigerrima^ Klug, Jarb. der Insect. 1. 76 8. H. — ■ pubescens, ibid. 1. 77 9. H. — coracina, Mannerh.,Silb. iîef. cn^ 1837.211 10. H. — sparsa , BruUé , ^o;" . de d'Orbigny, /n*. 22 B. Antennes allant en s'élargissant fortement du quatrième article à Textrémité, corselet plus long ou aussi long que large. Insectes de l'Amérique du Nord. 1 1 . Helluomorpha prœusia , Dejean , Species. 1 . 289 12. H. — laticornis , ibid. - 5. 407 13. H. — nigripennis , ibid. 5.408 14. H. — Clairvillci ^ ibid. 5.405 Species nov^i: Helluonidarum. Omphra complanata. Longit. 6 %, Lat. 2 14. Lin. Depressa, atra, nitida, modice tomentosa; caput oblon- gum inter antennas longitudinaliter valde impressurn , vertice punctis nonnihil instructum , antennis paulo gra- cilioribus; thorax sub deplanatus , canaliculatus , canali- ciilo confuse ac crebre punctato, disco antice posticeque obsoletissime transversaliter impresso, margines versus crebre punctato, punctis in dorso rarioribus, irregulariter dispositis ; elytra deplanata, basi quadrata, apice rotun- data, striata , punctis ut in O. hirta dispositis, sed pro- fixndioribus. Hab. India orientait in provincia Decan. Cette espèce, très-voisine des O. hirta ttatrata^ se distin- gue de la première par le brillant de ses élytres , qui , dans X hirta sont toujours d'un noir mat , et par leur largeur à la I DE LA SOCIETE E^TOMOLOGIOUE. 343 base; elle diffère de toutes deux par sa dépression, par la disparition presque complète des impressions transversales du corselet et l'irrégularité de la disposition des points qui le couvrent. AcANTHOGENius scapulaHs. Long. 4 V4. Lat. 2 Vo. Lin. Piceus , crebre punctatus; caput oblongo-rotundatuin inter antennas obsolète bi-impressum, collo sub-lœvigato, labro maximo, producto, nitido, lœvigato,fusco, lateribus marginatis , palpis mandibulisque fuscis , apice ferrugi- neis ; antennariim articulo primo ferrugineo; thorax par- vus^ capite cuin oculis paulo angustior, longitudine paulo latior , subcordatus , vix canaliculalus , antice modice emarginatus , basi recte truncatus, lateribus rotundatis, postice coarctatis, angulis posticis iicutis ; scutellura apice lœvigatum; elytra oblonga, tliorace duplo latiora terque longiora , profunde septies striata , punctis majoribus a latere non nihil impressa , in singulo plaga ferruginea oblonga, ab humero usque in medio extensa; subtus paulo nitidior, abdominis segmentibus late utrinque im- pressis, pedes ferruginei, geniculis, tibiis tarsisque fuscis. Habitat Senegalia. A Dom. Dupont, sub nomine citato communicatus. Helluomorpha melanaria. Long. 7. Lat. 2. Lin. Elongata, atra, nitida; caput oblongo-rotundatum , lœvigatum , inter antennas utrinque longitudinaliter sulcatum , vertlce punctis nonniliil a latere impresso , labri margine antico punctato , galea palpisque apice ferrugineis, antennarum articulo primo punctis nonnilùl 344 ANNALES iinpresso; collo lœvigato ; thorax transversus , subcorda- tiis ^ marginatas , canaliculatus , hasiutrinque impressas ac profidide punctatus , antice medlo late ac inodice emarginatus , lateribus rotundatis , poslice coarctatis , angulis posticis reflexis, abtusis, dente parvulo instractis, disco transversim obsoletissime riigato, punctis plui imis profundis seciindum canaliculum marginem. versusque im près sis; scutellum lœvigalum; elytra elongata, thorace dimidio latiora, sesciiploqiie longiora, sulcatula, api ce exterius intricata, sulcis punctatis , interstHiis convexis , lœvigatis, epipleiiris vage punctatis; siibtus thorace, pec- tore abdominisque segmenta ultimo punctatis. Habitat Brasilia. Cette espèce paraît avoir de grands rapports avec ÏH. cora- cm«, Mannerheim. L'insuffisance de la description, et la comparaison qu'en fait ce savant entomologiste avec les Hell. Lacordairei Dejean, et nigerrimus , Klug, qui diffèrent gé- nériquement l'un de l'autre , m'ont empêché de reconnaître l'identité. L' Helluo pxgmœus , Dejean, Species , t. ii, p. 46, ainsi que cet auteur l'avait pressenti, ne me paraît pas pouvoir être compris dans cette sous-famille , ses palpes labiaux à dernier article allongé , sub-ovoide, grêle ;ses antennes à premier article aussi long que les trois suivants réunis ; ses mâchoires, dont la galette a le pénultième article aussi long que le ter- minal , la forme de son labre et de ses tarses , tout le rappro- che évidemment du genre Diaphorus du même auteur, au- quel on pourrait peut-être le rattacher. DE LA SOCIETE ËNTOMOLOGIOUE. 345 COMPliEITIE^T Dfli: liA DESCRIPTIOIV DE HHydroporus polonicus. Par M. le docteur Ch. AUBÉ. (Séance du 15 février 1843.) Lorsque j'ai décrit Y Hydroporus polonicus, Ann. de la Soc. eutom, de France, t. xr, p. 230, j'en ai fait la descrip- tion sur des individus femelles que j'avais reçus en assez grand nombre de M. Waga , de Varsovie. Depuis lors , et tout ré- cemment, cet entomologiste m'a fait un nouvel envoi de Co- léoptères, parmi lesquels se trouvent deux exemplaires d'un Hfdroporus qu'il considère comme une variété an polonicus, et qui n'est réellement que le mâle de cette espèce. Je m'em- presse, pour compléter la description de cet insecte , de don- ner ici les caractères qui sont propres au sexe masculin. Au lieu d'être terne et ponctué presque imperceptiblement comme la femelle , il est luisant , et les élytres sont couvertes d'une ponctuation assez forte et très -serrée ; le dessous du corps est noir; les tarses antérieurs et intermédiaires sont très-fortement dilatés, et beaucoup plus que dans aucune au- tre espèce de ce genre. Du reste , il est entièrement semblable à la femelle. TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS CETTE LIVRAISON. Description d'une espèce nouvelle de Lucanide, appartenant au gejire Dorcus de Megerle {D. Lessonii)\ par M. L, BUQUET. . . 283 Observations sur la monographie des Érotyliens de M. Th. Lacor- daire; parM. le Comte DEJEAN 285 Observations sur un nouveau genre de la tribu des Nymphautes {Godartiamadagascanensis);\iZV^.'Q^.L\}Qik% 295 Notice sur ia Stilbia stagnicola , et description de celte espèce sous ses différents états ; par M. GRASLIN 303 Histoire des mœurs et description de la chenille de la Dianthœcia luteago; par M. GRASLIN. 313 Recherches sur les Hbiiconides , ou révision du genre Helluo, Bonelli et Dejean ; par M. REICHE 323 Complément de la description de VHydroporus polonicus ; par M. AUBE 345 Bulletin entouologique , 4^ trimestre de 1842 ; recueilli par le Se- crétaire de la Société u Ouvrages offerts à la Société pendant l'année 1842 ixiX Membres de la Société entomologique de France pendant l'année 1842. Mxv Membres reçus du 4 janvier 1843 au 19 avril xxxivi Membres décédés en 1842 Jbid. Membres démissionnaires en 1842 ixxxvii Errata et addenda aux tomes viii, ix, x et xi ixxxix Table des matière* contenues dans le tome onzième. . . • lxxxxiii inpBIMËKIE E* rOHDEIIE DE JRICNOUX, XVE MOSSIEDR-IiE-PaïKCE, ZÇ^ biS. ANNALES DE LA S0CIP:TÈ ENTOMOLOGigUE. BULLETÎN ENTOMOLOGIQUE. AaîMEi: 1^4». PREMIER TRIMESTRE. Membres du Bureau pour Cannée 1842. Président , M. le Docteur Aube. f^ice -Président , M. Goureau. Secrétaire, M. E. Desmarest. Secrétaire-Adjoint ^ M. Pierret. Trésorier, M. Ch. Pitois. Trésorier-Adjoint , M. L. Buquet. Archiviste, M. Duponchel. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du S janvier 1842.) Présidence de M, le Docteur Aube. Ouvrages offerts. Observations sur les affinités naturelles de la famille des Paussidœ; par M. Burmeister. (Extrait du Maga- zin de Zoologie.) Br. in-8o; Paris, 1841 : offert par l'auteur. — Examen critique de la première livraison de l'ouvrage de M. Audouin, inlilulé : Histoire natHrellc des Insectes nuisi- XI. a II ANNALES blés à la Vigne, et parliculièrement de la Pyrale; p^tr un ano- nyme. Br. in-805 Lyon, 1841 : envoyé par l'auteur. Communications. M. L. Biiquet annonce la mortdeM. Ahrens, professeur de mathématiques à Augsbourg , membre de !a So- ciété. Lectures. M. l'abbé Bourlet lit une note ayant pour titre : Observations sur une Notice sur les Podiirelles , publiée dans le N° 6 à de la Bibliothèque universelle de Genève. — M. le Secrétaire donne lecture d'une note de M. Emile Blanchard, intitulée : Notice sur un Insecte de la famille des Longicornes. - — M. Guérin-Méneville lit un travail ayant pour titre : No- tices sur quelques Insectes nuisibles à l'agriculture. L'auteur com- mence par quelques considérations générales sur l'utilité de l'Entomologie pour l'agriculture; il s'occupe ensuite des in- sectes nuisibles aux céréales , passe en revue les principaux travaux qui ont été publiés sur ce sujet, et fait connaître un nouveau genre d'altération produit par la larve de la Musca pumilionis des auteurs. Cette larve ronge la tige du froment, d'un côté seulement, entre l'épi et le premier nœud, et cause l'avortement de tous les grains du côté qui a été attaqué. M. Guérin-Méneville fait ensuite connaître les différents états et les habitudes d'un petit Lépidoptère, VElachista cof- .• feella, Guérin et Perrotet, qui fait de grands ravages dans les plantations de café aux Antilles. Ce dernier mémoire, fait en commun avec M. Perrotet, sera publié aux frais du ministère de la marine. Membres reçus. M. Gehein (Jean -Baptiste), étudiant en phar- macie, à Paris; présenté par M. L. Buquet. — M. Langeland (Emile), de Paris; présenté par M. Pierref. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. m (Séance du 19 janvier 1842.) Présidence de M. le docteur Aube. Ouvrages offerts. Novorum actorum Academiœ Csesareœ Leopoldino-Carolitîse natiirse curiosorum. Voluminis duode- vicesimi, supplementum primum. Breslaii, 1841. Un vol. iii-4" : offert par l'Académie. — Verhandliingen der k. k. landwirlhschafts Gesellschafl in Wien. Tom. ix. Vienne, 1841. Un vol, in-8" : offert par l'Académie. Correspondance. Lettre de M. Boyer, pharmacien à Aix, annonçant que ses occupations ne lui permettent pas de s'oc- cuper d'Entomologie, et priant la Société d'accepter sa démis- sion de membre. — La démission de M. Boyer est acceptée par la Société. Communications. M. Alexandre Lefebvre présente de nom- breux dessins à l'appui d'une méthode qui a pour objet de faciliter la classification et la description des Lépidoptères. Cette méthode reposeexclusivement sur des caractères que pré- sente le système nervulo-alairedans les insectes de cet ordre. Lecture. M. Goureau lit une no'ice intitulée: A''o?e pour ser- vir à r histoire du Pissodes pini. (Séance du 2 février 1842.) Présidence de M. le docteur Aube. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences de France, par MM. les Secré- taires perpétuels. Tome xiii, 1841; deuxième semestre, N<" 22 à 26. Br. in-4°^ Paris, 1841 : offert par l'Académie. IV ANNALES Communications. M. Ch. Pitois, Trésorier, fait connaître l'état des receltes et des dépenses de la Société pendant l'an- née 1841. — M. le Président nomme MM. Berce, Doue et Dnpont , membres de la commission chargée de vérifier les comptes du Trésorier pour l'année 1841. — La Société charge M- le baron Walckenaër de faire pour les Annales une Notice nécrologique sur Latreille. — M. Pierret est également chargé d'une notice sur M. Ahrens, d'Augsbourg. Membre reçu. M. Fairmaire (Léon), étudiant en droit, à Pa- ris , présenté par M. E. Desmarest. (Séance du 16 février 1842.) Présidence de M. le docteur Aube. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences de l'institu! de France, par MM. les Secrétaires perpétuels. Tome xiv, 1842, premier semestre, ]N°' 1 à 4. Br. in-4° ; Paris, 1842 : offert par l'Académie. — The transactions of the Entomological Society of Lon- don. Vol. ni, part, the first. Un vol in-8°; Londres , 1841 : oiïert par la Société Entomologique de Londres. — Notes on some Insecis from king Georges Souad by Adam White. Br. in-8°; Londres, 1841 : ofierl par l'auteur. — Le Secrétaire dépose sur le bureau deux exemplaires du quatrième numéro de 1841 des Annales delà Société. Communications. M. L. Buquet donne lecture de la note sui- vante : « M. Hope a publié en 1841 , dans the proceedings of the Entomological Society of London (page 11, août 1840), la description de cinq insectes Coléoptères qu'il regardait comme DE LA SOCIÉTÉ ENiOMOLOGIQUE. v nouveaux, et parmi lesquels il s'en trouve deux que j'avais fait connaître plusieurs mois auparavant. « M. Ilope a désigné sous le nom de Dynastes Jupiter le même insecte que j'ai publié en février 1840, sous la déno- mination ÔG Scarabœus Jupiter (Uevue Zoologique, par- la So- ciété Cuviéiienne, 1840, p. 4:2). C'est une assez singulière coïncidence que celle qui nous a amenés tous deux, à une épo- que peu éloignée, à assigner le même nom à celte grande et belle espèce. M. Hope a appelé du nom de Hexaphylium Westwoodii, une espèce de Lucanide que j'avais publiée en juin 1840, p. 173 de la Revue Zoologique pour 1840, sous le nom d' Hexaphylium œquinoctiale. « Bien que je n'attache aucune importance réelle à conser- ver la priorité dans cette occasion, puisqu'il s'agit tout sim- plement delà description d'insectes isolés, j'ai cru devoir néanmoins signaler ce double emploi de nom, afin de prému- nir les Entomologistes contre le& erreurs auxquelles cela pour- rait donner lieu. « M. Hope et moi nous nous étions bornés, dans les publi- cations citées plus haut, à donner en latin, et très en abrégé, la descrii)tion des deux insectes dont il s'agit; mais, depuis, j'ai complété ce petit travail en donnant dans le RJagasin de Zoologie, année 1840, pi. 46, la figure de grandeur nalurelle de mon Scarabœus. Jupiter, de même que j'ai donné, dans nos Annales delà même année, p. 375, l'historique du genre Hexaphylium, et complété la description de l'espèce que j'avais publiée précédemment sous le nom de H. œquinoctiale. » Lecture. M. Reiche donne lecture d'un mémoire ayant pour titre : Essai d'une classification méthodique de la iribu des Co- prophages, famille des Lamellicornes , division des Scarabœides, Coléoptères-Pentamères . Ce premier mémoire comprend la pre- mière division de la sous-tribu des Ateuchides. VI ANiNALES — M. Doue lit le rapport de la commission chargée de vé- rifier les comptes du Trésorier pour l'année 1841 . — La Société décide que ce rapport sera imprimé en entier dans les An- nales. Rapport de la commission chargée de l'examen des comptes DU Trésorier pour l'année 1841. Commissaires: Mes- sieurs BERCE, DUPONT et DOUE, rapporteur. Un an s'est à peine écoulé depuis que le rapport de la commission chargée de l'examen des comptes du Trésorier pour l'année 4840 avait jeté parmi nous~ la tristesse et presque le découragement. Le déficit, cette lèpre des finances à laquelle tant de remèdes ineffi- caces ont été si souvent appliqués, le déficit nous avait fait sentir ses atteintes et semblait menacer notre Société d'une prochaine des- truction. La cause première de ce manque d'équilibre entre nos recettes et nos dépenses datait'de loin déjà, mais elle était honorable , elle s'ex- pliquait par le luxe de nos anciennes publications, dont les feuilles de texte et les planches trop nombreuses avaient entraîné des frais hors de proportion avec nos ressources. Un pareil état de choses dut nous affecter d'autant plus péniblement que sa gravité se révélait d'une manière plus imprévue. En effet, bien que notre dette se fût accrue successivement, nous avions toujours considéré le remboursement des cotisations arriérées comme devant suffire et au delà, pour rétablir nos affaires; mais le compte rendu ■ venait de mettre fin à l'illusion et la remplaçait par une triste réalité. C'est surtout pour les membres de la Société qui résident à Paris , que les conséquences de cette situation critique étaient à déplorer; habitués qu'ils sont à ces réunions périodiques, où ils mettent en com- mun leurs propres observations , celles de leurs correspondants et tout ce qui peut contribuer aux progrès de la science , ils ne voyaient qu'avec un regret bien vif arriver le moment ovi des séances qui leur offrent tant d'intérêt allaient cesser. Toutefois, un examen plus attentif des ressources qui nous restaient encore nous permitde ne pas désespé- rer entièrement. Le mal était grand , sans doute , mais une adminis- tration prudente pouvait le diminuer successivement, peut-être même le faire entièrement disparaître. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. vu Essayer de vaincre celte difficulté , c'était pour nous un devoir ; nous l'avons rempli , et le succès a répondu à nos efforts plus promp- tement que nous n'osions d'abord l'espérer. Voici, d'après les pièces qui ont été remises par le Trésorier à la commission d'examen , quelle a été la situation financière de la So- ciété pendant l'année 1841. Les ressources actives se sont composées : i° Du solde en caisse au 1«'" janvier 145 fr. 84 c. 2" De rentrées de cotisations arriérées pour 1840 et années antérieures 1,352 » » 3° De recettes sur les cotisations de 1841 1,716 s » 4° De sommes perçues pour affranchissement, etc. 82 50 » Formant ensemble la somme de 3,276 fr. 34 c. Le passif doit être établi comme il suit : Dû à notre éditeur, pour publications antérieures, jusqu'à et com- pris le premier semestre 1840 2,500 j Au même , pour les publications du ' ^„ deuxième semestre 1840, et celles de l'an- '' née entière l8il 2,250 Dépenses diverses en 1841 397 10 Loyer de la salle des séances pendant la même année 222 » Total 5,369 fr. 10 c. Pour l'atténuation de ce passif, il a été fait emploi d'une somme de 5,147 fr. 10 c , qui se décompose ainsi : 1° Pour à-compte à l'éditeur des Annales 2,750 fr. » 2° Pour soldes de dépenses diverses 397 10 Total égal 5,147 fr. ÏÔ Il restait donc encore à payer au 51 décembre 1841, à l'édi- teur . 2,000 fr. Et pour frais de location 222 fr. Total 2,222 fr. Pour combler ce déficit, nos ressources réelles ou apparentes sont : 1° Un en caisse de 129 fr. 24 c. 2'J Cotisations arriérées pour 1840 et années anté- rieures 3,198 » B S» Cotisations à percevoir sur 1841 2,412 » » Total 5,739 fr 24 c. VIII ANNALES Il s'en faut bien que toute cette somme puisse être réalisée; l'ex- périence nous a prouvé qu'on doit peu compter sur le plus grand nombre des membres retardataires, surtout ceux dont l'arriéré date de plusieurs années. Il est cependant permis de croire que ce qui reste dû sur 1841 sera perçu en grande partie, et déjà notre Tréso- rier nous a annoncé qu'il compte sur une rentrée pi^ochaine de 1 ,000 fr. au moins; nous pouvons donc considérer notre passif comme ne s'éle- vant plus qu'à 1,000 fr. environ. Comparativement, cette situation est de beaucoup meilleure que celle de l'année précédente ; mais le résultat dont nous devons surtout nous féliciter, c'est d'être parvenus à faire paraître les trois numéros de nos Annales en retard sur 1840 , et les quatre numéros qui se rat- tachent à l'année 1841. En mettant ainsi nos publications au courant, nous avons rétabli les relations qui nous lient à nos nombreux collègues des déparlements et de l'étranger. L'interruption momentanée de ces relations est, n'en doutons pas, la cause principale de la lenteur que beaucoup de mem- bres ont mise à se libérer envers la Société centrale , qui , hors du lieu de ses séances , ne donnait plus , pour ainsi dire , signe de vie. Main- tenant que , libres de toutes fâcheuses préoccupations, nous avons raffermi pour longtemps , nous aimons à le croire, les bases de notre Société, l'avenir nous reste , et il semble n'avoir plus rien que de ras- surant. Mais cet avenir, nous pourrions le compromettre si nous ne persis- tions pas, au moins pendant l'année courante, dans le système d'é- conomie auquel nous devons notre salut. La commission regarde comme un devoir de vous soumettre à ce sujet une importante obser vation. La Société Entomologique de France se composant aujourd'hui de 174 membres, son revenu annuel devrait s'élever à 4,176 francs ; somme plus que suffisante pour couvrir toutes ses dépenses. Mais, sur la totalité de ces membres, six doivent cinq ans de cotisa- tion; treize doivent quatre ans; vingt-six trois ans; dix-huit deux ans et quatre-vingt-dix-huit un an. En ne comptant que les membres qui doivent de deux à cinq ans, leur nombre s'élève à soixante-trois, représentant ensemble cent qua- tre-vingt-seize années de cotisation arriérée, à 24 fr. l'une, ou 4,704 fr. Si l'on établit une moyenne pour les quatre années 1857, 1858, 1859 et 1840, on trouve que quarante-neuf membres ont fait annuellement DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ix défaut ; ainsi la Société ne semblerait devoir raisonnablement compter que sur cent vingt-cinq membres , versant a la caisse une somme de 5,000 fr., légèrement augmentée par le supplément de cotisation des membres non résidants. Il serait donc plus qu'imprudent d'élever la dépense annuelle au delà de mille écus. Nous pensons que telle doit être la limite des opérations de la Société , et que, ne pas la dépasser à l'avenir, est pour elle une condition d'existence. Nous ne terminerons pas sans donner des. éloges au Trésorier, M. Ch. Pitois, pour l'exactitude et la clarté que présentent