* & * % m c ■w : .jt ".y^r -vf JUtv «v ^p- -'...■ i'^ »...,* ^K « *" / '4 ''*^ * ( ; r < r3 ml > pusilla Phil. Hydrobia Andreaei Boettg. » ventrosa Montg. » aturensis Noulet. Fossarulus Lemani Noulet. Hipponyx granulatus Bast. Crepidula unguiformis Lamk. » cochleare Bast. Calyptraea sinensis Desh. » ornata Bast. Natica helicinat Broc. Adeorbis sp. indét. Pyramidella mitrula Férus. » Grateloupi d'Orb. Turbonilla subumbilicata Grat. » plusieurs sp. indét. Neritina Ferussaci Becluz. Phasianella aquensis d'Orb. Turbo sp. indét. Trochus Bucklandi Bast. Clanculus Araonis Bast. — 24 — de toutes ces couches, de plaquettes de calcaire d'eau douce à Planorbis dec/ivis. Quant au substratum de ces diverses formations, il n'est visible actuellement ni dans les berges de l'étang, ni dans celles des divers ruisseaux qui viennent s'y jeter, ni sur les bords de la Douze. Mais il est vraisemblable que l'ensemble de ces diverses assises repose sur le calcaire lacustre qui a été depuis longtemps signalé, à la partie inférieure des cou- ches faluniennes, dans les environs de Lucbardez et notam- ment sur les bords de la Douze au château de Réaut, et dont nous avons retrouvé un affleurement intéressant clans la Monodonta angulatâ Eichw. Tinostoma nana Grat. Fissurella neglecta Desh. » clypeata Grat. Ostrea producta Raulin et D. Anomia ephippium Linné. Chlamys sabstriata d'Orb. Mytilus aquitanicus Mayer. Dreissensia Basteroti Desh. Arca cldihrata Desh. » Noae Linné. Mut. miocenica Coss. et Peyr. » lactea Linné. » papillifera Hœrnes. » barbata Linné. » variabilis Mayer. » turonica Duj. » cardiiformis Bast. Pectunculus cor Bast. Venericardia pinnula d'Orb. Cardita hippopaea Bast. Cardium Benoisti Cossm. Chama prsegryphoides Coss. et Peyr. Meretrix erycinoïdes Lamk. » undata Bast. Circe Deshayesiana Bast. Grateloupia triangularis Bast. Sunelta aturi Mayer. Timoclea subspadicea Coss. et Peyr. Marcia avitensis Cossm. et Peyr. Chione ambiguà Rovereto. Cyrena Brongniarti Bast. Diplodonta trigonula Bronn. Donax transversa Desh. Psummobia affinis Duj. Ervilia pusilla Phil. Mactra Basteroti Mayer. Liitraria angusta Desh. Sphenia anatina Bast. Corbida carinata Duj. mut. Rœrnesi Ben. » rcvoluta Broc. Corbulomya Tournoueri Mayer. Saxicava arctica Linné. Lacina incrassata Dub. » columbella Lamk. » dentata Bast. » omata Agas. Pinces de crustacés. Baguettes d'oursins. Balanus sp. indét. Tinoporus lenticularis Ficht. Operculina complanata d'Orb. Pocillopora raristella d'Orb. Bryozoaires. — 'Zo commune de Corbieu, ainsi que nous le verrons plus tard. Nous avons la conviction que les marnes bleues de la can- tine de Bargries doivent reposer directement sur ce calcaire lacustre. Malgré des recherches persistantes, il nous a été impossible de retrouver ce calcaire lacustre ni dans les environs de Lucbardez, ni, comme nous l'avons déjà dit, dans les environs du château de Réaut. Nous ne saurions mettre en doute son existence, puisque d'autres observateurs en ont constaté la présence et qu'on y a receuilli des espèces nouvelles qui ont été décrites par Noulet, notamment Hélix Perrisi et H. lucbar- dezensis, et que d'ailleurs nous l'avons observé nous même au Moulin de Carreau, ainsi qu'on le verra bientôt. Mais vrai- semblablement il en est des affleurements de ce calcaire aux environs de Lucbardez comme de beaucoup d'autres couches qui ont été visibles autrefois, dans lesquelles on a receuilli beaucoup de fossiles et qu'on chercherait vainement à voir aujourd'hui. La végétation luxuriante des bords des ruisseaux, celle notamment qui couvre les rives de la Douze, est un grand obstacle aux recherches des géologues et des paléonto- logistes. Là, comme ailleurs, il faut avoir la chance d'arriver au bon moment. Quand des exploitations qui mettaient à nu les couches de marnes, de calcaires ou de faluns sont aban- données depuis vingt ou trente ans et plus, c'est en vain par- fois qu'on essaie de les retrouver. Il faudrait, pour pouvoir les observer à nouveau, savoir en premier lieu le point exact ou elles étaient visibles, et ensuite se livrer à de grands tra- vaux de déblaiement pour les remettre à découvert. C'est ce qu'il est presque impossible de faire. En résumé, à la cantine de Bargues, commune de Luc- bardez, nous avons observé, de bas en haut : 1° Une importante formation d'origine iluvio-marine ou saumâtre, constituée par des argiles bleues ou des marnes cal- caires avec intercalation de lignites; 2° Des assises marines composées de lits de sables calcaires, fossilifères ou non, alternant avec des calcaires en plaquettes; — 26 — 3° Une formation d'eau douce, constituée par des plaquettes d'un calcaire à Planorbis declivis V Coupe observée au Moulin de Carreau, commune de Corbieu. (Voir PL II, fig. VIII). Dans la commune de Corbieu, au Moulin de Carreau, on peut relever une coupe qui est certainement la plus intéres- sante de celles que l'on peut rencontrer sur les bords de la Douze. Elle offre cet avantage de mettre sous les yeux de l'observateur toutes les formations de l'Aquitanien sur les bords de cette petite rivière. De bas en haut, on voit, en effet, affleurer les couches suivantes : 1° Calcaire d'eau douce, marneux, noirâtre, à odeur fétide, renfermant de grands Planorbis des Hélix et de nombreux débris de fossiles. La partie inférieure de cette couche est recouverte par les eaux de la Douze et n'est pas visible. La partie qui émerge n'est pas facilement abordable. Elle ne peut être observée que lorsque les eaux de la Douze sont très bas- ses, car la couche n'apparaît qu'au pied d'une falaise qui se dresse à pic au-dessus des eaux de la rivière. Nous sommes allé trois fois au Moulin de Carreau; nous n'avons pu voir qu'une seule fois ce calcaire lacustre. Il est impossible d'en mesurer l'épaisseur; 2° Ce calcaire lacustre est surmonté par une couche sableuse, jaune et bleue, renfermant presque exclusivement des Pota- mides de différentes espèces, des Rissoïa, des Rissoïna, des Neritina. L'épaisseur de cette couche est de 0.60 centimètres environ; 3° Cette couche sableuse à Potamides passe supérieurement à un calcaire bleu, très dur, contenant beaucoup de fossiles — 27 — qu'on ne peut dégager. Ce calcaire n'a que 0.15 centimètres d'épaisseur; (1) 4° Au-dessus, vient une argile bleue à Potamides, d'une épaisseur de 0.40 centimètres; 5° Et un calcaire bleu en tout semblable à la couche n° 3. Ces diverses couchés ne peuvent être vues qu'en pénétrant dans le lit de la Douze, au pied de la falaise, ce qui n'est pos- sible que lorsque la hauteur des eaux le permet. En aucun cas, on ne peut atteindre le point intéressant sans mettre les pieds dans l'eau. 6° Au-dessus de ces couches, dont la plus inférieure est d'origine exclusivement lacustre et dont les autres sont d'ori- gine fluvio-marine, on observe une niasse importante de cal- caire marin en bancs ou en plaquettes d'épaisseurs variables. Ce calcaire est irrégulier dans sa partie supérieure; il forme des rognons, des tubercules. Ces bancs de calcaire sont séparés par des lils de sable calcaire, irréguliers comme le calcaire lui-même. Ces sables forment des poches et renferment beau- coup de fossiles. Ce calcaire et ces sables marins sont visibles au bord de la Douze et tout autour d'un mamelon assez élevé qu'on observe en arrière de la falaise. L'épaisseur de cette formation franchement marine est de huit à dix mètres au moins. (i) Liste des espèces trouvées dans la couche n° 2 de la coupe du Moulin de Carreau. Tornatina Lajonkaireana Bast. Rissoïa clotha Hœrnes. • Ringicula plusieurs sp. indét. Rissoïna pusilla Phil. Ocinebra Lassaignei Bast. Neritina Ferussaci Recluz. Potamides plicatus Brug. » girondicus Mayer. Ostrea producta Raulin et D. » Tournoueri Mayer. Arca cardiiformis Bast. » corrugatus Bast. Cardium Benoisti Cossm. » subclavatulatus d'Orb. Marcia avitensis Cossm. » margaritaceus Brocchi. Ervilia pusilla Phil. — 28 — Dans sa partie inférieure, elle présente, au bord de l'eau une épaisse couche sableuse, de deux mètres environ, dans laquelle on rencontre beaucoup de fossiles de petite taille. • Au-dessus de cette couche de sable se trouve un banc de calcaire assez épais. La partie supérieure de la formation est surtout composée de lits sableux, alternant avec des couches de calcaire en pla- quettes. C'est surtout dans la partie supérieure de ce calcaire marin qu'ont été recueillis les nombreux fossiles dont nous donnons ci-dessous la liste. (1) (i) Liste des espèces recueillies dans les sables marins du Moulin de Carreau. Limnaea Dupuyanat Nou'et. Planorbis solidus Thomae. » declivis Bronn. Ilyalorisia Benoisti Cossm. Actaeon laevigatus G rat. » subglobosus G rat. Tornatina Lajonkaireana Bast. Cyliçhna subangistoma d'Orb. » vasatensis Ben in coll. Terebra pertusa Bast. Conns Mercati Broc. » aquitanicus Mayer. » granuliferus Grat. » 2 sp. indét. Clavatula sp. indét. Pleurotoma canaliculata Bell. in litt. Drillia Geslini Desmoulins. Clatharella Perrisi Ben. in coll. Raphitoma plicatula Jan. » submarginata Bell. » sp. indét. Olivella subclavula d'Orb. var. Mitra incognitat Bast. Cylindromitra sp.? aff. M. obsoleta Broc. Latirus Lynchi Bast. Tudicla rusticula Bast. Melongena Lainei Bast. » comuta Agas. Pollia sp. indét. Jania crassicosta Ben. Nassa cytharella? Fiscb. et Tourn. » tarbellica Grat. » ancillariseformis^ Grat. » sp. indét. Dorsanum angustum Bell. Columbella turonica Mayer. » girondlca Ben. in coll. » corrugata Broc. Murex granuliferus Grat. » Beaumonti Grat. Ocinebra striœformîs Michlt. » Lassaignei Bast. » plusieurs sp. indét. Purpura alternata Bell. Cuma calcarata Grat. » Qrateloupi d'Orb. Coralliophila sp. indét. Triton affine Desh. » olearium Linné. Ranella tuberosa Bon. — 29 — 7° Ce calcaire marin est surmonté par une marne lacustre, jaune, contenant en abondance : Planorbis deçlivù, Hydrobia aturensis, etc. Il est à remarquer qu'entre les couches n os 5 et 6, il existe Pirula concilia Sism. Cyprœa leporina Lamk. » gibbosa Borson. » Brocchil Desh. » pirum Gmel. » sp. indét. Erato lœvis Donov. » Maugeriœ Gray inWood. Triforis perversus Linné. Bittium spina Partsch. Cerithium galllculum Mayer. » fallax G rat. » bllineatum Hœrnes. Potamides pupaeforme Bast. » subclavatulalus d'Orb. » pictus Bast. » plicatus Brug. » girondicus Mayer. » Tournoueri Mayer. » subcorrugatus d'Orb. » margaritaceus Broc. » papaveraceus Bast. Pyrazus lignitarum Eicbw. » blclentatus Grat. Modidus Basterotl Ben. Vermetus arenarius Linné. » intortus Lamk. Turrltella Desmarestina Bast. » lerebralis Lamk. » turris Bast. Pscudomelanla perpusilla Grat. Lacuna sp. indét. Fossarus sp. indét. Rissola scalaris Dub. » curta Duj. Rissola costellata Grat. » Moulinsi d'Orb. » clotho Hœrnes. Stossichla planaxdides Desmoulins. Rissoïna nerina d'Orb. » Bruguierei Payr. » pusilla Pbil. Hydrobia aturensis Noulet. » ventrosa Montg. » Andreaci Boettg. Hlpponyx granidàtus Grat. » Grateloupl d'Orb. Crepïdula unguiformls Lamk. » cochleare Bast. Calyptrœa slncnsls Desh. » ornata Bast. Natica neglecta Mayer. » slsmondlanal d'Orb. » helicina% Broc. Adeorbls planorblllus Duj. Scalarla plusieurs sp. indét. Eulima similis d'Orb. Pyramldelta Grateloupl d'Orb. » mltrula Férus » 2 sp. indét. Odostomia burdlgalensls Ben. in coll. Menestho Fischeri Ben. Turbonilla costellata Grat. » gracilisî Broc. » subumbilicala Grat. » 2 sp. indét. Nerita Plutonis Bast. Neritina Ferussaci Becluz. Phasianella aquensls d'Oib. Trochus Bucklandl Bast. — 30 un important niveau de sources, ainsi que cela peut être observé en beaucoup de points de la vallée de la Douze, à la base du calcaire marin en plaquettes, notamment au Basta, à la cantine de B rgues, au château de Réaut. Les eaux sont Clanculas Araonis Bast. Monodonta angulata Eicliw. Gibbula sp indét. Tinostoma simplex Ben. Emarginala clathrataeformis Eichw. Dentalium burdigalinum Mayer. » Lamarcki Mayer. Ostrea producta Raulin et D. » undata Lamk. Anomia ephippium Linné. Chlamys sp. indét. Mytilus aquitanicus Mayer. Modiola sp, indét. Dreissensia Basteroti Desh. Arca clathrata Desh. » Woae Linné. » variabilis Mayer. » barbata Linné. » cardiiformis Bast. » papiliifera Hœrnes. » turonica Dnj. Pectunculus aqiritanicus Tourn. Venericardia pinnula d'Orb. Cardita elongata? Bronn. Cardium, Benoisf i Cossm. » multicostatum Broc. Chama prsegryphoides Coss. et Peyr. Meretrix undata Bast. Grateloupia triangularis Bast. » difficilis Bast. Sanetta aturi Mayer. Marcia avitensis Cossm. Chione ambigua Rovereto. Timoclea subspadicea Coss. et Peyr. Tapes clandestinus Mayer. Lucinopsis rupestris Broc. Cyrena Brongniarti Bast. Diplodonta rotundata Mont. » trigonula Bronn. Donax transversa Desh. » gibbosula Mayer. Ervilia pusilla Phil. Mactra Isevigata Defr. y> Basteroti Mayer. Eastonia mitis Mayer. Sphenia anatina Bast. Corbula carinata Dnj. mut. Hœrnesi Ben. Corbulomya aquitanica Mayer. » Tournoueri Mayer. Lucina incrassata Dub. » columbella Lamk. » aquitanica Mayer. » leonina Desh. » dentata Bast. » ornata Agas. Balanus sp. indét. Pinces de crustacés. Baguettes d'oursins. Operculina complanata d'O.b. Tinoporus lenticularis Ficht. Madrepora lavandulina Mich. Astrea ellisiana Det'r. Pocillopora raristella d'Orb. Septastrea multilateralis Edw. et Haime. - 31 — retenues par les couches sous-jacentes qui sont d'origine flu- vio-marine et souvent assez argileuses. Après avoir traversé le calcaire marin, franchement sableux et perméable, elles émergent à l'air au contact des couches argileuses, imper- méables. En résumé, la falaise du Moulin de Carreau offre à l'examen une série remarquable et complète des diverses formations qui constituent l'Aquitanien, dans la vallée de la Douze, savoir : A la base, un calcaire lacustre, surmonté par un ensemble de couches d'origine fluvio-marine; Au milieu, une puissante formation marine; Au sommet, une couche d'origine exclusivement lacustre. CONCLUSIONS Les conséquences que nous avons à tirer des constatations faites par nos devanciers et de nos propres observations, dont nous venons d'exposer le détail, sont faciles à préciser; elles ne comportent aucune discussion. En résumé, l'étage aquitanien se compose, dans la vallée de la Douze, de trois séries de couches : 1° A la base, d'un calcaire lacustre; 2° Au milieu, d'un ensemble de couches dont les plus infé- rieures paraissent avoir une origine fluvio-marine, et dont les plus élevées sont franchement marines; 3° Au sommet, d'une nouvelle formation lacustre, constituée principalement par des marnes d'eau douce. Etudions isolément chacune de ces formations l Le calcaire lacustre inférieur est difficile à explorer, comme nous l'avons dit; d'une part, en effet, il n'est plus visible aux points ou il a été étudié autrefois, dans les gisements qui ont — 32 — donné les nouvelles espèces décrites par Noulet, gisements qui avaient été signalés anciennement par le Docteur de Perris, de Mont-de-Marsan, dans les environs de Lncbardez, et qu'on avait retrouvés an château de Réant. Et, d'autre part, au point ou nous l'avons signalé, au Moulin de Carreau, c'est à peine si ses couches supérieures, parfois immergées, dépassent Me 10 ou 15 centimètres le niveau des eaux de la Douze, quand les eaux sont basses. C'est un calcaire marneux, noirâtre, à odeur fétide, dans lequel nous avons recueilli les espèces suivantes : Hélix (Coryda) girondica Noulet. » » » » var. carinata Boettger. Limnaea subpalustris Thomae. » pachygaster Thomae. Planorbis cornu Brongn., var. Mantelli Dunker. Pour nous, ces couches lacustres appartiennent incontes- tablement au Calcaire lacustre blanc de fAgenais, que nous considérons comme l'assise inférieure de l'Aquitanien, malgré la haute autorité de notre savant collègue, M. G. Dollfus, membre honoraire de la Société, qui le range dans le Stam- pien supérieur. Il nous paraît en effet qu'il existe une con- nexion si étroite entre le calcaire blanc de FAgenais, la for- mation marine du Bazadais et le calcaire gris de l'Agenais qu'il ne nous paraît pas possible de les séparer dans la clas- sification. Il nous semble que fa limite entre le Stampien et l'Aquitanien, entre l'Oligocène et le Miocène, doit-être placée entre la Mollasse inférieure de l'Agenais et le Calcaire lacustre blanc qui recouvre cette molasse. La faune dont nous y avons constaté la présence est abso- lument celle du calcaire lacustre blanc de l'Agenais, dans la Gironde, notamment à Noaillan, à Balizac, à Saint-Come, à Cabanac (Gassies), à Saucats (Moulin de Bernachon) et dans d'autres lieux. Au point de vue stratigraphique, la position de ce calcaire, au-dessous du falun de Saint-Avit et des marnes fluvio- - 33 — marines sur lesquelles repose ce falun, vient confirmer les données paléontologiques exposées ci-dessus. A ces divers points de vue, il nous paraît qu'aucun doute ne saurait s'élever sur la classification de ce calcaire qui constitue l'assise inférieure de l'Aquitanien dans la vallée de la Douze. Pins haut, dans les environs de Roquefort, au-dessus du confluent de la Douze et de l'Estampon, sur les rives de FEstampon à Tierrouge, MM. Fallot et Reyt ont signalé des argiles blanches, d'apparence lacustre (1), qui leur ont paru représenter aussi le Calcaire lacustre blanc de l'Ageriâis. A Tierrouge, ces argiles sont recouvertes par des couches ma- rines dont la faune est celle du Falun de Saint- Avit, II Au-dessus du Calcaire blanc de l'Agenais, on voit se déve- lopper, sur les rives de la Douze, un ensemble de couches d'une nature plus complexe. Nous les comprendrons toutes sous la dénomination de Falun de Saint-Avit, en ayant soin toutefois de faire remarquer que, si les couches supérieures de ce falun sont exclusivement marines et contiennent plus spécialement la faune du Basta, les couches inférieures sont d'origine fluvio-marine. Ces couches fluvio-marines sont constituées tantôt par une argile bleue, comme au Basta (voir Fallot, loco citato) où elles contiennent des Mytilus, des Cerithium, Meroe aturi ; tantôt par une mollasse calcaire recouverte d'un sable calcaire, comme à Roquebrune (voir Benoist loco citato) où elles ren- ferment Lucina globulom, des Cerithium, Cyrena Brongniarti, Mytilus aquitanicus; tantôt par un ensemble de couches argi- leuses ou sablo-argïleuses, avec intercalation de lignites, (1) Observations sur le Çrélacé de Roquefort el ses relations avec quelques assises tertiaires affleurant dans cette localité par MM. Fallot et Reyt. — Actes de la Soc. Linneenne, Tome XLIV, p. 353, 1890. Tome LXVI. 3 — 34 — comme à la cantine de Bargues (voir la coupe n° V), où elles offrent une faune prodigieusement riche dans laquelle toute- fois les formes dominantes sont Lucina globulosa, Mytilus aquitanicus, de nombreux Potamides, Neritina Ferussaci et des Hydrobia de diverses espèces; tantôt enfin par une série de couches sableuses, calcaires ou argileuses, contenant pres- que exclusivement des Potamides et des Neritina, comme au Moulin de Carreau (voir la coupe n° VIII, couche n° 2). Cet ensemble de couches présente la plus grande analogie avec les Marnes à Néritines dont on constate la présence dans la Gironde (vallon de Saucats) au Moulin de Bernachon et dans certains points du Bazadais, notamment à Saint-Corne. De même que les marnes à Néritines de La Brède servent de substratum au Grès calcaire ou Falun de Bazas, de même les argiles, les marnes et les sables fluvio-marins de la vJlée de la Douze servent de support aux assises exclusivement marines du Falun de Saint- Avit. Ces dernières couches, comme il résulte des coupes que nous avons décrites ci-dessus, sont formées par des alter- nances de lits sableux, plus ou moins épais, et de calcaires soit en masse, soit le plus souvent en plaquettes. C'est clans les lits sableux que se trouvent les si nombreux fossiles du falun de Saint- Avit proprement dit. Si on compare l'aspect de ces couches exclusivement mari- nes avec celui que présentent, dans la Gironde, les Calcaires ou Grès marins de Bazas, ou sera frappé de l'analogie com- plète qui existe entre l'Aquitanien moyen des Landes et l'Aquitanien moyen de la Gironde. On en tirera cette consé- quence irréfutable que la partie moyenne de l'Aquitanien dans la vallée de la Douze, correspond indubitablement aux Marnes à Néritines de La Brède et au Grès ou Falun de Bazas. 35 — III Les oscillations de la mer aqnitanieime ont été fréquentes dans la vallée de la Douze, comme dans la Gironde. Après le dépôt du Falun de Saint-Avit, la mer s'est retirée et les eaux douces ont envahi la région. Ces eaux douces ont laissé comme dépôts les marnes lacus- tres de la Fontaine des Fées à Planorbis deciivis signalées par M. Fallot, ainsi que les marnes d'eau douce qui recouvrent, au Moulin de Carreau, le falun de Saint-Avit, marnes égale- ment signalées par M. Fallot. En ce point, nous y avons recueilli Planorbis deciivis Br un, Hydrobia aturensis Noulet, Dreissensia Basteroti Desh. Enfin à Canenx, elles ont laissé comme trace de leur pas- sage une marne lacustre noirâtre (coupe n° IV) à odeur fétide, dans laquelle nous avons recueilli les espèces suivantes : Hélix (Coryda) girondica Noulet. Limnaea girondica Noulet. Planorbis cornu Brongn. var. solidus Thomae. En ce dernier point, après le passage des eaux douces, il se produisit un léger retour de la mer et un mélange des eaux marines avec les eaux douces, qui donna lieu à l'apparition d'une faune saumâtre consistant surtout en Cyrènes et Pota- mides (voir la coupe n° IV). Si nous considérons, d'une part, les espèces que nous venons de citer et, d'autre part, la situation stratigraphique de la marne lacustre observée à Canenx, nous devons eu conclure que cette marne lacustre représente ici le Calcaire lacustre gris de l'Agenais, absolument comme la couche fluvio-marine qui la surmonte représente la couche à Cérites et à Cyrènes de la route de Son, à Saucats, laquelle est immédiatement située au-dessus du calcaire gris de l'Agenais. Ce que nous venons de dire de la fréquence des oscillations de la mer aquitanienne dans la région est encore attesté par ce fait, que nous rappelons en passant, que même dans les — 36 — couches franchement marines, on rencontre presque toujours des espèces vivant clans les eaux douces ou saumâtres; comme, par exemple, dans la couche à Sunetta aturi de la cantine de Bargues (coupe n° V) où nous avons trouvé des Planorbes et en abondance des Hydrobies (voir la liste des fossiles de cette couche publiée ci-dessus); comme aussi, dans le falun du Moulin de Carreau, où nous avons recueilli des Planorbes, des Limnées et des Hydrobies* (voir ci-dessus la liste des espèces) ; comme enfin, dans le Calcaire marin de Canenx (voir coupe n° IV), où nous avons aussi trouvé des Limnées, des Planorbes et des Hydrobies. Les rivages de la mer ne devaient pas être bien éloignés des eaux douces pour qu'un semblable mélange de faunes ait pu se produire. En résumé, nous avons donc rencontré dans les affleure- ments aquitaniens de la vallée de la Douze que nous avons observés : Le Calcaire blanc de l'Agenais, à la base ; Le Falun de Saint-Avit, équivalent du Grès ou Falun de Bazas, clans la partie moyenne; Le Calcaire gris de l'A gênais-, à la partie supérieure des affleurements. Au point de vue statigraphique, il y a donc une concor- dance parfaite entre l'Aquitanien de la vallée de la Douze et l'Aquitanien de la Gironde. Il y a non seulement parallélisme des couches mais aussi une remarquable similitude dans la constitution pétrographique de ces couches. Nous terminerons cette note par quelques réflexions sur la faune que nous venons d'étudier. Nous dirons aussi quelques mots de la très grande ressemblance qu'elle présente avec celle des assises aquitaniennes de la Gironde. Les premiers explorateurs qui ont étudié le Falun de Saint- Avit l'ont considéré comme étant du même âge que le célè- bre Falun de Saint-Paul de Dax. Telle était l'opinion de Delbos. Telle était aussi celle de MM. Jacquot et Raulin, si l'on en - 37 — juge par la Carte géologique et par la Statistique géologique et agronomique des Landes. Il nous semble que cette appréciation peut prêter à la criti- que. Car le Falun du Moulin de Cabannes, à Saint-Paul de Dax, est certainement d'un âge plus récent que celui de Saint- Avit. La faune du Basta, dont les affleurements peuvent être considérés comme les plus supérieurs de l'Aquitanien marin de la vallée de la Douze, est bien plus franchement aquita- nienne que celle du Moulin de Cabannes. Elle rappelle la faune du Grès ou Falun de Bazas, surtout celle de Gamachot, à Villandraut; tandis que la faune du Moulin de Cabannes a toutes ses affinités avec celles des Faluns du Peloua et du Moulin de l'Eglise, à Saucats, faluns qui sont avec raison considérés comme les couches les plus inférieures du Burdi- galien, dans la Gironde. Benoist a fait remarquer avec raison que la faune de Saint- Avit est à peu de chose près exactement celle de Lariey, à Saucats; et, après lui, M. Fallot [loco cilato) a exprimé la même opinion, en ajoutant que cette faune paraissait devoir se placer plutôt vers la partie supérieure de l'Aquitanien qui, plus que tout autre étage, dit-il, présente dans le Sud-Ouest une intrication de faciès qui en rend la classification très difficile. Nous nous rangeons bien volontiers à cette opinion, en ce qui concerne le falun proprement dit de Saint-Avit, c'est-à- dire celui du Basta. Il semble en effet qu'il y ait peu de diffé- rence entre la faune du Basta et celle de Lariey; mais nous pensons aussi que la faune de Lariey ne doit pas être isolée de la faune des autres couches aquilaniennes, bien que la couche de Lariey soit séparée du calcaire ou grès marin de Bazas par une assise du Calcaire gris de l'Agenais. Toutes les affi- nités de cette faune sont en effet avec celle du Grès marin de Bazas et non avec la faune du Moulin de l'Eglise. De même, bien qu'il y ait dans la faune du Basta, du moins si on considère la liste des espèces dressée par Benoist [loco citato), un certain nombre de formes franchement burdiga- - 38 — liennes, telles que Ancilla glandiformis, Tudicla rusticuta, Euthriofusus burdigalensis, Cardium burdigalinum, C. girori- dicum, etc., on est obligé de reconnaître que cette faune se rapproche beaucoup plus dans son ensemble de celle des marnes bleues à Liicina globulosa, Cyrena Brongniarti et Potamides ou des sables à Sunetta aturi de la Cantine de Bargues que des faunes burdigaliennes du Peloua et du Moulin de l'Eglise, à Saucats. En d'autres termes, Lariey est encore franchement aquita- nien, de même que le Basta. Et les formes burdigaliennes que l'on rencontre à ces niveaux supérieurs de l'Aquitanien annon- cent une ère nouvelle mais ne permettent pas d'introduire ercore dans la nomenclature une division statigraphique qui n'aura que plus tard sa raison d'être. Enfin l'examen des listes de fossiles que nous avons dres- sées justifie cette proposition que, dans la vallée de la Douze, la faune des couches inférieures de l'Aquitanien (argiles et sables fluvio-marins du Basta, de la Cantine de Bargues et du Moulin de Carreau) correspond à la faune des marnes à Néritines du Moulin de Bernachon, à Saucats, et à celles de Saint-Côme, et en général des dépôts marins du Bazadais, de même que la faune des couches franchement marines (Moulin de Carreau, le Basta) correspond à la faune des couches marines supérieures du Bazadais et à celle de Lariey, dans la Gironde. En terminant, et bien que nos observations n'aient porté ni sur les environ de Roquefort ni sur les environs de Mont-de- Marsan, qu'il nous soit permis de rappeler qu'il résulte de la note de MM. Fallot et Reyt citée plus haut, que l'Aquitanien marin se retrouve aux environs de Roquefort avec le même faciès que nous lui avons trouvé plus bas, et que là, sur la rive gauche de l'Estampon, à la fontaine de ïierrouge, il repose manifestement, ainsi que nous l'avons dit, sur des argiles blanches, probablement d'eau douce, qui constitue- raient l'Aquitanien inférieur (Calcaire blanc de l'Agenais) ; rappelons aussi que, d'après Benoist (loco citato), le Falun de — 39 - Saint-Avit paraît recouvert, dans la direction de Mont-de- Marsan, par des argiles non fossilifères, se rapprochant de celles de l'Armagnac, lesquelles argiles sont elles-mêmes sur- montées par une formation mollassique à Cardita Jouanneti. Si ces dernières superpositions ont été exactement obser- vées, il faudrait reconnaître que, dans la région qui avoisine Mont-de-Marsan, région qui se prête mal à l'étude, entre l'Aquitanien de Saint-Avit et l'Helvétien à Cardita Jouaneti, le Burdigalien serait représenté par des argiles non fossilifères dont la nature et les relations ne sont pas encore bien connus. PLANCHE I Figure 1. — Coupe observée par Benoist, à la fontaine du Basta et au bord de la Douze, tout près de la fontaine. 1. — Sable jaune à Corbulomya Aquitanica. 2. — Mollasse sableuse en plaquettes, avec sable libre intercalé. 3. — Sable très fossilifère : Ostrea undata, etc. 4. — Mollasse calcaire très dure : Corbulomya Tournoueri. 5. — Mollasse à Corbulomya Tournoueri passant à une argile bleue. 6. — Grés calcaire gris en plaquettes. 7. — Sable argilo-calcaire à Sunetta aturi. S. — Mollasse en plaquettes, semblable au n° 5. 9. — Mollasse gréseuse en lits inclinés : Lucina globulosa, Melongena Lainei, Psammobia aquitanica. Figure 2. — Coupe observée par Benoist, à Roquebrune, sur les bords de la Douze (rive droite). 4. — Mollasse gréseuse, semblable au n° 4 de la figure 1. 5. — Grés calcaire en plaquettes ; fossiles rares. 6. — Sable blanc à Sunetta aturi. 7. — Molasse en plaquettes semblable au n° 5. 3. — Sable calcaire avec Potamides, Cyrena Brongniarti, Mytilus Aquitanicus. 9. — Mollasse semblable au n° 9 de la figure 1. Figure 3. — Coupe relevée au Château de Réaut (rive droite de la Douze). 1. — Calcaire lacustre observé anciennement. 2. — Mollasse argilo-calcaire jaune au-dessus de laquelle est un niveau de sources. 3. — Calcaire ou grés marin en plaquettes avec lits de sable intercalés. Figure 4. — Coupe observée à Canenx, en descendant, vers la Douze, la route de Lucbardez. 1. — Calcaire alternativement en bancs durs, épais, et en plaquettes avec lits de sable intercalés. 2. — Sable argileux bleu à Corbulomya Tournoueri . 3. — Marne argilo-calcaire jaunâtre avec rognons calcaires : Corbulomya Tour- noueri, Lucina incrassata, etc. 4. — Marne lacustre, noire : Hélix girondica, Limnsea girondica, Planorbis solidus. 5. — Marnes et Calcaires à Cyrena Brongniarti et nombreux Potamides. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux 1912. T. LXVI Pl. Fo/i/auie cûi Jfccsta. Figure 1 ? c/cs j.ajid/pj heure a TlfyTB 3 iSaùle desLan3e$^ FiifiurE 4 PLANCHE II Figure 5. — Coupe observée à la cantine de Bargues (Lucbarclez), rive gauche de la Douze, sur les bords de l'étang Meynadé. 1. — Marnes bleues a. Lucina globulosa, Mytilus aquitanicus et nombreux Pota- micles. 2. — Sable calcaire sans fossiles. 3. — Sable calcaire à Sunetta aturi. 4. — Calcaire marin gréseux en plaquettes séparées par des lits de sable sans fossiles. 5. — Calcaire d'eau douce en plaquettes, à Planorbis dedans, de la fontaine des fées. Figure 6. — Coupe observée dans le voisinage de la précédente, (même légende que pour la figure 5 ci-dessus) Figure 7. — Autre coupe observée dans le voisinage des deux pré- cédentes. 1. — Marne bleue à Lucina globulosa, Mytilus aquitanicus, etc. Ep. visible : 2 m. environ. 2. — Sable grisâtre avec débris de Mytilus et Potamides. Ep. m 50. 3. — Banc de lignite. Ep. m 20. 4. — Sable pareil au n° 2. Ep. m 50. 5. — Calcaire en plaquettes avec lits de sable intercalés. Figure 8. — Coupe observée au Moulin de Carreau, commune de Corbieu (rive gauche de la Douze). 1. — Calcaire lacustre à Hélix girondica var. carinata. Limnsea subpalus tris, L. pachygaster, Planorbis Mantelli. Ep. invisible. 2. — Sable jaune et bleu rempli de Potamides. Ep. m 60. 3. — Calcaire bleu, très dur. Ep. m 15.' 4. — Argile bleue à Potamides. Ep. n 40. 5. — Calcaire bleu comme le n° 3. Ep. m 15. 6. — Sables calcaires et calcaires stratifiés ou en plaquettes avec lits de sable intercalés, très fossilifères. 7. — Marne lacustre à Planorbis declivis et Hydrobia aturensis. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux 1912. T. LXVI Pl. II. "aJie aïesZajia!êj „ ;#^#^ Figure j A ta.&/Lôsemen.£ c& -Ftajuf /fey/iar/e S Figure 6 •y C/ e il'' Zct/ic/iï Firfure 7 Figure o LAMBERT et LABRIE. iraes et Daléontolooiiies sur le EÉVISIOIT DES ÉCHINIDES FOSSILES DU BORDELAIS PAR J. LAMBERT. Les découvertes paléontologiques incessantes faites aux environs de Bordeaux par divers géologues, notamment par M. Neuville, avaient suggéré à M. l'abbé Labrie l'idée de publier une sorte de supplément aux anciens travaux sur les Echinides fossiles de la région. Sans doute, depuis l'époque, déjà lointaine, où Desmoulins faisait paraître ses Etudes (1), les résultats des principales recherches ont été indiqués par Desmoulins lui-même (2), par Agassiz et Desor (3), par Tour- nouer (i), par Cotteau (5) et par M. Fallot (6); mais on man- (1) Ch. Desmoulins : Études sur les Echinides; in-8°, 520 p. Bordeaux 1835-37. (2) Desmoulins : Spécification et noms légitimes de six Échinolampes; in-8°, 16 p., 3 pi. Bordeaux 1870. — Fragments zoologiques n° IV; in-8°, 18 p. Bordeaux 1872. (3) Agassiz et Desor : Catalogue raisonné des Échinodermes. Paris 1846-47. Cet ouvrage général contient de nombreux renseignements sur les Echinides de la Gironde communiqués aux auteurs par Desmoulins. (4) Tournouer : Recensement des Échinodermes du Calcaire à Astéries; in-8°, 45 p., 3 pi. Bordeaux 1870. (5) Cotteau : Description de quelques Echinides Tertiaires des environs de Bordeaux ; in-8°, 14 p. 2 pi., Bordeaux 1870. — Echinides du terrain Éocène de Si-Palais; in-8°, 38 p. 6 pi. Paris 1883. — Paléontologie française : Terrain tertiaire : Echini- des éocènes, in-8", 2 vol. de texte et 2 vol. de pi. Paris 1885-94. (6) Fallot : Observations sur quelques Scutellidés des terrains tertiaires de la Gironde ; in-8°, 16 p. 2 pi. Bordeaux 1903. — 46 — que encore d'un ouvrage où seraient rappelés tous ces travaux, où seraient décrites les espèces nouvelles et où serait mise au point la liste des Echinides oligocéniques et miocéniques du Bordelais. Même pour l'Eocène, il importe aujourd'hui de mieux préciser le niveau de certaines espèces que Cotteau avait dû laisser dans un vague relatif. Nous avons résolu de combler ces lacunes. M. l'abbé Labrie a bien voulu s'adresser à moi pour la détermination et la description des espèces qu'il a figurées. Je l'en remercie d'autant plus que, poursuivant depuis plu- sieurs années l'étude des Echinides miocéniques en Espagne, en Sardaigne et en France, il était particulièrement intéres- sant pour moi de faire porter mes recherches sur ceux du Sud-Ouest, qui eurent les honneurs des vieilles descriptions de Lamarck, de Grateloup, de Desmoulins et d'Agassiz. Nous adressons ici nos publics et bien sincères remercie- ments à toutes les personnes qui ont bien voulu nous aider dans notre tâche et nous fournir avec tant d'obligeance les matériaux de cette étude, et, en particulier, à MM. Neuville et Rozier, de Bordeaux, à M. le Professeur Fallot, à M. Daleau, de Bourg-sur-Gironde, à M. le Professeur Descamps, de Condom, etc. Sans vouloir entrer ici clans des détails stratigraphiques que je laisse le soin de développer à mon savant collaborateur, je crois indispensable de placer en tête de ce travail un tableau de la succession des assises du Bordelais clans lesquelles ont été rencontrées les espèces d'Echinides décrites. Ce tableau a été dressé en nous inspirant tant des documents anciens et des notes plus récentes de M. Fallot, que de nos observations personnelles. L'intérêt reconnu chaque jour plus considérable des synchronismes établis entre les dépôts des divers bassins géologiques nous faisait considérer comme un devoir de rat- tacher les couches du Bordelais aux divers étages qui doivent être admis dans les terrains tertiaires. Malheureusement leur parallélisme avec les assises des autres bassins tertiaires n'a pu être encore nettement précisé et, tout en protestant contre le système confus qui, sous prétexte d'exactitude, crée des — 47 - étages nouveaux pour chaque région, il nous faut reconnaître que l'attribution des diverses assises aux grands étages ter- tiaires reste, en ce qui concerne l'Eocène, encore provisoire. Les étages tertiaires n'ayant en réalité que la valeur de sous-étages, on peut évidemment, sans grave inconvénient, subdiviser ceux qui offrent une trop grande extension; mais à la condition de conserver toujours les anciens étages et de ne pas s'affranchir des règles imposées par la loi de priorité. C'est en se fondant sur ces règles que MM. Munier-Chalmas et de Lapparent ont établi un essai de nomenclature des ter- rains sédimentaires qui aurait été sans doute universellement adopté, si les auteurs n'avaient parfois violé les principes par eux proclamés, pour obéir à des considérations personnelles, qui auraient dû être rigoureusement écartées (1). Il est évident que certains noms d'Etages, créés pour de petits dépôts sans faune marine bien déterminée, comme le Boldérien, doivent a priori être supprimés, leur maintien ne pouvant que perpétuer des erreurs. Il en est de même des noms proposés pour un lit de galet, où un dépôt sidérolilique. D'autres ne peuvent subsister qu'à titre de dénomination de faciès, comme Sarmatien. A mon avis, les substitutions de Sparnacien à Suessonien, comprenant essentiellement les lignites du Soissonnais, de Sannoisien à Tongrien, sont déplorables; elles invitent tous les géologues à ne tenir plus aucun compte des noms proposés par leurs devanciers; caries prétextes ne manqueront jamais pour se donner la vaine satisfaction des créations nouvelles. Il n'y a guère de gisements un peu éloignés qui contiennent des faunes rigoureusement identiques ; dès lors on aura bien- tôt autant d'étages pour chaque temps unique de sédimen- tation marine qu'il y a de bassins et souvent de localités. Cet amour de la nouveauté nous a déjà valu bien des noms malheureux et une pléiade d'étages si étroitement localisés (1) Munier-Chalmas et de Lapparent : Note sur la nomenclature des terrains sédi- mentaires. Ext. Bull. S. G. cl. F. 3 e sér., T. XXI, p. 438, 1893. — 48 — qu'on ne saurait les retrouver nulle part ailleurs. Ainsi l'Héni- sien, le Ludien, l'Aaschien, le Lédien, le Sextien, le Nicéen et autres, qui iront sans doute rejoindre prochainement dans l'oubli le Castellien, l'Igualadien, le Manrésien et le Rubien. Il faut aller à Lude pour comprendre notamment le ridicule d'un étage Ludien, aussi limité dans sa faune que dans son développement. Il est enfin des noms d'étages que l'on ne saurait admettre : ce sont ceux tirés de localités où le terrain ne renferme aucune fossile caractéristique, ou bien n'est pas en place, dépendant de nappes de recouvrement, dont on ne connaît souvent même pas les racines. Cette dernière considé- ration me décide aujourd'hui, après les travaux de Steinmann (1), à abandonner le terme du Ligurien, Mayer, 1857 (2), pour lui substituer celui de Priabonien, de Lapparent, 1892. Quant au Langhien, Pareto, 1865, il semble avoir les mêmes incon- vénients et il conviendrait de lui substituer le nom de Gar- tennien (3) Pomel, 1869, qui a la priorité sur Burdigalien Depéret, 1892, si dans une étude locale on ne pouvait, au moins provisoirement, conserver un synonyme plus connu dans le Bordelais. Tableau des terrains Tertiaires du Bordelais. Sables et grès à Amphiope bioculata et Scutella pro- \ pinqua du département du Gers f , . Falun de Salles et molasse à Cardita Jouanneti avec Heteroclypeus semiglobus Falun de Saucats à Amphiope œquipetala Falun de Léognàn à Scutella leognanensis Molasse de Gornac à Scutella Bonali. et falun de Martillac, Lariey et Bazas Calcaire à Astéries avec Scutella Agassizi / , Staiiifiieii. Argile à Ostrea longirostris 1 (Dépôts fluviatiles et lacustres) Tongrien. Burdigalien. Aquitaine». (1) Alpen und Apennin. (2) Le Ligurien de Mayer est un complexe confus, paraissait composé en partie de couches triasiques! (3) Admirablement développé aux environs de Ténès (Cartenna). — 49 — Calcaire de St-Estèphe à Sismondia occitàna Priabonîen. (Couches fluviatiles et lacustres) Bartonien. j Couches de Plassac à Echinodiscus „ , l marqinalis Calcaire 1 1 Couches à Echinolampas blaviensis.. grossier ) _ . _., < Couches de la Citadelle à Echino- / Lutetien. de Blaye ^ ... j lampas stellifenis et Calcaire de f St-Palais à Gualtieria Orbignyi I (2) Sables à Nummulites elegans Yprésien. Quelques géologues (M. Boussac) font même descendre le Tongrien jusqu'aux argiles à Nummulites variolarius ; ce serait la confirmation du synchronisme que j'ai proposé dès 1884 (3). Il en résulterait qu'une partie des Echinides décrits par Cotteau comme éocéniques seraient en réalité de l'Oligocène. Au sur- plus des erreurs d'attribution bien plus considérables ont été commises dans la Paléontologie française en ce qui concerne Biarritz, où l'Eocène se termine aux couches de la Côte des Basques; celles du Vieux-Port, de la Roche percée et de la Villa Eugénie appartiennent au Tongrien et les couches supé- rieures du Phare au Stampien. Ainsi s'évanouissent certaines singularités dans la distribution des Echinides signalées par Cotteau, comme la présence de vrais Clypéastres clans l'Eocène. I. ECHINIDES DE L'EOCENE Après les travaux de Cotteau sur les espèces de ce terrain, je n'entends pas en reprendre ici les descriptions détaillées. Je formulerai seulement quelques observations sur certaines (1) L'attribution du Calcaire de Blaye au Lutétien reste provisoire et de nouvelles éludes semblent devoir le rattacher plutôt au Bartonien (Voir p. 111 et suiv.). (2) Il conviendra sans doute de relever l'assise de Si-Palais au niveau de l'assise moyenne de Blaye. (3) Cossmann et Lambert : Elude paléonlologique et stratig-raphique sur le terrain oligocène marin aux environs d'E lampes. — Mém. S. G. d. V. 3 e sér. T. III, tableau de la p. 44. On m'a assez vivement reproché jadis d'avoir fait remonter le Num- mulilique du Sud-Ouest jusqu'au sommet de l'Eocène; il remonte en réalité beau- coup plus haut. Tome LXVI. 4 — 50 — d'entre elles. Pour les autres, je me bornerai a en dresser la liste, en renvoyant aux pages et aux planches de la Paléon- tologie française (1). Cidaris Pomeli Gotteau, 1883. Voir Eoc. II, p. 404, pi. 301, fig. 1, 2. L'espèce, rencontrée à Saint-Palais, a été figurée pi. 301, fig. 1, 2. Cotteau a réuni à son C. Pomeli du Lutétien de St-Palais un segment du Tongrien de Biarritz (pi. 300, fig. 1, 3). Mais la forme plus haute de ce dernier, .ses tubercules plus nom- breux, la présence de petites verrues entre les granules ambu- lacraires et de crénelures obsolètes sur certains tubercules justifieraient une séparation qui doit être opérée, et le rejet de l'espèce dans le Sous-Genre Dorocidaris . Je crois devoir réunir cette espèce oligocène au Dorocidaris subularis d'Ar- chiac (Cidaris). Quant au C. Gourdoni, il ne me paraît pas possible de le confondre, comme Cotteau l'a proposé, avec le C. Pomeli. L'espèce d'Aragon a ses tubercules plus nombreux, subcrénelés, ses scrobicules elliptiques, plus développés, ses granules scrobiculaires plus gros, formant des cercles tan- gents; elle porte enfin six rangs inégaux de tubercules ambu- lacraires. Cidaris Lorioli Gotteau, 1883. Cette espèce a été établie par Cotteau dans ses Echinides du terrain éocène de St-Palais, p. 2, fig. 3, 11, puis décrite à nouveau et figurée dans la Paléontologie française, Eoc. II, p. 415, pi. 302, fig. 16, 22. Elle est surtout connue par ses radioles, et Cotteau ne les a pas séparés sans hésitation du test du C. Pomeli. Il les signale comme rares à St-Palais et aux Docks de Bordeaux, mais assez communs à Blaye. Des radio- (i) Pour simplifier ces cilalions, je mentionnerai cel ouvrage par la mention Eoc. avec le n u du volume, étant bien entendu qu'il s'agit ici des deux volumes publiés par Gotteau : Terrains Tertiaires, Echinides éocènes. — 51 — les analogues ont été retrouvés dans l'éocène de la Loire- Inférieure, à Arthon. J'avais d'abord pensé à réunir ceux que j'ai pu examiner de Blaye au C. Oosteri Laube du Priabonien et du Tongrien du Vicentin; mais un nouvel examen de plus nombreux indi- vidus m'oblige à revenir sur cette détermination. Les radioles du C. Oosteri subfusiformes, ou plus rarement en baguette cylindrique, sont caractérisés par leurs faces inégales : l'une armée d'épines irrégulières, éparses, l'autre ornée de canne- lures subgranuleuses (V. Laube : Echinod. d. Vicentinisch. Tertiargebietes, taf. II, fig. 2). Les radioles assimilés du Ton- grien de Biarritz sont plus cylindriques, avec épines plus acérées. Ceux de Plassac plus courts, plus fusiformes, ressemblent davantage à des grains d'orge; leur collerette est très courte et leur tige garnie de nombreuses saillies spiniformes, épar- ses, avec intervalles chagrinés; anneau saillant, strié; facette articulaire lisse, profondément perforée. Plus rarement le radiole s'allonge en baguette et la tige porte des granules plus serrés, tendant à devenir spiniformes d'un côté. Ces radioles semblent avoir été parfois confondus avec ceux du C. subularis d'Archiac, qui leur ressemblent un peu. En réalité, l'espèce de d'Archiac se distingue par sa forme en plus longue baguette, par ses ornements granuliformes en séries plus régulières, reliés entre eux par un filet, par l'absence plus complète de collerette, par son anneau moins saillant et sa facette articulaire plus étroite. Certains des radioles de Blaye et Plassac, diffèrent du type de St-Palais dont les nervures sont plus marquées et les gra- nules spiniformes moins saillants, mais on en trouve d'autres tout à fait semblables. On a trouvé avec ces radioles un segment presque complet qui appartient probablement à la même espèce. Il indique un Cidarù, voisin du C. Pomeli Cotteau, mais de plus grande taille : Diam. 50 mill. haut 24. Tandis que chez C. Pomeli les rangées de granules ambulacraires sont inégales, les inter- — 52 — nés plus petites que les externes, elles sont égales, chez le C. Lorioli. Dans les interambulacres les tubercules médiocre- ment développés sont au nombre de sept à huit par rangée; le cône s'infléchit vers le scrobicule, formant à la rencontre de ce dernier une arête qui donne naissance au caractère dit du second anneau; ce scrobicule lui-même très étroit, peu profond, légèrement elliptique en dessous, circulaire ailleurs, est réduit à un simple cercle, qu'entourent des granules bien distincts, peu développés; les granules de la zone miliaire sont fins, homogènes, non sériés. Cidaris Belleradei Lambert n. sp. Espèce de moyenne taille, mesurant 22 millim. de diamètre sur 15 de hauteur, assez haute, renflée dans les interam- bulacres et rendue ainsi subpentagonale, avec large apex pen- tagonal, caduc, et péristome arrondi (de 11 millim. de dia- mètre). Interambulacres portant deux rangées de six à sept tubercules peu développés, à scrobicules circulaires, peu pro- fonds entourés de granules à peine plus développés que les autres. Une seule demi-plaque périapicale dans chaque aire présente un tubercule légèrement atrophié. Granules très ser- rés, épars, non sériés, laissant voir les dépressions des sutures, mais moins nettement que chez les Borocidaris. — Ambulacres étroits, ondulant sur une ligne droite, avec zones porifères étroites et interporifères assez larges, garnies de cinq à six rangées de granules, petits, non mamelonnés, serrés, égaux, sauf quelques-uns sur la suture médiane, variciformes, irré- guliers. Cette espèce diffère du C. Pomeli Cotteau par ses scrobicules moins profonds, sa forme subpentagonale et surtout ses ambu- lacres plus onduleux, à zone interporifère plus large, granules plus nombreux et plus réguliers. Sous ce dernier rapport l'espèce se rapprocherait plutôt du C. Grossouvrei Cotteau, mais chez ce dernier, plus circulaire, les plaques sont plus hautes, avec scrobicule plus profond, cercle de granules scro- biculaires plus développés et zone miliaire plus étroite; dans — 53 - les ambulacres les granules de la zone miliaire sont moins nombreux chez C. Grossouvrei. Le C. sabaratensis , aussi plus haut et plus circulaire, a des ambulacres tout à fait différents. On ne saurait davantage confondre notre C. Belleradei avec Dorocidaris Baicherei Cotteau [Cidaris) de l'Eocène de l'Aude. Quant au C. Rossii Oppenheim du Priabonien, également plus circulaire, ses zones interporifères sont différentes, avec leurs deux rangées de granules marginaux et les centraux, irrégu- liers, épars. Localité. — Couches moyennes du Calcaire grossier de Blaye. Etage lititétien. Leiocidaris Oppenheimi Lambert n. sp. Il existe dans l'Eocène toute une série de Leiocidaris, con- fondus par les auteurs sous le nom de Cidaris itala Laube. Pour faire cesser ces confusions, il est indispensable de remon- ter aux origines. L'espèce a été établie par Laube, en 1868, pour un segment et un radiole (1) décrits (p. 9) et figurés (Taf. 1, fig. 3) par lui, et provenant du Priabonien de Sarego. C'est une forme remar- quable par sa grande taille, la finesse et la régularité de sa granulation miliaire. Dames, qui eut le premier à interpréter cette espèce, lui a rapporté un beau fragment avec radioles adhérents du Priabonien de Lonigo (2). Il présente bien les mêmes caractères. M. de Loriol a attribué à l'espèce de Laube un assez grand Leiocidaris, recueilli dans l'Eocène d'Egypte (3) et qui semble bien correspondre au néotype de Lonigo, figuré par Dames. Les erreurs commencent avec Koch, qui a voulu rapporter à l'espèce du Vicentin une forme hongroise à plaques ambu- (1) Ein Beitrag zur Kennlniss der Eehinodermen des VicenLinischen Tertiargebieles. (2) Die Echiniden der Vicentinischen und Veronesischen Tertiaerablagerungen, p. 10, Taf. 1, fig-. 7. — 1877. (3) Eocaene Echinoitféen aus Aegypten und der libyschen Wiiste. 1881. P. 7, taf. 1, fig. 2, 9. — 54 — lacraires beaucoup plus bases et tubercules plus serrés (1). Puis en 1901 M. Oppenheim (2) prend pour type de l'espèce de Laube un individu de la collection de Zigno, provenant d'Altavilla, de moyenne taille, à six rangs de granules ambu- lacraires égaux, granules scrobiculaires saillants et les mil- liaires irréguliers. Cette forme est certainement différente du type de l'espèce. De mon côté j'ai décrit comme L. itala un magnifique indi- vidu de l'Éocène des pentes Est du Montserrat (Barcelone); mais j'ai bientôt reconnu qu'il différait en réalité à la fois du type de Laube et de la. forme assimilée par M. Oppenheim (3). J'ai donc fait de cette forme espagnole mon Leiocidaris montserralensis . Depuis lors M. Fourtau, s'imagïnant sans doute que le type de l'espèce était conforme à l'individu d'Altavilla, a proposé de séparer encore du L. itala l'individu d'Egypte, décrit par M. de Loriol et il en a fait son L. Jovis- Ammonis (4), bien que cet individu fut de tous ceux figurés le plus conforme au type de Laube. On a d'ailleurs retrouvé en Egypte des radioles semblables a ceux figurés par Laube et par Dames, mais M. Fourtau ne les a pas rapportés à son L. Jovis-Ammonis ; il a préféré les identifier au Rhabdocidaris Abbatei Gauthier. On voit à quelle confusion on est arrivé au sujet de cette espèce; sans revenir ici sur toutes les difficultés, je me borne à constater que le L. itala Oppenheim est diffé- rent du L. itala Laube, Dames, de Loriol et je donne au pre- mier le nom de L. Oppenheimi. M. Neuville n'a recueilli qu'un fragment de test de cette intéressante espèce. Ce sont deux plaques interambulacraires de i'ambitus avec la moitié de l'ambulacre correspondant. Cet ambulacre assez large, à pores nettement conjugués, porte (1) Ei-dély o — Terliar — Echinldjei p. 12, lab. V, fig. 9, 10. — 1884. (2) Die Priabonaschichlen und ihre Fauna p. 83, laf. XVII, fig. 3. — 1901. (3) Description des Échinides fossiles de la province de Barcelone, fasc. 1, p. 23, pi. I, fig\ 17, 18 el pi. II, fig. 1, 1902. — Revue de Paléozoologie VI, 1902, p. 204. (4) Fourtau : Notes sur les Échinides fossiles de l'Egypte. 1905. Extr. bull. Ins- titut Egyptien, sér. IV, vol. V, p. 130 et s. - 55 — dans la zone interporifère une rangée latérale de granules mamelonnés et, au centre, trois rangs de plus petits granules; ce qui donnerait pour l'ambulacre entier de sept à huit rangs de granules. Dans Tinterambulacre la base du cône forme un second anneau, qu'entoure un scrobule circulaire. Les granu- les scrobiculaires en oves bien prononcés sont distinctement mamelonnés et les granules miliaires tendent à se sérier. Ces caractères correspondent exactement à ceux attribués par M. Oppenheim à son L. itala (1). Localités. — Calcaire grossier supérieur de Plassac; étage Ijwté- tien. Genre EGHINOPSIS Agassiz, 1840. Le genre Echinopsis a été créé par Agassiz pour une espèce qu'il attribuait à la Craie supérieure de Royan et nommait E. elegans, sans autre description que la diagnose générique : Ambitus circularis. Testa alla, subspherica. Areœ ambulacrales latœ, poris simplicibus . Tubercula perforata, non crenulata. Os minimum. Discus ovarialis parvus, annularis. X. 28 (Catal. systém. p. 9 et 18, 1840). Malheureusement ce moule X. 28 représente sans contestation possible une espèce originaire non du Lutétien de St-Palais, mais du Priabonien du Mécloc et, dès 1837, Desmoulins avait établi pour elle (Etudes sur les Echinides p. 300) son Echinas elegans non figuré et simple- ment décrit comme « charmante espèce » ! Elle avait ses tubercules perforés et finement crénelés, mais le fait d'avoir charmé Desmoulins n'en précisait guère les caractères; aussi fut-elle généralement méconnue et confondue avec d'autres. En 1846, Agassiz, sans autrement le décrire, figure son Echinopsis elegans (Catal. raisonné, p. 50, pi. XV, fig* 5, 6), attribué cette fois au Nummulitique des environs de Royan et identifié à VEchinus elegans Desmoulins du Priabonien, puis il confond avec lui une forme bien différente, VEchinus monilis Desmarest de l'Helvétien. Mais si l'on se reporte à la figure (1) Oppenheim : op. cit. p. 83, pi. XVII, fig. 3. - 56 — donnée et si on la compare au moulage du type primitif X. 28, il est évident que l'on se trouve en présence de la forme du Priabonien, à tubercules perforés et finement crénelés, dont Desmoulins avait fait son Echinns elegans de St-Estèphe. Les deux espèces étaient donc bien identiques, comme le pensait Agassiz qui, simplement mal renseigné sur l'origine du type, avait faussement attribué à la Craie de Royan, puis au Num- mulitique de St-Palais, une espèce du Priabonien du Médoc. Mais alors comment se fait-il qu'Agassiz ait attribué à ses Echinopsis des tubercules incrénelés? Je ne me charge pas d'expliquer son erreur. Ce qui est certain c'est que les quatre Echinopsis du Catalogus systematicus, décrits comme pourvus de tubercules non crénelés, avaient en réalité tous leurs tuber- cules finement crénelés. Il semble donc bien qu'Agassiz, à cette époque, ait considéré comme incrénelés les tubercules pourvus de fines crénelures, visibles seulement à la loupe. Dans ces conditions, il faut de toute nécessité rectifier la diagnose primitive du genre Echinopsis, et lui attribuer des tubercules finement crénelés. Sans doute le genre primitif était assez confus, comprenant le type dépourvu de fossettes, tandis que les trois autres espèces en présentaient. Mais ces dernières, simples variétés de YEchinus radiatus Hœninghaus, ont été séparées depuis des Echinopsis et versées dans le genre Glyphocyphus Haime, 1853. Cependant, dès 1846, Agassiz ajoutait à son genre Echi- nopsis, mais dans une 2 e section, une espèce pourvue de tuber- cules réellement incrénelés, YEchinus Gacheti Desmoulins; malheureusement cette nouvelle espèce, du Lutétien de Blaye, ayant ses pores souvent disposés par triples paires obliques, ne correspondait pas exactement à la diagnose primitive du genre poris simplicibus, et, en 1859, Michelin devait l'en sépa- rer en la comprenant parmi ses Hebertia. C'est une forme dont nous examinerons plus loin les caractères extraordinai- re ment variables. Dans ces conditions le premier type du genre Hebertia Michelin, 1859, précisément caractérisé par ses pores simples — 57 — et ses tubercules finement crénelés, tombe simplement clans la synonymie d' Echinopsis (1). On pourrait toutefois présenter à Fencontre de cette solution des objections qu'il importe d'examiner. On peut en effet d'abord se demander si l'erreur d'Agassiz n'a pas simplement consisté dans l'assimilation de YEchinus elegans Desmoulins, du Priabonien, a son Echinopsis elegans, attribué successivement à la Craie, puis au Tertiaire de Royan. Malheureusement la négative n'est pas douteuse, parce que le type primitif, celui du moule X. 28, figuré au Catalogue raisonné, est, comme je viens de le dire, incontes- tablement l'espèce du Priabonien, décrite par Desmoulins, et qui d'ailleurs se retrouve sur la rive droite de la Gironde, aux environs de Blaye. On pourrait aussi soutenir qu'il existe à St-Palais, près Royan, une forme très voisine de YEchinus elegans et qui aurait été le type primitif du genre Echinopsis (2), mais cette conclusion constituerait encore une simple hypothèse, trop en contradiction avec la citation du Catalogus systemalicus, relati- vement au type X. 28, pour être adoptée. Cette solution n'entraine d'ailleurs pas la suppression com- plète du genre Hebertia. Michelin, en 1859, pouvait en effet distraire du genre l'une des formes <ï Echinopsis et le limiter tout autrement que ne l'avait fait Agassiz..Il pouvait notam- ment distraire du genre l'espèce ajoutée en 1846, ce qu'il a fait; il lui était seulement interdit de placer dans un genre (i) Michelin dans sa Noie a expliqué qu'il créait son nouveau genre en raison .des différences existant d'après lui entre son espèce nouvelle du bassin de Paris et Y Echinopsis elegans, du Bordelais; mais ces différences étaient purement théori- ques et ne correspondaient pas aux caractères du premier type que Michelin a eu le tort de ne pas suffisamment étudier. (2) Lorsque Golteau décrivit, en 1883, les Échinides de St-Palais, il n'y avait évidemment pas renconlré YEchinus elegans du Priabonien; mais il a décrit et figuré un fragment de test, d'une forme très voisine, dont les tubercules portent des crénelures si fines qu'elles ne sont pas perceptibles à l'œil nu. Ne serait-ce pas là le véritable Echinopsis elegans d'Agassiz? Peu importe, puisque ce fragment de St-Palais a ses tubercules finement crénelés, et que, dans celte hypothèse, le premier type d'Hebertia tomberait encore en synonymie d' Echinopsis. - 58 — nouveau l'espèce primitive, devenue depuis 1853 le type uni- que des Echinopsis. Aujourd'hui et depuis la création par Michelin (YHebertia, le genre Echinopsis de la Sous-famille des Tiaridae, et non de celle des Pedinidœ, ne contient donc plus que des espèces a pores disposés par simples paires et tubercules perforés, fine- ment crénelés. C'est en quelque sorte la forme Tertiaire des Pseudodiadema du Secondaire. Le type en demeure YE. ele- gans Desmoulins (Echinus) du Priabonien du Médoc (1). Heber- tia Michelin, 1859, en est un synonyme simplement partiel, comme nous le verrons plus loin. Echinopsis meridanensis Cotteau (Hebertia), 1863. C'est sur la foi de Cotteau que je mentionne cette espèce parmi les Échinides du Bordelais, d'après le fragment par lui décrit et figuré dans ses Echinides de St-Palais (p. 3, pi. 1, fig. 12, 14). Il est d'ailleurs assez singulier que plus tard, soit dans sa liste des Echinides de St-Palais [Bull. S. G. d. F. (3), T. XV, p. 823, 1887), soit dans la Paléontologie française en 1893, Cotteau n'ait plus fait aucune mention de cette espèce dans la région. C'est à cette espèce, E. meridanensis, que devra probable- ment être rapporté l'individu de Minerve (Hérault) que j'ai signalé, en 1905, sous le nom oiiien de St- Estêphe. On la retrouve â Blaye, Pauillac, Roque de Tau et aux diverses localités indiquées par Cotteau. — Eoc. II, p. 272, pi. 271, 272 et 273, fig. 1, 6. (1) Cette indication de localité paraît également erronée, car on n'a jamais retrouvé dans le Véronais rien de pareil à la fig-. 10, tab. III, de Parkinson. Le Sismondia du Vicentin est le S. Ombonii plus petit et à pétales plus inégaux. — 72 - Sismondia bigranularis Lambert, n. spec.- Espôce d'assez forte taille, mesurant 34 millim. de longueur sur 32 de largeur et 9 de hauteur. Voisine du S. occitana, elle en diffère par sa forme générale moins déprimée en dessus, avec bords proportionnellement moins renflés et sur- tout par ses ambulacres, dont les zones porifères sont garnies de très fins granules formant deux petits cordons transverses pour chaque paire de pores. La finesse de ces granules est telle qu'à l'œil nu les zones porifères apparaissent comme des ban- des lisses qui donnent aux pétales de cette espèce un aspect très particulier et différent de celui des pétales du 5. occitana. Localité. — Vertbeuil ; étage Prïabonîeii. Genre ECHINODISCUS Breynius, 1732. (Leske, 1778). Les recherches exécutées dans le Bordelais pendant les der- nières vacances m'ont permis de recueillir certaines espèces en nombre suffisant pour sacrifier quelques individus à l'étude des caractères internes. Les cloisons qui consolident le test des Clypeastroida sont de diverses sortes : tantôt elles consistent en simples contreforts internes correspondant aux bords des aires interambulacraires, par conséquent aux nombre de dix, qui s'avancent plus ou moins à l'intérieur. Ces cloisons simples, semblables à celles de Discoïdes crétacé, sont caractéristiques dans ma Famille des Proscutidœ, tandis que les cloisons sont atrophiées ou nul- les chez les Echïnocyamidee. Parfois ces cloisons radiales se compliquent par la présence de cloisons secondaires, concen- triques, parallèles au bord. Chez certains genres ces cloisons peu nombreuses apparaissent seules (Laganidœ); chez d'autres elles se combinent avec des contreforts, résultant de l'expan- sion des cloisons primitives [Echinarachnidœ). Enfin chez beaucoup des piliers se dressent à l'intérieur des cloisons (Plesianthidœ), ou forment avec elles un réseau plus étendu et compliqué (Dendrasteridce) . — 73 — En étudiant les caractères internes du Sismondia occitana Defrance (Scutella) type du genre, j'ai reconnu que ses cloi- sons étaient simples, du même type que celles de Fihularia. Les vrais Sismondia ne sont donc pas, comme le croyait Cotteau (Eoc. II, p. 261) des Laganidse, mais des Fibularidœ. J'ai également examiné les caractères internes du Scutella marginalis Desmoulins, dont Desor et Cotteau ont fait un Sis- mondia. Or si cette espèce montre des cloisons radiales assez développées, elle présente aussi des cloisons concentriques peu nombrenses, semblables à celles de Laganum. C'est donc un Laganidœ, car l'absence de rosette buccale et de sillons à la face orale ne permet pas d'en faire un Echinarachnidœ. Mal- gré ses bords, souvent très renflés, notre espèce n'est cepen- dant pas un Laganum; elle n'en a ni les sillons ambulacraires, ni l'apex à cinq pores génitaux; mais elle présente tous les caractères des vrais Echinodiscus. Ce genre Echinodiscus, établi par Breynius en 1732, com- prenait à l'origine trois types : le premier circulaire, le second lobé et le troisième pourvu à la fois de digitalion et de lunu- les. L'auteur plaçait en outre clans son genre, mais provisoi- rement une quatrième forme, destinée à former ultérieu- rement un genre différent (1). Ce genre Echinodiscus a été maintenu par Leske (2), qui y ajoute, dans une première section (familia) plusieurs espèces différentes, mais Klein en avait antérieurement séparé (1734-1778) les espèces des deuxième et troisième type, pourvues de digitations, sous le nom de Rotula, et celle destinée par Breynius à former un genre nouveau sous celui d' Arachnoides (3). (1) Ex ultima hac specie non inepte novum genus constitui posset (Schediasma de Echinis p. 64). (2) Quod genus juxta Breynium nominabimus (Additamenta p. 195). (3) Le terme générique Arachnoides appliqué à celle espèce par Klein et aussi par Van Phelsum, bien qu'adopté depuis par les deux Agassiz, ne saurait être main- tenu, parce qu'il exislail antérieurement dans la nomenclature un genre Arachnoides, créé par Linck en 1733 pour une espèce vivante d'Euryale (De stellis marinis, p. 59, 103). Il convient donc de replacer le quatrième type de Breyn dans le genre Echi- narachius, créé par Leske en 1778 (Additamenta p. XX et 218, lab. XX, fig. A, B), pour l'unique Echinarachius placenta Linné (Echinus) et adopté par Gray en 1825. ._ 74 — Gray en 1825 comprend comme Leske le genre Echiho- discus et y place en première ligne la forme circulaire (E. orbicu/aris), qui est précisément le premier type de Breynius. Mais de Blainville, Gray en 1855, Duncan, Cotteau et Alexan- dre Agassiz ont adopté un genre Echinodiscus nouveau, dont ils excluent toutes les espèces du genre primitif (1). C'est une solution évidemment inacceptable. D'Orbigny' et Desor ont voulu limiter le genre Echinodiscus aux formes lobées, deve- nues depuis plus d'un siècle des Rotula, solution également inadmissible. Quant au prétendu genre Echinodiscus de Pomel, il tombe simplement en synonymie d' Echinarachnius Leske. Si donc l'on applique au genre Echinodiscus exactement les règles de la Nomenclature, on lui reconnaît la synonymie suivante : Echinodiscus (pars) Breynius (l re espèce).. 1732. Laganum (pars) Klein 1734. Echinodiscus (pars) Leske 1778. Scutella (pars) Lamarck 1816. Echinodiscus (lre section) Gray 1825 Laganum (pars) Agassiz 1841. Peronella (pars) Al. Agassiz 1872. (1) En réalité de Blainville se bornait à ajouter quelques espèces a l'ancien genre Echinodiscus, qui comprenait toujours le type, E. orbicularis. C'est le Catalogue of the Récent Echinida qui crée le premier un genre Echinodiscus nouveau, dont il exclut les types des genres de Breynius, même de Leske et de Gray, en le limitant aux espèces pourvues de deux lunules ou entailles postérieures. C'était là une solu- tion d'aulant plus inacceptable que depuis quinze ans Agassiz avait créé pour ces espèces son genre Amphiope et les avait ainsi distraites d' Echinodiscus qu'il reje- tait, à tort sans doute, dans la synonymie de Laganum (Monographie des Scutelles, p. 105). L'erreur de Gray pour être manifeste n'en a pas moins été adoptée sans aucune critique par Duncan, qui attribue cependant a Breynius un genre où ce dernier n'a jamais placé rien de semblable à Amphiope. Le genre Echinodiscus d'Alexandre Agassiz comprend des formes toutes étran- gères au genre primitif et séparées du genre modifié par Leske, les unes par Klein depuis plus d'un siècle, l'autre {E. auritus Leske) par Louis Agassiz qui en avait fait en 1841 un Lobophora. Ce genre Echinodiscus nouveau est donc également inacceptable. Leske, qui entendait maintenir le genre de Breynius, n'a pu d'ailleurs considérer comme type de ses Echinodiscus. le Tretodiscus Rumphi Klein (Laga- num), dont il n'a même pas reproduit les figures, qu'il cite en cinquième rang et pour lequel il renvoi, aux planches de Rumpb (tab. XIV, fig. F) et de Seba (tab. XV, fig. 1. 2). - 75 — Je viens d'expliquer qu' Echinodiscus se distingue de Laga- num par l'absence de sillons à la face orale et du cinquième pore génital à l'apex. Quant à Peronella, créé par Gray en 1855 comme sous-genre de Laganum pour l'unique L. Peroni (1), il a de commun avec Echinodiscus l'occlusion du cinquième pore génital, mais il s'en distingue par la position des autres, qui s'ouvrent hors de l'apex. Je renvoie d'ailleurs pour cette discussion à ce que j'ai déjà dit de tous ces genres, en 1906, dans ma Description des Echi- nides fossiles de la province de Barcelone, 2 e partie, p. 124 et suivantes. En résumé notre espèce de l'Eocène de Blaye doit prendre le nom de Echinodiscus marginalis Desmoulins (Scutella), décrit et figuré par Cotteau sous le nom de Sismondia marginalis. P. F. Éoc. II, p. 207, pi. 269, fig. 8, 42 et pi. 270. Très voisine du type du genre, E. orbicularis Leske, vivant de,s îles de la Sonde, l'espèce de Blaye s'en distingue surtout par ses pétales plus ouverts et ses interambulacres remontant plus distinctement jusqu'à l'apex. M. Neuville et moi nous avons recueilli dans le Calcaire grossier supérieur de Blaye de remarquables séries de cette belle espèce; parmi ces individus certains atteignent 42 mill. de longueur sur 40 de largeur. Cotteau a réuni à cette espèce, assez variable dans sa forme et l'épaisseur de ses bords le Scutella tenuissima Agassiz. J'estime ce rapprochement fondé. Localités. — Individus de petite taille rares dans le IiUtétieu infé- rieur de St-Palais et de Blaye (La Citadelle); individus bien développés et abondants dans le Lutétien supérieur à Segonzac, Blaye (Carrière Collinet, tranchée du chemin de fer) et à Plassac. Sondages de St-Julien, St-Yzans, Millesecousses, Blanquefort. (1) C'est évidemment par suile d'une erreur qu'Alexandre Agassiz rapporte à cette espèce le Scutella orbicularis Lamarck, qui appartient d'après toutes les références de figures à la synonymie du Echinodiscus orbicularis. — 76"- Praescutella Degrangei Cotteau 1891. Voir Cotteau : Éoc. II, p. 259, pi. 267. Localité. — Plassac; étage Iiiitctien supérieur Nucleolus Daleaui Cotteau (Echinobrisms); 1887. Cotteau a décrit et figuré cette espèce sous le nom à'Echi- nobrissus Daleaui (Pal. Franc. Éoc. I, p. 484, pi. 128, fig. 9, 13 et pi. 129); mais il en a inexactement indiqué le gisement dans l'Eocène moyen, à Peyredoule, C ne de Besson (Gironde). 11 faut lire Berson près Blaye, localité où affleure seul le cal- caire de St-Estèphe, qui appartient à l'Éocène supérieur, Pria- bonien, J'hésite d'autant moins à proposer ces rectifications que j'ai sous los yeux deux individus recueillis par M. Neuville à Berson, dans le Priabonien. En raison de son péristome nettemeut allongé l'espèce ne saurait être maintenue dans le genre Echinobrisms, ainsi que je l'ai déjà indiqué en 1897 clans ma Note sur les Echinides de la Craie de Ciply (p. 28). Martens a placé une espèce vivante qui présente cet allongement du péristome dans son genre Nucleolus (N. epigonus). L'espèce girondine en diffé- rerait, d'après les figures 2 et 8 de la pi. 129 de la Paléon- tologie française, par la présence de pores doubles au-dessous des pétales et ce caractère justifierait son attribution à un genre nouveau; mais Cotteau n'a pas mentionné dans sa des- cription cette disposition des pores et les individus que j'ai sous les yeux ne permettent pas de l'observer. Dans ces condi- tions il ne me paraît pas y avoir lieu, quant à présent, de séparer génériquement notre espèce du Nucleolus epigonus (1). Oligopodïa Duncan, 1889, dont le type est précisément Nucleo- lus epigonus, est un simple synonyme du genre de Martens, créé en 1866 et formellement adopté par Pomel dès 1883. (1) Si Ton ne partageait pas cette manière de voir notre espèce devrait prendre les noms de Mecostobrissus Daleaui, Mv)-/.o; long, Itojasc bouche et Bp-jaao; espèce d'Échinide. — 77 - Anochanus Graube est pourvu d'un marsupium dorsal qui fait défaut chez Nucleolus Daleaui. Aphanopora de Meijere a son péristome transverse comme celui du Nucleopygus recens. Localité. — Berson; étage Prialionieii. Cassidulus Benedicti Desmoulins, in Cotteau. 1882. • Voir Éoc. I, p. 518, pi. 142, fig. 1, 3. Localité. — Blaye; étage Iiiitétieit. Cassidulus Dublangei Lambert n. sp. Espèce de moyenne taille, mesurant 31 mill. de longueur sur 23 de largeur et 12 de hauteur, allongée, déprimée, se rétrécissant d'arrière en avant, arrondie aux deux extrémités, dont le test est malheureusement un peu usé et la face infé- rieure encroûtée. Face supérieure peu convexe, avant sa plus grande hauteur vers l'apex, qui est très excentrique en avant; face inférieure déprimée d'avant en arrière, renflée sous les flancs. Péristome moins excentrique en avant que l'apex; péri- procte ovale, s'ouvrant à la partie postérieure dans un léger sillon, qui n'échancre pas le bord. Ambulacres semblables, les postérieures peu divergentes, un peu plus longs que les antérieurs, sans cependant attein- dre le niveau du périprocte, avec pétales relativement étroits, lancéolés, ouverts à leur extrémité; zones porifères composées de pores peu différents, les internes ronds, les externes ellip- tiques, paraissant séparés, mais en réalité conjugués, ainsi que cela s'observe sur l'ambulacre impair. Tubercules scrobi- culés très petits et rapprochés. Cette espèce ne saurait être confondue avec aucune autre. C. Benedicti a, en-dessus, ses bords latéraux plus saillants, anguleux; il est moins rétréci et plus largement arrondi en avant. Nucleo/ites depressus Dames, du Lutélien de San- Giovani-Ilarione, plus petit, a un périprocte plus grand, qui remonte beaucoup plus haut, entre les pétales postérieurs. C. testudinarius Brongniart, du même gisement, plus petit, — 78 — moins long, est plus rétréci en avant, plus élargi, renflé et épais en arrière; son apex est beaucoup moins excentrique en avant. Localité. — Blaye; étage Iititétîen supérieur. Echinanthus Desmoulinsi Delbos (Pygorhynckiis), 1846. Voir Cotteau : Eoc. I, p. 566, pi. 162, 163, 164, fig. 1. Cette espèce, dont j'ai pu étudier un grand nombre d'indi- vidus, est encore plus variable que ne le dit Cotteau et dépasse parfois la taille indiquée (1). Certains individus sont beaucoup plus allongés que le type : longueur 78 mill. largeur 60. La largeur proportionnelle des pétales est elle-même assez varia- ble, il en est de même de la hauteur du périprocte et du déve- loppement des phyllodes. Les individus surbaissés, comme celui figuré par Cotteau pi. 164, fig. 1, se rapprochent un peu de YE. heptagonus Grateloup (Nuc/eotites), du Lutétien des Landes, décrit et figuré dans la Paléontologie française sous le nom de E. Delbosi Desor (Pygorhynchus) qui en est un simple synonyme (2). Cependant chez YE. heptagonus, tou- jours de plus petite taille et plus déprimé, le périprocte est situé plus bas et les pétales sont proportionnellement plus courts, moins inégaux. VE. Ducrocqi Cotteau, de St-Palais (Eoc. I, p. 564, pi. 161), un peu plus petit, ne diffère pas suf- fisamment du E. Desmoulinsi pour en être spécifiquement distingué et je n'hésite pas à réunir les deux espèces. Localités. — Blaye, Plassac, St-Palais; étage L-= S ci N ci § On o "3 + w s o DQ < Oh Cidaris Pomeli Colteau — Lorioli Cotteau — Bélier adei Lambert Leiocidaris Oppenheimi Lambert.. . . Echinopsis meridanensis Cotteau. . . . — elegans Agassiz + + + + Hebertia Gacheii Desmoulins. . . . Goniopygus pelagiensis d'Archiac. . . Cœlopleurus Delbosi Desor. . + + + + Tournoueri Cotteau. . . . Salenia Deleaui Cotteau + + + Temnopleurus Neuvillei Lambert . . . Coptosoma cribrum Agassiz Leiopleurus Orbignyi Cotteau . Scutellina blaviensis Cotteau . — fohum Colteau + + + + — Linderi Cotteau + Fibularia Lorioli Cotteau. + + + — Pomeli Cotteau — af finis Desmoulins Sismondia Archiaci Cotteau. . . — testudo Cotteau — Billioti Cotteau + + ■f + + + — occiiana Defrance — bigranularis Lambert. . . . Echinodiscus marginalis Desmoulins. Prœscutella Degrangei Cotteau .... Nucleolus Daleaui Cotteau. . Cassidulus Benedicti Cotteau . Dublangei Lambert Echinanthus Desmoulinsi Delbos . . . — elegans Pavay Plagiopygus carenlonensis Cotteau. . Echinolampas dorsalis Agassiz + + + + + + + -f- + + + + + + + TABLEAU DE REPARTITION DES ESPÈCES NOMS DES ESPÈCES Echinolampas Archiaci Cotieau . . . — Cotteaui Lambert. . . — Linderi Cotteau stelli férus Lamarck . — blaviensis Cotteau . . — similis Agassiz ovalis Bory Benoisti Cotteau. . . . — Touzinï Cotteau. . . . Linlhia Ducrocqi Cotteau — carentonensis Cotteau — Pomeli Cotteau — Neuvillei Lambert — Labriei Lambert — Raulini Cotteau Schizaster Archiaci Cotteau — Cotteaui Tournouer DesMoulinsi Desor — la tus Desor — Fourlaui Lambert An i sas ter Tournouexi Lambret Brissopsis elegans Agassiz Cestobrissus Lorioli Lambert Brissoides Croizieri Cotteau — Degrangei Cotteau — Rozieri Lambert Gualtieria Orbignyi Agassiz Temnaster Grossouvrei Lambert . . . Total des Espèces. G2 80 82 s:; 84 85 S? 81) 1)1 90 1)2 92 92 92 93 93 94 94 95 95 95 99 99 101 102 103 104 105 106 LUTETIEN PL, + DO o „, o~ + + + + + + + — 110 — aux deux assises qui renferment réunies vingt-deux espèces d'Échinides. Dans les couches supérieures de Blaye, caractérisées par l'abondance de YEchinolampas similis et si bien développée soit à Collinet, soit à la petite falaise de Plassac, nous avons rencontré dix-huit espèces d'Echinides, dont cinq seulement existaient dans l'assise inférieure : Fibularia affinis Desmoulins. Echinodiscus marginalis Desmoulins. Echinanthus Desmoulinsi Delbos. Echinôlampas stelliferus Lamarck. — similis Agassiz. La plupart de ces espèces se rencontrent d'ailleurs dans des couches de passage d'une assise à l'autre. IJEchinolampas stelliferus se réduit à un seul individu que j'ai recueilli moi- même à Plassac et Echinodiscus marginalis si abondant dans les couches supérieures est fort rare dans celles inférieures de la Citadelle. Sous le rapport de la répartition des Echinides l'assise supérieure est donc nettement indépendante de celle qui l'a précédé. Enfin l'assise des Calcaires de St-Estèphe renferme dix espèces, dont aucune n'existait dans les assises inférieures. Sur les quarante-cinq espèces d'Echinides rencontrées dans le Blayais et le Médoc trente-et-une sont spéciales à la région, mais dix se retrouvent dans l'assise de St-Palais. Ce sont : Cœlopleurus Delbosi Desor. Fibukwia Lorioli Cotleau. — Pomdi Cotteau. Linthia Ducrocqi Cotleau. — carentonensis Cotteau. Gualtieria Orbignyi Agassiz. toutes provenant des assises inférieures et moyennes de Blaye et deux sont communes à cette assise et à celle de Plassac : Echinodiscus marginalis Desmoulins. Echinanthus Desmoulinsi Delbos. — 111 — deux espèces enfin se retrouvent seulement dans l'assise supé- rieure à Echinolampas similis : Cidaris Pomeli Cotteau. Brissoides Croizieri Cotteau. Cette assise de St-Palais, riche en Echinides, en renferme encore vingt-deux espèces, après suppression de plusieurs de celles citées par Cotteau en 1887 et du Coptosoma Gribrum, considéré comme douteux. Sa faune échini tique, longtemps regardée comme très spéciale, a été attribuée par les auteurs à différents niveaux et placée par M. Vasseur au-dessous de celle des Calcaires de Blaye. C'est l'opinion suivie par tous les géologues bordelais, tandis que M. Douvillé [Bull. S. G, d. F. (i) T. X. p. 58 — 1910) parallélise St-Palais avec St-Estèphe (1). Mais si l'on écoute, suivant la métaphore de Coquand, le lan- gage des Echinides, il semble que la vérité, pour se tenir entre ces opinions extrêmes, se rapprocherait cependant plus de la première opinion que de la seconde. Sans doute la découverte dans les couches inférieures de la Citadelle d'une espèce aussi caractéristique que Gualtieria Orbignyi semble rattacher l'assise de St-Palais à ces couches inférieures; mais il existe huit espèces communes avec les couches moyennes de Blaye et encore quatre communes avec l'assise supérieure de Plassac. L'on arrive ainsi à cette conclusion que l'assise de St-Palais serait synchronique à la fois de la partie supé- rieure de l'assise moyenne de Blaye et de l'assise supérieure à Echinolampas similis. Mais il n'existe aucun rapport, pas une seule espèce commune, entre l'assise de St-Palais et celle de St-Estèphe qui se développe dans le Médoc si près de St- Palais. 11 importerait maintenant de rechercher d'après la répar- tition des Echinides quelle place doivent occuper les assises (i) M. Douvillé a d'ailleurs beaucoup varié sur ces questions de parallélisme et dans sa noie de 1905 il plaçait l'assise de Si-Palais dans le Lulétien moyen, séparé de son assise Bartonienne de SL-Eslèphe par le Calcaire de Blaye (Bull. S. G. d. F. (4), T. V. p. 9 el suiv.). L'année suivante, il synchronise positivement Blaye et La Gourèpe, ce qui me parait inacceptable (op. cit. T. VI, p. 13 et suiv.). — 112 — épcéniques du Bordelais dans la série générale des étages Tertiaires. Malheureusement il est encore bien difficile de comparer aujourd'hui avec quelque précision l'ensemble de la faune Échinitique dont nous venons d'essayer l'étude avec celle des régions voisines, notamment du bassin de l'Àdour, des Pyrénées, de la Provence et de la basse Loire. Ce serait là un travail actuellement prématuré. Cotteau a bien signalé quatre-vingt-six espèces d'Echinides dans les seules falaises de Biarritz, mais il les attribue toutes à l'Eocène et réunit trop souvent des formes du Tongrien des rochers nord à celles nettement éocéniques des falaises du sud, sans tenir suffi- samment compte des observations cependant si précises jadis recueillies par M. de Bouille. Pour tenter une comparaison utile des espèces du Bordelais avec celles de Biarritz, une révision complète et préalable de ces dernières s'impose. J'es- père pouvoir bientôt y procéder et je me propose alors de revenir sur cette question. Je me contente aujourd'hui de constater que pas une des espèces éocéniques du Bordelais ne se retrouve à Biarritz. Les indications quelquefois données d'espèces communes reposent comme nous l'avons vu sur de fausses déterminations. Il y a là un fait en quelque sorte négatif, mais qui me paraît suffisamment explicite pour don- ner immédiatement à penser que les assises du Bordelais cor- respondraient précisément à Biarritz à la puissante assise des marnes grises de la Côte des Basques à peu près complète- ment dépourvues d'Echinides. Ce fait, au premier abord sin- gulier, de l'indépendance complète des deux séries échinitiques du Bordelais et de Biarritz s'expliquerait ainsi facilement par la correspondance des assises riches en Echinides de l'une des régions avec celles pauvres en Echinides de l'autre. Mais c'est là une hypothèse qui m'a paru trop insuffisamment vérifiée pour me permettre de modifier quant à présent la classifi- cation généralement admise des assises du terrain éocène du Bordelais et que dans ce travail j'ai cru devoir provisoirement conserver. — 113 — Il est d'ailleurs intéressant de constater que deux espèces de l'assise moyenne de Blaye, Linthia Raulini Dotteau. Schizaster Cotteaui Tournouer. se retrouvent précisément dans les couches d'Hastingues, aux bords du Gave de Pau, couches qui renferment également d'après Cotteau : Craterolampas Raulini Gotteau, Echinanthus sôpitianus d'Archiac (1), Prenaster Desori Cotteau, Schizaster global us Dames (2) et Brissopsis Raulini Cotteau. On y aurait en outre recueilli, d'après M. Douvillé Ditremastcr nux Desor (3) et le Serpula spirulea. Or deux de ces espèces se retrouvent pré- cisément à Biarritz, l'une au sommet l'autre à la base de la grande assise des Marnes grises dites de la Côte des Bas- ques (i). Il y aurait donc là un argument de plus pour rajeu- nir le Calcaire de Blaye et le placer au niveau du Bartonien. Il y a lieu également de remarquer que malgré sa richesse en Echidides et son plus grand voisinage du Bordelais, le Lutétien moyen à Conoclypeus conoideus de la Chalosse ne renferme aucune espèce qui soit, à ma connaissance, com- mune avec les assises du Bordelais (5). Cinq espèces au con- (1) L'individu figuré dans la Paléontologie française, pi. 195, 196 provenait de Ganneille, un peu en amont de Peyrehorade ; le type du Moulin de Sopite était des marnes grises k Serpula spirulea et les autres individus de Biarritz auraient été recueillis au Cachaou. (2) L'individu figuré par Cotteau est plus ovale, bien moins élargi en arrière que le type oligocénique de Castel-Gomberto, et c'est encore à tort que le savant Echi- nologue a confondu avec ces espèces une autre forme très différente du même hori- zon supérieur de Castel-Gomberto, le S. beloutchistanensis Schauroth. (3) L'espèce est citée à Biarritz (La Gourèpe), en Catalogne, en Provence et à différents niveaux dans le Vicentin. (4) J'emploie cette expression dans le sens étendu que lui attribuent la plupart des auteurs, mais le Comte de Bouille la limitait à la portion de falaise, s'élendanl seule- ment jusqu'à l'Abattoir. (5) Cette faune échinilique de la Chalosse contient : Cidaris subularis d'Archiac B. Dilrèmaster nux Desor B. Conoclypeus conoideus Leske. — Degrangei Cotteau. Echinolampas Thieryi Lambert. Trachyaster Raulini Cotteau B. Echinanthus heptagonus Graleloup. Cyclaster declivis Cotteau B. * Oriolampas Michelini Cotteau. Pericosmus bastennesensïs Cotleau. * — Heberti Cotteau. — complanatùs d'Archiac. Cassidulus Munieri Cotteau. Schizaster pyrenaieus Munief . Tome LXVI. 8 — 114 — traire se retrouvent à Biarritz dans le Lutétien supérieur de La Gourèpe, ce qui s'explique parfaitement dans l'hypothèse où cette dernière assise aurait directement succédé aux cou- ches à Conoclypeus conoideus de la Chalosse. L'indépendance de la faune échinitique des assises du Bordelais par rapport à celles des couches franchement lutétiennes de la Chalosse serait une conséquence toute naturelle de l'âge posllutétien des premières. La faune échinitique des Pyrénées centrales, des Corbières et de la Montagne noire, telle que nous la connaissons, semble s'étendre du Paléocène au Lutétien inclusivement; elle n'a donc que très peu de rapports avec celle de Biarritz, en pré- sente davantage avec celle de la Chalosse, mais reste en grande partie très spéciale. Elle n'offre aucun rapport avec celle évi- demment plus récente des assises du Bordelais. C'est une nouvelle constatation négative tendant encore à faire consi- dérer comme post-lutétienne toutes ces assises du Bordelais. La faune échinitique des assises éocéniques de la Provence bien que décrite par Cotteau dans la Paléontologie française aurait besoin d'être sérieusement révisée, afin que chaque espèce soit replacée dans l'assise où elle se trouve, au lieu d'être vaguement attribuée à l'Eocène. Les éléments de cette révision m'ont été fournis par M. le D r Guebhard et j'espère être prochainement en mesure de publier les résultats de mes recherches. Ces assises de la Provence sont particulièrement intéressantes, parce qu'elles présentent quelques espèces com- munes, les unes avec le bassin de l'Adour, les autres avec Schizaster bucmesensis Colleau. Prenaster alpinus Desor. — Tournoueri Colleau. Macropneustes Grateloupi Lambert B. — Delbosi Colleau. Brissoides gibretensis Tournouer. * — foveatus Agassiz. — Jacquoti Colleau. Parmi ces espèces celles marquées du signe * paraissent provenir d'un horizon très intérieur, probablement Paléocène, dont un lambeau subsiste dans la vallée de la Louis, près de Louer (Voir Hébert : Bull. S. G. d. F. 3 e T. VII, p, 740). Echi- nanthus Delbosi Desor esl un simple synonyme de VE. heptagonus. Mon Macrop- neusles Grateloupi a élé décrit et figuré par Colleau sous le nom de M. brissoides; c'est le Spatangus brissoides Desmoulins (non Leske). Cinq espèces marquées B. se retrouveraient à Biarritz (La Gourèpe). - 115 — celui du Viceutiu. Les rapports avec la faune échinilique plus ancienne des Corbières semblent beaucoup plus incertains (1). L'assise a Serpula spirulea de Vence, qui offre quelques espè- ces communes avec les marnes grises de la Côte des Basques, comme Porocidaris Schmideli Munster, Ditremaster nux Desor, Schizaster Studeri Agassiz, contient précisément : Echinanthus Desmoulinsi Delbos. Echinolampas blaviensis Cotteau. deux des espèces les plus caractéristiques de la faune des couches moyennes de Blaye. C'est là, il faut le reconnaître, un grave et puissant argument pour le rajeunissement des assises éocéniques du Bordelais. Qnant à rechercher les éléments d'un synchronime quel- conque entre ces assises du Bordelais et celles prétendues classiques du Vicentin, c'est aujourd'hui un travail prématuré et à peu près vain. On a bien distingué dans le Vicentin un certain nombre de couches caractérisées par des noms de localités comme San Giovani Ilarione, Ronca, Priabona, Cas- tel Gomberto, mais dans chacune de ces localités, il n'existe pas qu'une seule assise et le départ entre les individus de chacune de ces assises n'a jamais été fait bien sérieusement. Aussi les limites entre les divers étages tertiaires du Vicentin sont-elles tout ce qu'il y a de plus confus. Il suffit pour s'en rendre compte de chercher à dresser la liste des Échinides de l'un de ces étages les plus étudiés, le Priabonien. Le Pria- bonien de M. Oppenheim embrasse un complexe de couches, dont certaines sont évidemment déjà oligocéniques, tandis que d'autres ont des espèces communes avec les assises à Serpula spirulea de la Provence, ou même avec le Lutétien de San Giovani Ilarione (2). Le Priabonien de M. Fabiani ne corres- (1) J'ai déjà dit que YEchinanthus rapporté par Cotteau à YE. scutella Lamarck (Cassidulus) et provenant de la Haule-Garonne, appartenait à une espèce différente (Bull. S. G. d. F. (4) T. VIII, p. 364). (2) Notamment Porocidaris Schmideli Munsler, Cidaris subularis d'Archiac, Echinanthus scutella, Lamarck (Cassidulus). E. bufo Laube, Echinolampas glo- bulus, etc. etc. — 116 — pond pas à celui de M. Oppcnheim et celui de M. Toniolo est encore différent. Il ne me paraît pas possible an milieu de ces confusions d'établir un synchronisme de quelque valeur entre les assises du Bordelais et celles du Vicentin. Les détermi- nations d'espèces données par les auteurs sont d'ailleurs loin d'être incontestables (1) et tant qu'une révision sérieuse des Échinides de l'Eocène et de l'Oligocène du Vicentin ne nous aura pas été donnée par un savant compétent et ayant à sa disposition des matériaux suffisamment étendus, il faut renoncer à établir des parallélismes réellement trop imprécis. On a prétendu qu'il existait des rapports assez étroits entre la faune échini tique du Bordelais et celle de la basse Loire. C-'est à mon avis une complète erreur et une thèse fondée sur de simples hypothèses. On cite en effet comme communes aux deux régions les espèces suivantes : Cidaris Pomeli Cotteau. Sismondia occitana Defrance. Schizaster Archiaci Cotteau. Brissoidcs Croizieri Cotteau. Or le prétendu Cidaris Pomeli d'Arthon consiste en quel- ques rares et petits radioles granulaires, dont l'un crénelé, figuré par Cotteau (pi. VIII, fig. 22, 23) n'appartient même pas au genre, Même les autres ne peuvent être considérés comme identiques au type de St-Palais. En ce qui concerne Sismondia occitana, sa présence, soit dans la Loire-Inférieure, soit dans le Cotentin, est loin d'être sérieusement établie. Il s'agit en effet d'une espèce extrême- ment commune dans le Médoc et très répandue dans toutes les collections. Or l'individu unique sur lequel repose tout cet (i) Tandis que des espèces différentes ont élé confondues sous un seul nom, par exemple celui de Schizaster globulus, des formes identiques onl élé séparées el M. Oppenheim a multiplié à l'excès de prélendues espèces d'Echinolampas, qui devront être réunies. Si j'avais suivi les mêmes errements, j'aurais pu facilement créer une dizaine d'espèces aux dépens de YE. blaviensis et au moins autant avec YE. ovalis. — 117 — édifice de parallélisme a été trouvé au Musée de Nantes (coll. Cailliaud) avec une étiquette portant la mention Campbon. Je n'hésite pas à penser que c'est insuffisant, alors surtout que sur vingt-cinq espèces d'Echinides rencontrés dans l'Eocène de la Loire-Inférieure, aucune autre ne se retrouve dans le Bordelais et que toutes les affinités de la faune de Campbon sont avec le Lutétien inférieur du Bassin de Paris comme le prouve la présence des Lenita patellaris Leske (Echinites). Echinanthus issyaviensis Klein (Scutum). Plagiopygus Gregoirei Cotteau (Pygorhynchus). Maretia grignonensis Desmarets (Spatangus). La présence de Sismondia occitana dans un pareil milieu est nettement improbable et ne saurait résulter que du fait de la découverte de l'espèce en place dans la couche Tertiaire. A l'appui de sa citation Cotteau signalait, il est vrai, ce même S. occitana dans l'Eocène du Cotentin, à Valogne et St-Colombe. Or jamais l'espèce n'avait été citée dans cette région par les auteurs qui ont le mieux exploré ces gisements. Je n'ai moi-même jamais rencontré S. occitana dans le Coten- tin et Cotteau le cite sans aucune référence précise dans deux localités où sa présence semble bien improbable, puisque le gisement de St-Colombe, depuis longtemps gazonné, peut être considéré comme perdu et qu'à Valogne il n'y a pas d'Eocène visible. Enfin à supposer que S. occitana ait réellement été découvert récemment dans le Cotentin, il resterait à savoir quelle assise le contenait; et personne ne nous renseigne sur ce point indispensable pour l'établissement d'un synchronisme précis. C'est donc, à mon avis, sans motif suffisant que l'on a pu considérer 5. occitana comme une espèce commune au Calcaire de St-Estôphe et à d'autres régions. Restent les Schizaster Archiaci et Brissoides Croizieri, qui ne peuvent davantage être regardés comme appartenant à l'Eocène de la Loire-Inférieure. Il s'agit en effet seulement — 118 — de deux moules internes, réellement indéterminables et que Cotteau avait rapprochés des types de St-Palais sous toutes réserves. Il est impossible d'établir un synchronisme sur des faits aussi discutables et incertains, et de compter ces espèces au nombre de celles qui seraient réellement com- munes aux assises du Bordelais et à celles de la Loire-Infé- rieure. TABLE ALPHABÉTIQUE des Echinides éocéniques (1) Amphidetus subcenlralis d'Archiac. . 