ses comptes. Nous devons surtout le remercier du zèle dont il a fait preuve en activant la rentrée d'une partie de notre arriéré. Sous ce dernier rapport, lui et son adjoint , M. Reiche, ont acquis des droits incontes- tables à la reconnaissance de la Société. (Séance du 2 mars 1842.) Présidence de M. GounE AU, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences, de l'Inslilatde France, tom. xiv, 1842; premier semestre, N"' v et vi. Br. in-4° : offert par l-Académie. — Mémoires de la Société royale des Sciences, Lettres et Arts de Nancy, année 184=0. Un vol. in-8° : oftertpar la So- ciété. — Observations sur les métamorplioses du Cerceris bupresti- cida, et sur l'industrie et l'instinct enlomologique de cet Ily- ménoptère. — Études anatomiques et physiologiques sur une mouche, dans le but d'éclairer l'histoire des métamorphoses et de la prétendue circulation des insectes. — Recherches sur les métamorphoses du genre Pliora, et description de deux nou- velles espèces de ces Diptères. — Mémoires sur les métamor- phoses et l'anatomie de la Pyrochroa coccinea. — Histoire des métamorphoses et de l'anatomie des Mordelles. — Histoire des métamorphoses de VElater rhombeus : par M. Léon Dufour. (Extrait des Annales des Sciences naturelles, 1840-1841, et X ANNALES des Mémoires de la Société des Sciences de Lille. Br, in-8o, avec fîg. : offert par l'auteur. Communications. M. E. Desmarest annonce à la Société la mort de l'un de ses membres, M. Edouard Carrefîo, décédé à Paris, le 18 février. — MM, Amyot et Dupont annoncent qu'une souscription est ouverte dans le but d'élever un monument à la mémoire de M. Carrefîo. On souscrit à Paris, chez M. Amyot, rue neuve Saint-Roch, 24. (Séance du 16 mars 1842.) Présidence de M. GouREAti, vice-président. Ouvrages offerts. Histoire naturelle et Iconographie des in- sectes Coléoptères, liv. 51 et 52, contenant la fin du Supplé- ment aux Buprestides; par M. Gory. în-8° avec fig. col.; Paris, 484:1 : offert par l'auteur. — Communication verbale sur la Ptérologie des Lépidop- tères, par M. Al. Lefebvre. (Extrait de la Revue Zoologique par la Société Cuviérienne, No de février 1842). ln-8o, avec fig. : offert par l'auteur. Communications. M. Pierret annonce à la Société la mort de M. Adolphe Boisduval, officier de santé, qui exerçait la médecine à Ticheville (Orne). M. Ad. Boisduval était un ento- mologiste fort zélé pour la recherche des Lépidoptères ; on lui doit la découverte de plusieurs espèces rares , entre autres celle de la Chrysoptera moneta , qui n'avait été rencontrée qu'en Hongrie et dans les Alpes du Dauphiné. — M. Reiche communique à la Société le résultat de ses recherches sur le caractère sexuel apparent des espèces du genre Ateuchus. Il est parvenu à le découvrir dans l'un des DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xi groupes de ce genre, comprenant les espèces dont l'épine ter- minale des jambes est soudée. Ce caractère consiste en une fascie longitudinale de poils courts, touffus, formant une brosse veloutée à la partie interne des jambes postérieures dans les mâles; les jambes des femelles sont simplement ci- liées. M. Reiche n'a pu jusqu'à présent trouver aucun carac- tère sexuel dans le deuxième groupe, celui dont l'épine ter- minale des jambes est articulée. — M. de Vijliers fait connaître quelquesdétails intéressants sur les premiers états du Lucanus cervus, qui lui ont été com- muniqués par notre collègue, M. Marchand , de Chartres. En faisant abattre dans sa maison de campagne un arbre très gros et très vieux, îes ouvriers employés par M. Marchand trouvèrent, à une assez grande profondeur, plusieurs boules oblongues, de la grosseur d'un œuf de pigeon, composées de terre, de petits graviers et de sciure de bois. M. Marchand ou- vrit phisieurs de ces boules par un bout , et il fut fort surpris d'y trouver un Lucanus cervus qui aussitôt agita ses énormes mandibules, et chercha à sortir de sa prison, dont les parois étaient lisses et très unies : notre collègue ne put trouver de larves, malgré toutes ses recherches, la saison étant probable- ment trop avancée. M. de Villiers a vu cette espèce de cocon, qui, à la contextnre et à la forme près, se rapproche de ce- lui des Cétoines, que l'on rencontre assez souvent dans les vieux saules. — M. de Villiers fait connaître quelques-unes de ses observations sur les mœurs de certains Lépidoptères noc- turnes. Il a toujours remarqué que diverses espèces des genres Orthosia et Ceractis ne se servent jamais de leurs ailes pour échapper aux dangers qui les menacent : lorsqu'on va pour les saisir, elles se laissent tomber à terre, et puis elles se mettent à courir avec une telle rapidité que l'on a beaucoup xn ANNALES de peine à s'en rendre maîlre ; elles ne s'arrêlenf que lors- qu'elles se croient hors de toule alleinte, et au boul d'un laps de temps assez long, elles grimpent après une tige d'herbe pour pouvoir prendre leur vol. En général, les espèces qu'on trouve en automne s'envolent assez difficilement ; mais au- cune d'elles ne courl aussi vite que la Ceractis vaccinii. La Scotophila tragopogonis offre également une particularité assez remarquable. En soulevant les écorces des saules pendant le mois de juillet , on trouve ces Lépidoplères réunis en grand nombre : ils sont placés les uns à côté des autres, se touchant le plus souvent, et ayant la lèle toujours tournée du même côté. Lorsque l'on veut piquer un de ces insectes, il ne s'envole pas, mais il court en passant sur le dos de ses compagnons sans que ceux-ci en paraissent nullement alarmés, et il va se placer au-dessus d'eux. M. de Yilliers a vérifié ce fait un grand nombre de fois, et toujours la même chose s'est présentée. — M. de Laporte, comte de Caslelnau, communique à la Société quelques-unes des observations enlomologiques qu'il a recueillies pendant le voyage qu'il vient de terminer. Les insectes de l'Amérique du INord son! proportionnellement moins communs en individus que ceux d'Europe ; ils sont sur- tout peu nombreux dans les grandes prairies des Illinois, et dans les plaines arides de l'ouest du Mississipi. On peut expli- quer ce fait par le changement si extraordinaire qu'éprouve la température dans un même jour. Les es[)èces semblent aussi généralement avoir un habitat plusétendu qu'en Europe ; ainsi, plusieurs formes tropicales, telles entre autres que le pkaneus carmfex, très commun en Floride, s'étend juscju 'au Canada, Au reste, il en est de même pour les autres branches de la zoo- logie -, le Cougouar s'étend jusqu'à la baie d'Hudson , le Trionyx remonte le Mississipi jusqu'à l'Ohio , et peut- être même plus au nord, etc. Des deux espèces de Méga- DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. vin céphalesqui se Iroiivent dans les Étals-Unis, l'une, la 31ecja- cephala virginica, étend son habitai vers le nord jusqu'en Pensylvanie; elle se trouve dans les touffes d'herbes : la Me- gacephala carolina ne semble pas s'étendre beaucoup au nord de Charleslon ; on la trouve volant au so'eil , à la manière des Cicindèles. €esdeux espèces se rencontrent dans tout l'extrême sud jusqu'au Texas. l,es Casnonia se trouvent communément sous les pierres; on les rencontre dans la ville même de New-Yorck. Les Omiis se trouvent également sous les pierres dans les environs des montagnes rocheuses, le Rhipicerafulva est rare : on l'a trouvé le soir, volant autour des arbres, àlNew- Yorck et en Pensylvanie. Une espèce nouvelle de 31elolontha se trouve très communément, au printemps, dans le New-Jersey, sous les algues, au bord de la mer : une autre espèce de Mé- lolonlhe se rencontre, dans des circonstances semblables, sur les bords du golfe du Mexique; mais sa recherche est rendue dangereuse par les Crotales, qui abondent dans la même loca- lité. Les Diapères sont assez abondantes, surtout les Oploce- phala et les Flatydema : on trouve ces derniers sous les écorces. MM. Kirbyet Spence, dans leurs Éléments d'entomologie, mentionnent le Reduvim serratus de Fabricius comme étant électrique. M. de Castelnau a parlé de cette observation dans son Traité élémentaire d'Entomologie, en appelant l'attention des voyageurs sur cet insecte, très commun dans l'Amérique méridionale, et sur lequel il a formé un genre Prionotus, dans son Essai d'une classification des Hémiptères. Depuis la publi- cation de ses observations, M. de Castelnau a trouvé aux envi- rons de Philadeli)hie deux individus qui lui ont semblé en tout devoir faire partie de la même espèce; mais ces insectes ne lui ont offert aucuns phénomènes électriques. Le Reduviiis serratus de l'Amérique du sud serait-il dans le même cas? — A l'occasion des observations de M. de Castelnau rela- XIV ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. tives à un insecte éleclrique, M. de Villiers rapporte un fait dont il a été témoin et qui lui semble du même genre. Se trouvant à Montpellier, en 1837, chez son frère, qui possède beaucoup d'orangers, il remarqua que le jardinier, en bê- chant la terre des caisses dans lesquelles ils étaient plantés, amenait à la surface du sol un très grand nombre de globules phosphorescentes qui s'éteignaient après quelques instants. Curieux de connaître quelle était la cause de ce phénomène, M. de Villiers lit quelques recherches, et il découvrit que les caisses où il se produisait étaient habitées par une très grande quantité de petites fourmis de couleur jaune; mais il ne put savoir avec certitude si c'était ces fourmis elles-mêmes ou leurs nymphes qui possédaient cette propriété phosphorique. — M. le Vice-Président annonce qu'après avoir consulté les membres du bureau , il propose de charger M. le docteur Bois- duval de faire une notice nécrologique sur M. Edouard Car- reno. — Ce choix est approuvé par la Société. Lecture. Le Secrétairedonne lecture d'un rapport de la com- mission de la publication , qui s'est assemblée le 9 mars der. nier, pour régler la composition du premier numéro des An- nales de l'année 18412. — La Société adopte les conclusions rapport. AINNONCES. HISTOIRE NATURELLE DES LÉPIDOPTÈRES ou PAPIL- LOîSS D'EUROPE, commencée par Godart et terminée par M. Duponchel; oiivroge basé sur la méthode de Latreille; modifié d'après les progrès de la science, avec les figures de chaque espèce, dessinées, gravées et coloriées d'après nature, par MM. Duménil, Delarue et Acarie Baron. Cet ouvrage, qui dévalise borner d'abord aux Lépidoptères des environs de Paris, et qu'on a élendu ensuite à tous ceux de France, pour satisfaire aux vœux du pUis grand nombre des souscripteurs, comprend aujourd'hui, au moyen d'un supplément, toutes les espèces d'Europe. Il se compose en ce moment de 248 livraisons comprenant chacune deux planches et formant par leur léuiiion 14 volumes, où sont décrites et figurées avec le plus grand soin 2,4o0 espèces environ. Il ne reste plusà publier, pour le terminer, que le quatrième et dernier volume du supplément, qui comprendra 20 livraisons, dans lesquel- les seront figurées et décrites 250 espèces de nocturnes environ. Ce volume sera terminé par une nouvelle classification de cette famille, mise au niveau de la science. Divisions de Vouvrage : Par GoDART. livraisons. T. I. Diurnes, environs de Paris 15 T. II. Diurnes, montagnes Alpines et départements méridio- naux 14 T. III. Crépusculaires 6 T. IV. Nocturnes {'Bomly cites.). ......... 20 T. V. Nocturnes (partie des Tinéites et commencement des Noctuéliles.) 16 Par M. Duponchel. T. VI. Nocturnes (suite des iVoc<'-<é/(7e5.) 15 Îl'« partie (suite et complément des Noctuéliles.) 15 2« partie (PAa/(!m7es.) 19 11 '"e partie (suite et complément des Phalénites.) 20 2« partie (PyraKies.). . . '. . . , 13 T. IX. Nocturnes ( Plalyomides. ) 15 T. X. '^ocTV^JiES (Crambites et Yponomeutides.) 10 T. XI. Nocturnes (suite et complément des Tinéites et Ptéro- phorites.) 14 192 XVI ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Supplément. liTraisons . Report. 192 T. L Diurnes 25 T. IL Crépusculaires 6 T. III. Nocturnes . . . 2S T. IV. Nocturnes _20 Total des livraisons, y compris le supplément. . . 268 Sur quoi il en a paru 248. Récapitulation par familles. Diurnes. 500 espèces S4 livraisons 462 fr. Crépusculaires 119 » 12 » 56 t'v. Nocturnes. ...... . 2281 » 202 » 606 fr. ■ Total. .... 2700 268 804 ' Pour faciliter Tacquisition de cet ouvrage aux amateurs qui n'y ont pas souscrit dès le principe et trouveraient trop onéreux d'en payer le prix total en une fois, l'éditeur s'est décidé à le mettre de nouveau eu souscription, comme s'il ne faisait que de commencer. En conséquence, ceux qui voudront se le procurer par portion, pourront ne prendre que deux livraisons par mois, à raison de 5 fr. la livraison , en s'engageant à les retirer toutes successivement jusqu'à la dernière. Ils seront libres de commencer par celle des trois familles qu'ils voudront. Il sera fait une remise de 50 centimes par livraison à ceux qui en prendront dix et plus à la fois. Enfin, à l'égard des personnes qui voudraient posséder de suite , l'ouvrage en entier, sans être obligées de payer la totalité comptant au moment oii elles le prendraient, elles pourront en devenir acqué- reurs à raison de 2 fr. 50 cent, par livraison, et diviser les payements en huit parties, savoir : la première comptant et les sept autres en bons payables de trois mois en trois mois, à partir de la livraison. Il est bien entendu que ces billets seront négociables et offriront les garanties suffisantes. Toutes les conditions ci-dessus s'appliquent également à V Icono- graphie des chenilles^ qui forme le complément de l'histoire des Lépi- doptères. Cette iconographie, rédigée par MM. Duponchel et Guenée , aura de 60 à 80 Hvraisons, dont 51 sont en vente. Chacune se com- pose d'une ou deux feuilles de texte et de trois planches dessinées et coloriées d'après nature , et coûte 5 fr. comme celle des Lépidoptères. On souscrit à la librairie de Méquignon-Marvis fils , rue de l'École- de-Médecine , 5. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. iv BULLETIN ENTOMOLOGIQUE. AIVKEE 1949. DEUXIÈME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 6 avril 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. Ouvrages offerts. Mémoires et comptes rendus de la So- ciété d'émulation du Doubs, tome i, mai à décembre 1841 , 1 vol. in-8, avec fig. , Besançon, 1841 ; offert par M. Bruand. — Histoire naturelle des îles Canaries : partie entomolo- gique, par M. BruUé, 1 vol. in-folio, avec pi. noires, Paris, 1841; offert par Fauteur. — Description du genre Osprfnchotus , nouveau genre d'hyménoptères , tribu des térébrants , famille des ophonides, par M. de Romand, br. in-S" avec fig. (extrait du Magasin de zpologie\ Paris, 1842; offert par l'auteur. b XVI ANN'ALKS Coinmiinicalions. M. Lefebvre prévient la Société qu'il s'abstiendra de continuer ses communications sur la Ptérc- logie des Lépidoptères, croyant, par déférence pour les con- naissances de M. Mllne-Edwards, qui travaille en ce mo- ment sur le même sujet, devoir laisser le champ libre à ce professeur. M. Milne-Edwards ayant agi en cette circonstance envers M. Lefebvre avec une délicatesse de procédés que celui-ci a su apprécier, et s'étant empressé de lui soumettre les nombreux dessins ptérographiques qu'il a déjà fait exécuter sous ses yeux; s'étant plu, en outre, à l'initier aux ingénieux procédés à l'aide desquels il s'assure de la rectitude de ses observations, lui ayant développé les idées d'après lesquelles il base son système, et la manière dont il procède dans son application aux caractères génériques, M. Lefebvre, on le comprend, ne peut se permettre d'en instruire la Société. Il croit devoir se borner à lui dire que le système de M. Milne- Edwards n'a que bien peu d'analogie avec le sien, qu'établi sur une plus vaste échelle , et puissamment aidé par une richesse de matériaux dont M. Lefebvre n'aurait jamais pu avoir à sa disposition la dixième partie à sacrifier, il y a tout lieu de penser que le travail de M. Milne-Edwards comblera , d'une manière tout à fait complète et satisfaisante , cette lacune qui existe dans la classification des lépidoptères. M. Lefebvre se propose de poursuivre ses recherches ptéro- logiques dans d'autres ordres sur lesquels il a déjà de nom- breux matériaux réunis et des dessins exécutés par lui, et qu'il espère soumettre prochainement à la Société. — Le même membre donne communication d'une lettre d'un de ses amis, M. Lefebvre de Cerisy, qui lui écrit de Toulon , qu'en septembre dernier , en faisant retirer de grosses pierres d'un terrain composé d'argile, de sable et de pierres, et qui devient d'une très-grande dureté pendant les DE LA SOCIÉTÉ KlNTOMOL()GH^)UE. xvh sécheresses, il a trouvé, à im mètre de profondeur, un Ce- brio gigas femelle qui venait d'éclore : à 'côté se trouvaient les dépouilles d'une nymphe et d'une larve d'où sans doute provenait l'insecte. — M. Lefebvre annonce la découverte extrêmement inté- ressante que M. de Cerisy vient de faire , le 25 mars dernier, d'une larve d'un névroptère du genre Ascalaphus (peut-être celle du longicornis , Linn. ), sous des pierres, près du fort Rouge , à Toulon. Il en fait passer le dessin détaillé que lui en a envoyé M. de Cerisy, et qui est exécuté sur le vivant avec un soin qui ne laisse rien à désirer, et le talent bien connu de cet entomologiste. Celte larve se portait bien, et, par les soins de M. de Cerisy, était placée dans les circonstances les plus favorables à sa transformation, car elle paraissait avoir atteint tout son déve- loppement. Afin de rendre plus complète sa monographie des Asca- laphes,M. Lefebvre, n'ayant pu réussir dans les recherches qu'il avait faites autrefois de cette larve, en partie encore in- connue, ni élever avec succès les jeunes larves qu'il avait ob- tenues, avait sollicité M. de Cerisy relativement à elle. Depuis plusieurs années, un autre de ses amis, M. Bru- guières, de Nîmes, avait également eu l'obligeance de faire de nombreuses et persévérantes recherches à ce sujet, lui avait même envoyé des œufs fécondés ; mais , pas plus que M. Bru- guières , M. Lefebvre n'avait pu conserver les jeunes larves écloses plus d'un mois , faute de les pouvoir nourrir d'une ma- nière convenable. Grâce à la découverte de M. de Cerisy, on possède déjà des documents précieux sur la vie de cette larve. Elle éclôt dans les premiers jours de juillet, et semble avoir acquis toute sa croissance en mars; il reste à connaître la manière dont elle se transforme. xviii ANNALES Le peu qu'on savait sur les larves de ces névroptères était borné aux observations trop concisément redites de M. Lans- down-Guilding, sur celle de X Asc. inacleayanus, que ce na- turaliste parait avoir élevée à l'Ile Saint-Yincent (une des Antilles), et n'instruisait nullement sur les phases de l'exis- tence de cette larve, sur sa métamorphose, et se bornait à certifier ce que Bonnet et M. Lefebvre avaient observé , c'est qu'elle était antégrade , et ne se creusait pas d'entonnoir â l'instar de celle des Myrmeleo. M. Lefebvre fait passer sous les yeux de la Société plusieurs de ces larves tout à fait adultes, recueillies par lui, ou dans la France méridionale, ou dans la Sicile, ou reçues de Dalmatie, du Brésil, de Madagascar, etc., en même temps qu'il présente le dessin détaillé de celles des Myrmeleo lihelluloïdes, publié en 1833 par M. Percheron, dans le Magasin de zoologie. Il fait remarquer les différences énormes qui séparent ces deux larves dans leur structure respective; l'ampleur déme- surée de la tête de celle des Ascalaphes, les tubercules épi- neux dont les segments de son abdomen sont latéralement munis, et qui, dans certaines larves exotiques, paraissent rem- placés par des lames épineuses fort développées, la disposition différente des pédoncules qui supportent les yeux lisses, dont le nombre n'est plus le même, etc. Passant aux mœurs de cette larve, M. Lefebvre fait ressortir leurs différences notables avec celles des Mfrmeleo. En effet, celles des Jscalaplies se cachent sous des détritus de végétaux ou de petites pierres, en tenant ses mâchoires ouvertes pour s'élancer sur sa proie, tandis que c'est laproie^ au contraire, qui doit venir se prendre aux embtiches que le Myrrrieleo lui tend du fond de son entonnoir, ce dernier préférant se laisser mourir de faim à portée d'une proie facile, plutôt que de faire un pas antégrade vers elle , comme M. Lefebvre en a acquis a preuve par maintes expériences. Il compare les mœurs de DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGKJLH:. xrx ces deux larves, essentiellement carnassières, à celles des arai- gnées tendeuses et à celles des sal tiques, dont Time attend sa proie , et l'autre court à elle. Joignant ces caractères de mœurs et de structure dans les premiers états des Jscalaphes à ceux tirés de l'insecte à Tctat parfait, les antennes si dissemblables de celles des Myrmeleo, les yeux offrant des conformations différentes, les armures co- pulatrices présentant des variations remarquables, et le réseau alaire une structure, bien que voisine, déjà différente, etc., M. Lefebvre propose d'élever le genre Ascalaphus au rang de tribu, celle des Jscalaphides , section des Longicla^^i- cornes, et de restreindre celle des Myrrueleonides de La- treille, aux seuls Myrmeleo, qui seraient de la section des Bre- viclavicornes, de même que les Nymphes appartiendraient à celle des Monilicornes , etc. S'étayant ensuite de la conformation des yeux dans les Js- calaphes, M. Lefebvre rappelle la division qu'il en proposa , il y a quelques années , à la Société , en Olophthalmes pour teux à yeux entiers (genre Haplogenîus de M. Burmeister), et en Schizophtltalmes pour ceux dont les yeux offrent une fissure transversale. Du reste, M. Lefebvre se propose de revenir sur ce sujet, et d'offrir à la Société le tableau comparatif des caractères qu'il assigne à ces deux nouvelles tribus, ainsi qu'un plan ptérographique des ailes des Jscalaphes ^ et la méthode alaire qu'il emploie à leur sujet. Lectures. M. Duponchel donne lecture d'une notice, dont l'avait chargé la Société dans sa séance du 1®"" décembre 1841, sur la vie et les travaux de Victor Audouin. — M. le Secrv'taire lit une note de M. Macquart intitulée : Observations sur un mémoire etune notice de M. Robineau- Desi'oidy, insc'n's dans les Jnnales de la Société enloino- logique de Fiance; 1841, iMrimestrc. XX ANNALES Nominations. Aux termes des articles 35 et 36 de son rè- glement, la Société procède au renouvellement annuel des cinq membres qui, joints aux membres du bureau , doivent former la commission de publication pour 1842-1843. — MM. Amyot, Audinet-Serville, de Brème, Lefebvre et Reiche, sont nommés membres de cette commission. Membres reçus. M. Charles Coquerel, étudiant en méde- cine; présenté par M. Pierret. — M. Charles Lenoir; présenté par M. Ch. Pitois. (Séance du 20 avril 1842.) Pré.sidence de BI. le docteur AUBE. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, par MM. les secrétaires perpétuels, P' semestre de 1842, tom, xiv, n" vu à xiv, br. in-4°, Paris, 1842; offert par l'Académie. — Storia de lavori accademici degli aspiranti natura- lisa du maggio 1841 àgennato 1842; br. in-8°, Naples, 1841; offert par M. Ach. Costa. — Bulletin de l'Académie des aspirants naturalistes de Naples, r^ année, 3'' depuis la fondation de l'Académie, jan- vier 1842, br. in-8°, Naples, 1842; offert par M. Ach. Costa. Communications. D'après leur demande, la Société accepte les démissions de membres de MM. Langlois-Longueville, chef d'escadron de gendarmerie à Bordeaux, et Payer, maître de conférences de botanique à l'École normale de Paris. — M. Lefebvre propose un système ptérographique appli- cable à la classification d'une tribu d'hémiptères homoptères, celle des Membracides. Il n'a aucune donnée sur la classi- fication dont M. Westwood vient de faire l'application à ce DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. xxi même groupe, et dont il n'a connaissance que par les figures et la description des, S milia bifoliata et Centratus horvificus^ insérées par lui, eu 1841, dans le Magasin de zoologie de M. Guérin-Ménéville. M. Lefebvre tire ses caractères génériques des premières ailes ou hémèlytres : mais là, à l'inverse de sa mélhode pour les lépidoptères , il est obligé d'abandonner le système des nervures pour suivre celui des cellules, qui sont prédomi- nantes dans ce groupe, par la raison que la marche réelle des nervures est des plus difficiles à suivre dans cetie tribu comme dans celles qui l'environnent. D'après l'inspection qu'il a faite de tous les genres, ou à très- peu près, établis dans cette tribu, il reconnaît cinq aréoles marginales persistantes, qui ne se modifient que par leur forme, et jamais dans leur nombre. Puis viennent ensuite trois a réoles prémarginales , qui peuvent être ou absentes totale- ment, ce qui est le cas le plus rare, ou en partie représentées : toutes sont dépendantes les unes des autres, de telle sorte que si la première à paraître n'existe pas, on peut être certain que les autres sont absentes, etc. Variant dans leurs formes à l'infini, elles occupent invariablement la même place. On trouve donc dans leur présence comme dans leur absence des caractères de groupe très-précieux. Quant aux nervures principales, M. Lefebvre leur conserve autant que possible les noms déjà reçus et adoptés par lui dans sa Ptérologie des Lépidoptères; mais ici il est forcé de re- connaître deux médianes, l'antéro et la postéro-médiane, qui jouent un rôle important dans cette nomenclature, et qui, selon leur confusion ou leur division, donnent aussi des caractères fixes et invariables. Les nervures supérieures, par leurs variétés de marche , sont aussi utiles à consulter que les nervures infé- rieures , qui semblent fixes et peu propres à la classification. En présentant nombre de dessins ptérographiques, JM. Le- Mil ANNALES febvre fait ressortir les avantages de cette méthode qui vient confirmer en partie celle établie d'après d'autres organes, et qui à son tour donne la clef de plusieurs anomalies dont on ne pouvait se rendre compte jusqu'à ce jour. Prochainement M. Lefebvre donnera les caractères géné- riques, et il se borne aujourd'hui à attirer l'attention de la Société sur l'utilité de ce nouveau mode de classification. Après avoir exposé un système purement tiré des nervures (celui des lépidoptères), aujourd'hui il en expose un basé uniquement sur les cellules; son intention est d'en proposer un, dans un autre ordre d'insectes, basé sur les systèmes de nervures et de cellules combinés ensemble. Lecture. M. Goureau lit un travail ayant pour titre : Note pour servir à l'histoire des métamorphoses des Coléop- tères. Membres reçus. M. Jules Cordier, employé au dépôt de la guerre; présenté par M. Pierret. — M. Achille DeyroUe, naturaliste; présenté par M. Reiche. — M. Alexis Teissière, entomologiste de Nice; présenté par M. E. Desmarest. (Séance du 4 mai 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. M. Léon Dufour, membre honoraire, et MM. Dardoin et Teissière , assistent à la séance. Ouvrages offerts. Recueil des actes de la séance publique de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, tenue le 29 décembre 1840: 1 vol. in-4", Saint-Pétersbourg, 1841 ; offert par l'Académie. — Description de l'Ascalaphe Napoléon, Jscalaphus Na- DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIQLE. xxiii poleo , par M. Alex. Lefebvre (extrait du Magasin de zoolo- gie)^ br. in-8°avec fig., Paris, 1842; offert par Fauteur. Correspondance. M. Robineau-Desvoidy adresse la lettre suivante à la Société (1) : Messieurs et chers collègues , Je viens de recevoir les Annales de la Société entonwlogique de France pour l'année 1841. Il me fut donné de prendre connaissance de la discussion qui s'y établit dans la séance du 7 avril, sur l'usage réel des antennes chez les insectes. M. Eug. Newport, dans une notice spéciale , cite une série d'ex- périences desquelles il résulte , selon lui,^Me chez tous les insectes les antennes sont des organes auditifs...; quelques espèces sont aussi douées du sens du toucher. M. Pierret observe que les idées émises par M. Newport semblent avoir été combattues par Lehmann , qui admet que les antennes sontj chez les insectes, le siège d'une perception particulière des variations atmosphériques. M. Pierret lui-même serait admis à placer le siège de l'odorat dans ces mêmes antennes. Enfin, M. Goureau tend à adopter l'opinion de M. Nejvport, et de ces antennes, il en fait également des organes d'ouïe et de tact. M. Goureau entre alors dans quelques explications , où il cherche à comparer les pièces solides de l'oreille chez l'oiseau ai'cc les diverses pièces de l'antenne, et il avance qu'on peut dire que l'antenne est une oreille extérieure dont la tige forme le tym- pan, et le pédicelle , la chaîne acoustique. Il me serait facile de prouver que toutes ces opinions, à l'exception de la comparaison amenée en scène par M. Goureau, sont antérieures aux divers confrères qui viennent de s'occuper d'un sujet trop re- battu, et qui malheureusement, pour être bien compris, exige d'autres connaissances anatomiques que celles qu'on peut puiser dans l'étude des seuls insectes. (1) Dans sa séance du 6 juin, la commission de publication a décidée que cette lettre serait imprimée en entier dans le Bulletin cntomologii/ue. E. D. sxiv ANNALES La Société entoinologique voudra bien me peruiettre à ce sujet le rappel de quelques faits. De 1818 à 1826, une lutte s'établit entre Cuvier et M. Geoffroy- Saint- H ilaire, touchant la composition réelle des appareils solides, soit sur les vertébrés , soit sur les articulés. Cuvier, dans un compte rendu des travaux de l'Académie des sciences, annonça qu'il était inutile de chercher des analogies in- trouvables entre les organes des sens de ces deux grandes classes zoologiques. M. Geoffroy, entraîné par son triomphe relativement aux pièces solides de la tête des mammifères, et de l'appareil respiratoire des poissons, ne fit qu'entrevoir l'incohérence des idées de cette époque sur les appareils des organes des sens chez les insectes. Il avait alors à s'occuper de travaux trop importants pour avoir le loisir de péné- trer dans la profondeur de tant d'organisations si changeantes. Il annonça qu'un nouvel ordre de choses restait à trouver : il frappa à la porte du labyrinthe ; mais il n'y entra point. Durant cette lutte, Latreille, obligé d'étudier ce sujet d'après de nouvelles bases, rencontra souvent la vérité. Ses écrits [Noui>. Diclionn. cl'hist. natur.) le démontrent jusqu'à l'évidence. Toute- fois , il lui fut i mpossible d'établir un corps de doctrine : il avait ramassé la clef de l'édifice; il refusa de s'en servir. Il dut reculer épouvanté devant les résultats obtenus, et il n'hésita pas de laisser à d'autres la témérité de cette grande tâche. On commençait à se reposer de l'inutilité de ces travaux, lorsque le 5 février 1827, M. de Blainville lut à l'Académie des sciences une communication qui annonçait qu'à l'appareil auditif, déjà reconnu et dt'crit par Scarpa sur les crustacés homobranches , je venais d'ajouter la découi^erte de l'organe de l'olfaction chez ces mêmes animaux. Cet organe a^ait son siège dans les petites antennes. Je donnais une courte description de cet appareil; et je proposai de nommer antennes auditives les appendices extérieurs de la tête des crustacés, et antennes olfactiçes les appendices internes. L'observation des mœurs de l'écrevisse m'avait déjà prouvé que l'organe de l'oîfactian devait résider à l'endroit indiqué. Je puis assurer que ce fut l'exercice de la fonction qui me donna lieu de chercher l'organe. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. xxv On conçoit que Cuvier refusa de se rendre publiquement à une démonstration qui , d'un seul coup , renversait sa manière énoncée de voir sur les organisations dites inférieures. De petits écrivassiers s'empressèrent même de m'injurier ; ils s'acquittèrent de cette com- mission comme d'un devoir sacré. Je dédaignai de leur répondre jamais. Ma découverte était publiée : j'étais certain que la vérité finirait par se faire jour {Recherches sur l'organisation vertébrale des crustacés, arachnides et insectes; 1828\ La vue, l'ouïe et l'olfaction étant reconnues chez ces crusiacés, il ne s'agissait plus que de suivre la rapide décroissance de ces organes à l'état solide sur les diverses classes, au fur et à mesure de leur décroissance. L'appareil auditif n'existe déjà plus d'une manière manifeste sur les crustacés branchigasties ou isopodes : la singulière conformation de Vappareil olfactif di donné lieu de croire que ces animaux ont deux paires différentes d'antennes (pag. 126). Ce même appareil forme les palpes des auteurs sur les entomostracés (pag. 129). Sur les arachnides, absence presque totale de l'appareil auditif; mais V appareil o'factif forme deux instruments propres à saisir et à tuer la proie , puisqu'ils sont percés au sommet et traversés .par un canal vénénifère, qui est le conduit ou canal lacrymal des animaux supérieurs. Ces deux instruments de l'organe olfactif sont les mandibules des auteurs. Cet appareil est plutôt Vof actif que tout autre, parce qu'il se développe toujours sous l'appareil optique, et jamais en arrière. En outre, le genre Galéode offre souvent sur cet appareil le filet cartilagineux des antennes des crustacés. Sur le genre Nymphon , ce même appareil est placé immédiatement entre les yeux et l'organe buccal (pag. 137-138). Sur les érythréides, cet appareil olfactif di disparu; et sur les acaridiens, il n'en reste plus le moindre vestige (pag. 149), tandis que, sur mes parasites, il est représenté par deux fiels anten- naires, situés sous les yeux, et qui parfois forment deux forts appen- dices (pag. 149). Sur les myriapodes, cet appareil constitue le devant et les côlés delà /(?^e, jusque contre la bouche (pag. 156); il existe aussi sur les j iulacés (pag. 160). Enfin les insectes objet de celte discussion n'of fient aucun ves- tige de \ appareil auditif; la vue esi l'organe des sen.s qui prédo- XXVI ANNALES mine chez eux. Leur appareil olfactif n'est plus ordinairement qu'un organe de tact , mais susceptible d'acquérir des perfec- tions inattendues (pag. 169). L'étude anatomique bien faite sur ces diverses classes amène à ce résultat positif. Les autres organes des sens prouvent également que chacun d'eux peut successivement, suivant les classes, être organes de sens , de tacl , de protection, et même de recouvrement. D'après la série des êtres, les antennes des insectes sont l'ap- pareil de l'olfaction. Voilà ce que l'anatomie comparée seule pou- vait établir; voilà ce que j'avais imprimé dès l'année 1828. Mon plus beau titre dans la science sera toujours la découverte et la détermination de l'organe de l'of action chez les crustacés. Comment se fait-il donc qu'un certain nombre de naturalistes ont refusé d'aborder ou même de citer, mon ouvrage? Je le dirai haute- ment : ils n'ont pas su., ou ils ont été de mauvaise Joi. Je m'in- quiète aussi peu de l'un et de l'autre cas. Me suis-je donc inquiété, quand, au sein de la Société entomolo- gique, M. Solier annonça que la classification tarsienne des coléop- tères reposait sur un vaste réseau d'erreurs, et quand la Société disputait avec ardeur sur cette nouveauté, que je m'étais permis d'admettre et d'imprimer dans un long article spécial dès l'an 1828 (même ouvrage, pag. 196)? Me suis-je donc inquiété quand M. Th. Lacordaire a imprimé que c'était à tort qu'on avait placé le siège d'équilibration dans les balanciers des diptères (pag. 186)? du moins, il a eu la générosité de reconnaître son tort. Combien d'autres découvertes récentes se trouvent couchées tout au long dans ce malencontreux ouvrage, dont la préface laisse lire ces lignes abominables : « On voulait mettre mes découvertes « sous le boisseau , à la veille de mon départ pour le village qui m'a « vu naître. Qui sait si , dans un de mes prochains voyages à Paris, « je n'aurais point en personne assisté à leur résurrection sous d'autres « noms? je ne fais ici qu'une supposition; mais, je dois le déclarer, « des exemples antérieurs l'autorisent» (pag. 4l). Ou voit que ma supposition ne tarda point de se changer en réalité. La présente notice n'a pour but que de rappeler des travaux pu- bliés par un membre de la Société entomologique, et de la prémunir contre d'autres surprises. Mon long silence permettait de faciles DE L\ SOCIÉTÉ ENTOMOLOGKJUE. xxva attaques; mais la justice devra aussi avoir son tour, et elle l'aura Lfgement. Je prie donc mes collègues de vouloir autoriser l'impression de cette réclamation dans leurs Annales. Signé j Robine^u-Desvoidy, D. M. Saint-Sauveur (Yonne), 12 avril 1842. Communications. M. E. Desmarest annonce à îa Société la mort de l'un de ses anciens membres, M. Auguste Langle, décédé à Paris le 23 avril 1842. M. Langle s'occupait d'ento- mologie depuis longtemps, et il avait lu à la Société, en 1840, un mémoire contenant la description de nouveaux genres et de nouvelles espèces d'Acariens, de la famille des Oribates. — M. Pierret fait hommage à la Société d'un peloton de fil ressemblant, par la forme et la couleur, à du fil de Bretagne ordinaire : ce peloton provient de fils qui composent la coque du Bombyx du pm , Bombyx pini; il a été envoyé à M. Pier- ret par M. le colonel Levaillant, fils du célèbre voyageur, qui consacre tous ses loisirs à l'étude des sciences naturelles. — M. Léon Dufour dépose sur le bureau deux mémoires en espagnol, de M. le docteur Graëlls, intitulés : Noticia de va- rios hechos que confirman la propiedad ponzofîosa del Latrodectas nialmignalus Walckenaer , et Descripcion de una especie nueva del genero Dasytes. — La Société charge M. Léon Fairmaire, l'un de ses membres, de traduire en français ces deux mémoires. — M. Léon Dufour dépose également sur le bureau un mé- moire dont il est l'auteur et qui a pour titre : Histoire des métamorphoses du Triplax kigripennis. Lectures. M. le marquis de Brème donne lecture d'un mé- xxYii! - ANNALES moire intitulé : Note sur le genre Ceratitis de Mac Leay, et description d'une nouvelle espèce (Ceratitis hispakic^. — M. L. Buquet communique une notice ayant pour titre : Description d'une nouvelle espèce de Longicornes, appar- tenant au genre Derobrachus. — M. le Secrétaire lit une notice nécrologique de M. Don- zel, sur M. Augustin Charlon (1), chevalier de la Légion d'honneur, capitaine au 22^ régiment de ligne, mort en Algé- rie, victime de son zèle pour l'entomologie. Ce n'est que depuis 1836 que M. Charlon s'était livré à létude et à la recherche des insectes; et, trois ans après, il possédait déjà une belle collection de Lépidoptères qu'il avait recueillis pour la plupart aux environs de Marseille, où l'un des premiers il avait trouvé la Crocallis dardoinaria Donzel, que venait de découvrir M. Dardoin. En 1839, appelé eu Algérie par son service, il partit avec joie, comptant y faire de riches récoltes entomologiques ; il fut envoyé successive- ment à Bone, à Philippeville, à Constantine, etc. Partout, même en campagne , il ne cessait ses actives recherches : c'est malheureusement ce zèle trop ardent pour la science qui causa sa perte; car il ne prenait aucune des précautions qui sont indispensables quand on s'expose, comme il le faisait, aux ardeurs d'un soleil brûlant. Frappé d'une attaque d'apoplexie foudroyante à son retour d'une de ses excursions dans les en- virons de Constantine , il mourut à peine âgé de quarante- neuf ans , au moment où il iillait rentrer en France pour se livrer tout entier à l'étude des sciences naturelles. Parmi les nombreuses espèces de Lépidoptères que M. Charlon avait envoyées à M. Dardoin, on doit citer XJnthocharis cliarlo- (I) La Société, considérant que M. Charlon n'a pas fait partie de notre association, décide que cette notice ne sera pas imprimée dans les ÀnnaJe.s, mais qu'un extrait en sera inséré dans le Bulletin. E. D. DE LA SOCIÉTÉ ElNTOMOLOGIQUE. xxix nia et le Bombyx philopaliis, que M. Donzel décrit dansée volume, quelques Zygènes , quelques Sésies, une Mélilée, un Argé, une Bryophile, une Agrophile, ete. — M. Pierret fait connaître un mémoire ayant pour titre : Description de deux Lépidoptères nouveaux (Antiiociia- Ris CHARLONiA et BoMBYX PiiiLOPALus), recueilUs en Barba- rie par M. le capitaine Charlon, et décrits par M. Donzel. — M. Dardoin lit une notice intitulée : Description d'une nouvelle espèce de Lépidoptères (Numeria agasutharia . (Séance du l^"" juin 1841.) Présidence de M. le docteur AUBE. M. Westwood , membre étranger, assiste à la séance. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France, 1" semestre de 1842, tom. xiv, n°* xv à xxi, br. in-4'', Paris, 1842; offert par l'Académie. — Séance publique annuelle de l'Académie des sciences , agriculture, arts et belles-lettres d'Aix, 1840-1841, br. in-8", Aix, 1841; offert par l'Académie. — Histoire naturelle générale et particulière des Névro- ptères, par M. F.