103 Anisaster Souverbiei Colteau 99 — Tournoueri Lambert. . . 98 Arachnoïdes genre ■ 73 Brissoides Groizieri Cotteau. . . 102 — Degrangei Colleau . 103 — Rozieri Lambert. .. . 104 Brissopsis Desercesi Colteau 100 — elegans Agassiz .... 99 Brissus Bastiee Oppenheim 102 — blaviensis Malheron 102 — dilatatus Dames 102 Cassidulus Benedicti Cotteau.. 77 Dublangei Lambert. 77 Cestobrissus Genre 100 — Lorioli Lambert. . 101 Cidaris Belleradei Lambert. ... 52 — Gourdoni Cotteau 50 — Lorioli Cotteau 50 — Oosteri Laube 51 — Pomeli Cotteau 50 — subularis d'Archiac .....*. 51 Clypeaster slellit'erus Lamarck 84 Cœlopleurus Delbosi Desor ... 66 — Tournoueri Cott. 67 Goptosoma cribrum Agassiz ... 68 Cyphosoma cribrum Agassiz 68 Dorocidaris subularis dArchiac. ... 50 Echinanthus Delbosi Desor 78 — Desmoulinsi Del- bos 78 — Ducrocqi Cotteau.. 78 — elegans Pavày... 79 — heptagonus Grat. .. 78 scutella Lamarck.. 115 — sopitianus d'Arch. . 113 Ecltlnarachnius Genre 73 Echinobrissus Daleaui Colteau 76 Echinocardium subcenlrale Colleau. 104 Echinocyamus Lorioli Colteau 70 Pomeli Colleau 70 Echinodiscus Genre 72 — laganum Parkinson 71 marginalis Des- moulins 75 Echinolampas Genre 79 — Archiaci Coll.. 80 — Beaumonti Agass. 87 — Benoisti Cott . . 91 — biarritzensis Cott. 87 bigadanensis Cott. 91 — blaviensis Cott. 85 — ■ burdiçjalensis Ag. 88 — Cotteaui Lamb. 82 — curtus Agassiz ... 87 — dorsalis Agass . 80 Douvillei Colteau. 81 — ellipsoidalis dAr- chiac 83 — Falloli Colleau. . . 87 — Francei Desmoul. 82 girundicus Math. 88 — Hébert i Coll. (Py- gaulus) 82 — Heberli Colleau.. 82 — lespariensis C. 90 — Linderi Colleau. 83 — lucifer Lambert . 87 nucleus Math.. 91 — ovalis Bory .... 89 — politus Lamarck.. 82 — Quensledli Oppen. 83 — similis Agassiz. 87 stellif erus Lk. . 84 Thieryi Lambert. 80 — Touzini Colleau. 90 (1) Les espèces éludiées de l'Éocène du Bordelais sont en caractères gras, celles citées d autres régions ou terrains en caractères italiques et les synonymes en caractères ordinaires. 120 Echinopedina Genre 61 — Gacheti Cotleau 61 Echinopsis Genre 55 — Degrangei Colteau ... 64 — elegans Desmoulins. 58 — meridanensis Coït. 58 Eehinus elegans Desmoulins 55 — : Gacheli Desmoulins 60 Euspalangus Groizieri Colleau 102 — Degrangei Colleau .... 103 Fibularia affinis Desmoulins ... 70 — Lorioli Colteau 70 — Pomeli Colteau 70 Goniopygus pelagiensis d'Ar- chiac 67 Gualtieria Orbignyi Agassiz . . . 105 Hebertia Genre 60 — Gacheti Desmoulins . . 65 — meridanensis Cotleau... 58 Leiocidaris itala Laube 53 Jovis Ammonis Four- tau 54 montserratensis Lam- bert 54 — Oppenheimi Lamb. 53 Leiopleurus Orbignyi Colleau. 69 Linthia carentonensis Colleau. 92 — Colleaui Colteau 94 — Ducrocqi Colleau 92 — Labriei Lambert 93 — Neuvillei Lambert 92 — Pomeli Colteau 92 — Raulini Colleau ........ 93 Macropneustes brissoides Coït.. 114 Grateloupi L. 114 Nucleolus Genre 76 — Daleaui Colleau 76 Periaster blaviensis Matheron 97 — Cotteaui Tournouer 94 — Desmoulinsi Desor 95 — Raulini Cotteau 93 — Souverbiei Cotteau 99 Plagiopygus carentonensis C. 79 Plagiopneustes Genre 104 Praescutella Degrangei Cott.. . 76 Psammechinus Orbignyi Colteau ... 69 Pygaulus Heberli Colleau 82 Rhabdocidaris Abbalei Gauthier.... 54 Salenia Daleaui Cotteau '. 67 Schizaster ajkaensis Oppenheim. 98 Archiaci Cotleau ... 94 — beloutchistanensis Schaurolti 113 — Cotteaui Tournouer. 94 — Desmoulinsi Desor. 95 — Fourtaui Lambert. . 95 latus Desor 95 lucifer Lambert 97 — Studeri Agassiz 97 Sculella lenuissima Agassiz 75 — marginalis Desmoulins 75 — oecilana Deiïance 71 Scutellina blaviensis Colleau.. 69 — folium Colleau 69 — Linderi Cotleau 69 Sismondia Archiaci Colleau ... 70 bigranularis Lamb. 72 Billioti Colleau 70 — girundica Matheron.. . 71 marginalis Cotleau.. . . 75 — occitana Defrance.. . 71 — testudo Cotteau 70 Temnaster Sous-Genre 105 — GrossouvreiLamb. 106 Temnopleurus Neuvillei Lamb. 67 PLANCHE I Fig. 1. — Cidaris Belleradei Lambert, de Blaye, rue des Maçons (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 2. — Le même, vu en dessous. Fig. 3. — Le même, vu de profil. Fig. 4. — Leiocidaris Oppenheimi Lambert, tranchée de Plassac (coll. Neuville), fragment. F 1G . 5. _ Hebertia Gacheti Desmoulins (Echinus). Variété à pores simples, de Segonzac (coll. Lambert), vu en dessus. Fig. 6. — Le même, vu en dessous. Fig. 7. — Cœlopleurus Toumoueri GoLleau, de Blaye, rue des Maçons (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 8. — Hebertia Gacheti Desmoulins (Echinus). Forme normale à pores pseu- dotrigéminés, de Blaye, rue des Maçons (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 9. — Le même, vu en dessous. Fig. 10. — Echinopsis elegans Desmoulins (Echinas), de Vertheuil, le Parc (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 11. — Le même, vu en dessous. Fig. 12. — Temnopleùrus Neuvillei Lambert, de Blaye, Gollinet (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 13. — Le même, vu en dessous. Fig. 14. — Le même, vu de profil. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux. T. LXVI Pl. I. 10 H J Echinides du Bordelais — Espèces éocènes. PLANCHE II Pig. 1. — Eehinolampas similis Agassiz. Indiv. à quatre ambulacres, de Blaye, la Cave (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 2. — Sismondia bigranularis Lambert, de Verlheuil, le Parc (coll. Lambert), vu en dessus. p IG . 3. _ Cassidulus Dublangei Lambert, de Segonzac (coll. Neuville), vu en dessus. Pig. 4. — Le même, vu en dessous. Fig. 5. — Linthia Raulini Cotteau, de Blaye, rue des Maçons (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 6. — Linthia Labriei Lambert, de Blaye, rue des Maçons (coll. Neuville), vu en dessus. — (La partie inférieure est arrondi» comme dans les autres Linthia, l'individu représenté étant simplement endommagé à cet endroit). Pig. 7. — Le même, vu de profil. Fig. 8. — Linthia carentonensis Colleau, de Blaye, tranchée du chemin de fer (coll. Neuville), vu en dessus. Fig. 9. — Le même, vu de profil. Fig. 10. — Linthia Neuvillei Lambert, de Blaye, rue des Maçons (coll. Neuville), vu en dessus. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux. T. LXVÏ Pl. II. Echinides du Bordelais — Espèces éocènes. PLANCHE III. FlG. 1 FlG. 2 FlG. 3 FlG. 4 FlG. 5 FlG. 6 FlG. 7 FlG. 8 FlG. 9 FlG. 10 Schizastei* Fourtaui Lambert, de Segonzac (coll. Neuville), vu eu dessus. Le même, vu en dessous. Le même, vu de profil. Gualtieria Orbignyi Agassiz, de Blaye, carrière de l'octroi (coll. Neu- ville), vu en dessus. Le même, vu en dessous. Temnaster Grossouvrei Lambert, de Blaye, rue des Maçons (coll. de Grossouvre), vu en dessus. Le même, vu en dessous. Cestobrissus Loribli Lambert, de Blaye, nie des Maçons (coll. Neu- ville), vu en dessus. Le même, vu en dessous. Le même, vu en avant. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux. T. LXVI Pl. III. Echinides du Bordelais — Espèces éocènes. CE M L 1 Suite ( 1 ) MM. COSSMANN et PEYROT Cénacle : ASTARTACEA Dali, 1903. Fam. CRASSATELL1D.E Gray, 1840. (= Crassatellitidse Dali, 1895). Coquille epidermée, épaisse, subéquivalve, elose, inéquila- térale, subtrigone ou arrondie, habituellement plus ou moins rostrée, crochets comprimés, saillants, prosogyres; lunule dis- tincte, plateau cardinal large, ligament externe ou interne plus ou moins obsolète, résilium interne logé dans une large fossette; 3 a plus ou moins obsolète, 1 saillante, formant avec 3;,, plus faible, un angle aigu; 2 a plus forte et plus longue que 2;,, lamelles antérieures non constantes, lamelles posté- rieures bien développées; impressions des adducteurs profon- des, ligne palléale entière, bord des valves crénelé ou non. Les Crassatellidœ ont été parfois rapprochées des Mactridae à cause de leur large fossette ; il est à remarquer, en effet, que l'évolution de la charnière a été semblable dans ces deux Familles, leurs premières formes crétaciques ont un petit résilium placé prés du ligament marginal, ensuite le résilium s'accroît et s'immerge de plus en plus et l'on arrive aux formes typiques, à ligament obsolète et à résilium complètement enfoncé. Mais il y a là un simple phénomène de convergence, Panatomie de l'animal rapproche les Crassaiellidse des Carditîdse auprès desquelles on s'accorde à les placer aujourd'hui. (1) V. Actes de la Soc. Linn. de Bord., 1911, tome LXV, p. 51 el s. — 122 — M. Dali, faisant, ainsi qu'on le verra ci-après, disparaître de la nomen- clature le nom Crassatella Lk. qu'il remplace par Crassatellites Krûger, s'est cru obligé, de changer aussi le nom de la Famille en celui de Crassatellitidae. Alors même que l'on ferait passer Crassatella en syno- nymie, il n'y aurait pas, à notre avis, un motif suffisant pour changer le nom de la Famille, au mépris de toutes les lois de priorité. Le seul Genre que nous ayons à cataloguer est le G. Crassatella et sa Section Crassinella. Les formes ancestrales du Crétacé supérieur n'ont pas été encore complètement élucidées, de sorte que nous n'avons pas les éléments nécessaires pour les différencier génériquement de Crassatella (Remôndia Gabb, Eriphyla Gabb, Scambula Conrad). CRASSATELLA Lk. 1801. (= Crassatellites Kriiger, 1823; = Paphia pars Lk. = Pachytœrus Conrad, sec. Dali). Crassatella .9. str. — Coquille épaisse, trigone ou subqua- drangulaire, carénée, inéquilatérâle ; ligament obsolète, rési- lium large, tous deux complètement internes; surface externe habituellement ornée de sillons ou de lamelles concentriques qui ne persistent souvent que dans le voisinage des crochets. Charnière épaisse et large : 3 a plus ou moins obsolète, 1 forte, crénelée sur ses deux faces, 3 b petite, en partie soudée à 1, Fig. 1. — Crassatella plumbea Chemn. Eoc divergeant ensuite, AI peu marquée au moins à l'état géron- tique, bord postérieur de la valve droite taillé en biseau; 2 a oblique, rapprochée du bord antérieur et crénelée sur sa face interne ; 2/, perpendiculaire, pyramidale, crénelée aussi sur sa face interne; AU prolongeant le bord cardinal anté- rieur taillé en biseau, PII longue, écartée du crochet; cuilleron — 123 — grand et profond, bord des valves habituellement crénelé (1); fossette du résilium subrhomboïdale sous le crochet (G. -T. : C. plumbea Ghemn. Eoc.). Le G. Crassatella a été proposé, en 1799, par Lamarck dans le Prodrome, pour une coquille qui est une Mactra (M. cygnea Chemn.); mais en 1801, dans les An. s. vert., il a appliqué le nom Crassatella à C. plumbea et à d'autres espèces qui sont bien des Crassatella telles que nous les compre- nons aujourd'hui. M. Dali pense que Lamarck n'avait pas le droit de reprendre un nom préemployé dans un autre sens et en conséquence, il propose Crassatellites Krùger (1823) qui, d'après Bronn, a pour génotype C. sinuatus (= C. gibbosula Lk.) espèce qui ne diffère de C. plumbea que par des caractères spécifiques. Cette manière de procéder est en complet désaccord avec les principes que M. Dali lui-même a si souvent recom- mandés et mis en pratique, attendu que sur un complexe de formes qui comprenait, en 1799, des Mactres et des Crassatelles, Lamarck avait évidemment le droit de choisir, en 1801, C. plumbea pour génotype de Crassatella. Le G. Crassatella existait déjà dans le Montien (C. montensis, excelsa Cossm.) et il se poursuit dans tout l'Eocène où il est abondant; rare dans l'Oligocène, on le retrouve dans l'Aquitanien et jusque dans le Miocène moyen du S.-O. de la France, Ligurie, Etats-Unis, Australie (coll. Cos- smann) ; on n'en signale pas dans le Pliocène, tandis que les formes actuelles sont confinées en Océanie et dans l'Atlantique équatorial. Section Crassinella Guppy, 1881 (= Cràssatiria Weinkauff, 1881). — Taille habituellement petite, forme aplatie, faible- ment rostrée, subtriangulaire ou arrondie, crochets fort petits; plateau cardinal étroit, 1 saillante et oblique, non créne- lée, 3 a peu saillante dans le prolongement de A, 3/, obso- lète, 2 a et 2\, comme dans Crassatella s. st. mais non crénelées (G.- T. : Crassatella martini- Fig. 2. — Crassinella trigonata Lamk. Eoc. CeilSlS d'Orb.). (1) Un de nos confrères, M. Caillet, nous a communiqué une valve gauche — à charnière inversée — du génotype, provenant du Lulétien de Grig-non; c'est autour de la dent 2 centrale que se produit l'emboîtement de la charnière. — 124 — La création de cette Section est justifiée non seulement par la différence de forme toujours aplatie, et moins inéquilatérale que dans Crassatella s. str., mais surtout par les caractères particuliers de la charnière ci-dessus indiqués ; à première vue, la valve droite semble ne posséder que la dent 1. Il s'est d'ailleurs produit une certaine confusion au sujet de la dénomi- nation à adopter pour cette Seclion : Fischer — qui a admis Crassatina avec Crassatella contraria Gmelin, comme génotype — a cru nécessaire de proposer un nom nouveau Pseuderiphyla (1887) pour remplacer Crassi- nella Guppy (1874), qu'il croyait préemployé par Conrad d'après une inter- prétation inexacte d'une note de M. Dali ; ce dernier auteur — précisant sa pensée dans le Tertiaire de la Floride (1903) — a au contraire main- tenu Crassinella qui a pour G. -T. : Crassatella martinicensis d'Orb., tandis qu'il considère Crassatina comme complètement synonyme de Crassaiellites (= Crassatella) parce que « c'est seulement un moderne représentant de Pachythxrus Conrad, qui est synonyme de Crassatella ». Quoique cette assertion soit peu péreinptoire, il est certain que Crassinella martinicensis d'Orb. est génériquement identique aux formes du Tertiaire que la plu- part des auteurs ont rapportées à Crassatina, et comme le nom Pseude- riphyla est postérieur à Crassinella de sept années, c'est de toute façon Crassinella qu'il faut adopter, laissant ici de côté la question accessoire de savoir si Crassatina contraria se rapporte plutôt aux vraies Crassatella, comme le prétend M. Dali, ou si c'est une Crassinelle. D'autre part, Pseuderiphyla ayant été proposé à tort pour remplacer Crassinella, tombe complètement dans la synonymie de cette Section. Il y a des Crassinella dès la base de l'Éocène, le phylum se poursuit sans interruption jusqu'à l'époque actuelle. 332. Crassatella Raulini nov. sp. PI. I, fig. 1-4. 1897. Crassatella Hardeggeri Raul. Stat. géol. Landes, p. 333 (non Hcernes). Test très épais. Taille grande, forme transverse, équivalve, close, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est plus étroit, anguleux et obliquement tronqué; bord palléal arrondi en avant, régulièrement rac- cordé avec le bord buccal, sinueux en arrière et raccordé par un angle faiblement obtus avec le bord anal; bord supérieur excavé en avant du crochet, rectiligne et obliquement déclive en arrière; crochets rapprochés, comprimés, prosogyres, petits mais pointus, situés au tiers antérieur des valves. Surface — 125 — extérieure convexe, un peu gibbeuse en avant, carénée par un angle saillant partant du crochet, aboutissant à l'extrémité inférieure de la troncature, limitant ainsi la région anale déclive et légèrement concave; sur les spécimens népioniques la surface entière est ornée de cordons saillants, réguliers, arrondis, un peu moins larges que leurs intervalles, plus ser- rés sur le côté buccal, s'infléchissant sur la carène, puis s'at- ténudiit et devenant parallèles à la troncature; mais à partir de la taille de 1 cm. 1/2 à 2 centimètres, on voit les cordons s'effacer et disparaître sur la région dorsale voisine de la carène, tandis qu'ils persistent, bien qu'atténués, sur le côté buccal. Lunule courte, large, cordiforme, très creuse; corselet étroit, très allongé, excavé, séparé de la région anale par un gradin assez saillant; à quelque distance au-delà de ce gradin, il existe, en outre, un angle rayonnant très obtus. Plateau cardinal triangulaire, à contour inférieur un peu sinueux recouvrant une profonde cavité umbonale; 3 a faible, peu distincte du bord lunulaire, crénelée sur sa face interne; 1 forte, saillante, mais peu épaisse, légèrement oblique, cré- nelée sur sa face antérieure; 3& beaucoup plus faible, plus mince et plus courte, formant avec 1 un angle aigu; fossette du ligament ovalaire, très creuse, entamant le bord supérieur sous le crochet, mais n'occupant qu'une partie du plateau cardinal en arrière des cardinales; AI peu saillante, écartée du crochet, obsolète chez les exemplaires gérontiques ; 2 a sail- lante, oblique, crénelée sur ses deux faces; kb plus faible, for- mant un angle aigu avec 2 a et crénelée sur sa face antérieure; P II très longue, étroite, écartée du crochet; le bord du cor- selet est finement strié en travers. Impressions musculaires très profondément gravées, l'an- térieure placée très haut, ovalaire, la postérieure plus lar- gement arrondie; impression palléale écartée du bord qui est marqué de crénelures saillantes, quoique fines, s'atténuant sur le bord anal, et disparaissant complètement sur la "tron- cature anale. — 126 — Dim. Diam. a. -p. : 68 mill. (1); diam. u.-p. : 49 mill.; épais- seur d'une valve : 20 mill. R.-D. — Les spécimens népioniques de cette belle coquille présen- tent avec Crassatella Hardeggeri Hôrn. une assez grande analogie de forme et de sculpture extérieure pour expliquer l'assimilation faite — à pre- mière vue — par Raulin; on remarque cependant, entre l'espèce du bassin de Vienne et celle de l'Aquitaine, des différences assez profondes pour justifier leur séparation : C. Hardeggeri est, en effet, plus régu- lière, moins gibbeuse, sa troncature anale est moins rectiligne, son bord palléal moins sinueux en arrière, son ornementation plus régulière. Il y a aussi d'imporlantes différences dans les charnières; chez C. Raulini, 1 est plus forte, moins oblique, 3b forme avec 1 un angle plus ouvert, la fossette ligamentaire est plus large, plus profonde. C. intermedia Nyst, du Pliocène belge, qui a parfois la même ornementation, est plus inéquilatérale, son côté antérieur étant beaucoup plus court que chez C. Raulini, son bord cardinal est plus curviligne, 1 et 3b, moins inégales entre elles, forment un angle plus aigu, etc. Du côté ancestral C. Raulini se relie étroitement au groupe de C. carcarensis Micht. de l'Aquitanien d'Italie (C. carcarensis, neglecta, protensa, Tghinai etc.); en particulier la fig. du type de C. carca- rensis, reproduite par M. Sacco (XXVII pi . VI, fig. 39), ressemble beau- coup à notre espèce de l'Aquitaine; même forme générale, ornementation semblable, moins prononcée toutefois chez l'espèce italienne qui est, de plus, moins gibbeuse et dont la carène est moins saillante; en outre, la lunule de C. carcarensis est plus étroite, d'après la constatation faite sur des spécimens de la coll. Cossmann; la comparaison des charnières n'est pas possible à cause du mauvais état de conservation ou de l'état bivalve des fossiles de l'Aquitanien de la Ligurie. C'est très vraisemblablement chez C. plumbea et les formes affines (C. salsensis, parisiensis, gibbosula, etc.) qu'il faut chercher la souche de toutes ces espèces néogéniques, toutefois, C. Raulini se distingue très nettement, en particulier, de C. plumbeapav sa forte gibbosilé antérieure par les cordons bien arrondis qui ornent sa sur- face extérieure, au moins dans la région du crochet à l'état gérontique, par sa charnière moins puissante, où 1 est moins triédrique, plus oblique, 3b plus nettement séparée de 1, tandis que 2a et kb sont beaucoup plus rapprochées, etc. Loc. — St-Etienne-d'Orthe, cotypes (PI. I, fig. 1-4), coll. Degrange- Touzin, rare; Peyreborade (Peyrère), Bélus (Rollon) spécimens népio- (1) Nous adopterons dorénavant les abréviations : diam. a. -p. pour diamètre anléro-poslérieur, u.-p. pour umbono-palléal, R. D. pour Rapports et Différences, Loc. pour Localités. — 127 — niques, même coll. Orthevielle, coll. Mus. Mont-de-Marsan. — Hel- vétien. 333. Crassatella Emiliee (1) nov. sp. PL I, fig. 5-8. Test très épais. Taille grande, forme transverse, subqua- drangulaire, équi valve, inéquilatérale, close ; côté antérieur bien arrondi, beaucoup plus court que le côté postérieur qui est fortement anguleux et obliquement tronqué; bord cardi- nal curviligne en avant où il se raccorde insensiblement avec le bord buccal, presque rectiligne en arrière où il se raccorde avec la troncature anale par un angle arrondi; bord supérieur fortement déclive des deux côtés du crochet, mais surtout en avant où il est plus court et un peu excavé; crochets rappro- chés, prosogyres, petits mais saillants, situés au quart anté- rieur de la longueur de la coquille. Surface extérieure convexe, un peu gïbbeuse; une carène obtuse et rayonnante part du crochet, elle aboutit à la troncature anale, limitant ainsi la région anale plane ou même un peu excavée et divisée elle- même par deux plis rayonnants bien marqués; le côté buccal est orné de cordons arrondis, saillants, irrégulièrement anas- tomosés au milieu, ils continuent sur la partie postérieure de la région dorsale, moins nombreux toutefois et plus distants par suite de l'anastomose de quelques-uns d'entre eux, et ils se transforment sur la région anale en lamelles saillantes et rugueuses, parallèles à la troncature en formant quelques cré- nelures plus saillantes sur les côtes rayonnantes. Lunule assez étroite, lancéolée, creuse, à peu près lisse; corselet à peine plus étroit, allongé, profond, bien séparé du côté anal par un gra- din, et du plateau cardinal par un bourrelet arrondi. Plateau cardinal large, triangulaire, à bord inférieur bisi- nueux, recouvrant une profonde cavité umbonale. Charnière : 3 a mince, presque entièrement soudée au bord lunulaire; 1 forte, saillante, triédrique, peu oblique, crénelée sur sa face (1) Dédiée à M me Emilie Degrange-Touzin. — 128 — antérieure, 3/, beaucoup moins saillante et plus étroite, en partie soudée à 1 ; puis divergeant sous un angle aigu ; fos- sette ovalaire, très creuse, entamant le bord cardinal sous le crochet, n'occupant qu'une partie du plateau cardinal en arrière de 3*,; AI obsolète; 2 a oblique, saillante, relativement peu épaisse, fortement crénelée sur ses deux faces; 4& presque aussi forte, inclinée à angle aigu sur 2 a , crénelée sur sa face interne; P II allongée et saillante. Impressions musculaires très fortement gravées, placées aux extrémités du plateau cardinal; impression palléale écar- tée du bord palléal crénelé, les crénelures très fines ne persis- tant pas aux extrémités. Dim. Diam. a. -p. : 47 mill.; diam. u.-p. : 3i mill. ; épais- seur d'une valve : 13 mill. R.-D. — Raulin n'a pas cité cette remarquable coquille dans la liste des fossiles recueillis à Peyrehorade. Il l'a peut-être confondue, ainsi que C. Raulini, avec C, Hardeggeri Elle se distingue cependant à première vue de l'espèce de Vienne, ainsi que de C. Raulini, par sa forme plus quadran- gulaire, plus haute et plus inéquilatérale, par l'ornementation lamelleuse de son côté anal, par la présence sur ce dernier de deux arêtes saillantes. Ce que nous avons dit à propos des affinités ancestrales de C. Raulini nous dispense d'y revenir pour C. Emilise qui appartient au même groupe; nous ajouterons seulement que son galbe moins gibbeux, son ornemen- tation lamelleuse. et enfin la présence d'une côte rayonnante sur le côté anal, la rapprochent — plus que C. Raulini — de certaines grandes Cras- satelles éocéniques, notamment de C. parisiensis, gibbosula, clistincta; mais on trouve encore dans les charnières des différences de même ordre que précédemment; 1 plus longue, moins élargie à la base, 3b plus dis- tincte, 2a et 4b moins divergentes. Loc, — Peyrehorade (Peyrère), cotypes (PI. I, fig.) 5-8, coll. Raulin; coll. Degrange-Touzin. — Helvétien ? (1). (1) D'après M. Douvillé, la plupart des coquilles recollées par Raulin à Peyrère appartiendraient à un niveau bien inférieur, peut-être l'Aquitanien; en tous cas la présence de ce fossile à faciès complètement éocénique, confirmant celle d'un Nemo- cardium précédemment signalé, indiquerai que ce n'est probablement pas de l'Hel- vétien ou tout au moins qu'il y a plusieurs niveaux sur ce terroir. — 129 — 334. Crassatella (Crassinella) concentrica Dujardin. PL I, fig. 9-12. 1837. Crassatella concentrica Duj. Mém. Tour., p. 46, pi. XVIII, fig. 2 a, b. 1838. Crassatella striatula Grat. Cat. zool. Gir., p. 66 (non Lk.). 1838. Crassatella trigonata Grat. Cat. zool. Gir., p. 66 (non Lk.). 1852. Crassatella concentrica d'Orb. Prodr, III, 26« et., p. 112, n° 2105. 1852. — Desh. Traité élém. Conch., IV, p. 125. 1865. — Horn. Tert. Beck. Wien, II, p. 260, pi. XXXIV, fig. 12. 1873. Ben. Cat. Saucats, p. 56, n° 143. 1873. Crassatella moravica Ben. Cat. Saucats, p. 56, n° 144 (non Hornes). 1874. Crassatella concentrica Tourn. Fal. de Sos, p. 17 et 45. 1876. — Ben. Tert. Gironde, p. 3. 1897. - Baul. Statist. géol. Landes, p. 299 et 342. 1899. Crassitina concentrica Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVII, p. 29. 1909. Crassatella (Crassitina) concentrica Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 276, pi. XIX, fig. 13-24. Test assez épais. Taille petite, forme aplatie, subtriangulaire ou arrondie, équivalve, très faiblement inéquilatérale, close; côté antérieur arrondi, un peu plus court que le côté posté- rieur qui est anguleux et tronqué ; bord cardinal curviligne en avant, racccordé par une courbe d'assez faible rayon avec le bord buccal, sinueux en arrière à sa jonction avec la tron- cature, bord supérieur presque rectiligne de part et d'autre du crochet, un peu plus long en arrière; crochets rapprochés, prosogyres, très petits et pointus, situés à peu près au milieu des valves. Surface extérieure convexe, mais peu bombée, un peu déprimée clans la région anale en avant du corselet, ornée de cordons concentriques — faiblement lamelleux sur les exemplaires frais — rapprochés, à peu près égaux à leurs inter- valles, parfois anastomosés, un peu flexueux sur la dépres- sion anale; leur nombre est assez variable, on en compte le plus souvent de 25 à 27 ; cordons et intervalles sont couverts de fines stries d'accroissement. Lunule étroite et lisse; corse- let allongé, lisse, bien séparé du reste de la coquille par un angle assez saillant. - 130 - Plateau cardinal étroit, triangulaire, à contour inférieur fortement sinueux. Charnière : 3 a mince allongée soudée à AI ; 1 longue, saillante, oblique ; 3j, rudimentaire, en partie soudée à la base de 4 ; fossette ligamentaire ovoïde, pas très profonde et n'occupant qu'une partie du plateau; AI étroite, allongée, rejoignant 3 a et limitant ainsi une étroite rainure parallèle au bord lunulaire ; PI longue, étroite très peu saillante; '2 a très oblique, longue et saillante; 4& plus forte, formant avec 2 a un angle très aigu; AU rudimentaire; PII étroite, longue, abou- tissant au voisinage du crochet. Impressions musculaires assez fortement gravées, l'anté- rieure piriforme, surmontée d'une impression pédieuse, la postérieure ovalaire; impression palléale écartée du bord qui est finement denté, à l'exception des bords latéraux. Dim. Diam. a. -p. : 16 mill. ; diam. u.-v. : 14 mill. R.-D. — Comme toutes les espèces communes, C. concentrica est varia- ble : dans sa forme qui est tantôt subtriangulaire, tantôt plus ovalaire ; dans son ornementation, les cordons étant plus ou moins nombreux, plus ou moins espacés; et enfin dans la convexité et l'épaisseur du test. Nous avons trouvé cliez les spécimens des environs de Sos, où l'espèce est abondante, toutes les variations de forme et de sculpture que présentent ceux de la Touraine (coll. Peyrot) auxquels nous les avons comparés. Nous avons choisi comme type de l'espèce la forme subtriangulaire à cordons moyennement rapprochés, figurée par Dujardin et reproduite par MM. Doll- fus et Dautzenberg. On verra plus loin les variétés de C. concentrica que nous avons rencontrées dans le Sud-Ouest. Nous n'avons trouvé nulle part C. moravica signalée par Hornes à Sos et par Benoist à Pont-Pourquey. L'espèce du bassin de Vienne a le test très épais, elle est fortement ros- trée et de taille assez grande. Les coquilles — étiquetées C. moravica dans les diverses collections bordelaises que nous avons pu consulter — appar- tiennent à C. concentrica ou à ses variétés. Nous ne connaissons pas non plus C. burdigalensis Tourn., signalée par Benoist à Larriey. C'est une espèce du calcaire à Astéries — probablement synonyme de C. sinuaia Lk. — dont la présence dans TAquitanien demeure douteuse. Tournouer — qui a eu en mains le type de C. sinuata Lk. — a reconnu que cette espèce est fort différente de C. moravica à laquelle Hornes l'assimilait avec doute. Nous avons sous les yeux, sous le nom pseudotrigonata Sacco, des spéci- mens d'Algérie (coll. Cossmann) qui ont une forme plus élevée et dont l'ornementation persiste sans atténuation sur la région anale. — 131 — Loc. — Parleboscq (La Guirande), plésiotypes (PI. I, fig. 9-12), coll. Degrange-Touzin; Baudignan, Escalans, coll. Degrange-Touzin. Manciet, commune. — Helvétien. 335. Crassatella (Crassinella) concentrica Dujardin; var. tisa de Gregorio. PI. I, fig. 13-16. 1885. Crassatella Usa de Greg. Studi su talune Conch. Médit., p. 386. R.-D. — Cette variété diffère du type par sa taille souvent moindre, par sa forme plus isocèle, plus faiblement rostrée, et surtout par ses cor- dons plus serrés, et plus nombreux; ils s'affaiblissent sur la région anale, mais ils ne disparaissent pas complètement. Les fig. 18-19, pi. VII, de C. semilsevis Sacco (I Moll., p. XVII) nous paraissent presque identiques, mais les figures 20-21 de la même variété ont des cordons plus saillants et plus espacés que dans notre forme du Sud-Ouest, les spécimens de Bordigbera que nous avons sous les yeux sont bien moins trigones. Enfin la var. Murchisoni Sacco, de colli Torinesi (coll. Cossmann), est aussi tri- gone, mais plus convexe, et plus régulièrement ornée de gros cordons. Loc. — Rimbès, coll. Degrange-Touzin (pi. I, fig. 13-16), commune. Salles (Largileyre), deux valves gauches, coll. Bial-Neuville. — Hel- vétien. Cestas, coll. Benoist, assez rare. — Burcligalien. 336. Crassatella (Crassinella) concentrica Dujardin; cf. var. circinnaria Michelotti. PL I, fig. 17-19. 1847. Astarte circinnaria Micht. Descr. foss. Mioc, p. 119, pi. IV, fig. 20. 1899. Crassatella concentrica, var. circinnaria Sacco. I Moll. terz Piem., XXVII, p. 29, pi. VII, fig. 13-14. R. D. — Nous rapportons provisoirement à cette variété une valve de St-Etienne-d Orthe, de taille assez petite, de forme ovale. Les cordons concentriques de la surface assez nombreux, sont rapprochés, peu sail- lants, ils s'atténuent encore davantage sur la région anale où plusieurs d'entre eux se ramifient dichotomiquement. Il y a aussi quelques diffé- rences dans la charnière : 1 est plus étroite et plus oblique que dans le type; La var. circinnaria est moins triangulaire que la var. tisa, ses cor- dons sont moins nombreux, plus larges, moins saillants, enfin la prodis- soconque paraît lisse, alors que celle du type et de la var. tisa présen- tent — au contraire — des cordons saillants et espacés. Cette variété est, — 132 — d'autre part, très distincte, par son ornementation, de la var. semilsevis du Pliocène de la Ligurie (coll. Cossmann), qui a la même forme. Loc. — St-Etienne-d"Orthe (PI. I, fig. 17-19), coll. Degrange-Touzin, une valve droite. — H elvétien. 337. Crassatella ( Cfassinella) concentrica Dujardin; cf. var. tauroleevis Sacco. PL I, fig. 20-23. 1899. C. concentrica, var. taurolœvis Sacco . I Moll. terz. Piem. XXVII, p. 30, pi. VII, fig. 23. Deux valves de Saubrigues médiocrement conservées nous paraissent pouvoir se rapporter à cette forme de petite taille, arrondie, assez forte- ment bombée, à cordons écartés, saillants, peu nombreux, effacés sur la dépression anale, pour reparaître vers le corselet. Loc. — Saubrigues (pi. I, fig. 20-23), coll. Degrange-Touzin, 2 valves droites. — Toi'touieii. 338. Crassatella (Crassinella) concentrica Dujardin; cf. var. elongatula Sacco. PI. I, fig. 24-25. 1899. C. concentrica, var. elongatula Sacco. Loc. cit., p. 30, pi. VII, fig. 16. R. D. — Nous n'avons qu'une seule valve droite de Saubrigues, qui s'écarte de toutes les variétés ci-dessus énumérées par sa forme subqua- drangulaire, et aussi par sa convexité un peu plus grande qui rappelle C. Murchisoni ; elle a bien la forme de la var. semilsevis du Pliocène, mais ses sillons très réguliers persistent sur la région anale. Le crochet est très nettement antérieur, situé aux deux cinquièmes de la longueur; d'autre part, le contour anal est très nettement tronqué, ce qui contribue à donner à la valve la forme subquadrangulaire qui la caractérise. Il sem- ble bien, d'après la figure publiée par M. Sacco, que ce sont exactement les caractères de sa variété elongatula, quoique celle-ci n'ait été rencon- trée que dans l'Helvétien de Colli-Torinesi où elle paraît rare. Loc. — Saubrigues, une valve (PI. I, fig. 24-25), coll. Dumas. — Tortonien. Peyrehorade (Peyrère), plusieurs valves non moins quadrangulaires, coll. Raulin. — Helvétien ou Tortonien. — 133 — Fam. CONDVLOCARDIW^ Bernard, 1897. Petite coquille vénéri'cardiforme, à ligament interne, enca- dré de dents; ligne palléale simple. Les deux Genres Carditella et Carditopsis que Félix Bernard a classés à côté de Çondylocardia Mun. Chalm. dans cette nouvelle Famille, ont été placés par Fischer à la fin de la Famille Carditidee; mais cet auteur a ajouté qu'ils pourraient former une Famille à part, à cause de la présence d'un liga- ment interne. Le second de ces deux Genres est seul repré- senté dans l'Aquitaine. CARDITOPSIS E. Smith, 1881. Coquille très petite; pas de ligament externe; une dent car- dinale sur un côté de la fosse du cartilage, et deux autres réunies sur l'autre côté; dents latérales plus faibles que chez Carditella; ligament interne très grand (G. -T. : Cafdita fla- bellum Reeve. Viv.). Ce Genre diffère de Çondylocardia en ce que les dents situées en avant du ligament sont réellement cardinales, tandis que ce sont des lames latérales chez l'autre Genre. Carditopsis inopinata nov. sp. PI. V, fig. 25-29. Test assez épais. Taille microscopique; forme ovoïdo-tri- gone, un peu inéquilatérale et oblique, les crochets étant situés en arrière de la ligne médiane. Surface externe bom- bée, lisse, quoique ornée d'une vingtaine de costules rayon- nantes et obsolètes que séparent des sillons étroits et peu profonds. Charnière comportant, sur chaque valve, une large fossette médiane sous le crochet, au fond de laquelle on aperçoit encore, malgré la fossilisation, des traces de la matière blanchâtre du ligament; en avant de cette fossette, il y a : sur la valve droite, une petite dent cardinale, peut-être 1 ; sur la valve gauche — 134 — deux dents inégales séparées par une étroite fossette, proba- blement 2 a , 2b ; en D ^#^^x arrière de la fossette chondrophore, la valve droite porte une seule Fig. 3. — Carditopsis inopinata Cossm. et Peyr. dent qu'on ne pourrait qualifier 3& qu'en ad- mettant que celle-ci ait chevauché sur le ligament; aussi paraît-il préférable de la dénommer PI et de supposer que c'est une lamelle latérale extrêmement rapprochée du cro- chet, comme chez Condylocardia; la valve gauche montre, en arrière de la fossette ligamentaire, une petite fossette pour PI et ensuite une assez forte dent PII, qui — elle aussi — serait cardinaliforme ; comme lamelles antérieures, on ne distingue qu'une faible rainure AI et sur la valve gauche, une saillie obsolète A II. Impressions musculaires petites, à peu près égales, situées assez bas; ligne palléale médiocrement écartée du bord qui, est bien crénelé au milieu, lisse sur les côtés. Dim. Diam. a. -p. : 2,5 mill. ; diam. u.-p. 2 mill. R. D. — Il est impossible de confondre ces deux petites valves oppo- sées du même individu avec aucun des Pteromeris décrits ci-après : la forme, l'ornementation et la taille frappent déjà les yeux au premier abord ; mais, quand on examine la charnière, on s'aperçoit qu'elle appartient à un type familial tout à fait différent, dont la définition est même malaisée. Loc. — Saucats (M in de l'Eglise), type (PI. V, fig. 25-29), coll. Degrange-Touzin. — Iluril italien. 339. Carditopsis Kœneni nov. sp. PL IX, fig. 14 et 29-31. Taille microscopique; forme subtrigone, oblique, inéquila- térale; côté antérieur plus allongé et plus atténué que le côté postérieur qui est déclive et plus arqué; bord palléal médio- crement convexe, raccordé par des arcs réguliers avec les contours latéraux; crochets petits, opposés, situés aux deux cinquièmes de la longueur des valves, du côté postérieur. — 135 — Surface dorsale ornée d'environ seize côtes rayonnantes, pla- tes, peu proéminentes, séparées par des sillons étroits, et fai- blement crénelées par les accroissements. Charnière assez forte pour la taille de la coquille, profon- dément échancrée sous le crochet : 1 et PI presque symétriques, encadrant une fossette ligamentaire isocèle, plus largement ouverte qu'elle n'est haute; AI très longue et très étroite, bordant une fossette bien visible; 2 a et 2& très inégales et très rapprochées, situées tout à fait en avant; de l'autre côté de la fossette chondrophore, P II forte, allongée parallèlement au bord, séparée du ligament par la fossette destinée à loger PI, une faible arête divisant les deux cavités distinctes et inégales, le chondrophore étant beaucoup plus large que l'autre; AU peu visible, confondue avec la saillie du bord antérieur. Impres- sions des adducteurs bien gravées; ligne palléale écartée du bord qui est fortement crénelé au milieu. Dim. Diamètres : 2,5 mill. R. D. — Quoiqu'il soit assez étrange d'admettre simultanément deux représentants nouveaux d'un Genre qui était — jusqu'à présent — inconnu dans le Tertiaire, nous ne pouvons confondre C. Kœneni avec C. inopi- nata qui nous était le premier apparu sous les yeux : en effet, C. Kœneni est moins élevée que l'espèce burdigalienne et son ornementation plus apparente comporte trois ou quatre côtes en moins; les différences ne sont pas moins frappantes dans la charnière qui est ici moins haute et plus largement ouverte, l'angle de la fossette étant presque double de celui de la fossette de C. inopinata. L'interprétation ci-dessus confirme d'ailleurs celle que nous avons faite pour l'autre espèce; toutefois, pour décider si ces deux coquilles appartiennent plutôt à Carditopsis qu'à Cardi- tella Smith, il faudrait avoir sous les yeux des spécimens de ces deux coquil- les actuelles dont la charnière n'a pas encore été étudiée avec les éléments de la méthode Félix Bernard. Il existe, dans l'Oligocène inférieur de l'Allemagne du Nord, un Genre Triodonta Von Kœnen (1893), qui ne pourrait — en tout état de cause — conserver ce nom préemployé par Schumacher (1817) pour une Section d Astarte (Tridonta em. in Agassiz 1846). Bien que Von Kœnen ait com- paré ses fossiles à une valve de Carditopsis et qu'il ait bien spécifié que ce dernier Genre est remarquable par sa charnière « mactriforme », nous soupçonnons les deux Triodonta (T. clara, T. deleta v. K.) d'être du même — 136 — groupe que nos deux espèces d'Aquitaine, ce qui compléterait le phylum du Genre actuel ; en effet, il est probable que le dessinateur qui a reproduit ces deux coquilles oligocéniques a identifié le chondrophore central avec une fossette de dent cardinale, sans quoi leur charnière se rapproche singulièrement de celles de nos espèces. Toutefois, T. clara a des côtes plus larges, tandis que T. deleta n'a que douze côtes et que sa forme est plus symétrique. Loc. — Noaillan (la Saubotte), types (PI. IX, fig. 14 et 29-31), coll. Degrange-Touzin; peu rare. Balizac, même coll. — Aqiiitaiiien. Fam. ASTARTIDM d'Orbigny, 1845. Coquille épidermée, épaisse, close, subéquivalve et plus ou moins inéquilatérale, trigone; crochets aplatis, rapprochés, prosogyres; lunule distincte, cordiforme ou lancéolée; corselet étroit et long; ligament et résilium externes. Surface externe lisse ou ornée de cordons concentriques. Charnière compor- tant : 3 a , 1, 3b, la médiane bien développée, les deux autres plus ou moins obsolètes; 2 a , 4 b ordinairement fortes et diver- gentes; lamelles latérales non constantes; impressions mus- culaires bien marquées, l'antérieure surmontée d'une impres- sion pédieuse, petite mais profonde; ligne palléale entière, bord crénelé ou non. Les Astardidœ se séparent nettement des Crassatellidx par leur charnière à ligament et résilium toujours externes. Elles sont remarquables par la variabilité de caractères auxquels on est habitué à trouver plus de fixité; c'est ainsi notamment que la disposition respective des dents est assez fréquemment inversée, c'est-à-dire que l'on trouve sur certaines valves droites la disposition caractéristique de la valve gauche ou réciproque- quement, l'emboitement se faisant parfois autour de la dent 2. La créne- lure des bords a aussi bien peu de constance; chez la même espèce on trouve — et le fait a été signalé depuis bien longtemps par Brocchi, Deshayes, etc. — des valves à bord crénelé, d'autres à bord lisse, sans que cela puisse être attribué à l'usure. Cette absence des crénelures s'ex- plique soit par l'état népionique de la coquille, soit — lorsqu'elle paraît adulte — par la reprise d'une période d'accroissement, on remarque en effet qu'alors le bord est taillé en biseau. — Les crénelures sont seule- ment caractéristiques d'un temps d'arrêt dans l'accroissement. Il n'y a donc pas lieu, comme cela a été fait, de donner à ce caractère la valeur — 137 — d'un critérium sectionnel ou sous-générique. Nous n'avons à signaler que les Genres ou Sous-Genres suivants : Asiarte, Goodallia, Digitaria. ASTARTE J. Sowerby, 1816. (= Crassina Lk. 1818; = Tridonta Schum. 1817). Coquille épaisse, trigone, crochets prosogyres, peu saillants; lunule et corselet très développés et lisses, alors que la surface externe est ornée de sillons concentriques réguliers, au moins dans la région umbonale. Charnière : 3 a plus ou moins obso- lète et soudée au bord lunulaire; 1 trigone et forte, perpen- diculaire sous le crochet; 3& obsolète et soudée à la nymphe qui est étroite. AI limitant une fossette destinée à loger le bord cardinal postérieur de la valve gauche taillé 3 en biseau; 2 a et 2/> fortes et divergentes ; Fig. 4. — Astarte incrassata Br. Phoc. ° pas de lamelle anté- rieure, mais une lamelle PII contre laquelle se place le bord postérieur cardinal taillé en biseau de la valve droite ; dents cardinales souvent crénelées sur leurs faces latérales. Bord palléal crénelé ou lisse (G. -T. : A. sulcata Da Costa. Viv. = Venus damnoniensis Mtgu. sec. Herrmannsen). Crassina Lk. 1818, est synonyme postérieur à' Astarte, quant à Tridonta Selium. 1817 (^G.-T. Astarte borealis), basé sur la position presque termi- nale du crochet et sur l'absence de crénelures du bord palléal, il a tout au plus la valeur d'une Section d'ailleurs non représentée dans nos terrains. Ce Genre est très ancien, mais la plupart des formes jurassiques ou crétaciques appartiennent à des S. -G. distincts qui peuvent d'autant moins se confondre avec les Astarte tertiaires et actuelles, que l'on constate une interruption complète de ce phylum dans toute la durée de l'Eocène : il ne reparaît que dans l'Oligocène. Section Goodallia Turton, 1822 (non Desh. 1860, = Mac- trina Brown, 1827). Taille petite, forme trigone, surface externe lisse et brillante; charnière étroite, réduite à la dent 1 dans la valve droite, lamelles latérales comme dans Astarte. Bord crénelé (G. -T. : Mactra triangularis Mont. Viv.). 10. -_. 138 — Goodallia ne se distingue guère à' Astarte s str. que par sa très petite taille, par sa surface lisse et brillante, par la réduction plus complète des dents 3a et 3&. Nous lui donnons simplement la valeur dune Section. M. Dali dit que l'inversion des charnières est très fréquente dans ce groupe (près du 1/3 des spécimens qu'il a examinés). La trentaine d'échan- tillons que nous avons eus en notre possession sont tous normaux.. S.-G. : Digitaria Wood, 1853 (= Woodia Desh. 1858). Taille petite, forme arrondie, équivalve, inéquilatérale, lisse ou ornée de stries concentriques, bords lisses ou crénelés. Charnière : 3 a et 3 a plus ou moins obsolètes ; 1 forte, trié- drique, bifide; 2 a , 4/, à peu près égales et divergentes; nym- phes petites, ligament et résilium externes ; lamelles latérales plus ou moins développées. Impressions musculaires bien gravées, l'antérieure surmontée d'une impression pédieuse punctiforme. Impression palléale simple, bords crénelés ou non (G. -T. : Tellina digitaria L. Viv.). Wood (Crag. Moll. II, p. 191) avait proposé, en 1853, le nom Digitariapour Astarte digitaria (Tellina L.) ; bien qu'il n'ait pas donné de diagnose géné- rique, la désignation expresse d'un génotype si connu était suffisante. Deshayes n'avait donc pas à créer plus tard le nom Woodia qui s'applique au même génotype. Digitaria — dont M. Dali ne fait qu'une Section d' Astarte — s'en écarte par sa taille toujours plus petite et par son ornementation. De plus, son plateau cardinal est proportionnellement plus large et moins haut, 3 a et 3b sont toujours plus réduites, et les lamelles latérales plus constantes. Semper (J. C, X, 1862) a divisé ce Genre — auquel il conserve le vocable Woodia — en trois groupes dont les noms : Parvati (espèces striées), Sita (espèces lisses), Rohini (espèces inéquilatérales, striées ou treillissées) ne peuvent être conservés, car ils ne sont pas formés sui- vant les règles de la nomenclature. M. Cossmann a créé la Section Cre- nimargo (App. III, 1902) pour les espèces éocéniques à bord crénelé. Les espèces de notre néogène appartiennent à Digitaria s. str. dont l'orne- mentation est formée par des stries excentriques; bord des valves lisses. Nous ne comprenons pas pour quels motifs MM. Dollfus et Beri-celey Cotter (Pliocène au Nord du Tage) font de Digitaria s. str. un Sous-genre de Lucinal Nous mentionnons seulement les Sections Rictocyma (Dali, 1872), Asta- rotha (Dali, 1903), qui ne paraissent différer d' Astarte que par leur orne- mentation. Il en est de même de Gonilia Stol. Enfin Microstagon Cossm. (1896), Goodalliopsis de Raine, et Mun. — Ch. — 139 -L- (1863), Plesiastarte Fisch. (1887) sont des formes éocéniques, non repré- sentées dans les terrains que nous étudions ici. 346. Astarte incrassata [Brocchi]. mut. sallomacensis hov. mut. PL I, fig. 26-32. 1878. Astarte sp? Ben. Tort. Gironde, p. 3. Test épais. Taille moyenne, forme trigone, équivalve, peu inéquilatérale, close; côté antérieur un peu plus long et plus arrondi que le côté postérieur qui est subtronqué; bord pal- léal faiblement arqué, régulièrement raccordé au bord buccal ; bord cardinal légèrement creusé en avant du crochet, presque rectiligne et déclive en arrière, jusqu'à la troncature anale; crochets petits, comprimés, rapprochés, faiblement prosogyres, situés un peu en arrière de la ligne médiane. Surface exté- rieure médiocrement convexe, ornée — sur la région umbo- nale — de sillons convexes, réguliers, un peu plus larges que leurs intervalles, mais disparaissant à une distance de 5 ou 6 mm. du crochet, de sorte que le reste de la coquille ne pré- sente que des stries irrégulières marquant les arrêts d'accrois- sement. Lunule creuse, lancéolée, séparée de la surface dor- sale par une carène émoussée; corselet plan, assez étroit et très long, limité aussi par une carène arrondie. Plateau cardinal assez étroit dans le sens transversal, à contour inférieur un peu sinueux. Charnière : 3 a obsolète, con- fondue avec le bord lunulaire; 1 forte, saillante, triédrique, peu oblique, divisée à sa base par un léger sillon; 3;, soudée à la nymphe et indistincte, surtout dans les spécimens gérontiques T; AI étroite et longue, parallèle au bord cardinal, formant ainsi une rainure où se loge le bord antérieur de la valve opposée taillé en biseau; 2 a assez forte, séparée du bord lunulaire par un sillon assez profond; 2/, forte peu inclinée, bifide à sa base; PII allongée, parallèle au bord cardinal limitant une rainure destinée à loger le bord postérieur taillé en biseau de la valve droite. Impressions musculaires profondes, ovalaires, subégales, — 140 — l'antérieure surmontée d'une impression pédieuse punctiforme; impression palléale assez écartée du bord qui est crénelé sur les exemplaires adultes jusqu'aux extrémités inférieures de la lunule et du corselet; mais il y a des spécimens à bords lisses. Dim. Diam. a. -p. : 20 mill. ; diam. u.-p. : 17 mill. R. D. — Cette espèce assez abondante dans les divers gisements de Salles est variable dans sa forme qui est plus ou moins tranverse; on trouve — en proportions à peu près égales — des spécimens à bord lisse ou à bord crénelé. Enfin l'examen d'une soixantaine d'échantillons nous a fourni un cas de charnière inversée, une valve droite, portant les deux cardinales divergentes caractéristiques de la valve gauche et dépouivue de lamelle Al; mais la lamelle PII. qui se trouve normalement sur la valve gauche, ne s'est pas développée, les deux parties du bord cardinal sont taillées en biseau. — Il serait intéressant de trouver une valve gauche anormale pour savoir si elle porle des lamelles latérales en avant et en arrière du crochet. — Les spécimens normaux de Salles sont très voisins des échantillons de A. incrassata provenant du Pliocène italien ou du coralline Crag de Broom Hill (cod. Peyrot) ou de Sudbourne Hill (coll. Cossmann), ou encore de Gourbesville (coll. Cossmann), avec lesquels nous avons pu les comparer; toutefois A. incrassata est constamment plus épais, plus transverse, plus convexe que A. sallomacensis; en outre, 2b est beaucoup moins épaisse chez la coquille de Salles, dont la lunule est aussi plus étroite. Nous observons également les mêmes différences avec les échantillons du Pliocène de Douera (Algérie) que nous avons sous les yeux en assez grand nombre (coll. Cossmann) et qui représentent — encore plus exactement que ceux du Crag anglais — la forme typique que Brocchi avait en vue; par conséquent, nous pensons que les deux formes peuvent être maintenues spécifiquement distinctes, tout au moins à titre de mutation. Quant à la var. aglypha Menegh., du Pliocène italien, fondée uniquement sur l'absence de crénelures du bord, elle nous paraît devoir être réunie à A. incrassata Br. G. Bastèroti Lajonk., du Crag, est plus grande, moins bombée, surtout vers la région umbonale, son plateau cardinal est plus étroit et plus élevé. Les autres Astarte que nous décri- vons ci-après se distinguent facilement de la présente espèce, car leur surface extérieure est sillonnée sur toute son étendue. Nous rapportons avec doute à la même mutation un exemplaire de Saucats (La Sime) coll. Degr.-Touz., de lorme un peu plus élevée, que son médio- cre état de conservation ne nous permet pas de caractériser suffisamment. Loc. — Salles (Débat) coll. Degr.-Touz., spéc. à bords lisses (PI. I, fig. 30); spéc. à bords crénelés, même gisement (pi. I, fig. 26-29); valve droite inversée (Minoy) (PI. I, fig. 31), même coll.; Salles (Largileyre, — 141 — Minoy, Débat, etc.), toutes les coll. Saucats (La Si me), coll. Degrange- Touzin, rare. — Helvétien. St-Denis d'Oloron, un spécimen fruste, douteux. — Helvétien ou llérionien? 341. Astarte incrassata [Brocchi]; var. Deshayesi Degrange-Touzin. PI. ï, fig. 35-38. 1894. Astarte Deshayesi Degr.-Touz. Et. prél. coq. Orthez, p. 412. Dans le travail précité, M. Degrange-Touzin a séparé cette forme de A. Grateloupi en se basant uniquement sur la présence de crénelures sur le bord palléal. Nous avons dit ce qu'il faut penser de la valeur de ce caractère ; mais les spécimens de A. Deshayesi qu'a bien voulu nous com- muniquer notre confrère et tout particulièrement ceux de Clermont (Lan- des) nous ont paru s'écarter de A. Grateloupi par leur taille plus grande et par leur ornementation différente. Sous ces rapports, ils se rapprochent bien davantage de A. incrassata var. sallomacensis ; comme chez cette dernière, les sillons concentriques ne couvrent que la région umbonale, mais le galbe des valves est plus élevé, moins transverse, les crochets sont un peu plus pointus, la charnière est plus ramassée, la dent 1 est plus forte. Ces différences seraient certainement suffisantes pour ériger A. Deshayesi au rang d'espèce; toutefois, comme nous n'en connaissons que peu de valves, nous la rattachons provisoirement — à titre de variété ou de race — à la mut. sallomacensis d'A. incrassata. Loc. — Clermont (Landes), cotypes (PI. I, fig. 35-38), coll. Degr.- Touz.; Narrosse, Salies-de-Béarn, même coll.; Sallespisse, coll. Coss- mann; assez rare. — Helvétien. 342. Astarte Grateloupi Deshayes. PI. I, fig. 39-44. 4843. Astarte Grateloupi Desh. Traité élém. Conch., II, p. 146. 1874. — Ben. Cat. Saucats, p. 59. Test épais. Taille moyenne ; forme trigone, équivalve, pres- que équilatérale, close; côté antérieur arrondi, à peu près égal au côté postérieur qui est plus acuminé et obtusément tron- qué; bord palléal arqué, relié par des courbes régulières aux côtés latéraux; bord cardinal faiblement excavé en avant du crochet, presque rectiligne et déclive en arrière; crochets — 142 — petits, comprimés, faiblement prôsogyres, situés à peu près au milieu de la valve. Surface extérieure assez bombée, sur- tout dans la région umbonale, un peu déprimée par un pli rayonnant sur la région anale, couverte en entier de sillons serrés, arrondis, plus larges que leurs interstices, qui se dédoublent presque tous et se serrent davantage sur la dépres- sion anale. Lunule lisse, assez creuse, grande, lancéolée, séparée du reste de la coquille par une carène émoussée ; corselet lisse, assez étroit, allongé, formant avec le côté anal une déclivité brusque, et limité aussi par une faible carène. Plateau cardinal haut et assez étroit, à contour inférieur peu sinueux. Charnière : 3 a très rudimentaire, à peine dis- tincte du bord lunulaire ; 1 perpendiculaire sous le crochet, triédrique, légèrement bifide; 3;, obsolète et soudée à la nym- phe qui est allongée et étroite; AI allongée, parallèle au bord cardinal; bord cardinal postérieur taillé en biseau; 2 a assez forte, saillante, oblique; 2& un peu faible, divergente, bord car- dinal antérieur taillé en biseau pour se loger dans la fossette contre AI; PII longue et étroite, logeant dans sa fossette le bord cardinal postérieur de la valve opposée (1). Impressions musculaires bien marquées, arrondies et sub- égales, l'antérieure surmontée d'une impression pédieuse punctiforme ; impression palléale assez écartée du bord qui est tantôt lisse, tantôt plus rarement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 13 mill.; diàm. u.-p. : 10 mill. R. D. — On peut rapprocher cette espèce de A. Burtini Lajonk., du Crag d'Angleterre et de Belgique (coll. Peyrot), qui est de même taille et dont le système d'ornementation est semblable. Toutefois, chez A. Bur- tini, les sillons sont un peu excentriques, plus étroits et beaucoup plus serrés sur le coté anal, la coquille est un peu plus haute et plus inéquila- térale, les cardinales de la valve gauche sont aussi un peu plus diver- gentes. Nous ne connaissons rien dans le Miocène ou le Pliocène italien qui puisse être comparé à A. Grateloupi, car A. dertofusca Sacco qui est aussi sillonnée concentriquement a, d'après la description, la région (1) Tous les spécimens que nous avons examinés (une vingtaine) ont la charnière normale. — 143 — umbonale à peu près lisse; elle est d'ailleurs plus grande. Enfin A.solidida Desh., de l'Hélvétien de Touraine,est plus grande, plus épaisse, plus gib- beusé, plus inécpiilatérale et plus grossièrement ornée On remarquera que cette espèce bien connue n'a jamais été figurée. Nous prenons comme type la forme du gisement de la Sime où l'espèce est fréquente, tandis que dans le Burdigalien et aussi dans l'Aquitanien — où elle est rare — elle est caractérisée par ce fait que les sillons ne se dédoublent pas sur la région anale; la charnière est aussi plus petite. Loc. — Saucats (La Sime), cotypes (PI. 1, fig. 39-42), coll. Degr.- Touzin; Clermont (Landes), coll. Degr.-Touz. ; peu rare. Salies-de-Bôarn, une valve, même coll. Cazenave, coll. de Sacy. — Helvétien. Saubrigues, coll. Dumas, Bial-Neuville. — Tortonien Saucats (Peloua), coll. Peyrot, mutation? (PI. I, fig. 43-44), coll. Degrange-Touzin; coll. de Sacy, Léognan (Thibaudeau, Le Tliil sup'', Coquillat), Canéjan (couches de molasse), La Brède (Moras sup''), St- Médard (Caupian), Le Haillan, coll. Degrange-Touzin, rare. — Bur- digalien. Mérignac (le Pontic). — Aqnitaiiien. 343. Astarte Grateloupi Desh. var. latestriata Tournouer. PI. I, fig. 45-46. 1876. Astarte Grateloupi Desh? (var.) de Bouille et Tourn. Paléont. Biar- ritz, p. 8, pi. I, fig. 12. 1894, Astarte (Tridonta?) Grateloupi Degr.-Touz. Et. Orthez, p. 412. Tournouer a caractérisé cette forme par les deux mots « latestriata, trigona », les sillons de sa surface sont en effet un peu plus larges et par suite moins nombreux que chez la forme typique, ils s'effacent fréquem- ment vers les bords, le galbe de la coquille est le même, sa charnière est identique à celle de A. Grateloupi. Tous les spécimens que nous avons examinés, une dizaine, ont le bord lisse. Dim. Diauu a. -p. : 11 mill.; diam. u.-p. : 10,5 mill. Loc. — Salies-de-Béarn (PI. I, fig. 45-46), coll. Degrange-Touzin, peu rare. — Helvétien. 344. Astarte Degrangei nop. sp. PI. I, fig. 47-50. Test peu épais. Taille petite; forme déprimée, trigone, iné- quilatérale, côté antérieur arrondi, plus étroit que le côté postérieur qui est faiblement tronqué, mais à peu près aussi — 144 — long; bord palléal assez fortement et régulièrement arqué; bord cardinal très peu excavé en avant du crochet et faible- ment convexe en arrière; crochets petits, assez pointus, à peu près médians et prosogyres. Surface extérieure très peu bom- bée, munie d'une dépression rayonnante à l'arrière, entière- ment couverte de cordons concentriques qui croissent rapide- ment à partir du crochet pour atteindre, avant le milieu des valves, leur largeur définitive, supérieure à celle de leurs interstices; ces cordons s'atténuent sur la dépression anale; on remarque de plus à la loupe de très fines stries d'accrois- sement. Lunule et corselet étroits et lisses. Plateau cardinal étroit; charnière : 3 a et 3& à peu près indis- tinctes; 1, très grosse pour la taille de la coquille, triédrique et bifide; 2 a et i/, à peu près égales, divergentes et bifides; AI et PII comme dans les espèces déjà décrites. Impressions musculaires assez bien marquées, ovales, l'anté- rieure surmontée dune impression pédieuse. Bord lisse sur les deux valves examinées. ' Dim. Diam. a. -p. : 8 mill.; diam. u.-p. : 7,5 mill. R. D. — Cette petite coquille est bien différente d'A. Gratelonpi à la fois par sa forme aplatie et par son ornementation composée de cordons plus gros et moins nombreux. Par son galbe, elle se rapprocherait de A. Bosqueti Nyst. ; mais elle en diffère par ses cordons beaucoup plus gros et moins nombreux. D'autre part, à cause de sa faible convexité, il n'est pas possible d'admettre que ce soit le jeune âge d'A. incrassata (mut. sal- lomacensis), qui est grossièrement ridée dans le voisinage des crochets; la forme des valves est, en outre, plus trigone et plus élevée chez A. Degrangei. Quant à A. fasca, dont les rides sont également localisées sur la région umbonale, c'est une coquille plus convexe, à lunule plus large et plus creuse, avec une charnière dont les dents 3a et 3b sont mieux for- mées. Enfin l'espèce belge connue sous le nom A. Omaliusi Lajonk. a une. forme plus transverse et plus inéquilatérale, avec des rides qui — vers les crochets — ne sont pas séparées par de véritables sillons, comme chez A. Degrangei. Loc. — St-Etienne d'Orthe, types (PI. I, fig. 47-50), coll. Degr.- Touzin., une paire de valves. — Helvétien. — 145 - 345. Astarte aturensis nov. sp. PI. I, fig. 32-33. Test épais. Taille petite; forme convexe, subtrigone ou subquadrangulaire, tranverse, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, beaucoup plus court et plus atténué que le côté pos- térieur qui est subtronqué à l'extrémité anale; bord palléal médiocrement convexe, raccordé par des arcs réguliers avec les contours latéraux; crochet proéminent, prosogyre, forte- ment incliné au quart de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire un peu excavé, bord supéro-postérieur rectiligne et déclive, faisant un angle arrondi avec la troncature anale. Lunule grande, très creuse, limitée à l'extérieur par un angle émoussé ; corselet droit, aplati, lancéolé; surface dorsale entiè- rement lisse, à peine déprimée sur la région anale. Charnière étroite et haute, à contour inférieur à peine bisinueux : 1 épaisse, triédrique, un peu bifide à sa racine; 3& à peine plus proéminente que la nymphe à laquelle elle est contiguë; AI longue et étroite, bordant une fossette rainurée pour la récep- tion de la lamelle opposée. Impressions musculaires inégales et inéquilatérales, l'antérieure située assez bas; ligne palléale faiblement marquée, assez écartée du bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 9,5 mill. ; diam. u.-p. : 8 mill. R. D. — Quoique nous n'ayons encore vu qu'une valve droite de cette Astarte, nous ne pouvons admettre que ce soit un jeune individu usé d'A. Grateloupi : outre que sa surface assez fraîche ne comporte aucune trace de sillons concentriques, la forme de la valve est beaucoup plus inéqui- latérale et plus quadrangulaire; à dimensions égales, elle est sensiblement plus bombée. Elle n'a, d'autre part, aucune analogie avec A. Degrangei qui est ornée et plus plate, ni avec aucune des variétés d'A. incrassata dont le côté antérieur est plus long que l'autre, à l'inverse de ce que l'on constate ici. En dehors de l'Aquitaine, nous n'apercevons pas d'espèce avec laquelle on pourrait confondre A. aturensis qui parait localisée aux envi- rons de Dax. Loc. — Dax (Maïnot), unique (PI. I, fig. 32-33), coll. Cossmann.— Aquitaiiien. — 146 — 346. Astarte (Goodallia) Mayeri nov. sp. PI. I, fig. 51-57. Test épais, taille très petite, forme trigone, peu convexe, subéquilatérale ; côté antérieur le plus long, arrondi ; côté postérieur déclive; contour palléal arqué, relié par des arcs à peu près égaux aux contours latéraux ; bord cardinal égale- ment déclive de part et d'autre du crochet qui est petit, mais assez proéminent, presque médian et légèrement prosogyre. Lunule et corselet petits, mais distincts. Surface dorsale lisse et brillante, légèrement bombée au milieu, assez subitement comprimée sur les côtés. Plateau cardinal étroit et assez haut; charnière réduite — sur la valve droite — à 1 grosse, triédrique, non bifide, perpendi- culaire sous le crochet; AI étroite et très longue, formant avec le bord cardinal une longue rainure pour loger le bord anté- rieur, taillé en biseau, de la valve opposée; 2 a et 2 b à peu près également fortes, divergentes; PII longue et étroite, formant avec le bord cardinal la rainure logeant le bord postérieur biseauté de la valve droite; nymphes petites. Impressions musculaires bien marquées et rapprochées du bord, surtout l'antérieure qui est surmontée d'une minuscule impression pédieuse. Bord palléal crénelé à l'état adulte. Dim. Diamètre : 2 mill. R. D. — On pourrait, au premier abord, surtout lorsque son bord est lisse, confondre cette coquille avec une Lutetia dont elle a le galbe, mais l'examen des charnières permet aisément de séparer ces deux espèces qui appartiennent à des groupes bien différents. Cette G. Mayeri est vrai- semblablement la coquille de Saucats (Eglise) que Mayer a envoyée à Hœr- nes sous le nom Astarte inopinata et que le savant viennois réunit à l'espèce vivante Astarte triangularis [Mont.]; mais, comme il ne nous est pas pos- sible de l'affirmer, nous ne pouvons reprendre ce nom resté manuscrit et nous dédions l'espèce au savant qui a fait connaître une grande partie de la faune que nous étudions ici. G. Mayeri nous a paru plus petit, plus trian- gulaire, plus haut que G. triangularis signalée fossile en Touraine et dans le bassin de Vienne. ._ 147 — Loc. — Léognan (Sangsueyre) valve gauche (PI. I, fig. 51-53), coll. Degrange-Touzin; Saucats (Lagus), valve droite (PI. I, fig. 54-57), même coll., coll. Bial-Neuville ; Saucats (M^ de l'Eglise), Léognan (Thi- baudeau), Martillac (Pas de Barreau), La Brède i^Moras sup r ), même coll. ; assez rare dans chaque gisement. Léognan (Coquillat), coll. de Sacy, Neuville. — Burdigalien. Saucats (La Sime), Salles (Minoy), Orthez (le Paren), Clermont (Lan- des), coll. Degrange-Touzin. Cazenave, coll. de Sacy. — Helvétien. 347. Astarte (Digitaria) burdigalensis [Deshayes]. PI. I, fig. 58-61. 1825. Lucina digitalis Hast. Mém. géol. Bord., p. 87, (non Lk.). 1860. TS'Oodia burdigalensis Desh. An. s. vert. (éd. 2), I, p. 701. 1862. — Semper. J. C, X, p. 143. 1874. Goodallia burdigalensis Ben. Cat. Saucats, p- 60. 1886. Digitaria burdigalensis Dollf. et Daatz. Et. prél. Tour., p. 6. 1894. Woodia sp? Degr.-Touz. Et. prél. foss. Orthez, p. 413. 1901. Digitaria burdigalensis Dollf. et Dautz. Nouv. liste Péléc, p. 25. 1901 . Digitaria digitaria Dollf. et Dautz. Nouv. liste Péléc, p. 25 (non Lk.). 1909. Digitaria burdigalensis Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 264, pi. XVIII, fig. 17-2L Test peu épais. Taille très petite; forme arrondie, un peu transverse-, subéquilatérale; côté antérieur à peine plus long que le postérieur, mais un peu plus ovalaire; contours palléal et latéraux arrondis; bord cardinal faiblement arqué de part et d'autre du crochet qui est presque médian et faiblement pro- sogyre. Lunule et corselet peu distincts. Surface dorsale médio- crement bombée, ornée de stries légèrement excentriques, étroites et assez profondes, écartées dans la région umbonale plus serrés sur les côtés latéraux et aussi vers le bord palléal auquel elles aboutissent obliquement. Charnière : 3 a très obsolète, indistincte; 1 forte, triédrique, bifide; 3& petite, soudée à la nymphe; AI assez saillante, écar- tée du crochet, PI rudimentaire; 2„ et J ± b à peu près également fortes, bifides, très divergentes; PII bien marquée, AU plus faible. Impressions musculaires bien gravées, surtout l'antérieure — 148 — qui est réni forme et surmontée d'une impression pédieuse punctiforme, la postérieure est arrondie; ligne palléale éloi- gnée du bord qui est lisse. Dim. Diam. a. -p. : 6,5 mill.; diam. u.-p. : 6 mill. R. D. — Benoist a le premier donné une description complète de cette espèce, mais il se trompa en la plaçant dans le G. Goodallia. Il a complè- tement méconnu les caractères des G. Digitaria (= Woodia) et Goodallia. Digitaria burdigalensis a beaucoup d'analogies avec D. digitaria auquel il pourrait à la rigueur être rattachée titre de mutation; cependant la forme de l'Aquitaine a la charnière plus faible, la taille plus petite, le galbe moins bombé, les stries généralement moins excentriques et plus serrées. Elle précède, dans notre Helvétien et dans celui de la Touraine, la forme actuellement vivante qui apparaît dans le Rédonien (Tortonien pars) de l'Ouest de la France et que l'on trouvera catalogué ci-après. Loc. — Saucats (La Sime) plésiotypes (PI. I, fig. 58-61), coll. Degrange-Touzin ; Salles (Largileyre, Débat, Minoy), toutes les coll. peu rare. Ortbez (Housse, Paren), Salies-de-Béarn, Clermont (Landes), coll. Degr.-Touz., assez rare. Cazenave, coll. de Sacy, Bial-Neuville. — Hel- vétien. Martillac (Pas de Barreau), La Brède (Moras), coll. Degrange-Touzin. Cestas, coll. de Sacy, une valve. Saucats (Giraudeau), coll. Bial-Neuville. — Btii'dicjalieii. 348. Astarte (Digitaria) digitaria (Linné); var.? PI. Il, fig. 1-4. 1767. Tellina digitaria L. Syst. Nat., XII, p. 1120. 1782. — Chemn. Conch. Cab., VI, p. 126, pi. XII, fig. 121. 1818. Lucina digitalis Lk. An. s vert., V, p. 544. 1836. Phil. En. Moll. Sic, I, p. 33, pi. III, fig. 19. 1853. Astarte digitaria Wood. Crag. Moll , 2, 190, pi. XVII, fig. 8. 1874. Woodia digitaria Wood. Crag. Moll., suppl. 2, p. 141, pi. X, fig. 8. 1903. Digitaria digitaria Dollf. Mioc. sup. Bedonien (A. F. A. S.), p. 658. 1905. Dollf. Mioc. sup. Gourbesville (A. F. A. S), p. 363. 1909. Lucina (Digitaria) digitaria Dollf. Berk. Plioc. Nord Tage, p 37, PI. III, fig. 23-24. R. D. — La forme de l'Aquitaine ne diffère du type que par sa taille plus faible, et par l'extrême excentricité de ses stries qui sont de plus très écartées et au nombre de neuf ou dix seulement. — 149 — Loc. — St-Denis-d'Oloron (1) (PI. II, fig. 1-4), trois valves coll Degrange-Touzin. Variété? — Redonieii. Cénacle : CARDITACEA Menke, 1830 [restr. in Dali, 1900]. Animal byssifère. Coquille cordiforme, parfois mytiloïde, presque toujours ornée de côtes rayonnantes; ligament généra- lement interne; charnière lucinoïde : 2, 4&, 3 a , 3& très allongée parallèlement à la nymphe; lamelles latérales non constantes; impressions pédieuses au-dessus de celles des adducteurs des valves; ligne palléale entière. Laissant de côté les Familles — soit représentée dans notre région néogénique : Condylocardiidx Bern. 1897, caractérisée comme on l'a vu ci-dessus, par la présence d'un ligament interne (Carditella Smith, 1881 ; Carditopsis Smith, 1881; Condylocardia Bern. 1897); — soit inconnue dans le Sud Ouest de la France : Thecaliïnœ Dali, 1903, caractérisée par la partie marsupiale interne (Thécalia H. et A. Adams, 1857; Milneria Dali, 1881 = Ceropsis Dali, 1871, non Solier, 1839; — il ne reste à définir que les Carditidœ. Fam. CARDITID.E Fleming, 1820 (Carditadœ). Coquille équivalve, solide, à crochets prosogyres et anté- rieurs; ligament toujours externe; charnière épaisse où pré- dominent 2 pyramidale et 3^ allongée; commissure des valves fortement crénelée par les côtes. Cette Famille est très ancienne, puisqu'elle est authentiquement repré- sentée dans le Trias des Alpes par le Genre Palœocardita Conrad, 1867 (C. austriaca Hauer, C. crenata Munst. coll. Cossmann) et peut être aussi par le G. Pachycardia Hauer, 1857 (P. rugosa Hauer). On en trouve égale- ment quelques espèces dans les terrains mésozoïques, et de nombreuses formes dans les couches tertiaires, depuis la base jusqu'aux dépôts les plus récents. (1) Bien que l'île d'Oloron soiL un peu en dehors des limites territoriales que nous nous sommes tracées dans celte étude, nous décrivons à l'occasion, les fossiles pro- venant de ce gisement intéressant que notre savant confrère M. Degrange-Touzin a étudié il y a quelques années (A.S.L.B., LX1, p. 17), mais dont la position slrati- graphique exacte est encore peu certaine. — 150 — D'après les éléments de la charnière, nous divisons cette Famille en trois Genres : Cardita, Venericardia et Pleuromeris, tous trois représentés en Aquitaine. CARDITA Brug. 1789 (fixé in Lamk. 1799). Forme toujours oblongue et parfois sinueuse; lamelles laté- rales toujours présentes dans le jeune âge, parfois effacées à l'état gérontique. S. sti*. (= Mytilicardia Blainv. 1824, — Jesonia Gray, 1840), — Valves très inéquilaté raies, à crochets parfois terminaux du côté antérieur; bord palléal rectiligne ou même excavé pour le passage du byssus; côtes saillantes et écailleuses; lunule cordiforme, excavée, limitée par une rainure; corselet linéaire; charnière échancrée sur son contour inférieur : 3 a mince, pres- que confondue avec le bord lunulaire; 3& en forme de marteau, la tête triédrique, la queue s'allongeant parallèlement à la A1W ' M Fig. 5. — Cardita calyculata. Lin. Viv, nymphe et striée sur sa face supérieure; AI réduite à une faible protubérance au-dessous de 3 a ; 2 triédrique sous le cro- chet, ii, mince et très saillante, striée sur ses deux faces; AU pointue quand elle est visible; PII très peu proéminente et un peu plus allongée; impressions pédieuses (adducteurs du pied) placées au-dessus des impressions musculaires, et la postérieure confluente; bords inégalement crénelés (G. -T. : Chama calyculata Lin. Viv.). L'habitat de ces coquilles dans les rochers et fonds graveleux déforme nécessairement leurs contours, et cependant elles présentent un faciès assez homogène dans chaque espèce, le nombre des côtes varie peu, ainsi que leur ornementation; mais c'est surtout à la charnière qu'il faut se fier pour distinguer les différentes espèces, attendu qu'elle est tout à fait — 151 — constante dans chaque espèce, de même que la position des crochets qui est d'ailleurs en corrélation directe avec la disposition plus ou moins inclinée des cardinales; quant aux lamelles latérales, généralement visi- bles chez les individus népioniques, elles s'oblitèrent souvent à mesure que la coquille vieillit, de sorte qu'il est à peu près impossible d'en cons- tater l'existence sur les exemplaires gérontiques, souvent usés en outre dans les faluns. On ne connaît au début que de très petites Cardita s. str. à partir de l'Éocène moyen; mais dans le Miocène, les espèces atteignent une taille géante, et en tous cas bien supérieure à celle des formes actuelles. Section Glans Mégerle, 1811. — Valves courtes, quadrangu- laires, assez convexes; région anale plus ou moins excavée; fit U h 5 -* Fig. 5. — Glaus trapezia Lin. Viv. séparée de la surface dorsale par un angle souvent armé d'as- pérités subépineuses; cardinales semblables à celles de Car- dita s. str.; lamelles latérales bien marquées, Al plus écartée et très saillante, PI souvent visible, Ail et PII assez proémi- nentes (G. -T. : Chaîna trapezia Lin. Viv.). Ce n'est pas seulement par sa forme et son ornementation que cette Section diffère de la précédente, mais c'est surtout par sa charnière : 3a est encore plus soudée au bord lunulaire, 3fc est plus trigone et moins longue; les lamelles latérales sont plus saillantes et au complet toutes les quatre. Ce sonl généralement de petites espèces, sauf dans le Miocène où l'on trouve des formes de moyenne taille; celles de l'Eocène sont extrême- ment courtes (C. calcitrapoides Lamk., C. densecostata Cossm.) et très convexes. Section Carditamera Conrad, 1838. — Forme parallélipi- pédique; valves avec les lamelles latérales bien développées chez l'adulte; 3 ft souvent obsolète (G. -T. : C. arata Conrad, Mioc). D'après les figures publiées par Whitfield (Mioc. New Jersey, pi. IX, fig. 5-6), cette coquille ne différerait de Cardita s. str. que par sa forme — 152 - régulièrement rhomboïdale, plus allongée que celle de Glans; M. Dali ajoute — au sujet de la charnière — quelques détails que nous avons tex- tuellement reproduits ci-dessus. Dans l'Aquitaine, il y a deux espèces (C. Auingeri Hœrn., C. rusticana Mayer) qui pourraient peut-être se rappro- cher de cette Section, mais que nous ne séparons pas de Cardita s. str. parce qu'elles s'y relient par d'autres formes intermédiaires; nous ne croyons donc pas utile de reprendre cette Section. Section Beguina Bolten 1798 (in Morch, 1853) = Azarella Gray, 1852 (G. -T. : Chama phrenetica Born. Viv.). Nous n'avons pas à nous occuper ici de ce groupe tout à fait modioli- forme, pour lequel le nom générique à adopter devrait être plutôt celui de Gray, Morch n'ayant ressuscité qu'un an plus tard la dénomination de Bolten. Section Lazariella Sacco, 1899. — Forme ovoïdo-trigone on trapézoïdale, ornée de grosses côtes écartées; 3 a très sail- lante, 3b scalène, AI rudimentaire, AU et PII bien visibles (G. -T. : Card. subalpina Michelotti, Mioc). Munie d'une dépression et d'une troncature anales comme Glans, cette coquille s'en écarte par ses côtes rayonnantes, par ses lamelles latérales beaucoup plus obsolètes, surtout sur la valve droite. M. Dali — qui n'a probablement pu étudier des valves en nature — confond cette Section avec Carditamera qui n'y ressemble en aucune façon. M. Sacco a rappro- ché son Sous-Genre de Venericardia ou d' 'Actinobolus ; nous ne partageons pas cette opinion, c'est simplement une Section de Cardita. On ne la ren- contre que dans le Miocène inférieur et moyen. 11 est probable que c'est à Cardita qu'il faut encore rattacher les Sous- Genres Cossmannella Mayer (1897) de I'Eocène d'Egypte, et Goossensia Cossm. (1887) des environs de Paris. 3i9. Cardita elongata Bronn. PI. II, fig. 7-8 et 13-14. 1831. Cardita elongata Bronn. Ital. Tert., p. 105. 1836. Cardita calyculata Phil. Enum. Moll. Sic, I, p. 54 (ex parte foss.). 1860. — Reuss. Mar. Tert. Bôhmens, p. 46 (non Lin.). 1864. Mayer. Tert. Azoren, p. 25. 1870. Cardita elongata Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 276, pi. XXXVI, fis- 9. - 153 — 1873. Cardita elongata Benoist. Cat. Saucats, p. 58, n° 150. 1882. Mytilicardia elongata Font. Moll. Plioc. Rhône, II, p. 127, pi. VIII, fig. 22-23. 1899. Cardita rufescens, var. elongata Sacco. Loc. cit., XXVII, p. 6, pi. I, fig. 10-14. 1907. M. calyculata var. oblonga Aimera. Plioc. Barcelona, p. 235, pi. XII, fig. 7. 1907. Cardita elongata Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mar., 1, p. 132, pi. XII, fig. 15-16. 1909. Cardita calyculata Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 284, pi, XX, fig. 1-15 (omnes). Test médiocrement épais. Taille parfois très grande ; forme convexe, très allongée, très inéquilatérale; côté antérieur extrê- mement court, le crochet étant presque à l'aplomb du contour buccal qui est brièvement arrondi; côté postérieur formant presque toute la longueur de la coquille, largement ovale, non tronqué suivie contour anal; bord palléal rectiligne ou un peu excavé; bord supéro-postérieur s'élevant beaucoup au-dessus du crochet. Lunule courte et bombée, limitée par une pro- fonde rainure; corselet linéaire, atteignant la moitié de la longueur des valves ; surface dorsale marquée d'une dépres- sion peu profonde qui r .yonne du crochet vers la sinuosité du contour palléal, tandis que la région postérieure est plutôt gïbbeuse; région anale peu ou point déprimée; ornementation composée de douze à quinze côtes rayonnantes, assez écartées, surtout à l'arrière, à peine égales aux interstices qui les sépa- rent et qui sont simplement striés par les accroissements; sur les côtes, au contraire, on aperçoit des aspérités squameuses assez serrées, plus écartées et plus saillantes sur les grosses côtes anales. » Charnière assez étroite, fortement arquée au-dessus de la cavité umbonale; 3 a perpendiculaire sous le crochet et pres- que confondue avec le bord; 3/, triédrique, se prolongeant en arrière par une large arête rectiligne ; 2 formant une pyramide épaisse et assez haute, séparée — par une fossette scalène — de 4ft qui s'allonge en droite ligne tout contre la nymphe; celle-ci est aplatie, presque aussi longue que le corselet dont il. — 154 — elle séparée par une fine rainure; lamelles latérales peu dis- tinctes même sur les valves du Pliocène. Impression du mus- cle antérieur profondément gravée, subcirculaire; impression du muscle postérieur cordiforme, presque deux fois plus grande que l'autre; impression palléale finement gravée, imparfaitement parallèle au bord palléal qui est lacinié par des crénelures très inégales, larges et profondes à l'arrière, plus serrées et plus superficielles en avant. Dim. Diam. a. -p. 30; cliam. dorso-ventral : 17 mill. R.-D. — Il est incontestable que C. calyculata Lin. et C. elongata Bronn., sont des coquilles très polymorphes, la première de la Méditerrannée, la seconde exclusivement à l'état fossile, dans la plupart des gisements miocéniques et pliocéniques où on l'a citée, en la confondant fréquemment avec la première, précisément à cause de cette variabilité extérieure : la forme des valves et le nombre des côtes rayonnantes varient, en effet, dans de larges limites, dans les mêmes gisements, de sorte que si nous ne nous fondions que sur ces critériums, nous aurions certainement suivi l'exemple de MM. Dollfus et Dautzenberg qui — pour la Touraine — ont réuni leurs spécimens à l'espèce vivante, en distinguant simplement les grands échantillons sous le nom var. elongata. Mais, si l'on prend la peine d'examiner les charnières des deux espèces, on s'aperçoit immédiatement qu'il n'est pas possible de les confondre ensemble : celle de C. calyculata est plus concentrée et plus incurvée; chez C. elongata au contraire, 4b est toujours plus rectiligne et plus allongée, de même que 3b sur l'autre valve; par suite, la fossette qui sépare 4b de 2 est beaucoup moins large et plus longue que celle de C. calyculata. Il en résulte un aspect très différent qui frappe l'observateur dès le premier coup d'œil, et cette différence est absolument constante : on la constate tout d'abord sur les fig. 5, 6 et 13 de la pi. XX de la Conch. du Mioc. de la Loire, comme aussi sur la planche 38 des Mollusques du Roussillon (fig. 12-13); pas un de nos nombreux spécimens d'Asti, de Monte-Mario, de San Miniato, de Bollène, de Lapugy (coll. Cossmann) n'y fait exception ; c'est seulement dans quelques rares gisements du Pliocène (Biot, Bus- sana, coll. Cossmann), comme aussi dans ceux que M. Dollfus a signalés dans sa Monographie du Pliocène au Nord du Tage, qu'on commence à constater l'existence beaucoup plus tardive de C. calyculata, avec sa dent 4b courte et incurvée. D'aulre part, la taille de C. elongata est généralement bien plus grande que celle de C. calyculata dont les côtes sont plus anguleuses et tripartites sur la région médiane; mais ce dernier critérium n'est pas absolument — 155 — sûr, d'autant plus qu'il n'apparaît que quand la surface externe est fraîche- ment conservée — ce qui est rare chez les fossiles. En résumé, C. elongata a vécu du Miocène inférieur au Pliocène supé- rieur, sans qu'on puisse y distinguer de mutations utiles pour caractériser les niveaux stratigraphiques, et avec des variétés dont on trouvera l'énu- mération dans le Mémoire de MM. Dollfus et Dautzenberg; tandis que C. calyculata n'a apparu que dans le Pliocène et s'est prolongée jusqu'à l'époque actuelle. Loc. — Saucats (le Peloua), valve gauche (PI. II, fig. 7-8), coll. de Sacy; Giraudeau, coll. Benoist; Pont-Pourquey (M* 11 de l'église), coll. Degrange-Touzin. Dax (Mandillot), même coll. — Burdigalien. Mérignac, peu rare; valve droite (fig. 13-14), coll. Benoist; coll. Bial, Duvergier, Degrange-Touzin, Peyrot. Noës (le Peugue), Léognan (le Thil inf.), Bazas (Marivot), coll. de Sacy. St-Morillon, Balizac, St-Avit, Sau- cats (Lariey), Noaillan (la Saubotte), coll. Degrange-Touzin. — Aqui- taiiicn. Orthez (le Paren), Salies-de-Béarn, Narrosse, Parleboscq (La Guirande), Sallespisse, Saubrigues, une valve gauche, coll. Dumas, coll. Degrange- Touzin. — Hclvétieii et Tortonieii. 350. Cardita crassa Lamarck. PL II, fig. 5-6 et 11-12. 1819. Cardita crassa Lk. An. s. vert., VI, p 27. I82i. Desh. Coq. foss. env. Paris, pi. XXX, fig. 17-18. 1830. Desh. Encycl. méth., II, p. 201. 1837. — Duj. Mém. Tour., p. 264. 1838. — Grat. Cat. Gironde, p. 61. 1844. — Pot. et Mich. Gai. Douai, p. 160, pi. LXI, fig. 1. 1865. Cardita crassicosta Horn. Tert. Beck. Wien, II, p. 264, pi. XXXIV, fig. 14-15, (non Lk.). 1874. Cardita crassa Tourn. Paléont. Biarritz, p 8. 1886. — Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 6. 1897. Cardita crassicosta Degr.-Touz. Et. prél. Orthez, p. 412 (non Lk.). 1897. — Raulin. Stat. Landes, p. 299 (non Lk.). 1899. Cardita crassa Sacco. I Moll. terz. Piem. XXVII, p. 7, pi. I, fig 21. 1909. — Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 286, pi. XIII, fig. 1-16 (pars). Test très épais. Taille grande; forme trapézoïde, oblongue- transverse, très inéquilatérale; côté antérieur très court, un peu plus rétréci que le côté postérieur; bord palléal presque — 156 — droit, quoique un peu sinueux, excavé au milieu; bord buccal arrondi, régulièrement raccordé avec le bord palléal; bord anal obliquement tronqué; bord cardinal très faiblement arqué en arrière du crochet, qui est presque terminal, gonflé, pro- sogyre. Lunule très petite, enfoncée; surface externe irré- gulièrement bombée, gibbeuse et subcarénée dans sa partie moyenne, brusquement déclive sur le côté anal, ornée d'envi- ron quinze ou seize côtes rayonnantes, convexes, assez peu saillantes, contiguës, séparées par des sillons peu profonds; sur la partie postérieure de la région dorsale on remarque trois ou quatre côtes beaucoup plus grosses que les autres, dont la dernière limite la déclivité excavée de la région anale, ou les trois dernières côtes sont plus étroites, plus droites, moins marquées; toutes sont couvertes de tubercules irré- guliers, dont quelques-uns se relèvent en squames larges et peu élevées. Plateau cardinal allongé et étroit : 3 a soudée au bord lunu- laire; 3/,, forte, triédrique, retroussée, striée sur ses faces laté- rales dont l'externe, parallèle à la nymphe, en est séparée par un sillon assez profond ; 2 séparée du bord lunulaire, inclinée; 4& étroite, allongée parallèlement à sa nymphe, on ne distingue pas de lamelles latérales sur les échantillons que nous avons sous les yeux. Impressions musculaires inégales, grandes et profondes, surtout l'antérieure qui est arrondie, tandis que la postérieure est longue et palmulée; impression palléale écartée du bord qui est largement lacinié par ses crénelures dont la grosseur est en harmonie avec l'épaisseur des côtes. Dm. Diam. a. -p. : 90 mill. ; diam. u.-p. : 55 mill. (1). R. D. — L'aire de dispersion géographique de cette espèce est extrê- mement grande; on la trouve en effet dans le Burdigalien et surtout l'Hel- vétien de l'Europe, de l'Asie Mineure, de l'Afrique septentrionale ; cela explique les nombreuses variétés signalées par les divers auteurs. On doit considérer comme type la forme de Touraine primitivement décrite par (1) Dimensions mesurées sur une valve de la Touïaine. - 157 — Lamarck. On la retrouve dans le Burdigalien de Dax, l'Helvétien des environs d'Orthez, etc.; on en a lu la description ci-dessus, mais elle est surtout caractérisée par sa grande taille, sa forme ovale-transverse, son bord dorsal presque parallèle au bord palléal, ses côtes ne portant que de rares squamules. Elle est figurée par MM. Dollfus et Dautzenberg (Coneh. Mioc. Loire, pi. XIII, fig. 1 à 5, 15, 16). M. Sacco a choisi comme type de l'espèce une forme de Touraine qui ne correspond pas à ces caractères et qui pour nous représente la var. sororcula May. C. crassa a été souvent assimilée, notamment par Hœrnes, à C. crassicosta, espèce vivante de TOcéan Indien, dont elle diffère (comparaison faite avec nos spécimens, coll. Cossmann) par son test plus épais, par sa forme moins incurvée, par ses crochets situés moins en avant, par sa charnière plus forte, par ses côtes plus nombreuses beaucoup moins écartées du côté postérieur : chez l'espèce vivante, cinq côtes seulement occupent les deux tiers postérieur de toute la surface externe. D'après la comparaison avec des spécimens pliocéniques d'Asti (coll. Cossmann), C. elongata Bronn, diffère de C. crassa par ses côtes moins nombreuses (douze seulement), séparées par dès rainures plus larges, croissant plus régulièrement d'avant ei. arrière ; d'ailleurs, pour une même hauteur, les spécimens de l'espèce astienne ont généralement une lon- gueur de 20 °/o plus grande; il y a enfin quelques petites différences dans l'inclinaison des dents de la charnière des deux espèces. En définitive, l'espèce de Touraine a débuté bien auparavant dars l'Aquitaine. Loc. — St-Paul de Dax (M^ de Cabannes), valve gauche usée (PI. II, fig. 5-6), coll. Degrange-Touzin ; Dax (Maïnot), valve droite (fig. 11-12), coll. Cossmann; très rare. Martillac (Breyra), coll. Degrange-Touzin. Léognan (le Thil inf.), coll. de Sacy. — Aquitauieii supérieur et Burdigalien. Sallespisse, Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin, rare. — Ilel- vétien. 351. Cardita crassa Lamarck; var. sororcula Mayer. PI. II, fig. 9-10 et 31-32. ?1830. Cardita crassa, var. A, Desh. Ency r clop., vol. 2, p. 201. 1865. Cardita elongata Hom. Tert. Beck. Wien, 2, p. 276, pi. XXXVI, fig. 9 (non Bronn ). 1894. Cardita sororcula Mayer. Journ Conch., vol. 42, p. 125. 1909. Cardita crassa Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 286, pi. XIII, fig. 6-14 (tantum). — 158 — R. D. — Elle est toujours de taille plus petite que le type, moins allon- gée, quadrangulaire et non ovale-transverse; son côté antérieur est sou- vent un peu plus allongé, son côté postérieur est toujours plus dilaté, le bord cardinal étant divergent par rapport au bord palléal ; enfin la tronca- ture anale est moins oblique. Les côtes généralement plus nombreuses — 18 à 19 — sont plus abondamment squameuses et à peu près toujours pourvues de costules latérales qui sont rares dans la forme typique; leur épaisseur augmente non moins subitement vers la partie postérieure de la région dorsale. Les fig. de la Conch. du Mioc. de la Loire (pi. XIII, fig. 6-14) représentant cette var. Nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'échan- tillons népioniques de C. crassa, les caractères que nous avons énumérés étant assez distinctil's, mais lorsqu'on réunit un assez grand nombre de spécimens — comme en Touraine où cette forme est commune (coll. Peyrot) — on les voit passer graduellement au type, de sorte que C. soror- cula doit être seulement envisagée comme une variété de C. crassa et non comme une espèce distincte ainsi que le proposait Mayer. On distingue C. sororcula de C. calyculata surtout par sa forme quadrangulaire, moins allongée par la dilatation de son côté postérieur; à ce propos, nous ferons remarquer que — par suite probablement d'une erreur d'impression, MM. Dollfus et Dautzenberg (l. c, p. 288) indiquent que C. sororcula n'est qu'une variété « moins dilatée du côté postérieur » de C. crassa : c'est « plus dilatée » qu'il faut lire. Loc. — Saucats (Pont-Pourquey), une valve droite (Pi. II, fig. 9-10), coll. Benoist. — Burdigalien. Villandraut (Gamachot), coll. Degr.-Touz. — Aquitaiiien. Peyrère, coll. Raulin (niveau à préciser). 352. Cardita Auingeri Hœrnes. PL II, fig. 21-22. 1865. C. Auingeri Hœrnes. Tert. Beck. Wien, p. 275, pi. XXXVI, fig. 8. Test peu épais. Taille petite; forme médiocrement convexe, étroitement oblongue, très inéquilatérale; côté antérieur très court, arrondi, beaucoup plus atténué que le côté postérieur qui est ovale, non tronqué sur son contour anal; bord palléal à peine arqué, parallèle — dans son ensemble — au bord cardinal; crochet petit, plus proéminent, prosogyre, situé au septième de la longueur de la valve, du côté antérieur; bord supéro-postérieur presque rectiligne, ne s'élevant guère au- dessus du crochet. Lunule très petite, quoique cordiforme, — 159 — limitée par une strie; corselet linéaire; surface dorsale peu bombée, à peine déprimée sur la région anale qui n'est pas dis- tinctement séparée; ornementation composée d'une vingtaine de côtes épaisses, séparées par des intervalles deux fois moins larges — du côté postérieur — et aussi larges sur la région buccale; elles paraissent presque aplaties et presque lisses au milieu, plus saillantes et surtout plus squameuses aux extré- mités, particulièrement à l'arrière où les aspérités forment des côtes tuberculeuses; les intervalles sont lisses. Charnière étroite et longue, excavée en arc de cercle au- dessus de la cavité umbonale; 2 petite et triédrique, séparée — par une fossette relativement courte et étroite — de i& qui est moitié plus courte que la nymphe très étroite ; A II assez grosse, très voisine de 2, contre une fossette bien marquée pour loger AI; PII et PIV épaisses et plus allongées, enca- drant la fossette de PI. Impressions musculaires inégales, l'antérieure subquadrangulaire, la postérieure allongée et pal- mulée ; impression palléale non parallèle au bord, plus écar- tée en avant; crénelures assez grosses, surtout allongées en arrière. Dim. Diam. a. -p. : 14 mill. ; diam. u.-p. : 7,5 mill. R. D. — Cette espèce ressemble à C. elongata par sa forme allongée; elle en diffère — non seulement par le nombre et la largeur de ses côtes plus aplaties — mais encore et surtout par sa charnière dont la dent 4z> est plus courte, moins rectiligne, ainsi cpie par ses lamelles latérales mieux marquées; d'ailleurs ses crochets sont situés moins en avant, et les aspé- rités de ses côtes postérieures sont moins proéminentes; enfin le bord palléal n'est ni complètement rectiligne, ni surtout sinueux comme cela arrive souvent chez l'autre espèce. Sa forme très étroite est très carac- téristique : il n'y a guère d'autre espèce du même groupe dont la longueur atteigne presque le double de la hauteur; à ce point de vue, il est même inutile de la comparer avec C. crassa ni avec la var. sororcida, indépen- damment des autres différences ci-dessus signalées. Loc. — St-Etienne-d'Orthe, plésiotype unique (PI. II, fig. 21-22), coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. Cestas, valves gauches seulement (fig. 31-32), coll. Degrange-Touzin ; coll. Bial-Neuville (par unité dans chaque collection). — Burdigalien. 160 353. Cardita rusticana Mayer. PL II, fïg. 15-20. 1861 . Cardita rusticana Mayer. Journ. Conch., p. 361. 1874. Ben. Cat. Saucats, p. 58 n° 151. 1889. Fallot. Fossiles de Darriet (P.-V. S. L. B.)p. lxiv. 1895. — Degr.-Touz. Foss. duTliil (P.-V. S.L. B.)p. lxxiii. 1899. — Sacco. 1 Moll. terz. Piem, XXVII, p. 8. 1909. Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 284. 1909. Dollf. Essai et. Aquit. p. 24 et 44, n° 106. Test peu épais. Taille petite. Forme trapézoïdale, très iné- quilatérale ; côté antérieur très court, arrondi ; côté postérieur beaucoup plus long, obliquement tronqué ; bord palléal pres- que rectiligne, tout à fait parallèle au bord cardinal, réguliè- rement raccordé par un arc de cercle avec le bord buccal, et par un angle arrondi d'environ 70° avec le bord anal qui est obliquement rectiligne; bord supérieur très court et arqué en avant du crochet, rectiligne et très long en arrière ; crochets médiocrements gonflés, prosogyres, situés au sixième anté- rieur de la longueur des valves. Lunule courte, lancéolée, lisse, limitée par un profond sillon; corselet étroit, peu dis- tinct. Surface extérieure peu bombée en avant, sub-carénée en arrière, déprimée sur la région anale, ornée de vingt-et-une côtes, étroites, arrondies, séparées par des intervalles plus larges qu'elles, mais qui se rétrécissent dans la région posté- rieure, où — en avant de la carène — il y a deux ou trois côtes plus fortes ; toutes portent un grand nombre de tuber- cules transverses, contigus, aussi larges que les côtes, se transformant en squamules sur le côté postérieur; les inter- valles sont finement striés. Plateau cardinal étroit, limité inférieurement par une ligne anguleuse sous le crochet; charnière : 3 a très mince, à peine distincte du bord lunulaire ; 3&, étroite, longue, légèrement incurvée, retroussée parallèlement à la nymphe dont la sépare un sillon profond; AI très faible, formant le rebord inférieur d'une fossette arrondie un peu en avant du bord lunulaire - 161 — saillant qui simule une latérale A III ; 2 a bien nette quoique relativement petite, triédrique, séparée par une fossette sca- lène de 4 b étroite, allongée; AU formant un dentelon obtus souvent effacé. Impressions musculaires, assez profondes, placées très près du bord cardinal, l'antérieure ovalaire, la postérieure plus grande, cordiforme; impression pédieuse antérieure petite, pas très profonde. Impression palléale écartée du bord qui est fortement crénelé, surtout en arrière. Dim. Diam. a. -p. : 26 mill. ; diam. u.-p. : 17 mill. R. D. — M. Sacco a figuré (XXVII, pi. II, fig. 9) une espèce qu'il rap- porte avec doute à C. rusticana sous le nom var. taurinensis ; la forme, la taille, l'ornementation de cette coquille l'éloignent beaucoup de notre fos- sile du Bordelais; il est vraisemblable qu'il s'agit d'une espèce différente, le spécimen est d'ailleurs assez fruste et l'auteur n'a fait figurer qu'une vue antérieure. C. rusticana appartient au groupe si polymorphe de C. caly- culata, mais il se distingue aisément des spécimens vivants et fossiles de cette dernière qui a les crochets presque terminaux, le bord cardinal moins parallèle au bord p'alléal, les côtes moins nombreuses, plus larges et moins régulièrement ornées. C. Auingeri se rapproche davantage, par son galbe, de C. rusticana; mais son test est plus mince, ses côtes sont plus larges, plus régulièrement et plus fortement squameuses dans la région anale. Bien que C. rusticana ne soit pas commune, elle varie un peu dans son galbe qui est plus ou moins transverse. Mayer n'ayant pas donné de figu- ration de C. rusticana, nous choisissons comme néotypes des échantillons dont les dimensions se rapprochent le plus de celles données par l'auteur. Loc. — Léognan (Le Thil inf 1 '), néotypes (PI. II, fig. 15-18), coll. Degrange-Touzin; coll. de Sacy, Bial-Neuville. St- Morillon (Chiret), var. plus étroite (PI. II, fig. 19-20); St-Selve (Raton-Durand), St-Médard- en-Jalle (Gajac), Pessac (vallée du Peugue), Martillac, même coll. peu commune, presque à l'état d'unité par gisement. — Aquitaiiien. 354. Cardita (Glans) trapezia [Linné]. PI. II, fig. 23-30. 1767. Chama trapezia Lin. Syst. nat. (éd. 12), p. 1138. 1792. Cardita trapezia Brug. Encycl. méth., p. 407, pi. CCXXXIV, fig. 7. 1819. — Lk. An. s. vert , VI, p. 23. 1837. — Duj. Mém. Tour., p. 54. — 162 — 1838. Carclita trapezia Grat. Cat. Gironde, p. 62. 1874. — Ben. Cat. Saucats, p. 57, n° 149. 1874. — Tourn. Fal. Ses, p. 17-45 {pars). 1881. — Bardin. Paléont. Maine-et-Loire, p. 24. 188G. Carclita (Glans) trapezia Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 6. 1891. Carclita trapezia Bucq. Dollf. Dautz. Moll. Rouss., II, p. 231, pi. XXXVIII, fig. 21-25. 1899. Glans trapezia Sacco. 1 Moll. terz. Piem., XXVII, p. 12. 1909. Carclita (Glans) trapezia Dollf. Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 294, pi. XX, fig. 16-23. Test assez épais, Taille petite; Forme trapézoïdale, très iné- quilatérale; côté antérieur très arrondi, côté postérieur ortho- gonalement tronqué; bord palléal presque totalement rectiligne et parallèle à la partie postérieure du bord cardinal qui est lui-même fort peu arqué; bord buccal arrondi, se prolongeant jusqu'au crochet; bord anal légèrement sinueux en haut, ren- contrant les bords cardinal et palléal sous des angles à peu près droits; crochets assez gonflés pour la taille de la coquille, pointus, prosogyres et situés presque à l'extrémité de la valve. Lunule petite, cordiforme, lisse, peu enfoncée, limitée par un sillon assez profond; corselet allongé, limité par une grosse côte et en portant lui-même deux ou trois autres. Surface extérieure convexe en avant, fortement déprimée sur la région anale, ornée d'environ dix-huit côtes saillantes inégales, arron- dies, au milieu, elles sont légèrement courbes, sép rées par des interslices un peu plus larges qu'elles; une ou deux côtes plus grosses, limitent la déclivité anale qui est munie de deux ou trois carènes bien plus étroites que leurs interstices; enfin vers le bord anal, il y a un angle qui limite une étroite région plus aplatie et sur laquelle il y a encore trois côtes plus gros- sières et très serrées ; les côtes médianes sont munies de cos- tules latérales, les côtes antérieures en sont parfois dépourvues; il n'en existe habituellement pas sur les côtes anales; toutes portent des crénelures transverses assez rapprochées, se trans- formant irrégulièrement en squamules, surtout sur les gros- ses côtes postérieures; les intervalles sont finement striés transversalement. — 163 — Plateau cardinal étroit et allongé; charnière : 3 a soudée au bord lunulaire; 3& triédrique, retroussée, scalène, sa face externe est parallèle à la nymphe dont la sépare un sillon étroit et assez profond; AI distante du crochet, comprimée latéralement, limitant une fossette assez allongée et peu pro- fonde; PI mince et saillante, un peu en arrière et dans le prolongement de la nymphe; 2 a distincte du bord lunulaire, étroite, inclinée « en accent grave » ; 4& très étroite, très allon- gée parallèlement à la nymphe dont la sépare un étroit sillon; A II forme un dentelon bien saillant, placé à l'extrémité du bord lunulaire ; P II mince et courte prolonge le talon de 4& et limite une petite fossette où se loge PI. Impressions musculaires assez superficielles, arrondies. Im- pression palléale écartée du bord qui est fortement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 17 mill. ; diam. u.-p. : 13 mill. R. D. — Nos coquilles sont identiques à celles de la Touraine (coll. Peyrot). La forme quadrangulaire de C. trapezia permet de la distinguer aisément; sa petite taille et l'inégalité de ses côtes, l'angle net de la région anale, l'écartent de C. intermedia à laquelle elle ressemble un peu, mais qui d'ailleurs ne se trouve qu'à un niveau plus élevé. Outre la grande différence de taille, on remarque que C. intermedia est toujours beaucoup moins iné- quilatérale, moins quadrangulaire, que son côté postérieur est moins subi- tement tronqué, et que par suite son bord anal est moins rectiligne et ne forme pas avec le bord palléal cette sorte de bec que l'on aperçoit dans C. trapezia ; il y a aussi quelques différences dans les charnières : par exemple, 4b est beaucoup plus étroit et plus oblique chez C. trapezia. Nos spécimens ne sont certainement pas de jeunes C. intermedia — ce qui serait, d'après M. Sacco (1 Moll, part. XXVII, p. 12) le cas des C. trapezia du Bassin de Vienne figurés par Hœrnes (Tert. Beck , II, pi. XXXVI, fig. 4) ; cependant nous avons sous les yeux des spécimens de Lapugy (coll. Cossmann) qui ressemblent de près à nos spécimens de l'Aquitaine. Par sa taille et sa forme quadrangulaire, C. intermedia var. quadrilatera Micht. se rapproche beaucoup de notre espèce mais ses côtes serrées, séparées par d'étroits interstices l'en distinguent à première vue. D'après MM. Dollfus et Daut- zenberg (Conch. Mioc. Loire, p. 294), C. trapezia semblerait débuter dans l'Aquitanien du Bordelais, or nous ne l'avons trouvée qu'à partir du Bur- digalien où d'ailleurs elle est assez rare — Nous ne la connaissons pas de l'Helvétien de l'Ouest du bassin de l'Aquitaine, tandis qu'elle est très abondante dans sa partie orientale, dans la région de Sos et de Gabarret — 164 — où Ton trouve en même temps que le type des échantillons de taille plus grande et à côtes un peu plus espacées, qui pourraient à la rigueur consti- tuer une variété. Loc. — Saucats (Pont-Pourquey), plésiotypes (PI. II, fig. 23-26), coll. Degrange-Touzin. Léognan (Coquillat), coll. Benoist. Saucats (La Cassagne, Giraudeau, M'Q de Lagus), fide Benoist. Assez rare. — Bm*- digalien. Baudignan; Parleboscq (La Guirande), plésiotypes (fig. 27-30), coll. Degrange-Touzin; Manciet toutes les coll.; commune. — Helvétieii. 355. Cardita {Glans) sallomacensis n. sp. PL II, fïg. 49-52, 1825. Venericardia intermedia Bast. Env. Bord., p. 80 (non Brocchi). 1852. Cardita intermedia d'Orb. Prodr., III, p. 113, 26 e et., no 2111. 1878. Ben. Tort. Gironde, p. 3. Test assez épais. Taille moyenne; forme un peu convexe, ovale -transverse, inéquilatérale ; côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est plus large et tronqué ver- ticalement; bord palléal peu arqué, régulièrement raccordé en arc de cercle avec le contour antérieur; contour anal pres- que rectiligne; crochets gonflés, prosogyres, situés à peu près au tiers antérieur des valves; bord supérieur peu arqué en arrière du crochet, presque horizontal. Lunule petite, cordi- forme, lisse et creuse, limitée par une rainure; corselet étroit, lisse, limité par un gradin; surface dorsale convexe, mais assez peu bombée, déprimée sur la région anale qui se compose de deux plans successifs; ornementation formée de vingt-et-une côtes arrondies, très saillantes, dont quelques- unes, particulièrement celles de la région médiane, sont accom- pagnées — sur chaque face latérale — d'une costule plus faible; les deux ou trois côtes qui précèdent la région anale sont plus saillantes que les autres; sur la région anale, on compte six côtes dont la troisième en partant du bord est plus grosse et plus proéminente que les autres; des tubercules transverses, étroits, arrondis, assez rapprochés, couvrent les côtes sans atteindre les costules latérales, ils deviennent squameux et — 165 — s'écartent davantage sur les dernières côtes médianes et sur la grosse cote anale; les intervalles des côtes sont finement et irrégulièrement striés. Plateau cardinal assez étroit, à contour inférieur réguliè- rement arqué; 3 a faible, soudée au bord lunulaire, striée sur sa face interne ; 3& forte, triédrique, prolongée et retroussée en arrière, striée sur ses deux faces latérales, le talon postérieur est parallèle à la nymphe et un sillon étroit et profond l'en sépare; AI courte, peu saillante, limitant une fossette où est logée AU; PI bien visible, quoique peu distincte de la nym- phe; 2„ forte, triédrique, séparée du bord lunulaire par la fossette de 3 a ; 4^ étroite, saillante et très longue, striée sur ses deux faces latérales; Ail formant un dentelon conique très net avec une petite fossette sur sa face inférieure; PII étroite et courte en arrière de la nymphe qui est aplatie et presque aussi longue que le corselet. Impressions musculaires profondes, surtout l'antérieure qui est allongée et surmontée d'une faible impression pédieuse; l'impression de l'adducteur postérieur est plus large et sub- quadrangulaire. Impression palléale écartée du bord qui est fortement et largement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 32 mill. ; diam. u.-p. : 26 mill. R. D. — Si l'on ne compare que l'ornementation, cette coquille est extrêmement voisine de C. intermedia Br. et nous l'y aurions certaine- ment rapportée, quoiqu'elle soit cependant moins élevée, avec des cro- chets moins saillants, ce qui lui donne un aspect plus oblong ; mais, outre que sa troncature anale est plus verticale et moins oblique que celle de C. intermedia, la comparaison des charnières nous fournit d'autres crité- riums qui justifient la séparation d'une mutation ancestrale et bien dis- tincte : 3a est moins granuleuse, plus obliquement confondue avec le bord, chez C. sallomacensis ; AI fait une moindre saillie sur la cavité umbonale; 2 forme une pyramide plus triédrique; la fossette destinée à loger 3a est plus haute parce que 3a a plus d'ampleur ; H est plus allongée, mais P I et PII sont plus rapprochées de l'extrémité de la nymphe. Abstraction faite de ces différences, c'est aux figures de l'Atlas de Brocchi (PI. XII, flg. 15) et à celles de la Monographie de M. Sacco (PI. IV, fig. 5-1) que nos spécimens de Salles ressemblent le plus; la variété rotundula Sacco pourrait — à la rigueur — se distinguer de la forme - 166 — typique, et surtout la var. cornucopiœ qui est presque plus élevée que lon- gue; chez'les var. dentifera et quadrilatera, la troncature anale est oblique en sens inverse ; mais aucune des figures de M. Sacco ne permet d'en étudier la charnière, c'est seulement sur des spécimens de la var. rotun- dula, provenant de l'Astien de Cannes et de Monte-Mario (coll. Cossmann), que nous avons pu constater les différences précitées. En résumé, C. intermedia Br. paraît localisée dans le Pliocène où elle est commune, tandis que la mutation helvétienne de la Gironde est extrê- mement rare et ressemble plus au type qu'aux variétés de sa descendante. 11 est possible que le jeune âge ait été confondu avec d'autres espèces. Loc. — Salles (Largileyre), une paire de valves (PI. II, fig. 49-52), coll. Benoist; une valve douteuse, coll. Peyrot. — Ilelvétieii. 356. Cardita (Glans) Raulini (1) nov. sp. PL II, fig. 33-36. Test assez épais. Taille petite; forme trapézoïdale, très iné- quilatérale, gïbbeuse. Côté antérieur très court, arrondi, côté postérieur obliquement tronqué ; bord palléal légèrement sinueux, raccordé par une courbe régulière avec le bord buc- cal qui est en arc de cercle, et par un angle presque droit avec le bord anal qui est oblique et à peu près rectiligne ; bord cardinal très court en avant du crochet, assez long et presque rectiligne en arrière; crochets gonflés et pointus, op- posés, situés au cinquième antérieur de la valve. Surface extérieure bombée et gibbeuse, déprimée en avant dans la région correspondant à la sinuosité du bord palléal, forte- ment déclive dans la région anale, ornée de vingt-quatre côtes étroites, munies, sauf les côtes anales, de costules latérales et portant de petites squamules assez distantes moins réguliè- rement distribuées, au moins sur les côtes antérieures et médianes; les intervalles des côtes sont assez régulièrement striés en travers. Lunule étroite, lancéolée, peu profonde; corselet allongé, étroit, délimité, par une côte de la région anale un peu plus forte que ses voisines. Plateau cardinal long et étroit, échancré en arc de cercle au milieu : 3 a incurvée, confondue avec le bord; 3& en marteau, (1) Les recherches de Raulin ont surtout porté sur les gisements helvétiens. - 167 — sinueuse, striée sur sa face supérieure; AI peu distincte, PI presque invisible, 2 a triédrique, très oblique séparée du bord lunulaire, 4*, étroite et longue, striée sur ses faces latérales, à peu près parallèle à la nymphe dont la sépare un sillon assez profond, mais peu large; AI formant un petit dentelon peu saillant. Impressions musculaires assez superficielles. Impres- sion palléale écartée du bord palléal qui est fortement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 11 mill. ; diam. u.-p. : 9 mill. Maxi- mum : 21 sur 16 mill. R. D. — Cette espèce — dont la longueur varie un peu — n'est certaine- ment pas un jeune C. intermedia : elle bien plus inéquilatérale, son contour est subquadrangulaire et non ovale, toujours dilaté en arrière des cro- chets; 2 a est beaucoup plus étroit et oblique; sa surface externe est plus gibbeuse et ses côtes sont plus squameuses. C. Raulini a quelque analogie d'ornementation avec C. intermedia var. dentifera Coc, mais elle est plus petite, plus gibbeuse et son galbe est bien différent, avec une troncature en sens inverse. Nous pouvons aussi la rapprocher de C. trapezia, mais cette dernière est moins gibbeuse, son bord palléal est parallèle au bord cardinal, ce qui n'est pas le cas chez C. Raulini, enfin le corselet de C. tra- pezia est beaucoup plus net, et ses côtes moins squameuses sont beaucoup moins nombreuses. D'autre part, C. Raulini est plus oblongue que C. calcitrapoides Lk., du Lutétien; ses côtes moins serrées et moins nombreuses sont armées d'épines moins longues à l'arrière. Loc. — Saubrigues (PL II, fig. 35-36), coll. Benoist; une valve gauche, valve droite de grande taille (fig. 33-34), coll. Dumas; une paire de val- ves, coll. Bial-Neuville. Assez rare. — Toi'toiiien. 357. Cardita (Glans) salbriacensis nov. sp. PL II, fig. 53-56. Test assez épais. Taille moyenne; forme ovale-arrondie, inéquilatérale ; côté antérieur très court et plus étroit que le côté postérieur ; bord palléal arqué, ascendant vers le bord buccal avec lequel il se raccorde régulièrement; bord anal subtronqué; bord palléal très court en avant du crochet, peu arqué et beaucoup plus long en arrière; crochets gonflés, pro- sogyres, situés au sixième antérieur de la valve. Lunule petite, — 168 — cordi forme, enfoncée, lisse; pas de corselet. Surface extérieure bombée, ornée de vingt côtes courbes, étroites, saillantes, égales aux intervalles qui les séparent, les médianes sont pourvues de costules latérales, toutes sont garnies de squa- mules distantes, relevées verticalement et repliées sur les bords, en forme de « guérites », les intervalles sont fortement striés. Plateau cardinal étroit, à contour inférieur sinueux; char- nière : 3 a très mince et soudée au bord lunulaire: 3^,, triédrique, forte, retroussée, située sur ses deux faces latérales, allongée parallèlement à la nymphe dont la , sépare un étroit sillon: AI assez saillante placée à l'extrémité de la lunule; PI invi- sible, distincte du bord lunulaire. saillante, triédrique. équiè- dre, perpendiculaire sous le crochet: i& étroite, très longue, presque horizontale, parallèle à la nymphe dont la sépare un sillon étroit et profond; AU formant un petit dentelon très voisin de 2; PII, peu saillante, dans le prolongement de i&. sans fossette distincte pour loger PI. Impressions musculaires bien marquées, surtout l'antérieure qui est surmontée de l'impression pédieuse: impression pal- léale écartée du bord qui est fortement crénelé. Ddi. Diam. a. -p. : 15 mill. ; diam. u.-p. : 13 mill. R. D. — Plus ovale, moins quadrangulaire, moins gibbeuse, moins atténuée en avant, moins dilatée en arrière, et ornée de squames plus fortes et plus écartées que C. Raulini, cette Cardite appartient cependant au même groupe; mais elle est encore plus éloignée de C. trapezia par sa forme arrondie et par l'absence totale du corselet, qui la rapprochent à'Acti- nobohts. Elle ressemble un peu à certaines variétés pliocéniques de C. aculeata, notamment à la var. taurosimplex Sacco, mais celle-ci est peu squameuse et dépourvue de costules latérales. En tous cas, elle nous parait bien distincte des autres formes du même gisement, de sorte que nous n'avons pas hésité à lui attribuer un nom spécifique, d'autant plus que sa charnière présente aussi quelques petites différences qui ressor- tent de la comparaison des diagnoses détaillées. Loc. — Saubrigues (PL II, fig. 53-54 , une valve droite coll. Degrange- Touzin ; même loc. coll. Benoist, une valve gauche (fig. 55-56). — Tor- tonieii. iGO 358, Cardita (Glans) syrtica (1) riov, sjj. PL II, fig. 37-38. Test épais. Taille moyenne; forme subquadrangulaire, trans- verse, inéquilatérale; côté antérieur ovale, plus court et plus étroit que le postérieur qui est obliquement tronqué; bord palléal presque rectiligne, oblique, raccordé par des courbes à faible rayon avec les contours latéraux; bord cardinal rec- tiligne et assez long- en arrière du crochet, se relevant plus haut que lui, subparallèle au bord palléal, quoique un peu divergent; crochets assez gonflés, prosogyres, situés au cin- quième antérieur de la valve. Lunule cordiforme, striée, petite, enfoncée. Surface convexe, pas très bombée, déprimée sur la région anale, ornée de vingt-trois côtes arrondies, peu sail- lantes, séparées dans la région umbonale par des intervalles qui leur sont égaux; mais elles se dépriment et s'élargissent vers le bord palléal, de sorte que les intervalles deviennent moins larges et moins profonds. Les côtes aussi bien que les intervalles sont striés transversalement, il existe quelques squamules faibles et irrégulièrement distribuées; en outre, on remarque quelques tubulures sur l'avant-dernière côte anale : c'est donc bien un Glans. Plateau cardinal étroit, à contour inférieur sinueux : 3 a sinueuse et soudée au bord cardinal; 3& triédrique, retroussée, striée sur ses faces latérales, allongée parallèlement à la nym- phe dont la sépare un sillon étroit et profond ; A I peu appa- rente, limitant inférieurement une fossette où se loge AIL Impressions musculaires bien gravées, l'antérieure ovalaire, surmontée de l'impression pédieuse, la postérieure arrondie; impression palléale écartée du bord qui est largement crénelé. Dm. Diam. a. -p. : 17,5 mill. ; diam. u.-p. : 12 mill. R. D. — Cette Cardite a un peu le galbe de C. trapezia, mais elle est plus transverse et moins nettement trapézoïdale, elle n'a pas de corselet, (i) Etymologie : Syrticus ager, le pays des Landes. 12. — 170 - enfin ses côtes sont presque lisses et dépourvues de costules latérales. Pour cette dernière raison et aussi par son côté postérieur plus dilaté, elle s'écarte de C. intermedia. Par sa forme générale, elle a beaucoup d'ana- logie avec C. Raulini; mais on l'en distingue par ses côtes arrondies, plus larges et moins saillantes, avec des. squa mules aussi rares que celles de C. salbriacensis, mais moins saillantes; les côtes sont d'ailleurs bien diffé- rentes de celles de cette dernière espèce, et la forme des valves est beau- coup plus obiongue; c'est donc une espèce bien distincte, quoiqu'elle ait vécu aux mêmes niveaux que les deux précédentes. Si on la compare à la var. quadrilatera Micht. de C. intermedia, telle que Ta fait figurer M. Sacco dans sa Moi ograpbie précitée (pi. IV, fig. 14-15), on remarque qu'elle est plus obiongue, que son côté anal est tronqué avec une obliquité qui est inverse de celle des valves de l'espèce italienne, de sorte que son galbe est moins quadrangulaire; la charnière est aussi un peu différente sur la valve droite, car le plateau cardinal est plus échancré chez C. syrtica. Loc. — St-Jean-de-Marsacq (PI. II, fig. 37-38), coll. Degrange- Touzin, une valve droite; St-Etienne-d'Orthe, même coll. une valve gau- che, assez fruste. — Helvétieii et Tortoitien. 359. Cardita (Glans) ruginosa (1) nov. sp. PL II, fig. 39-44. Test assez épais. Taille petite, forme subquadrangulaire. côté antérieur très court, arrondi; côté postérieur beaucoup plus large, plus long et tronqué; bord palléal peu arqué, non parallèle au bord cardinal, raccordé en arc de cercle avec le contour buccal et suivant un angle à peu près droit, mais très arrondi, avec le contour anal qui est presque rectiligne ou même un peu excavé; bord cardinal presque rectiligne et peu déclive en arrière du crochet, s'élevant plus haut que lui et se raccordant orthogonalement avec la troncature anale; crochet assez saillant, prosogyre, situé à peu près au quart antérieur de la valve. Lunule petite, cordiforme, lisse et enfoncée; cor- selet placé presque dans le môme plan que le côté anal et seulement délimité par une côte un peu plus grosse et un peu plus rugueuse, il est lui-même orné de deux côtes squa- (1) Elymologie : ruginosus, rugueux. „ 171 — meuses. Surface extérieure convexe, mais pas très bombée, déclive vers la région anale, ornée d'une trentaine de côtes minces, assez saillantes, un peu plus étroites que leurs inter- valles, ornées de petits tubercules transverses assez distants, se transformant surtout sur le côté anal en petites squamules ou tubulures couchées, principalement sur une costule plus saillante que les autres. Plateau cardinal assez étroit, à bord inférieur sinueux; char- nière : 3 a soudée au bord lunulaire, mais distincte; 3z, forte, triédrique, retroussée, allongée parallèlement à la nymphe dont la sépare un profond sillon; AI étroite, assez saillante, voisine du bord lunulaire; PI très peu saillante au bout de la nymphe; 2 séparée du bord lunulaire, triédrique, oblique; 4/, étroite, oblique, parallèle à la nymphe; AI formant un dentelon peu distinct et très voisin de 2; PII à peine visible contre la fos- sette superficielle qui est destinée à loger AIL Impressions musculaires bien marquées, l'antérieure sur- montée d'une petite impression pédieuse; impression palléale distante du bord qui est fortement crénelé et très également sur toute son étendue. Dim. Diam. a. -p. : 11 mill. ; diam. u.-v. : 10,5 mill. ; var. oblongue. Il existe à Peyrère, à côté de la forme typique, une variété beaucoup plus oblongue qui se relie à la forme typique par de nombreux intermédiaires : 13/10 mill. R. D. — C. ruginosa est plus petite, plus plate, moins squameuse et à côtes plus serrées, que C. salbriacensis; on la distingue facilement aussi de C. Raidini qui est beaucoup plus transverse, plus gibbeuse et qui a des costules latérales. Nous ne voyons aucune espèce pliocénique d'Italie que l'on puisse rapprocher de notre espèce mais elle a beaucoup d'analogie avec C. calcitrapoides Lamk. qui a toutefois des côtes moins serrées, avec des épines plus saillantes sur les dernières du côté anal. Au contraire, C. densecostata Cossm. a plus de côtes plus serrées. Il est à remarquer qu'à Peyrère, les échantillons courts, aussi bien que ceux de la var. oblongue, ont tous les lamelles latérales plus visibles sur les 2 valves ; mais, dans l'incertitude où nous sommes sur la position — 172 — exacte des gisements où Raulin a recueilli ses spécimens, nous nous abs- tenons de nommer cette mutation. Loc. — St-Etienne-d'Orthe (PI. II, fig. 39-42), coll. Degrange-Touzin. Peyrehorade (Peyrère), St-Martin-de-Hinx, même coll. Très commune à Peyrère, variété plus allongée (fig. 43-44). — Helvétien. 360. Cardita [Glans) Tournoueri Mayer. PI. II, fig. 45-48. 1871. Cardita Tournoueri May. Journ. Conch., XI, p. 341, pi. IX, fig. 5. 1909. C. {Glans) Tournoueri Dollt'. Essai ôt. aquit., p. 25 et p. 44, no 108. Test épais. Taille moyenne, forme sub trapézoïdale, assez convexe, inéquilatérale ; côté antérieur arrondi et court, côté postérieur plus long-, obliquement tronqué ; bord palléal con- tinuant la courbure du bord buccal jusqu'à la troncature anale qu'il rencontre sous un angle presque orthogonal ; bord car- dinal bien arrondi en avant du crochet, plus long et moins arqué en arrière; crochets prosogyres, saillants et pointus, situés à peu près au quart antérieur de la longueur des val- ves. Lunule arrondie, petite, lisse, bien limitée ; corselet linéaire. Surface extérieure convexe, sauf dans la région anale qui est assez subitement déprimée et même excavée ; vingt-et-une côtes arrondies, saillantes, un peu plus larges que les intervalles peu profonds qui les séparent; sur la déclivité anale, on observe constamment deux côtes conli- guës, plus étroites, moins saillantes et plus rapprochées que les autres et séparées du corselet par deux grosses côtes épais- ses et proéminentes; côtes et intervalles sont couverts de rides d'accroissement grossières; les côtes sont garnies de tuber- cules transverses assez rapprochées qui deviennent squameux surtout vers le bord palléal et sur les deux dernières côtes anales. Plateau cardinal assez large, à contour inférieur très légè- rement sinueux : 3 a soudée au bord lunulaire, triédrique, courte et un peu épaisse; 3/, très oblique, assez longue, forte, retroussée en dehors, séparée de la nymphe par un profond - 173 — sillon et formant avec 3 fl une fossette triangulaire assez petite; la face externe de 3 b et la portion de sa face interne limitant la fossette sont très finement striées; on remarque en outre en avant de 3 a un petit dentelon, rudiment d'une lamelle A I, sur- monté d'une petite dépression destinée à loger Ail; 2 dis- tincte du bord lunulaire, courte, triédrique, moins forte que 3 rt ; 4^ allongée limitant la fossette de 3 a qui est grande, obli- que et profonde ; 4& est striée comme 3&, le sillon qui la sépare de la nymphe est moins profond que sur la valve opposée. Impressions musculaires profondément gravées, surtout l'an- térieure qui est surmontée de l'impression pédieuse. Impres- sion palléale écartée du bord qui est muni sur tout son pour- tour de crénelures larges et espacées. Dim. Diam. a. -p. : 28 mill. ; diam, u.-p. : 2i mill.; épaisseur des deux valves réunies : 20 mill. R. D. — C. Tournoueri est voisine des espèces précédentes; elle est toujours plus quadrangulaire, plus haute et ornée de moins de côtes, avec deux costules plus minces au milieu de la région anale, disposition que Ton ne trouve sur aucune des espèces helvétiennes ci-dessus décrites. C'est surtout à C. Bazini Desh. de l'Oligocène que ressemble C. Tournoueri, mais elle est plus dilatée en arrière et ses côtes sont différentes; beau- coup plus larges, moins carrées et moins espacées que chez l'espèce oli- gocénique. On peut aussi comparer C. Tournoueri à C. rudista qui possède à peu près le même galhc, avec trois costules minces en arrière, mais elle est constamment plus petite que l'espèce phocénique, ses squamules sont plus fortes et ses côtes sont plus nombreuses et moins saillantes. Loc. — Villandraut (Gamachot), plésiotypes (PI II, fig. 45-48), coll. de Sacy; la Saubotte, coll. Degrang -Touzin, Pessac (Noès) coll. Bial- Neuville. — Aquitaiiîeii. Dax (M in de Cabannes), coll. Bial, Saucats (Peloua), coll. Degrange et de Sacy. — Bui'digalieii. 361. Cardita {Glans) Johannee nov. sp. PL III, fig. 13-16. "?1907. Cardita rhomboidea Raulin. Statist. Landes, p. 342. Test épais. Taille assez grande ; forme ovale, inéquilatérale ; — 174 — côté antérieur court et arrondi, côté postérieur subtronqué; bord palléal arrondi, régulièrement raccordé avec le bord buccal qui a la forme d'une portion de cercle, bord anal légè- rement tronqué; crochets saillants, prosogyres, situés un peu avant le tiers antérieur de la valve; bord cardinal assez court et im peu arqué en arrière du crochet. Lunule petite, arron- die, lisse, assez profondément enfoncée. Surface extérieure bombée, gibbeuse vers le crochet, assez brusquement déclive vers le côté anal, ornée de vingt côtes saillantes, arrondies, séparées par des intervalles à peu près aussi larges; dans la région umbonaïe, les côtes portent des tubercules transverses non contigus, qui, vers les bords se transforment en rugosités irrégulières, les intervalles sont également rugueux. Plateau cardinal étroit, assez court; charnière : 3 a non distincte du bord lunulaire, divergente; 3 b forte, triédrique, retroussée, striée sur ses faces latérales; AI formant un den- telon au-dessous de l'extrémité antérieure de la lunule; 2 dis- tincte du bord lunulaire, saillante, isocèle; i b étroite, striée, allongée parallèlement à la nymphe dont la sépare un sillon étroit et profond ; A II en forme de dentelon ; pas de lamelles postérieures. Impressions musculaires peu inégales; impres- sion palléale un peu écartée du bord qui est grossièrement crénelé, avec des saillies assez fragiles correspondant aux côtes. Dim. Diam. a. -p. : 30 mill.; diam. u.-v. : 24 mill. R. D. — Des trois valves que nous avons sous les yeux, l'une est nota- blement plus transverse que les deux autres, mais nous ne pensons pas que cette seule différence justifie pour le moment la création d'une variété. C. Johannse se rapproche de C. rhomboidea, cette dernière est toutefois plus quadrangulaire, ses bords palléal et cardinal sont plus parallèles, son côté postérieur plus tronqué, ses côtes plus arrondies et plus rapprochées. C. aculeata var. globulina Sacco, est un peu plus inéquilatérale, plus haute, son bord cardinal est plus rectiligne, C. rudista a le côté postérieur plu» tronqué, plus long, plus aplati. Loc. — Saubrigues (PI. III, fig. 13-16), coll. Degrange-Touzin. Rare. — Tortoiiien. — 175 — 362. Cardita {Lazariella) hippopea Basterot PL 23-29, fig. III. 1825. Cardita hippopea Bast. Env. Bord., p. 79, pi. V, fig. 6. 1830. — Desh. Encycl. méth., II, p. 202. 1838. — Grat. Cat. zool. Gironde, p. 61. 1852. D'Orb. Prodr., III, p. 114, 26 e et., no 2126. 1870. Hôrnes. Tert. Beck. Wien. p. 277 (pars). 1873. Ben. Cat. Saucats, p. 57, n° 147. 1886. Ben. Mt- de-Marsan (P.-V. S. L. B., t. XL). 1897. Raulin. Stat. Landes, p. 289. 1899. Lazariella hippopea Sacco. I Moll. terz Piem., XXVII, p. 21, pi. VI, fig.. 78. 1909. Dollf. Essai, et. aquit., p. 25 et 44, no 111. Test assez épais. Taille moyenne ; forme subtrapézoïdale, équivalve, inéquilatérale ; côté antérieur arrondi, côté posté- rieur plus long 1 , caréné et obliquement tronqué; bord palléal peu convexe, régulièrement raccordé avec le contour buccal, un peu sinueux en arrière où il se rencontre suivant un angle presque droit avec la troncature anale; bord cardinal presque rectiligne et subparallèle au bord palléal chez les spécimens népioniques, devenant anguleux à mesure que la coquille vieil- lit; il est alors rectiligne et déclive en arrière du crochet, plus court et arrondi en avant. Crochets prosogyres, assez pointus, pas très saillants, situés au tiers antérieur de la lon- gueur de la coquille. Lunule lancéolée, lisse, assez allongée et relativement peu profonde : corselet bien marqué, fortement déclive, allongé et costulé. Surface externe convexe en avant et dans sa partie moyenne, déclive et légèrement excavée sur le côté anal, ornée de côtes arrondies, saillantes, disposées « en éventail », s' élargissant du crochet vers le bord palléal, habituellement plus larges que leurs interstices; elles sont souvent bordées de chaque côté par une costule arrondie et étroite; sur le côté anal, les côtes sont plus étroites, plus rap- prochées, on en compte deux ou trois dans cette région et une dizaine sur le reste de la coquille; dans les exemplaires bien — 176 — conservés, les côtes portent des tubercules transverses aussi larges qu'elles et serrés, devenant parfois plus distants et squameux sur les dernières côtes dorsales et sur les côtes de la région anale; l'intervalle des côtes est finement strié. Plateau cardinal assez étroit, peu sinueux sur son contour inférieur : 3 fl soudée au bord lunulaire, mais distincte; 3& forte, triédrique, non striée sur ses faces latérales, prolongée par un talon parallèle à la nymphe dont elle est séparée par un sil- lon profond et étroit; dentelon antérieur, rudiment de AI; 2 forte, triédrique, séparée du bord lunulaire; 4& étroite, allon- gée un peu obliquement par rapport à la nymphe, non striée sur ses faces latérales; dentelon Ail visible surtout dans les échantillons népioniques; PII étroite, peu longue, mais bien nette, assez écartée du crochet. Impressions musculaires placées très haut, l'antérieure réni- forme, la postérieure arrondie; impression pédieuse peu forte; impression palléale écartée du bord qui est fortement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 28 mjll. ; diam. u.-p. : 18 mill. R.-D. — Le galbe de cette cocjuille ne rappelle que vaguement celui de « VHippopus », mais il est très caractéristique, de même que l'ornemen- tation extérieure ; aussi C. hippopea ne peut-elle être confondue avec aucune autre espèce de nos faluns. La coquille du Bassin de Vienne, figurée par Hœrnes (pi. XXXVI, fig. 10) sous le nom C. hippopea, en dif- fère par son ornementation ; les côtes principales sont en effet subdivisées en costules filiformes qui n'existent pas dans le type, et par contre elles sont dépourvues de tubercules transverses : c'est avec raison que M. Sacco (l Moll XXVII, p. 22) l'a séparée sous le nom Lazariella striatella. Card. hippopea caractérise l'Aquitanien, elle devient rare dans le Burdigalien qu'elle ne dépasse pas. Dans l'Helvétien italien, on trouve une forme alpine {Lazariella subalpina Micbt.) de taille plus forte, à côtes plus larges et néanmoins rapprocbées, plus aplaties, ainsi que nous avons pu le véri- fier sur des spécimens de Colli-Torinesi (coll. Cossmann). IiOC — Saucats (Lariey) plésiotypes (PI. IV, fig. 25-29), coll. Bial- Neuville; toutes les coll. Mérignac (Baour), coll. Peyrot; Cabanac (F'ou- quet), Martillac (Breyra), Uzeste, Cazats, St-Morillon (Cbiret); Pessac (vallée du Peugue), Lucbardez (cantine de Bargues), coll. Degrange- Touzin. Peu abondante dans chaque gisement. — %<|iiilanieii< Dax (M in de Cabannes, Mandillot), coll. Degrange-Touzin. — Biii*«li- fjalieii. 177 — 363. C. (Lazariella) hippopea Bas t. var. merignacensis nov. var. PL IV, fig. 30-37. R. D. — Taille plus grande que chez le "type, forme moins transverse et plus haute. Surface extérieure ornée de côtes moins arquées, plus ser- rées, plus nombreuses. Elle forme la transition entre L. hippopea type et L. subalpina dont la rapprochent beaucoup sa taille, son galbe et son orne- mentation, quoique ses côtes ressemblent davantage à celles de L. hippopea. Dim. 35 mill. sur 25 mill. Loc. — Mérignac (Baour), types (PI. IV, fig. 30-37), coll. Benoist; Pessac (Lorient), coll. de Sacy. — Aciiiitanieit. VENERICARDIA Lamk. 1801. Coquille épaisse, cordiforme, arrondie ou ovale, convexe, ornée de côtes crénelées ou parfois lisses; charnière de Car- dita sans lamelles latérales postérieures ; lamelles latérales antérieures non constantes et très obsolètes. S. stricto. — Taille moyenne ou petite; forme arrondie, plus ou moins inéquilatérale; côtes crénelées avec régularité; 3 a et 3b peu divergentes, la première petite et voisine du bord lunu- laire, l'autre triangulaire, mais postérieurement allongée le long de la nymphe; AI et Ali très petites, mais bien visibles très près de 3 a et de sa fossette sur l'autre valve (G.-T : V. imbricata Lamk. Eoc). Ce groupe, très abondant dans le Tertiaire inférieur, beaucoup moins commun dans le Tertiaire supérieur et à l'Epoque actuelle, est caractérisé par la disparition des lamelles postérieures et par l'existence de dente- lons antérieurs très voisins des cardinales; en outre, ainsi que Fischer l'a observé, la lunule étant profonde, les cardinales sont peu divergentes, 3a et 2 s'inclinent presque parallèlement à 8b et à 4;>. Sect. Cardiocardita Blainv. 1824 (Anton 1839) = Actïno- bolus Klein (fide Môrch, 1853) = Cardites Link in Dali, 1903 == Cyclocardia Conrad, 1867. — Forme et ornementation de Venericardia; 3 a atrophiée ou divergente, AI et Ail obsolètes — 178 — ou absentes (G. -T. : Cardita ajar Brug. ex Ajar Adanson, Viv.). On peut, à la rigueur, distinguer Gette Section de Venericardia s. str. par la disparition presque complète de A I et A II et par l'atrophie ou la soudure de 3a avec le bord lunulaire ; cependant il existe — en avant de 2 — une fossette qui prouve que 3a n'a pas complètement disparu. Quant au sinus palléal — ou inflexion légère de la ligne palléale — que M. Dali (/. c, p. 1409) a cru devoir signaler comme un caractère sous-générique, on le trouve aussi chez C. antiquata L. et même chez quelques Vénéricardes de l'Eocène : à vrai dire, ce n'est pas un sinus, mais la ligne palléale aboutit — un peu moins normalement que cbez d'autres espèces — à l'impression du muscle postérieur. Il y a donc lieu de rattacher à CardiocardUa : C. antiquata que Môrch a choisie comme génotype d'Actinobolus et pour laquelle M. Dali a ressus- cité Cardites Link, en le latinisant mal à propos; C. borealis Conrad dont M. Dali a fait une Section de Cardites, ce qui fait aussi tomber en synony- mie Cyclocardia; probablement aussi Agaria Gray (1847) et Azaria Tryon (1872). Il n'est pas bien certain que CardiocardUa ait apparu avant le Miocène. Sect. Megacardita Sacco, 1899. Taille très grande; Forme ovale et très inéquilatérale; côtes larges et lisses, souvent effacées; pas de lamelles latérales (G. -T. : Cardita Joiianneti Bast. Mioc). C'est moins par la taille et l'ornementation que par la charnière qu'on peut différencier cette Section, car les jeunes individus de Megarcardita ressemblent beaucoup à des Glans ou à des CardiocardUa. Ce groupe appa- raît dans l'Eocène (C. planicosta Lk.) et même dans le Montien ; M. Sacco le cite avec doute dans le Pliocène, et il indique comme descendant actuel C. incrassata Sow. que nous n'avons pu étudier; son plus grand dévelop- pement est à l'époque helvétienne qu'il caractérise essentiellement (cou- ches à Cardita Joiianneti), de même que C. planicosta et C. densata Conrad stigmatisent l'Eocène de l'ancien et du nouveau mondes. 364. Venericardia helvetica nov. sp. PI. V, %. 17-20. Test assez épais. Taille petite; forme arrondie, inéquilatérale, contours presque circulaires; crochets très gonflés, prosogyres, — 179 — situés un peu en avant de la ligne médiane des valves. Lunule cordiforme, lisse, relativement grande et peu enfoncée; cor- selet, allongé et lisse. Surface régulièrement convexe, très bombée, ornée d'environ vingt-quatre côtes grêles, arrondies, plus étroites que les intervalles qui les séparent, couvertes de crénelures transverses, très serrées, qui s'effacent vers le bord palléal sur les échantillons gérontiques. Plateau cardinal étroit, à contour inférieur sinueux : 3 a sou- dée au bord lunulaire, mais apparente; 3& trièdrique, striée sur ses faces latérales, allongée parallèlement à la nymphe dont la sépare un sillonétroit et profond; AI peu saillante, limi- tant inférieurement une fossette placée à l'extrémité antérieure du bord lunulaire; 2 séparée du bord lunulaire, trièdrique, équièdre; i& étroite, allongée parallèlement à la nymphe dont la sépare un étroit sillon; AU constituée par un dentelon comprimé. Impressions musculaires peu profondes, la postérieure ar- rondie, l'antérieure réniforme surmontée de l'impression pédieuse qui est petite, assez profonde et placée sous la lamelle antérieure; impression palléale assez large, distante du bord palléal qui est finement crénelé. Dim. Diamètres : 11 mill. R. D. — Cette Cardite se distingue de toutes ses congénères du Sud- Ouest par sa forme, son bombement, son corselet lisse, etc. Nous ne connaissons non plus rien de semblable dans le Miocène ou le Pliocène ilalien : c'est le dernier représentant d'un groupe très abondant dans le Tertiaire inférieur. Dans le Bassin de Paris, c'est à Venericardia asperula Desb., du Luté- tien, que notre coquille réputée belvétienne ressemble le plus, quoiqu'elle ait cependant une forme plus gonflée et des crochets situés plus en avant ; toutefois l'espèce parisienne a cinq côtes au moins en plus; V. elegans Lamk., du Lutécien, n'a guère que vingt-deux côtes plus grossièrement crénelées que celles de V. helvetica. En définitive, on est toujours réduit à se demander si cette espèce ne provient pas, en réalité, d'un niveau beaucoup inférieur à celui qui a fourni les coquilles franchement helvétiennes des mêmes gisements : ce n'est pas la première fois que nous signalons ces anomalies stratigra- — îâo — phiques à Peyrère ou aux environs, mais la réponse certaine ne pouira être donnée qu'après de nouvelles recherches à faire dans cette localité. XiOC. — St-Etienne d'Orthe (PI. V, fig. 17-20), coll. Degrange-Touzin; coll. Bial-Neuville, peu rare; Peyrehorade (Peyrère), même coll., coll. Raulin; très abondante. — Helvétîeii. 365. Venericardia (Cardiocardita) Matheroni [Mayer]. PI. IV, fig. 9-12. 1871. Cardita Matheroni. May Couches à Congéries, vallée Rhône, p. 18. 1876. Font. Tert. Haut-Comtat venaissin, p 72 76. 1882. Font. Moll. pi. Rhône, p. 122, pi. VII, fig. 15-17. 1893. Pant. Lamell. plioc, p. 158. 1909. Dollf. et Cotter. Plioc. Nord Tage, p. 46, pi. IV, fig. 21-56. Test épais. Taille grande ; forme ovale-trigone, inéquila- térale ; côté antérieur court et arrondi; côté postérieur plus long, subtronqué et fortement déclive; bord buccal en arc de cercle régulièrement raccordé avec le bord palléal, bord anal presque rectiligne sur le contour de la troncature; crochets prosogyres, saillants et rapprochés, situés un peu en avant du tiers de la longueur des valves, du côté antérieur. Lunule large, lisse, assez profonde, limitée par une profonde rainure. Surface extérieure régulièrement convexe, peu bombée, fai- blement déprimée sur la région anale, ornée d'une vingtaine de côtes arrondies, assez peu saillantes, séparées par des inter- valles peu larges et qui vont s'atténuant vers le bord palléal où les côtes s'élargissent; sur la région anale, les trois ou quatre dernières côtes sont plus étroites et plus serrées; on ne distingue, sur les côtes et dans leurs intervalles, que des lignes d'accroissement plus ou moins rugueuses. Plateau cardinal, très haut, assez étroit, à contour inférieur un peu sinueux surtout dans la valve droite : 3 n soudée au bord lunulaire, striée sur sa face interne; 3& grosse, trié- drique, courte, striée sur ses faces latérales, l'externe paral- lèle à la nymphe en est séparée par un sillon assez profond __ 181 _ et peu large; dentelon subliinulaire peu apparent; 2 un peu oblique, séparée du bord lunnlaire; i& curviligne, étroite, allongée, limitant avec 2 une large et profonde cavité trian- gulaire dont les trois côtés sont curvilignes; 2 et 4 b sont striées latéralement. Impressions musculaires bien marquées, l'antérieure réniforme, surmontée de l'impression pédieuse, la postérieure arrondie; impression palléale écartée du bord qui est garni de crénelures larges et distantes. Dim. Diam. a. -p. : 35 mill. ; diam. u.-p. : 32 mill. R. D. — Nous avons comparé nos valves du Minoy avec des spécimens de Bollène (coll. Cossmann) qui représentent bien la forme typique : ils sont manifestement moins gonflés, plus transverses, avec des crochets plus saillants; mais les autres caractères sont identiques; nous nous bornons donc à signaler ces différences sans y attacher l'importance d'une mutation. V. Matheroni est voisine de V. antiquata à laquelle la réunissent MM. Bucquoy. Dollfus et Dautzenberg (Moll. Rouss., p. 222); mais sa taille est plus grande, sa forme moins convexe, ses côtes moins quadran- gulaires sont moins profondément séparées ; 3b est beaucoup plus haute et plus courte ; la nymphe est aussi plus courte et plus courbée. On peut encore la comparer à C. ignorata dont on la distingue par sa taille plus grande, par ses crochets beaucoup moins saillants, par son ornemen- tation plus effacée. V. Matheroni n'avait ercore été rencontrée que dans le Pliocène tout à fait inférieur de la vallée du Rhône et du Portugal qui, d'après M. Dollfus (Plioc. Tage p. 46), a des tendances miocéniques et avoisine le Rédonien ; les couches supérieures de Salles d'où proviennent les échantillons que nous figurons sont vraisemblablement aussi voisines du Rédonien. Elle est plus haute et moins transverse que la var. conso- brina de V. Jouanneti. Loc. — Salles (Minoy) plésiotypes (PI. IV, fig. 9-12), coll. Duvergier; toutes les coll., commune. Salles (Largileyre) coll. Benoist, assez rare. — Melvétien. 366. Venericardia (Cardiocarditq) ignorata nov. sp. PL IV, fig. 15-18. 1874. Cardita Partschii Ben. Cat. Saucats, p. 77 (non Goldf.). 1888. Ben. Tort. Gir. {P.-V. S. L. B., xxxn), p. lxxxvji. - 182 - Test épais. Taille moyenne ; forme ovale-trigone, élevée, inéquilatérale, côté antérieur arrondi, un peu plus court que le postérieur qui est subtronqué; bord palléal peu arqué, bord buccal en arc de cercle, bord anal faiblement arqué, presque rectiligne même sur certains spécimens, se raccordant avec le bord palléal sous un angle arrondi et voisin de 90°; bord car- dinal réduit à la charnière ; crochets prosogyres, très gonflés, situés aux 3/7, du côté antérieur, de la longueur de la coquille. Lunule petite, très enfoncée, limitée par une profonde rai- nure. Surface extérieure très bombée, gibbeuse même dans la région umbonale assez subitement déclive sur les côtés laté- raux, ornée de vingt-deux côtes arrondies, saillantes, séparées par des intervalles assez profonds et peu larges sur le dos de la coquille; vers les bords, les côtes s'élargissent, s'aplatissent et sont moins profondément séparées; en même temps, les tubercules transverses et contigus qui ornent ces côtes devien- nent plus irréguliers, empiètent sur les intervalles, se rejoi- gnent, formant ainsi des lignes continues de rugosités; sur le côté anal, on distingue constamment trois ou quatre côtes plus étroites et plus rapprochées. Charnière concentrée, très courte, assez haute : 3 a soudée au bord lunulaire; 3 b très forte, triédrique, retroussée, relative- ment peu allongée, striée sur ses deux faces latérales, séparée de la nymphe par un profond sillon; AI formée d'un dentelon obtus au-dessous d'une fossette punctiforme destinée à loger AU; 2 distincte du bord lunulaire, triédrique, saillante, striée sur sa face interne; 4 t allongée, comprimée latéralement, paral- lèle à la nymphe, striée sur ses deux faces. Impressions mus- culaires bien gravées, l'antérieure réniforme, surmontée d'une impression pédieuse petite, très profonde, la postérieure ova- laire, impression palléale écartée du bord qui est orné de cré- nelures larges et espacées. Dim. Diam. a. -p. : 26 mill.; diam. u.-p. : 24 mill. R. D. — La comparaison avec des spécimens de C. Partschi provenant de Lapugy (coll. Peyrot), de Volhynie et de Steinabrunn (coll. Cossmann), nous a montré des différences assez importantes pour justifier la sépara- - 183 — tion de ces deux espèces qu'une assez grande analogie d'aspect avait fait confondre par Hœrnes et Benoist qui les ont réunies sous le nom donné à la forme du Bassin de Vienne. C. Partschi est constamment plus haute, plus triangulaire par suite de la moindre convexité du bord anté- rieur et de la direction plus rectiligne du côté postérieur; ses crocliets sont moins gonflés; 3b est plus haute et plus courte; sa surface externe est moins comprimée latéralement, et sur le côté anal il y a une ou deux côtes de plus. C. antiquata L. peut aussi être comparée à notre espèce, elle en a le galbe, son ornementation est semblable, cependant les sil- lons sont plus profonds dans l'espèce vivante; enfin, le crochet beaucoup moins gonflé de C. antiquata, sa charnière beaucoup plus étroite, ne per- mettent pas d'assimiler les deux formes. On distinguera aisément C. igno- rata des jeunes C. Jouanneti par sa forme moins transverse, par son crochet plus gonflé, par sa dent 3b plus courte et plus épaisse et par ses côtes plus étroites séparées par des sillons plus larges. Loc. — Salles (le Minoy), types (PI. IV, fig. 15-18), coll. Degrange- Touzin; spécimen valve, coll. Duvergier; commune, toutes les collections ; Largileyre, coll. Bial-Neuville, Degrange-Touzin. Saucats (La Sime) ficle Benoist, coll. Degrange-Touzin. — Hclvclieii. 367. Venericardia (Cardiocardita) striatissima Nyst. PI. IV, fig. 13-14. 1868. Cardita striatissima May. Journ. Conch., XVI, p. 187, pi. Vil, fig. 4. 1881. — Vass. Tert. Fr. occid., p. 379. 1901 . Dollf. Bull. Soc. Géol. Fr., p. 275. 1905. — Dollf. F. mioc.Gourbesv. (A. F. A. S.), p. 364. 1906. Venericardia Duboisi Degr.-Touz. Fal. St-Denis d'Oléron (A. S. L. B.), p. 20 (non Desh). 1906. Cardita striatissima Peyrot. Fal. St-Denis d'Oloron (P.-V. S. L. B.), p. XLIX. 1909. — Dollf. Cott. Plioc. Tage, p. 48, pi. V, fig. 16-23. Test épais. Taille grande; forme subarrondie, variable dans sa convexité et dans ses dimensions, inéquilatérale; côté anté- rieur arrondi, plus court que le côté postérieur; contours presque circulaires, crochet médiocrement gonflé, prosogyre, situé un peu au-delà du tiers antérieur de la valve. Lunule très petite, peu enfoncée, limitée par une strie. Surface con- vexe, médiocrement bombée, légèrement déclive vers le bord — 184 — anal, ornée de trente côtes presque planes assez larges, conti- nues, séparées par de minces sillons, les côtes anales sont un peu plus élroites et séparées par des sillons peu marquées, toutes sont couvertes de stries transverses rapprochées déter- minant l'ornementalion caractéristique que traduit le nom de l'espèce. Plateau cardinal assez court, sinueux sur son contour infé- rieur : 3 a confondue avec le bord lunulaire; 3 b triédrique, forte, relativement courte, retroussée, striée sur ses faces latérales, l'externe parallèle à la nymphe dont elle est séparée par un profond sillon; AI n'est pas distincte sur l'unique spé- cimen, assez fruste, que nous avons étudié. Impressions musculaires profondes, la postérieure arrondie, l'antérieure ovalaire, surmontée d'une impression pédieuse petite, mais profonde, entamant l'extrémité du plateau cardi- nal; impression palléale écartée du bord qui est largement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 47 mill. ; diam. u.-p. : il mill. R. D. — Cette Cardite, très facile à reconnaître, est caractéristique de ces dépôts représentant dans l'Ouest de la France le niveau supérieur du Miocène pour lequel M. Dollfus a créé le nom « Rédonien ». Sa présence dans le gisement de St-Denis d'Oléron fixe donc l'âge de ce dépôt et montre qu'il n'est pas contemporain de celui de Salles, ainsi que le pen- saient Mayer et les géologues bordelais. C. striatissima est voisine de C. Matheroni, mais elle est un peu plus transverse, moins convexe; ses côtes sont plus nombreuses, sa charnière est plus faible et son ornementation plus régulière, avec des stries transverses plus serrées. A Gourbesville, le galbe de la coquille varie beaucoup (coll. Cossmann); nous avons un individu presque identique à celui d'Oléron, sauf qu'il est plus fraîchement conservé, et à côté, des individus beaucoup plus globuleux, plus oblique- ment transverses. Dans la Loire-Inférieure, à Pigeon-blanc (coll. Coss- mann), le nombre des côtes est supérieur, la forme des valves est tout à fait oblique, et nous pensons qu'il s'agit d'une espèce différente. Loc. — St-Denis d'Oléron, plésiotype usé (PI. IV, fig. 13-14), coll. Degrange-Touzin, une valve droite. — Rédonien. - 185 — 368. Venericardia (Cardioçardita) turonensis [Ivolas et Peyrot] (em.). PL III, fig. 7-8. 1837. Cardita aflînis Duj. Mém. Tour., p. 54, pi. XV11I, fig. 9 (non Sow.). 1852. D"Orb. Prod., III, p. 113, 26 et., no 2112 {non Sow.). 1874. Toorn. Fal. Sos (A. S.L.B., XXIX), pp. 134, 163. 1881. Bardin. Tert. Maine-et-Loire, p. 25 (non Sow.). 1886. Dollf. et Dautz. Etude prél. Tour., p. 7 {non Sow.). 1893. Actinohulus antiquatus var. affinis Sacco. 1 Moll.terz. Piem., XXVII, p. 19, pl.V, fig. 17-19. 1900. Cardita turonica Iv. et Peyr. Contr. paléont. Tour., pp. 115, 130. 1909. Cardita (Actinobolus) turonica Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 289, pi. XXII, fig. 8-15. Test assez épais. Taille moyenne; forme ovale-transverse, inéquilatérale ; côté antérieur court, ovale; côté postérieur plus long, plus large et faiblement tronqué; bord palléal arqué, régulièrement raccordé avec les contours latéraux; bord car- dinal très court en avant du crochet, plus long et déclive en arrière; crochets assez forts, prosogyres, situés au cinquième antérieur de la longueur des valves. Lunule petite, creuse, limitée par une rainure demi-circulaire. Surface extérieure peu bombée, déclive sur la région anale, ornée de dix-neuf côtes presque plaies, qui s'élargissent du crochet vers le bord palléal et qui sont séparées par des sillons étroits et peu pro- fonds; les côtes, plus étroites sur la région anale, portent près du crochet des tubercules allongés et transverses qui ne tar- dent pas à se convertir en stries irrégulières et grossières. Plateau cardinal assez étroit, à contour inférieur peu sinueux; 2 saillante, isocèle, presque perpendiculaire sous le crochet, séparée du bord lunulaire par une fossette angulaire assez profonde; 4& étroite, allongée, très oblique, limitant avec 2 une large fossette superficielle en forme de triangle scalène; 4b striée sur ses faces latérales est séparée de la nymphe par un sillon étroit et assez profond. Impressions musculaires bien gravées, l'antérieure surmon- tée de l'impression pédieuse qui est placée sous le bord du 13. 186 — plateau cardinal; impression palléale écartée du bord qui est largement et fortement crénelé. Dm. Diam. a. -p. : 15 mill. ; diam. u.-p. : 12 mill. R. D. — L'unique valve gauche (1) que nous avons eue en mains est bien identique aux spécimens de la Touraine (coll. Peyrot) auxquels nous l'avons comparée. Comme MM. Dollfus et Dautzenberg, nous pensons que C. turonensis, s'écarte trop de C. antiquata par sa taille, sa forme aplatie, par son ornementation pour qu'on puisse l'y rattacher à titre de variété comme l'a fait M. Sacco. C. Sehwabenaui Hœrn., de l'Helvétien de Grund, est assez voisine de notre espèce; mais elle est pins transverse et ses côtes sont séparées par des intervalles assez larges; la var. flabelloides Sac, de l'Helvétien des coll. de Turin, s'en rapproche encore davantage; elle est toutefois plus inéquilatérale. D'autre part, si l'on compare cette valve aux spécimens népioniques des nombreuses formes de Cardiocardita que nous avons ci-dessus catalo- guées, on peut se convaincre — au premier coup d'oeil — qu'elle n'en a ni la forme, ni l'ornementation : elle est beaucoup plus aplatie et la faible profondeur de la fossette, sur sa valve gauche, dénote une dent 3z> peu proéminente. Loc. — Baudignan, plésiotype (PI. III, fig. 7-8), coll. Degrange- Touzin, une valve gauche. Manciet (Gers), commune. — Ilelvétieu. 369. Venericardia (Cardiocardita) monilifera [Duj.] PI. III, fig. 9-12. 1837. Cordita monilifera Duj. Mém. Tour., p. 55, pi. XVIII, fig. 11. 1852. D'Orb. Prodr., III, p. 113, 26 et., n° 2114. 1873. Mayer. Verstein. d. Helvet., p. 17. 1874. Ben. Cat. Saucats, p. 58, n° 154. 1881. — Bardin. Paléont. Maine-et-Loire, p. 25. 1886. Cardita (Cardiocardita) monilifera Dollf. et Dautz. Et. prél. p. 6. 1909. Cardita (Actinobolus) monilifera Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 290, pi. XXII, fig. 16-23.' Test assez épais. Taille moyenne; forme ovale-transverse, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, plus court que le (1) Depuis que ces lignes ont été écrites nous avons trouvé en abondance celle espèce dans les faluns helvétiens de Manciet (Gers). - 187 — postérieur qui est subtronqué; bord palléal bien arqué, régu- lièrement raccordé avec les contours latéraux; bord palléal très court et convexe en avant du crochet, déclive et peu incurvé en arrière ; crochets prosogyres, assez renflés, situés à peu près au tiers antérieur de la longueur des valves. Lunule petite, cordiforme, lisse, assez enfoncée, limitée par un sillon bien marqué. Surface extérieure convexe mais bombée, assez brusquement déprimée sur la région anale, ornée de dix-neuf côtes, courbes, quadrangulaires, séparées par des interstices aussi larges qu'elles; les côtes portent des tubercules conti- gus, en forme de granules arrondis vers le crochet, plus trans- verses vers le bord palléal ; les interstices présentent des stries parallèles assez serrées, n'empiétant pas sur les faces latérales des côtes. Plateau cardinal assez étroit, à contour inférieur peu arqué : 3 a incomplètement soudée au bord lunulaire; 3& très forte, triédrique, retroussée, striée sur ses faces latérales, la face externe parallèle à la nymphe dont la sépare un profond sil- lon; AI formant un dentelon sous-lunulaire; 2 distincte du bord lunulaire, forte, saillante, presque perpendiculaire sous le crochet, striée sur ses deux faces latérales, séparée de la nymphe, à laquelle elle est parallèle, par un sillon étroit et profond; faible dentelon AU. Impressions musculaires nettement gravées, l'antérieure surmontée de l'impression pédieuse qui est placée sur le bord même du plateau cardinal ; impression palléale éloignée du bord cardinal qui est largement et fortement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 16 mill. ; diam. u.-p. : 14 mill. R. D. — C. monilifera est facile à séparer de C. turonensis; elle est plus bombée, et ses côtes sont séparées par des interstices larges et profonds; d'autre part elle est plus petite et beaucoup moins convexe que C. igno- rata dont l'ornementation se rapproche de la sienne. Certaines des formes helvétiennes dont M. Sacco a fait des variétés de C. antiquata, par exem- ple les var. dertopartschi, divaricata, sont aussi fort voisines de C. moni- lifera. En tous cas, nos spécimens d'Aquitaine ne peuvent se confondre avec des individus népioniques de C. Jouanneti, qui n'ont ni la môme orne- mentation, ni la même charnière. — 188 — Loc — Escalans. plésiotypes (PI. III, fîg. 9-12), coll. Degrange-Touzin. Salies-de-Béarn, une valve en médiocre état, un peu douteuse, Clermont (Landes), même coll. Le Paren, cuil. Peyrot. Peyrère, coll. Raulin. Sau- cats (La Sime), ficle Benoist. Rare partout. — Helvétieii* 370. Venericardia {Cardiocardita) Linderi nov. sp. PI. IV, fig. 21-24. Test épais. Taille moyenne ; forme ovale, inéquilatérale ; côté antérieur court, arrondi; côté postérieur plus long, dilaté et tronqué; bord palléal arqué, remontant très obliquement vers le contour buccal qui est en quart de cercle, tandis que le contour anal, presque recliligne , est raccordé presque orthogonalement avec les bords palléal et cardinal ; bord car- dinal peu arqué et peu déclive de chaque côté du crochet; crochet gonflé, prosogyre, situé à peu près au quart antérieur de la valve. Lunule très petite, enfoncée et lisse. Surface externe convexe, assez bombée, déclive sur la région anale, ornée de dix-huit côtes saillantes, courbes, arrondies, à peu près aussi larges que leurs intervalles; dans la région umbo- nale elles portent de petites tubercules transverses qui s'effa- cent vers les bords de la coquille, les intervalles sont assez fortement striés en travers. Plateau cardinal assez étroit à contour inférieur peu sineux : 3 a mince, soudée au bord lunulaire; 3& étroite et incurvée, striée sur sa face supérieure, séparée de la nymphe — qui n'est guère plus longue — par une large rainure; AI peu dis- tincte, indiquée surtout par la fossette contiguë; 2 a perpen- diculaire sous le crochet, saillante, assez courte, à faces latérales isocèles; 4& étroite et longue, parallèle à la nymphe dont la sépare un étroit sillon ; A II formant un dentelon bien marqué à l'extrémité du bord lunulaire; PII rudimentaire. Impressions musculaires profondes ; l'antérieure réniforme, surmontée de l'impression pédieuse placée sous AI, la posté- rieure arrondie; impression musculaire écartée du bord qui est fortement crénelé. — 189 — Dim. Diani. a. -p. : 19 mill.; diam. u.-p. : 16 mill. 5. R. D. — Cette Cardite est remarquable par la saillie de ses côtes bien convexes, bien séparées et par la troncature de son côté anal. Ces carac- tères la rapprochent de C. monilifera dont elle s'écarte d*autre part à cause de l'aspect presque lisse de ses côtes et du rétrécissement de son côté antérieur. V. Linderi n'a ni les tubercules saillants, ni la forme oblon- gue de C. Raidini qu'on rencontre dans le même gisement et qui appartient d'ailleurs au S. -G. Glans. Aucune des variétés de V. antiquata figurées par M. Sacco ne peut être confondue avec elle : celles qui ont presque la même ornementation n'ont pas du tout la même forme, et celles qui sont presque aussi dilatées en arrière ont des côtes tout à fait différentes. Loc. — Saubrigues, cotypes (PI. IV, fig. 21-24), coll. Dumas; assez rare; coll. Benoist, une valve gauche. — Tortonien. 371. Venericardia (Cardiocardita) profundisulcata [Mayer]. PI. IV, fig. 19-20. 1801. Cardita profudisulcata May. Journ. Conch., IX, p. 360. Test assez épais. Taille moyenne; forme subtrapézoïdale, très inéquilatérale; côté antérieur court, arrondi; côté posté- rieur tronqué et fortement déclive; bord palléal peu arqué, raccordé en arc de cercle avec le bord anal arrondi, et suivant un angle presque droit, avec le côté anal qui est à peu près rec- tiligne; bord cardinal très court en avant du crochet, plus long, peu convexe en arrière. Crochets assez saillants, prosogyres silués au tiers antérieur des valves. Lunule cordiforme, petite, lisse, limitée par un sillon bien gravé. Surface externe bom- bée surtout vers les crochets, doucement déclive vers le bord antérieur, fortement comprimée sur le côté anal, ornée de vingt côtes assez saillantes, subquadrangulaires, séparées par des interstices profonds et un peu moins larges qu'elles; les côtes portent des tubercules contigus, arrondis dans la région umbonale, plus transverses vers le bord palléal; les interstices présentent des stries parallèles et serrées. Plateau cardinal étroit et court, à contour inférieur légè- — 190 — rement sinueux : 3 a non distincte du bord limulaire; 3& très forte, triédrique, retroussée, striée sur ses faces latérales, l'externe parallèle à la nymphe dont la sépare un profond sillon; Ail obtuse, limitant une petite fossette parallèle au bord palléal. Impressions musculaires bien marquées, l'antérieure réni- forme, surmontée de l'impression pédieuse placée directement sous la lamelle antérieure, la postérieure ovalaire. Impression palléale écartée du bord qui est largement et fortement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : li,5 mill. ; diam, u.-p. : 13 mill. R. D. — Mayer n'a pas figuré son espèce; mais les coquilles auxquelles nous attribuons ici le nom profundisulcata correspondent parfaitement à la description du type de Mayer et proviennent du même niveau. Par contre, elles nous paraissent différer beaucoup, par la taille, le galbe et l'ornementation, de C. senilis et de C. intermedia dont les a rapprochées l'auteur. Les analogies de C. profundisulcata avec C. monilifera sont telles qu'on pourrait presque considérer celle-ci comme une mutation de la forme burdigalienne. La disposition des côtes, leur ornementation est la même dans les deux cas, mais C. profundisulcata est un peu plus bombée, son côté postérieur est plus comprimé, plus brusquement déclive, la char- nière est par suite un peu plus comprimée, de sorte que 3b est allongée. Loc. — Saucats (Lagus), néotype (PI. IV, fig. 19-20), coll. Degrange- Touzin, deux valves droites; Léognan (Coquillat), Martillac (Pas de Bar- reau), même coll., coll. Bial-Neuville ; assez rare ; Saucats (M in de l'Eglise, Gieux), fide Mayer. — Buvcligalien. 372. Venericardia (Cardiocardita) subaffinis [Tourn.]. PL III, fig. 21-24. 1874. Cardita subaffmis Tourn. Fal. Sos (A. S.L.B., XXIX), pp. 134, 163. Test assez épais. Taille petite; forme ovale-transverse, iné- quilatérale; côté antérieur, le plus court, ovale; côté posté- rieur obliquement tronqué et presque rectiligne; bord palléal peu arqué, régulièrement raccordé avec les contours latéraux; bord cardinal à peu près également incliné de part et d'autre du crochet qui est prosogyre, médiocrement saillant et situé — 191 — au tiers antérieur de la longueur des volves. Lunule petite, cordiforme, lisse, peu enfoncée. Surface extérieure médiocre- ment convexe, déprimée sur le côté anal qui est presque plan, ornée d'environ dix-sept côtes, plates, lisses, continues, qui s'élargissent rapidement du crochet vers le bord ventral, les trois ou quatre côtes du côté anal sont parfois un peu plus étroites que les autres. Plateau cardinal assez étroit, à contour inférieur peu arqué : 3 a soudée au bord lunulaire, 3& forte, triédrique, pas très lon- gue, sa face externe, striée, est parallèle à la nymphe qui est allongée et étroite; AI est peu distincte sur l'unique valve droite que nous avons examinée; 2 séparée du bord lunulaire triédrique, ayant les trois faces égales, 4/, très étroite striée sur ses deux faces, allongée parallèlement à la nymphe dont la sépare un profond sillon. Pas d'apparence de lamelles latérales ce qui, au moins pour AU, tient à l'état d'usure de nos échantillons. Impressions musculaires profondément gravées, arrondies, l'antérieure surmontée de l'impression pédieuse qui est placée sous le plateau cardinal. Impression palléale écartée du bord qui est largement et fortement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 17 mill. ; diam. u.-p. : 12 mill. R. D. — Tournouër n'a pas figuré son espèce, et ne la caractérisée que par une courte phrase, mais il a signalé ses rapports avec C. turonensis Iv. et Peyr. (C. affinis Duj. non Sow.), ce qui nous a permis d'appliquer le nom donné par Tournouër à des spécimens provenant de la même localité que le type. C. subaffinis présente un peu l'ornementation de C. Jouanneti, mais il est toujours beaucoup plus aplati, ses côtes sont moins convexes et lisses; 3a est plus courte, 2a plus rapprochée du bord lunulaire, 4b est plus courte. C. subaffinis rappelle aussi pour la taille et pour la forme C. Schwabenaui Hœrnes, de l'Helvétien de Grund, qui est cependant un peu plus transverse et dont les côtes ne sont pas contiguës. D'une manière générale, C. subaffinis est caractérisée par ses crochets situés peu en avant de la ligne médiane. Loc. — Parleboscq, néotypes (PI. III, fig. 21-24), coll. Benoist; coll. Degrange-Touzin ; Rimbès (fide Tourn.). Baudignan, trois valves gauches, coll. Degrange-Touzin. Très rare. — Helvétien. — 192 — 373. Venericardia (Cardiocardita) pinnula Basterot. PL I\', fig. 5-8. 1825. Venericardia pinnula Bast. Mém. env. Bord., p. 79, pi. "V, fig. 4. 1847. Cardita Ajar Michti. Foss. Mioc, p. 96 (non Adanson). 1847. — Sism. Syn. méth. (éd. 2), p. 17. 1850. Cardita pinnula Desh. Traité élém. Gonch. III, p. 177, pi. XXI, fig. 4-5. 1852. — D Orb. Prodr , III, 26 et., p. 113, no 2116. 1873. Ben. Cat. Saucats, p. 57, n° 148. 1886. — Ben. Mt-de-Marsan (P.-V. S. L B.,t. XL). 1897. — Raulin. Statist. Landes, p. 299. 1899. Actinobolus pinnula Sacco. L. c, XXVII, p. 20, pi. V, fig. 39 à 42. 1909. Cardita (dl ans) pinnula Dollfus. Essai et. Aquit., p. 25, 44, no 107. Test épais. Taille assez grande ; forme transverse, sub- trigone, équi valve, inéquilatérale ; coté antérieur largement arrondi, beaucoup plus court que le côté postérieur qui est obliquement rétréci, faiblement tronqué sur l'extrémité de son contour anal; bord palléal arqué surtout en arrière, réguliè- rement raccordé en avant dans le prolongement du contour buccal, formant un angle arrondi — mais inférieur à 90° — avec le contour anal; bord cardinal court et arrondi en avant du crochet, plus long et déclive, presque rectiligne en arrière; crochets prosogyres, convexes, saillants et rapprochés, situés au quart ou au cinquième antérieur de la longueur des valves. Lunule très petite, enfoncée sous le crochet, bien séparée du reste de la coquille par un profond sillon; corselet linéaire, bordé par un gradin élevé. Surface extérieure convexe, un peu gibbeuse en avant, déprimée sur la région anale, ornée de vingt-six côtes quadrangulaires, saillantes, séparées par des intervalles profonds et moitié moins larges qu'elles, devenant sur la déclivité anale un peu plus étroites et plus serrées; ces côtes sont couvertes de crénelures quadrangulaires, trans- verses, rapprochées et s'étendant sur toute la largeur des côtes; les intervalles, ainsi que les faces latérales des côtes, sont finement et irrégulièrement sillonnés. Cette sculpture très — 193 — marquée sur les exemplaires jeunes et non roulés s'atténue avec l'âge et sous l'effet de l'usure, de sorte que les côtes paraissent le plus souvent lisses. Plateau cardinal assez large, à contour inférieur un peu excavé au-dessus de la cavité umbonale : 3 a confondue avec le bord lunulaire, courte, assez forte, perpendiculaire; 3j, très oblique, longue, fortement saillante et retroussée en dehors, sa face externe et la portion de sa face interne qui limite la fossette portent de très fines stries perpendiculaires à sa lon- gueur; nymphe forte, large, à peu près parallèle à 3*, dont elle est séparée par un profond et large sillon; 2 bien distincte et isolée du bord lunulaire par une profonde rainure, courte, saillante et triédrique; i b très oblique, saillante, étroite, striée comme 3&, encadrant avec 2 une longue fossette en forme de triangle scalène, et séparée de la nymphe. Impression musculaire antérieure réniforme, profonde, sur- montée de l'impression de l'adducteur du pied; impression musculaire postérieure, arrondie, moins profonde; impression palléale écartée du bord qui est marqué de crénelures larges et distantes s'atténuant sur le contour anal. Dim. Diam. a. -p. : 37 mi IL ; diam. u.