-J. Pictet. Monographe des Perlides; li- vraisons V, VI et VII, br. in-8° avec fig. col., Genève, 1842 ; offert par l'auteur. — Monographie de quelques genres de coléoptères hétéro- mères, appartenant à la tribu des Blapsides,par M. le marquis de Brème, br. in-8° avec fig., Paris, 1842 ; offert par l'auteur. — Réflexions sur la classification des insectes selon la mé- thode naturelle, par M. le marquis de Brème ( Extrait du n" \xx ANNALES DE LA SOCIETE ENT OMOLOGIQUË. de février 1842 de la Revue zoologique, par la Société cuvié- rienne), br. in-S", Paris, 1842; offert par l'auteur. — M. le Trésorier-adjoint dépose sur le bureau deux exem- plaires du premier numéro des Annales de la Société ento- /«o/og^/^we pour l'année 1842, Lectures. M. Léon Fairmaire lit la traduction qu'il a faite, d'après la demande de la Société , de deux mémoires de M. le docteur Graëlls. Le premier mémoire est intitulé : Notice sur divers faits qui confirment la propriété venimeuse du La- TRODECTus MALMiGNATus Walck. ; ct le second a pour titre : Description d'une nouvelle espèce de Dasytes (D. ciliatcs). — M. le docteur Aube donne lecture d'un mémoire ayant pour titre : Notes sur quelques coléoptères nouveaux. — M. le Secrétaire lit la notice de M. L. Dufour, qui a été déposée sur le bureau à la dernière séance , et qui a pour titre : Histoire des métamorphoses du Triplax nigri- PENNIS. Après cette lecture, M. Westwood fait observer qu'il y a déjà longtemps que, dans sou ouvrage intitulé An introduction to the modem classification of insects (tome i, page 393, fig. 49, n°* 3, 4, 5 et 6), il a fait connaître d'une manière com- plète les métamorphoses du Triplax nigripennis. — Le même membre annonce également que, dans l'ouvrage cité plus haut, t. I, p. 305, fig. 35, n" 8, il a donné l'histoire des métamor- phoses d'une espèce du genre OEdemera ( l'OE. viridissima Marsham) , sujet qui a été repris depuis par M. Léon Dufour {Annales de la Soc. entom. de France , tom. x, p. 5). Membres reçus . M. Boisgiraud, doyen de la Faculté des sciences de Toulouse ; présenté par M. Léon Dufour. — M. Bonnard, chirurgien en chef de l'hôpital militaire de Calais: présenté par M. Reiche. ANNALES DE LA SOCIETE ENTOMOLOGIOUE. xxxi «.V^ V«^ V%'% \^K^ BULLETIN ENTOMOLOGIOUE. AUMEE 184«. TROISIÈME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIËTË ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 6 juillet 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de Tlnstitut de France, par MM. les secrétaires perpétuels, tom. xiv ( l^"" semestre de 1842), n" 22 à 26, br. in-4° : offert par l'Académie. — Actes de l'Académie royale des sciences , belles-lettres et arts de Bordeaux, 2^ année, l*'"' et 2^ trimestres, 2 vol. in-8°; Bordeaux, 1840 : offert par l'Académie. — Mémoires de l'Académie des sciences, arts et belles- lettres de Dijon; séance publique du 21 juillet 184 1, 1 yoL in-8°; Dijon, 1841 : offert par l'Académie. XI. • c ïxxii ANNALES — Bulletin de la Société agricole et industrielle du dqjar- tement du Lot, n"* de mai, juin et juillet 1841 , br, in-S" : offert par la Société. — Mémoires de la Société royale d'agriculture et des arts du département de Seine-et-Oise, 40" année, 1 vol. in-8"; Ver- sailles, 1840 : offert par la Société. — Journal d'agriculture, sciences, Ictîres et arls, rédigé parles membres de la Société royale d'émulation de l'Ain, 1 vol. in-8°; Bourges, 1840 : offert par la Société. — Séance publique de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, tenue à Ghâions, le 30 août 1839, 1 vol. in-8°; Cliàlons, 1839 : offert par la Société. — Recherches anatomiques et physiologiques sur les Or- thoptères, les Hyménoptères et les Névroptères, par M. Léon Dufour (Extrait des Mémoires des savants étrangers, de l'Aca- démie des sciences de l'Institut de France ), 1 vol. in-4°, avec des planches; Paris, 1841 : offert par l'auteur. — Explications, notes, errata et addenda, concernant les recherches anatomiques et physiologiques sur les Orthoptères, les Hyménoptères et les Névroptères, par M. Léon Dufour, br. in-4'' ; Saint-Sever, 1841 : offert par l'auteur. — Nomenclator zoologicus continens nomina system.atica generum animalium tam viventium quam fossilium , auctore Agassiz. Fasciculus primus , continens Mammalia , Echinoder- mata et Acalephas; 1 vol. in-4°; Soluduri, 1842 : offert par Fauteur. — Des insectes nuisibles à l'agriculture, observés pendant l'année 1840, et particulièrement des insectes dévastateurs des céréales, par M. Dagonet,br. in-8°; Châlons, 1841 : offert par l'auteur. — Notice sur les Hémerodes de la Belgique, par M. Wes- DE LA SOCIETE ElNTOMOLOGIQUE. xxxih maël (Extrait des Mémoires de l'Académie royale des sciences de Bruxelles, tom. viii, n" 4 ), br. in-8° : offert par l'auteur. — Note sur les caractères des Eucero Grav, sous-genre des Ichneumonides , par M. Wesmaël ( Extrait des Mémoires de l'Académie royale des sciences de Bruxelles, t. viii, n" 5), br. in-8° : offert par l'auteur. — L'Iris, 1841, 10*^ partie, contenant un mémoire sur les Ptérophorides , famille des Noctuelles, par M. Seller; br. in-4*' : offert par l'auteur. Correspondance. M. le docteur Doumerc, membre fonda- teur, écrit que ses occupations actuelles l'éloignant fréquem- ment de Paris, et ne lui permettant plus de se livrer à l'étude de l'entomologie, il prie la Société de recevoir sa démission. — Cette démission est acceptée. — Il est donné lecture d'une lettre de M. Domergue de Saint-Florent, dans laquelle cet entomologiste manifeste de nouveau son intention de ne plus faire partie de la Société. — La démission de M. Domergue de Saint-Florent est ac- ceptée. Communication. M. Lucien Buquet montre aux membres de la Société un Longicorne du genre Distenia, d'un vert très-brillant, et remarquable, tant par la longueur extraor- dinaire des palpes, que par leur forme singulière. M. Buquet annonce qu'il publiera bientôt, dans le Magasin de zoologie, la description et la figure de cet insecte, vraiment curieux, découvert récemment à Cayenne. Lecture. M. le Secrétaire donne lecture du rapport de la commission de publication , en date du 6 juin dernier, dans lequel est réglée la composition du deuxième numéro des An- nales pour 1842. — La Société adople ce rapport sans aucune Tflodification. xsxiv ANiNALES ( Séance du 3 août 1 842.) Présidence de M. GOUREAU , vice-président. M. Busch, secrétaire du Musée britannique, assiste à la séance. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France, par MM. les Secrétaires perpétuels, tora. xv (1842, 2® se- mestre), n°* 1 et 2, br. in-4° : offert par l'Académie. — Mémoires de la Société royale des sciences, de l'agri- culture et des arts de Lille, 1839, 2" partie. Lille, 1840, 1 vol. in-8° : offert par la Société. — Memorie délia reale Accademia délie scienze di Torino , série secunda, tom. m, 1 vol. in-4°; Turin, 1840 : offert par l'Académie. — Bulletin de l'Académie des aspirants naturalistes de Naples, première année ( ô*^ depuis sa formation), séances de février et mars 1842, br. in-8''; Naples, 1842 : offert par M. Achille Costa. — Mémoire sur un insecte et un champignon qui ravagent les caféiers aux Antilles, par MM. Guérin-Ménéville et Per- rotet, br. in-8°; Paris, 1842 : offert par M. Guérin-Ménéviile. — Description du genre Eupholus ( espèces Eiip/ioliis Schonherrhi , Petitii , Clievrolatii , Geoffroyi , Tiipinieri et Cuvieri ), par M. Guérin-Ménéville ( Extrait du Magasin de zoologie), br. in-8'\ avec fîg. col.; Paris, 1842 : offert par l'auteur. — Tournées en avril, mai et juin 1842, dans les vignobles du Beaujolais et du Maçonnais , pour observer la Pyrale , et faire quelques recherches locales, par A. B , br. in-8°; Lyon, 1841 : offert par l'auteur. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGKJUE. xxxv — Description of some Hemipterous inseets, by W. Wliitc ; br. in-8°, Londres, 1842 : offert par Fauteur. Correspondance. Il est donné lecture d€ la lettre suivante, de M. Maximilien Spinola : Les entomologistes se plaignent, avec raison, de ce que le même insecte est reproduit sous différents noms, dans divers ouvrages et dans différents catalogues. Cet inconvénient est, en partie, sans remède. Quand même on pourrait compiler une concordance syno- nymique complète, ce que je suis bien éloigné de croire, le lende- main du jour où ce travail serait achevé, l'arrivée d'un nouveau nom démontrerait la nécessité d'un nouveau supplément; mais on a quelquefois des palliatifs, là où on n'a pas de spécifiques. Un dé ceux qui me semblent ici le plus convenable , c'est que chaque au- teur d'un nouveau nom se fît conscience d'en pubUer la synonymie, à mesure qu'il en aurait acquis les données , soit par de meilleures études, soit par de nouvelles communications. Le but de cette note est de remplir, en ce qui me concerne, cette espèce de devoir. Je m'empresse de faire participer la Société aux faibles renseigne- ments que j'ai obtenus postérieurement, sur quelques-uns des Hy- ménoptères que j'ai décrits dans ses Annales. Des vingt-quatre es- pèces dont j'aurai à parler, vingt-une proviennent des chasses de M. Fischer, en Egypte , et trois seulement de celles de M. Leprieur, à Cayenne. 1 . Evania dlmidiataj M. Jnn. Soc. ent.,y\\, 439, L — M. West- wood l'a reproduite sous le nom à'Ei>ania ahyssinica, ff^estw. 2 Pyriastilboides, M., loc. cit., 446, III, 3. — Rapporter ici le Siilbum sexdentatum. Guéri n , i?et'. Cuv. 1842, p. 145, n» 2. 11 me semble que M. Guérin n'a pas tenu compte, pour la détermi- nation du genre , des caractères auxquels j'avais attaché le plus d'importance. 3. Chrysis sîngularis, M. loc. cit., 452, X. — Type, en effet, d'un genre très -distinct, et que M. Klug a nommé Spintharis. M. Drege m'en a envoyé une espèce du Cap, qui diffère visiblement de la mienne, Spintharis chrysonola, Klug. xxxvi ANNALES 4. Lyrops rujivenlris, M. loc. cit.j 479, XXVII. 15. — Lyrops hœmmorrhoa, dJus. Berol. J'en dois un exemplaire à l'obligeance de M. Kliig, et je le prie d'en accepter mes remerciements. Le cabinet royal , dont il est le directeur, renferme des richesses immenses en insectes de tous les ordres. Toutes les espèces y sont classées et nom- mées; mais tant qu'elles ne seront pas publiées, ces noms de cata- logue seront des énigmes pour ceux qui seront placés à une grande distance de Berlin et qui n'auront pas été éclairés par la correspon- dance du savant directeur. 5. Oxybelus Savignyi ^ M. loc. cil., 483, XXXI. — Oxfbelus , lainellatus j Mus. Berol, 6. Philanthus variegalus , M. toc. cit., 484, XXXIII. — Phi- lûnthus mjstacinus , Mus. Berol. 7. Pliilanl/ius coarctatus , M. loc. cit., 486, XXXIV. — Phi- lanthus concinnus , Mus. Berol. M. Klug m'a communiqué une autre espèce distincte, mais très-voisine, Philanthus pulchellus , Mus. Berol. Elle a été rapportée d'Espagne par M. Rambur, et de Portugal par M. Deyrolles. Elle a, comme le Ph. coarctatus , le premier anneau de l'abdomen étroit et globuleux. Ces deux exemples prouvent suffisamment que la forme de cette pièce ne donne pas de caractère certain pour distinguer les Philanthes des Cerceris. 8. Philanthus rutilus , M. loc. cit., 488, XXXV. — Philanthus bjssinus. Mus. Berol. 9. Cerceris Fischeri, M. loc. cit., 493, XL. — Cerceris lepida. Mus. Berol. 10. Cerceris flat'iicntris , M. loe. cit., 495 , XLI. — Cerceris vitellina. Mus. Berol. il. Cerceris chloratica, M. loc. cit., 496 j XLIII. — Cerceris citrina. Mus. Berol. Quoique le nom du Musée de Berlin n'ait pas été accompagné d'une description de l'espèce, je n'hésiterais pas à le préférer au mien, parce qu'il exprime bien mieux la véritable teinte de cette Cerceris. M. Waltt m'a fourni postérieurement une autre espèce congénère, et également d'Egypte. Elle m'a paru nou- velle ,. et je l'ai nommée Cerceris nodosa , M. DE LA tOClÉTË ENTOiMULOGlSJUE. xxxvii il. Adynerus cliloroticus , M. loc. cit., 500, XLV. — Los couleurs et d'autres traits rapportent cette espèce au genre Rhy- gchiuirij qu'il aurait mieux valu nommer Rhjnchium ; mais plus on observe, plus on se persuade que le passage des Qdjnères aux Rhy- gchies est insensible, et que ce dernier genre doit être supprimé. 13. Colletés pilosa , M. loc. cit., 507^ LI. — Colletés hirta, Encfcl. méthod. , Insect. 14. Panurgus nasutus , M. loc. cil., 516 , LXIII. — Je possède actuellement les deux sexes de cette espèce intéressante. Elle doit nécessairement former un genre à part, voisin du G. Panurgus j, dans la famille des Âpiaires et non des Andrénètes. M. Erichson a remarqué que cet insecte est le Prosopis frontalis , sjst. Piez. 295, XIV. Je n'en doute pas; mais à moins d'être éclairé par les excellentes traditions du Musée de Berlin , on n'aurait jamais cru trouver cette Apiaire dans le genre Prosopis. 15. Megachile Jlafipes , M. loc. cit., 527, LXIX. — Antho- phora rorida , Mus. Berol. 16. Megachile nigripes , M. loc. cit., 529, LXX. — Antho- phora mucorea , Mus. Berol. 17. Megachile patelUmana , M. loc. cit., 529, LXXI. — An- thophora pulverulenta. Mus. Berol. M. Klug m'a envoyé les deux sexes de cet insecte. Le nom du Musée de Berlin vaut mieux que le mien, parce que celui-ci ne convient qu'au mâle. 18. Cœlioxjs rufi^entris , M. loc. cit., 531, LXXIIL — Cœ- lioxfs philœmata , Mus. Berol. 19. Telralonia atricornis , M. loc. cit., 539, LXXX. — M. Erichson trouve ce nom mal choisi, parce qu'il peut faire confu- sion avec YEuccra atricornis, Fab. On pourrait alors employer celui de suh'illosd , Lepell ; mais il faudrait prouver auparavant que celle-ci est réellement la femelle de l'autre. 20. Telralonia tarsata, M. loc. cit., LXXX. 21. — Bien certai- nement de ce genre. La femçUe que j'ai acquise postérieurement dis- sipa tous les doutes. xxxviii ANNALES 21. Anthophom scopipes , M. toc. cit., 545. LXXXIV. — Jn- thophora veniilabris, Lepell. de St.-Farg. 22. Seminola Leprieutii^ M., Jnn. Soc. ent., IX, 198, 44. — Je me suis déjà empressé de rendre ailleurs l'espèce au genre Trigo- naljs, et le genre à son véritable auteur, M. le docteur Westwo'od. Mais quelle est la véritable place du genre Trigonalys P La question ne sera décidée que lorsqu'on en connaîtra la femelle. 23. Philanthus petiolatus , M., Ann. Soc. ent., \, 121, 75. — Trachypus Gomezii, Klug. 24. Brachygastra dorsoUneala, M.loc. cit., 123, 76.^ M. de Saint-Fargeau , qui a connu quelques espèces de ce genre , les a placées dans le genre Epipone , et n'a pas songé au travail du docteur iPerty. Cependant il est impossible de réunir rationnellement les vrais Brachygnstres aux Vespa nididans et morio, Fab., que Latreille a désignées comme les types de son genre Epipone ,- et si ce nom doit être réservé au groupe formé par le fondateur du genre , je ne vois pas pourquoi le nom proposé par M. le docteur Perly ne ncoviendrait pas au groupe également distinct que ce savant a été le premier à isoler et à nommer. Signé, Maximilien SPJNOLA. Gênes, 15 juillet 1842. Communications. M. Pierret demande la parole pour faire la communication suivante. On sait, dit- il, que les variations de la température exercent une très-grande influence sur l'organisation des êtres, surtout sur celle des animaux arti- culés, et, en particulier, sur les larves des Lépidoptères. Il suffirait de citer ici l'exemple de la chenille du Bombyx mori (vulgairement dit Ver à soie), dont nous voyons journelle- ment dans nos éducations domestiques périr un si grand nombre à la suite des orages; mais, à ma connaissance, on n'a pas encore mentionné parmi nos espèces indigènes d'aussi terribles résultats que ceux que je vais signaler à la Société, çt dont mon père n'a été que trop malheureusement le témoin, I DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. xxxik 11 s'agit , cette fois , de la chenille du Sphinx qui a été décou- vert par Dahl, en Sai daigne, et retrouvé depuis dans Tile de Corse, par M. Rambur. A'oici ce que mon père m'écrivait à la date du 24 juin dernier. «J'avais ramassé une quantité tellement prodigieuse de «chenilles du Sphinx Dalilii, que ne pouvant suffire à leur «nourriture, je m'étais vu dans la nécessité d'employer deux « enfants qui m'en apportaient chaque jour à peu près le vo- « lume d'une grosse botte de foin. Toutes les transformations « premières de ces chenilles se sont accomplies admirablement ; «j'avais soin de les nettoyer chaque jour et d'enlever leurs «crottes nauséabondes; elles grossissaient à vue d'œil; et plus «de trente personnes sont venues visiter mes grandes caisses, «bien aérées, disposées dans une chambre au nord, d'une «grande dimension, où le soleil ne paraît qu'à quatre heures «du matin, pendant quelques minutes. «Le 23 juin, après une chaleur étouffante, il survint à «midi un orage accompagné d'une pluie très-abondante et «fort chaude. « En allant le soir même chercher de l'Euphorbe au bord «de la mer, je remarquai que les feuilles de cette plante «étaient recouvertes de petits points blancs agglomérés et «ressemblant à des œufs imperceptibles, et creux vers leur «milieu. «Le lendemain et le surlendemain , le vent nommé le nLibeccio ayant soufflé avec une violence extrême, il fut « difficile de se procurer de l'Euphorbe bien frais; mais comme «j'en avaisi constamment une grande provision dans ma «chambre, exposée au nord, très-près de la mer, j'en donnai «âmes chenilles, dont la voracité ne s'était pas ralentie jus- « qu'alors, et je trouvai en état de parfaite conservation plus «de cinq cents chrysalides que j'avais eu le soin de mettre «séparément dans l'un des compartiments des grandes boi'es L XL ANNALES «que j'avais fait faire, et qui étaient recouvertes d'un canevas « très-grossier. «Quand le vent s'apaisa, je m'occupai de faire ramasser «une grande quantité d'Euphorbe frais; mais, quel fut mon «étonnement, lorsque je trouvai Fancienne plante, les che- «nilles et les chrysalides toutes couvertes de vermisseaux «presque imperceptibles! Il y en avait par milliers; et j'em- « ployai beaucoup de temps à jeter tout l'Euphorbe, à enlever «les chenilles attaquées par le ver, et à débarrasser de ce pa-- «rasite parasite les chrysalides, qui paraissaient encore dans «le même état C{u'avant l'ouragan, «Toutes ces précautions furent sans résultat; car toutes les «chenilles moururent en vingt-quatre heures; les chrysalides « se putréfièrent , et répandirent dans ma chambre une odeur « si détestable , que je fus obligé d'y jeter un rouleau d'eau « de Cologne. «Je remarquai avec étonnement que toutes les chenilles «qui avaient de l'air étaient mortes, tandis que celles que «j'avais enfermées dans une malle bien close se trouvaient «beaucoup moins attacpiées par les vermisseaux. Quelques- «unes de ces dernières se transformèrent avec peine; je ne «pus en obtenir c{ue 3 ou 4 Sphinx décolorés et malades; et «je dois ajouter que dans ce nombre il y en avait deux qui «avaient le corps presque entièrement mangé par les vermis- « seaux. «Voilà tout ce que je pus obtenir dans les mois de juin et «juillet 1842, de plus de 2,500 chenilles qui avaient été éle- « vées cTu large dans plusieurs grandes boites , et dans des «conditions de température et d'exposition qui semblaient «présager les plus heureux résultats. «Je dois dire encore, pour l'instruction des personnes qui «voudraient s'occuper de l'événement que je viens de décrire, «que deux de mes amis de Bastia, qui n'élevaient en même DE LA SOCIÉTÉ EiNTOMDLOGiQUE. xli «temps que moi, que 7 à 8 chenilles, dans des baltes aussi «grandes que les miennes , en ont vu périr la presque tolalilc «le lendemain de l'ouragan; et que les plaines du Fiu-Morbo, «qui étaient à la même époque dévorées par une multitude «de chenilles de toute espèce, ont été affranchies de ce fléau « destructeur, dès le lendemain du jour oi^i le Libeccio est venu «souffler avec violence dans l'ile. » — Après cette communication , M. Pierret fait savoir à la Société qu'il a retrouvé, au mois de mai de cette année, dans la forêt de Bondy, deux variétés à ailes jaunes de la Zygœna achilleœ, semblables à celle que M. Duponchel avait pré- sentée l'an dernier à l'une des séances de la Société, au nom de M. Joanny Bruyat, qui l'avait découverte le premier dans cette localité. L'une de ces variétés, dit M. Pierret , a été prise par moi, le 25 mai dernier; et l'autre , le 27 du même mois, par un de mes amis, M. Bagriot, excellent observateur, qui a bien voulu m'en faire présent. Lecture. M. le Secrétaire lit une notice de M. Achille Costa, ayant pour titre : Note sur les Callunorpha dominula et donna. i (Séance du 7 septembre 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. M. Fischer de Waldheim , membre étranger de la Société , assiste à la séance. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'histitut de France, par IMM. les Secrétaires perpétuels. Tables du tome xii ( 2^ se- I xtii ANNALES mestre 1841 ), et tome xv (2" semestre 1842), n° 3 à 8, br. ia-4'' ; Paris 1 842 : offert par rAcadémie. — Mémoires delà Société de physique et dliistoire natu- relle de Genève , tome ix , partie 2', 1 vol. in-4°, avec figures noires; Genève, 1841-1842 : offert par la Société. — Gênera et species Curculionidum cum synonymia hujus familise a G. - J. vSchonherr, tomus sextus, pars secunda. Sapplementum continens, 1 vol. in-8°; Paris, 1842: offert par l'auteur. — Histoire naturelle générale et particulière des insectes névroptères, par M. F.-J. Pictet. Monographie des Perlides, livraison 8^, br. in-8°, avec fig. col; Genève, 1842 : offert par l'auteur. Communications. M. Duponchel donne lecture du passage d'une lettre qu'il a reçue de M. Donzel, et dans lequel cet entomologiste lui rend compte que pendant son séjour aux eaux de Saint-Alban,dans le Forez, il a trouvé deux espèces de Lépidoptères qu'il ne s'attendait guère à rencontrer dans un pays granitique, et dont la végétation n'a rien de méridionale. Ges deux espèces sont la Melitœa deione, c[ui habile parti- culièrement la Provence , et la Zygœna sarpedon, dont la chenille vit sur le Dorfcnhim siiffruticàsum, plante qui croit dans les garrigues du midi de la France, et dont il n'existe pas la moindre trace dans les environs de Saint-Alban (1). (1 ) M. le docteur Boisduval fait observer à la Société, dans sa séance du 5 octobre 1842, qu'il ne lui semble pas étonnant que M. Donzel ait trouvé la Zygœna sarpedon aux environs de Saint-Alban ; car la chenille de ce lépidoptère ne vit pas seulement sur le Dorjcnium suf- fiuiicosum, ainsi que l'indique M. Donzel, mais elle se nourrit aussi des feuilles de plantes du genre Eryngium ( E. campesire, marili- mum, etc.) qui se trouvent à Saint Alban , tandis que le Doiycnium sujfruiicosum n'y végète pas. E. D. DE LA SOCIETE ENTOMOLOGÎOUE. xliii jMais une capture qui lui a paru encore plus extraordinaire, (c'est celle de la Cloantha radiosn, espèce crue jusc[ua pré- sent propre à la Hongrie, et dont il a pris deux individus |sur trois qu'il a vus voler, butinant en plein midi, en com- pagnie de VHeliotiiis dipsacea, sur la Jasione monlana et la Scabiosa coliimbaria. Cette capture , ajoute M. Duponcliel , est une nouvelle preuve de la vérité de son assertion, lorsqu'il disait, il y a dix ans, dans le prospectus qui accompagnait la première I livraison de son supplément aux Lépidoptères de Godart, : qu'on était loin de connaître tous les Lépidoptères que produit i la France; et qu'en raison de son étendue, de la variété de ! son climat et de sa flore, on finirait par y trouver presque toutes les espèces d'Europe. En effet, depuis cette époque, une multitude d'espèces qu'on croyait étrangères à notre pays, y ont été découvertes; et le nombre de celles publiées par Godart est presque doublé. — M. Pierret annonce à la Société que M. Janvier, amateur très-zélé de Lépidoptères, a retrouvé cette année, au bois de Boulogne, près du rond Mortemart, la Pliisia modesta, que M. Audinet-Serville avait prise, il y a quelques années, dans le parc de Madrid (1). Cet exemple, ajoute M. Pierret, confirme le fait annoncé par M. Duponcliel, à savoir, que des investigations plus sui- vies feront découvrir en France, et même dans les environs de Paris, un grand nombre de Lépidoptères, qu'on avait regardés jusqu'alors comme exclusivement propres à l'Alle- magne et à la Hongrie. — M. Fischer de Waldheim donne à la Société quelques (l) Dans la séance du 5 octobre, M. le docteur Boisduval dit qu'il a trouvé la Plusia modes 'a dans presque tous les bois des environs de Paris, et que sa chenille vit sur l\lruin maculatiim. E. D. SLiv ANNALES détails sur îe genre Callislhenes. Ce genre, qu'il a fondé sur une seule espèce ( Entomographie de la Russie, t. i, p. 84 , 1820 ), et dont il a présenté de nouveau les caractères, comparalivement avec ceux des genres Caiabus et Calo- soiiia (ouvrage àé]k cité , t. 111, p. 137 et 234, 1825), lui semble actuellement devoir être adopté, quoique M. Dejean Fait joint aux Calosomes. La découverte récente de deux autres espèces, offrant les mômes caractères génériques, vient encore à l'appui de cette opinion , que M. Fischer de Waldheim, avait ainsi formulée dans son Entomographie de la Russie. « Jusqu'à présent nous avons pensé que le ca- «ractère naturel des Calosomes consiste dans la présence des «ailes. RI le comte Dejean a changé ce caractère important «pour faire entrer les Callisthènes dans les Calosomes. H est «vrai que les parties de la bouche du genre Callisthènes sont «peu différentes de celles des Calosoma; mais ceci se ren- « contre de même dans la comparaison des genres Caloscma «et Carabiis. Le Callisthène s'éloigne également, par sa « forme générale, des Carabes et des Calosomes , desquels il «approche davantage; mais le défaut d'ailes doit nécessaire- «ment l'éloigner du genre Calosome. » Les trois espèces de Callisthènes actuellement connues sont , ajoute M. Fischer de Waldheim : 1. Callisthènes P an de ri , Fischer, Entom. de la Russie, t. I,p. 84,pL Vn,ett.in,p. 235. 2. Callisthènes MotschoulsMi. Fischer, Carabiis orbicu- latus. Motschoulski , Bull, de la Soc. imp. des nat. de Moscou, 1839, p. 21, pi. VL 3. Callisthènes Fischeri, Ménétriés. — M. Guérin-Ménéville fait connaître une quatrième es- pèce de Callisthène, trouvée eu Perse, et qui fait partie de DE LA SOCIETE El\TOMO[.OG!QUE. xr.v la collection de M. Reiclie. Ce Callisi/ienes , qui a reçu de M. Guérin-Ménéville le nom de C. Reicliet, ressemble beau- coup au Carabus orbiculaius de M. Motschoulski ( Callis- thcnes MotschoiUskii ,Y[iû\Qv de Waldheim); mais il doit cependant en être distingué. M. Guérin-lMénéville caractérise ainsi son Callisthenes ReAcliei : niger, siib-orbicidaius , supra lœvi gâtas , lateribus thoracis et elylrorum siib sqiiainoso- riigosis. Longueur, 18 millimètres; largeur, 8 millimètres. Les principales différences que Ton remarque entre le Carabus orbiculatus et le Callisthenes ReicJiei sont les suivantes : la tête du Carabus orbiculatus , d'après la bonne description qu'en a donné le savant M. Motschoulski, est en- tièrement ponctuée, tandis que celle du CallistJienes Reichei est lisse et à peine sub-réticuléc par de très-faibles lignes irrc- gulières , entre-croisées et visibles seulement à l'aide d'une forte loupe; les élytres du Carabus orbiculatus paraissent lisses et luisantes, ainsi que le corselet, vues à une forte loupe; mais chez le Callisthène de Reiche, le corselet et les élytres sont réellement lisses et luisantes en dessus, et l'on n'y aperçoit même pas ces traces de faibles réticulations qi^e l'on trouve sur la tête du Carabus orbiculatus; les bords , un peu au delà du milieu de la longueur des élytres et du corse- let , sont couverts de petites granulations de forme un peu écailleuse, d'autant plus fortes qu'on approche plus des bords. Du reste, tous les autres caractères du Callisthène décrit par M. Guérin-Ménéville sont conformes à ceux que M. Mots- choulski assigne à son Carabus orbicuhitns, et peut-être re- connaîtra-t-on plus tard , quand on pourra observer un plus grand nombre d'individus des deux espèces, que ce sont des variétés locales d'une même espèce. — M. Paul Gervais communique une quinzaine d'espèces XLVi ANNALES cVinsectes aptères qui doivent presque toutes former des genres particuliers. Voici l'indication de ces espèces: 1. Cheliftr BravalsiL Abdomen large, coupé presque carrément en arrière , marqué d'un sillon médio-dorsal ; fauve, pattes et palpes plus pâles, ceux-ci lavés de roussâtre surtout aux doigts, plus longs que le corps, grêles, à doigts un peu courbés en dedans. Corps 0,004; palpes 0,007. Il a été trouvé en Algérie. 2. Holothfriis. Nouveau genre d'Acariens de la famille des Oribates. Corps bombé en dessus, cassidiforme, aplati en des- sous; bordé latéralement; bouclier supérieur ou tlîoraco-gastre d'une seule pièce, sans yeux; palpes de quatre articles assez longs, mobiles, non onguiculés; pattes longues onguicu- lées. L'espèce type prend le nom de HolotJiynis coccinella. Patrie? 3. Derinanyssiis coriaceus. Corps subvilleux, à peau co- riace et sans lignes courbes, comparables à celle de la pulpe des doigts Immains, comme on en voit sur les autres espèces de même genre; extrémité postérieure plus élargie que l'anté- rieure (qui est un peu en pointe), subéchancrée; un petit point de couleur brune de chaque côté du dos , à la hauteur de la première paire de pattes; couleur fauve; mâchoires en deux stylets, susceptibles de prendre plus de longueur que les pal- pes. Vit sur les ailes du Vespertllio noctula. 4. Un autre Dermanysse parasite des serpents (Pythons et autres ), de la ménagerie du Muséum , et que MM. Lucas , Blanchard , etc. , ont également étudié. Cet Acarien , dont on ignore au juste l'origine, et qui pourrait bien provenir de la Couleuvre à collier {Coliiber natrix) de notre pays, se mul- tiplie avec une grande rapidité. Il se fixe sous les écailles des serpents mais pas à demeure, et à peu près semblable ^ DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. \L\ii aux punaises des lits, il se retire lorsqu'il s'est repu. Alors c'est dans les couvertures dont on enveloppe les serpents qu'il va de préférence, et on l'y trouve en abondance. Sa taille varie suivant la quantité de nourriture qu'il a prise. Le corps est assez velu , noir, sanguin , marqué en dessus et en dessous d'une tâche blanche à peu près lyriforme et un peu variable , suivant les contractions de l'estomac. La plaque thoracique est variée de couleur blonde. Les jeunes ont six pattes; ils ne sont pas colorés. Les œufs sont ovoïdes et lisses. 5. Ixodes Walckenaerli. Espèce parasite du Rhinocéros. 6. Ixodes BlbronU. Espèce parasite de Boas, nouvellement reçue à la ménagerie du Muséum. 7. Ixodes coxalis. Espèce parasite d'un grand Scinque de la Nouvelle-Hollande. 8. Scolopendrella notacantha. Nouveau genre de My- riapodes à une paire d'ocelles : Tespèce type a 0,005 de long, Yit dans les jardins de Paris. 9. Docophorus struthionis. Parasite de l'autruche d'Afri- que. 10. Jnoiira. Nouveau genre dont XAchorutes tubercii- latus de M. Nicole t sera le type. Anoura rosea. Nouvelle espèce de ce genre , trouvée dans la tannée des serres du Muséum et dans les jardins de Paris. Longueur 0,00L 11 et 12. Nicoletla. Nouveau genre de Lepismes. Corps allongé , subaplati , sans écailles ; thorax à peine plus large que l'abdomen, ses trois segments subégaux; antennes lon- gues ; sétacéo-moniliforraes ; trois filets moyennement longs , à l'extrémité de l'abdomen ; fausses pattes branchiales de l'abdomen très-apparentes. Ce genre comprend deux espèces XI. d xtviii ANNALES (JSicoletia geophVa et phylophila), toutes deux comme étio- lées. L\me est des serres du Muséum , l'autre des bois des euvirons de Paris. Elles vivent cachées. 13. Un autre genre nouveau voisin du précédent, mais à deux filets seulement , ce qui le rapproche de la famille des Perlides, dont il parait être une espèce aptère. Le corps n a point crécailles. L'espèce est également très-pàle. Elle est commune dans les jardins, etc. (I). 14. Trichobius. Genre nouveau de Mallophages. L'espèce type ( Trichobius parasiticus ) vit sur le Desmodus rufus^ cheiroptère de la Guyane ; elle a été figurée dans l'atlas sup- plémentaire du Dictionnaire des sciences naturelles, livraison première. 15. Nicteribia senegalensis. Trouvée sur \\n Rhinolophiis t rider tatiis du Sénégal. Elle est représentée sur la même planche que la précédente. Lectures. IVL Reiche lit cinq mémoires de M. le professeur Waga , de Varsovie. Ces mémoires, qui sont accompagnés de figures coloriées, ont pour titres : 1° Description dune nou- {■■elle espèce du genre des Branchipes , Branchipus torvi- cornis, Waga. 2° Description d'un insecte aptère qui se (1) M. Gervais, dans sa coiDniurdcatioû originale, avait donné un nom à ce nouveau genre; mais il l'a fait supprimer depuis, sur l'é- preuve de cette feuille , M. Westv/ood l'ayant nommé Camponea 'y^nn. and Mag. of nat. hist.; Sept., 1842) , depuis la communi- cation que M. Gervais lui avait faite à Londre*, et ensuite à Paris, de ses recherches au sujet de l'espèce type. M. Westwood avait pris jusqu'alors ranimai dont il s'agit pour un jeune myriapode, et il savait d'ailleurs que M. Gervais, qui en avait fait graver une figure pour l'ouvrage de M. Walckenaer, sur les aptères ( suites à Buffon ), devait en publier la description. DE LA SOCIETE EiNTOMOLOGIQUE. xlix troiwe en quantité aux environs de Varsovie, Achorutes bielanensis , Waga. 3° Note sur un insecte coléoptère indi- gène de la Chine , trouvé dans le thé du commerce, Ani- soplia theicola, Waga. 4° Diraphia novum insectorum genus Liviœ proximum : typus Diraphia limbata, Waga. Et 5° Description du genre Adapsilia , nouveau genre de Diptères, appartenant à la sous-tribu des Dolichocères de Macquart, et voisin des Sepedons et des Tetanocères : type Adapsilia coarctata, W^aga. — M. le Secrétaire donne lecture d'une notice de ÎSI. Gue- née , de Chàteaudun, intitulée : Note suri Ennomos illu- naria. — INI. Reiche communique un mémoire de M. le marquis de La Ferté-Sénectère, sur plusieurs espèces nouvelles d' An- thicus trouvées aux environs de Perpignan. Dans ce travail, qui est accompagné d'une planche coloriée , l'auteur décrit non-seulement les espèces nouvelles qu'il a découvertes, mais encore il fait connaître plusieurs des espèces indiquées dans le catalogue des Coléoptères de la collection de M. le comte Dejean. Membres reçus. MM. Williams Wilson Saunders , de Wandsworîh ; Surry, membre des Sociétés linnéenne et en- toraologique de Londres , etc. , â Londres : présentés par M. Reiche. — M. Edouard-Dominique Topard , docteur en médecine, membre de la Société linnéenne du nord de la France, etc.. au Mesnil, près Péroune : présenté par M. l'abbé Bourlet. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. u BULLETIN ENTOMOLOGIQUE, AIVTBEE 1S4». QUATRIÈME TRIMESTRE. SÉANCES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. (Séance du 5 octobre 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de F Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, tome xv (2* semestre de 1842 ), n°' 9 à 13 , br. in-4" : livre offert par l'Académie. — Monographie des Érotyliens, famille de l'ordre des Co- léoptères, par M. Th. Lacordaire, 1 vol. in-8°; Paris, 1842: offert par l'auteur. — Révision de la famille des Cicindélides , de l'ordre des Coléoptères, par M. Th. Lacordaire, br. in-8°; Liège, 1842 : offert par l'auteur. XL e LU ANNALES — Annales de la Société entomologique^de France, tom. xi ( 1842), 2^ trimestre (2 exemplaires). Communications. M. Pierret annonce à la Société que rentomologie vient de faire une perte sensible dans la per- sonne du capitaine Magagnosc, qui vient d'être tué dans un de nos derniers combats contre les Arabes. Ce militaire, aussi zélé que brave, se livrait avec autant d'ardeur que de succès à la recherche des insectes dans l'Algérie. On lui doit la dé- couverte d'une nouvelle espèce de Mélolonthide qui a été décrite et publiée par M. Guérin-Méneville, dans un des nu- méros de la Revue zoologique , sous le nom de Rhizotrogus Magagnosci. — Le même membre fait savoir que dans un lot de Lépi- doptères de Sicile, provenant du voyage de MM. Henri et Anatole Broussais , il lui est échu en partage un individu d'un lépidoptère du genre Vanessa, qu'il a reconnu après un examen attentif comme devant être rapporté à la Vanessa ichnusa de Bonelli. Les deux points noirs des ailes supé- rieures, qui manciuent d'ordinaire chez les ichnusa, sont, au contraire, bien prononcés dans l'individu en question; ils sont même plus saillants que dans les variétés que M. Ram- bur avait obtenues en élevant une grande quantité de che- nilles de X ichnusa, lors de son voyage dans l'île de Corse, en 1829, de sorte que la Vanesse rapportée par MM. Broussais se confond presque au premier abord avec la Vanessa urticœ, mais la teinte générale des ailes inférieures ne doit laisser au- cun doute sur son identité avec Xichnusa. La découverte de cette Yanesse en Sicile parait être , à M. Pierret , un fait très- intéressant au point de vue géographique ; car toutes les obser- vations faites jusqu'aujourd'hui parles voyageurs semblaient prouver qu'il n'existe que très-peu de rapports entre les pro- I DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. tui ductions entomologiques de la Sicile et celles de la Corse et de la Sardaignc. — Sur la demande de M. Th. Lacordaire , la Société décide qu'elle entrera en rapports scientifiques avec la Société ento- mologique de Stetlin; en conséquence elle charge son secré- taire d'écrire au président de cette association. Lectures. M. L. Buquet donne communication d'une note accompagnée d'une figure coloriée , et contenant la descrip- tion d'une nouvelle espèce de coléoptères du genre Dorciis (D. Lessonii , Buq.), qui provient du Chili. — M. le Secrétaire donne lecture du rapport de la commis- sion de publication , réglant la composition du troisième nu- méro des Annales pour 1842. — Les conclusions de ce rap- port sont adoptées par la Société. Membre reçu. M. Melchior Neuwyler, de Dissenhofen, docteur es sciences, professeur d'histoire naturelle et de ma- thématiques spéciales au collège cantonnai de Glarus, etc. : présenté par M. Léon Fairmaire. (Séance du 2 novembre 1842.) Présidence de M. GOUREAU, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de ITnstitut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels, t. xiv ( l^' semestre de 184-2), titres et tables , et t. xv (2^ semestre de 1842), n"' 14 à 17 , br. in-4" : offert par l'Académie. — Mémoires et comptes rendus de la Société d'émulation du Doubs, t. 11, r^ et T livraisons trimestrielles, juillet 1842; 1 vol. in- 8° avec pi.; Besancon, 1842 : offert par M. Th. Bruand. L Mv ANNALES — Nomenclator zoologicus continens nomina systematica generum animalium tam vi\ entium quam fossilium , secuii- dum ordinem alphabeticum disposita, adjectis auctoribus , libris in quibus reperiuntur, anno editionis, etymologia et familiis ad quas pertinent, in variis classibus; auctore L. Agassiz. Fasciculus ii continens. Aves Br. in-4'' : offert par l'auteur. Communications. M. Duponchel fait connaître, d'après une lettre de M. Maximilien Spinola , quelques détails sur les travaux zoologiques et anatomiques du congrès scientifique de Padoue. Peu de travaux entomologiques ont été présentés au congrès, et nous nous bornerons à citer deux mémoires de M. Spinola sur les Hyménoptères. — M. Pierret met sous les yeux de la Société un Sphinx convolviili , qui présente un fait d'organisation fort re- marquable, bien que d'ailleurs on ait eu déjà l'occasion d'en constater de semblables chez les animaux invertébrés , particulièrement chez les lépidoptères. Les ailes de ce sphinx offrent du côté gauche tous les caractères du mâle, tandis que sur le côté droit on observe le dessin ordinaire de la femelle: les antennes et l'abdomen participent également de l'herma- phrodisme. M. Pierret doit ce sphinx à l'obligeance d'un de nos collègues , M. Abicot , notaire à Gien. — Le même membre annonce qu'il a reçu dernièrement, des Alpes de la Savoie, \di Chrysoptera deaurata, qu'on avait regardée pendant longtemps comme exclusivement propre à la Hongrie et à la partie de la vallée du Rhône qui touche au Simplon. Lecture. M. le comte Dejean donne lecture d'une notice ayant pour titre : Observations sur la Monographie des Erotf liens de M. Th. Lacordaire. DE LA SOCIETE EiMOMOLOGlQUE. ly (Séance du 16 novembre 1842.) Présidence de M. GOURE AU, vice-président. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France , par MM. les Secrétaires perpétuels , t. xv ( 2® semestre de 1842), n«* 18 et 19, br. in-4" : livre offert par l'Académie. — Abhanlungen der Kôniglichen Académie der Wissens- chaften zur Berlin. Aus dem Jahre 1840. — Bericht ùber die zur bekanatmachung geeigneten verhandlungen der kônial : preuts Académie der Wissenschaften zur Berlin; den Monat vom Juli 1841 bis Juni 1842. 