-p. : 30 mill. R. D. — Tournouër (Faluns Sos p. 162, et Invert. Mont. Léberon p. 162) considère C. pinnula comme l'une des formes ancestrales de C. Jouanneti à laquelle la relieraient des mutations ou des espèces telles que : C. hybrida Tourn., C. lelebori Hœrn. Nous ne connaissons la première que par les quelques mots qu'y consacre son auteur : ce serait une espèce de la taille de C. pinnula, ayant les côtes quadrangulaires comme elle, séparées aussi par de profonds sillons, mais moins nombreuses, dix-neuf seulement et peu rugueuses comme chez C. Jouanneti. Nous n'avons pas retrouvé C. hybrida dans les matériaux pro\ enant de la région de Sos mis à notre disposition'. Les coquilles ainsi dénommées dans la coll. Benoist ne nous paraissent pas répondre à la courte diagnose de Tournouër. Quant à C. Zelebori, elle est beaucoup plus voisine, par son galbe, son ornementation de V. Jouanneti que de V. pinnula. Quoi qu'il en soit de la filiation de C. Jouanneti, ses analogies avec C. pinnula sont assez lointaines; cette der- nière est plus petite, son côté postérieur est plus rétréci, ses côtes sont plus nombreuses, quadrangulaires, et mieux séparées les unes des autres. — 194 - Il y a aussi quelques différences dans la charnière qui — d'une façon générale — est plus allongée chez V. Jouanneti. C. pinnula, de l'Helvétien des collines de Turin (coll. Peyrot) — que nous avons pu comparer avec nos spécimens aquitaniens et burdiga- liens — est constamment moins transverse et relativement moins élevée, son côté postérieur est moins rétréci, ses crochets sont situés moins en avant; d'autre part, 3a et 4b sont moins allongées. Cette forme devrait, à notre avis, constituer une mutation tout à fait distincte de l'espèce du Bordelais. V. ajar, des côtes du Sénégal, à laquelle on avait primiti- vement assimilé notre fossile, s'en distingue — à première vue — par sa forme arrondie. Loc. — La plupart des gisements de l'Aquitaine ; Saucats (Giraudeau), plésiotypes (PI. IV, fig. 5-8), coll. Bial- Neuville. — Aquitanien et Biirdigalîen . 374. Venericardia (Megacardita) Jouanneti Basterot. PL III, fig. 1-4. 1825. Venericardia Jouanneti Bast. Môm. env. Bord., p. 80, pl.V, fig. 3. 1828. — Defr. Dict. Se. Nat., LVII, p. 237. 1830. Cardita Jouanneti Desh. Enc'ycl. méth., XII, p. 197. 1835. — Desh. An. s. vert. (éd. 2) vol. V, p. 436. 1838. — Grat. Cat. Gironde, p. 61. 1840. — Goldf. Petr. Germ., II, p. 187, pi. CXXX1II, fig. 15. 1847. — Micht. Descr. foss. Mioc.,p. 97. 1850. - Desh! Tr. él., II, p. 178, pi. XXXI, fig. 8-9. 1852. — D'Orb. Prodr., III, p. 114, 26<= et., no 2127. 1852. Raul. Note Tert. Aq. (B. S. G. F. IX), p. 412. 1865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 266, pi. XXXV, fig. 78 (tantam). 1873. — Fisch. et Tourn. Invert. foss. Léberon, p. 146. 1873. — Ben. Cat. Saucats, p. 57, no 146. 1874. — Tourn. Sos (A. S. L. B., XXIX), p. 129, 162. 1894. Venericardia Jouanneti Degr.-Touz. Et. prél. Orthez, p. 412. 1899. Megacardita Jouanneti Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVII, p. 9, pi. II, fig. 1. 1903-1904. Cardita (Venericardia) Jouanneti Dollf., Cott. etGom. Moll. tert. Port., pi. XIX, fig. 1, et pi. XX, fig. 1-2 (non 3-4). Test très épais. Taille grande ; forme ovale-tranverse, — 195 — allongée et inéqui latérale, surtout à l'état géronlique; côté antérieur arrondi, côté postérieur plus long, rétréci et oblique- ment tronqué; bord cardinal peu arqué, surtout dans les spé- cimens gérontiques, se raccordant régulièrement avec le bord buccal qui est arrondi en quart de cercle, et aussi avec le bord anal qui est ovale; bord palléal court et arrondi en avant du crochet, peu convexe et allongé en arrière; crochets pro- sogyres, enroulés, très saillants et rapprochés, situés au cin- quième antérieur de la longueur des valves. Lunule cordiforme, courte, très enfoncée sous le crochet, séparée du reste de la coquille par un sillon profond; corselet indistinct. Surface extérieure très convexe en avant et dans sa partie moyenne, légèrement déprimée sur la région anale ; elle est ornée de dix-neuf ou vingt côtes, bien arrondies et saillantes dans la région des crochets, s'aplatissant ensuite et s'élargissant beau- coup à mesure qu'elles s'en éloignent, à l'exception des trois ou quatre dernières côtes anales qui restent étroites; les sil- lons qui les séparent sont à l'origine assez profonds et aussi larges que les côtes, mais deviennent rapidement peu pro- fonds et très étroits ; dans la région umbonale, les côtes por- tent des tubercules transverses, très rapprochés, ils s'effacent bientôt pour faire place à des plissements irréguliers, peu saillants, visibles surtout sur le bord des côtes, dont le milieu paraît lisse à l'œil nu. Plateau cardinal devenant très large dans les spécimens gérontiques, son contour inférieur est peu sinueux : 3 a con- fondue avec le bord lunulaire, perpendiculaire sous le crochet, courte, large; 3/, très oblique, très allongée, fortement sail- lante et retroussée en dehors, très finement rayée sur sa face externe et sur la portion de sa face interne qui limite la fos- sette, par des stries perpendiculaires à sa longueur; nymphe forte, large, parallèle à 3& dont elle séparée par un profond sillon; 2 courte, triédrique, un peu inclinée, distincte du bord lunulaire dont elle est séparée par une fossette où se loge 3 a ; ib longue, très oblique, fortement saillante, striée comme 3;,, séparée de 2 a par une fossette beaucoup plus grande que celle — 196 — de la valve opposée, et de la nymphe par un sillon assez profond. Impression musculaire antérieure plus profondément gravée que la postérieure et surmontée de l'impression du muscle pédieux; l'impression musculaire postérieure est cordiforme et traversée par l'impression palléale non parallèle, en avant plus écartée du bord qui est marqué de crénelures larges et distantes, s'atténuant un peu sur le bord anal. Dim. Diam. a. -p. : 77 mill. ; diam. u.-p. : GO mill. R. D. — Voici une espèce remarquable par son extrême abondance et par la grande étendue de son aire de distrilaition géographique, conditions éminemment favorables à l'apparition de variétés; en effet autour de C. Jouanneti gravite un groupe important de variétés ou de mutations. La forme figurée par Basterot, que l'on doit par suite considérer comme typi- que, et dont on a lu plus haut la description, est essentiellement caracté- risée par son galbe moyennement transverse, par ses dix-neuf ou vingt côtes arrondies, distinctes et rugueuses; on la trouve surtout dans l'Hel- vétien II et III de Mayer (exemples : Saucats (La Sime), Salles (Débat, Minoy, etc.). A Salles (Largileyre), qui représente un niveau un peu supé- rieur, C. Jouanneti devient d'une extraordinaiie abondance et à côté de la forme typique, on en trouve d'autres ayant un « faciès particulier » déjà signalé par Benoist; la taille est fort grande — ce qui est le cas de beau- coup de fossiles de Largileyre — le galbe est transverse, plus gibbeux, plus inéquilatéral, les côtes (19 à 20) plus aplaties, moins séparées sur- tout dans la région dorsale, s'effaçant même parfois plus ou moins com- plètement, nous en faisons la var. ponderosa, bien distincte de la var. lœviplana Depéret, plus courte et plus élevée que le type, à cardinales plus courtes et moins obliquement inclinées (B. S.G.F., 3 e série vol. 21, p. 256), qui prend la place prépondérante dans le Tortonien d'Italie, du bassin de Vienne (coll. Cossmann) et du Portugal, et que l'on retrouve en Algérie. Les côtes sont partout aplaties, séparées par des sillons fort étroits et peu profonds, ainsi que dans les var. dertobrevis et dertolonga Sacco, également du Tortonien. Les figurations (pi. XIX, fig. 1 et pi. XX, fig. 3) des Planches de mollusques tertiaires du Portugal, laissées par Pereira da Costa — et que MM. Dollfus et Berkeley Cotter ont réunies à C. Jouanneti — nous paraissent constituer de fortes mutations sinon même des espèces distinctes. Puis C. Jouanneti disparait brusquement; les cita- tions de notre fossile dans le Plaisancien de Castellarquato et de Borgoli seraient inexactes, d'après M. Sacco. Si maintenant nous considérons les niveaux inférieurs de l'Helvétien, . — 197 — l'Helvétien I, Mayer (exemple collines de Turin, Touraine), nous trouvons des variétés de taille habituellement plus faible, à crochet moins proé- minent, mais à côtes bien séparées et arrondies; telles sont les var. Brocchii Mic'ht., taurobrevis Sacco, des collines de Turin, Mayeri Iv. et Peyr., de la Touraine. Cette dernière — confondue par MM. Dollfus et Dautzen- berg avec C. Jouanneti typicpie, dans leurs premières publications sur les Faluns de la Touraine — est devenue dans la « Conchologie du Mio- cène de la Loire », C. Isevicosta Lk. Ce nom appliqué par Lk. à une petite coquille de 21 mill. de diamètre, pourrait s'appliquer, d'après la diagnose très courte et très vague qu'il donne, à la plupart des Cardites des faluns de la Touraine; d'ailleurs, l'apparence de côtes lisses sur le dos et créne- lées sur leurs bords — qui a suscité le nom Isevicosta — est un effet de l'usure; sur quelques spécimens mieux conservés (coll. Peyrot), on peut s'assurer que les côtes sont rugueuses sur toute leur surface. Il nous parait difficile d'accepter cette reprise, trop douteuse, du nom de Lk. Parmi les formes ancestrales de C. Jouanneti, on peut peutêtre placer C.pinnula Bast. du Burdigalien et de l'Aquitanien et C. Arduïni Brongn. et ses variétés de l'Aquitanien de l'Italie, toutes deux transverses, très inéquilatérales à côtes plus nombreuses, plus étroites que chez C. Jouan- neti et séparées par des sillons profonds. Loc. — Salles (Largileyre), forme typique (PI. III, fig. 1-4), coll. Coss- mann ; Salles (couches à Panopées, Débat, Minoy, Largileyre), toutes les coll. ; Saucats (La Sime), St-Symphorien, Baudignan, Escalans, Narrosse, Saugnac, Clermor.t (Landes) ; Orthez (Le Paren), Sallespisse, Salies-de- Béarn, coll. Degrange-Touzin. Saucats (Cazenave) coll. Cossm.; coll. de Sacy. Rimbès (fide Tourn.). Man^iet (Gers), coll. Peyrot.— Helvétîen. Saubrigues, Soustons, coll. Degrange-Touzin. — Tortonieii. 375. V. Jouanneti Basterot; var. ponderosa nov. var. PI. III, fig. 17-20. R. D. — Cette variété se distingue par sa grande taille, par l'extrême épaisseur qu'acquiert la coquille surtout à sa partie antérieure; elle est plus transverse que le type, son crochet, presque terminal, est très épais, de sorte que — malgré la largeur du plateau cardinal — la cavité umbonale n'est pas profonde. La charnière est identique à celle du type, mais d'une robustesse beaucoup plus grande. La surface externe est moins réguliè- rement convexe, plus gibbeuse en avant, les côtes s'effacent sur le côté anal et vers le bordpalléal. La variété Iseviplana Dep. in Sacco (XXVII, p. 10, pi. III, fig. 10 13] est plus haute, moins inéquilatérale, plus régulière. Dim. Diam. a. -p. : 70 mill.; diam. u.-p. : 45 mill. — 198 — Loc. — Salles (Largileyre) ; type (PI. III, fig. 17-20), coll. Peyrot. Sau- cats (Cazenave), coll. de Sacy. — Helvétien. 376. V. Jouanneti Basterot; var. bearnensis nov. var. PL IV, fig. 1-4. R. D. — Voisine de la var. ponderosq, celle-ci s'en distingue par sa charnière plus couchée, 3b beaucoup plus étroite, 2 moins triédrique, 4b plus saillante et plus courte; en outre, les côtes sont bien séparées sur toute la surface et elles ne marquent aucune tendance à l'effacement. Par sa forme générale, la var. bearnensis se rapproche de la var. derto- longa Sacco, mais cette dernière a les côtes moins saillantes, et en outre, la charnière n'est pas figurée, de sorte que nous n'avons pu y assimiler avec certitude notre fossile. Loc. — Sallespisse, cotypes (PI IV, fig. 1-4), coll. Cossmann. — Hel- vétien . 377. V. Jouanneti Basterot; var. consobrina nov. var. PL III, fig-. 5-6. R. D. — Le test est plus mince que chez les valves de Venericardia Jouanneti de même taille, le crochet est beaucoup moins gonflé, le plateau cardinal plus étroit, le bord palléal plus arqué, enfin la coquille est bien plus aplatie. Le nombre des côtes est le même que chez le type, elles sont un peu plus convexes. Ce n'est pas une jeune C. Jouanneti, car le galbe est différent, mais vraisemblablement une forme qui est restée à un stade népionique. Si l'on en trouve d'autres valves identiques, il y aura certaine ment lieu de séparer cette variété comme espèce distincte. Dim. Diam. a. -p. : 30 mill. ; diam. u.-p. : 24 mill. Loc. — Salles (Largileyre); type (PI. III, fig. 5-6), une valve gauche, coll. Duvergier. — Helvétien. PTEROMERIS Conrad, 1862. = Coripia De Gregorio, 1885 (1). = Miodon in Cossm. et in Sacco, non Carp. 1864, nec Duméril, 1859. = Triodontavon Kœnen, 1893). Taille petite; forme arrondie, subtrigone, très peu convexe, souvent inéquilatérale, le côté antérieur étant un peu plus (1) Bull. Soc. mal. ital., X, p. 153. — 199 — long et plus atténué que le côté postérieur ; lunule cordi- forme, lisse, peu excavée, vaguement limitée; corselet étroit, peu distinct; ornementation treillissée par des côtes rayon- nantes, aplaties, et des sillons concentriques qui prédominent parfois presque exclusivement; charnière composée d'une très grosse dent 3^, haute et trigone, peu allongée, 2 un peu obli- que et triédrique; 3 a et 4& sont atrophiées ou confondues, l'une avec le bord lunulaire, l'autre avec la nymphe gauche; aucune trace de lamelles latérales antérieures, mais P I est presque toujours visible et en tous cas, sa fossette est nettement mar- quée par un sillon distinct sur le bord postéro-supérieur de la valve gauche, dans le prolongement de la nymphe; impres- sions musculaires inégales, l'antérieure plus étroite; impres- sions pédieuses petites et bien visibles à l'extrémité d'une plateforme calleuse et biaise qui rétrécit la cavité umbonale; ligne palléale écartée du bord qui est grossièrement crénelé (G. -T. : Astarte perplana Conrad. Mioc). Il s'agit ici d'un groupe de petites coquilles très variables dans leur forme et leur ornementation, qui ont été rapportées soit au G. Miodon Carpenter (non Duméril = Miodontiscus Dali, 1903), soit au G. Carditella Smith, soit à Micromeris Conrad, qui a un ligament interne et qui se place dans la Fam. Crassatellidœ. Nous aurions volontiers appliqué le nom Cori- pia qui a été proposé par M. de Gregorio précisément pour C. corbis Phil. et pour C. unidentata Bast., s'il n'existait antérieurement un Genre Pte- romeris Conrad, doublé d'un autre S. -Genre Pleuromeris Conrad (1867), qui nous paraît avoir la priorité. Pteromeris a pour type Astarte perplana dont une variété abbreviata Conr. se trouve sous nos yeux (Miocène du Mary- land, coll. Cossmann) ; or nous y constatons l'atrophie de 3a et 4b, ainsi que l'existence de P I et de sa fossette opposée; comme ce sont e>acte- ment les caractères de la charnière de Coripia unidentata et que l'orne- mentation est d'ailleurs semblable, il n'y a pas d'hésitation possible sur la synonymie de ces deux dénominations, ainsi que l'a d'ailleurs indiqué M. Dali (loc. ci£.,p. 1417), tandis que Fischer paraissait croire (Man. Concb., p. 1187) que Coripia tombe en synonymie avec Miodon. D'après M. Dali (p. 1409), Miodontiscus — qui remplace Miodon préemployé — « has tlie posterior right cardinal absent and a posterior right and anterior left latéral feebly developed; » il nous semble bien surprenant que 3b. ait disparu, il y a peut-être équivoque et c'est probablement 3 a que l'auteur - 200 — a voulu désigner, mais nous ne pouvons vérifier le fait, de sorte que Miodontiscus reste douteux pour nous. Quant à Pleuromeris c'est un Ptero- meris à côt^s nettement séparées par des rainures comme chez Veneri- cardia; nous n'avons pu en vérifier la charnière et l'ornementation varie trop graduellement d'une espèce à l'autre pour qu'on puisse y Laser la distinction dune Section. Nous laissons de côté, pour le même motif, Neocardia Sow. (1892) et Calyptogena Dali (1903), ce dernier Genre lisse, avec AI et A II, d'après Fauteur; nous n'avons rien de semblable dans notre Néogène. Pteromeris a certainement existé dans l'Eocène d'Europe (C. decussata Lamk.) et c'est un Genre abondamment représenté à tous les niveaux du Système tertiaire, jusqu'à l'Epoque actuelle. 378. Pteromeris unidentata Basterot. PL V, fig. 11-14. 1825. Venericardia unidentata Bast . Mém. env. Bord., p. 80. 1828. — Defr. Dict., LVII, p. 237. 1841. — Grat. Cat. foss. Gir., p. 700. 1852. Cardita unidentata Desh. Traité élém. Conch., II, p. 178. 1857. Venericardia unidentata Desm. Expl. Carte géol. Fr., III, p. 81. 1874. Cardita unidentata Ben.- Cat. Saucats, p. 59, n° 157. 1884. De Greg. Studi tal. Conch. Med.. p. 153. 1897. — Grat. Stat. Landes. 1907 Cardita (Coripia) unidentata Dollf. Coq. foss. Bord. (A. S. L.B. LXII), p. 363, pi. II, fig. 15-16. 1909. Dollf. Et. Aquit., p. 422, no 112. Test assez épais. Taille très petite; forme trigone-arrondie, astartoïde, presque équilatérale ; côté antérieur légèrement arrondi, côté postérieur plus brusquenent déclive; bord palléal incurvé se raccordant en courbe avec les bords buccal et anal qui se rencontrent au crochet sous un angle à peu près droit; crochets très gonflés pour la grandeur de la coquille, proso- gyres, sensiblement médians. La lunule et le corselet ne sont pas circonscrits, ils se reconnaissent seulement parce que leur surface est lisse. Surface externe régulièrement convexe, mais pas très bombée, portant environ vingt-deux côtes légèrement convexes, contiguës, découpées par des sillons concentriques en tubercules transverses, arrondis et contigus, de sorte que — 201 — la surface de la coquille paraît décussée, sous un faible gros- sissement, mais les sillons intercostaux étant notablement plus profonds que les sillons concentriques, à l'œil nu, le test semble être seulement costulé. Plateau cardinal étroit mais assez haut; charnière : 3 a entiè- rement atrophiée, 3& très saillante, très grosse, triédrique pro- longée parallèlement à la nymphe dont la sépare un assez large sillon ; 2 a oblique assez saillante partiellement souciée au bord lunulaire dont la sépare seulement un étroit sillon au- dessus duquel elle fait saillie ; 4& étroite, allongée, parallèle à la nymphe qui est peu saillante; PI peu saillante, étroite et longue, sa fossette est surtout visible sur la valve gauche. Impressions musculaires bien gravées, placées assez loin du crochet, l'antérieure ovalaire, la postérieure arrondie, impres- sion palléale faible, commissure des valves crénelées. Dm. Diam. a. -p. : 8,5 mill.; diam. u.-p. : 9 mill. R. D. — Cardita scalaris — que divers ailleurs ont rapproché de C. uni- denlata — est constamment plus grande, relativement plus haute et plus bombée, la sculpture de sa surface externe est plus prononcée, à cause de la profondeur plus grande des sillons intercostaux et des sillons concen- triques ; 3b est proportionnellement moins forte, plus allongée le long de la nymphe; 2a et 4b forment un angle un peu moins aigu; mais ces réser- ves étant faites, on doit reconnaître qu'il existe entre ces deux espèces une grande affinité due à des liens phylogénétiques étroits, dont M. Sacco ne tient cependant pas compte dans sa généalogie de C. scalaris (I Moll . parte XXVII, p. 23). Cardita producta Michtt. que Benoist donne en syno- nymie de C. unidentata est, d'après M. Sacco, la var. exproducta de C. scalaris. C. depressa von Kœnen, est également très voisin de notre espèce en particulier par sa charnière comportant une dent 3b courte et très forte. Quant à Vt. corbis Phil., c'est une espèce chez laquelle prédo- minent les sillons concentriques, de sorte que la confusion n'est guère possible. D'après la comparaison avec nos valves du Maryland (coll. Cossmann), Pt. perplana var. abbreviata Conrad, est plus trigone et plus haute, son ornementation est aussi composée de côtes beaucoup plus larges. Loc. — Dax (Maïnot), plésiotypes (PI. V, fig. 11-14), coll. Cossmann. St-Médard-en-Jalle (Gajac), St-Morillon (Chiret), Pessac, toutes les coll. ; M in de Carreau, coll. Degrange-Touzin, Mérignac (Baour, Pontic) ; com- mune. — Aquitanieii . 14. — 202 — Martillac (Pas de Barreau) ; Léognan (Le Thil supr, Chau Ollivier, Thi- baudeau, Carrère, Coquillat, Sangsueyre) ; Canéjan, La Brède (Moras supr); St-Médard-en-Jalle (Caupian, La Fontaine) ; Saucats (M in de l'Eglise, Peloua, Lagus, Pont-Pourquey) ; Cestas (Fourcq, M in Neuf); Dax (Caban- nes, Mandillol) ; commune dans tous ces gisements. — Burdicjalieii. 379, Pteromeris unidentata Dujardin; mut. helvetica nov. mut. PI. Y, fig. 15-16. R. D. — Taille un peu plus grande que chez le type, forme un peu moins haute. L'ornementation extérieure comporte encore des costules radiales et des sillons concentriques les découpant en tubercules trans- verses contigus, mais elle est parfois beaucoup moins accusée, et à l'œil nu, la coquille apparaît même quelquefois presque lisse, marquée seule- ment de sillons indiquant les arrêts d'accroissement. Il n'y a d'autres dif- férences dans les charnières que celles résultant de la différence détaille. D'autre part, notre coquille nous parait s'éloigner beaucoup de C. scalaris à laquelle Benoist l'avait réunie dans sa collection. Elle est moins grande, moins haute, moins convexe que les spécimens de C. scalaris provenant de diverses localités (Sudbourne Hill, Sutton etc., coll. Peyrot) du Crag d'Angleterre auxquels nous l'avons comparée, sa sculpture extérieure présente un plus grand nombre de côtes radiales, qui sont moins distinctes, les dents 2 a et hb sont plus étroites. Dim. Diam. a. -p. : 9 mill. ; diam. u-v. : 10 mill. Loc. — Saucats (La Sime) ; type (PI. V, fig. 15-16), coll. Benoist, qua- tre valves gauches. Sallespisse, peu rare, toutes les coll. Salles (Largi- leyre), coll. Bial de Bellerade, rare. — Helvétien. 380. Pteromeris exigua [Dujardin]. PI. V, %. 7-10. 1837. Cardita exigua Duj. Mém. Tour., p. 265, pi. XVIII, fig. 17 a. b. 1873. Ben. Cat. Saucats, p. 58, no 156. 1881. — Bard. Paléont. Maine-et-Loire, p. 25. 1886. Goodallia exigua Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 7. Test assez épais. Taille très petite; forme obronde, subéqui- latérale ; côté antérieur un peu plus court, un peu plus arrondi que le côté postérieur qui est obtusémsnt anguleux; contours subcirculaires dans leur ensemble; crochets petits, médiocre- - 203 — ment gonflés, faiblement prosogyres, presque opposés et situés un peu en avant du milieu de la valve. Lunule lancéolée petite et lisse, circonscrite par un sillon bien marqué, corselet très étroit, lisse, peu distinct. Surface dorsale convexe, médio- crement bombée, ornée de stries légèrement excentriques, étroites et assez profondes, distantes dans la région médiane, surtout vers le crochet, plus denses sur les côtés anal et buc- cal; elles sont coupées par des stries divergentes à peine per- ceptibles sur le dos de la coquille, mais qui se renforcent sur le côté anal où l'on distingue trois ou quatre fines coslules saillantes et mêmes granuleuses. Plateau cardinal peu élevé; charnière : 3 a complètement atrophiée, 3& forte, triédrique, faiblement excavée, prolongée parallèlement à la nymphe dont la sépare un étroit sillon au- dessus duquel elle fait saillie; 2 assez petite, presque perpen- diculaire sous le crochet, partiellement soudée au bord lunu- laire dont la sépare un sillon au-dessus duquel elle fait saillie; 4/, mince, allongée parallèlement à la nymphe qui est longue et étroite; sur les spécimens bien conservés 2„ et 4& paraissent légèremeut creusées au centre; PI très obsolète, mais sa fos- sette est toujours visible sur la valve gauche. Impressions musculaires bien gravées, l'antérieure réni- forme surmontée d'une petite impression pédieuse, la posté- rieure arrondie; impression palléale faible; commissure des valves crénelées. Dim. Diam. : 4 mill. R. Dt — A l'exemple de Benoist, nous assimilons nos échantillons à l'espèce de la Touraine (coll. Peyrot), bien que chez ces derniers les peti- tes costules granuleuses du côté anal soient en général peu apparentes, ce qui tient sans nul doute à l'état d'usure des coquilles des faluns de la Touraine qui sont habituellement très roulées. Il y a aussi, tant chez les spécimens tourangeaux que chez ceux de l'Aquitaine, beaucoup de varia- tions dans la densité des sillons concentriques, on ne peut guère créer de variétés en se basant sur un caractère aussi fugitif. Coripia Boisteli D. D. (Nouv. liste Pélécyp. Tour. p. 30) est vraisemblablement fondé sur les types extrêmes et les sillons très rapprochés découpant des lamelles sail- lantes et granuleuses. Les charnières sont — dans tous les cas — bien identiques. — 204 — Pteromeris exigua rappelle un peu, par son ornementation extérieure, Digitaria burdigalensis; néanmoins chez ce dernier, outre que la commis- sure des valves est lisse, et la charnière tout à fait différente, les stries annulaires sont habituellement moins nombreuses plus distantes et sur- tout bien plus excentriques; enfin, bien que ce caractère soit très variable chez les deux espèces, on ne voit jamais chez D. burdigalensis, les côtes granuleuses signalées plus haut. Il suffit d'ailleurs d'examiner les char- nières pour séparer, les deux espèces qui appartiennent à des Genres différents. P. exigua est plus petit, plus arrondi que P. unidentata, son ornemen- tation est différente par suite de la prédominence des stries excentriques sur les stries radiales; son crochet est' bien moins fort, sa charnière moins puissante, 3z> est proportionnellement plus longue, kb est moins saillante. D*autre part, P. exigua est plus courte, plus arrondie que P. nuculina, on les séparera facilement par le seul examen de leur ornemen- tation et par la forme toujours oblique de P. nuculina comme on le verra ci-après. Loc. — Saucats (La Sime) plésiotypes (PI. V, fig. 7-10), coll. Degrange- Touzin ; assez commune, Salles (Débat, Minoy, Largileyre) toutes les coll. Orthez (Paren), Sallespisse, Salies-de-Béarn, Narrosse, coll. Degrange- Touzin. — Helvétien. St-Denis-d'Oléron, coll. Degrange-Touzin. — Rédonien. 381. Pteromeris nuculina [Dujardin]. PI, V, fig. 1-i 1837. Cardita nuculina Duj. Mém. Tour., p. 265, pi. XVIII, fig. 13. 1852. Astarte nuculina D'Orb. Prodr., III, 76 et , n° 2077. ? 1874 . Cardita nuculina Ben . Cat. Saucats, p. 58, no 155. 1881. — Bardin. Paléont. tert. Maine-et-Loire, p. 25. 1886. Goodalia nuculina Dollf. et Dautz. Etude prél. Tour., p. 7. 1894. Venericardia nuculina^ Degrange-Touzin. Et. Orthez, p. 412. 1909. Coripia nuculina Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, pi. XVIII, fig. 7-8! (sub nornine Lucina pecten). Test épais. Taille très petite; forme obliquement ovale- allongée, inéquilatérale; côté antérieur beaucoup plus long, très oblique, ovale vers le bas; côté postérieur bien arrondi; contours latéraux formant presque une ellipse régulière dont le grand axe — umbono-ventral — est oblique; crochet assez saillant, pointu, prosogyre, situé au trois cinquièmes du côté — 205 — antérieur de la valve. Lunule et corselet peu distincts. Sur- face externe convexe, médiocrement bombée, à l'œil nu elle semble lisse sur les spécimens dont nous disposons, à la loupe on y distingue des stries concentriques très fines et très rap- prochées, dont quelques-unes plus marquées correspondant aux arrêts d'accroissement du test, et des traces de costules radiales. Plateau cardinal étroit mais assez haut. Charnière : 3 a minuscule, peu distincte du bord lunulaire; 3& forte, très saillante, isocèle, oblique, légèrement creusée au milieu, séparée de la nymphe par un sillon profond et assez large; 2 petite, distincte du bord lunulaire presque perpendiculaire sous le crochet, déprimée au milieu; 4& oblique, étroite, un peu bifide, allongée parallèlement à la nymphe dont la sépare un sillon étroit; PI obsolète, logée dans une fossette superficielle sur la valve gauche. Impressions musculaires bien marquées; l'antérieure placée très bas est réniforme, la postérieure — beaucoup plus rap- prochée de la charnière — est ovalaire. Impression palléale écartée du bord. Commissures des valves crénelées. Dim. Diam. a. -p. : 5 mill. ; diam. u.-p. : i mill. R. D. — C'est sans doute à la suite d'une erreur de mise en pages que cette espèce a été figurée dans la Conch. Mioc. Loire sous le nom Lucina pecten (PI. XVIII, fig. 7-8). Elle est extrêmement commune dans l'Hel- vétien de la Touraine (coll. Peyrot) et sa forme est assez variable. Les quelques valves que nous avons trouvées dans l'Helvétien supérieur de Salles, correspondent entièrement à la forme oblique et mytiloïde que l'on doit regarder comme typique, puisque c'est elle qu'a figurée Dujardin, Par sa forme oblique et par son ornementation beaucoup moins visible C. nuculina se distingue assez nettement de C. unidentata pour quïl n'y ait aucune possibilité de confusion ; d'ailleurs cette dernière ne se ren- contre pas dans l'Helvétien de Salles; néanmoins les charnières sont construites sur le même type et les deux espèces doivent être réunies dans un même Genre bien différent, par sa charnière carditoïde, de Goodallia (G. -T. : Mactra triangularis Mont.) où l'on a souvent classé C. nuculina. Loc. — Salles (Largileyre), plésiotypes (PI. V, fig. 1-4), coll. Degrange- Touzin. Rare. Sallespisse, coll. Bial de Bellerade. — Helvétien. — 206 — Cénacle : NAIADACEA Lamk. 1809 (1). Famille UNIONID^ Flem. 1828. UNIO Retzius, 1788. Valves épidermées, à sommets corrodés; surface plissée ou tuberculeuse ; ligament saillant, allongé ; charnière à emboî- tement très rudimentaire, avec une cardinale seulement sur la valve gauche, et des lamelles latérales sur les deux valves; impressions des adducteurs profondément marquées, surtout l'antérieure; une impression pédieuse au-dessus de chaque cicatrice d'adducteur; ligne palléale entière (G. -T. : U. picto- rum L. Viv.). 382. Unio Lacaziana [Dupuy]. PL V, fig. 5-6. 1843. Unio pictorum var. Lacaziana Dupuy. Moll. Gers, p. 102. 1846. Unio Lacazi Noulet. Mém. Acad. se. Toulouse, p. 236, pi. IV, fig. 1-4, pi. V, fig. 1-2. 1854. Noulet. Mém. coq. foss. eau douce (éd. 1), p. 120. 1868. — Noulet. Ibid. (éd. 2), p. 190. 1891. Unio Lacazei Degr.-Touz. Faune terr. lac. et fluv. {A. S. L. B. XLV), p. 196. Forme oblongue, très inéquilatérale ; côté antérieur ovale, côté postérieur largement dilaté, très obliquement tronqué, quatre fois plus allongé que l'autre ; bord palléal rectiligne ; crochets peu saillants, obtus, situés aux quatre cinquièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface lisse, irrégulièrement plissée par les accroissements. Charnière de la valve droite comportant une grosse dent bilobée, une longue lamelle PI très écartée du crochet; nymphe très longue et aplatie. Dim. Diam. a. -p. : 60 mill. ; cliam. u.-p. : 32 mill. R. D. — On ne trouve généralement que des impressions externes (1) Nous passons sous silence les Schizodonles, les Trigonies n'étant pas repré- sentées dans le Tertiaire d'Europe (V. Cossmann, 1912. Sur l'évolution des Tri- gonies, Ann. Paléont.). — 207 — plus ou moins intactes de cette espèce commune, dont le test a été inva- riablement détruit. Toutefois, Benoist a eu le talent de préparer un contre-moulage d'individus avec leur charnière, ce qui nous a permis de décrire et de figurer tout au moins la valve droite qui paraît s'écarter de tout ce que l'on connaît dans le Tertiaire, jusqu'à présent : la dénomi- nation choisie par Dupuy à titre de variété de l'espèce actuelle, et conser- vée par Noulet qui a figuré la coquille, peut donc être maintenue à titre d'espèce bien distincte, différant de la coquille actuelle par sa forme. Loc. — La Brède (FI. V, fig. 5-6), coll. Benoist. Aillas, Birac, coll. Degrange-Touzin. — Aquitanîeii. II e Ordre. — TAXODONTA Neu'mayr, 1883. Coquille de forme très variable, dimyaire, à test nacré ou porcellané, souvent orné et rayonné; charnière composée de deux séries de dents, alternant avec des fossettes ; ces deux séries sont généralement séparées à l'aplomb des crochets; ligament tantôt interne et logé dans une fossette comprise entre les deux séries de dents, tantôt externe et inséré entre le crochet et le plateau cardinal ; impression palléale rare- ment sinueuse; bords fréquemment crénelés. L'homogénéité de ce groupe, beaucoup plus limité que les Eulamelli- branchiata, est telle que — depuis qu'il a été établi par Neumayr — il a subi peu de démembrements; l'aspect de la charnière polyodonte sup- prime, en effet, toute hésitation. Récemment (1895), Félix Bernard a démontré que certains Monomyaires avaient une prodissoconque taxo- donte; mais cet état népionique ne persiste pas, et d'ailleurs la structure du test, la disparition presque complète de l'adducteur antérieur et des dents cardinales, sont des critériums distinctifs très suffisants pour justi- fier l'adoption d'un Ordre différent. Félix Bernard a proposé de subdiviser cet Ordre en deux S. -Ordres composés chacun de deux Cénacles : Foliobranchiata (Nuculacea, Ledacea), Filibranchiata (Arcacea, Pectunculacea). Nous simplifierons un peu cette subdivision excessive qui réduit chaque Cénacle presque à une seule Famille, et pour tenir compte des Genres intermédiaires, nous admettons seulement les deux Cénacles Nuculacea, Arcacea, ainsi que l'a fait d'ailleurs M. Dali (Tert. Flor., part. III, 1895). ^- 208 — Cénacle : NUCULACEA Dali, 1895. Coquille équivalve, épidermée, nacrée ou porcellanée ; liga- ment interne ou externe ; crochets opisthogyres ; impressions musculaires presque égales; impression palléale entière ou sinueuse. Outre la Famille silurique des Ctenodontidst ;. dont nous n'avons pas à nous occuper ici, ce Cénacle comprend les Familles Nuculidœ, Ledidse, Malletidse, toutes sont représentées dans l'Aquitaine, et enfin la Famille Sareptidœ (A. Adams, Sareptinœ), caractérisée par son ligament externe, outre le résilium logé dans une fossette cardinale ; sauf cette différence, la coquille ressemble à une Nucule par son impression non sinueuse, à une Yoldla par sa forme et ses bords lisses. Nous ne connaissons pas de Sarepta dans nos terrains du Sud-Ouest. Famille NUCULIDjE d'Orb. 1844. Coquille épidermée, à fossette ou résilium interne, séparant sous le crochet deux séries de dents arquées et serrées ; sur- face interne nacrée; pas de sinus palléal. Durant la période tertiaire, cette Famille n'est plus représentée que par le G. Nucula qui parait avoir vécu dès l'époque jurassique, sans inter- ruption jusque dans les mers actuelles. Nous laissons de côté, bien entendu, les nombreuses formes paléozoïques, principalement du Silu- rien, remarquables par leurs étranges charnières, qui paraissent éteintes même avant le Système mésozoïque; la transition se fait dans le Trias (V. Bittner, Lamellibr. St-Cassian). NUCULA Lamk, 1790. Forme close, triangulaire, très inéquilatérale, à côté posté- rieur beaucoup plus court que l'autre et tronqué, avec un corselet bien marqué ; crochets peu saillants, G opisthog)^res ; surface lisse ou ornée ; fossette triangulaire, oblique en FlG 7 _ Charnière de AWft nucleus avant sous le crochet; Lin. Viv, dents sériales tranchantes, arquées en chevrons, beaucoup — 209 — plus nombreuses en avant qu'en arrière. Impressions des ad- ducteurs subégales; ligne palléale entière et bien imprimée; bords des valves presque toujours crénelés (G. -T. : Arca nucleus Lin. Viv.). Quoique la charnière des Nucules se présente — en apparence — avec des caractères uniformes, il s'en faut de beaucoup qu'elle soit identique chez les nombreuses espèces tertiaires que nous avons étudiées : le nom- bre des dénis sériales, constant chez la même espèce, est très variable d'une espèce à l'autre, de sorte qu'on dispose là d'un précieux critérium spécifique ; leur inclinaison aux abords du crochet, leur épaisseur — voire même leur saillie — sont aussi à prendre en considération; mais l'un des éléments les plus importants est la fossette chondrophore qui varie beau- coup, non seulement dans sa dimension, dans son inclinaison et dans la saillie que fait son contour inférieur sur la cavité umbonale, mais encore dans sa constitution même, c'est-à-dire dans la manière dont elle est encadrée par des arêtes dentiformes, non emboitées ni engrenées cependant, et qui buttent l'une contre l'autre quand on rappro- che les deux valves ; il y a des espèces où l'arête postérieure se dédouble, de sorte que „ _, : ., , „ l Fig. 8. — Charnière de Nu- l'on pourrait croire que la fossette est bifide, cula placentina Lk. Plioc. comme chez N. placentina par exemple. En- fin, quelques rares espèces n'ont pas de crénelures sur le bord palléal. De toutes ces variations, il ne semble pas qu'il y ait à déduire la néces- sité de subdiviser Nucula en Sections; H. et A. Adams (1858) ont — il est vrai — distingué la Section Acila à cause de la divergence des côtes qui ornent la surface dorsale (N. Cobboldise Sow., du Crag d'Angleterre), mais la charnière ne paraît présenter aucune particularité. Il en est de même de N. Hœsendoncki Nyst. espèce remarquable par sa forme gibbeuse, son corselet très profondément excavé et ses plis d'accroissement en gradins; sa charnière est un peu déformée par l'incurvation du contour anal; cependant on ne parait pas en avoir conclu que cette coquille devrait être classée à part. Peut-être y a-t-il lieu de faire cependant une exception en faveur de Pronucula Hedley (1902), dont le génotype est une espèce vivant sur les côtes d'Australie (P. decorosa Hedley), et caractérisée par son chondro- phore séparé des deux séries de dents par des espaces libres, ainsi que par sa forme ovale, dépourvue de corselet. En tous cas, nous n'avons, dans l'Aquitaine, que des Nucida s. str. — 210 — 383. Nucula Degrangei Peyrot. PI. V, fig. 30-33. 1894. Nucula sp. Degr.-Touz. Et. prél. Orthez (A. S. L. B. XLVII), p. 81. 1903. Nucula Degrangei Peyrot. Note s. qq. foss. Tour, et Orthez (F. J. N. 33 e ann.), p. 10, pi. III, fig. 9-10. 1908. Degr.-Touz. (A. S. L. B. LXII), p. 47-49. Test peu épais. Taille assez petite ; forme convexe, trigonc, inéquilatérale ; côté antérieur ovale-atténué, cinq fois plus long que le côté postérieur qui est brièvement tronqué ; bord palléal régulièrement arqué, raccordé par un angle arrondi avec la troncature anale ; crochets petits, peu gonflés, opis- thogyres, situés au sixième de la longueur, du côté postérieur; bord supéro-antérieur faiblement convexe ; contour anal un peu bombé jusqu'à un petit sinus, en-deçà de l'angle de rac- cordement avec le contour palléal. Lunule et corselets indis- tincts; aréa anale à peine convexe, limitée — du côté de la surface dorsale — par une dépression rayonnante qui corres- pond au sinus du contour. Surface dorsale à peu près lisse, finement rayonnée sous l'épiderme, avec quelques plis d'ac- croissement visibles sur la dépression anale. Charnière étroite : vingt à vingt-trois dents sériales en avant, dont l'épaisseur et la hauteur croissent graduellement à partir du crochet; envi- ron dix dents postérieures, très serrées vers le crochet, à peu près toutes parallèles; fossette chondrophore petite, peu sail- lante sur la cavité umbonale, plus large que haute. Impres- sions musculaires peu visibles; impression palléale réduite à une zone plus foncée vers le nacre de la surface interne ; cré- nelures des bords décroissant d'avant en arrière. Dim. Diam. a # .-p. : 7 mill. ; diam. u.-p. : 5,5 mill. R. D. — M. Degrange-Touzin a comparé cette coquille à N. trigona Seg., de l'Astien de la Calabre, qui est beaucoup plus élevée et plus tri- gone, avec des crochets plus saillants et plus incurvés. Nous la compa- rerions plutôt à N. nucleus, quoiqu'elle soit cependant moins arrondie, avec un contour anal bien plus nettement tronqué, et quoique son extré- — 211 — mité antérieure soit plus acuminée; sa charnière comporte, en outre, moins de dents sériales que celle de l'espèce linnéenne. N. Degrangei a, d'autre part, une réelle ressemblance avec N. similis Sow., du Bartonien, mais son bord palléal est moins convexe au milieu, sa forme est sensi- blement plus transverse. N. Cossmanni Vincent, duLaekenien de Belgique, qui a aussi un petit sinus en bas du contour anal, a une fossette presque horizontale et plus allongée, son bord palléal est aussi plus convexe que celui de notre coquille helvétienne. Aucune des variétés de N. nucleus, figurées dans la Monographie de M. Sacco, ne ressemble à N. Degrangei qui paraît plus transverse et moins élevée. Quant aux exemplaires de N. nitida Sow., de PAstien de Mont- Mario (coll. Cossmann), ils s'en distinguent par leur galbe plus aplati, par leur dépression buccale, par leur fossette plus allongée, plus étroite, plus horizontale. Enfin il parait superflu de comparer N. Degrangei avec N . Jeffrey si ni avec N. Polii qui sont des espèces ornées sur leur surface dorsale. Loc. — Orthez (le Paren), plésiotypes (PI. V, fig. 30-33)", coll. Bial de Bellerade; (Housse), Sallespisse, commun. Saucats (la Sime), coll. Bial, Degrange-Touzin. Salies-de-Béarn, St-Etienne-d'Orthe, coll. Degrange- Touzin. Salles (Le Minoy, M in Débat, Largileyre), coll. Degrange- Touzin. — Helvétîen. 384. Nucula Benoisti nov. sp. ' PI. V, fig. 34-37. ?1825. Nucula margaritacca Bast. Mém. env. Bord., p. 78 (non Lamk ). 1873. Nucula nucleus Benoist. Cat. Saucats, p. 61, no 161 (non Lin.). Taille toujours très petite; forme trigone, assez haute, iné- quilatérale ; côté antérieur ovale-atténué, trois fois plus long- que le côté postérieur qui est obtusément tronqué, non angu- leux à sa jonction avec le contour palléal régulièrement arqué; crochets petits, un peu gonflés, situés au quart de la longueur, du côté postérieur ; bord supérieur légèrement convexe de part et d'autre du crochet, mais plus déclive en arrière. Lunule et corselet non distincts des dépressions buccale et anale qui sont bien marquées; surface dorsale brillante, mais invaria- blement ornée en avant de sillons assez réguliers vers l'angle qui limite la dépression buccale. Charnière étroite : quinze dents sériales en avant, huit en arrière; fossette minuscule, — 212 — ne faisant presque aucune saillie sur la cavité umbonale; les dents antérieures croissent très subitement du crochet vers l'extrémité antérieure de la charnière, tandis que les dents postérieures sont à peu près toutes égales. Impressions muscu- laires et palléale peu distinctes; bords crénelés avec régularité. Dim. Diam. a. -p. : 5 mill.; diam. u.-p. : 3,5 mill. Max. 6,5 sur 5 mill. (Dax). R. D. — C'est à tort que Benoist a confondu avec JV . nuclëus cette petite coquille si commune dans les gisements aquitaniens et burdigaliens du Sud-Ouest : non seulement, elle n'en a ni la taille ni la forme ovale, mais sa charnière est aussi bien différente, composée de beaucoup moins de dents sériales, avec une fossette plus petite et moins saillantes; enfin l'ornementation de la surface dorsale — qui est très constante — contri- bue encore à justifier la séparation que nous proposons. JV. Benoisti est très distinct de JV . Degrangei par sa forme plus élevée et plus trigone, par l'absence de sinus et de bec à l'extrémité inférieure de la troncature anale, par ses sillons antérieurs, ainsi que par ses dents moins nombreuses. 11 est probable que c'est — ainsi que Benoist le supposait — la coquille dési- gnée par Basterot sous le nom margaritacea, mais l'espèce lamarckienne est très différente et beaucoup plus grande. Nous n'avons pas compris, comme l'a fait Benoist, dans notre synony- mie JV. podolica d'Orb. ; d'après la comparaison des spécimens d'Olesko (coll Cossmann), l'espèce de Podolie signalée par Dubois de Montpéreux, est d'une taille plus grande que JV. Benoisti, quoique différente aussi de JV. nucleus avec lequel la confondent actuellement les géologues polonais, sur la foi de l'ouvrage de Hœrnes. Loc. — Saucats (M in de Lagus), types (PI. V, fig. 34-37), coll. Coss- mann; commune dans la plupart des gisements du Bordelais; Saucats (Eglise, Peloua), Léognan (Coquillat), St-Médard (La Fontaine). — Bnr- digalien. Dax (Maïnot, Mandillot). Mérignac (le Pontic), etc. Balizac, Noaillan (La Saubotte), St-Médard (Caupian), coll. Degr.-Touz. — Aquitaiiien. 385. Nucula aturensis nov. sp. PL V, fig. 48-51. Test fragile. Taille moyenne; forme médiocrement convexe, ovoïdo-trigone, inéquilatérale ; côté antérieur trois fois plus long que l'autre, largement arrondi; troncature anale recti- — 213 — ligne, raccordée par un angle avec le contour palléal qui est régulièrement arqué; crochets gonflés, obtus, opisthogyres, situés au quart de la longueur, du côté postérieur; bord antéro-supérieur faiblement arqué. Lunule et corselet indis- tincts; dépression anale assez profonde, limitée par un angle obsolète, tandis que la dépression buccale est à peine indi- quée; surface dorsale entièrement lisse et terne, c'est à peine si l'on y distingue de vagues rayons sous l'épidémie. Charnière étroite : vingt dents sériales en avant, petites, croissant graduellement du crochet vers l'extrémité; huit dents en arrière, les premières serrées et parallèles à la fossette qui est étroite et presque horizontale, sans aucune saillie sur la cavité umbonale. Impressions musculaires et palléale peu dis- tinctes ; bord finement crénelé jusque sur l'angle anal. Dim. Diam. a. -p. : 9 mil!. ; diam. u.-p. 7, S mill. R. D. — Assez abondante dans les gisements des environs de Dax, cette espèce a dû être aussi confondue avec JV. nucleus qui est beaucoup plus arrondi et qui n'a pas l'angle net de IV. aturensis, ni sa troncature rectiligne, du côté anal. On la sépare aisément de N. Benoisti — qui exis e aussi dans les mêmes gisements de l'Adour — non seulement à cause de sa taille qui est trois plus grande, mais à cause de sa forme, de son côté antérieur plus arrondi, de sa troncature rectiligne, de ses dents sériales plus nombreuses en avant, croissant plus régulièrement; en outre, sa surface entièrement lisse ne porte pas les sillons qui caracté- risent le côté antérieur de IV. Benoisti. N. sulcata Bronn, du Pliocène, a presque la même forme que N. atu- rensis, mais sa surface est ornée de plis rugueux dont on n'aperçoit pas ici la trace. Du côté ancestral, c'est à N. similis Sow., du Bartonien, qu'on peut la comparer, quoique cependant sa troncature anale soit plus rectiligne ; les autres espèces de l'Eocène n'ont pas l'angle aussi net à la jonction de leur troncalure et de leur contour palléal. Quant à IV. delphinodonta Migh., d'après la figure de Seguenza, c'est une coquille plus élevée, dont le contour anal est bombé jusqu'à l'angle de raccordement avec le bord palléal. Loc. — Dax (Mainot), peu rare; cotypes (PI. V, fig. 48-51), coll. Coss mann. — Burdigalien. Villandraut (Gamachot), coll. Degrange-Touzin. — Aquitanieii. — 214 — 386. Nucula oligodonta nov. sp. PI. V, fig. 46-47. Taille moyenne; forme subtrigone, assez convexe, inéquila- térale ; côté antérieur ovale, largement arrondi, presque deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est anguleux et tronqué; bord palléal très convexe, se raccordant par un angle obtus à mi-hauteur avec la troncature. anale qui est, par suite, très courte ; crochet saillant, pointu, très peu opisthogyre, situé à peu près au tiers de la longueur, du côté postérieur; bord supéro-antérieur convexe, troncature anale presque rec- tili^ne et déclive à 90° environ. Lunule indistincte; corselet très petit, excavé, cordiforme, vaguement limité du côté de la dépression anale qui est assez profonde et séparée de la sur- face dorsale par un angle incurvé ; dépression buccale peu marquée; on ne distingue que des plis d'accroissement peu réguliers, mais sous l'épidémie, il y a de fins rayons burinés clans le test. Charnière assez épaisse : douze dents sériales en avant, sept ou huit en arrière; toutes sont épaisses et séparées par des intervalles aussi larges, sauf vers le crochet où elles se rejoi- gnent en se serrant davantage au-dessus de la fossette qui est très petite, très courte, presque sans saillie sur la cavité umbo- nale. Impressions musculaires un peu allongées, l'antérieure plus distinctement gravée; impression palléale formée d'une large zone peu distincte et parallèle au bord finement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 8,5 mill. ; diam. u.-p. : 7,5 mill. R. D. — Nous ne connaissons qu'une valve gauche complète de cette espèce, et cependant nous n'hésitons pas à la distinguer, non seulement à cause de sa forme courte et élevée, de son angle anal situé presque à la moitié de la hauteur mesurée entre le crochet et la tangente au bord palléal, mais surtout à cause du petit nombre de dents sériales qui sont néanmoins très épaisses, tandis que la fossette est très petite relative- ment à leur taille. Nous l'avons comparée à deux espèces vivantes qui sont également fossiles dans le Pliocène (coll. Cossmann) : IV. tennis Mtgu., N. nitida Sow., la première plus gibbeuse sur son contour antéro-postérieur, plus - 215 — inéquilatérale, la seconde moins élevée avec un angle anal situé beaucoup plus d'ailleurs; toutes deux ont d'ailleurs beaucoup plus de dents sériales avec une fossette plus développée. Quant à N. nucleus, c'est une coquille plus arrondie, plus convexe, munie de plus de dents et d'une fossette plus saillante sur la cavité umbonale. Loc. — Saubrigues, type (PI. V. fig. 46-47), coll. Dumas. St Jean-de- Marsacq, fragment dune valve gauche, coll. Degrange-'Touzin. — Tor- tonien. 387. Nucula Jeffreysi Bellardi. PI. V, fig. 42-45. 1864. N. rugosa Conti. Mte-Mario, pp. 23 et 47 (non Buekland). 1875. N. Jeffreysi Bell. Monogr. Nue. foss. Pie m., p. 12, pi. I, fig. 6. 1877. — Seguenza. Nucul. terz. merid. d'Italia. p. 1168. 1887. Ponzi e Meli. Moll. foss. Mte-Mario, p. 27. 1907. — Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mariana, p. 126, pi. IX, fig. 38-10. Test un peu épais. Taille petite; forme convexe, trigone, inéquilatérale; côté antérieur ovale-atténué, deux fois plus allongé que le côté postérieur qui est obliquement tronqué et plus élargi; bord palléal très convexe, raccordé par un angle obtus avec la troncature anale ; crochets assez gonflés, poin- tus, faiblement opisthogyres, situés au tiers environ de la longueur ; bord supéro-antérieur à peine arqué ; contour anal légèrement bombé au milieu et un peu sinueux à ses deux extrémités. Surface dorsale convexe, avec une aréa anale et une dépression buccale limitées par des angles obsolètes; ornementation régulièrement composée de sillons concen- triques, beaucoup plus serrés sur les spécimens de Saubri- gues que sur le type de Monte-Mario, que croisent des rayons fins et moins bien gravés que les sillons. Charnière très étroite : quinze dents sériales en avant, sept ou huit en arrière, petites et serrées, se rejoignant sous le crochet, tandis que la fossette minuscule, étroite et horizon- tale, s'allonge sous les dents antérieures, presque sans saillie au-dessus de la cavité umbonale. Impressions musculaires et palléale peu distinctes; bords finement crénelés. — 216 — Dim. Diam. a. -p. : 6,5 mill.; diam. u.-p. : 5 mill. R. D . — Les spécimens de Saubrigues sont identiques — par leur forme et leur taille — à ceux de Monte-Mario ou d'Asti (coll. Cossmann), auxquels nous les avons attentivement comparés : ils n'en diffèrent que par leur ornementation concentrique qui est plus serrée, parce que les sillons sont moins écartés et plus fins; comme, d'autre part, la fossette chondrophore fait défaut sur ces plésiotypes des Landes, nous préférons ne pas attribuer à cette différence d'ornementation une importance capi- tale, susceptible de justifier la séparation d'une mutation distincte. IV. Jeffreysi se distingue aisément par son ornemeniation de toutes les espèces lisses — ou à peu près — qui précèdent; M. Cerulli-Irelli a fait remarquer que, sur les jeunes individus, l'ornementation s'oblitère aux abords du crochet, de sorte que l'on pourrait les confondre avec N. pla- centina népionique ; mais leur forme est plus trigone, leur fossette est plus étroite et moins saillante, enfin le nombre des dents sériales est beaucoup moindre. En ce qui concerne N. sulcata Bronn, qui est aussi ornée, ses sillons sont beaucoup plus rugueux, anastomosés et sublamelleux sur la région buccale ainsi que sur l'aréa anale, ses dents sériales sont plus nombreuses et sa fossette cbondrophore est plus grande, moins horizontale, limitée à l'avant par une arête qui la dédouble partiellement, comme chez IV. placentina . Loc. — Saubrigues, plésiotypes (PI. V, fig. 38-41), coll. Dumas; De- grange-Touzin. St-Jean-de-Marsacq, coll. Degrange-Touzin. — Tor- tonieii. 388. Nucula Sacyi nov. sp. PI. V, fig. 38-41. Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme peu convexe, très inéquilatérale, transverse, assez régulièrement ovale sauf la troncature anale; côté antérieur elliptique, for- mant presque toute la longueur de la valve; côté postérieur un peu convexe entre deux sinuosités aux extrémités de la troncature qui est à peu près verticale; bord palléal arqué, se raccordant par un angle arrondi avec la troncature anale ; crochet petit, pointu, très opisthogyre, situé presque d'aplomb au-dessus de la troncature, c'est-à-dire quasi-terminal; bord supéro-anlérieur convexe, s'élevant au-dessus du niveau du — 217 — crochet. Lunule et corselet indistincts ; dépression anale exca- vée, limitée par un angle incurvé et obsolète ; surface dorsale peu bombée, entièrement lisse; pas de dépression buccale. Charnière composée de deux parties à angle droit ; vingt cinq à vingt-sept dents sériales antérieures, alignées sur un plateau curviligne et élargi vers l'extrémité, croissant gra- duellement du crochet vers cette extrémité, d'abord puncti- formes et très serrées, puis plus épaisses et plus écartées ; huit dents postérieures, parallèles et horizontales, à peu près équidistantes, celles voisines du crochet deux fois plus lon- gues que les dernières en bas; fossette horizontale, étroite, encadrée de deux arêtes inégales, l'antérieure deux fois plus longue que la postérieure. Impressions musculaires petites, ovales, bien gravées; impression palléale peu visible, paral- lèle au bord qui paraît entièrement dépourvu de crénelures. Dim. Diam. a. -p. : 7 mill.; diam. u.-p. : 5 mill. R. D. — Nous ne connaissions qu'une valve gauche de cette espèce, et cependant elle nous avait semblé suffisamment caractérisée pour qu'on puisse la distinguer à première vue de toutes ses congénères du Sud- Ouest : aucune de ces dernières n'a une forme aussi allongée, et surtout un crochet aussi terminal; d'autre part, son bord palléal lisse, sa char- nière orthogonale avec des dents antérieures trois fois plus nombreuses que celles du côté postérieur, la disposition de ces dernières, la petitesse des impressions musculaires, contribuent à écarter encore davantage N. Sacyi des autres formes du Burdigalien ou de TAquitanien. Depuis, nous avons trouvé dans plusieurs collections des spécimens de Salles, généralement mal conservés, mais bien semblables à ceux de l'Aquitanien : nous n'osons pas les en séparer, quant à présent, malgré leur écart stratigraphique. Il existe, dans le Bartonien des environs de Paris, une espèce qui res- semble beaucoup — par sa forme et sa charnière — à celle de l'Aquitaine, c'est iV. Woodi Cossm., non moins rare d'ailleurs; toutefois N. Woodi est striée, son bord palléal est moins convexe et son contour anal l'est davantage. Quant à N. placentïna Lk., qui est du même groupe à fossette limitée par des arêtes, c'est une coquille plus élevée et moins inéquilatérale. Loc. — Môrignac (le Pontic,), valve gauche (PI. V, fig. 40-41) coll. de Sacy, peu commune. St-Avit, trois valves, coll. Degrange-Touzin . — Aqititaiiieii. 15. — 218 - Salles (Largileyre), plésiotypes (PI. V, fig. 38 39), coll. Duvergier; coll. Bial-Neuville (le Minoy, M in Débat), coll. Degrange-Touzin. — Ilelvétieii. 389. Nucula burdigalica nov. sp. PI. V, fig. 76-77. Taille moyenne ; forme médiocrement convexe, allongée dans le sens transversal, ovoïde, très inéquilatérale ; côté antérieur allongé, ovale; côté postérieur court, obliquement tronqué, subacuminé à la moitié de la hauteur des valves; bord palléal largement arqué dans le prolongement du Con- tour buccal, raccordé par un angle arrondi avec la troncature anale; crochet petit, peu saillant, très opisthogyre, incliné vers le sixième de la longueur, du côté postérieur; bord supé- rieur arqué en avant du crochet, déclive et presque rectiligne en arrière, jusqu'à la sinuosité qui est contiguë au bec acu- miné du contour anal. Lunule lancéolée, peu distincte, vague- ment limitée par une strie vers le tiers dé la dépression buc- cale; corselet excavé, relativement court, occupant toute la région anale, surface dorsale peu bombée, entièrement lisse et terne. Charnière bien développée, arquée sous un angle d'environ 120° : environ vingt dents antérieures, croissant graduellement à partir du crochet, orthogonalement pliées; six dents posté- rieures, repliées, suivies — vers la fossette — de deux ou trois dents subitement horizontales ; fossette chondrophore étroitement horizontale et scalène, limitée en avant et en- dessus par la rangée des dents sériales, en arrière et en- dessous par une arête tuberculiforme sur laquelle prennent naissance les dents horizontales. Impressions des adducteurs fortement gravées, arrondies et presque égales, l'antérieure un peu plus grande; impression palléale écartée du bord qui est finement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 18 mill. ; diam. u.-p. : 12,75 mill. R. D. — Cette espèce n'appartient pas au même groupe que IV. Sacyi, — 219 — quoiqu'elle soit à peu près aussi allongée ; sa fossette grande, un peu sail- lante sur la cavité umbonale, est limitée par une arête tuberculeuse qui a quelque analogie avec celle de N. placentina; mais l'espèce burdigalienne est beaucoup plus étroite et moins élevée que celle du Pliocène, elle a un bec postérieur qui n'existe pas chez l'autre, ses dents postérieures sont beaucoup plus arquées, sa fossette est beaucoup plus étroite et plus hori- zontale. D'autre part, si on la compare avec N. Mayeri Hœrnes, du Bassin de Vienne, qui a aussi une fossette du même groupe et un bec anal, on remarque aussitôt que N. burdigalica a une forme plus étroitement allon- gée, un corselet beaucoup plus excavé ; enfin sa fossette est plus étroite, plus scalène. limitée par un seul tubercule au lieu de deux arêtes. Quant à N. mixta Desh., du Bassin de Paris, c'est une coquille moins étroite et moins acuminée. Loc. — Léognan (Coquillat), une valve gauche (PI. V, fîg. 76-77), coll. Degrange-Touzin. — Burdîgalieii . 390. Nucula Mayeri Hœrnes. Pi. V, fig. 21-24. 1848. Nucula maryaritacea Hœrn. Verz., p. 28, no 487 (non Lamk). 1865. Nucula Mayeri Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 296, pi. XXXVIII, fîg. 1. 1873. Benoist. Cat. Saucats, p. 60, n°160. Test épais. Taille assez grande; forme convexe, subtrigone, acuminée aux extrémités, surtout en arrière, très inéquila- térale ; côté antérieur ovale, presque trois fois plus allongé que le côté postérieur qui est obliquement tronqué; contour palléal irrégulièrement arqué; crochets légèrement gonflés, obtus, opisthogyrcs, inclinés à peu près au quart de la lon- gueur, du côté postérieur ; contour anléro-supérieur faible- ment convexe ; contour anal d'abord un peu excavé sous le crochet, puis convexe jusqu'à l'angle arrondi qui le raccorde avec le contour palléal. Lunule lancéolée, peu distincte, obtu- sément limitée; corselet très petit, excavé, cordiforme; à la troncature anale correspond une dépression cordiforme, bom- bée au milieu, séparée du corselet par une rainure obsolète et de la surface dorsale par un angle arrondi. Surface dorsale bombée, avec une dépression buccale, le long de la lunule ; - 220 — sous l'épidémie, on distingue de fins rayons cancellés par des accroissements assez réguliers, surtout vers la région anale et dans le voisinage des crochets, tandis que la région antérieure semble plutôt lisse. Charnière arquée, divisée en deux séries par la fossette chondrophore : vingt-cinq dents sériales du côté antérieur, d'abord serrées et presque horizontales contre la fossette, puis plus obliques et plus saillantes vers l'arrière ; fossette assez large , oblique- ment inclinée vers l'avant, à contour infé- f^ „ ^ „ „ + Fig. 9. — Charnière de Nucula Mayeri Hœrn. Mioc. rieur tormant J une saillie sur la cavité umbonale ; du côté antérieur, elle est encadrée par de fortes arêtes pyramidales dont le sommet aboutit au bord supérieur, sous le crochet. Impressions mus- culaires subcirculaires, profondément gravées; impression pal- léale dédoublée; bords finement crénelés. Dim. Diam. a. -p. : 19 mill.; u.-p. : 15 mill. R. D. — Les spécimens de Saubrigues sont identiques — comme forme et comme charnière — à ceux de Lapugy (coll. Cossmann) que nous avons sous les yeux : il n'est donc pas douteux que IV. Mayeri, tel que l'a conçu Hœrnes, a vécu dans le Sud-Oi.est de la France, à la condi- tion que l'on en élimine un certain nombre de citations qui en ont été faites dans les gisements de l'Helvétien et surtout du Burdigalien. Il est très facile de distinguer N. Mayeri de N. placentina Lamk , non seulement par sa forme moins ovale, plus acuminée en arrière, mais encore et surtout par sa charnière : les dents sériales sont moins nom- breuses en avant, plus nombreuses en arrière, et en outre la fossette n'est pas divisée en deux par une arête médiane comme celle de N. placentina. Néanmoins, ce sont deux formes du même groupe, tandis qu'en ce qui concerne JV. nucleus, la séparation est encore plus nette, car cette der- nière espèce a une forme plus élevée, beaucoup plus arrondie aux extré- mités, sa fossette est beaucoup plus petite et presque horizontale, dépourvue de l'arête pyramidale qui sépare celle de N. Mayeri des dents postérieures. L'espèce la plus voisine de IV. Mayeri, par sa forme et sa fossette limi- tée, est N. mixta Desh., du Lutécien de Damery, qui est cependant moins transverse, moins acuminée en arrière. — 221 — N. Mayeri atteint d'ailleurs une taille qui la distingue — à première vue — de ses congénères du Burdigalien ou de FHelvétien, généralement petites. Nucula sublsevigata D. D., de l'Helvétien de la Touraine (coll. Peyrot), est à peu près de la même taille; mais elle est ovale, moirs haute, à crochet presque terminal et ses dents sont plus nombreuses du côté antérieur, moins nombreuses du côté postérieur; bord non crénelé. Loc. — Saubrigues, plésiotypes (PI. V, fig. 21-24), coll. Dumas; coll. Degrange-Touzin. — St-Jean-de-Marsacq, coll. Bial-Neuville; coll. Degrange-Touzin. — Toi'toiiien. Peyrère, coll. Raulin, St-Martin-de-Hinx, Clermont, St-Etienne-d'Orthe, coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. Saucats (Lagus, Giraudeau), coll. Benoist, Dax (M in de Cabannes), coll. Degrange-Touzin. — Burdigalien. LEDID.E Adams, 1858. Test non nacré ; valves souvent bâillantes, rostrées à l'ar- rière, plus ou moins inéquilatérales ; crochets peu opistho- gyres; charnière composée de deux séries de- dents repliées en chevrons; ligament interne, logé clans une petite fossette cen- trale qui ne fait que peu ou point de saillie sur la cavité umbonale, entre les deux séries de dents; impression palléale sinueuse; bords lisses. Fischer n'a admis les Ledinœ que comme Sous-Famille des Nuculidse; or nous estimons que — outre le sinus palléal — la constitution de la fos- sette, qui n'est pas un véritable cuilleron saillant comme celui de Nucula, est un critérium familial d'une réelle importance, sans compter l'absence de nacre à l'intérieur des valves, et la contexture externe du test dont l'épiderme n'est pas semblable ; enfin, il n'y a pas de rayons sous l'épi- derme, et conséquemment, pas de crénelures sur la commissure des valves. Nous ne classons dans cette Famille que les deux Genres Leda et Yoldia, tous deux représentés dans le Néogène de l'Aquitaine. Quant aux nom- breuses coupes génériques du Silurien, il n'est nullement prouvé qu'elles appartiennent aux Ledidœ; on a même proposé de les réunir dans une Famille à part (Ctenodontidse Dali, 1898). LEDA Schumacher, 1817. (= Perrisonota Conrad, 1869). Leda s. str, — Coquille allongée, longuement rostrée et un peu bâillante du côté anal ; surface dorsale plus ou moins sillonnée; corselet limité par un pli sur toute la longueur du rostre; lunule peu distincte; dents sériales deux fois plus nombreuses en arrière qu'en avant; fossette ligamentaire grande, dissymétrique, presque sans saillie sur la cavité umbonale; sinus palléal étroit et triangulaire, à contour imperceptible, chevauchant sur l'arête rayonnante qui est la trace interne du pli rostral (G. -T. : Arca rostrata Montgu. Viv.). Dans ce groupe, le coté antérieur n'occupe que le tiers ou le quart de la longueur des valves, et par suite, la fossette déformée se développe plus vers le bec anal. 11 est représenté dans le Pliocène par L. clavata Cale, L. Hœrnesi Bell. ; mais il n'a pas été signalé dans notre Miocène, et il n'est pas bien certain que L. clavata ait vécu dans le Bassin de Vienne; d'autre part, on ne le connait pas dans l'Eocène d'Europe, ni a fortiori dans les terrains crétaciques. Cependant M. Dali mentionne Perrisonota Conrad, avec une diagnose qui ressemble beaucoup à celle de Leda s. str. ; la seule différence consisterait dans l'absence de côte le long du rostre ; le géno- type est de l'Eocène des Etats-Unis (L. protexta Conr. non Gabb.). Sect. Lembiilus Leach (in Risso 182G). — Surface ornée de stries obliques; pli rayonnant du côté antérieur; rostre bica- réné à l'intérieur, formant un bec assez court et échancré à son extrémité entre les deux carènes; lunule limitée par une strie; corselet limité par une arête, au milieu de la dépres- sion anale; dents sériales saillantes et à peu près symétriques; fossette centrale isocèle, petite, non saillante sur la cavité umbonale; impressions musculaires petites; sinus triangu- laire (G. -T. : Arca pella Lin. Viv.). Les différences d'ornementation, l'apparition d'une lunule, la réduction de la fossette centrale, l'équivalence ou du moins la disproportion moins grande des deux séries de dents, justifient la séparation de cette Section, admise par la plupart des auteurs; elle est représentée dans nos terrains, — .223 — ainsi que dans le Miocène de l'Italie et du Bassin de Vienne, voire même dans TEocène des Etats-Unis, d'après M. Dali (Leda cœlata Conr. non Hinds). Sect. Ledina Sacco, 1898. — Surface sillonnée concentri- quement; forme subéquilatérale, sauf le bec anal qui est limité par un seul angle (ou carène) crénelé; charnière de Lembulus; sinus subtrigone, étroit (G. -T. : Arca fragilis Cheinnitz, Yiv. et foss.). La XXVI e partie des Moll. du Piémont ayant été éditée en Décem- bre 1898. il y a certitude que Ledina a été préemployé par Dali (Avril 1898), pour L. eborea Conr., de l'Eocène, coquille qui a une forme arrondie aux deux extrémités, analogue à celle de quelques Yoldia, et dont la surface est lisse, de sorte que ce n'est évidemment pas le même groupe que celui de L. fragilis. Dans ces conditions, si réellement L. fragilis constitue une Section distincte de Lembulus, Ledina Sacco doit être remplacé par une autre dénomination; mais nous hésitons réellement à en proposer une pour d'aussi faibles différences qui ne portent que sur la forme et l'orne- mentation, tandis que la charnière et le sinus sont identiques : c'est pourquoi on trouvera ci-après désignées sous le nom Lembulus les espè- ces du groupe Ledina fragilis, exactement comme l'ont fait Bellardi et Seguenza qui n'étaient cependant pas (surtout le second) parcimonieux dans l'établissement de nouvelles Sections. Ledina est authentiquement représenté dès l'Eocène et a précédé les vrais Lembulus; on en trouvera ci-après plusieurs formes. . Sect. Jupiteria Bell. 1875. — Coquille corbuliforme, ren- flée ; lunule non carénée; rostre court, recourbé (G. -T. : Leda concava Bronn, Tert.). Outre la forme extérieure — qui différencie nettement cette Section de Leda s. str. et de Lembulus — nous avons observé, sur des exemplaires du génotype de Monte-Mario (coll. Cossmann), que la fossette est bien différente de celle de \oldia et que le sinus est des plus étroits, formant un triangle resserré contre le bord supéro-postérieur. Nous n'en connais- sons pas dans l' Aquitaine. Sect. Ledella Verrill, 1897 (= Junonia Seguenza, 1877, non Hûbner). — Coquille presque symétrique, lisse; côté pos- térieur sinueux et bâillant, avec un bec court et obtus, auquel aboutit un pli rayonnant, non caréné ; charnière très épaisse — 224 — pour la petite taille des valves; fossette centrale arrondie; sinus court (G. -T. : L. messanensis Seg. = acuminata Jelïreys, Tertiaire de Messine, coll. Gossmann). Nous n'avons pas trouvé, dans l'Aquitaine, de formes qui puissent être rapportées à Ledella : c'est un groupe tout à fait néogénique, comme les deux précédents. Signalons encore, pour mémoire : Dacryomia Ag.,G.-T. : L. lacryma Sow., du Jurassique; Adrana H. et A. Adams, 1858, G. -T. : L. elongata Sow., espèce vivante qui ne diffère guère de Leda s. str. si ce n'est par sa forme moins dissymétrique, non carénée. 391. Leda (Lembulus) emarginata Lk. PI. V, fig. 52-60. 1819. Nucula emanjinata Lamk. An. s. vert., VI, l''e part., p. 60. 1825. Bast. Mém. env. Bord., p. 77. 1825. Nucula undata Deîr. Dict. Hist. nat., vol. 35, p. 219. 1830. Nucula taurinia Gêné. Cat. Mus. Geol. Tor , n° 4558 (fide Sacco). 1850. Leda emarginata d'Orb. Prod., III, p. 104, 26e et., n° 1942. 1865. Leda pella Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 305, pi. XXXVIII, fig. 7 (non Lin.). 1873. Leda undata Benoît. Cat. Saucats, p. 61, n° 163 (non Lin.). 1875. — Bell. Monogr. Nue. Piem., p. 16, pi. I, fig. 9. 1894. Leda (Lembulus) undata Degr.-Touz. Et. prél. Orthez, p. 411. 1898. Lembulus undatus Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXVI, p. 53, pi. XI, fig. 37-40. 1003. Nucula undata Bigot. Catal. crit. coll. Defr., p. 172 (ex parte). 1909. Leda undata Dollf. Et. crit. coq. foss. Bord., p. 12, pi. I, fig. 11-18. Test épais. Taille moyenne; forme convexe, ovoïdo-rostrée, inéquilatérale; côté antérieur sensiblement plus court, ovale- atténué ; côté postérieur acuminé, bicaréné, échancré entre les deux carènes; bord palléal arqué, séparé du contour anté- rieur par une faible sinuosité ; crochets petits, un peu gonflés, presque opposés ou peu opisthogyres, situés aux deux cin- quièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu arqué en avant, presque rectiligne et déclive en arrière du crochet. Lunule étroite, creuse, lancéolée; corselet excavé, fusoïde, aussi long que le bord supéro-postérieur ; surface — 225 — dorsale bombée, séparée de la région anale par un angle incurvé, et de la région buccale par deux arêtes rayonnantes, très obsolètes ; la région anale, correspondant à l'échancrure du contour, est creuse et encadrée par l'angle rayonnant d'une part, par un bourrelet crénelé d'autre part, ce dernier aboutissant au rostre acuminé du contour; toute la surface dorsale est ornée de stries imbriquées, obliques, plus ou moins serrées qui se redressent et s'anastomosent vers l'an- gle anal, en formant des lamelles sur la dépression excavée, et des crénelures assez saillantes sur le bourrelet contigu au corselet; il existe en outre, fréquemment, de grosses rides concentriques, dans le voisinage des crochets, qui persistent plus ou moins sur le reste de la surface dorsale, mais il est rare qu'elles atteignent le bord palléal. En tous cas, l'orne- mentation est très variable : il y a des individus presque lis- ses, d'autres dont les stries sont plus concentriques. Charnière assez forte pour la taille des valves : environ quinze dents sériales en chevrons, du côté antérieur, une vingtaine plus parallèles, du côté postérieur, cessant à une certaine distance du rostre; fossette isocèle, très profonde, située exactement sous le crochet, limitée par un contour horizontal au-dessus de la cavité umbonale. Impressions musculaires petites, bien gravées; sinus triangulaire, peu profond; impression palléale peu distincte, assez écartée du bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 12 mill. ; diam. ir.-p. : 7 mill. ; épaisseur d'une valve : 4 mill. R. D. — Cette coquille a été confondue, jusqu'à présent, avec L. pella dont elle se distingue avec constance, ainsi qu'on va le voir ci-après ; comme l'ont fait observer MM. Bucquoy, Dollfus et Dautzenberg, dans les Moll. du Roussillon (II, p. 219), Nucala emarginata a été établi par Lamarck sur des types provenant du Bordelais et Basterot a adopté ce nom qui est - en fait — antérieur à la dénomination unclata Defr , appli- cable à la même espèce, puisque les rides ne constituent pas un critérium distinctif, même pour séparer une variété; par conséquent, dès l'instant que la coquille du Bordelais est à séparer de l'espèce méditerranéenne, c'est évidemment le nom emarginata Lk. qu'il faut lui attribuer, en élimi- — 226 — nant la dénomination undata qui — quoi qu'en pense M. Dollfus — s'ap- plique incontestablement à la même espèce. Le nom emarginata caractérise fidèlement la différence capitale entre les deux espèces : L. emarginata porte une échancrure anale bien plus profonde, et un rostre crénelé bien plus saillant que L. pella vivante; celle-ci n'a pas les rides adventives qu'on observe chez le fossile ; enfin la forme de L. pella est plus haute, ses crochets sont situés plus au milieu de la longueur des valves, de sorte que le nombre des dents sériales est à peu près le même de chaque côté. Nous ne faisons pas entrer en ligne de comparaison la finesse ou l'écartement des stries obliques, car il y a des individus fossiles chez lesquels ces stries sont aussi rapprochées que sur les valves méditerranéennes, tandis que d'autres portent des stries très écartées. Le corselet de L. pella est, d'autre part, limité par une faible arête médiane, visible dans la dépression comprise entre l'angle crénelé et le bord supéro-postérieur; on n'observe rien de semblable chez les nombreux spécimens de L. emarginata que nous avons passés en revue. Ainsi donc, quand on y regarde suffisamment près, il est impossible d'ad- mettre que L. pella ait vécu dans l'Aquitanien et le Burdigalien, de sorte que la séparation proposée par Lamarck, confirmée par d'Orbigny, est à respecter scrupuleusement. En ce qui concerne la dénomination undata Defr., proposée pour les individus ornés de rides concentriques qui naissent près des crochets et qui disparaissent sans atteindre les bords, nous ne croyons pas qu'elle puisse être conservée pour être appliquée même à une var. de l'espèce lamarckienne : en effet, on trouve, à tous les niveaux, dans tous les gise- ments, côte à côte avec des spécimens uniquement ornés de stries obli- ques, des échantillons identiques par tous leurs caractères et ne différant que par l'addition de quelques rides qui sont comme des témoins d'un airêt un peu plus prolongé de la croissance du test. Il n'y a réellement pas là de quoi distinguer l'espèce de Defrance., qui doit tomber dans la synonymie de L. emarginata Lk. Dans le gisement de Saubrigues, où l'espèce est extrêmement abon- dante, les stries sont généralement écartées ; quelques individus portent encore des rides comme dans le Miocène inférieur; mais, par tous les autres caractères (forme transverse, rostre acuminé, échancrure anale, etc.), la coquille se rapproche plus delà mutation emarginata que delà forme typique pella. C'est donc sous le nom lamarckien que nous la signalons. Nous avons indiqué, dans la diagnose, que certains individus paraissent lisses, tellement les stries obliques s'écartent; chez d'autres elles se redressent et deviennent pliciformes, concentriques; l'aspect de la surface est tellement différent que Ton peut, à la rigueur, les distinguer sous le 227 nom de variété Sacyi; mais il existe des spécimens intermédiaires dont le classement est alors ambigu. Nous ne connaissons le véritable L. pella fossile que dans le Pliocène d'Italie (coll. Cossmann) et aussi dans le Tortonien de la Catalogne (Ciu- rana, coll. Cossmann). Loc. — Mérignac (le Pontic), néolypes (PI. V, fig. 52-56), coll. Coss- mann; abondante dans la plupart des gisements. Léognan (Carrère, Coquillat, les Bougés, Sangsueyre, Thibaudeau), Martillac (Pas de Bar- reau), Saucats (Pont-Pourquey). — Aqiiîtanien et Buruigalien. Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. Saubrigues, très commune, toutes les coll. ; spécimen valve (fig. 57-58), coll. Cossmann. — Tortonien. Léognan (Le Thil), var. Sacyi (fig. 59-60), coll. de Sacy; Mérignac (le Pontic). — Bui'digalien et Aquitanien. 392. Leda (Lembulus) fragilis [Chemn.]. PI. V, %. 65-68. 1784. Arca fragilis Chemn. Concb. Cab., VII, p. 199, pi. 55, fig. 546. 1814. Arca minuta Broccbi. Conch. subapp., II, p. 482, pi. XI, fig. 4 (non Fabr.). 1844. Leda commutata Phil . Zeitsch. Malac, p. 101. 1848. Nucida minuta Bronn. Index pal., p. 824. 1850. Leda fragilis Desh. Traité élém. Conch., II, p. 285. 1852. Leda minuta d'Orb. Prod., III, p. 104, 26e et., no 1937. 1853. Nucula acuminata d'Eichw. Leth. ross., III, p. 72, pi. IV, fig. 13-14. 1865. Leda fragilis Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 307, pi. XXXVIII, fig. s! ? 1874. Leda pellucida Ben. Cat. Saucats, p. 77, n° 164 ^ (La Sime). 1875. Leda commutata Bell. Mon. Nue. Piem., p. 17. 1877. — Seguenza. Nue. terz. merid. Ital. , p. 12. 1881. — Fontannes. Moll. plioc. Bhône, p. 181, pi. XI, fig. 6-7. 1898. Leda fragilis Sacco. I Moll. terz. P.em., part., XXVI, p. 53, pi. XI, fig. 41-43. 1904. — Dollf. Cott. Gom. Moll. tert. Port., pi. XXI, fig. 6. 1907. — Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mariana, p. 65, pi. IX, fig. 49-51. 1909. Dollf. Plioc. Tage, p. 64, pi. VI, fig. 23-26. Taille petite (dans le Sud-Ouest); forme scaphoïde, convexe, inéquilatérale ; côté antérieur ovale, un peu plus court que le — 228 — côté postérieur qui est rostre et terminé par un bec court ; bord palléal régulièrement arqué ; crochets petits, obtus, pres- que opposés, situés un peu en avant de la ligne médiane ; bord supérieur à peu près également déclive de part et d'au- tre du crochet. Lunule et corselet lancéolés, lisses; surface dorsale assez bombée, séparée par un pli rayonnant de la région buccale, et par une large dépression de l'angle arrondi qui limite l'aire anale s'étendant jusqu'au rostre; l'ornemen- tation consiste en lamelles concentriques, régulièrement écar- tées, non tranchantes, qui dévient un peu sur le pli buccal et sur la dépression anale, avant d'atteindre l'angle sur lequel elles sont un peu plus saillantes. Charnière assez forte : quinze à dix-huit dents antérieures, formant une série croissante à partir du crochet; une dou- zaine environ, du côté postérieur; toutes sont fortement repliées en chevrons. Impressions peu distinctes; bords lisses. Dim. Diam. a. -p. : 5,25; diam. u.-p. : 3 mill. R. D — Les petits spécimens de I'Helvétien du Sud-Ouest nous parais- sent identiques à ceux de la Méditerranée ou de Monte-Mario auxquels nous les avons attentivement comparés : ils se rapportent bien à la forme typique et non pas aux variétés consanguinea Bell. (= deltoidea Risso, sec. Sacco), lamellosa Seg., pseudolœvis Sacco, etc. On a vu d'ailleurs, par la synonymie ci-dessus, que cette espèce a eu une grande extension géogra- phique; mais nous ne la connaissons pas au-dessous du Miocène moyen, la forme ancestrale est différente, ainsi qu'on le verra ci-après. Loc. — Clermont (Landes), plésiotypes (PI. V, fig. 65-68), coll. Bial ; Saucats (la Sime), même coll. — Helvétien. 393. Leda (Lembulus) Biali nov. sp. PI. V, fig. 61-64. Taille petite; forme scaphoïde, ovoïdo-rostrée, médiocre- ment convexe, inéquilatérale, côté antérieur ovale-atténué, presque moitié plus court que le côté postérieur qui est très acuminé ; bord palléal arqué au milieu, à peu près rectiligne vers le rostre anal; crochets très petits, non saillants, opposés ou à peine opisthogyres, situés au deux cinquièmes environ — 229 — de la longueur, du côté antérieur ; bord supéro-antérieur fai- blement arqué, bord supéro-postérieur à peu près rectiligne en arrière du crochet, un peu excavé vers la pointe du rostre qui se relève légèrement vers le haut. Lunule plane, lisse, lancéolée; corselet presque symétrique à la lunule, lisse comme elle, limité par une petite arête; surface dorsale régulièrement bombée, portant un pli rayonnant très obso- lète, vers la région buccale, et du côté postérieur, un angle crénelé qui limite la dépression anale et lisse, partagée en deux par l'arête médiane du corselet; ornementation com- posée de sillons concentriques, serrés et imbriqués, subdéviés sur le pli buccal, sublamelleux vers l'angle anal sur lequel ils produisent de petites crénelures peu proéminentes. Charnière peu épaisse : dix dents sériales antérieures, arquées en chevrons, surtout vers le milieu de la rangée ; environ seize dents postérieures, perpendiculaires au bord, qui se serrent et s'inclinent davantage aux abords du crochet; fossette centrale minuscule et isocèle. Impressions musculaires petites, peu distinctes; impression palléale écartée du bord lisse, entaillée vers le rostre par un sinus étroit et trigone qui remonte beaueoup plus haut que l'impression de l'adduc- teur postérieur. Dm. Diam. a. -p. : 7 mill. ; diam. u,-p. - 4 mill. R. D. — Cette espèce a été confondue — dans la plupart des collec- tions — avec L. commutata Phil. qui n'est lui-même qu'une variété de L. fragilis; cependant on l'en distingue par sa forme plus transverse et moins élevée, surtout par ses stries imbriquées qui ne ressemblent guère aux lamelles plus écartées de l'espèce actuelle et pliocénique; en outre, chez cette dernière, on observe — en avant de l'angle crénelé du rostre — une faible dépression sur laquelle les lamelles dévient un peu dans leur direction, et d'autre part ces lamelles persistent sur la moitié au moins de la dépression anale, jusqu'au bombement obsolète qui limite le corsalet, à la place de l'arête caractérisant L. Biali. La charnière de notre coquille miocénique comporte beaucoup moins de dents que celle de l'espèce vivante, et d'autre part, ces dents ne sont pas aussi fortement arquées en chevrons que chez L. fragilis. Il y a là, comme on le voit, un ensemble constant de caractères largement suffisants pour justifier la — 230 — séparation d'une mutation ancestrale et absolument distincte, aussi est-il surprenant cfue Benoist n'ait pas mentionné cette espèce dans son cata- logue de Saucats, d'autant plus qu'elle n'est pas rare. Nous comparons L. Biali à L. Galeottii Nyst, de l'Eocène franco-belge, qui est toutefois plus longuement rostrée, avec un bord palléal plus forte- ment arqué, de sorte que son rostre remonte plus haut. Loc. — Léognan (Coquillat), commune ; cotypes (PI. V, fig. 61-64), coll. Cossmann; Saucats (M in de l'Eglise, Lagus, le Peloua), etc., toutes les collections; Martillac (Pas de Barreau). Dax (Maïnot, Mandillot, M in de Cabanncs). — Burcligalien. Mérignac (le Pontic), peu commune. St-Avit, coll. Degrange-Touzin, etc. — Acjuitaiiîeii. Soustons. — Helvétien. 394. Leda (Lembulus) sublaevis Bellardi. PL V, fig. 72-75. 1875. Leda (Lembulus) sublaevis Bell. Mon. Nue. Piem., p. 20, pi. I, fig. 10. 1898. Leda (Ledina) fragilis Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXVI, p. 55, pi, XI, fig. 52-53. Taille très petite; forme scaphoïde, ovoïdo-rostrée, très inéquilaférale; côté antérieur ovale, égal aux deux cinquiè- mes de la longueur ; côté postérieur aigu, le bec étant situé à peu près à la moitié de la hauteur de la valve; bord palléal régulièrement arqué ; crochets très petits, non gonflés, faible- ment opisthogyres, situés bien en deçà de la ligne médiane, du côté antérieur ; bord supérieur peu arqué, presque égale- ment déclive de part et d'autre du crochet. Lunule peu dis- tincte ; corselet lancéolé, limité par une petite arête, au milieu de la dépression anale qui est elle-même bordée par un angle assez saillant, quoique arrondi et subcrénelé ; surface dorsale peu bombée, généralement lisse et brillante, sauf vers les bords et vers l'angle anal, où l'on distingue des sillons con- centriques. Charnière assez épaisse pour la taille des valves : dix dents sériales en avant, quinze en arrière, toutes arquées en che- vrons, sauf aux abords du crochet où elles sont minuscules; — 23i - fossette centrale très petite, triangulaire; impressions muscu- laires peu distinctes; sinus subtrigone, étroit; impression pal- léale assez voisine du bord qui est lisse. Ddi. Diam. a. -p. : 6,5 mill. ; diam. u.-p. : 3,5 mill. R. D. — Cette espèce a été séparée avec raison de L. fragilis à cause de l'absence presque complète d'ornementation sur la surface dorsale; mais elle est, en outre, plus étroite, plus transverse, moins arquée, et sa carène rostrale n'est pas denticulée ; à ces différences signalées par Bellardi et reproduites dans la Monographie de M. Sacco, nous ajoute- rons que les dents sériâtes sont moins nombreuses, surtout en avant. Bellardi a fait figurer un exemplaire qui porte quelques plis écartés comme L. andata, qui paraissent faire défaut sur les plésiotypes de M. Sacco, tandis qu'ils apparaissent sur la var. Seguenzse (fig. 55); y a-t-il eu une interversion des échantillons dans la coll. Bellardi? nous n'ose- rions l'affirmer ; en tous cas, ces plis n'existent pas sur les spécimens de Saubrigues. On sépare aisément cette espèce de Yoldia nitida comme de Y. afftnis Bell., qui a vécu aussi dans le même gisement, car L. sublœvis appartient effectivement à la Section Lembulus qui a une fossette très petite entre les deux séries de dents et un sinus trigone, tandis que les Yoldia ont une fossette en saillie sur la cavité umbonale et un sinus arrondi, sans parler de la forme du côté postérieur qui est très différente. Loc. — Saubrigues, plésiotypes (PL V, fig. 72-74), coll. Bial-Neuville. — Tortonien. 395. Leda (Lembulus) percalva nov. sp. PI. V, fig. 69-71. 