2 vol. in-4" et in-S" : offerts par l'Académie de Berlin. — Aperçu des espèces nouvelles d'insectes qui se trouvent dans les possessions françaises du nord de l'Afrique, par M. H. Lucas. Coléoptères , deuxième décade , famille des Longicornes (extrait des Annales des sciences naturelles, sep- tembre 1842). Br. gr. in-8° : offert par l'auteur. Communications. M. Guénée , de Ctiâteaudun , demande la parole et s'exprime en ces termes : L'indulgence avec laquelle vous avez accueilli mon Essai sur la classification des Noctuélides m'a engagé à entre- prendre un travail analogue sur les tribus qu'on est convenu de désigner par Texpression de Microlépidoptères ; c'est-à- dire les genres Tortrix, Tinea et Alncita des anciens auteurs. Mais si un travail de plus de quatre années m'a été nécessaire pour réunir en un seul corps les divers matériaux de l'histoire des Noctuélides, un temps égal ne suffirait plus ici. Ce n'est pas, messieurs, que la tâche soit plus difficile en elle-même. J'ai avancé dans le temps, et je pense encore aujourd'hui LYi ANiNALES- que les Noctua sont de tous les lépidoptères les plus difficiles à distribuer méthodiquement , et l'expérience m'a appris, de- puis que je m'occupe spécialement des microlépidoptères, que leur classification présente beaucoup moins de difficultés; mais d'autres circonstances rendent cette tâche impossible à remplir du premier coup d'œil. Au nombre de ces circonstances, il faut mettre d'abord la quantité numérique des espèces à classer. Or, cette quantité est d'environ % plus grande , puisque les microlépidoptères qui me sont connus ne s'élèvent pas à moins de 1250 es- pèces , nombre qui s'augmentera encore notablement par la suite. En second lieu , il faut prendre en considération le peu de travaux méthodiques qui existent sur cette partie de l'ento- mologie. Un assez grand nombre d'auteurs a donné des des- criptions des microlépidoptères , mais la plupart ont passé rapidement sur ces tribus ; d'autres (et ce ne sont pas les moins utiles) n'ont consigné que des faits isolés; enfin, parmi les iconographes et les auteurs spéciaux , beaucoup ont décrit les espèces sans les rapporter à aucun genre , ou se sont con- tentés de les classer dans les genres linnéens , ce qui revient à peu près au même. Les ressources, quant à la distribution méthodique, sont donc des plus bornées. Si le nombre des auteurs est petit, celui des amateurs ou entomologistes qui pourraient fournir de bons renseigne- ments l'est encore proportionnellement davantage, et j'affirme- rais presque que s 'jr 100 lépidoptéristes il s'en trouve au plus une douzaine qui s'occupent des tribus inférieures. Les au- tres ramassent bien çà et là quelques individus des plus grands et des plus brillants , mais c'est pour les entasser pêle-mêle dans quelque boîte qu'ils visitent rarement, et qui n'offre aucune ressource pour l'étude. Enfin, l'exiguïté des objets, et la difficulté de les saisir et de DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lmi les préparer sans altérer leurs caractères , entre aussi pour quelque chose dans la longueur du travail. Vous vous attendez sûrement , messieurs , qu'à tous ces in- convénients je vais ajouter Tignorance des premiers états ; mais ceux d'entre vous qui ne s'occupent pas de ces tribus, seront fort étonnés d'apprendre que nos connaissances dans cette par- tie de l'histoire des lépidoptères sont à peu près au même niveau que dans les tribus supérieures. Réaumur, Degeer, Lyonnet, Resœl, Hubner, parmi les anciens; Treitschke, Freyer, Fis- cher de Roslerstamse , parmi les modernes , ont, en effet , donné de très-nombreuses descriptions de ces chenilles, et si l'on réfléchit à la facilité de se procurer la plupart de ces lar- ves , que trahissent toujours leurs ouvrages extérieurs , on est bien vite convaincu que la science des microlépidoptères ne restera pas longtemps en arrière, quand les entomologistes y auront sérieusement mis la main. Mais, j'ai honte de l'avouer à une société qui a consacré dans sa devise l'admiration due à la nature en proportion in- verse de la petitesse de ses œuvres, la taille de ces lépidoptères, si brillants, si gracieux dans leurs formes, si intéressants par leurs mœurs, est une cause de proscription chez les entomo- logistes français, et nos naturalistes les plus instruits restent à leur égard dans la plus complète indifférence; c'est à ce point que tel amateur des plus ociilés qui saura aller décou- vrir au fond de leurs retraites les plus rares chenilles d'Agro- tides ou des Nonagries , ou à qui la patience ne manquera pas pour déplier une à une toutes les feuille sèches de son jardin, ne sait que par ouï-dire que c'est par une espèce de Carpo- capsa que la pomme qu'on sert sur sa table est dévorée. C'est à ce point que les châtaignes véreuses qui nous tom- bent par centaine sous les mains sont minées par une chcnilic qui est inconnue (au moins je ne sache pas que personne ait écrit jusqu'ici que celle chenille est celle de la Carp. spîcn- Lviii ANNALES dana , espèce même assez rare dans les collections , quoiqu'il suffise pour se la procurer de jeter pêle-mêle dans un pou- drier une douzaine de fruits attaqués ). Une des causes de cette injuste négligence est bien certai- nement l'absence d'un ouvrage méthodique, ne fût il qu'un catalogue ou une sorte d'inventaire des espèces connues. Les amateurs d'entomologie, gens positifs à leur manière, tiennent à se rendre compte de leurs richesses ; et , comme les avares , ils n'amassent point sans compter. Ce n'est pas pour eux une petite joie que de marquer d'une croix chaque nouvelle ac- quisition, et si cette satisfaction leur est refusée, ils dédai- gnent des espèces qu'ils ne savent où placer dans leur collec- tion, et la science reste privée de la part d'observations que chacun d'eux y aurait apportée. Je ne prétends pas dire que nous manquions absolument d'ouvrages méthodiques sur les microlépidoptères, les œuvres de MM. Treitschke, Duponchel, Frselich, et le catalogue de M. Stephens , seraient là pour me démentir. Mais sans que j'aie besoin d'entrer dans aucune considération critique sur ces divers ouvrages , les deux premiers sont d'un prix trop élevé pour se trouver dans toutes les mains. Le troisième ne traite que d'une partie du sujet qui nous occupe, et a été tiré à un trop petit nombre d'exemplaires pour être répandu en France, et le quatrième est d'un usage impossible pour nous, par la raison qu'il renferme une foule d'espèces que j'appellerai exclusivement anglaises , et dont personne ne peut vérifier l'authenticité. Le besoin d'un ouvrage semblable est donc réel , et m'a été , en effet , signalé par toutes les personnes à qui j'ai reproché leur indifférence pour les petites espèces de lépidoptères. Je vous ai dit quelles sont les circonstances qui s'opposent à ce que je puisse donner dès à présent un travail analogue à celui que j'ai publié dans nos Annales sur les Noctuélides , DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ux. c'est-à-dire un tableau de tous les groupes naturels des mi- crolépldopt(''res , avec leurs divisions, leurs caractères géné- riques , et un exposé des faits saillants ou nouveaux de leur histoire, j'ai besoin pour cela de réunir une masse de maté- riaux beaucoup plus considérable que celle que je possède, et d'un long temps pour les mettre en œuvre. Mais une sorte de prodrome de ce travail ne m'a pas paru au-dessus de mes forces , et depuis deux ans j'y travaille presque exclusivement. Aujourd'hui ce travail est terminé, et mon voyage à Paris n'a d'autre but que de le vérifier une dernière fois, sur les col- lections que plusieurs de vous veulent bien m'ouvrir, et sur les ouvrages que je ne puis rencontrer que dans les biblio- thèques publiques de la capitale. J'aurai donc l'honneur de vous l'offrir incessamment; et comme il ne sera précédé d'au- cune préface, et qu'il sera d'ailleurs rédigé en langue latine, je vous demande la permission de vous exposer ici les bases sur lesquelles il est établi , tandis que je suis encore en me- rure de profiter des observations que vous voudrez bien me faire à ce sujet. J'ai divisé tous les microlépidoptères en 28 tribus, qui comprennent 125 genres, et ce nombre, tout énorme qu'il peut vous paraître, est peut-être encore insuffisant. J'aurais pu les multiplier beaucoup plus, puisqu'il en est dans lesquels j'établis six à huit divisions, comme les genres Tortiix, Teras, Phy^cis, Hœmilis ,Elachisla, etc. Sur ces 125 genres, plus de la moitié ne m'appartiennent pas , car je me suis toujours fait une loi d'adopter les noms de ceux déjà établis, même quand ils ne correspondaient pas exactement avec le genre tel que je le concevais , ce qui est arrivé fréquemment. J'y ai rassemblé tous les microlépidoptères publiés par les auteurs , même ceux qui ne sont connus que par les figures d'Hubner. C'est assez dire que je nai pas vu tout en nature. Aussi suis-je loin de me flatter que toutes les espèces soient à hx ■ ANNALES leur véritable place, surtout celles créés nouvellement par différents entomologistes allemands , et que je n'ai pu voir qu'en passant , ou que je ne connais que par des indications ou des correspondances. Peut-être eussé-je mieux fait d'o- mettre toutes celles que je n'ai pu étudier par moi-même ; mais j'ai pensé qu'un catalogue bien complet serait plus utile, même avec ses erreurs impossibles à éviter, et qui appelleront d'ailleurs les observations des entomologistes qui voudront bien me mettre à même de les rectifier dans mon travail dé- finitif. Quelque défectueuse que puisse paraître cette manière de procéder aux personnes qui ne veulent pas admettre le provisoire en entomologie, j'ai la conviction qu'elle est la meil- leure , et peut-être la seule à suivre dans l'état actuel de la science des microlépidoptères. Je puis seulement affirmer que toutes les espèces que je possède (et c'est la grande majorité) ont été déterminées avec un soin minutieux , et que tous les auteurs que je cite dans leur synonymie ont été attentivement médités. J'ai toujours indiqué le numéro des figures d'Hub- ner , qui paraît destiné à rester longtemps notre meilleur ico- nographe , et qui sera toujours universellement consulté. Quant aux espèces nouvelles que j'ai créées , j'en ai donné une courte description, persuadé que je suis qu'un nom publié seul est plus qu'inutile, et ne sert qu'à embrouiller la science. Maintenant, si l'on me demande si j'ai appliqué à la classi- fication des microlépidoptères la méthode naturelle , je répon- drai oui sans hésiter. Là , comme ailleurs , le peu que je con- nais sur les premiers états est presque toujours venu confirmer les caractères des insectes parfaits. Je sais que cette méthode a été l'objet de bien des attaques récentes, soit directement, soit par allusion, et ces attaques ont quelquefois été l'œuvre d'entomologistes que j'estime fort d'ailleurs ; mais ce n'est pas ici la place de les réfuter, quoique beaucoup d'entre elles DE LA SOCIETE EMOMOLOGIQUE. i.ju puissent Têtre très-facilement. Qu'il me suffise dédire qu'elles n'ont pas ébranlé ma foi dans la méthode naturelle, et que je suis plus que jamais convaincu que tous les matériaux doivent être employés pour caractériser les groupes que la nature a créés, quoi qu'on en dise, et que ces groupes une fois trouvés , leur histoire et l'étude de leurs caractères génériques doi- vent marcher de front. Tel est, messieurs, le travail que j'aurai l'honneur de vous offrir. Je n'ose me flatter qu'il soit utile en raison du temps qu'il m'a coûté, mais j'espère cependant qu'il contribuera, du moins pour une petite part , à faire revenir les lépidoptéristes de leur indifférence pour les tribus inférieures. Je répète , en finissant , que je recevrai avec la plus grande reconnaissance les communications et les observations de toute nature que chacun de vous voudra bien me faire, et que j'emploierai tous mes efforts à les faire tourner au profit de la science que nous chérissons tous ici. — M. Amyot soumet à la Société la question suivante , qui se rattache à l'ouvrage auquel il travaille en collaboration avec M. Audinet-Serville, sur l'ordre des Hémiptères. Doit-il être permis à un auteur de prendre le nom d'une espèce pour en faire celui d'un genre dans lequel rentre cette espèce , en donnant à cette dernière un nouveau nom spéci- fique .^^ Spécialement, Latreille ( Règne animal, 1817 ) a dé- crit et figuré une espèce sous le nom de Coreiis phyllomor- phus. M. de Laporte , comte de Castelnau ( Essai d'une classification sur les Hémiptères) est venu ensuite et a créé le genre Pliyllomorphus, dans lequel rentre cette es- pèce. Plus tard, M. Guérin-Méneville {Dictionnaire pit- toresque d'histoire naturelle ) a donné à cette dernière le nom de Phfllomorphus Latreillei. Faut-il garder ce dernier nom , ou rendre à l'espèce son nom primitif de LKii ANNALES Phfllomorphus Latr. , en changeant le nom générique de M. de Laporte, comme a fait M. le docteur Rarabur( Faune de l'Andalousie ), qui a donné à ce genre le nom de Craspe- duin, et qui appelle l'espèce Craspedum phfllomorphus Latr. ? La Société est d'avis unanime qu'un nom spécifique primi- tivement imposé ne doit être changé sous aucun prétexte : en conséquence , elle approuve ce qu'a fait M. le docteur Rambur. Lecture. M. le Secrétaire lit une note de M. H. Lucas, ayant pour titre : Observations sur un nouveau genre de la tribu des NympJmlHes ( Godai tia niadagascariensis ). Cette note est accompagnée d'une figure coloriée. (Séance du 7 décembre 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France, par MM. les Secrétaires perpétuels, tome xv (2^ semestre de 1842), n°' 20 à 22 , broch. in - 4" : offert par l'Aca- démie. — Kongl. vetenskaps Academiens handlingar, for an 1839. — Arsberâttelse om framstegen i Fisik och Kemi afgifnen den 31 mars 1839; of Jos. Berzelius , K. V. A. secret. — Arsberâttelse om Technologiensframsteg. Till kongl. vetens- kaps Academiens afgifnen den 31 mars 1839; of G. E. Pach — Tal of academiens prseses , grefne M. Rosenbland , etc. , 3 vol. in-8° : offert par l'Académie de Stockholm. — Proceedings of Ihe Academy of natural sciences of DK LA SOCIÉTÉ EiNTOMOLOGlQUE. lxih Philadelphia , volume i, n°' 9 à 14 (décembre 1841 à mai 1842), br. in-8°: offert par l'Académie. — Histoire naturelle, générale et particulière des insectes Névroptères, par M. F. J. Pictet. Monographie des Perlides, livraison O'', br. in-S" avec fig. col.; Genève , 1842 : offert par l'auteur. — Essai monographique et iconographique de la tribu des Cossyphides, par M. le marquis de Brème, 1 vol. in-8''avec pi. col.; Paris, 1842 : offert par l'auteur. — Gênera et species Curculionidum cum synonymia hujus familiae, a C. J. Schoenherr, tomus septimus, pars prima, 1 vol. in-8°; Paris, 1843 : offert par l'auteur. Correspondance. M. E. Desmarest lit une lettre de M. Dohrn, secrétaire de la Société entomologique de Stettin. Dans cette lettre, M. Dohrn, au nom de la Société de cette ville, remercie la Société entomologique de France de ce qu'elle a bien voulu proposer d'échanger réciproquement les publications des deux associations scientifiques, et il an- nonce que l'on recevra bientôt à Paris les trois années de la Gazette entomologique que publie la Société de Stettin. — M. Duponchel fait connaître une lettre qu'il a reçue de M. Donzel. Notre collègue annonce dans cette lettre qu'il travaille à une Faune des Lépidoptères des Basses-Alpes, et qu'il destine ce travail aux Annales de la Société. — Il est donné lecture de la lettre suivante adressée à la Société par M. Pitois. Messieurs , La Société entomologique m'a fait l'honneur de me confier, il y a deux ans , les fonctions de Trésorier : elle a jugé alors que mon intervention pourrait être de quelque utilité pour le rétablissement txiv ANNALES de l'équilibre désirable entre les recettes et les dépenses de la Société. Dès la fin de l'an dernier, les comptes ont démontré que les mesures prescrites par la Société amenaient une amélioration sensible dans son étal financier, et je puis annoncer aujourd'hui que les comptes de l'exercice courant présenteront un rt^sultat décisif et satisfaisant, car le montant des cotisations perçues s'élève déjà à près de 3,500 fr., somme suffisante pour couvrir entièrement l'arriéré et une forte partie des dépenses courantes. Dans cet état de choses, je crois pou- voir demander à la Société de vouloir bien , au prochain renouvelle- ment de son bureau , me décharger de la mission qu'elle avait eu la bonté de me confier, et de me faire remplacer dans les fonctions de Trésorier. Je la prie aussi de recevoir ici l'expression de ma respec- tueuse reconnaissance pour la constante bienveillance dont j'ai été l'objet dans mes rapports avec elle. Je suis avec respect, eic. Signé, PITOIS. Paris, le 21 novembre 1842. La Société décide que des remerciments seront adressés à M. Pitois pour les soins qu'il a donnés aux affaires de la Société , depuis sa nomination aux fonctions de Trésorier. Communications. M. Pierret met sous les yeux de la So- ciété une chenille encore vivante du Deilephila Dahlii qu'il vient de recevoir de Bastia, en compagnie de 149 autres de la même espèce. Toutes ces chenilles, qui étaient arrivées à Toulon , en apparence pleines de vie et de santé , bien que le navire qui les portait fût resté quatre jours en mer par suite de la violence des ouragans, ont malheureusement péri dans îe voyage de Toulon à Paris. M. Pierret, en ouvrant la boite qui les renfermait, na trouvé, pour la plupart, que des ca- davres putréfiés , dont quelques-uns , que l'œil même d'un DK LA SOCIÉTÉ ENTOiMOLOGlOUE. lxv entomologiste aurait méconnu, présenîaienl une véritable décomposition organique. M. Pierret attribue cette catastrophe à la réunion de cinq causes différentes : r Le séjour trop prolongé sur la mer, qui a pu amener le typhus, bien qua l'arrivée des chenilles à Toulon, les symp- tômes n'en eussent pas été sensibles aux yeux du correspon- dant de M. Pierret, qui n'est pas naturaliste. 2" La différence du climat de Bastia avec celui de Paris, laquelle est de 15 à 18 degrés au moins à cette époque. 3° Le changement dans la nourriture , le correspondant à Toulon ayant remplacé YEuphorbia esiila Thuiilier {E. Ge- rardiana Merat), dont l'expéditeur de Bastia avait garni la boite d'envoi , par ÏEupIiorbia heUoscopia (\ulgairemeat Réveille-matin) ^ tithymale reconnu pour être d'une nature beaucoup moins caustique et moins astringente que le premier. 4" Les secousses que la boîte a dû éprouver pendant le voyage, et qui n'ont pu nécessairement qu'exercer une in- fluence fatale sur les chenilles qui étaient près de se méta- morphoser. 5° La trop grande agglomération d'individus dans une même boîte , bien que celle-ci fut dune assez grande dimen- sion. On ne saurait attribuer, ajoute M. Pierret, la mort de toutes ces chenilles à l'une des causes précitées prise isolément, si Ton en excepte peut-être la troisième et la cinquième, attendu que l'expérience a démontré mainte et mainte fois que Ton peut faire voyager impunément les chenilles d'une contrée à l'autre, pourvu que la boite qui les renferme soit garnie dune nourriture fraîche et abondante : témoins deux chenilles du même SpMnx que M. Pierret reçut au mois de juillet dernier, de son père, alors à Bastia, et qui. arrivées saines et sauves, ont parfaitement accompli toutes leurs mé- LXYi ANNALES tamorphoses , et lui ont donné leur papillon au mois d'août. Quant à ce qui concerne le changement de la température, M. Pierret fait observer que son ami, M. Meissonnier, lui a envoyé plusieurs fois déjà un certain nombre de chenilles du Jasius, qui ont fait le trajet cVHyères à Paris, dans le com- mencement du mois de mars , par un temps froid et neigeux, et cependant Tinsecte parfait est éclos dans tout l'éclat de sa beauté. Or, l'on ne peut douter que la chenille du Jasius, espèce d'origine exotique, et qui semble être venue expirer sur les bords de notre Méditerranée où elle ne se nourrit que des feuilles de XArbutiis iineclo, plante exclusivement méri- dionale, ne soit beaucoup plus sensible aux intempéries de la saison que celle du Sphinx Dahlii, qui offre une si grande analogie avec notre Sphinx euphorbiœ , et qui vit des mêmes tithymales. Lectures. M. Duponchel donne lecture de deux mémoires de M. Graslin. Ces mémoires , qui sont accompagnés de figures coloriées, ont pour titres, le premier : Notice sur la Stilbia stagnicola et description de cette espèce sous ses différents états ; et le second : Histoire des mœurs et des- cription de la chenille de la DianUiœsia luleago. (Séance du 21 décembre 1842.) Présidence de M. le docteur AUBE. Ouvrages offerts. Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences de l'Institut de France, tome XV (2® semestre de 1842 ), n°* 23 et 24, br. in-4° : livre offert par l'Académie. Nominations. Il est donné lecture des articles 14 et 15 du DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i.xvh règlement, qui ordonnent le renouvellement des membres du bureau à la deuxième séance du mois de décembre. En con- séquence , la Société procède, par la voie du scrutin, à Télection des membres de son bureau. Ont été nommés pour Tannée 1843: Président : M. Milne-Edwards. Fice- Président : M. le Marquis de Brème. Secrétaire : M. Eugène Desmarest. Secrétaire-adjoint : M. Pierret. Trésorier : M. Lucien Buouet. Trésorier-adjoint : M. Léon Fairmaire. Archiviste : M. Duponchel. XI. ANNALES DK LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. rxiv OUVRAGES OFFERTS A LA SOCIÉTÉ PENî)Aî\T l'année 1842. Académie des naturalistes de Breslau. Mémoirrs pour \M{ (en latin). Académie des sciences , agriculture:, arts et belles- lettres d'Aix. Séance publique de 1840. Académie des sciences , arts et belles-lettres de Dijon. Relation de la séance publique du 31 juillet 1841. Académie des sciences de Fienne. Tom. ix, 1841 (en allemand). Académie des sciences de Stockholm. Mémoires pour 1839, 3 vol. in-S" (en suédois). Académie des sciences naturelles de Philadelphie. Bul- letins des séances en anglais ). Académie impériale des naturalistes de Moscou. Recueil des actes de la séance publique du 29 décembre 1840. Académie royale des sciences , belles-lettres et arts d.' Bordeaux. Actes pour 1840 ( l*^'" et 2® trimestres ). Académie royale des sciences de Be/lin. Mémoires pour 1840 (en allemand). Académie royale des sciences de Berlin. Résumé des travaux de juillet 1841 à juin 1842 (en allemand). Académie royale des sciences de l Institut de France. iix A^NALES Comptes rendus hebdomadaires des séances , tom. xiii (T se- mestre de 1841), n°' 22 à 26 et tables ; tom. xiv ( P' semestre de 1842), n« 1 à 26 et tables, et tom. xv (2*^ semestre de 1842), n^'^ 1 à 24. Jcaclémie rojale des sciences de Turin. Mémoires, iom. m , 2*^ série, 1840 ( en italien ). Jgassiz. Nomenclator zoologicus continens nomina sys- tematica generum animalium tam viventium quam fossi- lium, etc. Fasciculiis primas, continens Mammalia, Echinoder- mata, et Acaleplias, et fasciculus secundus, continens Aves. Anonyme. Examen critique sur la première livraison de l'ouvrage de M. Audouin, intitulé: Histoire naturelle des insectes nuisibles à la Vigne, et en particulier de la Pyrale. Anonyme. Tournées en avril, mai et juin 1842, dans les vignobles du Beaujolais et du Maçonnais, pour observer la Pyrale et faire quelques recherches locales, par M. A. B.... Brème {Marquis de). Essai monographique et iconogra- phique sur la tribu des Cossyphides. Brème {Marquis de). Monographie de quelques genres de Coléoptères Hétéromèrcs appartenant à la tribu des Blap- sides. Brème {Marquis de). Réflexions sur la classification des insectes selon la méthode naturelle ( Extrait de la Revue zoo- logique, numéro de février 1842 ). Bruand. Mémoires et Comptes rendus de la Société d'ému- lation du Doubs, tom. i, mai à décembre 1841, tom. ii, l*"" et 2^ trimestre de 1842. Brullé. Histoire naturelle des îles Canaries. Partie entomo- logique : 1° Histoire naturelle des Insectes. Burmeisler. Observations sur les affinités naturelles de la famille des Paussidse ( Extrait de la Revue zoologique ). Costa {Acldlle). Histoire de l'Académie des Aspirants na- turalistes deNaples, de mai 1841 à janvier 1842. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i..\\i Costa ( Achille ). Bulletin de rAcadémie des Aspirauîs naturalistes de JNaples. Année 1842 : séances de janvier, fé- vrier et mars. Dagonet. Des insectes nuisibles à l'Agriculture, observés pendant Tannée 1840, et particulièrement des insectes dévas- tateurs des céréales. Dufour (Léon). Études anatomiques et physiologiques sur une mouche, dans le but d'éclairer l'iiistoire des méta- morphoses et de la prétendue circulation des insectes. Dufour {Léon). Histoire des métamorphoses de l'Elater rhombeus. Dufour ( Léon ). Histoire des métamorphoses et de l'ana- tomie des Mordelles. Dufour {Léon ). Mémoires sur les métamorphoses et Tana- tomie de la Pyrochroa coccinea. Dufour { Léon ). Observations sur les métamorphoses du Cerceris bupresticida et sur l'industrie et l'instinct entomo- logique de cet hyménoptère. Dufour {Léon). Recherches sur les métamorphoses du genre Phora, et description de deux nouvelles espèces de ces diptères. Dufour {Léon). Recherches analomiques et physiologiques sur les Orthoptères, les Hyménoptères et les Névroptères ( Extrait des mémoires des savants étrangers de l'Académie des sciences , de l'Institut de France ). Dufour {Léon), Explications, notes, errata et addenda à l'ouvrage précédent. Gory. Histoire naturelle et iconographie des Insectes Co- léoptères, liv. Li et LU, contenant la fin du supplément aux Buprestides. Guérîn-Méneville. Description du genre Eupholus ( Extrait du Magasin de zoologie*). wxn A.NNALES Giiérin-Meiieville. Mémoire sur un insecle et uii champi- gnon qui ravagent les caféiers aux Antilles, par MM. Guérin- Méneville et Perrolet. Lacordalre. Monographie des Érotylieus , famille de Co- léoptères. Lacordaire. Révision de la famille des Cicindélides de Tordre des Coléoptères. Lefebvre. Communication verbale sur la ptérologie des Lépidoptères ( Extrait de la Revue zoologique par la Société Cuviérienne, numéro de février 1842 ). Lefebvre. Description de l'Ascalaphe Napoléon, Ascala- phus Napoleo (Extrait du Magasin de zoologie). Lucas. Aperçu des espèces nouvelles d'insectes qui se trouvent dans les possessions françaises du nord de l'Afrique, 2*^ décade, ordre des Coléoptères, famille des Longicornes. Pictet. Histoire naturelle, générale et particulière des in- sectes Névroptères. Monographie de la famille des Perlides , liv. 5^ 6% 7% 8^ et 9^ Romand {de). Description du genre Osprynchotus, nou- veau genre d'Hyménoptères, tribu des Térébrants, famille des Ophonides ( Extrait du ISIagasin de zoologie ). Schoenherr. Gênera et Species Curculionidum cum synony- raia hujus famihse, tom. vi , pars secunda, et tom. vu, pars prima ; supplementum contiuens. Société agricole et industrielle du département du Lot. Bulletin, n"* de mai, juin et juillet 1841. Société d'agriculture, commerce, sciences et aris du département de la Marne. Séance publique tenue à Chà- lons le 30 août 1839. Société de physique et d'histoire naturelle de Genève. IMémoires , tom. ix , partie ii. Société enfomologique de France. Tome x (4^ trimestre) et tom. XI ( 1'"'^ et T trimestres ) deux exemplaires. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i.xxm Société entomologiqiie de Londres. Mémoires , tom. m (en anglais). Société royale d'agriculture et des arts du départe- ment de Seine-et-Oise. Mémoires pour 1840 ( 40^ année ). Société rofale d'émulation de l'Ain (Journal d'agricul- ture, sciences, lettres et arts de la), année 1840. Société royale des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille. Mémoires pour 1839 (2® partie). Société royale des sciences, lettres et arts de Nancy. Mémoires pour 1840. Fesmaël. Note sur les caractères des Euceros Grav, sous- genre des Ichneumonides ( Extrait des mémoires de l'Acadé- mie royale des sciences de Bruxelles , tom. viii , n" o ). Fesmaël. Notice sur les lïémérodes de la Belgique ( Extrait des mémoires de l'Académie de Bruxelles, tom. viii, n° 4). IVhite. Description d'une nouvelle espèce de Tordre des Hémiptères ( en anglais ). Wliite. Description d'une nouvelle espèce d'insecte ( en anglais). Zeller. L'Isis, 1841, 10® partie, contenant un mémoire sur les Ptérophorides ( en allemand ). ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOG[QU£. lxxv MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE. ANNÉE 1842. — ONZIÈME DE SA FONDATION. » -i>0®-©«^ Nota, * indique les Membres fondateurs. Les noms en majuscules sont ceux des Membres honoraires. INÏM. 1841. Abicot, notaire, à Gien (Loiret). 1834. Amyot, avocat, rue Neuve- Saint-Roch , 24. 1835 AsMUSS, docteur en philosophie et professeur-adjoint à l'Uni- versité de Dorpat (Livonie ). * AuBÉ, docteur en médecine, etc., rue de Tournon , 8, el au Parc-aux-Dames, près Crépy (Oise). 1833. Bassi (le chevalier), à Milan ( Lombardie ). 1835. Becker, naturaliste, à Wiesbaden ,; duché de Nassau). 1835. Berce , graveur, place de Laborde , 10. 1835. Bernard-Deschamps , à Auxerre ( Yonne ). 1832. BLAIN VILLE (Ducrotay de), membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, professeur au Muséum d'histoire natu- relle et à la Faculté des sciences de Paris, etc., au Muséum. 1837. Blanchard , aide naturaliste d'entomologie au Muséum d'histoire naturelle de Paris, rue Saint- Jacques, 161. Lxxvi ANNALES 1838. BussON, professeur d'histoire naturelle, etc.; au Mans (Sarthe). 1841. Blondeau (rabb(5), rue du Temple, 101. 1833. Blutel, directeur des douanes, à La Rochelle (Charente- inférieure). 1832. BoHEMANN, professeur et conservateur du Musée entomo- logique de l'Académie royale des sciences de Suède, etc.; à Stockholm. * BoiSDUVAL, docteur en médecine, chevalier de la Légion d'honneur, membre de plusieurs Sociétés savantes , etc. ; rue de la Vieille-Estrapade, 15. 1812. BoiSGiRAUD, doyen de la Faculté des sciences de Tou- louse , etc. ; à Toulouse ( Haute-Garonne ), 1842. BoNARD, chirurgien en chef de l'hôpital de Calais, cheva- lier de la Légion d'honneur, etc. ; à Calais ( Pas-de-Calais). 1833. BouLARD (Désiré), employé au laboratoire d'entomologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris; rue Saint-Vic- tor, 20. 1835. BouRASSÉ, professeur d'histoire naturelle au petit sémi- naire de Tours ( Indre-et-Loire ). 18j0. Bourlet (l'abbé), membre correspondant de la Société royale d'agriculture de Lille, de la Société royale et centrale d'agiculture de Douai, etc. ; ù Douai (Nord). 1838. Brème (le marquis de), membre de l'Académie des sciences de Turin , membre de la Société entomologique de Lon- dres, etc. ; rue de Poitiers, 8. 1832. BRONGNIAHT (Alexandre), membre de l'institut et de la Légion d'honneur, professeur au Muséum d'histoire na- turelle de Paris, directeur de la manufacture de porcelaines de Sèvres, etc.; rue Saint-Dominique, faubourg Saint- Germain, 71. 1841. Broussais ( Anatole , à Passy, rue lîasse, 24 Us. 1841. Bru AND (Théophile ), membre de la Société d'émulation du Doubs, du conseil municipal de Besançon, etc.; à Besançon ( Doubs). * Brullé , professcMr de zoologie à la Faculté des sciences de DE LA SOCIÉTÉ ËNÏOMOLOGiyUE. lxxvii Dijon, chevalier de la Lôgion d'honneur et de l'ordre grec du Sauveur, etc. ; à Dijon ( Côte- d'Or). 1832. BuGNiON, membre de la Société helvétique des sciences na- turelles, etc.; à Lausanne (Suisse). 1833. BuQUET (Lucien), naturaliste, attaché au ministère delà marine, etc.; rue Dauphine, 35. 1841. BuRMEiSTER, profcsseur de zoologie à l'Université de Halle, etc. ; à Halle (Saxe ). 1838. Cailloit, pharmacien, à Châteaudun (Eure-et-Loir). 1833. Cartier (Ali), propriétaire, à Morleau (Doubs). 1834. Chaudoir (le baron Maximilien de), candidat en droit et conseiller honoraire au service de Russie, à Kiew ( Russie). * ChevrolAT, rédacteur à l'administiation de l'octroi de Paris, membre de plusieurs sociétés savantes; rue Fon- taine-Saint-Georges, 25. 1833. Children (J.-G.), esq. , secrétaire de la Société royale et membre de la Société entomologique de Londres ; à Londres. 1839. Colin, avocat, directeur du Muséum d'histoire naturelle d'Arras, etc.; à Arras (Pas-de-Calais). 1840. Coppier, professeur d'histoire naturelle au collège de Bonne- ville, etc. ; à Bonneville ( Savoie ). 1842. Coquerel, étudiant en médecine, rue du Faubourg-Pois- sonnière, 21. 1842. CoRDiER, employé au ministère de la guerre, etc.; quai d'Orsay, 65. 1841. Costa ( Achille), membre de l'Académie des aspirants natu- ralistes de Naples, etc.; à Naples. 1839. Crépu, docteur en médecioe, professeur de botanique A la Faculté des sciences de Grenoble, conservateur du Muséum d'histoire naturelle de celte ville, etc.; à Grenoble (Isère). 1833. Dahlbom , docteur en philosophie et conservateur du Musée entomologique de l'Université de Lund , etc. ; à Lund (Suède). 1836. Dardouin, peseur du commerce, à Marseille (Bouches-du- Rhône ). 1832. Daube, propriétaire, A Montpellier (Hérault). Lxxviii ANNALES 1837. Dejean (le comte), lieutenant général, pair de France, grand officier de la Légion d'honneur, etc.; rue de l'Uni- versité, 17. 1839. Delacour, juge d'instruction, à Beauvais (Oise). 1837. DÉMARY, docteur en médecine, etc.; rue Rumfort, 13. 1838. Desmarest (Eugène), employé au laboratoire d'anatomie comparée du Muséum d'histoire naturelle de Paris ; rue de la Harpe, 45. 1842. Deyrolle, naturaliste, rue de l'Odéon, 38. 1833. DoNZEL (Hugues), propriétaire, à Lyon (Rhône). 1834. DoUBLEDAY, membre de la Société entomologique de Lon- dres, etc. ; à Londres. 1833. Doué, chevalier de la Légion d'honneur, chef de bureau au ministère de la guerre, etc.; rue des Beaux- Arts, 8. 1838. Dreer ( le chevalier), docteur en médecine, à Trieste (Ulyrie). 1834. Drewsen, fabricant de papiers, à Streodsmollen , près Co- penhague (Danemark). 1832. DUFOUR (Léon), docteur en médecine, correspondant de l'Académie des sciences et de l'Académie royale de méde- cine, chevalier de la Légion d'honneur, etc. ; à Saint-Sever (Landes). 1832. DUMÉRIL, membre de l'Institut, officier delà Légion d'hon- neur, professeur au Muséum d'histoire naturelle et à la Fa- culté de médecine de Paris, etc. ; au Muséum. * DuPONCHEL, chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Société des Georgofili de Florence, etc. ; rue d'Assas, 2. 1832. Dupont, naturaliste, quai Saint-Michel, 25. 1836. Elizalde, docteur en médecine , à Cadix ( Espagne). 1832. Emy, ancien capitaine d'artillerie, officier de la Légion d'honneur; àRouvray (Côte-d'Or). 1842. Fairmaire (Léon), ruedeGrenelle-Saint-Honoré, 37. 1833. Farhoeus, membre du conseil d'État et chef du département de l'intérieur en Suède, grand'croix de l'Étoile polaire; à Stockholm. '' Feisthamel ( le baron \ maréchal de camp , officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, membre cor- DE LA SOCIÉTÉ ENTO.VlOLOGlQUli:. rxxix tespondant de l'Académie royale des sciences et arls de Barcelone, etc.; à Amiens (Somme). 183G. Fischer de Waldheim, vice-président de la Société impt'- riale des naturalistes de Moscou, conseiller d'État actuel, grand'croix des ordres de Sainte-Anne et de Saint-Stanis- las, chevalier de Saint-Wladimir, etc.; à Moscou (Russie). 1837. Fol, négociant, rue de Cléry, 15. 1840. Fol , docteur en médecine , à Vandœuvre , près Genève ( Suisse }. 1832. FoNSCOLOMBE (Boyerde), propriétaire, à Aix (Bouches- du-Rhône). 1838. Fridwaldjsky, docteur en médecine, à Pesth (Hongrie). 1839. Garnier , bibliothécaire et conservateur du Muséum d'his- loire naturelle d'Amiens, etc.; û Amiens (Somme). 1833. Gay, rue Saint-Victor, 27. 1842. Geiiin , pharmacien, à Metz ( Moselle), place Saint-Louis, 8. 1833. GÊNÉ, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Tu- rin , etc. ; à Turin ( Piémont ). 1832. GEOFFROY-SAINT-HILAIRE (Etienne), membre de l'Ins- titut et delà Légion d'honneur, professeur à la Faculté des sciences de Paris, etc.; au Muséum. 1840. GÉRARD, adjudaotauxiliaire du service des hôpitaux à Alger. 18.33. Germar, professeur d'histoire naturelle, à Halle ( Prusse). * GoRY, chevalier de l'ordre royal de Saint-Ferdinand, capi- taine de cavalerie; rueCastellane, 15. 1835. Goureau, membre de la Légion d'honneur, lieutenant-co- lonel du génie, etc.; à la Maison-Blanche, 7. 1833. Grae[.ls , professeur de zoologie au Muséum d'histoire natr.- relle de Madrid , etc.; à Madrid. 1832. Graslin, propriétaire, à Château-du-Loir (Sarlhe). 1833. Gravenhorst, docteur en philosophie, conseiller privé de m la cour de Prusse, professeur de zoologie et directeur du Musée zoologique de Breslau , etc. ; ii Breslau ( Silésie ;. 1837. Gréville, botaniste, à Edimbourg. 1833. Grey, attaché au Jardin d'horlicuUure de l'empereur Je Russie; à Ropska, près de Saint-Pétersbourg. r.xxs ANNALES 183G. GuÉNEAU d'Aumont, officier au 9^ régiment d'infanterie. 1832. GuÉNÉE , avocat , à Châteaudun ( Eure-et-Loir ). * GuÉRiN-MÉNEViLLE , membre de la Société royale et cen- trale d'agriculture de Paris, directeur-fondateur de la So- ciété cuviérienne, etc.; rue de Seine, 13. 1835. GUTCH, docteur en médecine, à Londres. 1833. Haan ( de), docteur en philosophie, conservateur du Mu- séum d'histoire naturelle de Leyde ( Hollande ). 1840. Haefeli, docteur en médecine, à Baltimore (États-Unis). 1833. Hanson, esq., à Londres. 1835. Heeger , à Mœdling , près de Vienne. 1834. HÉRÉTIEU, contrôleur des contributions directes, membre du conseil général du département du Lot; à Cahors (Lot). 18.39. HoMBRES-FiRMAS (le baron d'), correspondant de l'Insti- tut, etc.; à Alais (Gard). 1833. HoPE, membre de la Société entomologique de Londres, etc.; à Londres. 1838. HoREAU, docteur en médecine et pharmacien principal, à Alger. 1832. HUMBOLDT(Ie baron de), membre des Académies des sciences de Paris et de Berlin, grand'croix delà Légion d'honneur, etc. ; à Berlin. 1834. J URINE , à Genève ( Suisse ). 1838. Kay ( James), à Redwales (Angleterre). 1832. KIRBY, président honoraire de la Société entomologique et membre de la Société linnéenne de Londres, recieur de Barham , etc. ; à Barham ( Angleterre). 1832. KLUG, docteur en médecine, directeur du Muséum d'his- toire naturelle de Berlin, etc. ; à Berlin. 1835. KoLLAR, conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Vienne, etc. ; à Vienne. 1836. KuNZE, professeur de botanique à l'Université de Leipsig; à Leipsig. 1832. LatordAIRE , professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université de-Liége, etc.; à Liège (Belgique). I DE LA SOCIÉTÉ KNTOMOLOGIÇ^UË. i.xxxi 1837. Laferté-Sénectère( le marquis de) , propriétaire, ;\ A/ay- le-Rideau (Indre-et-Loire). 1839. Lamotte-Baracé ( le vicomte do), au chûteau du Coudray, près Chinon (Indrc-et-Loirc), 1833. Lefebure de Cerisy, ingénieur de la marine, ancien amiral de la flotte égyptienne, officier delà Légion d'honneur, etc.; c'i Toulon (Var). * Lefebvre ( Alexandre), ancien correspondant du Muséum d'histoire naturelle de Paris, des Académies et Sociétés sa- vantes de Lille, Catane , Moscou, Barcelone, Madrid; membre honoraire de la Société entomologique de Lon- dres, etc.; au presbytère de Bouchevilliers, et à Paris, rue du Faubourg-Poissonnière, 30. 18îl. Le Guillou, médecin de la marine royale, ctc ; rue Bour- bon-le-Château , 6. 1842. Lenoir, rueNotre-Dame-des-Champs, 20. * Lepelletier de Saint-Fargeau (le comte), membre des Académies de Moscou et de Dijon, etc.; à Saint-Germain- en-Laye (S'.'ine-et-Oise). 1837. Leprieur jeune, chirurgien aide -major à Gigelles (Al- gérie). 1836. Loches (le comte de), membre des Académies royales des sciences et des beaux-arts de Savoie, président de la So- ciété académique de Savoie; à Chambéry (Savoie). 1832. Lucas, membre de la commission scientifique de l'Algérie, employé au Laboratoire d'entomologie du Muséum dhis- toire naturelle de Paris, etc. ; au Muséum. 1837. LucciANi, pharmacien, à Castel-Nuovo (Toscane). 1832. Macquart, membre de plusieurs Sociétés savantes, à Lille ( Nord ). 1833. Mannerheim (le comte), président de la haute cour de justice de Wibourg, grand'croix de l'ordre de Saint-Sta- nislas, chevalier de l'ordre de Saint-Wladimir, de; ;\ Wi- bourg ( Finlande ). 18.35. Marc, négociant, au Havre (Seine-Inférieure). 1832. Marchand, propriétaire, ^i Chartres (Eure-et-Loir . Lxxxii ANNALES 1835. Marseul (de), professeur d'histoire naturelle, à Sainle- Croix-lez-Le-Mans (Sarlhe). 1841. Maymac, capitaine au 2^ de hussards. 1832. Melly, esq., négociant, à Liverpool ( Angleterre). 1832. Merck, membre de la Société Linnéenne du département du Rhône, etc.; à Lyon (Rhône). 1834. Michel, capitaine en retraite, à Toulon (Var). * Milne- Edwards, membre de l'Institut et de la Légion d'honneur, docteur en médecine, professeur d'entomologie au Muséum d'histoire naturelle de Paris, etc.; rue Neuve- Saint-Étienne, 19. 1838. MoNTANDON, secrétaire du conseil de l'administration des postes, membre de la Légion d'honneur, etc., rue des Fossés- Saint-Victor, 19. 1833. Montet de Laroche, percepteur et receveur des contribu- tions à Crucheray-la- Vendôme ( Loir-et-Cher). 1835. Mûrisse , membre de la Société géologique de France, etc. ; à Graviile, près le Havre ( Seine-Inférieure). 1842. Neuwyler (de Dissenhofen ), docteur es sciences et professeur d'histoire naturelle et de mathématiques spé- ciales au collège cantonnai de Glaris , etc. ; à Claris (Suisse). 1833. Newmann, esq., à Londres. 1833. Nodier (Charles), membre de l'Académie française, biblio- thécaire de l'Arsenal, chevalier de la Légion d'honneur, etc.; à l'Arsenal. 1835. OcsivAY (baron deOcSKo), chambellan de l'empereur d'Au- triche, membre de l'Académie des naturalistes de Bonn, de la Société impériale des naturalistes de Moscou, de la Société entomologique de Londres, etc.; à OEdembourg (Hongrie). 1837. Olnhausen, professeur de chimie, à Augsbourg ' Bavière). 1834. Paris, avoué, à Épernay ( Marne). 1833. Passerini, agrégé du professeur de zoologie au Muséum d'histoire naturelle de Florence, etc., i'i Florence ( Toscane). 1837. Pecchioli, ù Pise (Toscane). DE L.\ SOCIÉTÉ KNTOMOLOGKJUE. lxxxiii 1833. Peiroleri (le baron), tnaître auditeur à la cour des comptes de Turin , etc. , à Turin ( Piémont ). 1838. Perris, chef de division à la préfecture de Mont-de-Mar- san, etc., à Mont-de-Marsan (Landes). 1837. Perrochel (le comte de), propriétaire, au château de Saint- Aubin (Sarthe), ou à Paris, quai Voltaire, 15. 1833. PiCTET, professeur de zoologie et d'anatomie comparée à l'Université de Genève, etc.; à Genève (Suisse). 1833. PierreT, rue Corneille, 3. 1840. PiTois (Charles), éditeur, membre de la Société géologique de France, etc.; rue de l'Odéon, 35. * PoEY, avocat à la cour royale de la Havane, directeur du Musée de la Société patriotique, etc.; à la Havane (Cuba). * Rameur, docteur en médecine, à Fontainebleau (Seine-et- Marne). 1834. Ramon DE LA Sagra, à Madrid. 1841. Rasch, docteur en médecine, conservateur du Muséum de Christiana; à Chrisiiana (Norvège). 1835. Reich, docteur en médecine, professeur à l'Université et à l'Académie militaire de Berlin, chevalier des ordres de la Croix-de-fer, de Saint-Wladimir et de la Légion d'hon- neur, etc.; à Rerlin. * Reiche, négociant, rue du Marché-Saint-Honoré, 4. 1835. Reichenbach , professeur et directeur du Muséum d'histoire naturelle du roi de Saxe, docteur en philosophie et en médecine, etc.; à Dresde (Saxe). 1833. Robineau-Desvoidy, docteur en médecine, etc. ; à Saint- Sauveur (Yonne). 1833. ROBYNS, à Bruxelles. * Romand (de), chevalier de la Légion d'honneur, etc.; à Vouvray (Indre-et-Loire). 1840. RoNDANt (Camillo), négociant, à Parme. 1841. Rouget, à Dijon (Côte-dOr). 1833. Sahlberg, docteur en médecine, professeur de l'Académie impériale d'Alexandre, chevalier de l'ordre de Sainl- Wladimir, etc.; à Helsingfors ( Suède ). XI. S rxxxiv ANNALES 183 î. Sans ( Mariano de ), secrétaire de la seclion d'histoire natu- relle de l'Académie royale des sciences et arts de Barce- lone, etc.; à Barcelone. 1842. Saunders de Vandsworth (Williams VVilson), membre des Sociétés linnéenne et entomologique de Londres , etc. ; à Londres. 1835. Saunders (Sydney-Smith), à Londres. 1832. SAVIGNY, membre de l'Institut et de la Légion d'hon- neur, etc.; à la ferme de Galy, près de Versailles (Seine- et-Oise ). 1841. ScHMiD ( le chevalier Louis de ), à Florence ( Toscane). 1837. ScHMiDT, docteur en médecine, à Brème. 1835. ScHOEFFER, doclcur en médecine et en chirurgie , à Ratis- bonne (Bavière). 