1873. Leda nitida Benoist. Cat. Saucats, p. 61, no 164 {non Brocchi). Taille assez petite; forme scaphoïde, convexe, ovoïdo-rostrée, très inéquilatérale ; côté antérieur ovale-atténué, presque deux fois plus court que le cjté postérieur qui est acuminé, obta- sément caréné; bord palléal arqué à l'aplomb du crochet, presque rectiligne vers le rostre qui se relève un peu plus haut que la moitié de la valve ; crochets petits, peu gonflés, faiblement opisthogyres, situés vers les trois septièmes de la longueur à partir du contour antérieur; bord supérieur pres- que également déclive de part et d'autre du crochet, tout à — 232 — fait rectiligne vers le rostre anal. Lunule étroitement lancéo- lée, limitée par un faible gradin; corselet un peu plus large, limité par une petite arête, au milieu de la dépression anale; surface dorsale un peu bombée, marquée en avant de deux plis rayonnants et très obsolètes, séparée en arrière — par un angle arrondi et un peu incurvé — de la dépression anale qui s'étend du crochet jusqu'à l'extrémité du rostre; toute la sur- face est lisse et terne, sans aucune trace de sillons ni de lamelles même effacés. Charnière médiocrement épaisse : quinze ou seize dents antérieures, très petites et serrées vers le crochet, s'épais- sissant et s'écartant rapidement à une certaine distance ; environ dix-huit dents sériales, alignées sur le bord postéro- cardinal, croissant et s'espaçant graduellement à partir du crochet, plus arquées en chevrons que celles de la série anté- rieure; fossette trigone, isocèle. Impressions musculaires assez profondes; sinus ovale, peu large; impression palléale voisine du bord qui est lisse. Dim. Diam. a. -p. : 8 mil!.; diam. u.-p. : i mill. R. D. — Il n'est pas possible de confondre cette cocjuille avec L. sublœvis Bell., de FHelvétien d'Italie, non seulement parce cpie cette dernière n'est pas absolument lisse et qu'elle porte souvent des sillons, jamais effacés complètement vers les bords (1), et parce que sa surface est néanmoins brillante, tandis que celle de L. percalva est terne; toutefois, s'il n'y avait que ces différences d'aspect extérieur, nous aurions pu les imputer à l'usure ; mais il y en a d'autres, non moins importantes : son côté anté- rieur est plus court ; elle est moins étroitement rostrée du côté postérieur ; sa dépression anale est plus carénée, sa lunule est simplement limitée par une strie, ses dents sériales sont plus nombreuses, sa fossette cen- trale est moins petite, etc. Nous ne citons pas en synonymie le fossile du Bassin de Vienne qui nous paraît — d'après la figure de l'Atlas de Hœrnes (pi. XXXVIII, fig. 9) — se rapporter complètement à l'espèce de Brocchi, connue sous le nom Yoldia nitida; c'est ce qui a dû induire Benoist en erreur quand il a déterminé L. percalva qui est un Lembulus par sa forme et son sinus. (1) La figure de la Monographie de Bellardi les indique très exactement (pi. I, fig. 10). — 233 — Nous ne connaissons aucune forme ancestrale à laquelle on puisse com- parer L. percalva, car L. lœvigata Watelel, du Suessonien, a un galbe très et différent, plus équilatéral. Loc. — Léognan, assez commune; cotypes (PI. V, fig. 69-71) coll. Cossmann; Saucats (M 111 de l'Eglise), même coll. Saucats (M»n de Lagus), St-Paul-de-Dax, Martillac, Moras, Léognan (Tliibaudeau), coll Degrange- Touzin. — Burtligalîeii. Dax (Maïnot), rare, coll. Cossmann. — Aquitaiiien. St-Marlin-de-Hinx, St-Jean-de-Marsacq, rare, coll. Degrange-Touzin. — Helvéfieii et Tortoiiien. YOLDIA Moller, 1842 Coquille déprimée, transversalement ovale, plus ou moins rostrée en arrière; surface lisse ou sillonnée, couverte d'un épidémie luisant; charnière peu épaisse, eu égard à la taille parfois assez grande des valves ; les deux séries de dents, orthogonalement repliées en chevrons, font entre elles un angle très ouvert sur lequel le contour de la fossette très large fait une petite saillie au-dessus de la cavité umbonale; impressions musculaires ovales, symétriques ; sinus palléal grand, ovale, horizontal, traversant l'impression de l'adduc- teur postérieur et formant un prolongement au-delà de cette dernière; impression palléale un peu plus écartée du bord, du côté antérieur (G. -T. : L. hyperbovea Loven sec. Dali 1898, Viv.). La simple comparaison des diagnoses suffit pour faire ressortir la nécessité de séparer le Genre Yolclia de Lecla : ni la charnière par sa fossette, ni le sinus par sa direction et son ampleur, ne ressemblent à ceux d'aucune des Sections de Leda. Le choix du génotype a donné lieu à quelques contestations ; la plupart des auteurs citent Y. arctica Gray, mais M. Dali (Tert. Flor., IV, p. 594) se fondant sur ce que cette espèce n'a pas été figurée et est indéterminable d'après une diagnose insuffisante, a proposé d'y substituer le nom hyperborea qui est probablement synonyme; il a d'ailleurs pris comme génotype d'une nouvelle Scct. Cnesterium un Leda arctica Brod. et Sow., bien antérieur à la dénomination de Gray qui tomberait — de toute façon — en synonymie. Ce Genre apparaît seulement dans le Miocène d'Europe ; cependant M. Dali (l. c, p. 596) a rapporté à la Section Orthoyoldia Verrill 16. — 234 - (G.-T. Y. scapina Dali) un Y. psarnrnotœa n. sp., de 1 Eocène de Claiborne, dont on ne connait pas la charnière, de sorte que ce classement parait très douteux d'après la forme extérieure seulement. Nous signalons pour mémoire la Section Yoldiella Verrill (G.-T. Y. lucida Loven), et le Sous-Genre Portlandia Môrch, 1857 (G.-T. Y. gla- cialis Wood) = Megayoldia Verrill, qui ne sont — ni l'un ni l'autre — représentés dans les terrains de l'Aquitaine où l'on ne rencontre que des formes dont le contour seul varie, de sorte que — d'après nos critériums — elles ne se distinguent pas génériquement de Yoldia s. str. 396. Yoldia affinis Bellardi. PI. VI, fig. 9-12. 1875. Y. affînis Bell. Mon. Nue. Piem., p. 23, pi. I, fig. 19. 1898. — Sacco. I Moll. terz. Piem , part. XXVI, p. 60, pi. XII, fig. 29-30. Taille moyenne; forme très gonflée, en secteur elliptique, subéquilatérale ; côté antérieur ovale, atténué, à peu près égal en longueur au côté postérieur qui est trigone, acuminé, quoi- que le bec soit arrondi à son extrémité; bord palléal très convexe au milieu, peu arqué vers les côtés latéraux; crochets médiocrement tumides, petits, pointus, très peu opisthogyres ou presque opposés, situés à peu près au milieu de la lon- gueur; bord supérieur également déclive de part et d'autre du crochet. Lunule très étroite, limitée par une petite arête; corselet assez large, occupant toute la longueur du bord pos- térieur, limité par un angle obtus qui aboutit au bec anal; sur- face dorsale très bombée au milieu, faiblement déprimée en arrière, jusqu'à l'angle du corselet; nombreux sillons concen- triques, ne persistant ni sur la lunule, ni sur le corselet, souvent effacés dans la région du crochet, de sorte que cer- tains spécimens népioniques paraissent même entièrement lisses. Charnière isocèle, dont les deux branches forment entre elles un angle d'environ 140°; vingt dents environ sur chaque série, repliées orthogonalement vers leur extrémité inférieure seulement, croissant et s'espaçant assez régulièrement du cro- chet vers les côtés latéraux; fossette centrale assez forte — - 235 — quand elle est intacte, ce qui est rare — limitée par un contour inférieur qui fait une saillie sur la cavité umbonale. Impres- sion musculaire antérieure grande, bien gravée; impression du muscle postérieur peu visible; sinus ovale-arrondi, assez large et profond; impression palléale écartée du bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 12 mill. ; diam. u.-p. : 8,5 mill. R D — A priori, les spécimens de Saubrigues ne peuvent se confondre avec les exemplaires de L. nitida que nous avons sous les yeux (Albenga, Biot, coll. Cossmann), parce qu'ils sont beaucoup plus gonflés, moins inéquilatéraux, et parce que leur bord palléal est beaucoup plus convexe au milieu que chez l'espèce de Brocchi : il en résulte une forme très diffé- rente pour les valves, ainsi d'ailleurs que l'indiquent les figures des Monographies de Bellardi et de M. Sacco. II est à remarquer toutefois que la diagnose différentielle de Bellardi, reproduite textuellement par M. Sacco, mentionne « Testa longior... margo pallealis minus convexus » tandis que c'est précisément l'opposé d'après l'inspection des figures et des plésiotypes : il faut croire qu'il s'est glissé une faute probablement due à la forme de la phrase « distinguunt hanc specium a Y. nitida » au lieu de « distinguunt hac specie Y. nitida »; nous ne nous arrêterons donc pas à cette apparente contradiction, qui est le résultat de la regrettable méthode consistant à définir les espèces par comparaison au lieu d'une diagnose nette et précise. Il y a du reste plusieurs formes ou variétés voisines dans FHelvétien du Piémont : Y. Philippii, Genei Bell., Y. cingulatelta Sacco, qu'il est très difficile de distinguer les unes des autres, surtout si l'on fait abstraction de l'ornementation qui varie dans le même gisement et selon l'âge des individus : c'est de Y. affinis que la majorité de nos spécimens géronti- ques paraissent se rapprocher le plus, mais il y en a qu'on pourrait aussi bien rapporter à Y. Philippii, ce qui prouve que Bellardi a trop multiplié les espèces de ce groupe très voisin des Junonia (= Ledella Verr.). Loc. — Saubrigues; plésiotypes (PI. VI, fig. 9-12), coll. Dumas; coll. Bial-Neuville. St-Jean-de-Marsacq, St-Martin-de-Hinx, coll. Degrange- Touzin. — Tort oui en. 397. Yoldia Raulini nov. sp. PL VI, fig. 17-20. Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme scaphoïde, convexe, inéquilatérale; côté antérieur ovale, plus court qne le côté postérieur qui est acuminé et dont l'extré- — 236 — mité se relève beaucoup au-dessus de la moitié de la hauteur des valves ; contour palléal régulièrement arqué dans le pro- longement des contours latéraux; crochets très petits, peu gonflés et peu saillants, situés exactement aux deux cinquiè- mes de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supé- rieur presque rectiligne en avant — légèrement excavé en arrière — du crochet. Lunule étroite, lancéolée, limitée par une faible arête; corselet aussi allongé que le bord supéro- poslérieur, bordé par une arête vive qui divise en deux l'aréa lisse de la région anale ; surface dorsale assez régulièrement bombée, partout ornée de fines costules concentriques, sépa- rant des interstices un peu plus larges et striés; elles ne ces- sent que contre l'angle rayonnant et incurvé qui limite la région anale et qui aboutit à l'extrémité du rostre. Charnière très épaisse, échancrée sous le crochet : une quinzaine de dents antérieures, serrées en crochets aigus, graduellement croissantes; une vingtaine de dents posté- rieures, moins atténuées vers le crochet que celles de la série buccale ; fossette médiane minuscule, sans aucune saillie sur la cavité umbonale ; impressions internes peu distinctes; sinus arrondi. Dim. Diam. a. -p. : 10 mill. ; diam. u.-p. : 4,5 mill.; épais- seur des deux valves réunies : 3,5 mill. R. D. — Nous ne pouvons rapporter cette coquille à Y. nitida Br. parce cpu'elle est sensiblement plus allongée, plus acuminée, plus inéqui- latérale encore; la petitesse de sa fossette est en outre un critérium distinctif dont on doit tenir grand compte. D'autre part, quand on la com- pare avec Y. affinis, on remarque aussitôt qu'elle est moins gonflée, plus étroitement allongée, plus régulièrement ornée, et que surtout sa fos- sette chondrophore est bien plus petite, sans aucune saillie sur la cavité umbonale. Aucune des autres espèces figurées dans la Monograpbie de Bellardi ne ressemble à Y. Raulini, pas plus que la var. mionitida Sacco, du Tor- tonien de Montegibbio. Enfin, il n'y a pas lieu de la comparer aux formes longues et plates ci-après décrites, de sorte que, comme on en connaît un certain nombre d'exemplaires, nous n'hésitons pas à proposer pour elle une dénomination nouvelle. — 237 — Loc. — Peyrehorade (Peyrère), cotypes (PI. VI, fig. 17-20), coll. Raulin. — Helvétien. 398. Yoldia Genei Bellafdi. PL VII, fig. 1-2. 1875. Yoldia Genei Bell. Mon. Nue. Piem., p. 24, fig. 21. 1898. Sacco. Loc. cit., XXVI. p. 60, pi. XII, fig. 28. Taille petite; forme en secteur d'ellipse, presque équilaté- rale, assez convexe; côté antérieur un peu plus arrondi que le côté postérieur qui forme un bec peu aigu ; bord palléal en arc elliptique très régulier, clans le prolongement des con- tours latéraux ; crochet à peu près au milieu, presque sans saillie, un peu opisthogyre; bord supérieur presque équidé- clive et rectiligne de part et d'autre du crochet. Lunule et corselet étroits, peu distinctement limités; surface dorsale bombée, à peine déprimée vers le rostre postérieur, ornée par- tout de sillons concentriques, profonds et réguliers. Charnière étroite, sous un angle apical de 165° environ, formée de deux séries presque symétriques de dents un peu repliées en chevrons, quinze en avant, dix en arrière; les quatre premières antérieures — vers le crochet — sont très fines et très serrées. Impressions internes et sinus peu visibles. Dm. Diam. a. -p. : 5,5 mill. ; diam. u.-p. : 3,5 mill. R. D. — D"après Bellardi, cette coquille se distingue de Y. nitida par sa forme subéquilatérale, ovale et peu arquée, par ses sillons plus pro- fonds, couvrant toute la surface; de Y. affinis, par sa forme plus équila- térale et plus ovale, par ses sillons plus écartés. A ces caractères diffé- rentiels, nous ajoutons que la charnière a moins de dents sériales que Y. Raulini, et que le côté postérieur est beaucoup moins rostre que celui de cette dernière espèce. La figure publiée dans la Monographie de M. Sacco représente un spé- cimen vu du côté du dos seulement et incomplet du côté postérieur; il serait difficile de se faire une idée de l'espèce sans la figure litho- graphiée de la Note originale de Bellardi. En tous cas, nous n'oserions séparer nos spécimens du Miocène inférieur de l'espèce helvétienne des environs de Turin, qui se trouve ainsi avoir une longévité plus grande qu'on ne le croyait. — 238 — Nous avons eu depuis en communication, des valves de plus grande taille provenant de Soustons; leur examen ne nous a révélé aucune diffé- rence avec le plésiotype ci-dessus décrit; peut-être la fossette est elle plus grande, entre les deux séries de dents. Loc— St-Paul-de-Dax (M»> de Cabannes), plésiotype (PI. VII, fig. 1-2), coll. Degrange-Touzin, rare. — ISiiiMlitgalieii. Soustons, coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. 399. Yoldia Songa Bellardï. PL V, fig. 82-84. 1870. Leda pellucida Hœrncs. Tort. Beck. Wien, II, p. 303, pi. XXXVIII. fig. 5 (non Phil ). 1873. - Benoist. Cat Saucats, p. 77, no 164 bis. 1875. Yoldia longa Bell. Mon. Nue. Piem., p. 22, pi. I. fig. 17. 1898. Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXVI, p. 60, pi. XII, fig. 35-40. Test mince. Taille au-dessous de la moyenne ; forme peu convexe, ovale-transverse, subéquilatérale ; côté antérieur régu- lièrement ovale, un peu plus court que le côté postérieur qui est subanguleux et subtronqué, quoique son extrémité soit cependant arrondie; bord palléal arqué dans le prolongement des contours latéraux; crochets très petits, presque sans sail- lie, faiblement opisthogyres, situés aux trois septièmes environ de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur également déclive et à peu près rectiligne, de part et d'autre du crochet. Lunule indistincte; corselet très étroit, lancéolé, limité par une petite carène; surface dorsale peu bombée, à peine dépri- mée sur la région anale, entièrement lisse et brillante. Charnière étroite, dont les deux parties font entre elles un angle d'environ 150°; une vingtaine de dents sériales de cha- que côté, elles sont d'abord très petites et très serrées vers le crochet, puis elles s'élargissent et s'écartent en formant des chevrons à branches très inégales ; fossette centrale trigone et haute, encadrée de deux petites arêtes, ne faisant presque pas de saillie sur la cavité umbonale. Impressions musculaires petites et peu distinctes; sinus profond, arrondi; impression palléale peu écartée du bord lisse. — 239 — Dim. Diam. a. -p. : 9 mi 11. ; diam. u.-p. : 6,5 mill. R. D. — Bellardi — et après lui Sacco — a séparé cette espèce de L. pellucida Pliil., parce que sa forme est plus allongée, beaucoup moins élevée, dépourvue du pli rayonnant à l'arrière cpii parait caractériser l'espèce sicilienne, si la figure qu'en donne Seguenza (Nue. Sic, pi. IV, fig. 25) est exacte. Nos valves de Saubrigues ont exactement les mêmes proportions que celles indiquées par Bellardi (6,5 sur 4), mais leur taille est presque de 50 /° plus grande; elles onl bien la forme indiquée sur les figures de la Monographie de M. Sacco, de sorte que nous croyons notre détermination certaine. Bellardi a aussi comparé son espèce avec Nucula glaberrima Munst., en remarquant toutefois qu'elle a une forme proportionnellement plus large et plus courte, et une dépression anale. M. Sacco a ajouté que c'est pro- bablement aussi à Y. longa qu'il y a lieu de reporter l'espèce miocénique désignée par B. Hœrnes sous le nom Lecla pellucidœformis. Loc. — Saubrigues, très rare; les deux valves opposées (PI. V, fig. 82-84), coll. Bial-Neuville. — Tortonieii. Saucats (la Sirne), fide Benoist. — Helvétîen. 400. Yoldia Dumasi nov. sp. PL VI, fig. 5-8. Test mince et translucide. Taille assez grande ; forme rela- tivement convexe, ovale, transverse, inéquilatérale ; côté anté- rieur sensiblement plus court et plus régulièrement ovoïde que le côté postérieur qui est subrostré et subtronqué avec un angle orthogonal à son extrémité supérieure; bord palléal régulièrement arqué ; crochets peu gonflés, peu saillants, obtus, opposés, situés aux trois septièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu convexe en avant du crochet, rectiligne en arrière, ou même un peu excavé vers l'angle terminal. Lunule lancéolée, limitée par un angle rayonnant; corselet très étroit et très allongé, limité par une petite arête, à la moitié environ de la région anale qui est elle-même bordée à l'extérieur par un angle subcaréné; sur- face dorsale un peu bombée, vaguement déprimée en arrière, paraissant lisse sauf quelques lignes d'accroissement qui deviennent pliciformes vers l'angle anal. Charnière étroite, peu arquée dans son ensemble; vingt- - 240 — cinq dents sérjales en avant, excessivement petites et serrées vers le crochet, pliées en chevron ensuite; environ dix-huit dents sur la série postérieure, subitement accrues et espacées, à quelques millimètres du crochet, encore plus repliées que les dents antérieures; entre les deux séries, une fossette très largement ouverte forme une saillie en cuilleron sur la cavité umbonale. Impressions musculaires inégales, l'antérieure plus large que l'autre; sinus ovale et profond; impression palléale écartée du bord qui est lisse. Dim. Diam. : a. -p. : 24 mill. ; diam. u.-p. : 12 mill. R. D. — Il suffit de comparer les dimensions de cette coquille à celles de Y. longa. pour constater immédiatement que celle-ci est encore plus allongée; elle est aussi plus inéquilatérale, plus convexe à proportion, taillée à angle droit sur l'extrémité anale, enfin sa charnière comporte plus de dents du côté antérieur et s'écarte surtout de la précédente par sa large fossette en cuilleron saillant sur la cavité umbonale. Y. Dumasi ne ressemble à aucune des espèces figurées par Bellardi et Sacco dans leurs Monographies; sa forme transverse rappelle plutôt Y. myalis Couthouy, du Crag de Norwich, mais elle est toutefois moins acu- minée en arrière, et son côté antérieur est aussi plus court. Si les provenances des spécimens qui nous ont été communiqués sont certaines, l'espèce aurait apparu dès le Burdigalien, ce qui ne laisse pas que de nous surprendre ; il en résulterait que le Genre Yoldia serait plus ancien qu'on ne le croyait jusqu'à présent. Loc. — Saubrigues, très rare; valve gauche (PI. VI, fig. 7-8), coll. Dumas; valve droite (fig. 6), coll. Bial-Neuville; valve droite, coll. Degrange-Touzin, — Toi'toiiien. Léognan, une valve gauche (fig. 5), coll. Bial-Neuville. — ISiircIS- «galien. Bimbez, Parleboscq (la Guirande), Baudignan, coll. Degrange-Touzin. — Ilelvétien. MALLETIID.E Bellardi, 1875. Test non nacré, coquille transverse, peu convexe; ligament externe; charnière presque rectiligne, sans fossette centrale ; sinus palléal profond, sauf une exception encore douteuse comme classement familial. — 241 — La disparition de la fossette interne et l'emplacement du ligament à l'extérieur, sans qu'il existe cependant de nymphes bien définies, diffé- rencient suffisamment des précédentes celte Famille dont Bellardi n'avait fait qu'une Sous-Famille de Nuculidae. Conformément à l'opinion de M. Dali — qui, lui aussi, n'a admis les Malletlinœ que comme S.-Fam. — nous y classons les trois Genres Malletia, Tindaria et Pleurodon, tous trois repré- sentés en Aquitaine; le second a une forme cythéroïde, intermédiaire entre Nucula et Malletia, mais son ligament externe et son sinus paiiéal justifient le classement indiqué. Quant au troisième, qu'on trouvera ci-après sous son véritable nom Nuculina, c'est une Nucule non nacrée, sans fos- sette cliondrophore, et avec une forte lamelle latérale postérieure sur la valve gauche seulement; mais il n'y a pas de sinus, de sorte que le clas- sement de cette coquille dans la Famille Malletiidœ est un peu incertain. M. Dali y rapporte en outre, comme Sections : Tindariopsis Verr. et Bush. (G. -T. T. agathida Dali), Neilonella Dali (= Saturnia Seg. 1877, non Schrank 1802) qui a pour génolype Leda pusio Plril., Pseudoglomus Dali (G. -T. : Yoldia pompholyx Dali); nous nous bornons à les enregistrer ici. MALLETIA Des Moulins, 1832. (= Solenella Sow. 1832; = Ctenoconcha Gray, 1840). Malletia s. sir. — Coquille ovale, déprimée, lisse ou striée concentriquement, bâillante en avant et en arrière, subéqui- latérale, épidermée ; charnière horizontale, composée de deux séries de dents très fines; sinus grand, trapézoïdal (G. -T. : M. chilensis Des Moulins, Viv.). Fischer ajoute qu'une cicatrice linéaire, bien visible sur la figure qu'il en publie (pi. XVII, fig. 22), part de la cavité umbonale pour se diriger vers l'impression de l'adducteur antérieur, comme chez Yoldia; nous ne l'avons pas observée sur ce dernier Genre, en tous cas l'examen des caractères de la surface interne — cbez la plupart de ces coquilles vernissées — est très difficile et la forme du sinus est même souvent très incertaine, tellement l'impression linéaire est faible et superficielle. Il n'y a que peu de vraies Malletia fossiles {M. transversa Bell, du Plio- cène d'Italie), c'est surtout dans le Sous Genre ci-après qu'on en trouve. S. -G. Neilo H. et A. Adams, 1852. — Coquille subconvexe, arquée, plutôt lédiforme ; charnière de Malletia; sinus arrondi et profond (G. -T. : N. Cumingi A. Adams, Viv.). — 242 — C'est surtout par sa forme que ce Sous-Genre diffère de Malletia ; cepen- dant la charnière plus arquée, le sinus plus arrondi, le bâillement des valves à l'arrière seulement, peuvent — à la rigueur — justifier la sépa- tion d'un Sous-Genre plutôt que d une Section ; il est représenté dans le Miocène et le Pliocène d'Italie, et on en trouvera ci-après une espèce, pour la première fois signalée dans l'Aquitaine. S. -G. Pseudomalletia Fischer, 1887. — Siphons non réu- nis; coquille inéquilatérale (G. -T. : M. transversa Bell. Plioc). MM. Dali et Sacco s'accordent pour rejeter ce Sous-Genre qui serait identique à Malletia, l'interprétation des siphons paraissant inexacte. Il ne resterait alors que l'inégalité des deux, côtés de la coquille de M. trans- versa, tandis que M. chilensis est presque équilatéral : ce serait un crité- rium bien peu admissible, même pour distinguer une Section de Malletia. En tous cas, la question ne se pose pas pour notre étude du Néogène de l'Aquitaine. 401. Malletia Degrangei nov. sp. PI. V, fig. 88-91. Test mince. Taille moyenne ; forme peu convexe, bâillante aux extrémités, oblongue-transverse, très inéquilatérale; côté antérieur court, semi-elliptique; côté postérieur presque deux fois plus allongé, subtrapézoïdal, tronqué ou à peine incurvé sur le contour anal; bord palléal presque rectiligne en arrière, arqué en avant et raccordé clans le prolongement du contour buccal; crochets très petits, sans aucune saillie, opposés, situés aux trois cinquièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur rectiligne et faiblement déclive de chaque côté du crochet. Lunule et corselet très étroits, presque linéaires, néanmoins distinctement limités par des angles nets ; surface dorsale peu bombée, finement ornée de stries obliques qui s'effacent sur toute la région anale, mais qui persistent, con- centriques, sur la région buccale. Charnière étroite, à peine arquée sur son contour inférieur, n'occupant pas, au milieu, toute la largeur du plateau cardinal qui est dépourvu de fossette ligamentaire : vingt dents séria- les du côté antérieur, cunéiformes, tout à fait minuscules vers — 243 — le crochet; environ trente dents postérieures, également trié- driques et décroissant vers le crochet où elles se joignent obtusément à celles de l'autre série. Impressions musculaires peu distinctes; sinus trapézoïdal peu large et rapproché de l'adducteur postérieur; impression palléale bien gravée, paral- lèle au bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 15 mill. ; diam. u.-p. : 7 mill. R. D.— Très voisine — par sa forme générale — de M. Caterinii Appelius (= M. transversa Ponzi), du Pliocène, notre espèce s'en distingue cepen- dant par sa forme encore plus étroite, plus tronquée sur le contour anal, par son bord palléal moins arqué en arrière, enfin par son ornementation. La variété taurinensis Sacco, de PHelvétien du Piémont, parait moins inéquilatérale, d'après la figure qui représente un spécimen en fort mau- vais état. Les deux valves que nous venons de décrire constituent une importante trouvaille pour la faune du Sud-Ouest. Loc. — St-Etienne-d'Orthe, cotypes (PI. V, fig. 88-91), coll. Degrange- Touzin. — Ifelvéticn. 402. Malletia (Neilo) Raulini nov. sp. PL V, fig. 78-81. Test peu épais, translucide. Taille au-dessous de la moyenne; forme assez convexe, bâillante en arrière, semi-elliptique sauf la saillie du crochet, subéquilatérale; côté antérieur large- ment ovale, un peu plus court que le côté postérieur qui est en quart de cercle, terminé par un angle adouci, mais non tronqué ni rostre; bord palléal régulièrement arqué dans le prolongement des contours latéraux; crochets un peu gonflés, petits, pointus, à peu près directement opposés en contact, situés très peu en avant de la ligne médiane ; bord supérieur faiblement convexe en avant, rectiligne en arrière du crochet, jusqu'à l'angle de raccordement avec le contour anal. Lunule courte et étroite, limitée par une strie; corselet allongé, lan- céolé, bordé par un faible gradin; surface dorsale bombée et lisse au milieu, déprimée et excavée sur la région anale qui porte des stries fines et écartées, de même que la région buc- cale, tandis que cette ornementation disparait sur la région — 244 — médiane où il ne subsiste que quelques lignes d'accroissement fibreuses. Charnière à peine arquée, les deux séries de dents se rejoi- gnent sous le crochet où elles sont extrêmement petites et serrées, perpendiculaires au bord cardinal; on en compte à peu près dix-huit en avant et au moins vingt en arrière ; ces dernières seules sont arquées et contiguës à l'arête supérieure du bord cardinal, représentant probablement la nymphe; il n'y a aucune fossette interne. Impressions musculaires ovales, l'antérieure située très haut; sinus grand, circulaire; impres- sion palléale indistincte; bords lisses. Dim. Diam. a. -p. : 8,5 mill. ; diam. u.-p. : 6 mill. R. D. — Cette espèce n'a qu'une analogie sous-générique avec le génotype Neilo Cumingi Ad., qui est inéquilatéral, subrostré, marqué de deux plis rayonnants en arrière, et orné partout de stries lamelleuses; les différences sont à peu près les mêmes avec IV. excisa Phil., du Ter- tiaire d'Italie (coll. Cossmann), qui est en outre très aplatie et qui se ter- mine en arrière par un petit bec saillant. Quant à N. Monterosatoi Bell. — qui est également lisse — c'est une coquille trapézoïdale, obliquement tronquée en arrière, qui ne ressemble en aucune façon à notre espèce. M. Raulini a peut-être plus de rapports avec JV. 7nessanensis Seg. qui est aussi lisse; mais en comparant avec une valve du Messinien (coll. Cossmann), nous observons que cette dernière est beaucoup moins gon- flée, et qu'elle porle en arrière un angle rayonnant, obsolète et incurvé, qui limite une dépression anale dont on ne voit aucune trace chez M. Rau- lini; en outre, la coquille messinienne a des dents plus grossières, moitié moins nombreuses, ne se rejoignant pas sous le crochet où il semble qu'il y ait une petite fossette, de sorte que ce serait un Lecla (1) et non pas un Malletia ; Seguenza n'ayant pas donné la figure de l'intérieur de la valve type, il est difficile de trancher la question. Cet auteur a aussi figuré JV. phaseolina et N. Scillse qui sont lisses, mais dont la forme irrégu- lière et inéquilatérale ne ressemble guère à celle de M. Raulini. Loc. — Peyrère, peu commune dans les sables argileux; cotypes (PI. V, fig. 78-81), coll. de l'Ecole des Mines; coll. Degrange-Touzin ; St-Etienne-d'Ortbe, Bélus, même coll. — Helvétien. (1) N. messanensis est le génotype de Junonia Seg. (non Hubner), remplacé depuis par Ledella Verrill et Bush. — 245 — TINDARIA Bellardi, 1875. Coquille solide, subglobuleuse, cythériforme, close; côtés latéraux obtus; crochets grands, gonflés, un peu recourbés; séries de dents cardinales arquées presque à angle droit, non interrompues sous le crochet; série anale plus longue, légèrement concave, se terminant sous le crochet par des dents minuscules ; dents de la série buccale beaucoup plus grandes (G. -T. : T. arata Bell. Plioc). Ce Genre se distingue de MaUetla et de Neilo par la forme de la coquille et par la disposition arquée des séries de dents; en outre, les crochets sont prosogyres, et le sinus — dont Bellardi n'a fait aucune mention — nous a paru étroitement triangulaire, autant qu'on peut le distinguer en faisant miroiter l'intérieur dune valve L'auteur n'en a signalé qu'une espèce pliocénique, que M. Sacco cite et figure dans l'Helvétien et le Tortonien du Piémont; d'autre part, Seguenza a décrit T. solida, de l'Astien de l'Italie méridionale. Nous y ajoutons une nouvelle forme, de l'Helvétien du Sud-Ouest. 403. Tindaria inopinata nov. sp. PL V, fig. 85-86. Taille moyenne; forme ovoïde, convexe, inéquilatérale; côté antérieur assez court, semi-circulaire; côté postérieur presque deux fois plus long, ovale, vaguement tronqué sur son contour anal; bord palléal régulièrement arqué; crochet petit, un peu gonflé, opisthogyre, situé à peu près au tiers de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu convexe en avant du crochet, plus déclive — quoique faiblement arqué — en ar- rière. Lunule peu distincte, étroitement cordiforme, limitée par une strie très obsolète ; corselet presque linéaire , obtusément limité; surface dorsale bombée, à peine déprimée sur la région anale, partout ornée de sillons concentriques, régu- lièrement serrés. Charnière médiocrement épaisse, composée de deux séries très inégales, arquées sous un angle apical de 120° : du côté buccal, sept grosses dents obliques et épaisses, puis quatre ou — 246 - cinq dents très fines, rejoignant sous le crochet celles de la série anale qui sont au nombre de vingt-six, croissant assez graduellement; ces dents n'occupent pas toute la hauteur du plateau cardinal, et elles s'alignent en bordure du contour inférieur de la charnière. Impressions musculaires subqua- drangulaires, inégales; l'antérieure est la plus grande; sinus étroit, formant une pointe trigone, très détachée de l'adduc- teur postérieur, et s'avançant presque jusqu'à l'aplomb du crochet; impression palléale très écartée du bord lisse. Dm. Diam. a. -p. : 7,5 mill. ; diam. u.-p. : 6 mill. ; épais- seur d'une valve : 2,75 mill. R. D. — Notre coquille est beaucoup moins trigone et moins élevée que T. arata Bell., du Piémont; elle est plus inéquilatérale, et son côté postérieur est moins atténué, de sorte que l'ensemble a un aspect plus ovale. En ce qui concerne T. solida Seg., qui est figurée comme plus convexe que T. inopinata, il semble — si la figure est exacte — que ses deux séries de dents sont moins inégales, et qu'elles forment un angle plus ouvert au sommet, avec un contour plus sinueux sur la branche antérieure de la charnière. Nous avons aussi comparé T. inopinata avec T. callistifôrmis Verr. et Bush, de la baie de Chesapeake, qui a une forme plus courte et plus haute, un crochet plus saillant et plus gonflé au-dessus d'un bord supérieur plus rectiligne. Il y a lieu de remarquer que — dans leur Synopsis des Tindarinse (Deep ■water Moll., p. 885) Verrill et Bush attribuent à Tindaria une impression palléale non sinueuse et à Tindariopsis un sinus distinct avec un rostre court, ce qui ne correspond nullement à notre interprétation du Genre de Bellardi. Loc. — St-Jean-de-Marsacq, une valve droite (PI. V, fig. 85-86), coll. Degrange-Touzin. — Tortonien. NUCULINA d'Orb. 1845. (= Pleurodon Wood 1840, non Pleurodonte Fischer 1808; = Nucinella Wood 1850). S. stricto. Test mince. Taille petite; forme de Nucule, très inéquilatérale, obliquement ovale, convexe et lisse; ligament externe; charnière courte, composée de quelques dents séria- — 247 — les sur un plateau cardinal incurvé, et d'une forte lamelle A II, à laquelle correspond une fossette sur la valve droite; ligne palléale entière (G. -T. : Nucula miliaris Desh. Eoc). Wood a corrigé lui même la dénomination qu'il jugeait faire un double emploi de nomenclature, tandis que dans l'intervalle, d'Orbigny avait déjà donné un autre nom à la coquille, nom cité par Gray et mis à tort en synonymie de Nucinella par Wood (Crag Moll., II, p. 72). Néanmoins M. Dali a préléré reprendre Pleurodon — qui est cependant la latinisation de Pleurodonte — alléguant d'autre part que la date précise de Nuculina n'est pas certaine, les livraisons de la Paléontologie française des terrains crétacés ayant paru à intervalles écartés. Quoiqu'il en soit, puisque Wood lui attribue 1845, la dénomination Nuculina est certainement antérieure à celle d'Agassiz (1847) qui l'a adoptée comme nom familial; d'ailleurs Herrmannsen cite — à la date de 1844 — la livraison de la Pal. fr. dans laquelle d'Orb. a créé la Fam. Nuculidse à laquelle il reportait le Genre Nuculina : il n'y a donc pas de doute possible sur la priorité de ce dernier terme. M. Dali a rétabli, avec raison, le nom ovalis pour Nucinella miliaris du Crag, qui n'est pas la même espèce que celle de l'Eocène ; mais il a figuré une autre espèce pliocénique de la Floride (Pleurodon Woodi Dali) comme portant une fossette ligamentaire interne, vis-à-vis d'une petite saillie du bord cardinal; or, ni cette fossette, ni cette saillie n'existent sur la figure de Wood (/. c, pi. X, fig. 4), ni sur les échantillons du Bassin de Paris, ni sur celui de l'Aquitaine que nous décrivons ci-après; Wood a expres- sément imprimé « ligament external ». Quant au test, il est si mince, qu'on peut hésiter sur la présence ou l'absence d'une couche de nacre à l'intérieur de la coquille. La conclusion à tirer de ces observations est la suivante : Nuculina est une forme intermédiaire entre Nucula et Malletia, de même que Sarepta est balloté entre Nucula et Leda. Le classement de Nuculina dans la Fam. Malletiidse n'est donc proposé ici qu'à titre provisoire, quoique cependant ses affinités soient plutôt avec Malletia. Il en est de même du S. -G. Cyrilla A. Adams, Juin 1860 (= Huxleyia A. Ad., Avril 1860, non Boberwank) qui ne paraît différer de Nuculina que par sa fossette plus élargie, si tant est qu'il existe une fossette; mais nous pensons que, chez Cyrilla comme chez Nuculina, cette fossette n'est qu'un élargissement sans excavation — exagéré par le dessinateur — du plateau cardinal sous les dents sériales, et que le ligament est bien effec- tivement externe, car il y a une sorte de nymphe, bien nettement repré- sentée, même sur les figures 9 et 10 de la planche XXIV de l'ouvrage de M. Dali. 248 — 40i. Nuculina Dumasi nov. sp. PL VII, fig. 7-8 et 13-14. Taille microscopique; forme très convexe, ovale-oblique, très inéquilatérale, côté antérieur ovale-arrondi, formant pres- que toute la longueur de la coquille; côté postérieur oblique- ment tronqué et rectiligne vers le haut; bord palléal arqué, raccordé avec les contours latéraux par des courbes circu- laires; crochet petit, peu saillant, opisthogyre, situé presque d'aplomb au-dessus de la troncature anale. Corselet assez lar- gement excavé; lunule étroite et linéaire, peu distincte; sur- face dorsale bombée, lisse et très brillante. Plateau cardinal triangulaire, court, assez haut : cinq dents sériales presque parallèles, décroissant en avant ; lamelle AU mince, saillante, triangulaire écartée des dents sériales; impressions musculaires ovales, allongées, peu inégales; ligne palléale bien marquée, entière, écartée du bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 2 mill.; diam. u.-p. : 1,75 mill. R. D. — Si Ton compare notre coquille aux figures (1) de JV. ovalis Wood (== miliaris Wood, non Desh.) on remarque qu'elle a une convexité plus forte et que AU est beaucoup plus écartée des dents sériales; ces dernières sont plus alignées que celles de JV. miliaris Desh., de TEocène des environs de Paris, qui a d'ailleurs une forme beaucoup plus trigone et une lamelle AU encore plus allongée; chez JV. ovalina Cossm., du Tha- nétien de Jonchery, la troncature anale est plus haute que chez JV. Dumasi, les dents sériales sont contrariées au lieu d'être alignées, et le crochet est plus proéminent. En tous cas, JV. Dumasi vient à propos pour combler — dans le Miocène — une lacune du phvlum de Nuculina entre le Tertiaire inférieur et l'Epo- que actuelle. (1) Une excellente figure, bien grossie d'après nature, en a été donnée tout récem- ment par M. Cerulli-Irelli (Fauna mal. Mar., pi. XXXIII, fig. 15) d'après un échan- tillon pliocénique de Monte-Mario; seulement cet auteur l'intitule valve gauche, alors que c'est une valve droite, le côLé postérieur étant le plus court. Sur cette figure, on ne remarque non plus aucune trace du ligament interne qu'a cru observer M. Dali; les six dents cardinales sont symétriquement disposées, deux au milieu, deux obliques à droite et deux obliques à gauche, tandis que les figures de Wood indiquent des dents perpendiculairement alignées : est-ce bien la même espèce? — 249 — Loc. — Saubfigues, une valve gauche (PL VII, fig. 7-8 et 1314), coll. Dumas. — Tortonieii. Cénacle : ARC ACE A Lamarck, 1809. Coquille d'une forme 1res variable, à test épidémie et pileux; ligament étalé sur une aréa externe, souvent immergé en partie dans une petite fossette centrale; charnière taxo- donte, composée de deux séries de dents courtes ou lamelli- formes, semblables ou différenciées en avant et en arrière ; impressions des adducteurs écartées, parfois inégales et iné- quidistantes; ligne palléale non sinueuse; couche interne non nacrée; bords souvent crénelés. Ce Cénacle se distingue des Nuculacea par la position du ligament qui est nettement externe, sur une aréa généralement marquée de chevrons qui représentent ce que M. Dali a dénommé « faciès multivinculaire ». Les autres caractères différentiels (byssus ; branchies, palpes labiaux, etc..) se constatent surtout chez l'animal. M. Dali a divisé ce Cénacle (Superfamille) en quatre Familles : Macro- dontidœ (remplacé ensuite à tort par Parallelodontidse , sous prétexte que Macrodon est remplacé par Parallelodon), Cyrtodontidse, Limopsidse, Arcidse; cette dernière peut être elle même subdivisée en Arcinse et Pectuncidinse ; quant aux deux premières, elles ne sont pas représentées dans nos ter- rains néogéniques de l'Aquitaine, et elles ont une origine très ancienne; quelques Macrodontidse (Beushaasenia, Cucullzea, Cucullaria) se relient d'ail- leurs étroitement au G. Arca.et n'en diffèrent que par leurs dents lamel- liformes, parallèles au bord cardinal, soit en avant et en arrière, soit des deux cotés : comme il existe des formes d' Arcidse chez lesquelles les dents sont disposées en éventail de sorte que les extrêmes tendent à devenir horizontales, il semble que c'est plutôt par des considérations phy- logénétiques que la Fam. Macrodontidse peut se distinguer des Arcidse, et nous inclinerions volontiers à n'en faire qu'une Sous-Famille de cette dernière : en tous cas, nous n'avons pas à nous en occuper ici. Fam. ARCIDM Fleming, 1828 (Arcadœ). Forme rhomboïdale, trapézoïdale ou arrondie, inéquila- térale, le côté postérieur étant généralement le plus allongé; ligament multivinculaire; deux séries de dents similaires, 17. — 250 - généralement plus nombreuses à l'arrière, se rejoignant sous le crochet où elles sont perpendiculaires au bord cardinal et très serrées. Impressions musculaires subégales. Les deux Sous-Familles (Pectunculinœ et Arcinx) sont représentées dans le Sud-Ouest, mais d'une manière très inégale, la première par un petit nombre d'espèces du seul Genre Pectunculus, extraordinairement abondantes en individus, la seconde par la plupart des groupes du grand Genre Arca. Pour le groupement des Arca, il nous semble qu'on n'a pas jusqu'ici tenu suffisamment compte de l'aire ligamentaire dont le plan peut varier beau- coup d'inclinaison par rapport au plan de la commissure des valves; c'est un critérium d'une grande importance qui nous permet immédiatement de différencier Barbatia à' Arca: d'autre part, la fixation du ligament sur cette aréa peut se faire par des liens en chevrons, soit par un résilium complémentaire qui se loge dans une fossette analogue à celle des Limopsidœ : c'est ce qui nous décide à séparer aussi les G. Fossularca et Bathyarca, chez lesquels cette fossette existe. On trouvera donc ci-après ces quatre Genres d'Arcidse; quant aux formes crétaciques qui n'ont pas vécu jusqu'au Miocène, nous les passons sous silence. PECTUNCULUS (Lister) Lamk. 1799. (= Glycymeris Da Costa, non Belon). Coquille suborbiculaire, équivalve, équilatérale, convexe, solide, épaisse, intérieurement porcellanée, revêtue en dehors d'un épidémie velouté; crochets opposés, souvent très gonflés; ligament étalé sur une aréa comprise entre le crochet et le plateau cardinal et sillonnée par des chevrons (vinculaires) plus ou moins nombreux; bord cardinal arqué; deux séries de dents courtes, fortes, oblitérées au centre chez les spécimens géron tiques, par suite de l'extension que prend l'aréa ligamen- taire; impressions des adducteurs ovales; impression palléale simple; bords fortement crénelés (G. -T. : Arca pectunculus Linné, Viv.). Conformément à l'interprétation de Fischer, on peut restreindre la dénomination Pectunculus aux coquilles ornées de côtes rayonnantes et admettre comme Section Axinsea Poli (1791) pour Arca pilosa L. c'est-à- — 251 — dire pour les formes simplement ornées de sillons rayonnants et sous- cutanés; mais il n'y a absolumen que cette différence entre les deux groupes. Le choix de la dénomination Pectunculus, de préférence à Ghjcym'eris, a fait couler des flots d'encre; nous ne reprendrons pas ici cette discussion superflue, M. Dollfus ayant surabondamment démontré que l'interpré- tation de M. Dali n'est pas conforme au sens que Da Costa attachait au mot Glycymeris. D'ailleurs on a vu que ce dernier terme doit s'appliquer aux Panopées. Au point de vue phylogénétique, Pectunculus date de la Craie : on en connaît une espèce certaine dans le Cénomanien du Mans; les espèces non costulées ont précédé les formes costulées, mais les deux groupes se poursuivent parallèlement dans l'Oligocène, ensuite dans le Néogène des Etats-Unis, tandis qu'actuellement on ne rencontre plus dans les mers d'Europe que des Axinsea Les espèces jurassiques ont un tout autre faciès et se rapprocheraient plutôt de Cnisma ci-après défini. Fischer rapproche encore de Pectunculus le Genre Trigonoarca Conrad (G. -T. : T. maconensis Conrad, Craie d'Amérique), tandis que M. Dali parait le rapprocher plutôt de Trinacria. Nous n'avons pas à prendre parti dans cette question. En ce qui concerne Gnisma Mayer (1868), dont le génotype est une petite coquille de l'Eocène moyen (P. nuculatus Larak), caractérisée par sa charnière dissymétrique (trois dents en avant, quatre en arrière) et par son galbe oblique, nous n'en avons vu aucune trace dans le Néogène de l'Aquitaine; c'est d'ailleurs un Sous-Genre de Pectunculus, et non pas un Genre de la Fam. Limopsïdse, comme l'a suggéré dubitativement M. Dali (Tert. Flor., p. 517); car il n'y a pas de fossette. 405. Pectunculus (Axinœa) cor Lamarck. PL VI, fig. 13-16. 1805. Pectunculus cor Lamar ;k. Ann. Mus., VI, p. 217 (note) 1819. — Lamarck. An. s. vert., VI, p. 55. 1825. — Bast. Mém. env. Bord., p. 76. 1845. — Desh. Traité élém. Conch., III, p. 330. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 62, n^ 166. 1909. — Dali. Et. crit. qq. coq. Bord., p. 13, pi. III, fig, 7-14, pi. IV, fig. 1-9. Test épais. Taille parfois grande; forme bombée, variable, subrhomboïdale ou transverse, presque toujours atténuée en — 252 — avant et subanguleuse en arrière, par conséquent inéquila- térale, quoique les crochets gonflés et opposés soient situés à peu près au milieu des valves. Surface dorsale très convexe au milieu, déprimée ou même excavée sur la région buccale; sous l'épiderme on distingue de larges côtes aplaties, séparées par des sillons rayonnants et couvertes en outre d'un fin réseau quadrillé. Charnière épaisse, anguleusement arquée sur son contour inférieur, séparée du crochet par une large et haute aréa liga- mentaire sur laquelle s'inscrivent trois chevrons très ouverts, dont les sommets s'alignent perpendiculairement sous le cro- chet, en formant une faible saillie ou arête; environ douze dents sériales, de chaque côté de cette arête, repliées à 90 ou 100°, la branche verticale deux fois plus courte que la bran- che oblique qui occupe même toute la longueur chez quelques individus; les deux séries ne se rejoignent pas complètement à l'aplomb du crochet. Impressions musculaires puissantes, en saillie, la posté- rieure généralement supportée par une lame rayonnante qui se détache de la surface interne des valves; impression pal- léale assez voisine du bord fortement festonné, mais les cré- nelures s'atténuent beaucoup sur la région anale. Dim. Diam. a. -p. : 55 mill. ; diam. u.-p. : 52 mill. ; épais- seur d'une valve : 20 mill. R. D. — L'espèce du Bordelais, si commune et si bien connue des collectionneurs, n'avait jamais été figurée quand M. Dollfus — reprenant son histoire — en a donné une monographie très complète et dix- sent figures dans une étude publiée ici-même (Act. S. linn., t. LXII). Notre confrère a compris dans la synonymie du fossile du Sud-Ouest, non seu- lement la forme actuelle de la Méditerrannée (P. violacescens Lit.), mais aussi le fossile du Pliocène (P. insubricus Br.), que la plupart des auteurs ont jusqu'ici considéré comme distincts, et dans lesquels de nombreuses variétés ont — d'autre part — été distinguées, soit par M. Sacco, soit par M. Cerulli-Irelli; cette réunion — qui aboutit à la conclusion qu'il n'y a, en réalité, qu'une seule forme très variable, de PAquitanien jusqu'à l'Epo- que actuelle — est basée sur la comparaison d'un très grand nombre de de P. insubricus d'Asti, et de P. violacescens de la Méditerrannée, avec une - 253 — multitude de coquilles du Sud-Ouest et lusitanniennes. Puis, après avoir tout réuni, M. Dollfus admet un certain nombre de variétés, sans indi- quer avec précision si ce sont des mutations définies, de sorte que la question se retrouve exactement posée dans les mêmes termes qu'au début et que l'incertitude reste aussi grande. Nous nous sommes ici bornés à suivre M. Dollfus dans tout ce qui concerne P. cor (s. stricto) et par suite, nous n'avons admis en synonymie que les références visant le fossile du Sud-Ouest que Lamarck avait bien effectivement en vue quand il a proposé la dénomination cor. Nous som- mes d'ailleurs convaincus que cette espèce n*a pas (en Aquitaine) vécu au-dessus de l'Aquitanien, du Burdigalien et de l'Helvétien, attendu que — dans le Sud-Ouest — on ne trouve plus, au niveau de l'Helvétien, que des formes authentiquement différentes, et quelques rares individus de P. cor, probablement remaniés. D'ailleurs, en comparant, nous aussi, le fossile du Bordelais à P. viola- cescens Lk., nous avons été frappés de cette constatation que jamais l'espèce actuelle et pliocénique n'atteint un bombement comparable à celui du véritable P. cor, et qu'en outre l'aire ligamentaire de ce dernier est invariablement plus élevée, plus puissamment clievronnée que chez l'autre espèce; les autres caractères sont trop variables pour qu'on puisse en faire état avec quelque certitude et avec constance (contour des valves, forme des dents, impressions musculaires, crénelures, etc.). En ce qui concerne P. insubricus Br., d'Asti, la largeur de l'aire liga- mentaire est généralement aussi grande que chez P. cor — et c'est ce qui le distingue de P. violacescens; toutefois les dents sériales sont alors très différentes, tantôt les deux séries s'interrompent à grande distance, tantôt elles se rejoignent sous le crochet, de sorte que leur nombre est beaucoup plus variable que chez P. cor; enfin — détail caractéristique — le contour inférieur de la charnière est bien moins arqué que chez notre fossile. Sans doute, ce sont là des différences qu'il n'est pas toujours facile d'apprécier; cependant nous pensons qu'il faut les examiner de près et en tenir compte, si l'on ne veut pas réunir tous les Pétoncles en une seule espèce; remarquons du reste que c'est toujours dans les Genres dont les coquilles sont peu distinctes qu'on est enclin — faute d'y regarder d'assez près — à opérer des réunions qui déconcertent toutes les notions strati- graphiques. Il est bien évident que P. cor est beaucoup plus voisin encore de P. pulvinatus, du Lutétien des environs de Paris, que de P. violacescens, et cependant personne n'a encore proposé de réunir l'espèce éocénique à celle du Bordelais; en fait, il y a des différences dans la charnière et dans le bombement des valves, de même qu'il y en a entre P. cor et les deux espèces pliocéniques En résumé, il n'y a pas de motif pour être plus exi- — 254 — géant envers les formes descendantes qu'envers les ancestrales, et c'est pourquoi — nous fondant sur ce que P. cor n'a jamais donné lieu à la moindre hésitation de la part des collectionneurs de l'Aquitaine — nous lui laissons son individualité stratigraphique. Loc. — Léognan (Coquillat), plésiotypes (PI. VI, fig. 13-1(5), coll. Bial de Bellerade. Très commune dans tous les gisements. Cestas, mons- truosité, coll. de Sacy. — Aquitanieii et liiii»«li;jalieii. Salles (Largileyre), rare. Peyrehorade (Peyrère), jeunes spécimens, coll. Raulin. — Helvétien. 406. Pectunculus (Axinœa) bimaculatus [Poli]. PI. VI, fig. 3-i; PI. VII, fig. 3. 1795. Arca bïmaculata Poli. Test. utr. Sic, II, p. I 7 i3, pi. XXV, fig. 17-18. 1814. Arca pilosa Br. Conch. sub., II, p. 487 (ex parte). 1814. Arca polyodonta Br. IbicL, p. 490. 1825. Pectunculus pulvinatus Bast. Mém. env. Bord., p. 77 (non Lamk.). 1831. Dub. Conch. foss.Pod.,p.G4, pi. VII, fig 7-8. 1852. Pectunculus subpilosus d'Orb. Prod., III, p. 122, r.° 2303, 20 et. 1859. Pectunculus orbiculus d'Eichw. Leth. ross , III, p. 73, pi. IV, fig. 9. 1865. Pectunculus pilosus Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 316, pi. XL, fig. 1-2 (non L ). 1868. Pectunculus stellatus Mayer. Cat. tert. Mus. Zurich, p. 52 (non Gm ). 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 63, no 167. 1898. Axinxa bïmaculata Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVI, p. 28, pi. VI, fig. 7-14. 1904. Pectunculus bimaculatus Dollf. Cott. Gom. Moll. Tert. Port., pi. XXII, fig. 1. 1907. — Cer.-Ir. Faunamal. Mar.,I,p.53, pI.VIl, fig. 1 Taille grande; forme orbiculaire, fortement convexe; cro- chets gonflés, opposés, médians; surface lisse, vaguement ornée de sillons rayonnants qui séparent d'assez larges côtes aplaties; une légère dépression marque la région anale. Charnière variable selon l'âge de la coquille, composée — chez les jeunes individus — de deux séries de douze dents, à peu près symétriques, le sommet du contour arqué du plateau cardinal étant situé sous le crochet; chez les spécimens géron- tiques, elles s'oblitèrent et il n'en reste guère que cinq à huit — 255 — de chaque côté, tandis que le contour inférieur devient moins arqué. Aire ligamentaire large et haute, portant six ou sept chevrons symétriquement alignés sous le crochet. Impressions musculaires très puissantes bordées d'un gra- din rayonnant; crénelures palléales très fortes au milieu, diminuant graduellement vers les côtés latéraux. Dim. Diam. a. -p. : 88 mill. ; diam. u.-p. : 83 mill. ; épais- seur d'une valve : 27 mill. R. D. — Les différences de couleur et d'épiderme, qui séparent cette espèce de P. pilosus L., d'après MM. Dollfus et Dautzenberg (Moll. Rouss., pp. 202 et suiv.), ne nous sont d'aucun secours pour les distinguer à l'état fossile; mais, outre que P. bimaculatus atteint une taille supérieure, et que la forme des jeunes spécimens est moins haute, nous avons remarqué que les chevrons de l'aire ligamentaire sont plus nombreux et surtout plus symétriques, que celte aire est plus baute — à égalité d'âge — chez P. bimaculatus. Sous ces réserves, il est à peu près certain que c'est à ce dernier qu'il faut rapporter la plupart des spécimens miocéniques de grande taille, dans le Bassin de Vienne notamment : M. Sacco indique d'ailleurs que c'est une forme extrêmement commune dans l'Helvétien du Piémont ; sa forme à peu près symétrique la distingue facilement de P. cor qui a presque la même convexité, en tous cas le nombre des chevrons est bien supérieur chez P. bimaculatus qui n'a pas l'arête séparative que nous avons signalés chez l'autre espèce. D'autre part, les spécimens de l'Helvétien des environs de Bordeaux correspondent bien à la figuration de M. Sacco qui a compulsé plus de 2000 échantillons, comparés avec les types de Brocchi, de sorte que son interprétation de l'espèce de Poli parait très sûre. Les spécimens que nous possédons du Piémont (coll. Cossmann) nous confirment d'ailleurs dai s cette opinion. D'après la récente interprétation de M. Schaffer (1910. Das Mioc. v. Eggenburg, p. 57, pi. XXVII, fig. 3-6) Pect. Fichteli Partsch., est une toute autre espèce, moins symétrique, subtronquée du côté anal, à fortes cré- nelures palléales. Loc. — Saucats (la Sime), plésiotypes de moyenne et de grande tailles (PL, VI, fig. 3-4; et PL VII, fig, 3), coll. Bial-Neuville. Clermont (Landes), Saint-Etienne-d'Orthe, même coll. Salles (Largileyre), toutes les coll. — Helvétien. Moras, Mérignac (Baour), coll. Peyrot. — Burdigalieii. — 256 — 407. Pectunculus (Axinœa) saucatsensis Mayer. PI. VI, %. 29-30; et PL VII, fig. 1-2. 1808. P. saucatsensis Mayer. Cat. foss. terl. Mus. Zurich, pp. 42 et 104. 1873. Benoist. Cat. Saucats, p. 08, no 168. Taille grande; forme orbiculaire, médiocrement convexe, à peu près symétrique, quoique les crochets opposés ne soient pas tout à fait médians, la région anale étant un peu plus développée que la région buccale, de sorte que l'axe umbono- palléal est légèrement oblique. Surface dorsale peu bombée pour la taille des valves, non déprimée du côté anal, vague- ment ornée de sillons rayonnants qui séparent des côtes un peu arrondies. Charnière composée de deux séries symétriques de onze ou douze dents, chez les spécimens moyens et adultes; mais le nombre se réduit à quatre ou cinq dents chez les individus tout à fait gérontiques; contour inférieur du plateau cardinal peu arqué, formant — au-dessus de la cavité umbonale — une courbe à peu près continue et symétrique; aire ligamen- taire haute et large, paraissant lisse dans la plupart des cas, parce que les huit ou neuf chevrons dont elle est pourvue sont peu profondément gravés et presque toujours effacés par l'usure du test; leur ligne de séparation, sous le crochet, est oblique, de sorte que les deux bras de chaque chevron ne sont pas symétriques. Impressions musculaires grandes, subtrigones, bordées par des gradins peu saillants, surtout celui de l'adducteur anté- rieur; crénelures palléales fortes au milieu, subitement rédui- tes sur le contour buccal. Dim. Diam. a. -p. : 95 mill. ; diam. u.-p. 100 mill. ; épais- seur d'une valve : 25 mill. R. D. — La simple comparaison des dimensions sus-indiquées avec celles de P. bimaculatus Poli, fait déjà ressortir que l'espèce Mayer est très sensiblement plus déprimée et un peu plus élevée que la précédente; — 257 — elle est en outre moins symétrique, dépourvue de dépression anale ; enfin son aire ligamentaire diffère par le nombre et l'obliquité, ainsi que par l'effacement des chevrons Si on la compare avec P. pilosus, on trouve qu'elle est aussi beaucoup moins convexe et que son aire ligamentaire est plus développée, marquée d'un nombre bien supérieur de chevrons. Nous sommes donc là en présence d'une forme bien distincte, qu'on sépare assez facilement dès le premier coup d'œil; par conséquent, Mayer a eu raison de lui donner un nom nouveau, et Benoist a bien fait de la cata- loguer, tout en lui attribuant une forme « subtrigone » que l'on n'observe que sur les spécimens népioniques. L'espèce n'ayant pas été encore figu- rée, on pourrait — de ce chef — croire à une erreur d'interprétation de notre part; mais cette interprétation est fondée sur les spécimens adultes que Benoist avait envoyés à l'un de nous (coll. Cossmann) et sur ceux de sa collection. 11 n'y a donc pas de doute à avoir sur l'attribution du nom saucatsensis. Loc. — Salles (Largileyre), cotypes de petite taille et gérontique (PL VII, fig. 1-2), coll. Cossmann; (le Minoy), coll. Peyrot. Saucats (la Sime, coll. Cossmann et Benoist; Sallespisse, coll. Cossmann. — Hel- vétien. Léognan (Coquillat), plésiotype (PL VI, fig. 29-30), coll. Bial-Neuville; Cestas, même coll. Moras, coll. Peyrot. Saucats (Peloua), coll. Benoist, sous le nom aquitanicus Mayer. — Burdigalieii. 408. Pectunculus (Axinœa) inflatus [Brocchi]. PL VI, fig. 26-28. 1814. Arca inflata Br. Conch. subapp., II, p. 494, pi. XI, fig. 7. 1814. Arca nummaria Br. Ibid., p. 453, fig. 8 [juv.). 1852. Pectunculus inflatus d'Orb. Prod., III, p. 184, n» 369, 27 e et. 1868. Pectunculus glycymeris Mayer. Catal. Zurich, III, p. 58, (non L.). 1898. Axinœa inflata Sacco. I Moll. terz. Piem , XXVI, p. 32, pi. VIII, fig. 1-10 1907. Pect. (Axinœa) inflatus Cer.-Irelli. Fauna mal Mariana, I, p. 55, pi. VII, fig. 7; pi. VIII, fig. 1-9. Observ. — Nous rapportons à cette espèce pliocénique des valves recueillies dans le gisement de Saubrigues et qui nous paraissent iden- tiques aux jeunes individus de Colli Torinesi (coll. Cossmann); bien que ces valves soient loin d'atteindre la taille des spécimens d'Italie, elles sont caractérisées — comme eux — par l'inégal bombement de la surtace — 258 — dorsale qui montre invariablement chez cette espèce une gibbosité obtuse et très arrondie, rayonnant du ciochet obliquement vers le côté anal et aboutissant à un angle obsolète du contour palléal. M. Cerulli-Irelli a très justement signalé ce critérium absolument constant de P. inflatus, et et qu'on remarque sur toutes les figures publiées par M. Sacco, bien que ce dernier auteur n'en ait pas fait mention. Quant à l'aire ligamentaire, elle est assez restreinte sur les individus népioniques de Saubrigues, et on ne peut l'identifier qu'à celle des individus de même âge du Piémont ; il est bien certain qu'elle ne ressemble pas à l'aire des grands spécimens de Monte-Mario (coll. Cossmann) qui est assez haute, trigone et peu large, ornée de chevrons peu nombreux et obsolètes. R. D. — Indépendamment du critérium différentiel que nous avons indiqué ci-dessus, P. inflatus se distingue facilement de P. bimacidatus par son bombement encore plus considérable, qui atteint 40 0/0 du diamètre antéro-postérieur, pour l'épaisseur d'une seule valve, dès le jeune âgé de la coquille. Quand la surface dorsale est fraîchement conservée — et c'est le cas des spécimens de Saubrigues — on constate qu'elle est décussée par des accroissements assez serrés et subponctués à l'intersection des rayons sous-cutanés qui- sont beaucoup plus rapprochés que chez P. bimacidatus; nous avons constaté le même système d'ornementation sur les individus du Piémont authentiquement déterminés par M. Sacco. En résumé, P. inflatus (dont P. nummarius Br. n'est que le jeune âge) semble n'avoir vécu qu'à dater d'un niveau plus élevé que P. bimacidatus, et surtout que P. jidosus L. Loc. — Saubrigues, peu rare; plésiotype népionique (PI. VI, fig. 26-28), coll. Dumas. St-Jean-de-Marsacq, coll. Bial-Neuville. — Tortonieii. ARCA Linné, 1758. Coquille globuleuse, généralement oblongue, ayant invaria- blement les crochets écartés par une large aréa sur laquelle s'attache le ligament externe, et dont le plan fait — avec ?o° Fig. 10. — Arca umbonata Lamk. Viv. celui de la commissure des valves — un angle d'environ 90° dont le sommet est sur l'alignement rectiligne du bord car- — 250 — dinal; sur cette aire ligamentaire, on distingue des rainures disposées en chevrons, plus ou moins nombreuses, servant à l'insertion d'un résilium multivinculaire. Au lieu de nous guider d'après l'existence ou l'absence d'un byssus et d'après la forme ou l'ornementation des valves, nous avons admis comme critérium générique l'inclinaison du plan de la surface ligamentaire — et par suite, l'écartement des crochets — qui nous paraissent jouer, dans les fonctions essentielles d'ouverture et de fermeture des valves, un rôte dynamique et statique beaucoup plus important que le byssus et l'aspect de la surface externe, qui sont plutôt des critériums d'habitat sous-génériques. C'est ce qui explique qu'on trouvera ci-après rapprochés Arca, Anadara, Scapharca, tandis que Barbatia et Parallelipipedum sont placés dans un Genre distinct à' Arca. D'ailleurs, on observe la même coupure chez les ParaUelodontidœ (— Macrodontidœ) qui sont les ancêtres mésozoïques des Arcidse et qui s'en distinguent par leurs dents complètement horizontales aux extrémités : d'une part, en effet, on y trouve Cucullœa, Parallelodon, Nemodon, à cro- chets écartés ; d'autre part, Beushausenia (= Macrodon préemployé) avec une aire ligamentaire chevronnée et très inclinée, de sorte que les cro- chets sont presque en contact. Ces explications fournies, nous divisons le G. Arca ainsi qu'il suit : Arca s. str. {= Byssoarca Swainson, 1820). — Forme trans- verse, inéquilatérale, irrégulière pour le passage du byssus, carénée en arrière, ornée de côtes rayonnantes et subgranu- leuses, mieux visibles quand l'épiderme a disparu; aire che- vronnée; bord cardinal étroit et rectiligne, aussi long que les valves , muni de dents sériales fines et nombreuses, ininterrompues au milieu, presque uniformément ver- ticales; impressions musculaires inégales, la postérieure sub- rectangulaire et allongée; bord palléal rarement crénelé (G. -T. : Arca Noœ L. Viv.). Fig. 11. — Arca Noae L. Viv. — 260 — Ce Genre apparaît déjà à la base de l'Eocène ; on y distirgue actuelle- ment deux groupes qui diffèrent par la disposition des chevrons ligamen- taires : dans le groupe d'A. Nox, les chevrons plus ou moins nombreux n'occupent pas tout l'espace compris entre le bord cardinal et les angles carénés qui limitent la surface dorsale; ils sont parfois « contrariés », c'est-à-dire que les branches postérieures sont traversées par de courtes rainures parallèles aux branches antérieures ; chez l'autre groupe (A. umbonata Lamk ) le ligament s'étend sur toute l'aréa comprise entre les crochets, mais il n'y a qu'un petit nombre de chevrons très aigus sous la saillie des crochets; en outre, on distingue des séries de stries obsolètes, perpendiculaires à la ligne cardinale et qui représentent les traces — sous l'épiderme — de l'accroissement progressif des dents sériales de la char- nière. Ces deux groupes se retrouvent à l'état fossile, et cependant nous ne croyons pas qu'on ait, jusqu'à présent, fait état de ce critérium très sûr, pour distinguer les espèces qui s'y rapportent respectivement. S. -G. Anadara Gray, 1847 (= Anomalocardia Klein, 1753; in Adams 1858, non Schum. 1817). — Forme globuleuse, régu- lière, close, plus ou moins transverse, ornée de larges côtes séparées par de fortes rainures; quand la surface- n'est pas usée, les accroissements con- centriques découpent des gra- nules sur les côtes et for- ment des cloisons au fond des rainures; aire ligamen- taire haute, presque entiè- rement chevronnée, aussi longue que le plateau cardinal qui est arqué sur son contour inférieur et qui est partiellement rempli par les dents sériales ininterrompues au milieu, disposées en éventail aux extré- mités; impressions musculaires très inégales, la postérieure subquadrangulaire; bord palléal très grossièrement crénelé (G. -T. : A. diluvii Lamk. Viv.). La forme régulière de cette coquille non fixée par un byssus, ainsi que son ornementation à larges côtes, la différencient nettement d'Arca s. str.; cependant elle a — comme cette dernière — les crochets écartés par une large aréa garnie de chevrons réguliers. C'est un Sous-Genre dont l'appa- rition est plus récente que celle à'Arca, car les coquilles de l'Eocène qui y ont été rapportées (A. scapulina Lamk.) s'en distinguent par leur aréa Fis. 12. — Anadara diluvii Lamk. Plioc. — 261 — non chevronnée, ressemblant à celle de Fossularca lactea; on trouvera ce groupe un peu plus loin. Au S. -G. Anadara se rattachent les deux Sections : Noetia Gray, 1842 (A. reversa Gray), qui a les dents en éventail et la forme" carrée; Senilia Gray, 1840 (A. senilis Lamk.), qui a une forme haute et trigone, des côtes larges comme celles de Carcl. Jouanneti, des dents longues, serrées, cariées ou arquées du côté antérieur, surmontées par une aire ligamen- taire chevronnée, haute et courte. Aucune de ces Sections n'a vécu dans le Miocène de l'Aquitaine; on n'en cite que dans le Néogène des Etats- Unis (Dali). S. -G. Pectinatarca Sacco, 1898. — Forme et ornemen- tation à' Anadara; vraisemblablement pas de byssus à cause de la régularité de la coquille; aire ligamentaire lisse, sca- lène, plus élargie en avant du crochet, où il n'existe qu'une seule rainure (G. -T. : .4. pectinata Br. Plioc). Groupe bien distinct par son aréa très étroite en arrière, perpendiculaire néanmoins à la commissure des valves. M. Sacco ne Ta cité que du Mio- cène, du Pliocène et du Postpliocène ; les espèces éocéniques, telles que A. aviculina Desh., qui y ressemblent par leur ornementation dorsale, ont une charnière de Barbatia. S. -G. Scapharca Gray, 1847. — Les valves sont inégales et sont munies d'un byssus; un seul chevron circonscrivant une aréa lisse (G. -T. : A. inœquivalvis Brug. Viv.). Gray n'avant pas défini les nombreux groupes d'Arcidés qu'il a nommés, M. Dali a cru pouvoir attribuer la prépondérance à Scapharca et y rattacher toutes les autres Sections, même Anadara et Fossularca (!) qui n'y res- semble guère cependant. Nous ne partageons pas cette manière de voir, attendu que l'existence dnn byssus et l'inégalité des valves placent Sca- phara complètement à part, malgré son ornementation anadariforme. En tous cas, nous n'avons trouvé ici à l'état fossile ni Scapharca, ni sa Sec- tion Argina Gray (1840) dont le génotype est A. pexata Say. S. -G. Striarca Conrad, 1875. — Forme et ornementation <ï Anadara; aire ligamentaire inclinée à 150° sur le plan de commissure des valves, entièrement couverte de stries per- pendiculaires au bord cardinal, sans aucune trace de chevrons (G. -T. A. centenaria Say. Mioc. coll. Cossmann). — 262 — S. -G. Lunarca Gray, 1840. — Dents antérieures rempla- cées par une seule dent sur la valve droite, avec sa fossette sur la valve gauche (G. -T. : L. costata Gray, Viv.). Aucun de ces deux derniers Sous-Genres n'est représenté dans le Mio- cène du Sud-Ouest. 409. Arca biangulina d'Orb. PI. VII, fîg. 15-20 et fig. 24-25. 1825. Arca biangula Bast. Mém. env. Bord., p. 75 (non Lamk.). 1838. Arca Noae Grat Cat. zool. Gir., p. 60 (non Lin.). 1852. Arca biangulina d'Orb. Prod., III, p. 123, 26 e et., n n 2324. 1873. Arca Noœ Benoist. Cat. Saucats p. 63, no 171. 1909. — var. biangulina Dollf. Et. crit. coq. Bord., pi. II, fig. 8-10. Taille généralement grande; forme irrégulière, haute et convexe, oblongue-transverse, très inéquilatérale; côté anté- rieur trois fois plus court que le côté postérieur qui est tron- qué et même émarginé, bianguleux; bord palléal souvent échancré par une forte sinuosité byssale; crochets très écar- tés, peu incurvés, situés au quart de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale irrégulièrement bossuée, marquée d'une dépression plus ou moins profonde qui s'étend du cro- chet à la sinuosité byssale; région anale excavée, encadrée de deux angles rayonnants; ornementation composée — sur le dos — de costules rayonnantes, arrondies, entre lesquelles est intercalée une costule moitié plus fine; l'ensemble est treil- lissé par des lignes d'accroissements assez régulières qui y découpent de faibles aspérités; sur la région anale, il y a seu- lement quatre côtes larges et aplaties, avec deux ou trois costules très fines dans les interstices; sur la région buccale, les côtes s'élargissent aussi, mais il n'existe — comme sur le dos — qu'une costule intercalaire. Aire ligamentaire extrêmement haute, égalant presque — au droit du crochet — la distance comprise entre le bord car- dinal et le bord palléal; elle porte cinq chevrons dont les — 263 — branches se correspondent plus ou moins exactement sous un angle apical d'environ 90°; dents sériales fines et serrées, ininterrompues, obliques aux extrémités, verticales au milieu ou elles sont moitié plus courtes. Cavité umbonale ornée — au plafond — de plis parallèles au bord cardinal, et d'un sillon correspondant à la bissectrice des chevrons de l'aire ligamentaire; impressions musculaires subrectangulaires et inégales, la postérieure plus élargie ; impression palléale très voisine du bord qui n'est pas crénelé. Dm. Diam. a. -p. : 70 mill. ; diam. u.-p. : 40 mill. ; épaisseur d'une valve : 22 mill. (max.). Spéc. moyens : 45 sur 20 mill. R. D. — Cette espèce a été figurée pour la premièj^e fois dans le Mémoire de M. Dollfus, à l'occasion de la séparation d'A. Emiliœ, et cet auteur s'est borné à indiquer quelques différences dans l'ornementation des deux espèces. Mais elle n'a pas été comparée à A. Noœ dont elle se rapproche le plus et qui ne s'en distingue guère que par des chevrons plus enchevêtrés, par son extrémité antérieure plus acuminée, moins arrondie, par son extrémité anale moins échancrée. Les échantillons du Pliocène d'Italie constituent peut-être une muta- tion distincte, à laquelle s'appliquerait plutôt la dénomination pseudo-Noœ d'Orb. ; car l'ornementation de la surface dorsale comporte de fines cos tules écartées, entre lesquelles s'intercalent quatre ou cinq filets granu- leux (Castel Arquato, coll. Cossmann), tandis que les chevrons sont disposés à peu près comme ceux d'A. biangulina. A. biangula Lamk. a des côtes plus fines et plus écartées sur le dos, les crochets situés encore plus en avant et plus inclinés, les chevrons moins nombreux et plus inclinés. A. minuata Desh. a une ornementation tout à fait différente et des-crochets situés moins en avant. L'enchaînement de toutes ces formes se complète par A. Sandbergeri Desh., de l'Oligocène, qui est non moins distinct. Nous n'avons pas compris, dans notre synonymie les provenances du Bassin de Vienne ni celles du Piémont, au sujet desquelles nous n'avons d'autres documents que les figures des Monographies de Hœrnes et de Sacco; cependant nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) des spéci- mens de Grund qui — comme on le verra ci-après — constituent une forme bien distincte, à laquelle convient mieux la dénomination grundensis Mayer. Enfin les spécimens de Pontlevoy, que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) nous paraissent, par leur ornementation et par leurs chevrons, se rapprocher beaucoup plus de ceux de Castel Arquato que de la variété — 264 — taurocostulata Sacco, de l'Helvétien du Piémont (coll. Cossmann) : ni les uns ni les autres ne peuvent se confondre avec A. biangulina qui est — en résumé — une forme ancestrale bien définie. Localités. — Saucats (Peloua), plésiotypes (PI. VII, fig. 15-20), coll. Degrange-Touzin. Dax (Mandillot) coll. Degrange-Touzin; Saucats (Pont- Pourquey). Assez répandue dans la plupart des gisements, et générale- ment confondue dans les collections avec A. umbonata qui est d'un autre groupe. — Burdigalien. Léognan (le Thil), plésiotype (fig. 24-25), coll. de Sacy; coll. Bial- Neuville. Balizac, coll. Degrange-Touzin; Mérignac, toutes les coll. — Aifiiitaiiieii. Salles (le Minoy), rare, deux grandes valves opposées, coll. Benoist. — Helvétieii. 410. Arca grundensis Mayer. PL VII, fig. 21-23. . 1865. Arca umbonata Hœrn.Tert. Beck.Wien, II, p. 322, pi. XLII, fig. 1-3. 1898. Arca grundensis Mayer. in Sacco. Taille grande; forme oblongue, assez convexe, inéquila- térale; côté antérieur court et arrondi, côté postérieur très obliquement tronqué, non échancré; crochets écartés, quoique situés plus bas que la convexité maximum, vers le quart antérieur des valves. Aire ligamentaire scalène, portant de nombreux chevrons serrés, une dizaine de branches en avant, quinze à dix-huit en arrière, ne se correspondant pas exac- tement sous un angle apical de 90°, avec quelques zigzags irréguliers du côté anal, comme il en existe chez A. Noœ. Ornementation dimorphe, composée de costules écartées, bifi- des ou trifides, sur toute la région antérieure jusqu'au sinus byssal où elles se transforment subitement en sillons assez serrés et treillissés; sur la région anale et excavée, comprise entre deux angles rayonnants, il y a quatre ou cinq côtes larges et inégales, avec de fines stries rayonnantes. Charnière rectiligne comportant des dents sériales, épaisses et écartées aux extrémités, plus serrées et plus courtes au milieu. Bord palléal un peu festonné sur toute la région antérieure, fine- ment lacinié vers l'arrière. — 265 — Dm. Diam. a. -p. : 60 mill.; cliam. u.-p. : 30 miil.; épais- seur d'une valve : 13 mill. R. D. — La valve burdigalienne ci-dessus décrite ressemble identi- quement aux spécimens de Grund (coll. Cossmann) que Mayer a séparés avec raison à cause de leur ornementation bien différente et de leurs chevrons plus nombreux que ceux de l'espèce actuelle ; c'est un critérium constant auquel personne ne paraît avoir prêté une attention suffisante jusqu'à présent, et qui nous a permis de distinguer, à première vue, la valve de Cestas de toutes les A. burdigalina au milieu desquelles elle était mélangée. La seule hésitation que nous éprouvions provient de cette migration d'une race qui a vécu dans l'Europe centrale à une époque sensiblement ultérieure aux dépôts dans lesquels nous avons ici la sur- prise de la rencontrer, dans un seul gisement d'ailleurs. Loc. — Cestas, une valve gauche (PI. VII, fig. 21-25), coll. Bial-Neuville, une valve droite, coll. Duvergier; deux valves, coll. Cossmann; (pré Cazeaux), coll. de Sacy. — Burriitjalieii. 411. Arca Emilie© G. Dollfus. PL VII, fig. 26-29. 1873. Arca umbonata Benoist. Cat. Sauc. p. 63, n° 170 (non Lamk.). 1873. Arca Sandbergeri Benoist. Cat. Saucats (errata), non Desh. 1909. Arca Emilise G. Dollf. Et, crit. coq. foss. Bord., p. 17, pi. II, fig. 5-7. Taille moyenne ou assez grande; forme élevée, subtrapé- zoïdale, assez courte, très convexe; côté antérieur arrondi, égal aux deux septièmes environ du côté postérieur qui est obliquement tronqué; bord palléal sinueux au milieu, paral- lèle dans son ensemble au bord cardinal; crochets gonflés, un peu enroulés, à peine prosogyres, situés à peine au tiers de la longueur, du côté antérieur, au-dessus d'une aire ligamen- taire très large, plus haute au milieu que sous le crochet, presque entièrement lisse, sauf deux chevrons plus ou moins complets et fortement gravés sous le crochet; les branches font un angle apical de 80°. Ornementation composée de fines côtes rayonnantes, iné- gales, souvent alternées, subgranuleuses à l'intersection d'ac- croissements plus ou moins réguliers; région anale excavée entre deux angles arrondis, ornée d'une dizaine de costules un 17. — 26G — peu plus écartées que celles de la région dorsale, avec des filets beaucoup plus ténus dans leurs interstices; elles sont plus fortement festonnées par les accroissements. Charnière rectiligne, portant de nombreuses dents sériales, très serrées, à peine plus obliques aux extrémités qu'au milieu. Impressions musculaires subégales, semi-elliptiques, trans- verses, nettement distinctes du reste de la surface interne; impression palléale très rapprochée du bord qui est entière ment dépourvu de crénelures. Dim. Diam. a. -p. : 33 mill. ; diam. u.-p. : 21 mill.; épais- seur des deux valves réunies : 19 mill. R. D. — La séparation de cette espèce surtout aquitanienne est ample- ment justifiée : M. Dollfus a indiqué quelques bons caractères qui permet- tent de la reconnaître assez facilement : la sculpture plus fine, mieux réticulée; la forme plus haute, moins allongée, moins inéquilatérale, plus trapézoïdale; les crochets situés moins en avant, plus enroulés, tandis que le maximum de convexité des valves est — par suite — plus au milieu de leur longueur; à ces différences nous ajouterons un critérium très important chez toutes les espèces d'Arca s. str., le nombre et la disposition des chevrons de l'aire ligamentaire qui ne varient pas comme a paru le croire M. Dollfus : ici, ils sont au nombre de deux seulement, tout a fait sous les crochets, et il n'y en a aucune trace sur toute la portion anté- rieure de l'aire ligamentaire qui est entièrement lisse, tandis qu'on cons- tate l'existence de cicatrices « multivinculaires » chez A. biangalina, A. grundensis et en général chez toutes les formes du Groupe d'A. Noœ. Si on compare A. Emilise avec A. imbricata Brug. (= A. umbonata Lamk.) vivante aux Antilles, on trouve que cette dernière a une forme plus allon- gée, beaucoup plus inéquilatérale, avec un bord palléal plus convexe, quoique sinueux, et avec des côtes plus grossières sur la région anale; mais l'aire ligamentaire est chevronnée de la même manière, et c'est ce qui distingue principalement A. imbricata d'A. Noœ. D'après M. Dali, A. imbricata aurait vécu dans l'Oligocène (= Aquitanien) de la Floride; toutefois les spécimens de Tampa (coll. Cossmann) que nous avons sous les yeux, sont beaucoup plus finement ornés que la coquille des Antilles; ils ressemblent davantage — à ce point de vue — à A. Emilise, mais ils sont plus inéquilatéraux, et leur aire ligamentaire est plus étroite, quoi- que chevronnée de la même manière. Après comparaison avec un spécimen de A. imbricata var. monilis Michti (coll. Peyrot), provenant des collines de Turin, nous craignons bien qu'il y- ait identité et qu'il ne faille ultérieurement adopter le nom plus ancien - 267; — proposé par Michtti. L'espèce du Bordelais n'est pas absolument aquitan- nienne : elle existe à Mandillot, Maïnot, Peloua ; elle parait aussi avoir vécu en Touraine (coll. Peyrot), et enfin nous en avons vu de jeunes exemplaires de Salies. Néanmoins, avant de trancher définitivement la question, il convient d'attendre qu'une nouvelle vérification, faite sur des spécimer.s d'Italie absolument frais, ait permis de constater que l'aire ligamentaire — qui est un si précieux moyen d'identification des espèces à'Arca s. str. — se présente exactement avec la même disposition des chevrons chez A. Emilise et chez A. monilis. Dans la Méditerranée, nous avons encore A. tetragona Poli, qui est du même groupe, quoique ses chevrons soient déjà plus nombreux et plus symétriques, et quoique ses dents sériales soient plus grossières; l'orne- mentation à'A: tetragrona est d'ailleurs très différente, composée de côtes qui alternent avec une réelle régularité, traversées par des lignes d'accroissement plus serrées qui n'y découpent pas de granulations. En résumé, A. Emilise représente une mutation ancestrale d'A. imbricata, qui s'est subdivisée en deux espèces actuelles, celle de la mer des Antilles et celle de la Méditerranée, mais déjà avec un homologue contemporain dans l'Aquitanien de la Floride. Loc. — St-Avit, plésiotypes (PI. VII, fig. 26-29), coll. Duvergier. Léo- gnan (le Thil), toutes les coll. Mérignac (Baour), types originaux, St- Morillon, Martillac, Saucats (Lariey), coll. Degrange-Touzin; coll. Coss- mann. Peyrehorade (Peyrère), coll. Raulin. — Af|tiitanien- Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin, Dax (Maïnot), coll. Cossmann. — Btirtligalien. Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin; cinq petites valves fortement carénées et échancrées en arrière, avec une charnière assez grossière pour leur taille, un seul chevron coloré sur l'aréa ; mais elles ne sont pas assez adultes pour que nous les nommions. M. Degrange-Touzin (Et. prél. foss. Orthez, p. 410) les rapporte avec doute à A. imbricata Brug. — Helvétien. 412. Arca acaroides nov. sp. PL VII, fig. 30-33; et PL X, fig. 53. Taille assez petite; forme oblongue, étroite, médiocrement convexe, très inéquilatérale; côté antérieur acuminé, presque deux fois plus court que le côté postérieur qui est plus élargi et obliquement tronqué; bord palléal rectiligne ou un peu arqué, à peine, sinueux, non parallèle au bord cardinal, fai- — 268 — sant un angle arrondi avec la troncature anale; crochets sail- lants, pointus, incurvés et prosogyres, situés à peu près au tiers de la longueur, du côté antérieur. Aire ligamentaire assez haute, portant une seule branche de chevron, du côté postérieur; le reste est entièrement lisse. Surface dorsale déprimée ou presque plane au milieu; région anale largement excavée entre deux angles rayonnants; ornementation compo- sée de fines lamelles concentriques, crénelées par des sillons rayonnants, plus écartés en avant, de sorte que les festons des lamelles y sont plus développés; sur l'angle postérieur, les lamelles se relèvent en véritables tubulures imbriquées; la région anale porte cinq côtes rayonnantes, grossièrement gra- nuleuses à l'intersection des accroissements. Charnière presque linéaire, composée de dents assez obli- ques et écartées aux extrémités, droites et plus serrées au milieu; impressions musculaires bien gravées, très inégales, la postérieure presque deux fois plus grande que l'autre; impression palléale très rapprochée du bord qui est crénelé aux extrémités, lisse au milieu. Dim. Diam. a. -p. : 21 mil!.; diarn. u.-p. : 6, S mill. ; épais- seur d'une valve : 4 mill. R. D. — Si l'on ne regarde que la surface dorsale de cette coquille, on trouve qu'elle est ornée de la même manière que A. clathrata qui est un Acar; mais, en la retournant on s'aperçoit immédiatement que son aire ligamentaire a la même disposition que celle d'Arca s. str., c'est-à-dire dans un autre plan que la charnière, avec un seul chevron, tandis que les Acar ont des chevrons alignés sur un étroit espace et à peu près dans le même plan que la charnière; notre coquille n'appartient donc pas au même Genre qu'A, clathrata, et cependant elle s'écarte complètement des autres Arca par son ornementation, par ses bords à demi crénelés, par son unique cicatrice ligamentaire, etc., Ces caractères différentiels et constants à tout âge ne permettent pas de penser que A. acaroides repré- sente le jeune âge d'A. Emilise par exemple, qui est d'ailleurs beaucoup plus court, avec une aire ligamentaire plus large, munie de deux chevrons du côté précisément opposé. Ici encore nous nous trouvons en présence d'une de ces formes, des environs de Peyrère, qui doit provenir d'un gisement plus ancien que l'Helvétien, car on la retrouve dans l'Aquitanien des environs de Bordeaux. — 269 — Loc. — Peyrehorade (Peyrère), peu rare; cotypes (PI. VII, fig. 30-33), coll. Raulin. — Helvétien ? ? Villandraut (Gamachot), coll. Degrange-Touzin, valves népioniques. Mérignac, même coll. — Aquitanien. 413. Arca (Anadara) diluvii Lamk. PL VIII, fig. 3-6; et PL X, fig. 53. 1795. Arca antiquata Poli. Test. utr. Sic, II, p. 14C, pi. XXV, fig. 14-15 (non L.). 1814 — Brocchi. Conch. subapp., II, p. 477, pi. XI, fig. 2 (= didyma). 1819. Arca diluvii Lamk. An., s. vert., VI, p. 45. 1831. — Dub. Conch. Volh., p. 63, pi. VII, fig. 10-12. 1836. Arca antiquata Phil. Enum. Moll. Sic, I, p. 59, pi. V, fig. 2. 1836. Arca diluvii Goldf. Petref. Germ., II, p. 143, pi. CXXII, fig. 2. 1852. Arca subdiluvii d'Orb. Prod., III, p. 123, n° 232, 26 e et. 1865. Arca diluvii Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 333, pi. XLIV, fig. 3-4. 1881. Anomalocardia diluvii Font. Moll. plioc. Rbône, II, p. 164, pi. IX, fig. 20-22. 1891. Anadara diluviiB. D.D. Moll Rouss., II, p. 191, pi. XXXI, fig. 13-17. 1898. — Sacco. I Moll. terz. Piem., p. XXVI, p. 20. pi. IV, fig. 7-12. 1898. Anomalocardia diluvii Alm. etBof. Moll. plioc Catal., p. 124, pi. X, fig. 11-13. 1907. Arca diluvii Cer-Irell. Fauna mal., I, p. 115, pi. VIII, fig. 12-13. 1909. _ Dollf. et Cotter. Plioc. Tage, p. 53, pi. VI, fig. 7-8. Test épais et solide. Taille assez grande; forme subglobu- leuse., ovale, oblique, inéquilatérale ; côté antérieur en quart de cercle, plus atténué et plus court que le côté postérieur qui est également arrondi ; bord palléal arqué dans le prolon- gement des contours latéraux; crochets très gonflés, assez écartés, enroulés et prosogyres, situés vers le tiers de la lon- gueur, du côté antérieur. Aire ligamentaire très légèrement excavée, orthogonale avec le plan de commissure des valves, rainurée par trois chevrons sous un angle apical de 160°; le tracé de ces chevrons est souvent irrégulier et ils sont tra- versés par des lignes d'accroissement plus ou moins marquées. — 270 — Surface dorsale très convexe au milieu, faiblement excavée aux extrémités, la dépression anale n'étant pas distinctement limitée; ornementation composée — en moyenne — d'environ trente côtes (1) rayonnantes, très souvent plus larges que les interstices, ou au moins égales à ces interstices, plissées ou subgranuleuses à l'intersection des accroissements qui cloi- sonnent très régulièrement les interstices des côtes; celles-ci sont un peu plus écartées du côté anal. Bord cardinal rectiligne, plus court que le diamètre longi- tudinal des valves, présentant sensiblement la même largeur sur toute son étendue, garni de dents sériales très serrées, surtout au milieu, un peu plus écartées et plus obliques aux extrémités, mais ayant presque partout la même hauteur. Impressions musculaires très inégales, subquadrangulaires, l'antérieure plus petite et plus haut placée que la postérieure; impression palléale assez écartée du bord qui est grossiè- rement crénelé sur toute son étendue. Dim. a. -p. : 38 mill. ; diam. u.-p. : 30 mill. ; épaisseur d'une valve : 15 mill. R. D. — Les échantillons de Saubrigues sont identiques à ceux de Lapugy et de Voslau, de Biot ou de Cannes (coll. Cossraann), aux figures des Moll. du Roussillon, de la Monographie de M. Sacco, de sorte qu'il ne nous paraît pas douteux que c'est bien l'espèce méditerranéenne qui a vécu dans les Landes, à l'époque du Miocène supérieur. Une espèce aussi répandue et aussi commune comporte nécessairement de nombreuses variétés parmi lesquelles ont peut admettre notamment : Var. bollenensis Font, du Pliocène intérieur de Guffiage (coll. Cossmann), plus arrondie que le type; Var. pertransversa Sacco, de l'Helvétien de Colli-Torinesi (coll. Coss- mann), plus allongée et plus rectiligne que le type ; Var. subantiquata d'Orb.. de l'Astien de Monte-Mario (coll Cossmann), à côtes plus plates, d'une forme plus trapézoïdale ; etc. Pour les autres variétés dont nous n'avons pas de spécimens, on en trouvera la mention dans la Monographie de MM. Dollfus et Cotter, les figures dans celle de M. Sacco; il y a lieu de constater toutefois qu'elles (i) Le nombre des côtes peut varier de vingt-huit à trente-trois, selon l'état de conservation qui permet de les compter plus ou moins scrupuleusement. — 271 — s'écartent bien peu de la forme typique; mais nous n'en dirons pas autant à'A. latesulcdta Nyst, qui est une espèce bien distincte, autant que nous en pouvons juger d'après nos spécimens d'Edegbem (coll. Cossmann). Quant aux échantillons de Mutella, de l'Helvétien du Portugal (coll. Cossmann), ils ressemblent plutôt à A. helvetica ou à A. turonica. Nous avons aussi exclu de la synonymie la fig. 18 de la PI. XXXI des Moll. du Roussillon, qui représente A. corbuloides Monteros. et que l'on considère actuellement comme une espèce absolument distincte, proba- blement issue d'A. helvetica. On trouvera ci-après les rapports et différences avec les formes ances- trales de l'Helvétien, du Burdigalien et enfin de l'Aquitanien; mais nous pouvons — d'ores et déjà en ce qui concerne l'ornementation — insister sur ce que les côtes, dont le nombre est un peu variable, sont toujours plus larges, plus plates, moins saillantes et beaucoup moins granuleuses chez A. diluvii que chez A. turonica (= turoniensis). Loc. — Saubrigues, plésiotypes (PI. VIII, fig. 8-6), coll. Degrange- Touzin; individu valve (PI. X, fig. 53), coll. Bial-Neuville; toutes les coll. St-Jean-de-Marsacq, St-Martin-de-Hinx, coll. Degrange-Touzin. — Tortonien. St-Etienne-d'Orthe, coll. Degrange-Touzin, Bial-Neuville. Clermont (Landes), coll. Degrange-Touzin. Peyrère, coll. Raulin. Orthez (leParen), coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. 414. Arca (Anadara) turoniensis Dujardin em. (1). PL VIII, fig. 7-11. 1837. Arca turonica Duj. Mém. géol. Touraine, p. 57, pi. XVIII, fig. 16. 1852. - D'Orb. Prod., III, p. 123, 26° et., no 2316. 1865. — Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 332, pi. XLIV, fig. 2. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 64, n° 175. 1886. Anomalocardia turonica Dollf. Dautz. Et. prél. Tour., p. 7. 1896. Arca turonica Douxami. Tert. Dauph., p. 293, pi. IV, fig. 4. 1898. Anadara turonica Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVI, p. 24, pi. V, fig. 14. 1904. Anomalocardia turoniensis Dollf. Cott. Gom. Terr. tert. Port., pi. XXII, fig. 3-4. Test épais. Taille grande; forme trapézoïdale, très convexe, (1) Turonica signifie Turonien; M. Dollfus a donc eu raison de rétablir turo- niensis qui désigne la région de Touraine. — 272 — inéquilatérale ; côté antérieur arrondi, toujours plus atténué — à tout âge et beaucoup plus court — que le côté postérieur qui est obliquement tronqué et rectiligne, raccordé par un angle arrondi avec le bord palléal, très peu arqué, presque parallèle au bord cardinal; crochets très gonflés, incurvés et écartés, très peu prosogyres, situés au tiers de la longueur, du côté antérieur. Aire ligamentaire très élevée chez l'adulte, invariablement circonscrite par une profonde rainure en che- vron sous un angle apical d'environ 150°; la surface de ce triangle porte des chevrons irréguliers plutôt groupés vers le bord cardinal, et souvent ponctués par des lignes verticales qui représentent la trace obsolète de la croissance des dents sériales de la charnière, et qui sont très finement décussées par les lignes d'accroissement horizontales du bord cardinal; toute cette ornementation ne peut-être observée que sur les rares spécimens très fraîchement conservés. Surface dorsale bombée au milieu, largement excavée sur la région anale qui n'est cependant pas limitée par un angle net; ornementation composée de trente à trente-trois côtes rayonnantes, larges et aplaties jusqu'à une distance de 15 mill. du crochet, et à tout âge sur la dépression anale ; mais, sur le dos, elles se rétrécissent bientôt et deviennent égales aux larges sillons qui les séparent, en même temps qu'elles se cou- vrent de plis crénelés, subgranuleux même du côté buccal, tan- dis que les interstices sont finement cloisonnés par les accrois- sements; les larges côtes anales sont simplement festonnées par des accroissements sublamelleux, assez serrés vers le bord. Charnière très faiblement incurvée, beaucoup plus courte que la longueur des valves, munie de dents sériales serrées, assez longues et obliques aux extrémités, droites et encore plus serrées au milieu. Impressions musculaires, subquadran- gulaires, inégales, la postérieure presque de 50 °/ plus allon- gée; impression palléale assez écartée du bord auquel elle n'est pas absolument parallèle, plus rapprochée en arrière qu'en avant; fortes crénelures sur toute l'étendue de la commissure des valves. — 273 — Dim. Diam. a. -p. : 57 mi-11. ; diam. u.-p. : 40 mill. ; épais- seur d'une valve : 23 mill. R. D. — Cette espèce helvétienne se distingue très aisément de sa filiale A. diluvii par sa forme plus trapézoïdale, très sensiblement plus allongée, par sa région anale plus excavée, bien plus subitement déclive, et plus obliquement troncpiée, et surtout par son bord antérieur beaucoup moins arrondi; en outre, les côtes sont, si ce n'est plus nombreuses (car le nombre en est variable), du moins plus dimorphes que chez l'espèce lamarckienne ; enfin, il y a un critérium très important et très constant, qui parait avoir été jusqu'ici négligé par tous les auteurs qui se sont occu- pés d'A. turoniensis, c'est la disposition de Taire ligamentaire circonscrite par des rainures qui n'occupent pas la même position chez les deux espè- ces : chez A. turoniensis, la rainure circonscrivant antérieurement Taire ligamentaire coïncide à peu près avec l'angle limitant les côtes buccales, tandis que la rainure postérieure, est séparée de l'angle limitant les côtes anales par un espace lisse, large d'environ 2 mill. ; chez A. diluvii, on voit une disposition inverse, le premier chevron touche l'angle des côtes anales et n'atteint pas l'angle des côtes buccales; il en est de même chez A. Fichteli. Dans les jeunes exemplaires d'A. turoniensis et chez A. aqui- tanica, le premier cbevron est à peu près également distant des deux angles. En outre, les dents sériales ont laissé — sur toute la surface liga- mentaire ou plutôt sous Tépiderme — des traces de rainures verticales qui produisent des ponctuations sur les chevrons : il n'y a rien de sem- blable sur aucune des variétés d'A. diluvii. A. turoniensis paraît se restreindre à l'époque helvétienne, mais elle s'est étendue sur une aire très vaste, du centre de l'Europe au Portugal, avec peu de variations dans ses caractères. Loc. — Saucats (Cazenave), plésiotypes (PI. VIII, fig. 7-11), coll. de Sacy; (la Sime), coll. Cossmann (legit Benoist) ; Salles (Largileyre), rare; Escalans, coll. Degrange-Touzin ; coll. Bial-Neuville, Duvergier; Parle- boscq (la Guirande), coll. Duvergier. Commune. — Helvétien. 415. Arca (Anadara) turoniensis Dujardin; mut. aquitanica Mayer. PL VIII, fig. 12-16. ? 1825. Arca Breislaki Bast. Mém. env. Bord., p. 76, pi. V, fig. y. 1861. Arca aquitanica Mayer. Journ. Conch., IX, p. 362. R. D. — Mayer n'a indiqué d'autres différences — entre celte espèce et A. turonica, outre sa taille moitié plus petite — que sa forme moins — 274 — allongée, moins inéqnilatérale, médiocrement enflée, avec vingt-huit à trente côtes non dimorphes. L'aire ligamentaire est circonscrite comme celle d'A. turoniensis, seulement les trois autres chevrons sont équidis- tants; quant au bord cardinal, il est beaucoup plus étroit, plus rectiligne, et les dents sont plus fines, plus serrées aux extrémités, presque interrom- pues en arrière de l'aplomb du crochet; elles ne laissent pas de traces sous l'épiderme de l'aire ligamentaire. Enfin les crénelures de la commissure des valves sont moins régulières, celles de la région palléaie sont moins grossières et moins écartées que celles des extrémités, surtout sur la troncature anale où il n'en existe guère que quatre. Chez certains individus de Mérignac et de Léognan (Thibaudeau), les côtes sont en partie bifides vers les bords; comme on le verra plus loin, nous avons attribué un nom distinct à ces spécimens, attendu qu'ils pré- sentent d'autres caractères différentiels qu'un examen attentif permet de saisir. D'autre part, il nous a été impossible d'identifier A. Breislaki Bast. dont les figures correspondaient, l'une (vue externe) à A. aquitanica, l'autre (vue interne) à la même espèce (A. Daneyi) dont il vient d'être question. Basterot indique son fossile comme provenant de Dax, gisement où l'on trouve A. aquitanica. Dim. Diam. a. -p. : 37 mill. ; diam. u.-p. : 26 mill.; épaisseur d'une valve ; 13 mill. Loc— Villandraut (Gamachot), plésiotypes (PI. VIII, fig. 12-16), coll. Degrange-Touzin; toutes les coll. St-Avit, coll. Cossmann, gisement indiqué par Mayer. Mérignac (Baour), Pessac, coll. Duvergier. Uzeste, Bazas (St-Vivien), Noaillan (La Saubotte), coll. Degrange-Touzin. — Aquifanieii. Dax (Maïnot, Mandillot), mêmes coll. — Burdigalîeii. 416. Ârca (Anadara) cardiiformis Basterot. PI. VIII, fig. 17-21. 1825. Arca cardiiformis Bast. Mém. env. Bord., p. 76, pi. V, fig. 7 (non Sow. 1833). 1836. — Grat. Cat. zool. Gir., p. 60. 1852. — d'Orb. Prod., III, p. 123, 26 et., n° 2320. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 64, n° 176. Test épais. Taille moyenne; forme très globuleuse, élevée et subtrigone, inéquilatérale ; côté antérieur court, arrondi en quart de cercle; côté postérieur plus long, plus atténué, déclive et oblique, raccordé par un angle arrondi avec le -_ 275 — contour palléal qui est presque rectiligne; crochets très gon- flés, incurvés, à peine prosogyres, peu écartés, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur. Aire liga- mentaire très haute, faisant un angle de 120° avec le plan de commissure des valves, circonscrite par une profonde rainure en chevron, qui coïncide presque avec l'angle limitant la sur- face externe; sept ou huit autres chevrons équidistants, sous un angle apical de 130°, occupent l'aire qui n'est pas complè- tement plane. Surface dorsale extrêmement bombée, fortement déprimée sur les flancs, surtout à l'arrière, ornée de vingt-six côtes rayonnantes, un peu plus larges que leurs interstices, créne- lées par les accroissements qui ne produisent pas de cloisons dans les intervalles; sur la dépression anale, ces côtes s'écar- tent et sont plus lisses. Bord cardinal occupant un peu plus de la moitié de la lon- gueur des valves, muni de fines dents sur toute sa hauteur; elles sont presque partout verticales, à peine obliques du côté postérieur. Impressions musculaires inégales; impression pal- léale écartée du bord grossièrement crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 26 mill. ; diam. u.-p. : 23 mill. ; épais- seur des deux valves réunies : 24 mill. R. D. — Il n'y a aucune difficulté à distinguer A. cardiiformis de ses congénères à cause de sa forme courte et élevée, particulièrement globu- leuse; ses côtes sont plus granuleuses que celles de la plupart des Ana- dara du Sud-Ouest, son bord cardinal est relativement peu allongé, et son aire ligamentaire est très élevée, munie d'un grand nombre de chevrons, circonscrite par des rainures comme chez A. turoniensis; elle est surtout caractérisée par l'inclinaison de cette aire, par rapport au plan de com- missure des valves; non seulement l'aire n'est pas orthogonale, mais elle n'est pas plane, elle s'incurve vers les crochets, de sorte que ceux-ci ne sont pas aussi écartés que chez les autres espèces, quand les valves sont réunies. Nous n'avons pas compris — comme l'a fait Benoist — dans la syno- nymie ci-dessus les provenances du Bassin de Vienne, attendu que les figures de l'Atlas de Hœrnes représentent une coquille plus arrondie que celle de l'Aquitaine; cette différence n'avait pas échappé à Mayer qui a séparé l'espèce viennoise sous le nom moltensis, ainsi que l'a rappelé _ 276 — M. Sacco (loc. cit., p. 24). Nous n'en sommes d'ailleurs nullement surpris, puisque A. cardiiformis caractérise surtout l'Aquitanien, c'est-à-dire un niveau bien inférieur à ceux du Bassin de Vienne. Loc. — Mérignac plésiotypes (PI. VIII, fig. 17-19), coll. Cossmann ; Bazas (St-Côme), spécimen valve (fig. 20-21), coll. de Sacy; Mérignac (Baour), Saucats (Lariey, Bernachon, route du Son); St-Morillon, St-Avit, Caze- neuve. Villandraut (M in deFortis), Pessac (Lorient), commune. Mérignac (Pontic), rare. — Aquitaiiien. Saucats (Peloua), assez rare. — Hurdigalien. 417. Arca (Anadara) Fichteli Desh. PL VIII, fig. 26-30; et PL X, fig. 62. 1780. « Bastartache » Fichtel. Verst. Siebenb., p. 42, pi. IV, fig. 5. • 1847. Arca diluvii Hauer. Foss. Korod, p. 353 (non Lamk.). 1850. Arca idonea Hœrn. Jahrb. K. K. geol. Rcichs., p. 668 (non Conr.). 1850. Arca Fichteli Desh. Traité élém. Conch., II, p. 360. 1857. Arca helvetica Mayer. Joum. Conch., VI, p. 183, pi. XIV, fig. 1. 1864. Arca Fichteli Mayer. Tert. Azoren, p. 35. 1865. » Hœrh. Tert. Beck. Wien, II, p. 329, pi. XLIII, fig. 1-2; Pi. XLIV, fig. 1. 1868. Arca helvetica Mayer. Cat. tert. Mus. Zurich, p. 20. 1873. Arca Fichteli Benoist. Cat. Saucats, p. 64, n° 174. 1894. Arca helvetica Degr.-Touz. Et. prélim. coq. Orthez, p. 411. 1898. Arca Fichteli Sacco. I Moll. terz. Piem., p. 23, pi. V, fig. 2-4. Test très épais. Taille très grande; forme très convexe, semi-elliptique, peu inéquilatérale ; côté antérieur en quart de cercle, à peine plus court que le côté postérieur qui est plus étroitement atténué; bord palléal très convexe au milieu, moins arqué en arrière; crochets très gonflés, obliquement enroulés et prosogyres, très écartés, situés presque au milieu de la longueur des valves. Aire ligamentaire très élevée, pres- que aussi longue que la coquille, circonscrite par une rainure en courbe qui ne coïncide pas avec l'angle limitant la surface dorsale, mais il y a deux ou trois fois plus d'écart en avant qu'en arrière; sept ou huit chevrons équidistants, irréguliè- rement ouverts au sommet, croisés par la trace très fine de l'accroissement des dents sériales. — 277 — Surface dorsale extrêmement bombée au milieu, à peine déprimée aux extrémités, ornée de trente-quatre côtes rayon- nantes, aplaties, à peine supérieures à leurs interstices, fine- ment crénelées par les accroissements qui ne produisent pas de cloisons dans les intervalles; sur la région anale, les côtes sont un peu plus écartées et moins saillantes. Bord cardinal rectiligne, à peine plus court que la longueur de la valve ; dents sériales nombreuses, très fines au milieu, plus écartées aux extrémités, plus longues et plus obliques du côté anal. Impressions musculaires subquadrangulaires, peu inégales; impression palléale un peu plus écartée au milieu qu'aux extrémités; bord palléal grossièrement crénelé. Dm, Diam. a. -p. : 75 mill. ; diam. u.-p. : 50 mill.; épais- seur d'une valve : 30 milb. R. D. — Nos échantillons du Sud-Ouest ont exactement les proportions, l'ornementation et l'aire ligamentaire des spécimens du Bassin de Vienne, tels qu'ils sont figurés sur l'Atlas d'Hœrnes; il n'y a donc aucun doute au sujet de la réunion — que Benoist a opérée — d'A. Fichteli et d'A. helvetica ; M. Sacco est d'ailleurs du même avis, seulement il y a distingué des varié- tés rotunclatior, elongatior, abbreviata, qui ne diffèrent pas sensiblement de la forme typique, et qui proviennent d'ailleurs toutes du même niveau helvétien. A. Fichteli se distingue, à première vue, d'A diluvii et d'A. tiironiensis par sa forme presque équilatérale, par ses crochets plus médians, par ses côtes nombreuses et par ses chevrons plus multipliés. Cette espèce a eu une grande extension géographique : depuis les confins orientaux de la Hongrie jusqu'au Portugal (Cacella, coll. Cossmann). Hœrnes l'avait même d'abord confondue avec A. idonea Conrad, du Mio- cène du Maryland; mais, d'après la comparaison de nos spécimens (coll. Cossmann), celle-ci est une coquille beaucoup plus rhomboïdale et plus courte, avec deux chevrons seulement sur l'aire ligamentaire, et ornée de trente côtes qui deviennent bifides sur la région antérieure. Loc. — Salles (Largileyre) plésiotype valve gaucbe (PI. VIII, fig. 26-28) , (leMinoy); valve droite (fig 29-30), coll. Degrange-Touzin; toutes les coll. Saucats (Cazenave), coll. Cossmann, Sallespisse, toutes les coll. Orthez (le Paren), coll. Degrange-Touzin, coll. Bial-Neuville. — 278.— 418. Arca (Anadara) Fichteli Desh. ; mut. cestasensis nov. mut. PL VIII, fig. 31-32. R. D. — On trouve dans le Burdigalien supérieur de Cestas une Ana- dara qui ne diffère d'A. Fichteli que par sa forme moins gonflée, beaucoup plus inéquilatérale, le crochet étant situé au tiers de la longueur, du côté antérieur; le bombement du bord palléal est aussi placé plus en avant; le nombre des côtes est le même, mais elles sont un peu plus larges et plus aplaties, avec quelques cloisons dans les interstices en avant; un individu gérontique (coll. de Sacy) ne porte pas moins de dix chevrons sur l'aire ligamentaire; la ligne palléale est très écartée du bord, surtout en avant. Il résulte de toutes ces différences cumulées que l'on est ici en présence d'une mutation bien définie et ancestrale, à laquelle il convient évidem- ment de donner un nom distinct. ^L'impression du muscle antérieur est un peu ovale, celle du muscle postérieur est plus grande et nettement quadrangulaire. Tout récemment, M. Schaffer (1910, Biv. des Mioc. v. Eggenburg, p. 56, pi. XXVI) a distingué un certain nombre de variétés hongroises de cette espèce [grandis, planata Schaff., abbreviata, rotundatior Saccô), dont aucune ne répond exactement à nos spécimens d'Aquilaine. L'aire ligamentaire n'est d'ailleurs figurée que sur A. grandis qui est infiniment plus globu- leuse que nos échantillons de Cestas et de Salles. Dm. Diam. a. -p. : 80 mill. ; diam. u.-p. : 52 mill.; épais- seur d'une valve : 2,8 mill. Loc— C stas, type (PI VIII, fig. 31-32), coll. Cossmann; toutes les coll. 418. Arca (Anadara) girondica Mayer. PI. VII, fig. 34-37; et PI. VIII, fig. 1-2. 1825. Arca diluvii Bast. Mém. Env. Bord., p. 76 (non Lamk.). 1868. Arca girondica May. Cat. Mus. Zurich, III, pp. 18,72 (jmrs). 1878. Arca diluvii Benoist. Cat. Saucats, p, 65, n ( > 177 (non Lamk.). Test médiocrement épais. Taille moyenne; forme oblongue, assez convexe, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, plus large et plus court que le côté postérieur qui est obliquement tronqué vers le haut et ovalement atténué vers la jonction — 279 — " avec le bord palléal plus arqué en avant qu'en arrière ; cro- chets gonflés, saillants, assez écartés, prosogyres, situés aux trois huitièmes environ de la longueur des valves. Surface dorsale bombée au milieu, faiblement déprimée sur la région anale, ornée partout de vingt-six à vingt-huit côtes, égales ou même parfois inférieures à la largeur de leurs interstices, plissées plutôt que crénelées par les accroissements, surtout du côté buccal, de même que les interstices; elles s'écartent et s'amincissent encore davantage sur la région anale. Aire ligamentaire plane, presque orthogonale par rapport au plan de commissure des valves, circonscrite par un angle obsolète qui ne coïncide pas avec le premier chevron; trois ou quatre chevrons assez réguliers, ne formant pas toujours un angle bien net sous le crochet. Bord cardinal mince au milieu, plus élargi aux extrémités; dents sériâtes nombreuses et ser- rées, n'occupant pas toute la hauteur du plateau cardinal, obliques aux extrémités, très courtes et droites, au milieu. Impressions musculaires quadrangulaires, la postérieure plus grande ; ligne palléale un peu écartée du bord grossièrement cré- nelé, les crénelures beaucoup plus allongées sur le contour anal. Dim. Diam. a. -p. : 43 mill. ; diam. u.-p. : 25 mill.; épais- seur d'une valve : 11 mill. R. D. — La description de Mayer semble s'appliquer à un ensemble assez complexe de formes; il signale, en outre, sans les caractériser autrement que par leur appellation, les var. laticosta et brevis; de plus, les localités qu'il indique appartiennent à toute la série des étages compris entre l'Aquitanien et le Tortonien ! Comme, d'autre part, l'espèce n'a jamais encore été figurée, il y a quelque incertitude dans le choix de la forme typique. Nous éliminerons d'abord les spécimens à côtes bifides, comparés par Mayer à A. sulcicosta Nyst, et dont nous faisons ci-après A. Danerji; elle est surtout abondante dans le Burdigalien inférieur; nous pensons que les formes de l'Helvétien et du Tortonien doivent être écar- tées; il reste la forme, si commune dans le Burdigalien moyen de Léognan et du vallon de Saucats, que — conformément à la tradition des paléonto- logistes bordelais — nous considérerons comme néotype de A. girondica. Elle est caractérisée par le petit nombre de ses côtes rayonnantes écar- tées et non" bifides, par sa troncature anale très oblique, par ses chevrons plus nombreux et- plus ouverts que ceux de A. dihtvii, qui a une forme — 280 — plus globuleuse et plus arrondie. Il n'y a donc aucun doute sur la distinc- tion des deux espèces. D'ailleurs Benoist — qui rapportait d'abord les spécimens du Bordelais à A. diluvii — avait adopté plus lard le nom A. girondica sous lequel il avait envoyé à l'un de nous les spécimens que nous choisissons comme néotypes de l'espèce en question. Nous n'avons pas compris dans la synonymie de cette espèce — comme l'avait fait à tort Benoist — les provenances du Bassin de "Vienne, ni celles du Bassin du Rhône, qui se rapprochent beaucoup plus du véritable A. diluvii ou d'A. turonica, ainsi que nous avons pu le constater sur nos spécimens de Lapugy et des environs de Bollène (coll. Cossmann). Enfin, contrairement à ce qu'a avancé M. Dollfus (Plioc. Tage, p. 53), le nom subdiluvii d'Orb. ne s'applique pas aux provenances du Bordelais qui ne sont citées qu'en dernière ligne, mais à celles du Piémont. Loc. — Saucats (M in de Lagus), valve droite, Léognan (Coquillat), valve gauche, néotypes (PI. VIII, fig. 34-37), coll. Cossmann; toutes les coll. — Burdicjalien. 420. Ârca (Anadara) Daneyi (1) nov. sp. PL VIII, fig. 22-25. 1868. Arca girondica May. C a t. Mus Zurich, p. 18-72 (pars). 1899. Arca {Anadara) cf.. girondica Degr.-Touz. Gisement des Eyquems {A. S. L. £., LUI), p. 199. 1899. Arca girondica Neuville. Faune fal. Eyquems (A. S. L. B., LIII\ p. 210 (non May.). Test assez épais. Taille moyenne; forme oblongue, convexe, inéquïlatérale ; côté antérieur arrondi, à peu près aussi large, mais plus court que le côté postérieur qui est faiblement tronqué et atténué ovalement vers sa jonction avec le bord palléal; celui-ci est arqué et régulièrement raccordé avec les contours latéraux; crochets assez fortement gonflés, saillants, prosogyres, assez écartés, situés à peu près au tiers antérieur de la longueur des valves. Surface dorsale bombée au milieu, s'atténuant régulièrement vers les bords latéraux sans qu'il existe de véritable arête limitant la région anale, ornée de vingt-huit côtes quadrangulaires, aplaties, plus larges que (i) Dédiée à M. Daney, l'aimable propriétaire du gisement du Pontic, à Mérignac. — 281 — leurs interstices, les cinq ou six côtes anales un peu moins sail- lantes que les autres; toutes sont à peu près lisses, excepté dans la région umbonale où l'on voit sur quelques échantil- lons des granulations transverses, rapprochées et peu sail- lantes; un sillon peu profond divise toutes les Côtes buccales et médianes dans le sens de leur longueur, du bord palléal jusqu'à une distance variable du crochet, en général jusqu'au milieu de la valve. Aire ligamentaire peu excavée, pas très large, presque orthogonale par rapport au plan de commissure des valves, circonscrite par un angle qui, en avant, ne coïncide pas avec le premier chevron; quatre ou cinq chevrons réguliers, à branches parfois ondulées. Bord cardinal rectiligne, mince au milieu, un peu large à ses extrémités; dents sériales nom- breuses et serrées, très petites et verticales au milieu, plus grandes, un peu inclinées vers les extrémités. Impressions musculaires inégales, l'antérieure arrondie, la postérieure plus grande et subquadrangulaire. Ligne palléale écartée du bord qui est grossièrement crénelé, les crénelures croissant un peu du bord buccal, jusqu'au bord anal. Dim. Diam. a. -p. : 33 mill.; diam. u.-p. : 22,5 mill. R. D. — Cette Arche — rapprochée par les auteurs précités d'A. giron- dica — en diffère assez pour que nous n'hésitions pas à l'en séparer. Elle n'atteint d'abord jamais la taille d A. girondica; elle est notablement plus bombée, un peu plus inéquilatérale, ses crochets sont bien plus gonflés; elle en diffère encore par ses côtes plus larges, plus rapprochées, bifides, et par le galbe de ses contours plus arqués qui se rapproche davantage de celui de A. diluvii, mais cette dernière est plus haute; l'aire ligamen- taire de A. Daneyi est disposée comme celle d'A. girondica. On ne peut pas d'autre part confondre A. Daneyi avec A. aquitanica dont elle a à peu près la taille. Elle est en effet constamment plus allongée, plus inéquilatérale, son bord antérieur et surtout son bord postérieur sont beaucoup plus arrondis que chez A. aquitanica, son bord palléal est beaucoup plus arqué, enfin sa surface externe régulièrement bombée ne présente pas l'arête, obtuse il est vrai, qui limite, chez A. aquitanica, la région anale. Le sillon qui divise longitudinalement les côtes permettra de séparer cette Anadara de toutes les autres. Par son extrême abondance elle caractérise les gise- ments du Burdigalien inférieur de Thibaudeau (Léognan) et du Pontic Tome LXVI. 18 - 282 — (Mérignac). C'est très vraisemblablement la forme ancestrale de A. giron- dica qui se développe ensuite dans le Burdigalien moyen. Mayer confondait d'ailleurs sous ce vocable plusieurs formes différentes. Il comparait les spécimens à côtes bifides à A. sulcicosta Nyst. ; il leur aurait même donné le nom de l'espèce belge s'il ne l"avait trouvé « mal formé et pas même émendable ». A notre avis, les deux espèces sont bien distinctes : A. Danexji a l'aire ligamentaire plus large, la cbarnière plus étroite, le côté antérieur plus long, le bord cardinal plus arrondi, moins brusquement tronqué, et les côtes plus granuleuses. Loc. — Mérignac (Pontic), coll. Peyrot (PI. VIII, fig. 22-25), toutes les coll. Léognan (Thibaudeau), coll. Degrange-Touzin. St-Médard (La Fon- taine), coll. Duvergier; commune. — Burdigalien inférieur. 421. Arca (Anadara) Okeni Mayer. PL IX, fig. 5-7. 1853. Arca Okeni Mayer. Cat. foss. Molasse (Bull. Soc. Nat Berne). 1857. — Mayer. Journ. Conclu, VI, p. 185, pi. XIV, fig. 7-8. 1868. — Mayer. Cat. Mus. Zurich, III, pp. 13, 167. Test peu épais. Taille au-dessous de la moyeune; forme subtrigone y compris le crochet, trapézoïdale au-dessous de l'aire ligamentaire, inéquilatérale et gibbeuse; côté antérieur court et arrondi, côté postérieur très obliquement tronqué, raccordé par un angle arrondi avec le contour palléal qui est faiblement arqué et presque parallèle au bord cardinal; cro- chet gonflé, recourbé, un peu prosogyre, situé aux deux cin- quièmes de la longueur de la valve, du côté antérieur. Aire ligamentaire médiocrement large, circonscrite en avant par le bord caréné de la surface buccale, en arrière par un chevron obsolète qui est séparé par un espace lisse du bord postéro- supérieur; elle est couverte de sillons verticaux, très profonds en avant, un peu effacés en arrière, correspondant aux dents sériales, tandis que les arêtes de même longueur qui les sépa- rent correspondent aux fossettes des dents de la valve opposée. Surface dorsale peu bombée en avant et au milieu, gibbeuse en arrière où un angle rayonnant, arrondi et incurvé, limite la région anale et aplatie; ornementation composée de côtes aplaties, beaucoup plus serrées et plus étroites en avant qu'en — 283 — arrière, dans les intervalles desquelles on distingue partout des costules beaucoup plus fines qui remplissent les inter- valles, de sorte qu'il ne reste que de fins sillons séparatifs; des lignes d'accroissement très serrées produisent sur ces sil- lons des ponctuations qui ne sont guère visibles que sur les places où le test n'est pas usé — ce qui est rare. Charnière étroite, arquée; dents sériales relativement peu nombreuses, à peine obliques aux extrémités, minuscules au milieu, occupant tout le plateau cardinal. Impressions musculaires inégales, la postérieure plus grande, subquadrangulaire; impression palléale écartée du bord qui ne porte de crénelures — ou festons obsolètes — que du côté postérieur. Dm. Diam. a. -p. : 20 mill, ; diam. u.-p. : 13 mill. ; épais- seur d'une valve : 6,5 mill. R D. — Cette singulière coquille a tout à fait la forme d'une énorme Trinacria; mais son ornementation, ses crénelures palléales à l'arrière, et surtout la disposition de son aire ligamentaire — absolument dépourvue de fossette centrale, et seulement marquée de sillons verticaux — ne permettent pas de la rapprocher des Limopsidœ : en réalité, c'est un Ana- clara dont l'ontogénie des dents sériales a persisté — d'une manière plus visible que chez les autres espèces — au détriment des chevrons ligamen- taires; on commence déjà à apercevoir ces traces d'accroissement des dents sériales chez A. turoniensis, de sorte que le classement générique à' A. Okeni n'est pas douteux. Toutefois l'espèce de Mayer se distingue de toutes les au'res par sa forme gibbeuse, ainsi que son ornementation com- posée de sillons alternés. 11 est très probable que c'est aux jeunes spécimens de cette espèce que doit être attribuée la dénomination A. subscapulina d'Orb. (= A scapulina Bast , non Lamk.), attendu que ces individus népioniques ont une réelle analogie avec l'espèce parisienne, quoique moins inéquilatéraux cependant. A. Okeni paraît s'éteindre dans l'Helvétien inférieur; on la trouve dans les faluns de la Touraine (coll. Peyrot, legit Mayer), tandis que nos cou- ches helvétiennes du Sud-Ouest — qui appartiennent à un horizon supé- rieur — n'en ont fourni, jusqu'à présent du moins, aucun exemplaire. D"après Mayer, A. Okeni existerait encore dans les « mers actuelles ». L'assertion est d'autant plus difficile à vérifier que cet auteur n'indique aucun habitat précis — Il est vraisemblable de penser qu'il s'agit de quel- qu'une des variétés de A. incrassata Brug. — 284 — Loc. — Pessac (Lorient), peu commune; plésiotype (PI. IX, fig. 5-7), coll. de Sacy; Léognan (le Thil), coll. Bial-Neuville, Degrange-Touzin; St-Morillon, St-Selve (Raton-Durand), même coll. — Aquitanien. Dax (Mandillot), deux valves opposées, coll. Degrange-Touzin. Saucats (Capet) fide Mayer. Burdigalien. 422. Arca (Pectinatarca) burdigalina Mayer. PI. X, fig. 41-44. 1861. Arca burdigalina Mayer. Journ. Conch., IX, p. 367, pi. XV, fig. 4. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 65, n° 180. Taille petite; forme oblongue, subrhomboïdale, convexe; inéquilatérale, côté antérieur en quart de cercle, un peu plus court et plus atténué que le côté postérieur qui est largement arrondi; l'un et l'autre font un angle avec le bord cardinal, 90° du côté antérieur, 130° du côté postérieur; bord palléal légèrement oblique, un peu sinueux au milieu, raccordé par des arcs réguliers dans le prolongement des contours laté- raux; crochets petits, peu gonflés, prosogyres, peu écartés, situés à peu près au tiers de la longueur, du côté antérieur. Aréa ligamentaire assez étroite, aussi longue que la coquille, scalène, plus large en avant qu'en arrière du crochet, entiè- rement lisse, sauf une rainure oblique entre le crochet et l'extrémité postérieure. Surface dorsale assez bombée au milieu, sauf une dépres- sion rayonnant du crochet vers le bord palléal; région anale un peu excavée vers le bord, non limitée par un angle; orne- mentation composée d'environ trente-cinq côtes rayonnantes, plates, un peu plus larges que leurs interstices, surtout sur la région anale; elles sont croisées par des lignes d'accrois- sement généralement effacées par l'usure du test, qui forment des cloisons peu visibles dans les interstices. Plateau cardinal étroit, presque rectiligne sur son contour inférieur, muni de dents sériales, nombreuses et serrées, peu obliques aux extrémités, occupant toute la hauteur du plateau, sauf une étroite bande le long du bord supérieur. Surface — 285 — interne finement rayonnée. Impressions musculaires rhom- boïdales ou quadrangulaires, inégales, l'antérieure plus petite; impression palléale écartée du bord qui est finement crénelé sur la sinuosité médiane, plus grossièrement aux extrémités, surtout à l'arrière. Dim. Diam. a. -p. : 8 tnill. ; diam. u.-p. : 4 ihill. R D. — Celte petite espèce se distingue sans difficulté d'A. pectinata B;\, par sa petite taille, par sa forme plus étroite et moins oblique, par sa profonde dépression médiane, par son aire ligamentaire plus étroite en arrière et presque lisse ; elle a, en outre, plus de côtes rayonnantes, moins larges, et les sillons qui les séparent sont moins étroits. 11 n'est pas possible de le confondre avec aucun des Anadara du Sud- Ouest qui sont tous plus élevés et dont l'aréa ligamentaire est hien différente. Loc. — Saucats (Giraudeau), plésiotypes (PI. X, fig. 41-41-), coll. Coss- mann (don de Benois ). Léognan, la plupart des coll. Saucats (Peloua, Pont-Pourquey, Lacassagne, Lagus, Gieux). Dax (Cabannes), coll. Bial- Neuville. — JSurdîjfalieii. St-Avit, coll. Degrange-Touzin. — Aquitaiiien. 423. Ârca (Pectinatarca) bearnensis, nov. sp. (1). Taille assez petite; forme étroite, allongée, peu convexe, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, atténué, au moins deux fois plus court que le côté postérieur qui est élargi, oblique- ment rectiligne vers le haut; bord palléal à peu près rectili- gne au milieu, raccordé par des arcs de cercle très inégaux avec les contours latéraux; crochets petits, peu gonflés, proso- gyres, assez rapprochés, situés presque au quart de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur rectiligne, fai- sant un angle de 120° avec le contour buccal, et de 165° environ avec le contour anal. Aire ligamentaire très étroite, à peine élargie en avant du crochet, d'une longueur égale aux deux tiers de celle des valves, lisse en apparence. (1) Les figures de celte espèce ont été omises sur les planches de la présente livraison ; elles seront publiées en même temps que le Supplément, à la fin des Pélécypodes. — 286 — Surface dorsale déprimée au milieu, excavée sur la région anale, ornée de nombrenses côtes rayonnantes et aplaties, que séparent d'étroites rainures au fond desquelles on distingue de fines cloisons transversales, formées par des lamelles d'ac- croissement peu serrées ; ces côtes sont plus écartées et plus étroites sur la région buccale, plus larges et peu écartées sur la région anale. Plateau cardinal très étroit, à peine arqué sur son contour inférieur, muni de très petites dents sériales et serrées, qui sont un peu obliques vers les extrémités, surtout en avant, avec une faible interruption ou atténuation vis-à-vis du cro- chet; elles occupent au milieu toute la hauteur du plateau, mais vers les extrémités, elles laissent au-dessus d'elles un un espace libre assez large. Surface interne obtusément rayon- née, sauf sur les impressions musculaires qui sont inégales et subtrigones ; impression palléale écartée du bord qui est for- tement crénelé par des dentelons bifides. Dim. Diam. a. -p. : 9 mill. ; diam. u.-p. : 4 mill. R. D. — Cette mutation de l'espèce précédente est constamment plus allongée et plus inéquilatérale ; ses côtes sont plus larges et plus aplaties, il est donc facile de distinguer au premier coup d'œil A. bearnensis d'A. burdigalina, même quand on fait abstraction de la différence des gise- ments. Hœrnes a attribué le nom Breislaki à un Pectinatarca qui est beau- coup plus ovale que notre espèce et qui — d'après la figure paraît avoir une aire ligamentaire plus large et chevronnée; or nous avons eu l'occa- sion d'expliquer déjà que A. Breislaki Bast. est une mauvaise espèce repré- sentée par des figures qui ne concordent pas entre elles, et qu'il est à peu près impossible de l'identifier avec certitude; en tous cas, on ne peut y rapporter A. bearnensis. Loc. — Sallespisse, peu rare, coll. Cossmann. — Helvétien. BARBATIA Gray, 1840. (= Calloarca Gray, 1857). Coquille velue, inéquilatérale, généralement peu bombée, byssitère, ornée de fines côtes rayonnantes; aire ligamentaire relativement peu élevée, située à peu près dans le même plan — 287 — que la commissure des valves, couverte de chevrons serrées à branches très inégales, sous un angle apical très ouvert; dents sériales fines au milieu, obliques ^^^ ^^^^^=^^=^=~ ~ D aux extrémités, ^/jTlïî^~ souvent interrom- pues en arrière des Fig. 13, — Barbatia barbata Lin. Viv. crochets, impres- sions musculaires peu inégales; bord palléal souvent festonné très finement (G. -T. : A. barbata L. Viv.). Ce Genre représente Arca qui aurait subi un effort de pression ou d'écrasement suffisant pour rapprocher les crochets et aplatir l'aréa dans le même plan que la commissure des valves; la charnière est un peu arquée, comme celle d'Anadara, mais les dents sériales sont encore plus divergentes aux extrémités, les dernières deviennent même presque horizontales, quoique en restant encore courtes, ce qui distingue Barbatia de son ancêtre Beushausenia (== Macrodon Lyc.) qui a les dents longues et parallèles au bord, mais l'existence de Barbatia n'a été constatée avec certitude qu'à la fin de la période crétacique. On a distingué de nombreuses Sections qui ne sont guère caractérisée que par leur ornementation ou par leur forme un peu anormale ; nous les énumérons ci-après : Sect. Obliquarca Sacco, 1898. — Forme très inéquilatérale, souvent gibbeuse en arrière; aréa aplatie, élargie aux dépens du plateau cardinal qui ne porte que deux séries — écartées et interrompues — de dents très inclinées aux deux extré- mités, tandis que les chevrons nombreux et serrés empiètent au milieu (G. -T. : A. modioliformis Desh. Eoc. inf.). Cette Section très répandue dans l'Eocène, depuis la base, s'est perpé- tuée dans le Néogène; il est probable qu'il en existe, dans les mers actuelles, des représentants que l'on a confondus avec Barbatia s. str., les différences étant difficiles à saisir. Sect. Litharca Gray, 1840. — • Coquille cunéiforme, allon- gée, carénée en avant; surface treillissée, bord ventral un peu bâillant; aréa très étroite (G. -T. : L. lithodomus Gray, Viv. Non connue à l'état fossile). — 288 — Sect. Acar Gray, 1847. — Surface grossièrement cancellée, carénée sur la région anale; aréa ligamentaire un peu incli- née, chevronnée en arrière, souvent lisse en avant; plateau cardinal assez fortement arqué, dents en éventail; bords cré- nelés (G. -T. : A. donaciformis Reeve, Viv.). Cette Section — qu'on distingue surtout par sa carène anale — a son origine dans l'Eocène supérieur et s'est ensuite poursuivie très réguliè- rement jusqu'à l'époque actuelle, avec un petit nombre de représentants dans chaque terrain. Sect. Soldania De Stef. et Pant. 1878. — Surface lisse ou .largement striée; aire ligamentaire relativement courte et étroite, avec un petit nombre de chevrons irréguliers, créne- lés par les lignes verticales d'accroissement des dents sériales qui sont arquées en virgule, complètement effacées au milieu; bords lisses (G. -T. : A. mytiloides Br.). La coquille modioliforme dont la diagnose est ci-dessus, n'a guère été séparée qu'à cause de sa surface presque lisse; on la rencontre dans le Néogène, à partir de PHelvétien. Sect. Plagiarca Conrad, 1875. — Aréa très étroite; dents nombreuses, petites, divergentes (G. -T. : A. carolinensis Con- rad. Craie). Il n'est pas bien certain que ce groupe ait vécu dans l'Eocène, et il est possible que les coquilles qu'on y a rapportées soient simplement des Barbatia s. str. En tous cas, nous n'en connaissons pas dans le Néogène du Sud-Ouest. Sect. Cucullaria Desh. 1860. — Forme et ornementation de Barbatia; aréa très étroite; bord cardinal légèrement arqué, portant en avant et en arrière des dents allongées et trans- verses, au milieu plusieurs petites dents irrégulières (G. -T. : Arca heterodonta Desh. Eoc). On ne connaît Cucullaria que dans le Calcaire grossier des environs de Paris; il nous parait bien certain que c'est une forme de transition entre Beushausenia mésozoïque et Barbatia tertiaire. — 289 — Sect. Granoarca Conrad, 1862 (= Cucullœarca Conr. 1865). — Dents plus ou moins divisées en grandulations irrégulières; d'après M. Dali, ce caractère n'a pas grande valeur et ce serait un Barbatia à faible bâillement byssal, avec une ornementa- tion à'Anadarat (G. -T. : A. propatula Conr. Mioc). Sect. Polynema Conrad, 1875. — Dents latérales de la charnière très obliques; celles du côté postérieur allongées et striées (G. -T. : A. lineata Conrad, Craie). Nous n'avons pas à nous occuper ici de ces deux dernières Sections, contestables d'ailleurs, ni de la suivante : Sect. Scaphula Benson, 1837. — Inéquilatérale, close, caré- née au milieu; habitat fluviatile (G. -T. : A. scaphula Benson, Viv. Amérique du Sud). 424. Barbatia barbata [Linné]. PL IX, fïg. 1-2. 1758. Arca barbata Linn. Syst. Nat., éd. X, p. 693. 1814. — Brocchi. Conch subap., II, p. 476. 1837. — Dujardin. Mém géol. Tour., p. 266. 1838. — Grateloup. Catal. zool. Gir., p. 60. 1850. Desh. Traité élém. Conch., II, p. 365, pi. XXXV, fig. 18-19. 1852. — d'Orb. Prod., III, p. 184, 26 e et., no 376. 1865. Hœrn.Tert.Beck.Wien,II,p.327, pi. XLII, fig. 9-10. 1868. — Mayer Cat. foss. tert. Mus. Zur., p. 30. 1868. Arca sulcatula Mayer. Ibid., p. 32 (juv.). 1873. Arca barbata Benoist. Cat. Saucats, p. 64, no 173. 1881. Font. Moll. plioc. Rhône, II, p. 153, pi. IX, fig. 5. 1894. Arca (Barbatia) barbata Degr.-Touz. Orthez, p. 410. 1898. Arca barbata Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVI, p. 12, pi. II, fig. 42-44. 1907. — Cerulli-Irelli. Fauna mal. Mar., I, p. 48, pi. VI, fig. 1. Test médiocrement épais. Taille assez grande; forme un peu convexe, oblongue, inéquilatérale; côté antérieur court, semicirculaire, côté postérieur plus largement ovale; bord ■— 290 — palléal à peu près rectiligne, tantôt parallèle au bord car- dinal, tantôt convergent avec lui, mais sous un angle très aigu; crochet peu gonflé, peu saillant, prosogyre, situé vers les trois dixièmes de la longueur de la valve, du côté anté- rieur. Aire ligamentaire étroite, ne dépassant guère la moitié de la longueur des valves, munie de deux ou trois chevrons à branches très inégales, la région antérieure est même souvent lisse, l'angle apical est d'au moins 170°. Surface dorsale peu bombée, même un peu déprimée au milieu et sur la région anale, ornée de très nombreuses cos- tules rayonnantes, dont une sur quatre est un peu plus saillante et bordée d'un sillon plus large et plus profond, indiquant ainsi l'emplacement qu'occupait la rangée de poils, ainsi qu'il est facile de le vérifier sur les spécimens actuels; toutes les costules sont croisées et finement crénelées par des accrois- sements concentriques et assez réguliers. Dans le voisinage des crochets — comme aussi sur les individus népioniques, l'inégalité des côtes est moins flagrante, et cependant, avec un peu d'attention, on peut encore la suivre à intervalles réguliers. Bord cardinal un peu arqué sous le crochet, garni — sur presque toute sa hauteur — de dents sériales, très obliques et un peu allongées aux extrémités, minuscules et très serrées sur une longueur de 7 ou 8 mill. en arrière de l'aplomb du crochet. Impressions musculaires inégales, l'antérieure étroite- ment ovale, la postérieure subquadrangulaire; surface interne obscurément rayonnée jusqu'à l'impression palléale qui limite une zone étroite et brillante, parallèlement au bord qui est obtusément et finement festonnée en avant. Dim. Diam. a. -p. : 53 mill.; diam. u.-p. : 26 mill.; épais- seur d'une valve : 9 mill. R. D. — L'espèce actuelle est trop variable et trop répandue pour qu'il soit possible d'en séparer les spécimens de l'Aquitanien et du Burdigalien du Sud-Ouest : on trouve à ces niveaux les différentes formes qui ont per- sisté jusqu'à nos jours, dans la Méditerranée. Cependant, comme on le verra ci-après, il existe — à côté de l'espèce linnéenne — des espèces ou — 291 — mutations absolument distinctes qu'on a souvent confondues avec A. bar- bata et qu'il faut en séparer ; c'est pourquoi nous ne citons en synonymie qu'une partie des figures de l'Atlas de Hœrnes, et nous avons également éliminé de celles figurées par Fontannes les variétés restitutensis Font, (coll. Cossmann), prœcisaF., du Pliocène de Millas. D'après la vérification faite par M. Sacco, A. sulcatula n'est que le jeune âge d'A. barbata, caractérisé par la disparition à peu près complète des sillons de quatre en quatre côtes. Loc. — Villandraut (Gamachot), plésiotype (PI. IX, fig. 12), coll. de Sacy. Saucats (Lariey), Léognan (le Thil), la Brède (la Salle), Mérignac (Baour). — Atfuitaiiieii. Saucats (le Peloua), Cestas. Léognan (le Thil sup 1 '), Dax (Mandillot). — Burdigalieii. Salles (Largileyre, le Minoy), Orthez (le Paren). — Helvétien. 425. Barbatia barbata [L.]; var. elongata B. D. D. PL IX, fig. 3-4. 1891. A. barbata var. elongata B.D.D.Moll.Rouss.,II,p. 184, pi. XXXII, fig. 6. 1898. — Sacco. I Moll. terz Piem , XXVI, p. 14, pi. II, fig. 47. R. D. - Cette variété a été séparée par MM. Dautzenberg et Dollfus, à cause de sa forme beaucoup plus étroite et moins inéquilatérale; mais son ornementation et sa charnière sont les mêmes que chez la forme typique. Nous y rapportons une valve du Burdigalien de Dax (Mandillot) qui correspond exactement à la figure publiée par les auteurs précités d'après un échantillon un peu usé, recueilli sur les côtes d'Algérie (Bône). Notre spécimen fossile mesure 33 mill. sur 12 mill., et son crochet est situé presque au tiers de la longueur, du côté antérieur (1). Loc. — Dax (Mandillot), plésiotype (PI. IX, fig. 3-4), coll. Bial- Neuville. — Burdigalien. Léognan (le Thil), coll. de Sacy. — Aquitauien. (1) Barbatia Sacyi n. sp. Il existe, dans l'Oligocène de Sarcignan et de Cau- déran, près Bordeaux, une petite Barbatia qui ne peut se confondre avec B. bar- bata; elle est caractérisée par sa forme rhomboïdale et par son ornementation dépourvue de sillons quinquidistants ; sa charnière un peu arquée est divisée en deux séries très inégales, séparées sous le crochet par une interruption bien visible. Nous croyons intéressant, à titre documentaire, de nommer et de figurer cette espèce pour guider nos lecteurs; les types (coll. de Sacy) proviennent de Caudéran, rue Mexico (PI. IX, fig. 19-22). — 292 — 426. Barbatia barbata [Lin.]; var. lithodomoides nov. var. PL X, fig. 1-i. Test peu épais. Taille assez grande; forme convexe, litho- domoïde, c'est-à-dire très étroite et très inéquilatérale; côté antérieur très court et arrondi, côté postérieur très allongé, non tronqué sur son contour anal qui forme un ovale à peine plus élargi que l'autre extrémité, raccordé par un angle de 160 à 165° avec le bord cardinal; bord palléal peu arqué, souvent sinueux en avant, raccordé par des courbes dans le prolongement des contours latéraux; crochets peu gonflés, peu saillants, prosogyres, situés au cinquième de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale bombée au milieu, déprimée ou faiblement excavée sur la région anale, partout ornée de fines costules rayonnantes, dont l'une est un peu plus épaisse et plus sail- lante de quatre en quatre, comme sur la forme typique; elles ne sont guère plus épaisses sur la région anale, mais elles paraissent plus aplaties; toutes ces côtes sont croisées et recoupées par des sillons d'accroissement réguliers, de sorte qu'en réalité, elles sont discontinues et se composent de l'as- semblage d'éléments rectilignes, plus minces que les inters- tices, parfois même tuyautés ou imbriqués à leur extrémité au-dessus du sillon concentrique. Aire ligamentaire très étroite, presque aussi longue que le bord supéro-postérieur, mais se terminant en avant sous le crochet; à partir de là, elle est remplacée en avant par le bord supéro-antérieur qui déborde jusqu'au crochet; la région pos- térieure de cette aréa porte trois ou quatre chevrons dont on ne distingue que la branche postérieure, l'autre branche étant masquée par le bord. Plateau cardinal très allongé, presque rectiligne, très étroit au milieu où il est muni de dents minuscules, tandis que les extrémités portent des dents plus obliques et plus épaisses. Impressions musculaires inégales, l'antérieure circulaire, la — 293 — postérieure ovale et beaucoup plus allongée; impression pal- léale surmontée de franges obsolètes et parallèle au bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 51 mill. ; diam. u.-p. : 17,5 mill.; épais- seur d'une valve : 8 mill. R. D. — Aucune des variétés connues et figurées de B. barbata n'a une forme comparable à celle de cette coquille : B. elongata est presque symé- trique et sinueuse sur son contour palléal, de sorte qu'il est impossible d'y rapporter B. lithodomoicles qui a l'aire ligamentaire recouverte par le bord supérieur en avant du crochet, disposition qu'on ne constate pas chez l'autre variété. Loc. — Peyrehorade (Peyrère), types (PI. X, fig. 1-4), coll. Raulin; coll. Degrange-Touzin. — Helvétien. 427. Barbatia Biali n. sp. PI. X, fig. 5-6. Taille moyenne; forme régulièrement oblongue, peu iné- quilatérale, médiocrement convexe; côté antérieur arrondi, plus court que le côté postérieur qui est obliquement rec- tiligne; bord palléal à peine arqué, parallèle — dans son ensemble — au bord cardinal, raccordé par des arcs inégaux avec les contours latéraux; crochet peu gonflé, prosogyre, situé au tiers antérieur de la longueur de la valve; bord supé- rieur à peu près rectiligne, faisant en arrière un angle de 150° au moins avec la troncature anale. Surface dorsale un peu bombée, faiblement excavée sur la région anale dont elle n'est séparée par aucun angle; ornementation composée de nom- breuses costules granuleuses, un peu plus étroites que leurs interstices sur toute la région médiane, plus larges et nette- ment bifides vers la dépression anale, assez écartées et pres- que tuberculeuses sur la région buccale. Aire ligamentaire inégalement divisée, plus étroite en avant où il existe un espace lunulaire dépourvu de côtes et horizon- talement strié, qui est séparé du ligament par un rebord caréné; trois ou quatre longues rainures en arrière du cro- chet, tandis qu'il n'y en a guère que deux en chevrons, en avant. Charnière étroite, relativement peu allongée; dents — 294 - sériales ininterrompues, épaisses, obliques et écartées aux extrémités, fines et serrées au milieu et en arrière du cro- chet; leur écartement s'accroît subitement sous le crochet. Impressions musculaires inégales, l'antérieure ovale, la pos- térieure palmulée, plus étroite et plus allongée; de fines lignes rayonnantes sont tracées sur la surface interne et elles s'arrêtent à l'impression palléale qui est parallèle au bord régulièrement et peu profondément crénelé. Dim. Diam. a. -p. : 30 mill.; diam. u.-p. : 15 mill. R. D. — Bien que cette coquille ne soit représentée que par une seule valve gauche adulte, et par de jeunes spécimens, elle diffère trop profon- dément de B. barbata et de toutes ses variétés pour que nous hésitions à la considérer comme une espèce bien distincte : outre que sa forme est plus régulière que celle de la coquille linnéenne, son ornementation est radicalement différente, composée de costules plus fortes, plus quadran- gulaires, plus écartées, et complètement dépourvue des sillons quinqui- distants qui caractérisent B. barbata; le bord palléal est plus complète- ment et plus fortement crénelé; enfin la charnière est moins développée en longueur, et l'inégalité des dents sériales est plus subitement marquée. Sa taille, sa forme régulière, ses dents ininterrompues ne permettent pas de la confondre avec B. variabilis qu'on trouvera ci-après décrite et dont il existe aussi des spécimens un peu douteux dans le même gisement. Du côté ancestral, on ne peut guère la comparer qu'à B. appendiculata Sony., de l.Eocène; mais cette dernière espèce est moins oblongue et son bord antéro-supérieur fait un angle presque droit avec le contour buccal; ses crochets sont aussi placés plus avant que ceux de B. Biali. Loc. — Orthez (le Paren), une valve gauche (PI. X, fig. 5-6), coll. Bial-Neuville. Sallespjsse, six ou sept valves de petite taille; coll. Coss- mann. — Helvétien. 428. Barbatia dentiens nov. sp. PI. X, fig. 31-16. Taille assez petite ; forme convexe, ou subrhomboïdale, inéquilatérale; côté antérieur court, rétréci, à peine arqué, faisant un angle aigu avec le bord cardinal; côté postérieur plus dilaté, obliquement tronqué, faisant un angle de 120° avec le bord cardinal; bord palléal presque rectiligne, rac- cordé par des arcs de cercle très inégaux avec les contours - 295 - latéraux; crochet petit, peu saillant, prosogyre, situé aux deux neuvièmes de la longueur, du côté antérieur. Aire ligamen- taire très étroite ou même linéaire, plus courte que le bord cardinal, avec un ou deux chevrons indistincts. Surface dorsale bombée, partagée au milieu par une dépres- sion bien marquée, qui part du crochet et s'élargit vers le bord palléal; région buccale déprimée, région anale large- ment excavée, non limitée par un angle; ornementation régu- lière, composée de fines costules rayonnantes, recoupée par des sillons d'accroissement plus écartés; l'ensemble est plus aplati sur la dépression anale, un peu plus serré sur l'extré- mité buccale. Plateau cardinal assez élargi aux deux extrémités, pour la petite taille de la valve, bien arqué sur son contour inférieur, au-dessus de la cavité umbonale; quinze dents sériales inin- terrompues, minuscules au milieu, allongées aux extrémités, et très obliquement inclinées, presque horizontales même à l'arrière; elles occupent presque toute la hauteur du plateau cardinal, sauf une petite bande lisse le long de l'arête supé- rieure. Impressions musculaires très inégales, l'antérieure circulaire, la postérieure plus grande et subquadrangulaire; impression palléale parallèle au bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 9 mill.; diam. u.-p., mesuré à l'extré- mité élargie : 5 mill. R.-D. — Au premier abord, on pourrait penser que cette espèce — dont nous ne connaissons que deux valves droites — n'est que le jeune âge de la variété lithodornoides de B. barbata, qui a la même ornementation et dont l'aire ligamentaire n'est pas large ; mais, outre que la forme de la coquille est plus rhomboïdale et plus anguleuse aux extrémités, la char- nière est tout à fait différente, composée de dents déjà grosses pour la taille des valves, beaucoup plus arquée sur son contour inférieur, et sur- tout les dents sériales des extrémités sont plus inclinées que chez les autres Barbatia, presque autant que chez certains Parallelodon mésozoïques. B. gracilis et B. Duchasteli Desh., du Bassin de Paris, ont presque la même charnière et la même forme que B. dentiens, mais leur convexité est moindre, leur ornementation est très différente; nous ne pensons pas qu'elles soient du même groupe. — 296 — IjOC. — St Etienne d'Orthe (PI. X, fig. 31-32), coll. Degrange-Touzin. Peyrère, peu rare (fig. 33-36), coll. Raulin. — Ilelvétîeii. 429. Barbatia sub-Helbingi [d'Orb.]. PI. IX, fig. 32; et PL X, fig. 61. 1847. Arca Helbingi Michelolti. Desc. foss. Mioc, p. 103 (non Brug ). 1850. — Desh. Traité élém. Conch., II, p. 363. 1852. Arca sub-Helbingi d'Orb. Prod., III, p. 123, 26e et. no 2320. 1865. Arca barbata Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 327, pi. XLII, fig. 6-8 sol. (non L.). 1868. Arca candida Mayer. Cat. Mus.'Zur., p. 26 (non Chemn.). 1873. Arca candida Cocconi . Moll. plioc. Parma, p. 324. 1898. Barbatia candida Sacco. I Moll. terz.Piem.XXVI,14,pl. III, fig 1-3. Test relativement peu épais. Taille très grande; forme peu convexe, subtrapézoïdale, allongée, inéquilatérale ; côté anté- rieur court et atténué; côté postérieur beaucoup plus dilaté, quoique obliquement rectiligne vers le haut; bord palléal sinueux et excavé au milieu, raccordé par des arcs de cercle avec les contours latéraux; crochet peu gonflé, peu saillant, incliné vers le tiers de la longueur de la valve, du côté anté- rieur. Aire ligamentaire assez large, ne s'étendant guère que sur la moitié de la longueur de la coquille, couverte de six chevrons serrés dont l'angle apical atteint ou dépasse 170°, et qui sont burinés horizontalement par les accroissements du bord cardinal. Surface dorsale médiocrement bombée, déprimée aux extré- mités, surtout sur la région anale, partout couverte de côtes rayonnantes, filiformes, plus minces que la largeur des inters- tices, parfois géminées du côté postérieur où elles s'écartent encore davantage; elles sont subgranuleuses à l'intersection des accroissements, principalement du côté antérieur. Plateau cardinal très étroit au milieu, élargi aux extré- mités, néanmoins peu arqué sur son contour inférieur; dents sériales très petites et serrées au milieu, longues, épaisses et obliques aux extrémités, surtout en arrière. Impressions mus- — 297 — culaires ovales, grandes, inégales, la postérieure plus étendue; impression palléale à peu. près parallèle au bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 108 mill.; diam. u.-p. (en arrière du crochet) : 50 mill. ; épaisseur d'une valve : 18 mill. R.-D. — La désignation du Prodrome vise effectivement et exclusi- vement la coquille miocénique du Piémont que M. Sacco a persisté à réunir avec l'espèce actuelle, tout en reconnaissant qu'elle présente des différences dans la région du crochet et du côté anal. En tous cas, l'indi- vidu helvétien du Sud Ouest que nous venons de décrire n'a pas exacte- ment la même forme que ceux d'Asti (coll. Cossmann) qui sont plus élevés, avec seize chevrons sur l'aire ligamentaire (au même âge) de sorte qu'on peut réserver à ces derniers la dénomination Iclœ Fucini (1891. Plioc. Val d'Arno, p. 30, pi. I, fig. 4). Mais notre spécimen de Salles est iden- tique à ceux de Colli-Torinesi (coll. Cossmann), visés par d'Orbigny. Dans le Bassin de Vienne — où cette espèce a également vécu — Hœrnes l'a confondue à tort avec B. barbata qui n'atteint pas la même taille, qui a des côtes plus serrées, interrompues de quatre en quatre par un sillon rayonnant, et qui a aussi existé dans les mêmes gisements (pi. XL1I, fig. 9-11). Enfin, on verra ci-après que la coquille dénommée variabilis Mayer est une mutation ancestrale de B. sub-Helbingi. Loc. — Salles (Largileyre), une grande valve droite (PI. IX, fig 32; et PI. X, fig. 61), coll. Duvergier. — Helvétien. 430. Barbatia sub-Helbingi [d'Orb.]; mut, variabilis Mayer. PI. IX, fig. 8-13 et 27-28. 1868. Arca variabilis Mayer. Cat. Mus. Zur., p. 86, no 64. 1909. Arca sub-RelbingiDolïï. Et. crit. foss. Bord., p. 19, pi. II, fig. 10-14. 1909. var. variabilis Dollf. Id., pi. II, fig. 1-4. 1910. Arca (Barbatia) sub-Helbingi Schaff. Mioc. Eggenburg, p. 54, pi. XXV, fig. 9. Test épais. Taille assez grande; forme tantôt subquadran- gulaire et haute, tantôt allongée et irrégulière, convexe, iné- quilatérale, arrondie ou parfois déformée du côté antérieur qui est le plus court, obliquement tronquée sur son contour anal, presque rectiligne sur le bord palléal; crochet gonflé, Tome LXVI. 19 — 298 — situé en général au tiers de la longueur, quelquefois au cin- quième du côté antérieur. Aire ligamentaire toujours assez haute, presque aussi longue que la coquille, invariablement couverte d'une dizaine de chevrons très serrés dont l'angle apical (160° environ) s'aligne sous le crochet. Surface dorsale bombée, irrégulièrement bossuée ou dépri- mée au milieu, déprimée à l'arrière, ornée d'un grand nom- bre de costules rayonnantes, régulièrement crénelées par les accroissements, plus élargies, plus écartées et presque tou- jours bifides sur la région anale. Bord cardinal légèrement arqué, munis de quelques grosses dents obliques aux extrémités, tandis que la région médiane ne porte que de très fines dents perpendiculaires et courtes, du bord lisse, interrompues complètement un peu en arrière du crochet. Impressions musculaires inégales; impression pal- léale peu écartée du bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 44 mill. ; diam. u.-p. : 30 mill. Spéci- men allongé : 50 mill. sur 25 mill. R. D. — La désignation de cette espèce — extrêmement variable à cause de son habitat dans les rochers — a été très exactement faite par M. Dollfus qui en a donné de bonnes figures. Toutefois nous pensons que la coquille du Sud-Ouest est une mutation ancestrale de B. sub-Helbingi d'Orb qui a vécu dans le Pliocène d'Italie, ainsi que dans le Tortonien de la Volhynie (coll. Cossmann) et qu'on désigne à tort sous le nom candida (= Helbingi Brug. ; — nivea Ch.) ; les différentes formes que notre confrère a rapportées — les unes à B. sub-Helbingi, les autres à jB. variabilis — ne sont que des variations d'une même mutation aquitanienne et burdiga- lienne qui se distingue du véritable B. sub-Helbingi par son ornementation plus grossière, par sa forme moins atténuée en avant, moins élargie en arrière ; et de B. barbata par son ornementation beaucoup plus grossière, dépourvue de sillons de quatre en quatre côtes, enfin par son aire liga- mentaire beaucoup plus développée et plus chevronnée. Dans les gisements des environs de Dax, on trouve souvent des indi- vidus irréguliers, bossues, atténués aux extrémités, presque symétriques, analogues à B. asperula Desh., du Bartonien des environs de Paris. Loc. — Saucats (Peloua), valve droite, large (PI. IX, fig. 8-9), coll. de Sacy, valve gauche (fig. 10-11), coll. Degrange-Touzin, Dax (Mandillot, Maïnot), Pont-Pourquey, une valve gauche mytiliforme; Cestas, une valve droite, très haute. — Burdigalieii. — 299 - Mérignac forme allongée (fig. 23-24), coll. Duvergier. Léognan (Le Thil), valve très étroite, presque symétrique (fig. 12-13 et 27-28), coll. de Sacy; Lariey, St-Avit. — Aquitaiiien. Orthez (Le Paren), deux valves usées, passant probablement au véritable B. sub-Helbingi d'Orb. — Helvétien. 431. Barbatia Degrangei nov. sp. PI. X, fig. 14-15. Test peu épais. Taille moyenne; forme peu convexe, sub- trapézoïdale ou légèrement ovoïde, inéquilatérale; les extré- mités sont presque symétriques, c'est-à-dire ovales en arrière, rectilignes vers le haut où elles se raccordent par un angle de 120° avec le bord cardinal; côté antérieur beaucoup plus court et un peu plus atténué que le côté postérieur; bord palléal arqué dans le prolongement des contours latéraux, mais peu convexe au milieu et subparallèle au bord cardinal; crochet un peu gonflé, prosogyre, incliné et obtus vers les deux septièmes de la longueur de la valve, du côté antérieur. Aire ligamentaire très étroite, un peu plus courte que la distance comprise entre les deux angles du bord supérieur; elle porte trois chevrons inégaux, dont l'angle apical de 165° environ s'aligne obliquement en arrière du crochet. Surface dorsale peu bombée, un peu déprimée au milieu, surtout dans la région umbonale, excavée sur la région anale qui n'est pas limitée par un angle net; ornementation régu- lière, composée de fines costules rayonnantes, assez serrées au milieu, quoique égales à leurs interstices, plus larges en avant où elles sont bien plus écartées, bifides vers l'arrière et écartées sur la région anale; elles sont toutes élégamment traversées par des filets concentriques, très réguliers, avec de petites granulations oblongues à l'intersection; dans les intervalles de ces lamelles, il y a en outre de fines aspérités transverses. Charnière étroite et arquée; dents sériales assez nombreuses, minuscules au milieu, obliques en avant, plus allongées, plus écartées et très inclinées du côté postérieur. Impressions mus- culaires indistinctes; surface interne très finement rayonnée.; - 300 — bord palléal finement crénelé en avant et au milieu; sur tout le contour buccal, les crénelures sont plus longues et plus larges. Dim. Diam. a. -p. : 21 mill.; diam. u.-p. : 11 mill. R. D. — Cette valve se distingue — à première vue — de toutes ses congénères du Sud-Ouest; la régularité de sa forme et de son ornemen- tation, la faible largeur de l'aréa ligamentaire, l'inclinaison très forte des dents postérieures, sont des critériums qui justifient amplement la création d'une nouvelle espèce. On peut la comparer à B. articulata Desh., du Lutétien des environs de Paris, qui a une ornementation analogue, mais dont la forme est beaucoup plus oblique et dont le crochet est situé encore plus en avant B. amygda- loides Desb., du Bartonien, a une forme à peu près semblable, mais son ornementation est radicalement différente, et sa charnière plus symétrique. Loc. — St-Avit, une valve gauche (PI. X, fig. 14-15), coll. Degrange- Touzin; deux petites valves opposées, coll. Duvergier. — Aquitanien* 432. Barbatia praenominata nom. mut. PI. IX, fig. 25-26; et PL X, fig. 23-30. 1865. Arca dichotoma Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 340, pi. XL1V, fig. 9 (non Desh.). Test peu épais. Taille moyenne; forme oblongue, subellip- tique, fortement convexe, inéquilatérale, quoique arrondie à ses deux extrémités; côté antérieur plus court et plus atténué que le côté postérieur qui n'est pas tronqué; bord palléal presque recliligne au milieu, raccordé par des arcs de cercle inégaux avec les contours latéraux; crochet peu gonflé, pro- sogyre, situé au quart de la longueur, du côté antérieur. Sur- face dorsale régulièrement bombée, un peu déprimée sur la région anale, partout ornée de stries rayonnantes et fines, plus serrées à l'avant qu'à l'arrière, séparant des côtes tout à fait aplaties dont la plupart sont bifides sur la moitié posté- rieure de la coquille; elles sont croisées par des lignes d'ac- croissement peu régulières qui ne produisent ni crénelures sur les côtes, ni ponctuations sur les sillons. — 301 — Aire ligamentaire étroite et assez courte, portant deux ou trois chevrons serrés; bord cardinal légèrement arqué, peu épais, muni d'une vingtaine de dents fortes et très obliques aux extrémités, interrompues en arrière du crochet. Impres- sions internes peu distinctes; bord palléal entièrement lisse. Dm. Diam. a. -p. : 19 mil!.; diam. u.-p. : 12 mill. ; épais- seur d'une valve : 5,5 mill. Mutation courte : 8 mill. sur 5,5 mill. R. D. — Les deux valves droites — malheureusement endommagées — que nous venons de décrire sont exactement semblables aux figures de l'Atlas de Hœrnes, qui représentent des spécimens provenant de couches argileuses intercalées dans les calcaires de la Leitha, près de Steina- brunn, c'est-à-dire d'un niveau qui se rapproche sensiblement de celui de nos échantillons du Bordelais. D ailleurs l'espèce se montre même au- dessus, dans le Sud-Ouest, sous la forme d'une mutation que nous renon- çons à séparer de son ancêtre. Cette espèce est du même groupe que B. appendiculata Sow., du Bassin anglo-parisien; toutefois on l'en distingue par sa forme encore plus arron- die, dépourvue — aux extrémités du bord cardinal — des angles qui carac- térisent l'espèce éocénique ; l'ornementation est d'ailleurs tout à fait dif- férente de celle du groupe typique de B. barbata. B sabuletonim Desh. — qui a la même forme arrondie, quoique plus dilatée- en arrière — n'a pas une ornementation dichotome, et les accroissements y produisent de fines granulations. Il existe, dans le Pliocène de Gourbesville, une petite espèce qui paraît voisine de B. prœnominata ; mais, d'après les deux valves que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann), elle se distingue de cette dernière par ses sillons finement ponctués sur le dos,- tandis que la région anale ne porte que des costules plus écartées et subgranuleuses. Nous avons dû changer le nom spécifique de cette espèce, car il existait déjà, avant Hœrnes, Arca dichotoma Desh. (1863 — Cat. Moll. Réunion, p. 22, pi. III, fig. 18-19), Loc. — Mérignac, une valve droite (Pi. X, fig. 23-24), coll. Degrange- Touzin. — Acguitaiiieii. Léognan (le Thil supr), une valve droite (fig. 25-26), coll. Degrange- Touzin. — ISurdigalien. Peyrère, deux valves opposées (fig. 27-30), coll. Raulin. — Helvé- tien? Saubrigues, mutation un peu plus courte (PI. IX, fig. 25-26), coll. Dumas. — Tortonien. — 302 — 433. Barbatia (Obliquarca) polymorpha Mayer. PI. X, fig. 7-9 et 16. 1868. Arca polymorpha Mayer. Cat. Mus. Zurich, III, pp. 34-93. 1886. Dollf. Dautz. Etude prél. faluns Tour. (F. J. N., n° 188), p. 95. 1898. Obliquarca postmodioliformis Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVI, p. 17, pi. III, fig. 17-18. 1901. Arca (Barbatia) polymorpha Dollf. Dautz. Nouv. liste Péléc. Tour., p. 35 (non Font.). Test médiocrement épais. Taille moyenne, forme modio- loïde, peu convexe, très inéquilatérale; côté antérieur court, atténué, arrondi; côté postérieur toujours plus dilaté, obli- quement rectiligne vers le haut, raccordé par un arc de cercle avec le bord palléal qui est le plus souvent sinueux et qui fait un angle de 10 à 15° avec l'alignement supérieur du bord cardinal; crochets peu gonflés, prosogyres, situés au quart de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supéro- postérieur, rectiligne, s'élevant plus haut que le crochet. Aire ligamentaire longue et assez élevée, entièrement cou- verte de quatre ou cinq chevrons dont le sommet s'aligne en saillie sous le crochet (angle apical 150 à 160°). Surface dorsale peu bombée, déprimée ou légèrement exca- vée; ornementation composée de petites costules rayonnantes, beaucoup plus étroites que leurs intervalles, à peine plus écartées sur la région anale, finement granuleuses à l'inter- section de lignes d'accroissement extrêmement serrées. Charnière deux fois arquée, d'abord sous le crochet, puis en arrière — vers les points où les dents changent subite- ment de grosseur et d'inclinaison ; plateau cardinal presque linéaire entre ces deux points, élargi et subtrigone aux extré- mités où les dents sont allongées et très obliques, tandis qu'elles sont minuscules et perpendiculaires sur la région rétrécie; il n'y a pas d'interruption complète, comme M. Sacco a cru l'observer sur des spécimens probablement édentés par — 303 — l'effet de l'usure du test. Impressions musculaires presque égales et symétriques; impression palléale voisine du bord lisse; quoique non parallèle. Dim. Diam. a. -p. : 32 mill; diam. u.-p. mesuré à l'extré- mité du bord supéro-postérieur : 16 mill. ; épaisseur d'une valve : 6 mill. R. D. — 11 ya complète identité entre les spécimens de l'Aquitaine et ceux de Ferrière l'Arçon, en Touraine (coll. Peyrot) D'ailleurs Mayer (loc. cit.) cite B. polymorpha de divers gisements de ces deux régions, ainsi que de l'Helvétien de Rio délia Batteria (Colli Torinesi). Cette cita- tion n'a pas échappé à M. Sacco; mais, égaré par une figuration — la seule existante — de B. polymorpha in Fontannes, qui représente une espèce bien différente de la véritable polymorpha, notre savant confrère a donné aux spécimens du Piémont le nom de postmodioliformis qui tombe en synonymie avec polymorpha Mayer. Quant à l'espèce du Bassin du Rhône, représentée par Fontannes et assimilée fautivement à celle qui nous occupe, elle devra recevoir un nouveau nom B. petrlcola Mayer, éta- bli sur des échantillons de la Touraine, ne différant de B. polymorpha que par une taille un peu moindre et une ornementation plus grossière de son côté postérieur, nous paraît en constituer tout au plus une variété. La rectification faite par Mayer et l'adoption par MM. Doilfus et Dautzenberg impliquent bien qu'il l'agit — non pas d'un nom de liste — mais d'une détermination bien précise, devant laqnelle doit s'effacer la dénomination postmodioliformis, bien que la première figure publiée, d'ailleurs très défec- tueuse, ait été celle de M. Sacco. Si on la compare à B. modioliformis, de l'Eocène inférieur des environs de Paris, l'espèce d'Aquitaine a une ornementation plus forte, une aire ligamentaire plus élevée, les crochets situés un peu moins en avant. D'autre part, B. magellanoides Desh., du Bartonien, qui a une ornemen- tation aussi saillante et une aire ligamentaire énorme, est encore plus pointue en avant et ses dents sériales obliques sont moins nombreuses. B. Rigaulti Desh. a — au contraire — les costules plus fines; B. striatu- laris Desh., du Thanétien, a des côtes plus fines et les crochets presque terminaux. Certains échantillons difformes de B. variabilis se rapprochent aussi de JB. polymorpha, mais on les en distingue immédiatement par leur orne- mentation, ainsi que par leur charnière : ils n'appartiennent évidemment pas au même groupe de Barbatia. Loc. — Mérignac, plésiotypes (PI. X, fig. 7-9 et 16), coll. Duvergier; Pessac, toutes les coll. Léognan (le Thil), toutes les coll. Mérignac (Baour), Lariey [fide Mayer). — Aquitanieii. — 304 — Cesias, coll. de Sacy, Degrange-Touzin, Bial-Neuville. Pont-Pourquey, Dax (St-Paul), coll. Degrange-Touzin. Dax (M in de Cabannes) fuie Mayer. — Burdicjalien. Salies-de-Béarn, Orthez (le Paren), coll. Degrange-Touzin. — Hel- vétien. Saubrigues, coll. Dumas. — Tortonieii. 434. Barbatia (Soldania) submytiloides [Tournouër]. PL X, fig. 54-58. 1876. Arca mytiloides Tourn. Paléont. Biarritz, p. 9 (non Brocclii). 1894. Arca mytiloides^. Degr.-Touz. Et. prél. foss. Ortbez (A. S. L. B., XLVII), p. 410. 1894. Arca submytiloides Tourn. in Degr.-Touz. (nom. nud.). 1898. Arca gallica Mayer in Sacco. I Moll. terz. Piem., XXVI, p. 17 (nom. nud.). Test mince et fragile. Taille grande; forme peu convexe, étroite, allongée, solénoïde, inéquilatérale ; côté antérieur arrondi, beaucoup plus court et plus atténué que le coté postérieur qui est dilaté, ovale, et qui se raccorde sous un angle de 120° avec le bord supérieur; bord palléal un peu sinueux à l'aplomb du crochet, légèrement convexe en arrière, presque parallèle — dans son ensemble — au bord cardinal; crochets déprimés, peu saillants, presque opposés, situés aux quatre onzièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale peu bombée, déprimée sur la région anale qui est séparée par un angle rayonnant très obsolète ou plu- tôt par un bombement très arrondi; l'ornementation se réduit à une trentaine de sillons rayonnants, équidistants, parfois peu visibles et ponctués par les accroissements, tantôt plus profondément rainures et plus larges à l'arrière; ils séparent de larges côtes aplaties et complètement lisses. Aire ligamentaire à peine égale à la moitié de la longueur des valves, peu large, munie de trois chevrons irréguliers, souvent crénelés par la trace des accroissements des dents sériales; plateau cardinal linéaire au milieu, plus élargi aux extrémités, portant des dents arquées en virgule, complète- — 305 — ment effacées au milieu. Impression du muscle antérieur presque circulaire; impression du muscle postérieur trapé- zoïdale et longue; impression palléale non parallèle au bord lisse. Dim. Diam. a. -p. : 70 mill.; diam. u.-p. (du côté postérieur) : 28 mill. D'après les fragments, la coquille peut atteindre une longueur de 185 mill. R. D. — Cette espèce helvétienne a été séparée avec raison.de B. myti- loides Br. à cause de sa forme plus étroite et moins dilatée du côté posté- rieur; lorsque l'espèce de Brocchi (Tortonien et Pliocène) n'a pas la surface lisse, on y distingue des rayons beaucoup plus serrés et plus nombreux que ceux de la forme ancestrale; en outre le nombre des che- vrons est presque double chez B. mytiloides, ils sont un peu onduleux, comme l'a remarqué M. Dollfus (Plioc. Tage, p. 57) ; les dents forment deux groupes plus écartés aux extrémités du plateau cardinal, et l'inter- ruption médiane est plus prolongée; enfin l'impression du muscle posté- rieur est plus haute et plus quadrangulaire chez B. mytiloides. Il n'y a pas lieu de séparer B. mytiloides Tourn., du Béarn, de B. gallica Mayer, de l'Helvétien de Salles : la forme de la coquille et la disposition de la charnière sont identiques; seules, les côtes sont mieux marquées chez B. submytiloides. Quant à la dénomination, entre deux nomen nudum, nous avons repris le plus ancien : c'est d'ailleurs la première fois que l'espèce est figurée. Loc. — Sa'les (Largileyre), néotypes (PI. X, fig. 54-57). coll. Degran- ge-Touzin, Bial-Neuville ; coll. Duvergier (grands fragments). Sallespisse, individus à côtes bien rainurées (fig. 58), Orthez (le Pareil), Salies de Béarn, commune, toutes les coll. — Helvétîeii. 435. Barbatia bohemica Reuss. PI. IX, fig. 15-18 et 33-37. 1839. Arca rudis Duj. Mém. géol. Tour., p. 56 (non Sow. nec Desh.). 1860. Arca bohemica Beuss Tert. Bôhmens, p. 37, pi. III, fig. 13. 1868. Arca scabrosa Mayer. Cat. Mus. Zur., p. 25-80 (pars.). 1881. Arca rudis Bardin. Et, pal. Maine-et-Loire, p. 30 (non Desh.). 1886. Arca bohemica Dollf. Dautz. Et. prél. coq. Tour., p. 7. 1892. Arca Vincenti Cossm. Cat. i 11. Eocène Paris, V, p. 39. 1898. Arca tauroclathrata Sacco. /. c, XXVI, p. 9. pi. II, fig. 13-16. 1901. Arca Vincenti Dollf. Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 36. 1909. Arca bohemica Dollf. Et. crit. coq. Bord., p. 21, pi. III, fig. 5. ' - 306 — Test assez épais. Taille grande; forme médiocrement con- vexe, trapézoïdale, souvent très irrégulière, très inéquilatérale ; côté antérieur plus ou moins arrondi et atténué, toujours plus court que le côté postérieur qui est déclive, mais non rectiligne; bord palléal fortement sinueux, raccordé par des angles arrondis avec les contours latéraux; crochets peu gon- flés, prosogyres, peu écartés, situés aux trois huitièmes de la longueur des valves, faisant un angle de 120° à son extrémité avec la première sinuosité du contour anal, l'angle est beau- coup moins net et plus ouvert; toute l'aréa est couverte de chevrons serrés, au nombre de neuf à douze, arqués sous un angle apical de 160°. Surface dorsale bombée, séparée de la région anale et exca- vée par une carène rayonnante qui porte des tubulures sail- lantes quand les individus ne sont pas usés par la fossilisation; de nombreuses costules inégales rayonnent sur toute la sur- face, plus épaisses aux extrémités, surtout sur la région anale où l'on n'en compte que six ou sept; elles sont croisées par des lamelles d'accroissement plus écartées, qui produisent des squamules tuberculeuses à leur intersection, et sur les cotes anales, de véritables cornets subimbriqués; en outre, dans les intervalles de ces lamelles, on distingue de très fines granu- lations festonnées par les lignes d'accroissement, ornemen- tation complémentaire qu'on n'aperçoit que sur les spécimens très fraîchement conservés. Plateau cardinal étroit au milieu, bien élargi aux extré- mités, fortement" arqué sur son contour inférieur; chez l'adulte, les dents sériales n'occupent pas toute la hauteur de ce plateau, elles sont minuscules et presque interrompues en arrière du crochet, épaisses, obliques ou coudées sur les par- ties élargies du plateau. Impressions musculaires arrondies, inégales, la postérieure plus étendue; surface interne souvent frangée vers l'impression palléale qui n'est pas aussi sinueuse que le bord des valves; crénelures plus ou moins serrées sur toute la partie postérieure du bord palléal, obliques et plus écartées sur la troncature anale, disparaissant presque com- — 307 — plètement sur tout le contour antérieur, sauf vis-à-vis de l'adducteur. Dim. Diam. a. -p. : 60 mill.; diam. u.-p. : 35 mill. ; autre spécimen valve : 45-25-18 mill. R. D. — C'est d'après l'affirmation de M. Dollfus que nous adoptons la dénomination bohemica, de préférence à tauroclathrata qui conviendrait exactement à nos spécimens de Peyrère, peut-être moins à ceux de l'Aquitanien du Bordelais qui sont malheureusement beaucoup moins frais, de sorte que les différences d'ornementation peuvent être attribuées à l'usure; mais il serait bien possible qu'il y eût deux mutations distinctes, et nous n'avons pas les éléments nécessaires pour trancher la question ni pour décider si le nom bohemica doit-ètre réservé à la mutation ancestrale de l'Aquitanien et du Burdigalien inférieur, tandis que le nom taurocla- thrata serait attribué à la forme helvétienne : nous n'avons pas vu d'échan- tillons de Bohême, et M. Dollfus ne les a assimilés que d'après les figu- res; d'autre part, le niveau du gisement d'où ils proviennent n'est indiqué que sous l'étiquette assez vague « Miocène ». C'est donc une détermina- tion provisoire. On peut comparer cette espèce à B. scabrosa Nyst, de l'Eocène, qui est une coquille de même forme, mais dont les côtes sont plus réguliè- rement épaisses, croisées par des lamelles moins écartées, et dont l'angle anal est moins caréné. Il y a aussi A. Morlieri Desh., de l'Eocène inférieur de Pierrefonds, qui n'a que deux séries de cinq ou six dents très obliques aux extrémités de la charnière et dont les chevrons sont plus écartés, moins nombreux, avec une ornementation dont le treillis est plus serré que chez B. bohemica. Loc. — Saucats (Peloua), plésiotypes (PI. IX, fig. 15-18), coll. Bial- Neuville; coll. de Sacy, Degrange-Touzin. Mérignac, coll. Duvergier, Degrange-Touzin. Léognan (le Thil), coll. de Sacy. Saucats (Lariey). — Aquifanien. Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin. — Swrdigalieii. Peyrère, valves lamelleuses (fig. 33-37), coll. Baulin ; coll. Degrange- Touzin. Parleboscq, une valve, coll. Benoist. — IBelvétieii. 436. Barbatia (Acar) clathrata [Defr.] PL X, %. 10-13 et 17-18. 1816. Arca clathrata Defr. Dict. Se. nat., II, Suppl., p. 115 (non M'Coy, nec Beeve, 1844). 1825. — Bast. Mém. env. Bord., p. 75, pi. V, fig. 12. — 308 — 1837. Arca squamosa Duj. Mém. Tour., p. 266 (non Lamk.). 1839. Arca clathrata Grat. Cat. zool. Gir.,p. 60. 1852. — d'Orb. Prod., III, p. 123, 26e et., no 2325. 1861. — Michelotti. Et. Mioc. inf., p. 76. 1865. Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 340, pi. XLIV, fig. 10. 1863. — Mayer. Cat. Mus. Zur., p. 24. 1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 65, n° 179. 1881. Barbalia acanthis Font. Plioc. Bhône, II, p. 160, pi. IX, fig. 17. 1886. Arca clathrata Dollf. Dautz. Et. prélim. fal. Tour., p. 7. 1894. — Degr.-Touz. Etude prél. foss. Orthez, p. 410. 1895. Arca imbricata Pant. Lamell. plioc., p. 121 [non Poli). 1898. Barbatia clathrata Sacco. Loc. cit., XXVI, p. 8, pi. II, fig. 1-4. 1898. — Sacco, var. acanthis. Ibid., p. 9, pi. II, fig. 5-6. Taille assez petite; forme souvent irrégulière, mais toujours oblongue, subtrapézoïdale, assez convexe, inéquilatérale ; côté antérieur court, plus ou moins arrondi; côté postérieur un peu plus dilaté, obliquement tronqué et rectiligne sur son contour anal; bord palléal presque rectiligne, parfois un peu sinueux, raccordé par un quart de cercle avec le contour anté- rieur, et par un angle arrondi avec la troncature anale ; cro- chets peu gonflés, sub-enroulés, prosogyres, situés vers le quart de la longueur des valves, du côté antérieur. Aire ligamen- taire étroite, égale aux deux tiers de la longueur des valves, à demi ornée de chevrons à l'arrière, toute la moitié anté- rieure étant recouverte d'une sorte de pellicule lisse ou fine- ment striée par les accroissements du bord cardinal. Ornementation composée d'un treillis de costules rayon- nantes et de lamelles d'accroissement sur la surface dorsale qui est tantôt gibbeuse, tantôt déprimée ; la région anale et excavée est limitée par une côte plus saillante, subépineuse même quand la surface est fraîchement conservée (var. acan- this Font.); les côtes y sont plus larges, plus grossièrement granuleuses et festonnées à l'intersection des lamelles. Charnière étroite, presque rectiligne ou à peine arquée au milieu; les dents sériales n'occupent pas toute la hauteur du plateau cardinal; elles sont minuscules, mais ininterrompues au milieu, plus épaisses quoique à peine obliques aux extré- — 309 — mités. Impression du muscle antérieur circulaire; impression du muscle postérieur deux fois plus allongée, subrhomboïdale; impression palléale très voisine du bord qui est crénelé sur toute son étendue, finement au milieu, grossièrement aux extrémités, surtout sur la région anale. Dim. Diam. a. -p. : 21 mill.; diam. u.