1832. SCHOENHERR, Conseiller du commerce, chevalier de l'Étoile polaire, etc.; à Skara et Sparresceter (Suède). 183Î. Selys-Longchamps ( de), membre de la Société des sciences naturelles de Liège, etc.; à Liège (Belgique). * Serville (Audinet), membre de la Société impériale des naturalistes de Moscou, etc.; avenue Trudaine, 4. 1832. Silbermann, avocat , directeur du Muséum d'histoire na- turelle de Strasbourg, etc.; à Strasbourg (Bas-Rhin). 1834. Sommer, membre de plusieurs sociétés savantes, à Altona , près de Hambourg. 1833 Spence (Williams), ancien secrétaire pour l'étranger de la Société entomologique de Londres , etc. ; à Florence ( Tos- cane ). 1834. Spence fils (Henry), membre de la Société entomologique de Londres, etc.; à Florence (Toscane). 1835. Spinola ( le marquis Maximilien de), à Gênes (Piémont). 1842. Teisseire , à Nice. * THEis(le baron de), consul de France à Varsovie, membre de la Société des sciences el arts de Saint-Quentin , etc. ; à Varsovie. 1842. Torart, docteur en médecine, membre de la Société lin- DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIQUE. lxxxv néenne du nord de la France, etc.; au Mesnil-en-Arro- naise, près Péronne (Somme). 1838. Trobert, docteur en médecine, chirurgien de première classe de la marine royale, membre correspondant de la Société anatomique et du Cercle médical de Montpel- lier, etc. ; à Brest ( Finistère). 1834. Villa ( Antonio), à Milan ( Lombardie). 1832. ViLLiERS (de), chef de bataillon au 4^ de ligne, etc.-, à Vannes ( Morbihan ). 1840. VuiLLEFROY ( Léon DE ) , employé au ministère de l'inté- rieur, etc., rue Chauveau-Lagarde, 5. 1836. Waga (de) , professeur d'histoire naturelle, etc.; à Varsovie. * WALCKENAER (le baron), secrétaire perpétuel de l'Aca- démie des inscriptions et belles -lettres; membre de la Légion d'honneur, etc. ; rue Laffitte, 45. 1838. Weidenbach (Charles de), docteur en médecine, etc.; à Augsbourg (Bavière). 1838. Wellenberg, docteur en médecine, à Leyde ( Hollande). 1834. Westermann, à Copenhague ( Danemark). 1840. Westring , employé des douanes , à Gottenbourg (Suède). 1833. Westwood, membre des Sociétés linnéenne et entomolo- gique de Londres , etc. ; à Londres. 1841. White (Adam ), aide-naturaliste au Musée britannique de Londres, membre de la Société entomologique de Lon- dres, etc.; à Londres. 1834. Wilson, esq. ; à Edimbourg. 1834. Zanella , à Milan. 1833. Zetterstedt, professeur de zoologie ; à Lund ( Suède). Lxxxvi ANNALES MEMBRES REÇUS Depuis le A janvier i84S jusqu'au 19 avril. 1843. BouviN (Charles), ancien employé du laboratoire d'ento- mologie du Muséum d'histoire naturelle de Paris; rue Montmartre, 105, 1843. Bruyat (Joanny ), à Rouen (Seine-Inférieure). 1843. CouRTiLiOLLES d'Angleville (Madame de), rue Basse du- Rempart, passage Sandrié, 2. 1843. Dumontier, ex chirurgien de la marine royale, chevalier de la Légion d'honneur, etc.; rue Saintonge, 38. 1843. Jekel (Henri), rue du Hasard-Richelieu, 9. 1843. Le Coûteux, employé au ministère de la guerre, etc.; rue des Acacias, 6. 1843. LÉSÉLEUC ( Augustin- Joseph DE ) , chirurgien de la marine royale, etc. ; à Brest ( Finistère). 1843, Loss (Pierre- Joseph), libraire-éditeur, rue Hautefeuille, 20. 1843. Saint-Martin (Paul de), employé au laboratoire d'entomo- logie du Muséum d'histoire naturelle de Paris; rue Neuve- Guillemio, 5. 1843. Signoret ( Victor), étudiant en médecine, rue de Seine, 49. MEMBRES DECEDES Pendant l'année 1842. 1837. Carré , major du génie, etc.; mort à Dijon. 1841, Carreno, professeur à l'Université de Barcelone, etc.; mort à Paris. 1832. GYLLEINHALL , membre de l'Académie des sciences de Stockholm, etc.; mort à Hœberg, près Shara (Suède ). 1842. Langeland (Emile), mort à Paris. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGKJUE. lxxxvu MEMBRES DÉMISSIONNAIRES Pendant l'année 1842. * Castelnau (Laporte, comte de), membre de plusieurs so- ciétés savantes, à Paris. * DoUMERC, docteur en médecine, à Paris. 1838. Langlois-Longueville , chef d'escadron de gendarmerie ; à Bordeaux ( Gironde ). 1834. LepAIGE, ancien député, à Darney (Vosges). 1838. Payer, maître de conférences de botanique à l'école nor- male; à Paris. 1833. Saint-Florent ( Domergue de), propriétaire à Vandœuvre (Meurthe). 1839. Uncher, à Paris. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENÏOMOLOGIOUE. lxxxix ««^\ ««%%«%»«'%%««%%%%%%%«%%%«%«% %v%««\%«^««v«\\««««vx««x««\««x*«%«%\«^%» ERRATA ET ADDENDA DES TOMES Vm, IX, X ET XI. TOIUK HUITIEME. Voyez tome viii , page txxix el suivantes. Page 91 , ligne 5 , au lieu de 1829, lisez : 1839. — 92, — 32 , au lieu de E. Prévost , lisez : Florent Piévo.st. — 93, — 16, «a lieu de nimiatisque , lisez : miniatisqiie. — 93, — 28, a« lieu de d'un rouge carmin , situés, lisez .d'un rouge carmin, situées. — 117, — S, au lieu de Aracnida , lisez : Arachnida — 119, — 13, au lieu de est , lisez : est le. — 119, — 24, au lieu de Hypoplœtea , lisez : Hypoplatea. — 119, — 29, au lieu de Cœcalus , lisez : Cœcalus. — 119, — 30, aw /Jc« rfe Cryptostenrma , /i*ez .• Cryptostemma. — 120, — 11, «M lieu de Hypoplœtea, lisez : Hypoplatea. — 120, — 15 et 16, au lieu de comme nous pensons que ce caraclère a trop de valeur, lisez : comme nous pensons que ce ca- ractère a trop peu de valeur. — 120, — 16, au lieu de Hypoplœtea , lisez : Hypoplatea. — 121 , — 13, au lieu de les Myrmarachnes , lisez : les Mymarachnes. — 122, — 6, au lieu de Palpimanes, lisez .• Palpimanus. — 122, — 27, au lieu de Hemarochne, lisez : Hemarachne. — 123, — 4 et 5, au lieu de Hypoplœtea, lisez : Hypoplatea. — 569, — 22, au lieu de Camer, lisez : Cancer. — 572, — 21, au lieu de donné, lisez : donnée. — 577, — 19, au lieu de irianguli formis, lisez : trianguliformis. — 577, — 2î, au lieu de elongalissimè , tenues, lisez : elongalissimi, tenues. hxxxx ANNALES Page 580, ligne 13, au lieu de épineux , prononcé, Usez : épineux, peu prononcé. — 580, — 25, au lieu de l'angle , lisez ; l'ongle. TOaiE NEUVIÈME. Voyez tome ix , page lxiii. Page 57, ligne 19, au lieu de orné, lisez : armé, TOME DIXIÈME. Page 280, lignes 25 et 26, au lieu de Maximiliana , lisez : Maximiliano. — 280, — 26, au lieu de correspondenza, lisez : corrispondeuza. — 281, — 2, au Heu de noTnicHvs, lisez : HoioTMcnvs- — 283, — 25, au lieu de impressa , lisez : impresso. — 283, — 25, au lieu de auctam, lisez : acutam. — 283, — 26, au lieu de evectam , lisez : erectam. — 285, — 17, au lieu de jïtneds, lisez : jïtnaeus. — 286, — 5, après ces mots les deux autres, ajoutez : extrémités. — 286, — 27, au lieu de à sommet obtus, lisez : à sommet arqué. — 290, — 27, au lieu de retenue , lisez ; rétrécie. — 292, — 18, «M Z/c« É?e evasioribus, /i,srz .- evapioribus. — 292, — 20, au lieu de armatis, lisez : arcuatis. — 294, — 4, au lieu de tT(\cnt.s, Usez : LYGtnKS. — 295, — 4, au lieu de nigropiseus , lisez : iiigropiceus. — 296, — Il et 13, etc. , au lieu de Lygacites, lisez : Lygéites. — 297, — 23, au lieu de extrême, Usez .• externe. — 299, — 9, au lieu de isola sientibus , lisez : violascentibus. — 301, — 2, au lieu de bruneo, lisez : brunneo. — 301, — 4, au lieu de antico, lisez : antica. — 301, — 5, au lieu de prohmde aura , lisez : prohmàe. — 301, — 14, au lieu de Jauger, lisez : Tanger. — 301, — 29, a« /iez/ f/e Scutellecites, //*c^ ; Sculellerites. — 302, — 28, aK Zteu rfe Bagguaglio, /t.ïez .- Ragguaglio. — 302, — 28, «M lieu de pic! , lisez : piu. — 303, — 16 et 17, au lieu de Hyerometra, lisez ; Hydrometra. — 303, — 17, «« lieu de Riebie , lisez : Bubu. — 307, — 7, au lieu de C^eioglossa i.yncea , Ach. Costa , lisez . C^LOCLOSSA tYNCEA , Fabricius. — 307, — 8, aw /iCM c/e Cimex lanatus , tocs .• Cimex lynceus. \ DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGKJUE. LXXXXI TOmE ONZIÈME. Page 45, ligne il, au lieu de glacis, lisez : glaciers. — 66, — 4, au lieu de fustiforme, lisez : fusiforrae. — 95, — 20, au lieu de tel fut le sort de celui dont nous avons à nous entretenir, lisez : tel fut le sort de celui dont nous avons à vous entretenir. — 99, — 25, au lieu de aussi son cours eut le plus grand succès , et dès lors il fut jugé digne, etc., lisez : aussi eut-il le plus grand succès dans son cours , et dès lors fut-il jugé digne, etc. — 100, — 28 , au lieu de en 1861 , lisez : en 1816. — 101, — 9, aa /ieu de quatre livraisons , /t.ycz ; six livraisons. — 121, — 22, «M lieu de ils ont décrit et défiguré , /we^ .• ils ont décrit et figuré. — 149, — 20, au lieu de la chenille du Nopal , lisez : la cochenille du JNopal. — XVI, — 30, au lieu de Lefebvre de Cerisy, lisez : Lefebure de Cerisy. ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. lxxxxih TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOIUME, K Abrœus atomarius , paivulus et puncium. Nouvelles espèces dé- crites par M. Aube. 231. Acanthogenius scapularis. Espèce nouvelle , décrite par M. Rei- che. 343. Achorutes biclanensis . Description de cet insecte aptère qui se trouve en quantité aux environs de Varsovie, par M. Waga. 264. Adapsilia. Genre de Diptères appartenant à la sous-tribu des Do- lichocèresde Macquart, etc.; espèce nouvelle A . coarctata , àècxMe par M. Waga. 279. Anisoplia theicola. Description de ce coléoptère indigène de la Chine, trouvé dans le thé du commerce ; par M. Waga. 273. Antennes (lettre sur l'usage des), par M. Robineau-Desvoidy. xxui. Anthicus recueillis aux environs de Perpignan, et descriptions de quelques espèces nouvelles {A. Antoniœ , Bremei, bnumeus, melanophthalmus, minutus, etc. ; par M. le marquis de la Ferté-Sé- nectêre. 247. Anthocharis chaiionia. Description de ce nouveau lépidoptère , par M. Hugues Donzel. 197. Aptères. Note sur une quinzaine d'espèces nouvelles d'insectes de cet ordre , par M. P. Gervais. XLV. Ascalaphus (communication sur la larve d'une espèce d'), par M. Al. Lefebvre. xvii. Lxxxxiv ANNALES Ateuchus. Note sur le caractère sexuel apparent des espèces de ce genre , par M. Reiche. x. Bombyx philopalus. Description de ce lépidoptère nouveau. 198. Bombyx pini (communication sur le); par M. Pierret. xxvil. Branchipus torvicomis. Nouvelle espèce de Crustacés, décrite par M.Waga. 261. Bulletin entomologique. Année 1842. l^"" trimestre , i. 2® tri- mestre, XV; 3^ trimestre, xxxi, et A^ trimestre, Li. Bureau (membre du) pour l'année 1842. i. Idem pour l'année 1843. LXVI et LXVii. Callimorpha dominula et donna (Note sur les variétés des), par M. Achille Costa. 239. Callislhenes. Note sur ce genre de la famille des Carabiques , par M. Fischer de Waldheim. XLiii. Callisthenes Reichei. Description de celte espèce nouvelle , par M. Guérin-Méneville. XLIV. Cebrio gigas (Note sur une femelle du), par M. Al. Lefebvre, d'après M. de Cerisy. xvi. Cerac/w ( Communication sur les mœurs des), par M. de Vil- liers. XI. Ceratitis. Note sur ce genre de l'ordre des Diptères, par M. le marquis de Brème. 183. Chrysoptera deaurata ( Note sur la ), par M. Pierret. LlV. Cloantha radiosa ( Note sur la ), par M. Duponchel , d'après M. Hugues Donzel. XLiii. Coléoptères nouveaux ( Notes sur quelques ), par M. Aube. 225. Communications, il, m, IV, X, xvi, xx, xxvii, xxxiii, XXXVIII, XLII à XLVIII, LU, LIV, LV à LXII et LXIV à LXVI. Comptes de la Société pour l'année 1842 ( Rapport sur les ). vi. Congrès scientifique de Padoue (Quelques détails sur le), par M. Duponchel, d'après M. Spinola. Llv. Coprophages ( Essai d'une classification méthodique de la tribu des.), par M. Reiche. 59. Coreus phyllomoiplms. Note sur cet insecte, par M. Amyot. LXI. Correspondance, m , xxiii , xxxm , xxxv, lxiii et suiv. I DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. i-xxxxv Dasytes ciliatus. Description de celle nouvelle espèce de coiéop- lèresparM.Graeils; traduile en français par M. L. Fairmaire.221. Deilophila Dahl'd. Voyez Sphinx Dahlii. Derobrachus LevoiturlerL Description de cette nouvelle espèce de Prionien, par M. L. Buquet. 203. Description de deux lépidoptères recueillis en Barbarie par M. le capitaine Gharlon , décrits et publiés par M. Hugues Donzel. 197. Description d'une nouvelle espèce de lépidoptères, par M. Dar- douin. 201. Dianihœcia luteago. Histoire des mœurs et description de la chenille de celte espèce, par M. Graslin. 313. Diraplda nouum inseclorum genus Liviœ proximum. Sp. nou, D. limbata a Dom. Waga. 275. Dlstenia (Note sur une espèce de), par M. L. Buquet. xxxill. Dorcus Lessonii. Nouvelle espèce de coléoptères, par M. L. Bu- quet. 283. Dynastes Jupiter. Voyez Scarabœus Jupiter. Elachista coffella. Communication sur cet insecte nuisible à l'agriculture , par M Guérin-Méneville. ii. Ennomœs illunaria ( Note sur 1') , par M. Guenée. 243. Entomologie de l'Amérique du Nord (Note sur 1'), par M. de Castelnau. xii. Eriopus pteïidis (Description de la chenille de T), par M. Bruand. 37. Errata et addenda des tomes viii, ix, x et xi, p. Lxxxix et suiv. Exochosloma. Description de ce nouveau genre de Diptères, par M. Macquart. 41. Godariia. Observations sur ce nouveau genre de la tribu des Nymphalites, par M. Lucas. 295. Helluomorpha melanaria. Description de cette nouvelle espèce , par M. Reiche. 343. Helluonides (Recherches sur les), ou révision du genre Hclluo Bonelli et Dejean; par M. Reiche. 323. Hexaphyllnm œqxdnoctiale (Note sur 1'), par M. L. Buquet. v. Lxxxxvi ANNALES Hexaphyllum JVesiwoodi , Hope ( Note sur 1'). v. Hydroporus polonicus et Schaumei. Description de ces deux nou- velles espèces par M. Aube. 229 et 345. Hyménoptères ( Lettre sur la synonymie de diverses espèces d'), par M. Maximilien Spinola. xxxv. Langelandia anophihalma. Description de celte nouvelle espèce de coléoptères, par M. Aube. 227. Latrodecius malmignatus . Notice sur divers faits qui confirment la propriété venimeuse de cet insecte, par M. Graells; traduite en français par M. L. Fairmaire. 205. Lectures, ii, m, v, xiv, xix, xxii, xxvii, xxx, xxxiii, xli, XLVIII, LUI, LIV, LXII et LXVI. Liste des membres de la Société entomologique pendant l'année 1842. LXXV. Membres reçus en 1843,lxxxvi. Membres décédés en 1842, lxxxvi. Membres démissionnaires en 1842, Lxxxvii. Lucanus cervus ( Note sur les premiers états du ). par M. de Vil- liers, d'après M. Marchand, xi. Melitœa deione ( Note sur la ), par M. Duponchel , d'après M. Hu- gues Donzel. XLII. Membracides (Système plérologiquedes), par M. Al. Lefebvre.xx. Membres reçus, 1842. il, IV, xx, xxii, xxx, XLix et un, 1843, LXXXVI. Microlépidoptères (Note sur les), par M. Guenée. lv. Musca pumilionis ( Note sur la larve de la ), par M. Guérin-Mé- neville. il. Nécrologie. MM. Ahrens, ii; Audouin, 95; Boisduval (Adolphe), x; Careno, x; Charlon (Augustin), xxxviil ; Langle (Auguste), xxvil, et Magagrosc. lu. Nominations iv, xiv, xx LXVI et suiv. Note pour servir à l'histoire des métamorphoses des coléoptères, par M. Goureau. 173. Notice sur la vie et les travaux de Jean- Victor Audouin, par M. Duponchel. 95. Notice sur un insecte de la famille des Longicornes Purpuricenus Lorcfi, Dup.) ^ar M. E. Blanchard. 49. DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIOUE. ixxxxvii Numeria agaritharia. Description de celle nouvelle espèce, par M. Dardouin. 201. Observalions sur la monographie des Éroif liens de M. Th. La- cordaire, par M. le comte Dejean. 285. Observalions sur une notice publiée sur les Podurelles, dans le n° 64 de la Bibliolhèque de Genève, par M. l'abbé Bourlet. 45. Observations sur un mémoire et une notice de M. Robineau- Desvoidy, insérés dans les Annales de la Société entomologique de France, 1841 , 4*^ trimestre ; par M. Macquart. 165. Ocfpus planipennis et siculus. Nouvelles espèces décrites par M. Aube. 234. OEdemem viridissima ( Note sur 1' ), par M. Westwood. xxx. Omphra complanata. Description de celte nouvelle espèce, par M. Reiche. 342. Orthosia ( Note sur les mœurs des), par M. de Villiers. xi. Ouvrages offerts, i, m, iv, ix, x, xv, xx, xxii, xxix, xxxi , XXXIV, XLI, LI, LUI, LV, LXII, LXVI et LXIX. Pissodes pini {^ote pour servir à l'histoire du), par M. Gou- reau. 53. Planches ( Explication des ). PI. i, p. 27; pi. Il , id.,- pi. m , p. 30 ; pi. IV, p. 38 et 44 ; pi. V et VI , p. 68 ; pi. Vii , p. 190 et 196 ; pi. viii, p. 197, 198 et 201; pi. IX, p 203, 237 et 241; pi. x, p. 219,223, 259 et 260; pi. xi, p. 282; pi. xil, p. 283 et 301; et pi. xiil, p. 311 et 321. Plusia modesta (Communication sur la), par M. Pierret. XLili. Pœdenis lusitanicus. Nouvelle espèce décrite par M. Aube. 236. Ptérologie des lépidoptères ( Communication verbale sur la), par M. Al. Lefebvre. 5. Ptérologie des Lépidoptères (Note sur la), par M. Al. Lefebvre. XVI. Rapporls. vi, xiv etxxxiii. Reduvius serratus (Communication sur le), par M. de Castel- nau. XIII. Scarabœus Jupiter (Communicalion sur le), par M. L. Bu- quet. IV. Lxxxxvm ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Scotophila tragopogonis (Noie sur la), par M. de Villiers. xii. Scxdmenus ladcoUis et munitissimus. Nouvelles espèces décrites par M. Aube. 233. Séances de l'année 1842, l'^^ (5 janvier), p. i. — 2« ( 19 janvier), p. III. — 3« ( 2 février), p. m. — 4*= ( 16 février), p. iv. -5« ( 2 mars), p. IX. — 6^ ( 1 6 mars ), p. x- — 7^ ( 6 avril ), p. xv. — 8^ ( 20 avril ), p. XX. - 9« (4 mai), p. xxii. — \(f (1^' juin), p. xxix.— 11« (6 juil- let), p. XXXI.— 12« (3 août), p. xxxiv. — 13^ (7 septembre), p. XLI— 14^(5 octobre), p. Ll. — lô** (2 novembre), p. lui. — 16*' (16 novembre), p. LV. — 17^ ( 7 décembre ) , p. LXli. — 18'^ ( 21 décembre), p. LXVI. Société entomologique de Stettin (Relations avec la), lui et lxiii. Sphinx cofwoh'uli. Annonce d'un cas d'hermaphrodisme observé sur cette espèce par M. Pierret. liv. Sphinx Dahlii ( Communication sur le), par M. Pierret, XXXVIII et LXiv. Stilbia stagnicola. Notice et description de cette espèce sous ses différents états, par M. Grasiin. 303. Trlplax nigiipennis ( Histoire des métamorphoses du ) , par M. Léon Dufour. 191. Triplax nigiipennis ( Note sur le), par M. Westwood. XXX. Vanessa ichnusa ( Description d'une variété de cette espèce ), par M. Pierret. ui. Zygœna achilleœ ( Communication sur une variété de la ) , par par M. Pierret. xli. Zygœna sarpedon ( Communication sur la ), par M. Duponcbel , d'après M. Hugues Donzel. xLii. Zygœna sarpedon (Observations sur la ), par M. Boisduvai. XLll. Paris.— Imprimerie et Fonderie de RiGMOUX, rue Monsieur-le-Prince , 29 bis. Ifirv. de fa Soc . Entonwfot/içiie de Fritncf /'■<'Mk f Lefebpre de/ ^ J^h'rtHjf/a/f/iù' (/f.i' Zepidoptère^r. Ànli . lie la Jbo. Entoni.olot//o.r.rtl . / /ti •««•./ <'i. O. /lef>ia/lW.//I:mui/i.y ^. ('. . (f. //c/cona . ^ /',i/>i/t:>/i.trij- ./ -'. O'. OeÂ<'/i/HUi\ ,: , Jjin.. de la. Soc-. Snfomoloçùfuc de Jfrance ToTn&^n. M. 3. A. £e/c6j?re- àe/f l. G. Par/uu'sia.r. ApoUo.J 2. ('. £it/'t//>ui . / ./ 3. O. fh/ie^jYi . /luirùua.y ^. û. J(x/)ih'o . / y à. Cr. Hyade,P. /'Jatru.r.y 6". fr. //l'/iCOnta . fMe/pometKy/ r. ^r. J7c>/t'conUl '^/JWenr / . , jinrt d/! la Soc ./Oi/onuià/i/ii/ii)' Je Fra/icf II /'on,rX/.P/ ^ ,/li^ ^ Diimmil III lu' fa , l'or . /ùi/ornolo(/it/iie t/e Fra/ire Tome- ^. PI. ô. 'y. •^/n/i*^ de Brù^teu deZ- . ji, Ihtenfnii *fr . 2 ■ ('o/>r(t'c//,r /i/'//u,iy>/ttivvrf/.r ^. /f/Tt'/ff(/fi />i/<-r/ifi,i' . j'I/i/i .efe /a Joe Kii^t>ino/o//it/ii<' t/t> Franrv Tonifja.J'l .6. JEulaiie de JirieUeit. tlel ■ 1'Pun*èndi jt'- .'/. Ei■ (r/i/jrt/ut/t'/-i/,r ,rfen/t(t/i/m.t â- JI/lt'/Hl7/{U//l Ât(<-)/iù .-/'///. .•/■' /// ,I'l/cVc'/i' /wi/il//li//t)r////Ut'- r/f J'/ .7'ome X/ . ./'/. 7- ]. J. (' . '/','■/,• ,/ii <'. tt/rit>tt/ll ^ .V.tr /^h/ 4 ..Inh-niU' ,/ii ('. huiy>/l/ll./.,i„i.U, ,/iom/>,>i.,/.i/. ,/,i ('./ll,r/lllilll,l Il . l ■ l.iuiu- ,/ii Tn/i/d.f /uifrifit'niii.r . i ./„/,;,n,- . ,i . Mtni./i/'ii/r . V. /.,v-/^ .////////,.//.■.■ ^ /..»//„ Ann-J^ Ta Jot-ttfe- .En/onioIi>i/iijfitc e/e K-micc Tome J(^I ^^l. S ■ Â^/^wrJttHTi^ 1^/ t. Parlant yn^ . 2. J'»o>/ihji/ir p/fi/ofifi/ii.i- Vi^nir/ ,'>.Jr//r/r/t{> lujtrrif/iitrtn ^ /lanftiii'n .IruicTted' de Lr Soc , Enlomolnijfifit^ r/p Fntrirt' To,,,,- XI.P/.O. rq^ .M. j tH^*it ./^9^ ■ I ■ Jhj-ol>rach(t^r l.riioiliirirri o. Bu^fn,/ 'J il li ■ Lmujflduilta anonhl/niliiui Jn/ir 7 t'I (1 ■ C(tIlllllOlfi/l/(U/ii^iir i/r /' iiaiii T„iiu- . 17 . /'/ 10 ■ ]. i.Jnl/nnu- />riiniuuj-. i. .1. Jn/onrœ . ^ . ./../irc/iiti d.'"! /iir.t ■ i..l./inmfili'f) /'«/■ Ji. IM/m/n'/Ù C/iiii ■ ,'>..1.mt/Ut/((,i-. Il . J. l/ir/tllt»fi/l//ui/jtlll.r . h' tl (i/ ■ .mirmit •/nvjif 7..I. iiurfa/>i/i-r Pf/- (^■)/:t/f,f/•,»//<-/'*./■/• ,/A--v/r J], /, Lii (/f /nv/U ■ ,'>./i/. /<■'/<■ //;-.r ^,jr,:i\rif ■ ()' ■ li^ ■ ^ifriuii/iiir mi/itrr/U ■ Aimalor di- /ti .ior . /,/i,/ii'- ,/r l''i;iii,r Towr XI. ni/. IrmUiiur M ■ fi /wi.^ I.r.,.^ ''-^ j li 4 . Bnmchîpn>i' lorvicornuf . H',,i,a 6 II I) ■ ^Jc/toru/e,r Ine/aurn.rur . n\ta ■ ft fi 10 . Jiu,foplrrt flteno/n . fl\ht^ hrnhnhi . Jf'n/r» ■ JJ a 17 . Jdapj'ilni riuiri/itln . Il'n^a . Afin .dey /a, SocUntomoloçiçuc cù' /''raruv 1 J- '/'onif ^ . f'f . /3 Jf^MÊtmt jtu^ . y. J)ora/.i- f.eô\ronà . /itttf. i6. j j :> . >iu f/i i/f.r.ioti.r . .y ïe'te viif Jf /acf ''Inn , de /a Soc.Entonwloffùfue ih^J^rance' TomfJl.Pl.j3. :.^T ^"^fdr ..i^' ^'i, : -f. >" p^é^w^ 1 > /' * V fi-..