-p. : 14 mill. R. D. — La forme typique de l'espèce est celle de l'Anjou, et c'est même d'après une valve de cette provenance que Basterot a fait dessiner sa figure; mais, dans l'Helvétien de la Touraine, de même que dans l'Aquitanien'du Bordelais et des Landes, on peut — presque pour chaque gisement — constituer deux séries : l'une formée d'individus à côtes et à treillis plus serrés sur le dos; l'autre au contraire, correspondant exacte- ment à la figure du Mémoire de Basterot, est ornée d'un canevas beau- coup plus grossier, avec des aspérités presque aussi fortes au milieu que sur la région anale; de même, l'angle subcaréné qui limite cette région, est souvent armé de tubulures subépineuses pour lesquelles Fontannes a proposé la variété acanthis. Dans ces conditions, il nous parait bien diffi- cile, impossible même de distinguer des mutations; il est déjà peu aisé de trouver des critériums qui caractérisent les formes ancestrales de l'Eocène et de l'Oligocène. En tous cas, on sépare sans difficulté de B. clathrata les jeunes indivi- dus de B. bohemica, attendu que ceux-ci ont -■ à tout âge — des chevrons nombreux qui s'étendent sur toute l'aire ligamentaire, tandis que chez B. clathrata, il y a invariablement une région lisse sur toute la moitié antérieure dé cette aréa; nous ne croyons pas qu'on ait encore signalé ce critérium très sûr. Dans la vallée du Bhône, Fontannes a distingué avec raison B. Davidi du Pliocène inférieur (Chabrières, coll. Cossmann) et supérieur (Théziers, coll. Cossmann), qui diffère par sa forme plus étroite, par ses côtes beau- coup plus fines sur le dos, par ses lamelles moins saillantes; mais l'aréa ligamentaire présente la même région lisse en avant. Loc. — Léognan (le Thil sup.), plésiotypes (PI. X, flg. 10-13), coll. Degrange-Touzin. Dax (Cabannes), Saucats (Peloua, Giraudeau). Dax (Mandillot), var. acanthis (flg. 17-18), coll. Cossmann (Maïnot),. — Biu»- digalîen. Mérignac (Baour), St-Avit, Pessac, la Brède, toutes les coll. Saucats (Lariey), Villandraut (Gamachot), St-Avit. — Aquitanieii. Parleboscq (La Guirande), Orthez (Paren), St-Etienne-dOrtlie, Salies- de-Béarn, coll. Degrange-Touzin. Manciet (Gers), coll. Peyrot. — Hel- vélien. — 310 — PARALLELEPIPEDUM [Klein, 1753] Ag. 1846 em. (1). Coquille assez mince, parallèlépipédique, arquée aux extré- mités, asymétrique, tordue, inéquivalve ; dents nombreuses, les centrales petites, les latérales plus grandes et obliques; aire ligamentaire presque linéaire, formant avec le bord car- dinal l'axe de torsion; ornementation peu saillante en général (G. -T. : Arca tortuosa Lin. Viv.). Mayer a décrit un Arca Grateloupi des faluns d'Abesse (Landes) qui doit se rapporter à ce Genre. D'autre part, M. Sacco en a cité, dans le Tongnen (= Aquitanien) de la Ligurie, une espèce qu'il a assimilée à la forme du Nummulitique de l'Inde (A. kurracheensis d'Archiac). Entre ces formes eugéniques ou infranéogéniques et A. tortuosa, il y a une longue lacune pendant laquelle on n'en signale pas, jusqu'à présent au moins. Peut-être l'examen ultérieur d'individus fossiles, en meilleur état que ceux que nous avons pu examiner, révélera-t-il quelques différences dans la charnière ou les impressions internes de ces fossiles, par rapport au génotype vivant? Mais, pour le moment, il nous serait impossible de les séparer génériquement de ParaUelepipedum. 437. ParaUelepipedum Grateloupi [Mayer]. PL X, fig. 52. ? 1838. Arca semitorta Grat. Cat. Gironde, n° 635 (non Lin.). 1868. Arca Grateloupi May. Cat. Mus. Zurich. 3, p. 68. 1874. Tourn Journ. Conch., XXII, p. 304, pi. X, fig. 3. « Coquille oblongue-elliptique, demi-tordue, comprimée, si- nueuse au milieu, inéquivalve, inéquilatérale, épaisse; ornée de nombreuses costules radiales aplaties, souvent bifides ou alternées, les postérieures ténues, presque effacées; côté anté- rieur le plus court, terminé en angle aigu; côté postérieur dilaté, obtusément caréné, obliquement comprimé, tronqué orthogonalement; bord palléal arqué en avant, rectiligne en (1) Elym. : 7raoaXXr ( Xoç, ïr.irAoov ', ce qui explique pourquoi il serait incorrect d'écrire, comme on le l'ail souvent, Parallelipipedum. — 311 - arrière; crochets petits, obtus, obliques; aréa étroite, longue, déclive, peu sillonnée; bord cardinal presque droit, étroit au milieu, sensiblement élargi à ses extrémités; dents latérales fortes, rapprochées, anguleuses » (Mayer). R. D. — Nous devons nous borner à reproduire la traduction de la diagnose originale latine et la figure donnée plus tard par Tournouër ; nous n'avons pu, en effet, nous procurer aucun spécimen du test de cette rare et curieuse coquille. D'après Mayer et Tournouër cette belle espèee fossile est proche parente de A. semi-torta L. des mers de Chine; elle s'en distingue cependant par une forme moins tordue, plus aplatie; par son côté antérieur pointu et anguleux, au lieu d'être arrondi; par son côté postérieur tronqué carrément, par ses côtes moins nombreuses, plus lar- ges ; par sa charnière étalée en éventail des deux côtés, portant des dents plus nombreuses, plus serrées et plus longues. Tournouër signale l'analo- gie de notre fossile avec A. kurracheensis d'Archiac des couches nummu- litiques (ou peut-être oligocéniques!) de la chaîne d'Hà!a ; dans l'Inde; les formes actuelles de ce groupe sont cantonnées dans le Pacifique. Loc. — St-Paul-lès-Dax (Abesse), très rare, trois valves recueillies par Tournouër; Léognan (molasse?), un moule interne (PI. X, fig. 52), coll. Benoist. — Burdigalicii. F03SULARCA Cossm. 1887. Coquille oblongue, subquadrangulaire, subéquilatérale, iné- quivalve à surface treillissée; crochets écartés, séparés par une aire ligamentaire assez étroite qui porte sous le crochet une petite fossette triangulaire bien limitée, au fond de la- $ quelle on distingue de petits sillons per- Fic ;- [ }-~ Fo f uiarca qua- . . ° drilatera Lamk. Eoc. pendiculaires au bord; dents presque égales, plus ou moins obliques (G. -T. : Arca quadrilatera Lamk. Eoc). Par sa fossette ligamentaire, ce Genre est — en quelque sorte — inter- médiaire entre les Arcidœ et les Limopsklse; mais outre que cette fosse. te est striée, tandis que celle de Limopsis est lisse, la disposition des dents, la forme et l'ornementation des valves, l'inclinaison de l'aréa (120°) par rapport au plan de commissure des valves, rattachent Fossularca à la Famille Arcidœ. Ce n'est pas une Section d'Arcrt, mais un Genre bien — 312 — distinct à cause de sa fossette plus ou moins étendue non chevronnée; il y a — il est vrai — des espèces d'Arca chez lesquelles l'aire ligamentaire est striée par la trace des accroissements des dents sériales; mais ces stries n'ont aucune analogie avec celles qui n'existent que dans l'intérieur de la fossette de Fossularca et qui, par conséquent, ne correspondent nul- lement aux dents de la charnière. Fossularca s. str. a débuté à la base de l'Eocène (A. Cossmanni de Laub.) et a vécu jusque dans le Miocène; les formes pliocéniques et actuelles appartiennent à la Section ci-après. Sect. Galactella Cossm. 1911. — Même forme et même ornementation que Fossularca s. str. ; mais l'aire ligamentaire est plus largement ouverte, de sorte qu'elle occupe une grande partie de l'espace triangulaire compris entre le bord supé- rieur et le bord cardinal; c'est néanmoins une fossette très superficielle, couverte de stries perpendiculaires; charnière arquée sur son contour inférieur, avec des dents sériales nombreuses, serrées au milieu, plus écartées et obliques aux extrémités; bord finement denticulé (G. -T. : Arca lactea Lin. Viv.). Il y a évidemment une différence sectionnelle entre l'étroite fossette de Fossularca et le large triangle de Galactella; la plupart des autres carac- tères sont les mêmes, sauf que le bord est crénelé au lieu d'être lisse. Sect. Scapularca Cossm. 1912. — Il est impossible de con- fondre avec Anadara — comme l'a fait l'auteur du Catalogue illustré de l'Eocène (1887) — ces coquilles modioliformes sur l'aréa desquelles on peut distinctement cons- tater l'existence d'une fossette striée perpen- diculairement, bien plus largement ouverte FlG 15 _ Scapu _ toutefois que celle de Galactella : il résulte gjï scapuhna de cette constatation — qui n'avait pas encore été signalée — que les coquilles éocéniques du groupe d'^1. scapulina Lamk. doivent former une Section différente de Fossularca. — 313 — 438. Fossularca papillifera [Hœrnes]. PL X, fig. 19-22. 1865. Arca papillifera Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p. 338, pi. XLIV, fi-g. 7. 1895. — Cossm. hoc. cit., p 17, pi. V, fig. 16-18. 1898. — Sacco. Loc. cit., XXVI, p. 20, pi. III, fig. 28. « Taille assez petite; forme un peu convexe, déprimée au milieu, subrhomboïdale, inéquilatérale, côté antérieur arrondi; côté postérieur obliquement tronqué; bord palléal rectiligne et parallèle au bord cardinal; crochets saillants, obliquement gonflés, situés au tiers de la longueur, du côté antérieur; surface externe élégamment ornée de petites perles, plus allon gées du côté postérieur, régulièrement disposées en séries rayonnantes et concentriques, disparaissant quand le test est usé. » « Charnière composée de sept ou huit dents antérieures et de treize à quinze dents postérieures, également inclinées en sens opposé, croissant à partir de la minuscule fossette située sous le crochet; surface interne obscurément rayonnée jusqu'à la ligne palléale; impressions allongées. Bords non crénelés. » Dim. Diam. a. -p. 11 mill.; diam. u.-p. 6,5 mill. R. D. — « Les exemplaires de St-Avit sont un peu plus allongés que ceux du Bassin de Vienne; mais leur ornementation est identique » ; nous ne pensons pas qu'on puisse attribuer à cette seule différence la valeur d'une mutation ancestrale, d'autant plus que nous ne connaissons l'espèce de Hœrnes que d'après les figures que cet auteur en a publiées, et qu'il faut comparer les échantillons eux-mêmes avant de se décider à les sépa- rer définitivement, d'après l'inspection de la fossette qui est précisément indiquée d'une manière très défectueuse sur les figures en question. « Il existe dans le Bassin de Paris une espèce très voisine (F. marga- ritula), beaucoup moins transverse, dont le bord palléal est finement cré- nelé et dont la surface dorsale ne porte pas de dépression médiane ». On remarquera que l'aire ligamentaire et lisse est ici assez élevée, presque aussi longue que la valve, et qu'elle est dans un plan presque orthogonal par rapport à celui de la commissure des valves. M. Sacco a séparé une var. angulatella qu'il nous semble bien difficile de distinguer de la forme typique. Tome LXVI. 20. - 314 — Loc. — Martillac, valve gauche (PI. X, fig. 19-20); Lucbardez (cantine de Bargues), valve droite (fig. 21-22); coll. Degrange-Touzin. St-Avit, toutes les collections. La Brède (la Salle), coll. Degrange-Touzin. Méri- gnac (Piganeau). — Aquitaiiieii. Saucats (Peloua), coll. Degrange-Tonzin. Léognan (Coquillat). Rare. — Burdigalîen. 439. Fossularca peyrerensis nov. sp, PI. X, fig. 45-47. Taille petite; lorme convexe, capsuloïde, subrhomboïdale, inéquilatérale, côté antérieur assez court, arrondi; côté anté- rieur obliquement tronqué, quoique un peu arqué, faisant un angle de 150° avec le bord cardinal; bord palléal légèrement convexe, néanmoins parallèle au bord cardinal, raccordé par des arcs de cercle très inégaux avec les contours latéraux; crochets gonflés, opposés ou à peine prosogyres, assez écartés, situés aux deux cinquièmes de la longueur, du côté antérieur. Aire subumbonale assez élevée, incurvée, faisant un angle de 120° avec le plan de commissure des valves; sa surface est entièrement lisse et terne, et la fossette du ligament se réduit à une étroite rainure perpendiculaire sous les crochets qu'elle relie directement. Surface dorsale bombée, déprimée ou même excavée sur la région anale; ornementation composée de nombreuses séries rayonnantes d'aspérités trigones ou plutôt semiconiques, très serrées, qui se détachent fréquemment par l'effet de la fossi- lisation, de sorte que le test paraît chauve, avec des traces de ponctuations rayonnantes et concentriques qui délimitent l'emplacement des aspérités disparues. Plateau cardinal relativement épais et court, arqué sur son contour inférieur, muni de dents sériales assez grossières pour la taille des valves, six ou sept en avant, dix à douze en arrière, un peu en éventail aux extrémités, peu réduites au milieu, occupant presque toute la hauteur du plateau. Impres- sions musculaires allongées, inégales; impression palléale parallèle au bord lisse, au milieu, sauf quelpues fines créne- lures sur les contours latéraux. — 315 — Dim. Diam. a. -p. : 8,5 mill. ; diam. u.-p. : 7 mill. ; épais- seur des deux valves réunies : 6 mill. R. D. — Il n'est pas possible de confondre cette espèce avec F. papil- lifera qui a une forme beaucoup plus allongée dans le Sud-Ouest, et même, dans le Bassin de Vienne, avec une forme moins globuleuse, un bord palléal moins rectiligne, une ornementation formée de perles au lieu d'aspérités semiconiques; celles-ci sont d'ailleurs plus serrées chez F. peyrerensis ; mais, même quand cette ornementation a disparu — ce qui est la majorité des cas chez les deux espèces — on peut distinguer l'es- pèce de Peyrère par sa forme plus courte et plus arrondie, par ses dents moins nombreuses et moins décroissantes au milieu. Il est probable que c'est à cette espèce qu'il y a lieu de rapporter les spécimens belvétiens que Benoist a confondus avec A. papillifera Hœrnes. Loc. — Peyrehorade (Peyrère), peu rare; types (PI. X, fig. 45-47), coll. Baulin ; coll. Degrange-Touzin. Saucats (la Sime), fide Benoist. Salles (M in Débat), coll. Degrange-Touzin? — Ilelvétien. 440. Fossularca (Galactellà) mlocaenica nov. mut. PI. X, fig. 37-40. 1909. Arca (Fossularca) lactea Dollf. Essai étage Aquit., p. 25, n° 124 {non L.). Test assez épais. Taille grande pour le Genre ; forme convexe, trapézoïdale, oblongue, inéquilatérale, côté antérieur court et arrondi; côté postérieur faiblement arqué, obliquement sub- tronqué; bord palléal rectiligne au milieu, raccordé par un quart de cercle avec le contour buccal, et par un angle arrondi avec le bord anal; crochets saillants et gonflés, un peu proso- gyres, écartés, situés au tiers de la longueur, du côté anté- rieur. Aire ligamentaire largement ouverte, occupant presque tout l'espace triangulaire compris entre le bord supérieur et le bord cardinal; sa surface est finement striée perpendicu- lairement à la base du triangle, et on y distingue également deux ou trois lignes horizontales de l'accroissement du bord cardinal. Surface dorsale peu bombée au milieu, portant — surtout — 316 — dans la région umbonale — la trace d'une dépression médiane qui s'efface graduellement sans atteindre le bord; région anale excavée, limitée par un angle très arrondi; ornementation composée de fines costules rayonnantes, un peu plus saillantes de place en place, mais sans régularité (6-4-2-2-4-2...), un peu plus grosses et plus régulières sur la dépression anale, fine- ment granuleuses à l'intersection des lignes d'accroissement. Il s'agit là d'individus très frais, mais quand la surface est usée, il ne reste que les ponctuations des interstices des côtes. Bord cardinal arqué sur son contour inférieur, très étroit au milieu, supérieur à la moitié de la longueur des valves, muni de dents sériales nombreuses, très serrées au milieu, plus écartées et un peu obliques aux extrémités. Impression du muscle antérieur arrondie; impression postérieure qua- drangulaire; impression palléale parallèle au bord finement denticulé. Dim. Diam. a. -p. : 15,5 mill. ; diam. u.-p. : 9 mill. R, D. — Ce n'est pas sans hésitation que nous avons définitivement renoncé à identifier avec l'espèce méditerranéenne les échantillons du Sud-Ouest; il est incontestable qu'ils y ressemblent étroitement et il faut y regarder de très près pour démêler des critériums différentiels présen- tant une certaine constance; il y en a deux principaux : d'abord la coquille est plus transverse en général, quoique certains spécimens gérontiques s'épaississent en hauteur; en second lieu et surtout, l'aire ligamentaire est beaucoup plus ouverte et plus étendue en longueur, car elle occupe — à très peu près — tout l'espace triangulaire situé au-dessous des crochets, et il ne reste — de part, et d'autre — qu'une étroite zone lisse. Ce dernier caractère a une réelle importance ; M. Dollfus l'attribue à la var. lactacea Wood, du Crag, à laquelle l'auteur a d'ailleurs lui-même renoncé; mais nous avons pu nous assurer que son aire ligamentaire ressemble à celle des individus du Pliocène et de la Méditerranée. Les individus de la Touraine sont en général roulés, cependant il nous semble qu'ils ont bien l'aire de F. miocsenica; nous n'avons pu conclure en ce qui concerne ceux du Bassin de Vienne, du Portugal et ceux de Colli Torinesi (coll. Cossmann) qui ne sont pas suffisamment dégagés. Nous ne citons donc aucune référence en synonymie, pas même Benoist qui a omis l'espèce. Nos spécimens du Pliocène se rapportent bien au véritable F. lactea. Loc. — Saucats (Peloua), type (PL X, fig. 37-40), coll. de Sacy; toutes — 317 — les coll. Dax (Mandillot, Cabannes, Maïnot), Mérignac, toutes les coll., etc. — Rurdicjalieii. BATHYARCA Kobelt, 1891. Coquille abyssale, petite, globuleuse, à valves inégalement ornées, arrondie en forme de secteur coupé avec des angles nets par le bord cardinal; aire ligamentaire étroite; scalène, lisse, avec une fossette réduite à une simple rainure perpen- diculaire sous le crochet; dents sériales peu nombreuses, divergeant en éventail, les postérieures plus longues et plus divergentes que les antérieures, interrompues au milieu; impressions musculaires subégales; bord festonné (G. -T. : A. pectunculoides Scacchi. Viv.). Les Arca limopsiformes dont la diagnose est ci-dessus forment un Genre bien caractérisé qu'on ne peut confondre avec Fossularca à cause de leur forme et de leur rainure (quoique la fossette soit cependant très réduite chez certaines espèces de Fossularca miocéniques), surtout à cause de leur ornementation très différente qui varie d'une valve à l'autre. En résumé, c'est la dernière forme de transition entre les Arcidœ et les Limopsidse, mais leur habitat est tout autre. Peut-être doit-on rapporter à ce Genre une microscopique coquille de l'Eocène des environs de Paris, connue sous le nom A. lissa Bayan (= A. lœvigata Caillât), attendu que ses valves ne sont pas lisses ni ornées l'une et l'autre de la même manière? S'il en est réellement ainsi, le G. Bathyarca aurait une origine plus ancienne qu'on ne le croyait. 441. Bathyarca polyfasciata [Sism.J. PI. X, fig. 48-51. 1842. Arca polyfasciata Sism. Syn. métb., Ire éd , p. 20. 1842. — Sism. Osserv. terz. Piem., n° 5. 1847. Michelotti . Desc. foss. mioc, p. 104, pi. III, fig. 8-11. 1852. Arca polyfasciata d'Orb. Prod., III, p. 124, 26e et., no 2330. 1868. Arca multifasciata Mayer. Cat. foss. tert. Mus. Zur., III, p. 97. 1898. Bathyarca pectunculoides Scacchi, var. polyfasciata Sacco. Loc. cit., XXVI, p. 12, pi. II, fig. 36-40. Test mince. Taille petite; forme très convexe, obliquement — 318 — arrondie, inéquilatérale; côté antérieur plus court et un peu plus atténué que le côté postérieur; leur contour forme une courbe circulaire qui est en continuité avec celle du bord pal- léal, recoupée par le bord cardinal sous des angles inégaux, 100° en avant, 150° en arrière; crochets gonflés, pointus, proso- gyres, peu écartés, situés vers les deux cinquièmes de la lon- gueur, du côté antérieur. Aire ligamentaire assez étroite et scalène, un peu plus élargie en avant du crochet; elle paraît lisse sur nos spécimens, mais un échantillon de l'Helvétien du Piémont montre nettement une rainure ligamentaire, per- pendiculaire sous le crochet. Surface dorsale régulièrement bombée, à peine déprimée vers les angles latéraux, couverte de filets rayonnants et serrés, presque partout équidistants, treillissés par des accroissements assez réguliers; sur la valve droite, ce sont les filets qui pré- dominent; sur la valve gauche, ce sont au contraire les plis concentriques. Aucune trace de granulations que l'usure aurait fait disparaître. Plateau cardinal peu épais, légèrement arqué, muni de six dents sériales en éventail, du côté antérieur, et de neuf dents plus petites, également divergentes, en arrière; entre les deux séries est une courte interruption édentée sous le crochet. Impressions musculaires arrondies, presque égales; impres- sion palléale voisine du bord qui est très finement festonné sur le contour seulement. Dim. Diam. a. -p. : 5,5 mill. ; diam. u.-p. : 4,5 mill. ; épais- seur d'une valve : 2,25 mill. R. D. — L'assimilation de notre fossile d'Aquitaine avec l'espèce du Piémont ne nous parait pas douteuse d'après la comparaison avec les valves de Colli Torinesi (coll. Cossmann); seule, Taire ligamentaire parait plus large chez ces dernières, il est vrai que leur taille est presque dou- ble. Nous n'avons pas suivi M. Sacco qui considère B. polyfasciata comme une simple variété, identique à B. septentrionalis Sars ; car il nous semble bien que B. polyfasciata est une mutation entièrement distincte et plus oblique, tandis que — d'après la figure publiée par Hœrnes — B. pisum est une coquille plus atténuée en avant que notre coquille du Sud-Ouest, avec une large aréa. — 319 — La présence d'une rainure sur cette aréa, quoiqu'elle ne soit pas visible sur nos spécimens — rapproche évidemment Bathyarca de Fossularca, et en particulier, de F. peyrerensis, quoique ce dernier soit plus rhomboïdal; mais le système de l'ornementation est radicalement différent, et chez Bathyarca, les valves sont inéquisculptées. Loc. — St-Ftienne-d'Orthe, rare; plésiotypes (PI. X, fig. 48-51), coll. Degrange-Touzin. Peyrère, une valve gauche, coll. Raulin. — Hel- vétîeia. Famille LIMOPSID.E Dali, 1895. Coquille pectunculoïde, équivalve ou à peu près; ligament alivinculaire, partiellement immergé dans une fossette c.hon- drophore; aréa petite; pied long-, prolongé aux extrémités antérieure et postérieure, arqué, étroit, sillonné, byssifère; palpes branchiaux restreints; charnière avec deux séries de dents divergentes. Dans cette Famille, l'auteur a classé trois Genres Limopsis, Trigonocœlia (= Trinacria Mayer) et Cnisma, ce dernier avec un point de doute tout à fait justifié, car il n'a pas de fossette et doit être placé près de Pectun- culus. La séparation d'une Famille — pour ces coquilles pectunculoïdes à fossette chondrophore et à impressions musculaires très inégales — s'im- posait évidemment. Sur les deux premiers Genres, le premier seul est représenté dans le Néogène; Quant à Trinacria il est presque exclusivement éocénique. Cependant M. Dali en a décrit une espèce provenant de l'Aquitanien de la Floride (T. Meeki, Tert. Flor., III, 1898, p. 604, pi. XXXII, fig. 17). LIMOPSIS Sassi, 1827. (= Trigonocœlia Nyst. et Gai. 1835). S. str. — Coquille ovale-arrondie, oblique, assez épaisse, épidermée et velue; crochets presque médians; charnière épaisse, comportant deux séries inégales de dents en évent il, qui se rejoignent sous la fossette chondrophore et isocèle; impressions des adducteurs très inégales; commissure des valves non crénelée (G. -T. : Arca aurita Br. Plioc). On trouve de véritables Limopsis dans l'Eocène; mais Fischer attribue, — 320 - dans son Manuel (p. 979), une origine bien plus ancienne à ce Genre qu'il cite dans le Trias; M. Dali a reproduit ce renseignement sans le contrôler. Pour nous, qui avons pu vérifier que Pectunculus ooliticus Buv. n'a pas de fossette sous le crochet, l'existence de Limopsis dans le système mésozoï- que — et, a fortiori, dans le Trias — nous paraît très problématique. On doit, comme l'a fait M. Sacco, en séparer le Sous-Genre suivant : Pectunculina d'Orb. 1843 (= Cosmetopsis Rovereto, 1898). — Forme oblique, souvent assez convexe et gibbeuse ; surface ornée de sillons concentriques, croisés par des rayons assez fins; charnière arquée, dents sériâtes perpendiculaires en avant, interrompues sous le crochet, très obliques en arrière; impres- sion de l'adducteur postérieur limitée par une côte interne à laquelle correspondent quelques crénelures sur la région anale de la commissure des valves (G. -T. : Pectunculus scalaris Sow. Eoc). Ce Sous-Genre se distingue de Limopsis non seulement par son orne- mentation, caractère qui — à lui seul — ne justifierait aucunement la séparation même d'une Section, mais surtout par sa charnière à dents perpendiculaires en avant, interrompues au milieu et très obliques en arrière; en outre, par sa côte interne, souvent dédoublée vers le bord où apparaissent quelques crénelures inconnues chez Limopsis. Le Sous-Genre Pectunculina — qui a la même longévité que Limopsis — s'appliquait, pour d'Orbigny à l'ensemble des Limopsidœ ; mais à l'exemple de M. Sacco, nous l'approprions — par voie d'élimination — à la première espèce citée : L. scalaris; dans ces conditions il a complètement pour synonyme Cosmetopsis créé postérieurement pour le même génotype. 442. Limopsis Dumasi nov. sp. PL VII, fig. 4-6. Test assez épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme subrhomboïdale, médiocrement convexe, inéquilatérale; côté antérieur largement arrondi, plus court que le côté postérieur qui est obliquement tronqué et presque rectiligne; bord pal- léal arqué dans le prolongement du contour buccal, faisant un angle très largement arrondi — ou plutôt raccordé en arc de cercle — avec la troncature anale; crochets un peu sail- lants, gonflés, opposés, situés aux trois septièmes de la Ion- — 321 — gueur, du côté antérieur; bord supérieur un peu plus déclive en arrière qu'en avant du croehet. Surface dorsale bombée au milieu, un peu déprimée sur la région anale, irrégulièrement plissée par les accroissements qui sont, en outre, festonnés par des costules rayonnantes, plus ou moins visibles; il y a même des spécimens, peut-être usés, qui semblent presque lisses. Charnière épaisse, dont le contour inférieur est arqué sur- tout en arrière; sept dents sériales en avant, cinq en arrière, se rejoignant sous la fossette, les postérieures plus épaisses et plus écartées, disposées en éventail; au centre de Faire du ligament, une fossette isocèle et profonde s'étend du crochet jusqu'aux dents sériales; elle est relativement peu ouverte au sommet. Impressions musculaires extrêmement inégales et inéqui- distantes : l'antérieure, petite, bien gravée à l'extrémité des dents sériales, la postérieure largement arrondie en bas de la troncature anale; impression palléale très voisine du bord lisse, séparant la région interne et cariée d'une bande lisse et taillée en biseau, qui forme la commissure des valves. Dim. Diam. a. -p. : 9 mill.; diam. u.-p. : 9,5 mill. R. D. — Lorsque 1 on compare notre espèce avec L. aurita Br., on trouve qu'elle est beaucoup plus rectiligne sur la troncature anale, par conséquent plutôt rhomboïdale que trigone comme l'autre coquille; en outre, sa fossette cbondrophore est beaucoup moins largement ouverte que celle de L. aurita dont les impressions musculaires sont encore plus inéquidistantes, et dont les plis d'accroissement sont plus régulièrement disposés en gradins M. Sacco a — il est vrai — distingué une variété taurinensis plus lisse que le type, mais il n'en a pas figuré la vue interne; d'antre part, la var. taurobliqua est beaucoup plus étroite que notre coquille. Loc. — Saubrigues, deux valves (PI. VU, fig. 4-6), coll. Dumas. St-Jean-de-Marsacq, coll. Bial Neuville — Tortonicii. 443. Limopsis {P e et une u lu ut) minuta [Phil.J. PL VII, fig. 9-12. 1814. Arca granulata Br. Concb subap , II, p. 485 (non Lamk.). 1830. Pectunculus granulatùs Borson. Cat. Mus. 'lui-., p. 646. — 322 — 1836. Pectunculus minutus Phil. En. moll. Sic., I, p. 63. pi. V, fig. 3. 1852. Limopsis minuta d'Orb. Prod III p. 121, 26e et. no 2689 [e X parte). 1865. Limopsis anomala Hœrnes. Tert. Beck. Wien, II, p. 312, pi. XXXIX, fig. 3 (sol. non Eichw.) . 1868. Trigonocœlia Brocchii Mayer. Cat. tert. Mus. Zur., p. 57. 1898 . Limopsis (Pectunculina) anomala, var. minuta Sacco. Loc. cit. , XXVI, p. 41, pi. X, fig. 11-18. Taille petite; forme ovale-oblique, peu convexe, inéquila- térale; côté antérieur plus court et plus brièvement arrondi que le côté postérieur qui est largement ovale; bord palléal convexe surtout en arrière; crochet petit, peu saillant, non prosogyre, situé aux trois septièmes de la longueur, du côté antérieur. Surface dorsale médiocrement bombée, non dépri- mée à l'arrière, ornée de sillons concentriques et régulière- ment écartés, que croisent des rayons plus visibles vers les bords que dans le voisinage du crochet. Aire ligamentaire étroite et scalène, marquée de lignes horizontales d'accroissement, munie sous le crochet d'une profonde fossette à peu près isocèle. Charnière peu développée, arquée au milieu sur son contour inférieur : série antérieure de quatre dents perpendiculaires et presque égales; série pos- térieure séparée de la précédente par une assez longue inter- ruption édentée, et composée de quatre dents très obliquement inclinées. Impressions musculaires très inégales, la postérieure grande et limitée par une côte rayonnante interne, dédoublée vers vers le bord palléal qui est taillé en biseau et inégale- ment crénelé, presque lisse vers le milieu. Dim. Diamètres : 4,5 mill. R. D. — L'échantillon que nous venons de décrire ressemble complè- tement à ceux du Pliocène d'Italie (coll. Cossmann) que M. Sacco a rap- portés à l'espèce de Philippi et dont il n'a fait qu'une variété de l'espèce d'Eichwald (Pectunculus anomalus 1853). Or nous avons sous les yeux des valves de Volhynie (coll. Cossmann) qui représentent exactement la forme typique qu'Eichwald a décrite, et nous trouvons des différences considé- rables avec L. minuta Phil. : non seulement la forme de ces échantillons polonais est beaucoup plus oblique, nettement trapézoïdale, mais encore la charnière ne comporte que trois dents à l'avant, moins perpendicu- — 323 — Saires; le bord palléal est plus complètement crénelé; enfin leur surface externe est fortement comprimée sur toute la région anale correspondant à la troncature oblique, et l'ornementation est beaucoup plus fine ; ce sont donc deux espèces bien distinctes, qu'il n'est pas possible de confondre, mais qui appartiennent l'une et l'autre — par leur charnière — au S. -G Pectunculina d'Orb. D'autre part. L Aradasi Testa, a une forme beaucoup plus élevée que L minuta, en spatule, mais moins oblique et moins trapézoïdale que L, anomala, ses plissements internes sont plus nombreux et se prolongent davantage vers la partie médiane; sa surface est très finement quadrillée; c'est donc une troisième espèce non moins distincte. Nous n'avons pas vu de spécimens provenant du Bassin de Vienne; mais, d'après la figuration de l'ouvrage de Hœrnes, il parait probable qu'il a réuni sous le nom anomala les deux formes, celle d'Eichwald (fig. 2) et celle de Philippi (fig. 3); aussi n'avons-nous cité que cette der- nière en synonymie. IjOC. - Peyrère, une seule valve (PI. VII, fig. 11-12), coll. Raulin. — Helvétien. Saubrigues, une seule valve (PI. VII, fig. 9-10), coll. Benoist. — Tor- tonien. 443. Limopsis (Pectunculina) capsula Cossmann. PL VI, fig. 21-25. ' 1895. L. capsula Cossm. Assoc. fr. Av. Se. (C. de Bord.), p. 16 (tir. à p.j, pi. IV, fig. 32-33.' « Taille très petite; forme convexe, arrondie, oblique, iné- quilatérale ; crochets gonflés, opposés, situés au tiers de la lar- geur, du côté antérieur; côté postérieur plus dilaté, non tron- qué; surface régulièrement ornée de sillons concentriques, ponctués par des rayons équidistants. Charnière composée de trois dents courtes et épaisses en avant de la fossette liga- mentaire qui est très petite, et de trois dents obliques et inégales en arrière de cette fossette; surface interne piissée vers le bord palléal qui est crénelé sur la plus grande partie de son contour. » Nous faisons figurer un topotype deux fois plus grand que le type primitif, et dont l'examen nous a suggéré les rensei- gnements complémentaires ci-après : la forme des valves est - 324 — nu peu plus haute que large ; le plateau: cardinal est assez: élevé, très peu arqué snr son contour inférieur; il porte six dents sériales de chaque côté, seulement il n'y en a guère que trois qui soient un peu épaisses, verticales en avant, obli- ques en arrière ; les autres sont minuscules et se rejoignent presque sous la fossette qui est largement ouverte, presque orthogonale. Une double arête interne, très obsolète, rayonne vers le quart de la largeur, du côté anal, et elle aboutit — sur le biseau patléal — à deux plis un peu plus marqués que les crénelures voisines; d'ailleurs celles-ci sont beaucoup plus saillantes sur la région buccale. Sur la surface dorsale, les plis concentriques sont beaucoup plus marqués que les rayons ponctués, Dim, Diam. a. -p. : 5,5 mill.; diam. u.-p. : 2 mill. (mesures prises sur le nouveau topotype). R. D. — « Cette petite coquille a beaucoup d'analogie avec L. chonioi- des, de l'Eocène inférieur, mais s'en distingue par son côté postérieur non tronqué; si on la compare à L. decisa Det'r., des t'aluns de la Touraine, on remarque qu'elle est beaucoup plus arrondie et moins haute ; quant à L. obliqua Lea, de l'Eocène de l'Alabama, elle a les dents plus nombreu- ses que celles de notre espèce, une forme moins convexe^ des sillons plus profonds. » Cette espèce n'a pas été comparée à L. anomala Eichw., qui représente le même groupe Pectunculina dans le Néogène de la Méditerranée : mais ce dernier est une coquille plus haute et plus oblique, plus fortement ornée à l'extérieur, à charnière un peu différente et moins arquée à bord palléal plus régulièrement crénelé. 1 Loc — Saucats (M«» de Lagus), valve droite, type (PI VI, fig. 21-22), coll. Cossmann; Peloua, valve gauche un peu plus oblique (fig. 24-25), même coll.; topotype de Lagus (fig. 23), coll. Bial. — Bui'dicjalieii. TABLE DES MATIÈRES (ACTES 1912) Pages. A. Degrange-Touzin. — Contribution à l'élude de l'Aquitanien dans la vallée de la Douze (Landes) -5 .1. Lambert et Labrie. — Eludes géologiques el paléonlologiques sur le Boi'delais : .). Lambert. — Revision des Echinides fossiles dû Bordelais 15 M. Cossmann el A. Peyrot. — Conchologïe néogénique de l'Aquitaine . (suite) 121 PLANCHE I 1-4. 5-8. 9-12. 13-16. 17-10. 20-23. 24-25, 26-29. 30. 31. 32-33. 34. 35-38. 39-42. 43-44. 45-46. 47-50. 51-53. 54-57. 58-61. Grassatella Rallini Gossm. et Peyr. Grassatella Emille Gossm. el Peyr. Crassatella (Crassinella) concentrica Dj. id. var. tiza de Greg. ici. var. circinnaria Sacco. id. var. taurolsevis Sacco. id. var. elonr/atula Sacco. Astarte incrassata Br. mut. sallomacensis Cossmann et Peyrot. Astarte incrassata Br. mut. sallomacensis (à bords lisses). Astarte incrassata Br. mut. sallomacensis (à charn. inversée). Astarte aturensis Cossm. et Peyr. Astarte ingrassata Br. mut. sallomacensis Gossmann et Peyrot. Astarte ingrassata var. Deshayesi D.-T. Astarte Grateloupi Desh. id. mutation? id. var. latestriata Tour. Astarte Degrangei Gossm. et Peyr. Astarte (Goodallia) Mayeri Goss. et Peyr. id. DlGITARIA BURDIGALENSIS [Desh.]. 1/1 Si-Etienne d"Orthe. 1/1 Peyrehorade (Peyrère). 1/1 Parleboscq (laGuirande) 1/1 Rimbès. 1/1 St-Elienne-d'Orthe. 2/1 Saubrigues. 1/1 Saubrigues. 1/1 Salles (M'" Débat). 1/1 Salles (Mi" Débat). 1/1 Salles (le Minoy). 2/1 Dax (Maïnot). 1/1 Salles (Mi" Débat). 1/1 Clermont (Landes). 1/1 Saucats (la Sime). 2/1 Saucats (le Peloua). 1/1 Salies-de-Béarn. 2/1 Orthez (le Paren). 2/1 Léognan (Sangsueyre). 5/1 Saucats (Lagus). 2/1 Saucats (la Sime). Actes de la Société linnéenne de Bordeaux T. LXVI. Pl. I ■'ISS^- v. J 18 -21 22 23 * # ** 16 17 24 25 26 32 33 j+ 0$ <% A a «fc :; 37^"""-"^ 38 ^^^39 40 41 42 • «*> m ♦ -• A 43 47 48 52 53 Clichés Tortellier Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. Cossmann et A. Peyrot ' 60 l'botucoll. Tortellier, Arcueil (Seine) PLANCHE II 1-4. Digitaria digitaria [Linné] var? 5-6. Cardita crassa Dujardin. 7-8. Cardita elongata Bronn. 9-10. Cardita crassa Duj. var. sororcula May. 11-12. id. valve droite. . 13-14. Cardita elongata Bronn, valve droite.- 15-18. Cardita rusticana Mayer. 19-20. id. 21-22. Cardita Auingeri Hœrnes. 23-26. Cardita (Glans) trapezia Linné. 27-30. id. 31-32. Cardita Auingeri Hœrnes. 33-36. Cardita (Glans) Baulini Cossm. et Peyr. 37-38. Cardita (Glans) Syrtica Cossm. et Peyr. 39-42. Cardita (Glans) ruginosa Coss. et Peyr. 43-44. id. variété. 45-48. Cardita (Glans) Tournoueri Mayer. 49-52. Cardita (Glans) sallomacensis Cossm. et Peyrot. 53-56. Cardita (Glans) salbriacensis Cossm. et Peyrot. 3/1 St-Denis-d"01éron. 1/1 St-Paul (M'" de Caban-). 1/1 Saucats (le Peloua). 1/1 Pont-Pourquey. 2/1 Dax (Maïnot). 1/1 Mérignac. 1/1 Léognan (le Thil). 1/1 St-Morillon. 3/2 St-Etienne-d'Orthe. 2/1 Pont-Pourquey. 1/1 Parleboscq (laGuirande). 2/1 Ceslas. 3/2 Saubrigues. 1/1 St-Jean-de-Marsacq. 2/1 St-Etienne-d'Orlbe. 3/2 Peyrehorade (Peyrère). 1/1 Villandraut (Gamachot). 1/1 Salles (Largileyre). 3/2 Saubrigues. Actes i>k la Société linnéenne de Bohdeaux T. LXVI. Pl. H V ^ a .> m 28 29 J z> V J 33 Clichés Torlellier Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. Cossmvn> et A. Peyrot l'holncoll. Toriellier, Arcueil (SeiDej PLANCHE III 1-4. Venericardia (Megacardita) Jouanneti Basterot. 1/1 Salles (Largileyre). 5-6. Venericardia (Megacardita) var. conso- brina Cossm. et Peyrot. 1/1 Salles (Largileyre). 7-8. Venericardia (Cardiocardita) turonensis [1vol. et Peyr.]. 1/1 Baudignan. 9-12. Venericardia (Cardiocardita) monilifera [Dujardin]. 1/1 Escalans. 13-16. Cardita (Glatis) Johann^e Cossm. et Peyr. 17-20. Venericardia (Megacardita) Jouanneti, var. ponderosa Cossm. et Peyrot. 1/1 Salles (Largileyre). 21-24. Venericardia (Cardiocardita) subaffinis [Tourn.]. 3/2 Parleboscq (la Guirande). 25. Carditopsis inopinata Cossm. et Peyrot. 6/1 Saucats (M in de l'Eglise). Actes i>i la Sociéti linnéenne i>k Bordeaux i i.w i. ri . m l.rlclhrr Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. Cosshakk el A Pwm PLANCHE IV 1-4. Venericardia (Megacardita) Jouanneti Basl. var. bearnensis Gossm. et Peyrot. 1/1 Sallespisse. 5-8. Venericardia (Cardiocardlta) pinnula Baslerol. 9-12. Venericardia (Cardiocardlta) Matheroni [Mayer]. 13-14. Venericardia (Cardiocardlta) striatis- sima [Nysl]. 15-18. Venericardia (Cardiocardlta) ignorata Gossm. et Peyrot. 19-20. Venericardia (Cardiocardlta) profundi- sulcata [Mayer]. 21-24. Venericardia (Cardiocardlta) Linderi Gossm. et Peyrot. 25-29. Gardita (Lazariella) hippopea Bast. 30-37. id. var. merlgnacensis Cossm. et Peyrot. 1/1 Mérignac. 1/1 Saucats (Giraudeau). 1/1 Salles (le Minoy). 1/1 St-Denis-d'Oléron. 1/1 Salles. 3/2 Saucats (M in de Lagus). 1/1 Saubrigu.es. 1/1 Saucats (Lariey). Actes de la Société linnéenne de Bordeaux T. LXVI. Pl. IV Cllobéa Tortellier Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M fnssviw et A PvvnnT Pbotocoll. Tortellier, Areueil Sein PLANCHE Y 1-4. Pteromeris ntjculina [Dujardin]. 5-6. Unio Lacaziana Dupuy. 7-10. Pteromeris exigua [Dujardin]. 11-14. Pteromeris unidentata [Baslerot]. 15-16. id. mut. helvetica Cossm. et Peyr. 17-20. Venericardia helvetica Cossm. et Peyr. 21-24. Nu eu la Mayeri Hœrnes. 25-29. Garditopsis inopinata Cossm. et Peyr. 30-33. Nugula Degrangei Cossm. et Peyr. 34-37. Nucula Benoisti Cossm. et Peyr. 38-39. Nucula Sagyi Cossm. et Peyr. 40-41. id. 42-45. Nucula Jeffreysi Bellardi. 46-47. Nucula oligodonta Cossm. et Peyr. 48-51. Nucula aturensis Cossm. et Peyr. 52-56. Leda (Lembulus) emarginata Lamk. 57-58. id. 59-60. id. var. Sacyi C. et P. 61-64. Leda (Lembulus) Biali Cossm. et Peyr. 65-68. Leda (Lembulus) fragilis [Chemnitz]. 69-71. Leda (Lembulus) percalva Coss. et Peyr. 72-75. Leda (Lembulus) subl^evis Bellardi. 76-77. Nuculina burdigalica Cossm. et Peyr. 78-81. Malletia (Neilo) Raulini Cossm. et Peyr. 82-84. Yoldia longa Bellardi. 85-86. Tindaria inopinata Cossm. et Peyr. 87. Leda (Lembulus) percalva Coss. et Peyr. 89-91. Malletia Degrangei Cossm. et Peyr. 92. Pectunculus (Axinsea) bimaculatus [Poli]. 3/1 Salles (Largileyre). 1/1 La Brède. 3/1 Saucats (la Sime). 3/2 Dax (Maïnot). 3/2 Saucats (la Sime). 2/1 St-Etienne-d'Orthe. 1/1 Saubrignes. 6/1 Saucats (M in de Lagus) 2/1 Orthez (le Paren). 3/1 Saucats (M in de Lagus) 3/2 Salles (Largileyre). 2/1 Mérignac (le Pontic). 3/1 Saubrigues. 2/1 Saubrigues. 2/1 Dax (Maïnot). 3/2 Mérignac (le Pontic). 3/2 Saubrigues. 3/2 Léognan (le Thil). 2/1 Léognan (Coquillat). 3/1 Clermont (Landes). 2/1 Léognan (Coquillat). 2/1 Saubrigues. 1/1 Léognan (Coquillat). 3/2 Peyrehorade (Peyrère). 3/2 Saubrigues. 2/1 St-Jean-de-Marsacq. 2/1 Léognan (Coquillat). 1/1 St-Etienne-d'Orthe. 1/1 Saucats (la Sime). Actes de j.a Société linnéenne de Bordeaux T. LXV1. I'l. V Cliché» Torlellier Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. Cossmakn et A. Peyrot Pholncoll. Torlellier, Arcii PLANCHE VI 1-2. Yoldia Genei Bellardi. 3/1 3-4. Pectunculus (Axinaea) bimagulatus [Poli]. 1/1 5. Foldia Dumasi Gossm. et Peyrot. 1/1 6-8. id. 1/1 9-12. Yoldia affinis Bellardi. 3/2 13-16. Pectungulus (Axinaea) cor Lamk. 1/1 17-20. Yoldia Raulini Cossm. et Peyiv 2/1 21-22. Limopsis (Pectunculina) capsula Cossm. 3/1 23. id. 5/i 24-25. id. 3/1 26-28. Pectunculus (Axinaea) inflatus [Br.]. 1/1 29-30. Pectunculus (Axinaea) saucatsensis May. 1/1 Dax (M in de Cabannes). Saucats (la Sime). Léognan (Goquillat). Saubrigues. Saubrigues. Léognan (Goquillat). Peyrehorade (Peyrère). Saucats (M in de Lagus) Saucats (le Peloua). Saucats (M in de Lagus) Saubrigues. Salles (Largileyre). Actes de la Société linnéenne de Bordeaux T. LXVI. Pl. VI Clichés Tortellier ^oncnoiogrie neogrenique de I Aquitaine Par .M. Cossmakn el A. PnnoT PLANCHE VII 1-2. Pectunculus (Axinaea) saucatsensis May. 3. Pectunculus (Axinaea) bimagulatus [Poli]. 4-6. Limopsis Dumasi Cossm. et Peyr. 7-8. Nuculina Dumasi Cossm. et Peyr. 9-10. Limopsis (Pectunculina) minuta [Phil.]. 11-12. id. 13-14. Nuculina Dumasi Cossm. et Peyr. 15-20. Arca biangulina d'Orb. 21-23. Arca cf. grundensis Mayer. 24-25. Arca biangulina d'Orb. 26-29. Arca Emilie G. Dollfus. 30-33. Arca acaroides Cossm. et Peyr. 34-37. Arca (Anadara) giron dica Mayer. 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Saucats (la Sime). 3/2 Saubrigues. 6/1 Saubrigues. 3/2 Saubrigues. 6/1 Peyrehorade (Peyrère). 6/1 Saubrigues. 1/1 Saucats (le Peloua). 1/1 Ceslas. 1/1 Léognan (le Thil). 1/1 St-Avit. 3/2 Peyrehorade (Peyrère). 1/1 Saucats (v. d.), Léognan (v. g.). 4 H fc- !* f|-1T Concholog-iê néogénique de "l'Aquitaine" Par M. Cossmahn i'I A. Peyrot l'hotocull. Torlelllfr, Arcueil (Seioi») PLANCHE VIII 1-2. Arca (Anadara) girondica Mayer. 3-6. Arca (Anadara) diluvii Lamk. 7-11. Arca (Anadara) turoniensis Dujardin. 12-16. id. mut. aquitanica G. et P. 17-19. Arca (Anadara) cardiiformis Bast. 20-21. id. 22-25. Arca (Anadara) Daneyi Gossm. et Peyr. 26-28. Arca (Anadara) Fichteli Desh. 29-30. id. 31-32. id. mut. cestasen- sis Gossm. et Peyrol. 1/1 Saucats (v. d.), Léognan (v. g. 1/1 Saubrigues. 1/1 Saucats (Cazenave). 1/1 Mérignac. 1/1 Bazas (St-Gôme). 1/1 Mérignac (le Ponlic). 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Salles (le Minoy). 1/1 Ceslas. Actes de la Société linnéenne de Bordeaux T. LXVI. Pl. V11I Clichés Torlellier Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. Cossmann et A. Peyrot Photocoll. Torlellier, Arcueil (Seiue) PLANCHE IX 1-2. Barbatia barbata [Linné], 3-4. id. var. e/onja/a B.D.D. 5-7. Arga (Anadara) Okeni Mayer. 8-11. Barbatia sub-Helblingi [d'Orb.], mut. va- riabilis Mayer. 12-13. Barbatia sub-Helblingi [d'Orb.], mut. va- riabilis Mayer. 14. Carditopsis Kœneni Gossm. et Peyr. 15-18. Barbatia (Acar) bohemica [Reuss]. 19-22. Barbatia Sagvi Gossm. et Peyr. 23-24. Barbatia sub-Helblingi [d'Orb:], mut. va- riabilis Mayer. 25-26. Barbatia pr.enominata Cossm. et Peyr. 27-28. Barbatia sub-Helblingi [d'Orb.], mut. va- riabilis Mayer. 29-31. Carditopsis Kœneni Cossm. et Peyr. 32. Barbatia sub-Helblingi [d'Orb.]. 33-37. Barbatia (Acar) bohemica [Reuss]. mut. tauroclathrata Sacco. 1/1 Villandraut (Gamachot). 1/1 Dax (Mandillot). 1/1 Mérignac (Lorient). 1/1 Saucats (le Peloua). 1/1 Léognan (le Thil). 6/1 Noaillan (la Saubotte). 1/1 Saucats (le Pelona). 3/2 Sarcignan (Madère, Olig.) 1/1 Mérignac. 2/1 Saubrigues. 1/1 Léognan (le' Thil). 6/1 Noaillan (la Saubotte). 1/1 Salles. 1/1 Peyrehorade (Peyrère). Actes de la Société linnéenne de Bordeaux T. LXVI. Pl. î.v Cliché* Torlellier Conchologie néogénique de l'Aquitaine Par M. Cossmann et A. Peyrot Photocoll. Torlellier, Arcueil (Seine) I, i ■ ■'■■ iS*1 NI! !■■' .::■:! PLANCHE X 1-4. Barbatia barbât a [Linné], var. lithodo- moides Cossm. el Peyr. 5-6. Barbatia Biali Cossm. et Peyr. 7-9. Barbatia (Obliquarca) cf. postmodiolifor- mis Sacco. 10-13. Barbatia (Acar) ci.athrata [Defr.]. 14-15. Barbatia Degrangei Cossm. et Peyr. 16. Barbatia (Obliquarca) cf. postmodiolifor- mis Saeco. 17-18. Barbatia (Acar) clathrata [Defr.], var. acantlùs Fonlannes. 19-20. Fossularga papillifera [Hœrnes]. 21-22. ici. 23-24. Barbatia pr.eno.iinata Cossm. et Peyr. 25-26. id. 27-30. id. 31-32. Barbatia dentiens Cossm. et Peyr. 33-36. id. 37-40. Fossularga (Striarca) miocenica Cossm. et Peyr. 41-44. Arga (Pectinarca) burdigalina Mayer. 45-47. Fossularga peyreirensis Cossm. et Peyr. 48-51. Bathyarga polyfasgiata [SismondaJ. 52. Parallelipipedum Grateloupi [Mayer]. 53. Arca (Anadara) diluvii Lamk. 54-57. Barbatia (Soldania) galliga [Mayer]. 58. id. 59. Arca (Anadara) turoniensis Dujardin. 60. Arca (Anadara) diluvii Lamk. 61. Barbatia sub-Helblingi [d'Orb.]. 62. Arca (Anadara) Fichteli Desh. 1/1 Peyrehorade (Peyrère). 1/1 OrLhez (le Paren). 1/1 Mérignac. 1/1 Léognan (le Thil). 1/1 Sl-Avit. 1/1 Mérignac. 1/1 Dax (Mandillot). 3/2 Martillac. 3/1 Lucbarbez (cant. de Bargues). 1/1 Mérignac. 1/1 Léognan (le Thil). 3/2 Peyrehorade (Peyrère). 2/1 St-Elienne-d'Orlhe. 3/2 Peyrehorade (Peyrère). 1/1 Saucats (le Peloua). 2/1 Raucals (Giraudeau). 2/1 Peyrehorade (Peyrère). 3/1 • St-Elienne-d'Orthe. ■ 1/1 Léognan. 1/1 Saubrigues. 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Saucats (Cazenave). 1/1 Saubrigues. 1/1 Salles (Largileyre). 1/1 Salles (le Minoy). Actes de la Société linnéenne de Boudkalx T. LXV1. Pl. X 26 27 28 37 38 32 33 j H. Lamarque, fj A. Lambertie. COMMISSION DES PUBLICATIONS MM. Doinet. D r Muratet, Rozier. A. COMMISSION DES FINANCES MM. D r A. Baudrimont. Daydie. Lacouture. COMMISSION DES ARCHIVES MM. Dr Boyer, || A., §'.. D r Feytaud. Peyrot, || ï. (1| Fondée le 25 juin 1818. la Société Linnéenne de Bordeaux a élé reconnue comme Etablissement d'utilité publique, par ordonnance royale du 15 juin 1828. Elle a élé autorisée à modifier ses statuts, par décret du Président de la Républi- que du 25 janvier 1884. 4 PROCES-VERBAUX MEMBRES D'HONNEUR MM. Le Préfet de la Gironde. Le Président du Conseil général de la Gironde. Le Maire de Bordeaux. Cossmann (M.J, $£, 8, chaussée de la Muette, Paris. Decrais (Albert), G. 0. #. à Mérignac. Dollfus (G.), 45. rue de Chabrol, Paris. Linder, 0. f . || 1., 38, rue du Luxembourg, Paris. Loynes (de), p t., 24, allées de Tourny. Pérez, ifc, || I., 73, cours Pasteur. Vaillant (Léon), 0. ifc, || I., professeur au Muséum, Paris. Van Tieghem, C. ifc, p L, professeur au Muséum, Paris. MEMBRES HONORAIRES MM. Bial de Bellerade, || A., villa Esther, Monrepos (Cenon-La-Baslidel. Leymon (E. M.), à Floirac (Gironde). Lustrac (de), 50, rue Mandron. Mège (Abbé), à Pouyalet (Pauillac). Médoc. Neyraut, || A., 236, rue Sainle-Calherine. MEMBRES TITULAIRES et Membres à vie (*) MM. Abadie (D r ), $fe, à Bourg-sur-Gironde. Arné (Paul), 121, rue Judaïque. Artigue (Félix), 104, rue Mondenard. Ballion (D r ), || A., à Villandraul (Gironde). Bardié (Armand), p L, 49, cours de Tourny. Bargues (André), 85, rue Sainle-Eulalie. Baronnet, 213, nie de Saint-Genès. Barrère (D r P.), 5, place de Tourny. Baudrimont (D r Albert), 58, rue Turenne. Beille (lJ r ), || L, g, 35, rue Constantin. Bergon, 82, boulevard des Balignolles, Paris. Boutan, Professeur de Zoologie, Faculté des Sciences, 149, cours Saint. Jean. Bouygues, Ç| A., ç§, 16, rue Mathieu. Boyer (D r G.), || A., §, Faculté des Sciences. Breignet (Frédéric), || A., 10, rue de L'Eglise-Saint-Seurin. Brown (Robert), 159, avenue de la République, Caudéran. Cadoret (Yves). 17, rue Poquelin-Molière. Castex il. nui-). 44, rue Henri IV. Charron (D r L.), Saint-André-de-Cubzac. Dautzenberg (Philippe). 209, rue de l'Université, Paris. PROCES-VERBAUX 5 Daydie (Ch.)., rue Franlz-Despagnet, 65, Bordeaux-Saint-Auguslin. Degrange-Touzin (Armand), 157, rue de l'Eglise-Saint-Seurin. Devaux, || I.. 44, rue Millièrè. Directeur de l'Ecole de Sainl-Genès. Doinet (Léopold), 131, nie David-Johnston. Dupuy (D r Henri), fj A.. Villandraut (Gironde). Dupuy de la Grand'Rive (E.), || A., 36, Grande-Rue, Libourne. Durand-Degrange, || A., g, chàleau Beauregard, Pomerol (Gironde). Durègne, f| I., 309, boulevard de Caudéran. Duvergier, domaine de Gàillaves, Mérignac. Feytaud (D r ), préparateur à la Faculté des Sciences, 149, cours Saint-Jean. Gouin (Henri), 99, cours d'Alsace-el-Lorraine. Grangeneuve (Maurice), 32, allées de Tourny. Gruvel, $£, || I., 4, rue Lagarde, Paris (V e ). Guestier (Daniel), >fe, 41, cours du Pavé-des-Charlrons. Jacob (Charles), maître de conférences à la Faculté des,Sciences, 2, rue S le -Eulalie. Journu (Auguste), 55, cours de Tourny. Kunstler, #, fj I., Muséum d'histoire naturelle (Jardin-Public). if Labrie (Abbé), curé de Frontenac, Lacouture, 27, cours Balguerie-Slultenberg. Lalanne (D r Gaston), Ç| A., Castel dAndorle, Le Bouscat (Gironde). Lamarque (D r Henri), || A., 85, rue de Saint-Genès. ir Lambertie (Maurice), 19, rue Henry-Deffès. Lawton (Edouard), 94, quai des Gharlrons. Llaguet (D r B.), || A., pharmacien, 164, rue Sainte-Catherine. Manon (D r ), $£, médecin-major de l re classe en retraite, 35, cours Pasteur. M lle Maysonnade, 82, cours d'Alsace-el-Lorraine. ir Motelay (Léonce), || I., §, 8, cours de Gourgue. Muratet (D r Léon), || A., 1, place d'Aquitaine. Peragallo (Commandant), 0. $fe, 13, rue Leyteire. Peytoureau (D r ), 14, cours de Tourny. Pitard, U A., Ecole de Médecine, Tours. Preller (L.), 5, cours de Gourgue. Queyron, || A., médecin-vétérinaire, Grande-Rue, La Béole. Reyt (Pierre), Bouliac (Gironde). Rozier (Xavier), 7, rue Gouvion. Sabrazès (D r ), || I., 26, rue Boudel. Sallet (D r ), La Souterraine (Creuse). Sarrazin (M Ua L.), professeur au Lycée de. Jeunes Filles, 90, rue Mondenard. Sauvageau (Camille), professeur à la Faculté des Sciences, Bordeaux. Souleau (Joseph), 62, rue du Loup. Viault (D r ), %]JL L, Faculté de Médecine, place d'Aquitaine. 6 PROCES-VERBAUX MEMBRES CORRESPONDANTS (Les membres dont les noms sont marqués d'un • sont cotisants et reçoivent les publications). MM. Archambaud (Gaston), 9, rue Bel-Orme. if Blasius (W.), prof. Technische-Hochschule, Gauss-Slrasse, 17. Brunswick. Carez (L.), 18, Rue Hamelin, Paris. * Carnegie Muséum, à Piltsburg (Pensylvanie). Choffat (Paul), 13, rue Arco a Jésus. Lisbonne (Portugal). + Clark (Graham), Loyaine Row, 5, Newcastle-on-Tine (Angleterre). * Daleau (François), || L, Bourg-sur-Gironde. ir Dubalen, directeur du Muséum, Mont-de-Marsan (Landes). Dupuy de la Grand'Rive, boulevard Arago, 10, Paris. •k Ferton (C'h.), chef d'escadron d'artillerie en retraite, Bonifacio (Corse). * Fischer (Henri), 51, boulevard Saint-Michel, Paris (V e ). * Flick (Colonel), 0. #, || L, Grenade-sur-Garonne (H le -Garonne). * Gendre (D r Ernest), aux Barlhes, par Langoiran (Gironde). Gobert (D r E.), Mont-de-Marsan. Gosselet, -&, P L, doyen honoraire de la Faculté des Sciences, 18, rue d'Anlin, Lille. ir Hermann, 8, rue de la Sorbonne, Paris. Horvath (D r ), directeur de la section de zoologie, Budapesth. Hidalgo, Ilertad, n° 7, dupl. 2 e derecha, Madrid. Janet (Charles), 71, rue de Paris, à Voisinlieu, près Béarnais (Oise). * Lambert (Jules), rue Saint-Martin, 57, Troyes. Lamic, 2, rue Sainte-Germaine, Toulouse. ■^ Lastours (D r Louis de), place Dumouslier, 5, Nantes. if Lataste (Fernand), Cadillac. if Maxwell (J.), || A., substitut du Procureur général, rue Yillaret-de-Joyeuse. 6, Paris (xvn c ). * Oudri (Général), G. 0. %, à Durtal (Maine-et-Loire). if Péchoutre, $fe, au lycée Louis-le-Grand, rue Toullier, 6, Paris. if Perdrigeat, pharmacien de l re classe de la marine, Hôpital maritime, Roche- forl-sur-Mer. * Peyrot, || L, 31, rue Wustemberg. Ramon-Cajal, laboratoire d'histologie de la Faculté de Médecine de Madrid. if Ramon-Gontaud, fj L, assistant de géologie au Muséum national d'histoire naturelle, 18, rue Louis-Philippe, Neuilly-sur-Seine. Regelsperger (G.), 85, rue de la Boélie, Paris. Rochebrune (de). || L, assistant au Muséum, 55, rue Buffon, Paris. if Rondou, f| A., instituteur, Gèdre (Hautes-Pyrénées). if Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, Paris. if Vasseur, professeur à la Faculté des Sciences, Marseille. Vendryès, chef de bureau au Ministère de l'Instruction publique, 44, rue Madame, Paris. Verguin (Louis), capitaine d'artillerie, villa Raphaël, boulevard du Littoral, Toulon. PROCES- VERBAUX MEMBRES AUDITEURS MM. Bouchon, préparateur à l'herbier municipal, 19, rue Verdier Claverie, 17, cours Gambella, Talence. Godillon (E.), 36, avenue des Camps, Le Bouseat. Kreissig (M lle Emma), 58, rue Terre-Nègre. Malvezin (Georges), 1, rue de Talence. Roch (Louis), 15, rue Succursale. Liste des publications périodiques reçues par la Société (1) I. — Ouvrages donnés par le Gouvernement français. Minislère de l'Instruction publique : Académie des Sciences (Institut de France). Comptes rendus hebdomadaires des séances. Bibliographie générale des Travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. * Comité des Travaux historiques et scientifiques. Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris. * Annuaire des Bibliothèques et des Archives. * Bévue des Sociétés savantes. * Essai d'une description géologique de Tunisie, par M. Ph. Thomas. II. — Sociétés françaises. Amiens * Société Linnéenne du Nord de la France. Arcaghon Société scientifique. Station biologique. Autun Bulletin de la Société d'histoire naturelle d'Aulun. Auxerre Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne. Bagnères-de-bigorre. Bulletin de la Société Piamond. Bar-le-duc * Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc. Besançon Mémoires de la Société d'émulation du Doubs. Bordeaux Bulletin de la Société de Géographie commerciale de Bor- deaux. (1) L^s Sociétés marquées d'un astérisque sont celles dont les publications ne sont pas par- venues à la Société Linnéenne dans le courant de l'année 1911. Messieurs les Bibliothécaires de ces Sociétés sont priés d'en faire l'envoi dans le plus bref délai. 8 PROCÈS-VERBAUX Bordeaux Annales de la Sociélé d'Agriculture du département de la Gironde. Nouvelles annales de la Société d'Horticulture du départe- ment de la Gironde. Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. — Procès-verbaux et Mémoires de la Sociélé des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. * Observations pluviométriques et thermométriques faites dans la France méridionale et plus spécialement dans le département de la Gironde. Bulletin de la Société d'études et de vulgarisation de la Zoologie agricole. Bourg Bulletin de la Sociélé des Naturalistes de l'Ain. Brest * Bulletin de la Sociélé académique de Brest. Caen * Sociélé Linnéenne de Normandie. Carcassonne .-, Bulletin de la Sociélé d'Études scientifiques de l'Aude. Chalons-sur-Marne . * Mémoires de la Sociélé d'Agriculture, Commerce, Sciences, et Arts du département de la Marne. Charleville Bulletin de la Sociélé d'Histoire naturelle des Ardennes. Chaumont Essai de nomenclature raisonnée des Echinides, par Lam- bert (J.) et Thierry. Cherbourg * Mémoires de la Sociélé nationale des Sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg. Clermont-Ferrand . . * Annales de la Station limnologique de Besse. Concarneau Travaux scientifiques du Laboratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes. Dax Bulletin de la Société de Borda. Dijon * Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon. Grenoble . . Annales de l'Université. Société dauphinoise d'Études biologiques (Bio-Club). Le Havre Bulletin de la Société géologique de Normandie. Levallùis-Perret ... 'Annales de l'Association des Naturalistes. Lille * Société géologique du Nord. Limoges Bévue scientifique du Limousin. Lyon Annales de la Société Linnéenne de Lyon. * Annales de la Sociélé botanique de Lyon. Maçon Bulletin trimestriel de la Société d'Histoire naturelle. Le Mans Bulletin de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de la Sarthe. Marseille 'Annales du Musée d'Histoire naturelle de Marseille. * Annales de la Faculté des Sciences de Marseille. Revue horticole des Bouehes-du-Rhône. — 'Répertoire des travaux de la Société de Statistique de Marseille. — Bulletin de la Sociélé Linnéenne de Provence. PROCÈS-VERBAUX 9 Montpellier Académie des Sciences et Lettres de Montpellier (Mémoires de la section des Sciences). Moulins Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France. Nancy Mémoires de l'Académie Stanislas. — Bulletin de la Société des Sciences naturelles et Réunion biologique. Nantes Bulletin de la Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France. Nîmes "Bulletin de la Société d'Étude des Sciences naturelles de Nîmes. Niort Bulletin de la Société de Botanique des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Vendée. — Société de vulgarisation des sciences naturelles des Deux- Sèvres. Orléans "Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences, Belles- Lettres et Arts d'Orléans. Paris Société géologique de France. — Journal de Conchyliologie. x\ssocialion française pour l'Avancement des Sciences. — Bulletin de la Société botanique de France. Revue générale de Botanique (G. Bonnier). — Journal de Botanique (L. Morol). — Bulletin de la Société mycologïque de France. — Herbier du Muséum de Paris. Phanérogamie. Notulae syslemalicae. — La Feuille des Jeunes Naturalistes. — Société de Secours des Amis des Sciences. Comptes rendus annuels. — Société zoologique de France. Société entomologique de France. Perpignan Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées. Orientales. Rennes * Travaux scientifiques de l'Université de Rennes. — Insecta. La Rochelle Académie de la Rochelle. Section des Sciences naturelles. Rouen Bulletin de la Société des Amis des Sciences naturelles de Rouen. Semur * Bulletin de la Société des Sciences historiques et naturelles. Toulouse Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. — Société d'Histoire naturelle et des Sciences biologiques et énergétiques. Troyes Mémoires de la Sociélé académique d'Agriculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du département de l'Aube. Vannes Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. 10 PROCÈS-VERBAL'X III. — Sociétés étrangères. Allemagne. Berlin Zeitschrift der deulschen geologischen Gesellschaft. Mona- Isberichle. — Verhandlungen des bolanischen Vereins der provinz Bran- denburg. — Millheilungen und Berichl aus dem zoologïschen Muséum. — Deutsche entomologische national Bibliothek. — Zeitschrifs fiir wissenscbaflliche Insektenbiologie. Bonn Verhandlungen des naturhistorisehen Vereins. Brème Abhandlungen herausgegeben vom nalurwissenschaftlichen Verein. Francfort-sur-Mein. Bericht und Abhandlungen der Senckenbergischen Nalur- forschenden Gesellscliaft. Friuourg Berichte der nalurforschenden Gesellschaft. Giessen * Bericht der Oberhessischen Gesellschaft fur Natur und Heilkunde. Halle * Nova acta Academiae Gaesarse Leopoldino-Carolinae Germa- nise Naturœ Guriosorum. — * Leopoldina amtliches. Hambourg * Jahrbuch der Hamburgischen wissenschafllichen Anstalten. Kiel et Helgoland . . Wissenschaftliche Meeresuntersuchungen, . herausgegeben von der Kommission zur wissenschaftlichen Untersuchund der deulschen Meere in Kiel und der biologischen Ans- tall auf Helgoland. Kœnigsberg Schriflen der physikalisch-ôkonomischen Gesellschaft zu Kœnigsberg. Leipzig '. * Zoologischer Anzeiger. Munich Mathemalisch-physikalischen Classe der K. B. Akademie der Wissenschaften zu Munchen. MunsteR Jahresbericht der Weslfalischen provinzial Vereins. Wiesbaden Jahrbûcher des Nassauischen vereins fiir Nalurkunde. Alsace-Lorraine. Metz * Mémoires de l'Académie des Lettres, Sciences, Arts et Agri- culture. — * Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Metz. Australie. Sydney Records and Memoirs of the Auslralian Muséum. — Nombreuses autres publications. PROCÈS-VERBAUX il Autriche-Hongrie. Brunx Verhandlungen des naturforschenden vereines in Brunn. — Berichl der meteorologischen Commission. Buearest Anuarulie Museului de géologie si de paléontologie.,. Budapest Annales historico-naturales Mnsei nalionalis Hungarici. Cracovie Bullelin international de l'Académie des sciences (Comptes rendus des séances). Graz Millheilungen des nalurwissenschaftliehen Vereines fur Sleiermark. Vienne Akademie der Wissenschafllichen. Silzungsberichle. Denk- schriften. Millheilungen der Erdbeben "Kommission. •*- x\nnalen der K. K. nalurhislorischen Hofmuseums. — Verhandlungen der K. K. zoologisch-botanischen Gesells- chaft. — Jabrbuch and Verhandlungen der K. K. geologischen Beichsanslall. Belgique. Bruxelles Académie royale des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Belgique. — Mémoires de l'Académie. — Bulletin de l'Académie (Classe des sciences). — Annuaire de l'Académie. — Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique. — Bulletins et Mémoires de la Société belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie. — Société entomologique de Belgique. — Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Belgique. Liège Annales de la Sociélé géologique de Belgique. Canada. Québec Le Naturaliste Canadien. Ottawa * Geological and natural hystory Survey of Canada. — 'Canada Department of mines. Geological Survey branch. — Nombreuses publications. Chili Santiago Actes de la Société scientifique du Chili. Valparaiso Boletin del Museo nacional. Costa Bica. San José Informes del Museo nacional. 12 PROCÈS-VERBAUX I >ANEMARK. ( ÎOPENHAGUE académie royale des Sciences el Lettres du Danemarlc. Mé- moires el Bulletins. Videnskabélige Meddelelser fra den naturhistoriske forêning. Le Danemark. Espagne. Madrid Sociedad espanola de Hisloria natural. * Trabajos del Laboratorio de Investigaciones biologicas de la Universitad de Madrid (Suite de la « Revisla trimeslrial Micrografica »). Saragosse Boletin de la Sociedad aragonesa de Ciencias nalurales. Etats-Unis. Berkeley University of California Publications. Boston * Boston Society of Natural history. Brooklyn The Muséum of Lhe Brooklyn [nstitule of Arts and Sciences. Cambridge Bulletin of lhe Muséum of comparative Zoology al Harvard Collège. Chapel-Hili tournai of Lhe Elisha Mitchell scientific Society. Chicago Field Muséum of Natural History. Mighigan Reporl of lhe Michigan Academy of sciences. Montana 'Bulletin University of Montana. New-Haven Acnnectieul leademy of Arts and Sciences. New- York Aimais of lhe New- York Academy of Sciences. — Memoirs. Norman The Slale University of Oklahoma. Philadelphie Academy of Natural Sciences : Proceedings. Journal. Proceedings of lhe American philosophical Society. Rôchester Proceedings of lhe Rochesteç Academy of Sciences. Saint-Louis Transactions of lhe Academy of Sciences. Missouri botanical Garden. Topeka * Transactions of lhe Kansas Academy of Sciences. Tufts Tufts Collège Sludies. Urbana Bulletin of lhe lllinois-Slale laboralory of Natural History. Washington Smithsonian Institution : Annual report of lhe Board of Régents of the Smithsonian Institution. Smithsonian contributions to knowledge. U.-S. National Muséum : Proceedings, Bulletin and annual Report. Washington Contribution from lhe U. S. National Herbarium. Smithsonian Miscellaneous collection. Quarterly issue. — Carnegie Institution ; — Publications diverses, PROCÈS-VERBAUX 13 Grande-Bretagne. Dublin Royal Dublin Society : Economie proceedings. Scientific proceedings, Scientific transactions. Edimbourg Proceedings of Ihe royal physical Society. Liverpool Proceedings and transactions of llic Liverpool biological Society. Londres Hooker's Icônes Plantarum. The quarterly journal of Ihe geological Society. — Geolo- gical literature. Proceedings of Ihe geologists' Association. The journal of the Linnean Society : BolarvyvZoology. Inde. Calcutta Asiatic Society of Bengal : Journal, Proceedings. Geological Survey of India : Memoirs, Records, Palaeon- lologia indica. Pusa Memoirs of Ihe départaient of Agriculture in India. — Agriçultural research Inslilule. Italie. Anoia L'Agricultura. Bologne Academia délie Scienze dell' Institulo di Bologna : Memorie y Rendiconlo. Milan Atti délia Societa ilaliana di Scienze nalurali e del Museo civico di Storia nalurale. Pise Societa loscana di Scienze nalurali. Portici Bollclino del Laboratorio di Zoologia générale e agraria. Annali délia Regia Scuola Superiore di Agricultura. Rome Atti délia Reale Academia dei Lincei : Rondiconli. — Bollelino délia Societa geologica ilaliana. Bollelino del Real Comitalo geologico d'Italia. — Annali di Bolanica. Japon. Tokio Annolationes zoologic;e japonenses. — Impérial Universily Calendar. Mexique. Mexico Memorias y Revisla de la Sociedad cientifica « Antonio Alzate ». — Bolelin ciel Institulo geologico. — La Naturaleza. 14 PROCÈS-VERBAUX Norvège. Bergen Bergens Muséum aarbok. Christiania Nyt magazin for naturvidénskaberne. Pays-Bas. Nijmegen . • - Nederlandsch kruidkuudig archief. — Becueil des Travaux botaniques néerlandais. Pérou. Lima Bolelin del Cuerpo de Ingeniores de Minas del Peru. Portugal. Lisbonne * Communicaçoes da Seccao dos Trabalhos geologicos de Por- tugal. — Communicaçoes da commissao do servico geologico. — * Commission des Travaux géologiques du Portugal. Porto Annaes scientificos da Academia polytechnica do Porto. San-Fiel Broteria. Revisla de Sciencias naturales do collegio de S. Fiel. République-Argentine. Buenos-Ayres Museo national : Anales, Memorias, Gommunicaciones. Russie. Kiew Mémoires de la Société des Naturalistes de Kiew. Moscou Société impériale des Naturalistes de Moscou. Saint-Pétersbourg . . Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg : Publications diverses. * Travaux du Musée botanique de l'Académie impériale des sciences. — Acli Horti Petropolitani. Comité géologique de Saint-Pétersbourg. — Horae Socielalis entomologicae rossicse. — Revue russe d'entomologie. Suède. Lund Acta universitatis Lundensis. Stockholm Kungliga svenska Ventenskaps-Akademiens : Handlingar, Bihang, Ofversigl. — Arkiv fur Bolanik, Kemi-mineralogi, Zoologi, Matemalik, Aslronomi och Fisick, Geologi. PROCÈS-VERBAUX 15 Stockholm Arsbok. : — Lefnadsteckiiingar. — Sveriges geologiska underskôhning. — Geologiska fôrenningens lorhandlingar. — Entomologisk tidskrift. — Meddelandan fran K. Velenskapsakademiens Nobelinstitut. — Le prix Nobel en 1908, 1909 et 1910. Upsala Publications diverses de l'Université. Suisse. Bale Bericht ûber die Yerhandlungen der naturforshcheiiden Gesellschatï. Genève Annuaire du Conservatoire et du Jardin botaniques de Genève — Mémoires de la Société de Physique et d'Histoire Naturelle de Genève. — Bulletin de l'Institut National Genevois. — Bulletin de la Société botanique. — * Bulletin de l'Herbier Boissier. Lausanne Bulletin de la Société vaudoise des Sciences Naturelles. Neuchatel Bulletin de la Société neuchàtelo'ise des Sciences Naturelles. Zurich Yierleljahrschrift der naturforschenden Gesellschatï. Uruguay. Montevideo Anales del Museo national. Ouvrages divers. x\nderson (Lars'Gabriel). Unlersuchungen iiber die enlslehung der Ausseren geni- talorgane and des aflers bei den nagelieren, Ussala, 1909. Arbaumont (J. D') Nouvelle contribution à l'élude des corps chlorophylliens, Paris. Bardié (Armand) Ce que doit èlre l'Archéologie populaire et des moyens d'étendre l'action. Notes sur les boiseries du xviir 3 siè- cle à Bordeaux, Auch, 1910. Bigeard et Guillemim (Henri). 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Notes sur quelques Malthinus paléartiques, Paris, 1902. Description d'une nouvelle \Podistnna, Paris, 1902. Notes sur quelques Podistrina du nord de l'Afrique et description de deux espèces nouvelles, Paris, 1902. Description d'une nouvelle espèce européenne du G. Malthodes, Paris, 1903. — Diagnoses de trois Malthodes nouveaux du nord de l'Afrique, Paris, 1903. — Description d'une nouvelle espèce de Podistrina, Paris, ' 1903. — Notes sur quelques espèces de Malacodermes de la faune Méditerranéenne, Paris, 1903. — Sur le cosmopolitisme de Y Acantocnemus ciliatus Perris, Paris, 1904, Breuil (Abbé) Les gisements présolulréens du type d'Aurignac, Monaco, 1907. — L'évolution de l'art pariétal des cavernes de l'âge du Renne, Monaco, 1907. La question aurignacienne. Paris, 1907. — et Clément (Jean). Un abri solutréen sur les bords de l'Anglin, à Monthaud, commune de Ghalais (Indre), Bourg, 1906. Capital (L.) 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Alluaud aux îles Canaries (novembre 1889, juin 1890), Paris, 1894. Espèces nouvelles d'Hyménoptères de Calalogne, Barce- lone, 1905. — Mission J. Bonnier et Ch. Pérez (golfe Persique, 1901). Hyménoptères, Paris, 1907, PROCÈS-VERBAUX 19 Pérez (J.) Description des espèces nouvelles de Mellifères trouvées par M. Henri Cadeau de Kerville en Kroumyrie (Tuni- sie), Rouen, 1907. — Espèces nouvelles de Mellifères recueillies en Syrie en 1908 par M. Henri Cadeau de Kerville, Rouen, 1910. Sur quelques parlicularilés curieuses du rapprochement des sexes chez certains Diptères, Paris, 1911. Piette (Edouard) Les causes des grandes extensions glaciaires aux temps pléistocènes, Parié, 1902.- Conséquences des mouvements sismiques des régions polaires, Angers, 1902. Sur une gravure du Mas d'Azil, 1903. — Nolians complémentaires sur l'Asylien. Paris, 1903. — Classification des sédiments formés dans les cavernes pendant l'âge du Renne, Paris, 1904. Notice sur Edouard Piette, Vannes, 1903. 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PROCÈS-VERBAUX 21 Séance du 10 janvier 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. COMMUNICATIONS M. Doinet montre un Stereum hirsutum à hymenium orange, récolté par M. J. Bardié. A propos de Lithosia unita Hubner. Par M. Brown. Au sujet de Lithosii unita Hubner, dont M. Manon a entretenu la Société dans la séance du 19 juillet dernier, et de la variété torquata Fabr. de Nezara viridula Linné, dont M. Lambertie a parlé dans la séance du 4 octobre, M. Brown présente les observations suivantes : Lithosia unita n'est pas une nouveauté pour la faune de notre pays : Duponchel, dans le volume III de son supplément, dit : « Cette espèce se trouve, mais rarement, dans plusieurs parties de la France » et ajoute, en note : « il nous en est éclos un mâle et une femelle de deux chenilles trouvées aux environs de Chartres ». Boisduval, dans son « Gênera et Index methodicus », paru en 1840, l'indique de « Italia, Gallia, Auslria ». Enfin Berce, qui a puisé à pleines mains dans les publications de ses devanciers, dit : « France méridionale, environs d'Autun ; rare ». Maurice Sand l'indique également du Département de l'Indre (Cat. p. 20). Elle n'est p^s non plus nouvelle pour la Gironde ; notre collègue, M. Gouin, clans la séance du 20 mars 1895, nous a signalé un échantillon de la variété vitellina pris par lui, à Soulac, en septembre 1894 et un deuxième sujet, capturé par lui dans l'Entre-deux-mers, fin juillet 1903, me paraît se rapporter incontestablement à la même espèce (1). De mon côté j'en ai capturé deux échantillons incontestab'es (déter- minés par M. de Joannis) : l'un, le 10 août 1898, à Lignan, dansl'Entre- (1) Voir à ce sujet la note de M. Gouin : « A propos de Lithosia unita Iliïbn. » Société Linnéenne. P.-V. Tome LXV 1911, page 119. 22 PROCES-VERBAUX deux-mers; l'autre le 16 juin 1906, à la halte du Haillan, le long de la voie ferrée de Lacanau. Ce dernier est d'une fraîcheur et d'une beauté parfaites. Nezara viridula variété torquata n'est pas non plus, la rareté que croit M. Lambertie. Parmi de nombreux échantillons observés sur les fèves, dans mon jardin de Caudéran, le 30 mai 1886, un sujet 9 se rapportait à cette variété, de même un mâle, capturé le 11 août suivant. A la date du 9 octobre 1895, j'ai noté que, sur une cinquantaine d'échantillons que j'avais sous les yeux, huit sujets, c'est-à-dire près du sixième du nom- bre total, lui appartenaient également. Enfin, un dernier échantillon, du 2 octobre 1898. était non seulement de la variété en question, mais, en outre, entièrement teinté de ferrugineux. Cela fait donc, en tout, une douziine de sujets rencontrés aux envi- rons de Bordeaux plus celui capturé par M. Lambertie à la pointe de Grave. Sur la production du mycélium de différents champignons. Par M. le D 1 Boyer. Le procédé qui m'a permis d'obtenir le mycélium du champignon de couche a aussi été essayé par moi sur un grand nombre d'autres cham- pignons. Voici la liste des champignons dont j'ai pu obtenir le blanc pur : 1. Lepiota procera Scop. gruyères. ..). 2. Pholiota œgerita Fr., récolté sur souches de peupliers. 3. Pleurotus oslreatus Jacq., récolté sur souches de peupliers. 4. Lycoperdon excipuliforme Scop., prés. Je présente à la Société des cultures du mycélium de ces espèces obtenu en milieu nutritif stérilisé. Le blanc du premier de ces cham- pignons et, consécutivement, son chapeau ont déjà été obtenus par M; Matruchot, mais à l'aide des spores, que je n'utilise pas. A noter que ces espèces sont comestibles. La première (dénommée parasol; filleule en Périgord) et la seconde (obérasse ou aubarasse dans la région), sont tout particulièrement estimées et communément récoltées. Des recherches en cours me permettront, je l'espère, d'ajouter pro- chainement plusieurs noms à cette liste. PROCES-VERBAUX Séance du 24 janvier 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION Sur rapport du Conseil d'administration, sont nommés : Membres correspondants : M. Flick. (Paul), lieutenant-colonel en retraite, à Grenade-sur-Garonne (Haute-Garonne), s'occupant de paléon- tologie, présenté par MM. Barrère et Rozier. M. de Lastours (Louis), docteur en médecine, 5, place Dumoustiers, Nantes, s'occupant d'entomologie, présenté par MM. Barrère et Manon. Membres auditeurs : M. Malv'ezin (Georges), étudiant en médecine, 1, rue de Talence, s'occupant d'histoire naturelle, présenté par MM. Bardié et Viguié. M. Roch (Louis), étudiant, 15, rue Succursale, s'occupant de botani- que, présenté par MM. Bardié et Viguié. COMMUNICATIONS M. Doinet présente un champignon très petit : Dacrymices stillatus. M. Breignet signale les ravages causés dernièrement dans les envi- rons par la chenille processionnaire du pin, Cnethocampa pilhyocampa. M. Claverie présentera un rapport sur ces chenilles dévastatrices et sur les moyens de les détruire. Sur quelques espèces de Dispharages du Dahomey. Par M. le D r E. Gendre. Les Dispharages sont des Nématodes parasites, de la famille des Filaridx qui vivent tous, à l'exception d'une espèce décrite par W. Sliles chez un Poisson, Gasterosleus aculeatus L., dans la partie antérieure du tube digestif des oiseaux, en particulier sous la muqueuse du gésier. Un de leurs principaux caractères est de présenter, à l'extrémité céphalique, deux grosses lèvres coniques et quatre replis cuticulaires doubles, en forme de cordons semblables à des coutures. Ces replis naissent par paires au niveau des commissures labiales, puis gagnent chacun en Zi PROCES-VERBAUX divergeant un des quatre champs submédians du corps. La manière dont ils se comportent ultérieurement dans leur trajet et leur mode de termi- naison varie assez suivant les espèces : tantôt, après un parcours varia- ble en arrière, ils se réfléchissent en avant et se soudent deux à deux, tantôt ils se recourbent seulement, sans s'unir, tantôt enfin ils sont tout droits et peuvent s'étendre jusqu'à l'extrémité postérieure du ver. De telles dispositions sont susceptibles de servir à mettre un peu d'ordre parmi les Dispharages connus et permettent de pousser la division du genre plus loin que ne l'a fait Stossich (1) dans sa monographie. Aussi, tant pour la facilité des reconnaissances que pour la mise en relief des affinités zoologiques, je crois utile de proposer la classification suivante : l ie Section. , _ . _ .. ,.,„,, D. aculealus Lrephn, echinatus Mol., Dispharages à corps arme . . { . ^ , ( uncinatus Rud. a) cordons récurrents et soudés {D. ala- ius Rud., contortus Mol., hamatus v. Linst., laticeps Duj., etc.). 2 e Section. 1 b) cordons récurrents, non soudés (D. Dispharages à corps inerme. \ rectovaginatus Mol., spiralis Mol., etc.). ■) cordons droits (D. anlhuris Rud., hamulosus Dies., papilliferus v. Linst., etc.). Toutes les espèces que j'ai rapportées du Dahomey et qui font l'objet de cette note, appartiennent à la dernière subdivision, celle des Dipha- rages à cordons droits. Dispharagus gracilis n. sp. Dimensions. — Mâle : longueur totale, 6 mm 26 à 6 mm 96; largeur, O mm ll à mm i3; queue, — à — de la longueur totale. Longueur du pha- rynx, mm 15 à mm i7, de l'œsophage, mm 35 à mm 42, du ventricule, mm 77 à l mm 09. Femelle : longueur totale, 15 mm 58 à 22 mm 16; largeur, mm 13 à mm 17; queue - à ^- de la longueur totale. Longueur du pharynx, mm i6 à mm 20, de l'œsophage, mm 53 à mm 66, du ventricule, l mm à l ram 32. (1) M. Stossich : Il génère Dispharagus Dujardin, lavoro monografico [Boll. Soc. Aclriat. Se. nat. Tries te, vol. XIII, 1891). PROCÈS-VERBAUX 25 « Le corps est blanc, opalin ou rougeâtre suivant les individus, de taille très grêle et aminci de part et d'autre dans les deux sexes. La cuticule est striée transversalement. La tête est constituée par deux grosses lèvres coniques, latérales et égales. Chacune porte deux papilles symétriques sur la face externe et présente, dans l'intervalle de ces dernières, une petite formation trian- gulaire, d'apparence superficielle mais en réalité profonde, qui semble n'être qu'un rameau intérieur de la pulpe des lèvres, probablement une insertion musculaire (Fig. 1). La bouche ovale est dorso-ventrale. Les quatre cordons cutanés tout à fait droits, partent des commissures labiales et, couchés sur la peau, sans faire beaucoup plus saillie que les stries de la cuticule interrompues à leur passage, s'étendent, en longeant les lignes submédianes, sur une longueur de mm 22 chez le mâle, de mm 38 chez la femelle (1), c'est-à-dire jusqu'au niveau, suivant les sexes, du cinquième ou du tiers antérieurs environ de l'œsophage (Fig. 2). Là, ils se terminent avec des limites nettes et arrondies. Entre les cordons dorsaux et ventraux, un peu en arrière de l'extrémité postérieure du pharynx, on voit, de chaque côté du corps, une très petite papille sessile dont la position indique celle des champs latéraux. Le pharynx est étroit avec une paroi interne, chitineuse, épaisse, très réfringente, l'œsophage est musculeux, le ventricule glandulaire; tous ces organes sont cylin- driques et de taille progressivement croissante de l'un à l'autre. L'intes- tin est rétréci et droit jusqu'à l'anus. L'orifice de l'appareil excréteur se trouve à la face ventrale, à quelque distance en arrière de l'anneau nerveux. 11 n'est pas bien visible, je n'ai pu l'observer nettement que sur un seul exemplaire. L'extrémité postérieure du mâle (Fig. 3) est terminée par une queue conique, arrondie au sommet. Elle est ornée d'une bourse d'aspect lan- céolé, échancrée à la pointe, dans laquelle on peut distinguer deux zones' concentriques, une interne, épaisse, striée transversalement comme le reste du corps et une externe, amincie, souvent plissée dans la longueur. La première forme une sorte de g^îne à la région caudale qu'elle enve- loppe, la seconde représente de véritables ailes et ce sont surtout ses prolongements postérieurs qui constituent les deux petits lobes de l'échancrure terminale de la bourse. Les papilles, au nombre de dix paires, sont toutes globuleuses et incluses dans la zone interne; il y a (1) Ces mesures ont été prises sur les plus grands exemplaires. 26 PROCES-VERBAUX quatre paires de préanales et six paires de postanales, celles-ci divisées en deux groupes de trois, un en arrière de l'anus, l'autre à l'extrémité de la queue. Fig. 7. Fia. 2. Fig. Fig. L'appareil génital mâle est simple. Les deux spicules sont courts, robustes et inégaux. Le spicule droit (Fig. 4), trapu, mesure mm 12; il est creusé en gouttière le long de sa face antérieure et présente une extrémité bilobée. Le spicule gauche (Fig. 5) plus élancé et aplati, mesure mm 15; ses deux ailes latérales qui se portent l'une vers l'autre en avant, de manière à constituer un canal, lui donnent de profil l'allure d'un cimeterre. Chez la femelle, la queue (Fig. 6), presque toujours incurvée du côté dorsal, est conique et arrondie à sa terminaison. L'appareil génital est double; il occupe toute la cavité générale depuis l'extrémité postérieure du ventricule jusqu'au niveau de l'anus qui débouche en avant d'une petite éminence située au milieu de la face ventrale, à la naissance de la queue. La vulve s'ouvre à mi corps (environ au — de la longueur). Le vagin est dirigé en arrière. Les œufs, à coque épaisse, sont elliptiques PROCÈS-VËRBAUX 27 et pondus après la formation de l'embryon; leur longueur est de 32 p, leur largeur de 21 u. » J'ai trouvé cette espèce, à Abomey, en août et en octobre 1910, sous la muqueuse du gésier d'un oiseau de la famille des Dicruridse, Buchanga atra (var. assimilis) Bechh Je crois devoir y rattacher, jus- qu'à plus ample informé, quelques helminthes recueillis, la même année et au même endroit, chez un Loriodor, Oriolus aura tus L. Ceux-ci sont, en effet, presque en tous points semblables au Dispharages du Buchanga mais s'en distinguent par le nombre des papilles postanales qui est de sept paires au lieu de six (Fig. 7) et par l'absence d'échancrure à la pointe de la bourse. Ces différences sont-elles des caractères spécifiques ou le résultat d'une anomalie? Je ne puis le dire n'ayant eu qu'un seul mâle à ma disposition. Parmi les espèces de Dispharages à cordons droits, parasites des Pas- sereaux, qui se rapprochent du type de D. gracilis et qui doivent pour cette raison en être différenciés, quatre sont à retenir : D. anthuris Rud., muscicapœ v. Linst., papilliferus v. Linst., et tênuis Duj. (1). D. anthuris a surtout une taille plus épaisse, de 0"" n 20 à mm 27, la longueur de ses cordons cutanés représente 31 % de la longueur du corps chez le mâle et 28 % chez la femelle (2), enfin le nombre des papilles paraît variable : dix paires (Schneider), onze (Stossich), douze (von Linstow). D. muscicapœ est remarquable par l'inégalité des lèvres dont la ven- trale est la plus petile, quant à D. papilliferus, il possède huit posta- nales et ses cordons mesurent chez le mâle, seul connu, 40 °/ de la longueur.. La comparaison avec D. tennis qui a le corps très aminci comme D. gracilis serait fort intéressante, malheureusement elle est (1) D. anthuris. — Dujardin : Histoire naturelle des Helminthes. Paris, 1845 (p. 75-77, pi. 5. fig-. F.). J. Eberth : Unlersuchungen iiber Nemaloden. Leipzig, 1853 (p. 63-72, taf. VIII, fig. 6 et taf. IX, fig. 2 et 8). Schneider : Monographie der Nemaloden. Berlin 1866 (p. 96, 2 fig.). Stossich {Soc. hist. nat. croat. 1889, p. 182, lav. V. fig. 9) et (Boll. Soc. Adr. Se. nat. Trieste, vol. XIII, 1891, p. 18, lav. II, fig. 12). Von Linstow : Unlersuchungen an Nematoden (Archiv. f. Mikr. Anal. Bd. 44, 1895, p. 509-519, taf. XXX, fig. 1-8). D. muscicapœ et papilliferus. — Von Linslow : Neue Beobachlungen an Hel- minlhen (Arch. f. Nature,. 1878, Bd. I. p. 234-235, taf. VIII, fig. 19). D. tenuis. — Dujardin, loc. cil. p. 73. (2) Chez D. gracilis, celte longueur est de 31 % chez le mâle comme chez D. anthuris, mais seulement de 17 °/ chez la femelle. 28 PROCÈS-VERBAUX à l'heure actuelle, impossible, celte espèce trouvée à Rennes sous la muqueuse du gésier d'un Tarier, Pratincola rubetra L. (1) n'ayant pas été revue depuis Dujardin, et sa description étant très incomplète prin- cipalement en ce qui concerne les caractères de la queue du mâle et les dimensions des cordons. Dispharagus ornatus n. sp.? Dimensions. — Mâle : longueur totale, 9 mm 68 à li mm 37; largeur uira 25 à u,m 36; queue — - à - de la longueur totale. Longueur du pharynx, mra 22 à mm 26, de l'œsophage, mm 79 à mm 88, du ventricule, 2 mm 08 à 2 rani 68. Femelle inconnue. « Le corps est blanc, opalin et aminci de part et d'autre surtout en avant. La cuticule est striée transversalement. L'extrémité céphalique est constituée par deux grosses lèvres, latérales et coniques; chacune présente, sur la face externe, une petite formation longitudinale, médiane, triangulaire et deux papilles pédonculées, laté- rales et symétriques (Fig. 1). La bouche est dorso-ventrale. Les cordons cutanés sont au nombre de six : quatre, deux dorsaux et deux ventraux, prennent naissance aux commissures labiales et s'étendent en ligne droite, en suivant les aires submédianes, jusqu'au voisinage du milieu du corps (exactement au — de la longueur) où ils s'effacent insensible- ment, et deux, l'un à droite, l'autre à gauche, nés au niveau du cin- quième antérieur environ des cordons précédents et sans relation avec eux, longent les champs latéraux jusqu'à la base de la queue. Les pre- miers qui représentent les ornements caractéristiques de tous les Dis- pharages, se composent de deux bandelettes cuticulaires, parallèles et festonnées (Fig. 2) ; les seconds sont simples (Fig. 3), leur situation est celle des membranes latérales des Nématodes en général. La région postérieure (Fig. 4) est terminée par une queue conique, arrondie au sommet. La bourse est large, bien développée et comprend deux zones concentriques comme chez D. gracilis, une zone interne striée transversalement et une externe lisse. Les papilles, au nombre de dix paires sont toutes pédonculées et latérales; il y a quatre paires de préanales et six paires de postanales, celles-ci divisées en deux groupes (1) Le Grand Traquet {Pratincola rubetra L.) est un oiseau migrateur; le D r Maclaud le cite dans ses Notes sur les Mammifères et les Oiseaux de l'Afrique occidentale. Paris, 1906. PROCES-VERBAUX 29 de trois, l'un immédiatement en arrière du cloaque, l'autre à l'extrémité de la queue. Ce dernier groupe présente fréquemment des anomalies. Fig. 2. Fig. 4 Fig. 1. Fig. 5. ainsi sur les trois exemplaires que j'ai récoltés, deux ne possèdent d'un côté du corps qu'une seule papille. L'appareil génital est simple. Les spicules sont courts, robustes et inégaux; le droit (Fig. 5) mesure mm 28 de longueur, le gauche (Fig. G) min 25, tous les deux ont deux larges ailes membraneuses se prolongeant jusqu'à la pointe qui est arrondie. » J'ai trouvé cette espèce à Abomey, en août et septembre 1910, sous la muqueuse du gésier d'un Corbeau, Corvus scapulatus Daud. Si je l'ai inscrite avec doute comme espèce nouvelle, c'est à cause de l'exis- tence chez les Corvidx, de deux autres Dispharages, I). mammillaris Mol. et depressus Schn. (1), insuffisamment décrits. 1). mammillaris a (t) D. mammillaris. — Molin : Uria monografia del g-enere Dispharagus (Sitzungsber. d. K. Akad. d. Wissensch. XXXIX, 1860, p. 499). V. Drasche : Revision der Original exemplare Diesing's und Molin's elc. [Ver- handl. d. K. K. zool. bot. Gesell. Wien, XXXIII, 1884, p. 210). D. depressus. — Schneider : loc. cit. (p. 95, fig'.). 30 PROCES-VERBAUX a été recueilli au Brésil chez Corvus cajanus L., tout ce qu'on sait de ses cordons, c'est qu'ils se perdent postérieurement; le mâle est inconnu. Quant à D. depressus .récolté en Egypte chez Corvus cornix L., il ne présente, il est vrai, que cinq paires de papilles postanales, mais ces papilles sont de forme pédonculée et groupées comme celles de D. orna- tus; néanmoins la longueur des cordons n'étant pas indiquée, il ne m'est pas permis de présumer que la différence d'une paire de papilles à la queue soit une anomalie du genre de celle que j'ai mentionnée plus haut. Dispharagus sp? J'ai souvent rencontré sous la muqueuse du gésier des Perdreaux d'Abomey (Francolinus bicalcaratus L.) une espèce de Dispharage qu'il m'est difficile de rapporter à un type connu parce que tous les exem- plaires que j'ai recueillis sont malheureusement des femelles. M. le D r Bouet qui a eu l'occasion d'examiner, à Agouagon, les viscères d'un très grand nombre de Gallinacés, n'a pas eu plus de chance; en effet, il Fie Fig. '4. Fig.J. n'existe pas un seul mâle dans les tubes portant l'étiquette « Francolin » qu'il m'a aimablement communiqués. Aussi je me contente de donner provisoire ment, sans spécification, la description des caractères de ces helminthes. Dimensions. — Longueur totale, 28 mm 90 à 42 ram 74; largeur, rara 22 à PROCÈS-VERBAUX 31 mra 27; queue— à — - de la longueur totale. Longueur du pharynx, Omm jg à ram 28, de l'œsophnge n,m 99 à l mm 24, du ventricule 2 mm 0i à 2 mm 38. « Le corps blanc ou opalin chez les jeunes, jaune paille chez les adultes, est aminci aux deux extrémités. La cuticule est épaisse et striée trans- versalement. L'extrémité céphalique est constituée par deux grosses lèvres coni- ques, latérales et égales, arrondies à la pointe; chacune présente deux papilles symétriques et un petit lobe médian, triangulaire, à la face externe (Fig. 1). La bouche dorso-ventrale est beaucoup plus antérieure que chez les Dispharages précédents, elle s'ouvre près du sommet de la tête. Les quatre cordons cutanés, doubles (Fig. 2) et d'une longueur de L mm 15. partent des commissures de la bouche et, après avoir longé les bords des lèvres, ce qui donne à ces dernières un aspect tout particulier, s'étendent en ligne droite en suivant les lignes submédianes jusqu'au voisinage de l'extrémité postérieure de l'œsophage (Fig. 3); leurs limites sont franches et arrondies. La position des champs latéraux est indiquée, de chaque côté, par une petite papille sessile située un peu en arrière de la terminaison du pharynx. La région postérieure se termine par une queue conique, arrondie au sommet (Fig. 4). La vulve très apparente est à la face ventrale dans la moitié antérieure du corps (environ au — de la longueur). L'appareil génital est double. Le vagin ainsi que les oviductes auxquels ils donnent naissance sont dirigés en arrière. Les œufs, à coque épaisse, ellipti- ques, mesurent 33 p. de long sur 22 p. de large; leur aspect se déforme et leurs dimensions augmentent, quelque temps avant la ponte, par suite des efforts de déroulement de l'embryon », Séance du 7 février 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION M. Rozier. trésorier expose l'état définitif du budget de 1911 et les prévisions pour le budget de 1912. Afin de faciliter l'impression du nouveau catalogue un généreux ano- 32 PROCÈS-VERBAUX nyme met à la disposition de la Société une somme de 1000 francs. M. le Président tient à dire immédiatement à ce généreux collègue la profonde impression que fera sa générosité sur la Linnéenne toute entière. Pour sa part, c'est avec une émotion bien vive qu'il remercie ce donateur qui trouve insuffisant de se dévouer depuis des années au développement de la Société et qui, après lui avoir donné sans compter son appui moral, l'aide aujourd'hui à triompher dans un moment difficile. Son geste est de ceux qui resteront gravés dans les annales de la vie Linnéenne. COMMUNICATIONS M. le docteur Barrère communique un nouveau procédé de destruc- tion des insectes de la vigne dû à M. Joseph Bourges, de Bergerac. Ce dernier emploie les fumigations d'acide sulfureux au moyen d'un appa- reil inventé par lui. M. Viguié offre, de faire une expérimentation dans les vignes des pro- priétés de l'école de Saint-Genès. en présence des élèves de cette école et des Linnéens qui désireront y assister. M. Lambertie soumet à la Société un vœu destiné à faciliter le classe- ment des travaux concernant la Botanique, Conchyologie, Zoologie, etc. et d'éviter toute erreur de ce chef. Il suffirait pour cela que, dans le titre des travaux, le nom de la famille à laquelle appartient l'insecte, la plante... etc., soit toujours mis en évidence. Certains noms récents ou peu connus peuvent en effet exiger des recherches et l'auteur de la note est tout désigné pour indiquer lui-même la famille dont il s'agit. Une commission composée de MM. Bardié, Barrère, Doinet, Lacou- ture, Llaguet, Manon, Viguié est chargé de préparer le programme des excursions pour 1912. Rapport fait au nom de la Commission des Publications. Par M. Doinet. Ainsi que les membres de la Société ont pu le constater en recevant récemment la dernière livraison des Procès-verbaux des séances de l'année 1911, la Commission des Publications s'est fait un devoir de réaliser les assurances qu'elle vous a données en activant dans la mesure du possible le service des publications. Les Actes vont paraître dans quelques jours, et auraient été distribués en môme temps que les PROCÈS-VERBAUX 33 procès-verbaux si des circonstances exceptionnelles ne s'étaient pro- duites. Comme l'année précédente, la correction des épreuves n'a pas été une sinécure pour celui de nos collègues qui a bien voulu se charger de ce travail. A ce sujet, la Commission exprime le vœu que les membres des Com- missions spéciales nommées pour examiner les travaux destinés à l'impression, veuillent bien procéder à la lecture des manuscrits la plume ou le crayon en main, en opérant, quand il y a lieu, les corrections nécessaires pour rendre le texte d'une lisibilité parfaite, surtout en ce qui concerne les noms scientifiques, et faciliter ainsi aux compositeurs et aux correcteurs l'exécution de leur travail. Rapport fait au nom de la Commission des Archives. Par M. le D r Feytaud. La Commission des Archives s'est réunie le Jeudi 18 janvier, à quatre heures, dans la salle de la Bibliothèque, sous la présidence de M. Peyrot. Sur la proposition de M. Breignet, archiviste, la Commission vous propose d'accepter l'échange des Actes avec les Annales de V Université de Grenoble et avec la Deutsche Entomologische Nalional-BibUothek de Berlin. Les demandes d'échange formulées par V Angustana Collège de Rock Island (Illinois) et par les Svenska Botaniska Foreningen de Stockholm seront examinées ultérieurement, ces demandes n'ayant pas été accom- pagnées des exemplaires de ces publications. La Commission vous propose de supprimer jusqu'à nouvel ordre l'échange des Actes avec diverses publications dont nous n'avons reçu aucun fascicule depuis plusieurs années : les Annales de l'Institut colonial de Marseille, les Annales du Musée d'Histoire naturelle de Marseille, le Journal de Botanique de Moreau, et Topeka (Kansas Academy of sciences). Notre bibliothèque a reçu, au cours de l'année 1911, plusieurs ouvra- ges intéressants. M. Daleau et M. Daydie nous ont donné plusieurs volumes ou brochures d'histoire naturelle; M. Artigue, deux volumes manuscrits (Notes de Botanique 1824-1826) de Ch. des Moulins; M. Lambertie, 19 volumes (sur 20) de la collection des Suites à Buffon et plusieurs autres ouvrages. 3. 34 PROCÈS-VERBAUX La Société a acquis en outre, grâce à M. Daydie, divers volumes qui manquaient à ses collections : les années 1865 à 1875 de la Société Ramond, et quatre années de nos Procès-Verbaux manuscrits. Cette dernière acquisition est particulièrement précieuse pour nos archives, qui renferment désormais tous les procès-verbaux manuscrits des séan- ces, depuis la fondation, à l'exception de quatre ou cinq années seulement. Nous devons ajouter que ces précieuses acquisitions ont été payées par un de nos collègues, dont la modestie égale la générosité, puisqu'il a insisté pour conserver l'anonymat. L'année dernière, nous constations que, contrairement aux années précédentes, tous les ouvrages empruntés à la bibliothèque avaient été remis dans les délais prescrits, et nous espérions qu'il en serait toujours ainsi à l'avenir. Nous devons malheureusement enregistrer de nouveau cette année les remarques de notre archiviste, qui se plaint, avec raison, que plusieurs de nos collègues ne se soient pas mis en règle sur ce point, malgré les lettres de rappel qu'il leur a adressées. Enfin, Messieurs, nous ne saurions terminer ce rapport qui a trait au bon ordre et à l'accroissement de nos richesses bibliographiques, sans dire avec quel dévouement notre Collègue, M. Breignet, nous consacre de longues heures chaque jour. Je suis certain d'être l'interprète de tous les Linnéens en lui adressant de vifs remerciements pour les services qu'il rend à la Société. Séance du 28 février 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION M. Bron de Laurière, de Périgueux, offre à la Société l'herbier de . Godard. PROCÈS-VERBAUX 35 Compte rendu des travaux de la Société Linnéenne pendant l'année 1911. Par M. le Docteur P. Barrère. Messieurs. Plus je relis les rapports que vous m'avez fait l'honneur de me con- fier durant ces dernières années, plus je suis convaincu qu'ils ne répon- daient qu'imparfaitement à ce que vous étiez en droit d'en attendre. Je m'appliquais à vous présenter un résumé aussi détaillé que possible des travaux de nos collègues, en m'efforçant de n'en omettre aucun. Aujourd'hui, je voudrais au contraire vous donner un aperçu plus global de la marche de notre Société! Si vous me le permettez, j'envisa- gerai successivement chacune des manifestations de son activité. ADMINISTRATION. — C'est au commencement de l'année 1911 que M. A. Bardié a remplacé, à la présidence de la Société, le docteur Henri Lamarque. Je vous rappellerai que, sous l'inspiration de ce dernier, nous avons étudié en 1909 et 1910 la réforme de nos statuts. Nous attendions leur adoption définitive par le Gouvernement, ce qui est enfin chose faite depuis le mois d'Avril dernier. Régis maintenant par la nouvelle loi sur les Associations, nos Statuts sont conformes à ceux exigés des Sociétés reconnues d'utilité publique. C'est un premier avan- tage qui nous permet de poursuivre en toute quiétude le but de décen- tralisation scientifique de nos devanciers. Mais n'oublions pas que les nouveaux Statuts nous accordent aussi la précieuse faculté d'admettre parmi nous, comme autrefois, des membres auditeurs ; voilà pour nos aspirations de vulgarisation scientifique qui trouvent en notre dévoué président actuel leur plus ardent défenseur. M. A. Bardié aime les Sciences Naturelles, mais il aime surtout à en diffuser le goût parmi ses concitoyens. Ses efforts, dans cet ordre d'idées, ont été incessants et sous son patronage ont refleuri les anciennes excursions publiques, pendant que s'organisait la première conférence offerte parla Linnéenne aux naturalistes Bordelais. EXCURSIONS. — Nous avions en effet organisé, cette année, sept excursions, cinq seulement ont pu être faites et elles ont obtenu un succès presque sans précédent. Au Thil-Cadaujac étaient réunis quinze Linnéens et vingt-sept bénévoles; à la 2 me Course de Canéjan-Gazinet 36 PROCES-VERBAUX assistaient quarante-six personnes dont quatorze Linnéens. Notre Fête elle-même fut des mieux réussies grâce au dévouement de nos collègues MM. Llaguet et Charron. Le banquet de Saint-André-de-Cubzac grou- pait, en effet, dix-huit des nôtres auxquels avaient bien voulu se joindre le Maire de Saint-André et le Conseiller général, M. Abadie. A Lacanau nous retrouvons vingt-quatre excursionnistes et encore autant à la course mycologique de Tresses-Mélac. En somme quarante- trois invités ont répondu en trois mois à l'appel delà Société; n'est-ce pas pour nous du meilleur présage et déjà une saine récompense de nos efforts. CONFÉRENCE. — Le 30 Novembre, plus de 400 personnes ont ap- plaudi, dans le Grand Amphithéâtre de l'Athénée, la causerie de notre Collègue, M. Gruvel, sur l'Angola Portugais. M. Gruvel, comme on le sait à la Société, s'est consacré à l'étude approfpndie et surtout pra- tique, de la flore et de la faune de la Mauritanie. Grâce à ses recherches sur l'ichtyologie côtière de cette région, nombre de nos pêcheurs bre- tons ont pu et vont pouvoir trouver une occupation rémunératrice à l'époque où d'ordinaire ils sont sans gagne-pain. C'est là un des plus beaux titres de M. Gruvel et la Société doit être hère pour sa part d'avoir contribué à diffuser les idées généreuses du chef de mission gouvernementale. S'il nous a parlé entre temps de l'Angola, c'est que l'importance des pêcheries dans cette colonie est pour lui un des plus sûrs garants du succès de nos pêcheurs dans la région française jouis- sant des mêmes avantages climatiques et plus rapprochée de la métro- pole. Cette conférence n'était pas déplacée sous le patronage de la Linnéenne qui s'honore depuis près d'un siècle de développer le com- merce bordelais et régional. PERSONNEL. — Ces manifestations bien Linnéennes ont-elles ré- pondu à nos espérances? Les faits précis vont nous éclairer. Plusieurs de nos excursionnistes amateurs sont aujourd'hui des nôtres; j'ai nommé M 1Ies Kreissig et Sarrazin, MM. Abadif, Bouchon, Claverie, Godillon qui assistent, depuis lors, régulièrement à nos séances. MM. Graham Clark et Lambert sont venus à nous, attirés par l'intérêt de nos publications et la large hospitalité scientifique de la Linnéenne. D'ailleurs notre So- ciété est de celles que l'on ne peut plus quitter. M. Rondou, notre cor- respondant de Gèdre n'a su résister à l'attrait de notre confraternité et malgré ses occupations a repris la place qu'il n'avait quittée qu'à regret. La Société est heureuse de le féliciter de sa nomination comme Officier d'Académie, distinction qu'ont obtenue également MM. Lamarque et PROCÈS-VERBAUX 37 Dupuy. La cohorte Linnéenne aime à voir les siens ainsi honorés, quand ils sont de ceux qui se dévouèrent pour elle sans compter. Mais elle sait aussi dire tout le bien qu'elle pensait de ceux qui disparaissent. M. Degrange-Touzin nous a dépeint la vie scientifique du regretté M. Granger. C'était un opiniâtre travailleur dont la mort met en deuil plusieurs Sociétés bordelaises. La mort a frappé également noire géné- reuse donatrice M me la Comtesse Lecointre et le général Paris qui naguère publia dans nos actes une importante flore bathologique. Ils resteront tous unis au même titre dans notre mémoire et notre cœur. VOEU. — La Société a joint ses protestations à celles des Sociétés de Préhistoire contre le projet de loi draconnienne réglementant les fouilles. Aux cours de son excursion aux Eyzies, la Linnéenne avait été la pre- mière à signaler l'exode des plus riches trouvailles, mais, dans son esprit, elle n'entendait pas déposséder les chercheurs du fruit de leurs travaux. Elle a défendu ainsi la cause de la justice et attend avec con- fiance la solution de cette importante question. PUBLICATIONS. — Le tome 65 de nos actes vient d'être achevé; mais nous ne pouvons cette année le soumettre au Comité de réparti- tion du ministère de l'Instruction publique, ce qui nous prive de la subvention que nous étions en droit d'en attendre. Ce volume, contient la fin des mémoires de la mission en Mauritanie de MM. Gruvel et Chudeau. La partie chimique donne un aperçu de la composition des sels naturels et de l'eau-mère d'une des salines de la région, ainsi que d'un latex. Elle indique la préparation de guanos de poissons. Coléop- tères, Lépidoptères, Echinodermes, composent la partie zoologique pré- sentée par autant de spécialistes. De son côté M. L. Mangin fait une étude approfondie du phytoplancton qui lui a été soumis, étude qui constitue un des premiers documents sur la puissance de nutrition des eaux de la côte occidentale d'Afrique. Enfin M. Vermeau présente une vue d'ensemble sur l'ethnographie ancienne de la Mauritanie d'après les collections d'instruments en pierre rapportés par MM. Gruvel et Chu- deau. L'ensemble de ces travaux ne remplit pas plus d'une cinquantaine de pages sur un total de 250 environ. Le reste des Actes, 200 pages par conséquent, c'est-à-dire le même nombre que l'année dernière, est con- sacré à la suite de la Conchologie néogénique de l'Aquitaine de MM. Cossmann et Peyrot. Les Linnéens apprécient cette œuvre considérable; qu'il me suffise de signaler que les auteurs décrivent encore de nom- breuses espèces nouvelles parmi lesquelles une belle série de Cardium. 38 PROCÈS-VERBAUX Je crois que nos collègues ont tout lieu d'être fiers de constater les larges emprunts faits dans ce travail aux collections de MM. Degrange- Touzin, Bial de Bellerade, Peyrot, Rozier qui étudient avec patience les faluns de nos régions. Des procès-verbaux, il me reste peu à dire. Vous en feuilletez régu- lièrement les pages qui vous sont familières. Dans les comptes-rendus des excursions vous retrouvez le souvenir des journées passées en commun; les tableaux des espèces récoltées facilitent la détermination de vos propres récoltes. Ainsi vous est-il aisé de comparer les différen- tes courses que la Société fit aux mêmes endroits à plusieurs années de distance et de juger de la variation des individus ou des espèces. Dans cet ordre d'idées je m'en voudrais de ne pas vous signaler le conscien- cieux travail de M. Neyraut qui, à propos de l'excursion à Saint-André- de-Cubzac, rappelle les trouvailles antérieures de nos collègues, en juin 1838, juin 1891 et juin 1899. C'est de cette façon que doivent être compris les comptes reudus scientifiques ; ils cessent d'être des listes arides pour devenir des analyses fidèles des variations locales de la faune et de la flore. Dans les procès-verbaux on notera encore l'article de M. Daleau sur le Congrès d'Anthropologie à Toulouse, où notre collègue représentait la Linnéenne, les études si intéressantes de M. Doinet sur la mycologie en Gironde, les travaux de M. le docteur Boyer sur les mycéliums purs et sélectionnés, destinés à la reproduction des meilleurs espèces de champignons de couches et autres, enfin les essais de M. Gendre sur diverses espèces d'Heterakis du Dahomey et une espèce nouvelle d'Oxysoma; M. le docteur Baudrimont nous a donné de curieux aperçus sur la marche des insectes et l'origine de la notation des sexes en histoire naturelle. Enfin M. Daleau a signalé le passage de petites hirondelles migratrices dans des conditions tout à fait spéciales. Tel est, Messieurs, le bilan de cette année : neuf membres nouveaux, des excursions et une conférence publiquement appréciées, des publica- tions recherchées par les milieux savants du monde entier. Votre rap- porteur de la Commission des Finances vous dira à combien nous revient notre gloire, il ne faut pas pour cela nous décourager. Groupons nous plus étroitement et luttons sans défaillance pour le plus grand bien de la Science et le plus grand honneur de la plus grande Société Linnéenne. PROCES- VERBAUX 39 Rapport de la Commission des Finances. Par M. Oaydie. Messieurs, L'examen des recettes et dépenses de la Société Linnéenne pour l'exercice 1911, et celui des pièces à l'appui, nous a permis de constater une fois de plus la parfaite gestion de notre Trésorier, dont le dévoue- ment bien connu mérite des éloges que la Société ne lai ménagera certainement pas. Malheureusement si notre Trésorier gère nos finances avec tout le soin désirable, il ne peut, à son gré, faire entrer dans notre caisse les sommes qu'exigeraient les travaux considérables et de haute portée scientifique, actuellement en cours, et ceux dont la publication ne peut être remise. Peut-être, plus heureux que l'année précédente, nous sera-t-il possible d'obtenir des pouvoirs publics une subvention digne du but poursuivi et des résultats déjà atteints. Voici l'état des recettes et des dépenses pour l'année qui vient de s'écouler : RECETTES 1911 DEPENSES ARTICLES SOMMES prévues Revenus de la Société . . . Cotisations Ventes de publications . . Subventions : Conseil Général 100 Conseil Municipal . . . 500 Versement anonyme Total des recettes pré- vues 125 1.600 100 600 » 2.425 Total des sommes encaissées..., En caisse au 31 Décembre 1910. SOMMES encais- sées 211 39 1.668 10 147 35 600 » 50 » 2.676 84 1.133.30 3.810 14 Différences -(- 86 39 + 68 10 + 47 35 ARTICLES Frais généraux et envois de publications Bibliothèque Employé de la bibliothè- que Souscriptions, fêtes et ex- cursions scientifiques. Publications : Tome LXIV. Impres. typo. Tome LXV. Impres. typo. Planches.. . . Total des dépenses pré- vues SOMMES prévues 500 » 150 » 100 » 100 » 750 » 1.320 » 600 » 3.520 Total des sommes dépensées... Encaisse au 3L Décembre 1911. SOMMES dépen sées 575 315 100 409 1.240 950 77 3.667 84 142 30 3.810 14 Différences + 75 1S +165 2C +309 50 +490 0" -369 75 522 30 40 PROCÈS-VERBAUX M. Rozier, trésorier, présente le projet de budget pour 1912. PROJET DE BUDGET POUR 1912 RECETTES DÉPENSES ARTICLES SOMMES ARTICLES SOMMES 500 » 1.202 20 2.000 » 150 » 100 » 100 » 4.052 20 Solde en caisse au 31 décem- bre 1911 142 30 125 » 1.600 » 100 » 600 » T. LXV. En cours de publica- tion. 2 Fasc. envir. 720 » Planches... 482 20 T. LXVI. Imp. typo. 1.400 » Planches ... 600 » Bibliothèque Subventions : Déficit Souscriptions, excursions et conférences scientifiques.. 2.567 30 1.484 eo 4.052 20 La Société adopte, à l'unanimité, le rapport de M. Daydie et le projet de budget du Trésorier. COMMUNICATIONS Notes sur deux plantes rares de la Gironde. (Pëtasites vulgaris Desf., Lcucoium sesliviim h.) par Maurice Lambertie. Il y a quelques temps nous avions résolus, M. Eyquem et moi, d'aller chercher, du côté de St-Louis-de-Montferrand, diverses plantes citées par Laterrade et dont on ne parlait presque plus. Le 18 Février dernier, au cours de notre première excursion, et à la grande joie de M. Eyquem, nous pûmes récolter le Pëtasites vulgaris Desf. (officinalis Mœnch.) (Composées tubuliflores), plante citée par Laterrade à Montferrand. Le Pëtasites vulgaris Desf. se trouve en assez grande abondance mêlé avec le Leucoium œstivum L. (Amaryllidées) dans le limon de la rivière à St-Louis-de-Montferrand. Nous ne connaissons pas sa récolte PROCÈS-VERBAUX 41 depuis de fort nombreuses années, si ce n'est dans l'herbier Motelay où il y est indiqué (bords de la Garonne St-Louis-de-Montferrand, Juin 1870). Nous pensons qu'il serait utile de vérifier les stations indiquées par les anciens auteurs et principalement par Laterrade, bien que bon nombre de localités citées aient disparu, bouleversées tant par la culture que par l'industrie. Eaux thermales des Landes et la fosse de Capbreton (1). Par M. Dubalen. Lors de la réunion à Pau de A. F. A. S. nous publiâmes en collabo- ration avec M. Reyt, une étude avec carte, sur la protubérance crétacée de Saint-Sever. Nous signalâmes sur le revers N. une grande faille jalonnée par des pertes de ruisseaux et des résurgences puissantes à Bahus-Montsoué, à Marseillon en Audignon, à Lapeyradère en Sain!- Aubin près de Mugron. Cette faille est accompagnée par des cassures plus ou moins importantes, Fargues, Saint-Sever, Montaut.., Depuis cette époque, en étudiant les diverses assises Eocènes de la Chalosse et le Crétacé de Rivière, Angoumé, Tercis, Saint-Pandelon, Pouillon, j'ai pu constater que chaque plissement est accompagné d'une faille se divisant plus ou moins. Le plissement Eocène de la Chalosse, avec faille sur son revers S., part de Téthieu (limite des arrondissements de Dax et de Saint-Sever, à quelques hectomètres à l'Est de la route nationale) passe au S. 0. de Préchacq, Louer, Gamarde, Nousse, Gibret près Montfort, Baigts, Douzacq ; donne sur la branche Bergouey la résurgence d'Arimblart et se continue vers Gaujeacq. L'ophite pointe en divers endroits entre Donzacq et Bergouey, ainsi que sur l'alignement de Gaujacq. Le plissement Crétacé dit de Tercis, est accompagné, sur le revers N. par une faille qui s'engage entre l'immense bloc renversé du Danien et Sénonien de Rivière, Angoumé, Tercis et les couches inclinées au S.S.O. du Cénomanien de la Petite Roque de Rivière, de l'Albien du Vimport, du Cénomanien de l'église de Tercis, du Turonien de la Bagnère, du Sénonien d'OEyreluy, Saint-Pandelon, et Pouillon. Des résurgences d'eaux thermales, s'observent sur le parcours de la (1) Note sur les eaux chaudes des Landes et la fosse de Capbreton. P. E. Dubalen. — Comptes-rendus, Acad. des Sciences, 4 mars 1912. — • N° 10. 42 PROCÈS-VERBAUX faille. A la Petite Roque (Rivière) eau à 30°. A là Bagnère de Tercis, en amont du pointement d'ophite de Sausset ; eau sulfureuse chlorurée sodique à 37° ; eaux chaudes d'OEyreluy ; eaux chlorurées sodiques et sulfatées de Bidas en amont d'un barrage d'ophite. Sur le revers S. de ce plissement, l'Eocène finit brusquement sur une ligne où se rencontrent les eaux chaudes de Jouanin (Saubusse) 32° et la résurgence de la barlhe de Saubusse. Tous ces plissements, ainsi que les failles qui les accompagnent, sont dirigés sous des angles diflérents, vers le N.O. et cessent d'être observés en des points qui se trouvent placés sur une ligne sensiblement droite ; ligne des grandes résurgences d'eaux chaudes qui part de Barbotan 35°, passe par Préchacq-bains 58° ; par Dax 58° et 60° pour se continuer vers la fosse de Capbreton. A Dax, les résurgences s'observent aussi en amont du pointement d'ophite du tue des Lazaristes. A Préchac-Bains l'ophite n'affleure pas, mais M. le D r Darroze a rencontré dans un sondage le plâtre à 17 mètres de profondeur, roche qui fait cortège de l'ophite et des marnes irisées. Cette grande faille cesse d'être observée depuis le Boudigot à 1500 mètres en aval, du pont du chemin de fer sur l'Adour à Dax, jusqu'à Capbreton, parce que cette région est recouverte par un puissant manteau de terrains sédimentaires dont les vallonnements possibles sont comblés par le sable des Landes (1). La même remarque doit être faite pour la partie comprise entre Préchacq-Bains et Barbotan. La cassure de la fosse de Capbreton se trouvant exactement dans le prolongement de la grande ligne des eaux chaudes, nous eûmes la pensée de la rattacher à notre système continental. Jusqu'à l'heure aucune raison simplement vraisemblable n'a pu expliquer qu'une fosse aussi étroite (300 m.) et aussi profonde en un point (377 m.) à l'embouchure d'un cours d'eau (anciennement à l'embouchure de l'Adour) apportant à la mer des matériaux de dépôts, (1) Le sable des Landes, est de formation moderne, datant du palaeolilhique supérieur (azilien) et mieux du néolithique inférieur. La découverte de elephas pri- migenius dans les argiles de Magescq au-dessous du sable des Landes (Dubalen, Bull. Soc. Lin. de Bordeaux) et plus tard, dans le même niveau du Rhinocéros Tichorhinus (Harlé, Bull. Soc. Géol. de France) ainsi que la présence d'une pointe solutréenne trouvée par M. Martres dans les argiles de Sabres, au-dessous du sables des Landes et le manque de tout silex palaeolithique dans les sables confirment bien la date moderne de son dépôt. PROCÈS-VERBAUX 43 dans une mer peu profonde dont les courants violents charrient les sables des hauts fonds, ne soit pas comblée depuis longtemps. De nombreux auteurs ont écrit sur ce phénomène inexplicable ; nous donnons plus loin leur description. Quelques-uns ont essayé de fournir des explications qui paraissent si peu vraisemblables, que nous n'avons pas cru utile de les rapporter. Si nous considérons la losse de Capbreton, comme le prolongement de la faille à eaux chaudes, l'explication de son non comblement devient bien simple : la venue des eaux chaudes au fond de la fosse dont la température de l'eau de mer devrait être de 5 à 6°, font naître de puissants courants de densité et de pression hydrostatique ; ces cou- rants suffisent à chasser les sables que les courants marins superficiels poussent à chaque instant dans la fosse. S'il en était ainsi, la vérification du phénomème d'une rivière d'eau chaude sous-marine, devenait facile ; il suffisait de prendre des tempé- ratures à des profondeurs diverses. Si nos considérations ne sont pas fondées, nous devrons trouver des températures de plus en plus basses à mesure que la profondeur augmente ; dans le cas contraire c'est leur confirmation pure et simple. Mon ami et collaborateur M. A. Foucaud, expert géomètre à Dax a bien voulu se charger de prendre les températures avec le bateau mis à sa disposition par M. Bernadet, de Dax. Jusqu'à l'heure l'outillage et les circonstances ne nous ont pas permis d'atteindre le fond d'entonnoir de 377 mètres, mais les premières prises de température ne nous semblent laisser aucun doute. Températures relevées : A 30 mètres de profondeur, 12". A 200 mètres d« 29°. M. G. Camiade, de Dax et l'administration des Ponts et Chaussées avaient parait-il, relevé ces mêmes écarts de température, sans en donner une explication. Cette température de 29° à 200 mètres de profondeur indique une origine thermale sous-marine dans le canon.de Capbreton. Nous ne doutons plus que lorsque le grand fond de l'entonnoir à 377 mètres sera atteint par le thermomètre, nous n'enregistrions une température encore plus élevée. D'autres ordres de preuves nous serviront encore à établir qu'une - rivière souterraine à eaux chaudes vient déboucher dans la fosse. Le navire le Caudan a effectué dans le golfe de Gascogne des sondages 44 PROCÈS-VERBAUX sous la direction de MM. les Professeurs Thoulet, Kœlher, Le Dantec- Roule ; les débris végétaux ramenés ont été étudiés par M. le Professeur Bleicher (1) qui a reconnu un fragment de plante de marais du genre Typha et un fragment de branche d'arbre du genre Alnus, Le fragment de Typha avait le tissu cellulaire rempli par de la vase argilo-calcaire avec grains de quartz anguleux. M. Bleicher explique ainsi leur submersion : « Il semble que le fragment de tige d'une plante marécageuse, ayant vécu sur le continent, après avoir flotté longtemps, grâce à sa structure spongieuse, a dû finir par être précipité au fond de l'eau sous la surcharge des animaux microscopiques et peut-être des poussières atmosphériques qui se logeaient à sa surface... ». Plus loin pour le fragment d 1 Alnus, il ajoute : « L'écorce est intacte, mais le bois assez décomposé, a été taraudé sur le continent d'abord, comme le témoignent les galeries de larves d'insectes, encore remplies de débris pulvérulents, que celles-ci laissent après leur passage ; puis pendant le flottage, comme le témoignent les galeries droites avec cul-de-sac terminal, attribuables aux Térédinées, tout remplies des vases analogues à celles du remplissage du Typha. On peut admettre ici que le bois rendu plus léger par l'attaque des insectes, est, plus tard, après flottage, devenu plus lourd que l'eau par le même mécanisme que de débris de monocotylédoné décrit plus haut ». Le fait de trouver au fond de la mer des débris de bois qui flottent même en eau douce, paraît surprendre M. Bleicher qui cherche une explication aussi vraisemblable que possible. Si les faits s'étaient passés comme il le pense, à chaque instant dans les dragages exécutés en des points quelconques des fonds de mer, on ramènerait des débris de végétaux terrestres, ce qui n'est pas le cas. L'apport de ces fragments de végétaux s'explique bien plus facilement par le moyen de la rivière souterraine, qui pendant le transport, les a roulés dans la vase et le sable ; leurs cellules garnies d'argiles se sont trouvées plus denses que l'eau au moment de leur arrivée à l'embouchure sous- marine. Les petits graviers en roches diverses des Pyrénées dont la présence est signalée dans les grands fonds, peuvent y avoir été entraînés, au moment d'une régression de la mer; régression ayant alors déterminé (1) Sur les débris et les roches des sondages de la campagne du Gaudan dans le golfe de Gascogne (Bleicher). Comptes-rendus Acad. des Sciences, 1895. PROCÈS-VERBAUX 45 un courant plus violent de la rivière souterraine (1). La présence de rogons roulés pugilaires en marnes dures appartenant vraisembla- blement à l'oligocène inférieur de Saubusse, qui nous ont été donnés par M. Lapeyrère, comme provenant de la fosse de Capbreton, s'expli- querait de la même manière, et donnerait encore plus de valeur à cette façon de voir. La présence de boues noires au point maximum de profondeur de la fosse, point de la principale résurgence d'eau chaude, serait un phénomène en tout point semblable à celui des dépôts de boues noires de nos résurgences continentales de Dax, Préchac-la-Bagnère, Barbotan-Tercis. Nous ne saurions terminer cette note sans signaler une particularité zoologique qui s'observe à Capbreton et qui mérite d'appeler l'attention des naturalistes. Assez souvent on capture à la main ou on trouve morts des animaux marins. Pour ces dernières années, un sujet adulte de Mesoplodon Sowerbiensis (Van Besneden) aujourd'hui au Musée de Bordeaux ; On ne connait de cette espèce, qui mesure environ 5 mètres, que l'exemplaire de Bruxelles et celui de Bordeaux. L'exemplaire de Bordeaux dont nous avons levé le squelette, portait deux os en T à la place du bassin. En 1908, un poisson très rare fut pris à la main par M. Despagnet, peintre à Mont-de-Marsan, quelques jours avant, un sujet de la même espèce aurait été pris dans les mêmes conditions, mais il ne lut pas envoyé au Musée qui ne possède que le second. M. le Professeur Pellegrin, du Muséum a bien voulu nous en donner la détermination ; c'est le Centrolophus Britannicus (Gunther) 1860, espèce dont on ne connait encore que trois exemplaires (2). Les marins et les douaniers ont remarqué que c'est toujours sur la (1) Pendant la régression du quaternaire supérieur, et peut-être pendant une régression plus ancienne qui a précédé l'Helvétien. La régression pendant le quater- naire supérieur semble prouvée par l'habitation de la grotte de Rivière depuis l'Aurignacien jusqu'à la fin du Magdalénien, grotte dont les puissants foyers, sans intrusion d'aucune sorte, sont actuellement au niveau de la marée haute que la moindre inondation recouvre.. La grotte de Rivière est située dans une partie de la vallée très resserrée, entre deux très hautes berges de crétacé ; le plafond rocheux du fleuve a été démantelé à une grande profondeur au-dessous du fond actuel ; ce dispositif exclut toute interprétation d'affaissement de la région. (2) Sur un poisson nouveau pour la faune française par le D r J. PELLEcmiN. Bull. Soc. Zoolog. de France, T. XXXVII, 1912. 46 PROCÈS-VERBAUX côte entre Capbreton et l'embouchure de l'Adour, c'est-à-dire au S. de la fosse que se rencontre le plus grand nombre de poissons morts, tandis que cette particularité serait très rare sur la côte vers le Vieux - Boucau ; les courants marins côtiers allant du N. au S., c'est donc sur une zone à la hauteur de Capbreton que se trouve la cause détermi- nante de cette particularité. Nous ne craignons pas de l'attribuer à un échaudage des animaux marins qui s'engagent trop profondément dans la fosse. M. Larrat, de Capbreton, nous signale encore la capture à la main d'un saumon et fait la très importante remarque, que ce n'est pas après les tempêtes que se font ces captures de poissons mourants, ou la rencontre de poissons morts sur la cote S. Le géologue américain Bénnet en 1899, signala l'existence de fleuves sous-marins venant déboucher en plein Océan Pacifique et Atlantique, à des profondeurs considérables, et rejetant des objets divers provenant de pertes de rivières sur des continents. La constatation d'une température élevée au fond même de 377 mèlres éclairera d'un jour nouveau la zoologie marine du golfe de Gascogne et la géologie de la région. Description du Gouf de Capbreton (Divers Auteurs). Mg r Puyol « l'Adour et le Gouf de Capbreton, Bayonne 1861. ... A droite et à gauche ce sont des tourmentes et les fracas de la tempête. Au milieu c'est l'image de la tranquillité. Ce sont les eaux de salut, disent les marins, qui nous permettent sur cette plage inhospi- talière d'aborder en tranquillité. . . . . . C'est une fissure, un vallon profond. . . les bords font office de mur de soutènement ... le fond est composé de vases . . . C'est une force d'affouillement qui chasse les sables. . . Beautemps-Baupré, dit dans la légende du « Pilote Français », c'est un phénomène extraordinaire. Ce qui a droit de nous surprendre, c'est la persistance du phénomène au milieu de tant de causes qui semblent devoir l'anéantir. Vionnois, Ingénieur en chef (Courrier de Bayonne 1861). PROCÈS-VERBAUX 47 Après plusieurs calculs, trouve un déplacement de 585.000 mc par an (du Nord vers le Sud). Comment une telle masse de sable, provenant du littoral des Landes peut-elle passer au-dessus du Gouf de Capbreton sans le combler. » Les ingénieurs hydrographes ont constaté avec grande surprise que les sondages de 1860, donnaient exactement les même profondeurs que ceux de 1826. Mg r Puyol. — Si le Gouf qui est à 400 m " de la côte, assis entre deux sources de sables, ne se comble pas, c'est qu'une action puissante sans cesse en jeu expulse les sables ; elle existe ou n'existe pas, si elle existe elle continuera d'exister, quel que soit le régime auquel sera soumis le Gouf. . . à dire que le Gouf serait comblé du moment qu'un cours d'eau se jetterait dans son sein. . . Eh bien, ce cours d'eau s'est jeté dans le Gouf, c'était l'Adour et le Gouf n'a pas été comblé. A. Lalauze. — Canal maritime de Capbreton à Port Vendres. (Soc. Borda 1883). La force d'expulsion qui vient de la fosse combat les sables amenés par le courant littoral et les maintient à distance. . . Le régime de la fosse s'oppose à l'atterrissement d'aucune de ses parties par le sable du littoral. Quels qu'extraordinaires que soient ces phénomènes ils sont incontestables. Paul Devèze 1898. — Il existe en effet sur cette côte ravagée et ter- rible du golfe de Gascogne, un accident naturel peut-être unique au monde. Raulin et Jacquot. — Statistique géologique des Landes. Ce qui rend cette passe encore plus remarquable, c'est que son fond est occupé par des vases tandis que les terrasses du N et du S sont de sable pur. M. Dorthe patron du bateau de pêche à moteur « la Coccinelle » a constaté de puissants remous qui chassent les paniers à Langouste placés entre les deux lèvres de la cassure, ce qui nécessite une sur- charge spéciale de ces engins. 48 PROCÈS-VERBAUX La processionnaire du Pin. Par M. Clavenie La chenille processionnaire du pin, signalée cette année sur un grand nombre de points des départements de Ja Gironde et des Landes, est un des ennemis les plus connus des forêts de pin maritime. Cet insecte, dont les dégâts passent souvent inaperçus, se rappelle de temps à autre à l'attention des sylviculteurs par de véritables invasions, semblables à celle que nous constatons actuellement. Ces invasions, plus ou moins régulières, dont les plus récentes clans notre région, remontent à 1893, 1897, 1904, causent parfois des dommages impor- tants. On s'est préoccupé avec juste raison de ces attaques périodiques des processionnaires et on s'est demandé s'il était possible de les com- battre et d'enrayer leur trop grand développement. Avant d'exposer les différents procédés de destruction qui ont été proposés et afin de permettre de les apprécier en toute connaissance de cause, nous croyons devoir rappeler tout d'abord de façon assez détaillée les principaux traits des mœurs de l'insecte. Le papillon qui donne naissance à la. chenille processionnaire du pin, (Cnethocampapityocampa), appartient au groupe des Bombycides. L'as- pect général de ce papillon est modeste ; le corps est de couleur roussâ- tre; les ailes supérieures sont d'un gris terne avec quelques zébrures de couleur brune; les ailes inférieures presque blanches avec un liseré grisâtre. Le mâle est plus petit que la femelle, dont l'envergure est de 40 à 45 millimètres. Ce papillon apparaît du 15 Juillet au 15 Août. Si à cette époque on examine avec attention les branches inférieures des jeunes pins, on peut trouver aisément certaines aiguilles qui portent une sorte de manchon cylindrique de l'aspect et de la dimension d'un chaton de noisetier non épanoui. Chacun de ces manchons contient de 200 à 600 œufs environ et il représente la ponte d'une femelle. Comme on le voit la fécondité des processionnaires est très grande; d'un autre côté la plupart des œufs, très bien protégés, arrivent en général à bien; on s'explique donc aisément le rapide envahissement de l'insecte. L'éclosion des œufs se produit sous l'influence de la chaleur solaire, après une incubation qui dure de 15 jours à un mois. Les jeunes che- nilles, blanchâtres, longues de un millimètre à peine, apparaissent en Août et Septembre. Dès leur naissance elle se groupent en une colonie, constituée par les individus issus d'une même ponte, et la société ainsi PROCÈS-VERBAUX 49 formée se maintiendra jusqu'au moment de la nymphose. A peine cons- tituées, ces colonies établissent à l'aide de la soie que secrète chaque pro- cessionnaire, une sorte de nid ou bourse destinée à servir de retraite commune et d'abri contre les intempéries. Ce nid est d'abord de couleur blanc-verdâtre puis d'un blanc absolument pur. Il est construit solide- ment à l'extrémité d'un rameau principal ou de la cîme de l'arbre ; de faible dimension au début, il devient bientôt volumineux et de consis- tance épaisse à mesure que les chenilles grandissent. Le développement des processionnaires se poursuit à l'abri de ce nid, pendant toute la durée de l'automne, de l'hiver et une partie du printemps. Au cours de ce développement les chenilles subissent deux mues successives et chan- gent à chaque fois de livrée ; après la dernière mue elles présentent sur le dos des organes singuliers, sortes de boutonnières garnies de poils urticants, s'ouvrant et se fermant à volonté, et qui paraissent jouer un certain rôle défensif. Une des particularités les plus remarquables de la vie des proces- sionnaires, celle qu'il importe le plus de connaître, est que ces chenilles ne sortent que la nuit pour chercher leur nourriture; pendant le jour elles restent groupées dans leur nid et elles ne le quittent que par exception et sans but apparent. Ces sorties nocturnes des procession- naires ont été décrites par Fabre, de façon imagée et pittoresque. Par de curieuses expériences qu'il serait trop long de retracer ici, l'illustre entomologiste a mis en relief cette particularité ainsi que les principaux traits qui rendent la vie de ces chenilles si intéressante. Il a établi entre autres, que les processionnaires sont douées d'un merveilleux instinct qui leur permet de prévoir à l'avance les intempéries, auxquelles elles savent se soustraire en restant à l'abri de leur nid protecteur. Il ne faut donc pas compter sur les rigueurs de l'hiver, tout au moins sous notre climat doux, pour assurer la destruction de ces chenilles. Le verglas cependant, succédant brusquement à de chaudes journées, peut en taire périr un grand nombre; nous avons pu constater le cas, rarement il est vrai, mais heureusement du reste, car le verglas est parfois désas- treux pour les arbres eux-mêmes. En général, les processionnaires ne sont pas incommodées par nos hivers et leur développement se poursuit pendant toute cette saison. Ce développement est terminé vers le mois d'Avril et Mai, parfois fin Mars ; les chenilles ont alors quatre centi mètres de longueur environ. A ce moment toutes les chenilles d'une même colonie quittent définitivement leur abri, et toujours en proces- sion elles descendent à terre pour chercher un emplacement favorable à 50 PROCÈS-VERBAUX leur nymphose; remplacement trouvé elles s'enfoncent dans le sol, à 10 ou 12 centimètres de profondeur environ , elles se rassem- blent en un amas confus et elles ne tardent pas à se chrysalider. Après une période de nymphose qui dure deux mois à deux mois et demi, les chrysalides donnent naissance aux papillons. Ceux-ci évoluent à la nuit noire, d'un vol lourd qui leur permet à peine d'atteindre les branches inférieures des arbres; ils disparaissent après quelques jours, leur fonction de reproduction accomplie. Le cycle complet de la vie de l'insecte est alors terminé. Les processionnaires n'attaquent pas uniformément tous les pins; les peuplements généralement atteints sont les semis et les plantations, à partir de 5 à 6 ans, et les perchis jusqu'à l'âge de 20 à 25 ans; au- dessous de 5 à 6 ans, les jeunes pins sont dédaignés, sans doute parce qu'ils n'offrent pas une réserve de nourriture suffisante; au-dessus de 20 à 25 ans les arbres sont assez élevés et paraissent hors de l'atteinte du vol des papillons. Les processionnaires exercent leurs ravages pen- dant toute la durée de leur état de chenilles, c'est-à-dire pendant 8 à 9 mois environ; comme leur voracité est très grande, elles peuvent arri- ver, lors des grandes invasions, à détruire complètement le feuillage de cantons entiers; les arbres paraissent alors dépouillés comme s'ils avaient été ravagés par un incendie. Pour lutter contre de pareils dégâts, très préjudiciables aux peuple- ments, on a employé des procédés divers. Comme la vie de l'insecte se divise en quatre phases bien distinctes, œuf, chenille, chrysalide, papillon, on a cherché naturellement à l'atteindre sous chacune de ces formes. ■ Pour détruire les œufs on a tenté tout d'abord de vaporiser les jeunes arbres à l'aide de solutions acides, mais ces œufs étaient trop bien pro- tégés par leur revêtement extérieur, et l'emploi des substances les plus variées n'a donné aucun résultat. On s'est donc borné le plus souvent à recueillir directement les cylindres de ponte; on sait en effet que les pa- pillons déposent leurs œufs sur les branches inférieures des arbres, à deux ou trois mètres de hauteur environ, où ils sont facilement acces- sibles. Ce procédé de récolte à la main a été employé dans les reboise- ments des Pyrénées-Orientales et il a été jugé pratique lors des grandes invasions; la récolte de cent cylindres de ponte revenait à fr. 25 envi- ron. Dans le même ordre d'idées, et afin de gêner la ponte des papillons, Fabre recommande d'élaguer les arbres au-dessus de deux mètres de hauteur; la pratique de l'élagage, en vue de la préparation des pins au PROCÈS-VERBAUX 51 gemmage, étant une opération courante dans le Sud-Ouest, nous n'a- vons pas à la recommander ici. La récolte des œufs, quoique eificace, n'a pas donné en pratique des résultats suffisants; il a été jugé né- cessaire de compléter cette récolte par d'autres mesures La récolte des chrysalides en terre, au moment de la nymphose, est encore un procédé de destruction forcément très incomplet, il a donné peu de résultats quoique fort dispendieux. 11 en est de même pour la chasse directe des papillons, presque introuvables de jour et difficiles à prendre aux pièges lumineux, la nuit. Reste donc la lutte contre les chenilles elles-mêmes. Un procédé indirect de destruction très ingénieux consiste à ceinturer les arbres au moment de la nymphose, à l'aide d'un enduit visqueux, afin d'empêcher les chenilles de descendre à terre et de se chrysalider; en réalité on obtient malheureusement peu de résultats, et la nécessité de renouveler les enduits pendant un temps assez long, occasionne des dépenses assez élevées. On a donc été réduit à la lutte directe contre les chenilles. On s'est contenté parfois d'arracher ou de déchirer les bourses à l'aide d'un crochet, de façon à exposer les chenilles aux intempéries qui devraient les faire périr, mais en pratique beaucoup de chenilles échap- pent et construisent un nouvel abri; de plus ce travail est pénible et dangereux pour les ouvriers. On a encore tenté le flambage des bourses à l'aide d'un brûleur spécial, monté sur une perche, mais jusqu'à présent aucun des appareils employés ne s'est montré assez pratique. On a enfin utilisé le pétrole et ce produit a donné complète satisfaction ; il suffit en effet d'ouvrir les bourses à l'aide d'un crochet et d'y verser quelques gouttes de pétrole à l'aide d'un récipient quelconque, pour faire périr toutes les chenilles en quelques minutes ; leur destruction est complète et le procédé s'est montré concluant partout ou il a été utilisé. Ce procédé a été appliqué en grand dans les reboisements des départe- ments méditerranéens, notamment dans les Pyrénées-Orientales, con- curremment avec la récolte directe des bourses et leur destruction par le feu. Dans son étude très documentée sur les processionnaires, M. Calas, Inspecteur des Eaux -et Forêts, déctit la pratique de l'opération de la façon suivante : On constitue une équipe d'une douzaine d'ouvriers et on parcourt les peuplements attaqués par virées méthodiques; sept à huit ouvriers sont chargés de couper les bourses les plus accessibles; ces bourses mises 52 PROCÈS-VERBAUX dans un sàc de toile, sont versées ensuite dans un sac plus grand et portées sur un endroit découvert où un ouvrier s'occupe spécialement de les faire brûler ce qui présente quelques difficultés. Les autres ou- vriers sont chargés de détruire par le pétrole, les bourses placées à l'ex- trémité des cimes ou des branches supérieures, ramifications difficiles à atteindre et qu'il convient du reste de respecler, ceci étant possible car le pétrole ne détruit pas les bourgeons des pins. Pour effectuer le pétrolage des bourses, on emploie avec avantage un instrument spécial, appelé le pétroleur Pillot. Cet appareil se com- pose essentiellement d'une sorte de burette conique en métal, de la capa- cité d'un litre environ, montée par sa base sur une perche de la longueur des arbres à traiter. La partie conique de la burette est prolongée par un crochet en métal, très aiguë, le long duquel est ménagé un petit sillon; ce sillon est en communication avec l'intérieur de la burette par une petite ouverture. Cette ouverture est fermée par un tampon de liège, lequel est commandé par un ressort et une cordelette de la longueur de la perche. Le mode d'emploi est des plus simples. On enfonce le bec de l'appareil au sommet de la bourse; on tire la cordelette un instant, quelques gouttes de pétrole tombent dans la bourse et tuent les che- nilles. 11 faut environ cinq millilitres de pétrole par bourse, soit un demi-litre par cent bourses. M. Calas recommande d'effectuer le traitement dès l'apparition des chenilles, c'est-à-dire en Octobre; il insiste sur la nécessité de com- pléter ce premier traitement par un ou deux autres effectués dans le courant de l'hiver, de façon à détruire les nids qui échappent toujours au premier traitement. Le temps le plus favorable pour traiter est un temps humide ou même pluvieux, à partir de neuf heures du matin; on est alors certain que toutes les chenilles sont rentrées dans leur nid. 11 convient de faire prendre aux ouvriers toutes les précautions nécessai- res pour se préserver, notamment les yeux, contre l'urtication provo- quée par les poils des chenilles qui flottent dans l'air. Contre les effets de cette urtication, Fabre recommande l'emploi de toute plante à feuil- lage tendre et juteux, notamment le persil et le pourpier. Le prix du traitement complet, coupe et pétrolage des nids, revient de 3 à 5 francs par hectare, parfois 10 francs dans les circonstances excep- tionnelles. Dans les reboisements des Pyrénées-Orientales, on a traité une surface de 1100 hectares pendant la période comprise de 1891 à 1899. On a dépensé au total 15,000 francs, soit 13 fr. 60 environ par hectare. Ce chiffre n'est pas trop élevé si on considère qu'on a réussi à sauver des PROCÈS-VERBAUX 53 reboisements très menacés, pour la création desquels on avait engagé des sommes très importantes. Durant plusieurs années en effet, à partir de leur première apparition en 1887, les processionnaires ont envahi régulièrement les reboisements méditerranéens et elles ont causé des dégâts très importants. Pendant plusieurs années consécutives le feuil- lage des pins a été dévoré complètement; les réserves des arbres ont bien permis la reconstitution du feuillage à plusieurs reprises, mais il est arrivé un moment où ces réserves étant épuisées, les arbres affai- blis sont devenus la proie des insectes xylophages, qui n'ont pas tardé à les faire périr. Des peuplements entiers ont ainsi été détruils. On a donc été conduit dans ces régions, à engager une lutte constante contre les processionnaires, lutte qui a été poursuivie jusqu'au moment où les arbres se sont trouvés assez grands et assez forts pour résister par eux-mêmes. Mais malgré le succès obtenu dans les reboisements, on n'a pas tardé à s'apercevoir, en dehors de la question des dépenses à engager, que la lutte contre les processionnaires présentait des aléas sérieux quand elle n'était pas poursuivie d'une façon méthodique. Aussi en présence des difficultés résultant de ce fait, M. Calas en vient-il à conclure qu'il est préférable dans les reboisements, de remplacer les résineux par des feuillus, et que les résineux n'y doivent jouer que le rôle d'essences transitoires et par suite secondaires. Une telle éventualité doit-elle être envisagée pour les pignadas du Sud-Ouest. Nous ne le croyons pas et nous pensons que l'existence du pin maritime, essence précieuse entre toutes et qui ne saurait-être rem- placée par aucune autre dans nos régions, ne peut-être sérieusement menacée par les processionnaires, ainsi que cela s'est produit pour les reboisements méditerranéens. Ces reboisements en effet ont été effectués dans des régions montagneuses d'altitude très variable ; pour cette raison on a employé dans ces travaux, de nombreuses espèces de pins, telles que Pin noir d'Autriche, Pin sylvestre, Pin de Salzmann, Pin Pinier, Pin maritime, Pin d'Alep. Or ces pins, quoique tous attaqués par les pro- cessionnaires, l'ont été à des degrés très divers; on a vite remarqué que les espèces les plus attaquées étaient le pin noir d'Autriche et le pin sylvestre, essences d'origine étrangère à la région, et que les pins les plus résistants étaient ceux qui ont leur habitat naturel dans la région méditerranéenne, telles que le pin pinier, le pin maritime et surtout le pin d'Alep, qui est ici l'espèce la plus répandue. De l'observation de ces faits on en vient naturellement à conclure que les pins les plus sensibles sont ceux qui ne sont pas acclimatés. Au 54 PROCÈS-VERBAUX contraire les pins originaires du pays, sont les plus résistants. Ce résul- tat ne doit pas surprendre si on se rappelle combien les espèces, tant animales que végétales, sont sensibles à toute cause de destruction, dès qu'elles sont transportées hors de leur milieu habituel, c'est-à-dire lors- qu'elles ne sont pas acclimatées. Or ce n'est pas le cas qui se présente pour les pignadas du Sud-Ouest. Le pin maritime est en effet spontané ici; il s'y trouve même dans sa station naturelle la plus importante et il a occupé de tout temps de vastes étendues dans les Dunes et dans les Landes de Gascogne. Les immenses reboisements effectués dans les dunes et dans les landes au cours du siècle dernier, ont sans doute étendu exlraordinairement son habitat, mais on n'a pas dépassé toute- fois dans notre région les limites de son aire naturelle. Nous nous trouvons donc ici en présence d'une essence parfaitement acclimatée, et ayant acquis à travers les siècles, par le simple jeu des forces naturelles, une résistance spécifique et une immunité relatives qui lui ont permis de se perpétuer jusqu'à nous. En ce qui concerne les processionnaires, nous constatons en effet la présence à l'état endémique de ces parasites dans les pignadas; nous constatons aussi que toutes les grandes invasions sont suivies à bref délai de la brusque disparition presque complète des chenilles. Ces faits ne peuvent s'expliquer que par une adaptation des arbres et des chenilles à leur milieu. Les facteurs principaux de cette adaptation, ceux qui expliquent la disparition rapide des invasions sont, en dehors de la résistance spécifique du pin maritime, l'action des parasites des proces- sionnaires. Ces parasites rarement constatés dans les reboisements méditerran- néens, se manifestent au contraire rapidement dans le Sud-Ouest; ces parasites sont des helminthes, des champignons inférieurs, et surtout des ichneumonides, petits insectes qui déposent leurs œuts dans le corps des processionnaires, celles-ci étant dévorées ensuite par les larves qui naissent de ces œufs (1). Le mécanisme très simple de l'action des parasites est le suivant : lorsque par suite de circonstances favorables, les processionnaires pren- nent une grande extension, leurs parasites trouvant à leurs dépens une nourriture abondante, se développent d'une façon corrélative; bientôt (1) Parmi les ennemis proprement dits des processionnaires on ne cile guère qu'un calosome chez les insectes et le coucou chez les oiseaux; les autres animaux paraissent dédaigner ces chenilles sans doute en raison de leurs poils urticants. PROCÈS-VERBAUX 55 leur nombre est assez grand pour qu'ils arrivent à détruire le plus grand nombre des chenilles, mais par ce fait même ils se trouvent privés de nourriture et ils périssent à leur tour en grande quantité. L'équilibre un moment rompu entre les uns et les autres se rétablit, en quelque sorte automatiquement. Ainsi s'expliquent les invasions et leur disparition. Il ne faudrait pas cependant conclure nécessairement de ce qui pré- cède, qu'il est inutile de se préoccuper des processionnaires dans notre région. Si l'existence même des pignadas ne semble pas menacée parles chenilles, il n'en est pas de même pour leur production. 11 est facile en effet de constater, après une invasion de chenilles, que l'épaisseur d'accroissement du bois, la longueur des pousses annuelles, et la pro- duction de la résine sont fortement réduites pendant plusieurs années. Les arbres attaqués subissent de ce fait un retard marqué dans leur développement. Il y a donc intérêt à restreindre ce retard et à diminuer les pertes d'accroissement. Ce résultai est facile à obtenir à peu de frais par la destruction des chenilles à l'aide du pétrole, selon le procédé que nous avons indiqué plus haut, complété s'il y a lieu par les autres procédés mentionnés. Ce procédé est facile à appliquer et il est d'une réelle efficacité. Nous le conseillons donc, en faisant toutefois remarquer que pour en obtenir tous les résultats pratiques qu'il comporte, il con- vient d'effectuer les traitements d'une façon générale et dès la première apparition des processionnaires. Il ne faut pas perdre de vue en effet ce principe généralement admis, que c'est au début de leurs attaques que la lutte contre les insectes s'engage avec le moins de frais et le plus de succès. (1). Après la lecture de ce rapport si documenté, M. Breignet soumet à la société un vœu concernant la destruction de la Processionnaire du pin. L'Assemblée décide de porter ce vœu auprès du Conseil général, et prie M. Claverie de rédiger un résumé de son mémoire, résumé qui sera adressé aux maires et aux instituteurs des régions intéressées. (1) Il serait intéressant de rechercher si les parasites des processionnaires existent dans les forêts créées dans les Landes au cours du siècle dernier, comme ils exis- tent nécessairement dans les anciens pignadas. Dans le cas ou ces parasites ne seraient pas constatés sur quelques points, il serait facile de les importer en les prenant dans les régions voisines. Les Américains ont employé ce procédé pour lutter contre certains insectes importés de l'étranger et qui ravagaient leurs forêts, le Bombyx disparate notamment. Us ont construit de véritables fermes où ils élè- vent les parasites de ces insectes, et ils ont obtenu ainsi des résultats d'autant plus remarquables qu'ils paraissent durables et même indéfinis. 56 PROCÈS-VERBAUX Séance du 6 mars 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. PERSONNEL M. Bardié fait part d'une lettre de M. Sarry, donnant sa démission de Membre de la Société. ADMINISTRATION M. le Président donne connaissance du programme des excursions : 20 Avril, Quinsac-La Tresne; 12 Mai, Léognan-Gradignan ; 26 et 27 Mai (Pentecôte), Bazas et St-Côme; 9 Juin, Cap-Ferret; 30 Juin (Fête Linnéenne), Castelnau et Margaux (Médoc) ; enfin, en Octobre ou Novem- bre, excursion mycologique à Gajac. Toutes les excursions seront publi- ques sauf la Fête Linnéenne. Séance du 20 mars 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE M. le Président a écrit à M. Bron de Laurière l'informant que l'her- bier de M. Godard sera accepté avec plaisir par M. le D r Beille pour la bibliothèque boLaniqne de la ville. COMMUNICATIONS M. Doinet présente au nom de M. Boyer un mycélium de Pleurotus Conchatus qui a donné naissance, en culture pure, au champignon lui- même. M. Bardié signale à Capian une station abondante (Vlsopyrum thalic- troides. PROCHS-VERBAUX 57 Séance du 3 avril 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. PERSONNEL M. Eyquem, s'occupant de botanique, présenté par MM. Bardié et Barrère, est élu membre honoraire de la Société. COMMUNICATIONS M. Doinet fait passer sous les yeux de ses collègues les champignons suivants : Amanita junquillea, Laccaria laccata var. proxima, Coilybia num- mularia (forme intéressante) et quelques planches représentant des champignons récoltés dans ses récentes excursions. M. Lambertie donne le nom du Coléoptère recueilli dans les cresson- nières Phaedon cochleariae (F.). Rectification sur Macropterna marginalis Fieb. (Hémiptère, Lygaeides). Par M. Maurice Lambertie. En une note insérée Tannée dernière dans les Procès-Verbaux de la Société (1), j'ai mentionné le Macropterna marginalis Fieb. comme pris à Cazaux, au bord de l'étang. J'ai reçu de M. R. Léon-Dufour une lettre rectifiant les renseignements reçus au sujet de cet Hémiptère. « Voulez-vous me permettre de mettre au point les circonstances de sa rencontre? C'est exactement le 3 Août, au Cap-Ferret que je l'ai ren- contré, en me rendant de l'extrémité du tramway à la plage, près du plancher posé sur le sable et juste avant d'atteindre le dernier mouve- ment de dune près l'hôtellerie. Il courait avec une grande agilité, vers midi, sur le sable brûlant, comme un Bembidium (Col. Carabide), et il semblait bien être chez lui, paraissant chercher quelque chose ». (1) Maurice Lamberlie. — Remarque sur quelques Hémiptères nouveaux ou rares pour le département de la Gironde {Société Linnéenne de Bordeaux, T. LXV, 1911, p. 108). 5. 58 PROCÈS-VERBAUX Séance du 17 avril 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. COMMUNICATIONS M. Lambertie présente un Myzus oxyacanthœ (Hém. Aphidide), cap- turé au Haillan, le 7 Avril. M. Doinet, soumet un exemplaire de Spathularia flavida Pers. 93me Fête Linnéenne à Saint-André-de-Cubzac le 25 Juin 1911. DISCOURS DU PRESIDENT M. A. Bardié. Messieurs, Notre Société célèbre aujourd'hui sa 93 me fête annuelle. Cette solen- nité marque une date chère à ceux qui, fidèles à la tradition, viennent, à l'exemple de leurs devanciers, témoigner de leur attachement à la Société Linnéenne et célébrer le culte de la Nature. A travers les années, ce sentiment est resté bien vivace dans le cœur des adeptes de Linné. Si notre fête n'a plus l'apparat champêtre qui la rendait si touchante autrefois, elle n'en demeure pas moins la manifes- tation la plus imposante de notre Société, puisque chaque fois elle rap- pelle son origine, son but et les efforts de ses fondateurs. Ce fut un jour mémorable que celui qui vit se fonder cette Société Linnéenne, longtemps unique en son genre, et qui servit de prototype à bien des Sociétés scientifiques du monde entier. Les conséquences de cette fondation furent aussi, vous le savez, des plus heureuses pour les intérêts de l'Agriculture et de l'Horticulture de notre région. En parcou- rant les Mémoires et les Actes de cette Société, bientôt vieille d'un siècle, on est surpris d'y trouver une somme de travaux scientifiques aussi importante, et il est toujours attrayant d'y relire les comptes rendus des fêtes linnéennes de jadis. On se réunissait alors à 5 heures du matin, quelquefois même à PROCÈS-VERBAUX 59 4 heures, dans le local ordinaire des séances, où le Directeur, après une brève allocution, assignait à chaque section la région qu'elle aurait à explorer. Puis, à 5 h. 1/2, les groupes s'en allaient au loin, pour se retrouver à midi, en tel lieu désigné, sous les arbres, en face du portrait ou du buste de Linné qu'on avait pour la circonstance couronné de fleurs. Alors avait lieu la séance solennelle, les rapports sur les travaux divers et les découvertes récentes. Puis venaient les discours du Direc- teur sur les observations de la matinée et sur les fêtes précédentes. Chaque fois le Secrétaire donnait lecture du compte rendu de la pre- mière fête linnéenne, comme pour assurer la pérennité de cette circons- tance inoubliable. L'excursion recommençait dans l'après-midi et l'on se retrouvait le soir pour le banquet. Des agapes linnéennes d'alors, les comptes rendus donnent peu de détails. Il est dit dans quelques-uns des rapports parus au Bulletin polymathique et reproduits dans les premiers volumes des Mémoires de la Société, que la fête se terminait par des chants de circonstance. Quels étaient ces chants? On chantait beaucoup autrefois et l'on sait le rôle important de la chanson dans tous les divers actes de la vie de nos pères. Le premier vers d'une chanson figure seulement dans l'un des rapports : «Ah! quelle heureuse journée» Ne serait-il pas intéressant de savoir quels étaient les chants d'allégresse qui terminaient nos pre- mières fêtes linnéennes et de les rappeler lors du centenaire de la Société ? On regardait alors comme un honneur d'être invité à la fête lin- néenne; aussi vit-on des personnages haut placés y prendre part. C'était aussi une faveur qu'on accordait aux lauréats des Cours de bota- nique et quels exemples meilleurs pouvait-on placer sous leurs yeux? Faut-il s'étonner que ces élèves soient, à leur tour, devenus de fervents linnéens qui ont porté au loin le bon renom de cette Société dont ils étaient devenus les adeptes? Saint-André-de-Cubzac a été, déjà plusieurs fois, choisi pour y célé- brer la fête linnéenne. C'est avec Arlac, l'endroit où elle a eu lieu quatre fois. La première, ce fut le 28 Juin 1838, la Société y fêtait son 2i me anniversaire. On partit de la salle de réunion à 5 h. 1/2 par une pluie torrentielle. Les travaux des sections ne purent commencer qu'à 10 heures. On explora néanmoins les environs du port de Cubzac; les ruines du château des Quatre fils Aymon furent visitées, dit le rap- port, « jusqu'à la cime». La réunion eut lieu au château de Beausoleil qui appartenait au comte de Kercado, membre de la Société, mais 60 PROCÈS-VERBAUX elle ne pat être tenue sous les arbres à cause du mauvais temps. La deuxième fois, ce fut le 28 Juin 1891. A cette 73 me fête à laquelle j'eus le bonheur de prendre part, le rapporteur était M. Benoît. Le temps était splendide et l'excursion fut des plus fructueuses. Elle eut lieu d'abord du côté de Montalon, puis à St-Gervais et à St-Laurent- d'Arce. Des dix linnéens qui assistèrent au banquet du soir, la moitié n'existe plus : MM. Benoît, Brochon, Durand, de Luetkens et Toulouse. J'adresse un souvenir ému à la mémoire de ces collègues défunts. La 81 me fête linnnéenne eut lieu au même endroit le 25 Juin 1899; j'en fus le rapporteur. Elle débuta par une belle excursion à St-Mariens. M. Foucaud, membre correspondant, était venu nous y rejoindre avec plusieurs membres de la Société des Sciences naturelles de la Rochelle et aussi notre collègue M. François Daleau qui était arrivé de Bourg. Les observations scientifiques furent des plus intéressantes. La réunion se tint à l'hôtel du Lion d'Or, après une courte exploration du coteau de Montalon. Elle fut présidée par M. de Nabias. Ce n'est pas sans tris- tesse que je rappellerai à votre souvenir les deux savants si appréciés de notre Société : MM. Foucaud et de Nabias dont nous n'oublions pas la mort prématurée. La fête d'aujourd'hui, précédée de visites à Cubzac-les-Ponts et à St- Laurent d'Arce, méritait d'avoir une température plus clémente. Ceux de nos collègues qui ont bravé la pluie presque continue de la journée ont droit à nos sincères félicitations. ■ Notre Société, Messieurs, poursuit le cours de ses travaux scienti- fiques. A chacune de nos réunions bi-mensuelles, d'intéressantes com- munications sont faites et notre dévoué secrétaire général, M. le D r Pierre Barrère y trouve les éléments d'un long et substantiel rapport de fin d'année. Le 65 me volume des Actes en cours de publication sera à la hauteur de ceux qui l'ont précédé. Les mémoires de géologie, bota- nique, biologie et zoologie sont nombreux et souvent nous avons à regretter la modicité de nos ressources qui nous oblige à effectuer des prodiges d'économie, afin d'équilibrer notre budget. Les subventions de l'Etat viendraient à heure propice et si le Conseil général, sans doute obsédé par les demandes de nombreuses sociétés, voulait bien rétablir la subvention qu'il nous accordait naguère, il reconnaîtrait avec raison, les services que la Linnéenne rend au département. Afin de donner une plus grande extension aux travaux de la Société et d'augmenter le nombre de ses membres, notre Conseil s'est préoc- cupé de la modification du règlement pour permettre aux étudiants de - PROCES-VERBAUX 61 venir a nous moyennant une cotisation modeste. Dans les deux années de sa présidence M, le D 1 ' Lamarque, secondé par notre infatigable secrétaire général, M. le D r Barrère, a pu mener à bien cette tâche et les nouveaux statuts ayant obtenu l'approbation Administrative seront bientôt mis en vigueur. Déjà plusieurs demandes de membres adhérents nous ont été adressées. C'est avec une vive satisfaction que nous avons accueilli la proposition de notre collègue M. Gruvel de faire, au mois de Novembre prochain, sous les auspices de la Société, une conférence publique à l'Athénée. Longtemps, chaque année à l'automne, dans une séance solennelle où elle distribuait ses prix, notre Société faisait connaître au public ses principaux travaux de l'année. Faire revivre cet usage, au moyen d'une conférence scientifique annuelle ne pourrait qu'ajouter au bon renom de la Société Linnéenne. Les excursions de la Société ont continué à avoir la faveur du public. Vous savez le succès qu'ont obtenu les excursions des Eaux-Bonnes et des Eyzies, si bien organisées par MM. les D rs Lamarque et Llaguet. Nous avons pensé qu'il fallait donner un développement plus grand encore à ces promenades instructives et en rendre l'accès plus facile en les faisant dans les environs de Bordeaux en leur donnant la publicité de la presse et des affiches. Aussi les excursions du 30 Avril et du 25 Mai à Léognan, Canejan et Gazinet ont-elles réuni chacune une cin- quantaine de personnes. Au cours de l'excursion de Léognan, une agréable surprise a été mé- nagée à nos Linnéens par M. le D r Georges Martin, qui n'a pas voulu laisser passer la Société à proximité de son domaine de Carbonnieux, sans l'inviter à venir déguster un vin savoureux, dans l'immense salle du château, en face d'une magnifique cheminée, œuvre de la fin de la Renaissance. Mais le charme de cette réunion en pareil lieu résidait aussi dans le souvenir des deux fêtes linnéennes qui y furent célébrées, presque au début de l'existence de la Société, les 26 Juin 1823 et 29 Juin 1827, alors que les frères Bouchereau, membres de la Société, étaient propriétaires de Carbonnieux. Nous avons pu, de la fenêtre, apercevoir le bouquet d'arbres où avaient été tenues les séances de la Société et où avait été suspendue l'image de Linné. M. le D r Georges Martin a poussé l'amabilité jusqu'à engager la Société Linnéenne à reve- nir dans ce lieu qui fut le berceau de son enfance. Nous lui adressons de nouveau tous nos remerciements. 62 procès-verbaux Messieurs, Il est un désir depuis longtemps caressé par notre Société, c'est celui de voir rétablir le Cours Municipal de Botanique supprimé depuis bientôt 15 ans. Notre Société a le devoir de s'efforcer de faire revivre ce cours professé à Bordeaux pendant un siècle et demi et qui a rendu de réels services. La preuve de son utilité, nous l'avons eue par l'empres- sement qu'à mis le public à répondre à l'invitation de notre Société et à venir à nos excursions. Je suis persuadé que nous trouverons un ac- cueil favorable auprès de la Municipalité, si nous lui adressons une demande pour le rétablissement de ce Cours. Lors d'une visite que je fis récemment au Maire de Bordeaux, au sujet des moyens propres à développer dans le public le goût de l'Archéologie afin d'aider à la con- servation de nos monuments anciens, j'ai eu l'occasion de parler du Cours de Botanique. M. le Maire s'est montré bienveillant et a demandé si l'on avait un professeur à lui désigner. Le choix de ce professeur est, vous le savez, Messieurs, des plus faci- les. Mais ce que nous demanderons à celui qui sera appelé à recueillir la succession des Latapie, des Dargelas, des Laterrade, des Durieu de Maisonneuve et des Clavaud, c'est qu'il veuille bien prendre pour mo- dèles ses devanciers et qu'il apporte à ses fonctions un peu de la foi et du dévouement qui animaient ces maîtres vénérés. Ce vœu, que notre président honoraire, M. Léonce Motelay, exprimait dans son discours de la fête linnéenne qu'il présidait le 27 Juin 1897, est celui que je fais aujourd'hui et c'est aussi le vôtre. En terminant, je remercie mes collègues de l'honneur qu'ils ont fait au modeste amateur qui n'a d'autres mérites que son grand amour de la nature et son dévouement à la Société Linnéenne, en l'appelant à diriger cette année vos savants travaux. Cet honneur et cette reconnaissance, je les rapporte à ceux qui furent, il y a vingt-deux ans, mes parrains à la Société Linnéenne : à Clavaud, ce savant au cœur si affectueux ; à Henri Brochon qui fut une des figures les plus vivantes et les plus aimées de notre Société ; enfin à M. Léonce Motelay, notre vénéré doyen, que nous voudrions voir au milieu de nous et dont l'âge ne saurait affaiblir l'amour et le dévouement pour notre chère Société. PROCÈS-VERBAUX 63 Séance du 1 er mai 1912. Présidence de M. le D r B. Llaguet, vice-président. COMMUNICATIONS M. Rozier soumet le projet d'excursion pour le 12 mai 1912 à Léo- gnan (le Bicon, Carbonieux, La Louvière, le Coquillat). La Monobia quadridens L. a Bordeaux par J. Pérez. Un hyménoptériste zélé, M. Georges Coutures, qui me soumet ses captures, m'apporta, en novembre 1910, une sorte de guêpe capturée par lui au mois de juillet précédent, au Jardin Botanique, et dont la vue m'étonna profondément. C'était un bel Odynéride noir brillant, avec le premier segment abdominal largement bordé de jaune blanchâtre, les ailes noires à reflets violacés. Je crus d'abord avoir affaire à une espèce nouvelle d'Odynerus à physionomie américaine, telle par exemple que le bidens Sauss. Mais ayant porté la loupe sur ses organes buccaux et cons- taté l'existence de cinq articles et non de six aux palpes maxillaires, je dus reconnaître que ce n'était point un Odynère, mais une Monobia. De là à déterminer la Monobia quadridens L., il n'y avait qu'un pas. Comment expliquer la présence à Bordeaux de cette espèce améri- caine? Il n'y a, semble-t-il, qu'une hypothèse possible : apportée de son pays natal par quelque navire, la guêpe avait traversé l'Atlantique dans sa cellule, logée soit dans la boiserie du bateau, soit dans la cargaison; elle était éclose juste à l'arrivée dans le port de Bordeaux, d'où elle avait gagné facilement le Jardin Public, distant de 3 à 400 mètres. On pourrait reculer la date de cette importation fortuite et supposer l'espèce acclimatée à Bordeaux depuis déjà quelque temps, d'autant que M. Coutures m'affirmait avoir vu d'autres exemplaires que celui qu'il m'apportait, butinant sur la même plante, le Senecio macro- phyllus Bier., originaire du Caucase. Il importait dès lors de voir si, l'année suivante, à la même époque, on n'en reverrait pas sur cette composée. Mais le temps fut détestable, au cours de Juillet 1911, et les recherches de M. Coutures sans résultat. 64 PROCÈS-VERBAUX Cette histoire me rappelle un fait de date déjà ancienne, qui rend aisément compte de l'importation de la guêpe américaine. 11 y a quelque vingt ans, me trouvant comme passager sur l'un de ces petits bateaux qui font le service d'une rive à l'autre de la Garonne, je vis un Odijnerus nidulator entrer sans hésitation dans un trou d'un monlant en bois. Evidemment il avait là son nid. Si le bateau eût été un navire au long cours, les cellules approvisionnées et habitées pouvaient donner, plu- sieurs mois plus tard, en un pays étranger et plus ou moins lointain, quelques individus de la guêpe européenne. Séance du 15 mai 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE Programme du 50 e anniversaire de la fondation de la Société Royale de Botanique de Belgique. PERSONNEL M. Simon, président honoraire de la Société Entomologique de France, membre de la Société, est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur. ADMINISTRATION M. le Président soumet la proposition, formulée au Conseil et adop- tée à titre provisoire, d'admettre les femmes et enfants non mariés des membres de la Société à assister au Banquet de la Fête linnéenne. Sur plusieurs espèces de champignons obtenues récemment en cultures pures. Par M. G. Boyer. Voici la liste des espèces dont je présente à la Société le mycélium en cultures pures : Clathrus cancellatus Tour. Ensemencé le 6 avril 1912. Collybia velutipes Curt. ... — les 2 et 43 janvier 1912. PROCÈS-VERBAUX 65 Coprinus comatus PI. dan. . Ensemencé les 30 mars et 6 avril. Phallus impudicus L — le 9 décembre 1911. Pholiota œgerita Fr — le 16 mars 1912 avec mycél. du 2 décembre 1911. Pleur o tus ostreatus Jacq. . . Ensemencé le 2 janvier 1912 avec mycél. du 2 décembre 1911. ■Rhizopogon luteolus Tul. . . le 11 janvier 1912. Tricholoma nudum B Ensemencé le 11 février avec mycél. du 21 octobre — 2 novembre 1911. J'avais déjà présenté à la Société (1) des cultures de mycélium de Pholiota œgerita et de Pleurotus ostreatus, mais sans chapeaux. Actuel- lement des appareils de fructification parfaitement constitués ont fait leur apparition dans mes récipients, bien qu'ils ne communiquent avec l'air intérieur qu'à travers la bourre de colon. Un Pleurotus ostreatus récolté au Vigean-Blanquefort, le 2 décembre dernier, ensemencé le même jour, et réensemencé le 2 janvier, a donné, le 11 mars, un champignon présenté le 14 mars à la Société des sciences physiques et naturelles et qu'on peut encore apercevoir aujourd'hui bien qu'il soit en partie recouvert par le mycélium développé depuis, de la même plante. Trois cultures différentes m'ont donné de beaux échan- tillons fructifères de Pholiota aegerita, ces cultures proviennent de cham- pignons récoltés au Vigean-Blanquefort, le 2 décembre 1911, sur une souche de peuplic-r, près de la Jalle : Premier échantillon provenant d'un réensemencement du 16 mars; Deuxième échantillon provenant d'un réensemencement du 22 février; Le champignon est apparu dès le 20 avril. Troisième échantillon provenant d'un réensemencement du 12 janvier. Le champignon était bien développé le 25 mars. Tous ces champignons présentent, à part leurs dimensions assez res- treintes, surtout chez Pleurotus ostreatus, tous les caractères des espèces indiquées. Les Pholiota sont beaucoup plus développés; ils atteignent plusieurs centimètres de haut. Une autre espèce m'a fourni un petit chapeau de 6 mm. de diamètre surmontant un pied de près d'un centimètre de haut parfaitement confor- més. C'est le Colhjbia velutipes du 6 janvier, qui jusqu'ici ne m'en avait pas donné. Je suis heureux de pouvoir présenter à la Société ce petit champignon qui ne diffère en rien de ceux de son espèce si ce n'est par sa taille plus réduite. (1) P.-V. du 10 janvier 1912, 66 PROCÈS-VERBAUX A propos de l'Apion Ghevrolati Pan M. J. Pérez. Je n'ai que tardivement en connaissance de la communication faite par M. Lambertie sur VApion Chevrolati. Les relations qu'indique, notre confrère entre ce joli (airculionide et VHelianthemum gultatum sont depuis longtemps connues. Voirie Cata- logue raisonne des Insectes Coléoptères des Landes publié par E. Goberl dans le Bulletin de In Soc. d'flist. Nat. de Toulouse, t. VIII, 1873. L'auteur n'est d'ailleurs, à ce sujet, que l'écho d'Ed. Perris, qui a observé la larve de cet Apion dans les tiges du susdit I léliaullièine. L'A. Chevrolati l'ail tout naturellement penser à l'A. l/inonii, car l'un el l'autre sont remarpuables, parmi les Apion de notre région, par la riche parure pourprée qui leur est commune, he taille beaucoup plus grande, l'A. limonii, également observé par Perris, vit aux dépens du Statice limonium et autres plantes du genre. L'éminent entomologiste raconte dans ses Nouvelles excursions dons la Grande Lande (Ann. de lu Soc. Linnéenne de Lyon, t. IV, L857), qu'en 18515, à Arcachon, en compagnie de son maître et ami Léon Dufour, il recueillit en grand li- bre cet Apion, autour des racines des Statice, qui abondent non loin de la plage. Séance du 5 juin 1912 Présidence il«- M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE M. le Président annonce le décès du h 1 ' Blazius, de Brunswick, membre correspondant depuis 1889. PERSONNEL Après avis du Conseil, M. hesma/.es (Jean), rue Desl'ourniel, L6, à Bordeaux, s'occupant de botanique agricole, présenté par MM. Bouygues et Devaux, est admis comme membre titulaire. PROCES- VERBAUX 07 M. Massart (Gaston), demeuranl à Bordeaux, me d'.Eysines, ■£>, pré- senté par MM. Barrère et Rozier, est admis également comme membre titulaire. COMMISSION DES ARCHIVES Au sujet de la « demande de rétablissement d'abonnement à diverses Sociétés savantes », la I lommission émet l'avis que sur quatre des abon- nements supprimés, il importerait d'en rétablir deux concernant : 1° ta Société Entomologique de France (25 francs); 2° la Société Mycologique de France (10 francs). On peut maintenir supprimé, sans inconvénient, l'abonnement au Congrès d'entomologie (25 francs) et à la Société de Secours des Amis des Sciences (10 francs), publications qui offrent peu d'intérêt. Pour que les publications rétablies ne présentent d'interruptions, ce qui a sou importance, il faudrait reprendre, si possible, l'abonnement à la date où il a été suspendu et pour cela se mettre le plus tôt possible eu rapport avec les Sociétés intéressées. COMMUNICATIONS M. le D r Manon signale, comme très abondante aux environs de Léo- gnan, la Cicindela flexuosa, M. IJardié communique un article dans lequel M. Ed. Perrier, direc- teur du Muséum de Paris, parle de l'importance, au point devueconchy- liologique, des mollusques rapportés par notre collègue, M. Gruvel, delà côte occidentale d'Afrique; il y aurait une soixantaine d'espèces absolu- ment inconnues jusqu'à ce jour. M. le D r Baudrimont entretient la Société de deux espères de Pyro- phorUS rapportés, par M. Dussacq, de la Havane et de Santiago de Cuba. L'un serait le Pyrophorus nocliluchus. Les lumières ayant été éteintes, l'assistance peut juger du pouvoir éclairant de ces coléoptères, pouvoir que développe puissamment leur immersion dans de l'eau tiède. 68 PROCÈS-VERBAUX Géologie du département des Landes. Calcaires de Lauret et Pimbo. Par M. P. E. Dubalen. Il y a quelques jours MM. Dauga et Piraube, d'Aire-sur-1'Adour, me signalaient des grottes dans les carrières du calcaire de Lauret et Pimbo. Ma surprise fut. assez grande, car je considérais cette partie du dépar- tement des Landes qui confine les Basses-Pyrénées et le Gers, comme entièrement recouverte par les sables fauves et en partie par les gros cailloux fluvio-glaciaires des plateaux. Avant d'entreprendre le voyage, je consultai tous les auteurs qui ont traité de la géologie des Landes, dans cette région : Delbos ne parle que des gros cailloux dont il signale des alignements. Jacquot et Raulin, dans leur statistique géologique des Landes, ne fournissent aucun renseignement; dans leur texte comme dans les car- tes qui l'accompagnent, la région est marquée comme quaternaire (1). Avec mes amis d'Aire et M. Larrieu de Ségos nous organisâmes une excursion dans ces parages. Je constatai qu'à Lauret et Pimbo, plusieurs carrières 1 en pleine exploitation fournissaient des matériaux pour empierrement des routes, du moellon et des pierres de taille. Le calcaire exploité est en couches horizontales d'une épaisseur de plusieurs mètres; il surplombe à droite et à gauche la vallée du Gabas à une hauteur d'une vingtaine de mètres environ. La roche est un calcaire gris clair, cassant, très compact à grains fins, rappelant certains calcaires lithographiques avec de petits cristaux. En certains points la roche est vacuolaire, ces vacuoles sont quelquefois assez grandes pour mériter le nom de grottes. Cette roche doit se rencontrer sur une superficie de quelques kilo- mètres carrés. Un examen long et attentif sur divers points ne nous a fait découvrir aucune trace de. fossiles. Il ne nous a pas été possible de voir les cou- ches sous-jacentes ; nous n'avons pu constater que la superposition des sables lauves et des petits graviers qui couronnent cette formation sur divers points de la Chalosse. L'horizontalité de ces calcaires surmontés par les sables fauves les (1) Jacquot et Raulin ont considéré les sables fauves comme pliocène marin. PROCÈS-VERBAUX 69 placent entre le Pliocène et l'Oligocène; c'est tout ce que nous pouvons dire pour le moment. Leur altitude et le manque de fossiles, nous les fait considérer comme un dépôt d'un ancien lac d'eau douce. La présente note n'a donc comme objet que de signaler ces très impor- tants gisements dans une région où les calcaires n'avaient pas encore été marqués sur la carte géologique des Landes, et de combler cette lacune. Excursion à Citon-Cénac (28 avril 1912). Par M. Eyquem. Dans une de ses séances, la Société Linnéenne avait décidé de faire sa première excursion publique de 1912 à Citon-Cénac. Dimanche 28 Avril, seize membres de la Société et une trentaine d'in- vités se trouvaient réunis au ponton des bateaux, vis-à-vis la Douane, où le départ avait été fixé à 12 h. 15. Le temps était beau. Arrivés à La Tresne les excursionnistes herborisèrent le long de la route qui conduit à la gare de Citon-Cénac; on peut citer, parmi beau- coup de vulgarités, les plantes suivantes : 1° Dans les fossés bordant la route. Callilriche vernalis Kiitz. Azolla filiculoides Lam. — stagnalis Scop. 2° Sur les murs et bords de la route. Fumaria capreolata L. Arenaria serpyllifôlia L. Géranium purpureum Vill. — var. Leptoclados Guss. Erodium moschatum L'Hérit. Polygala vulgaris L. 3° Dans les haies. Rhamnus alaternus L. Ligustrum vulgare L. Evonymus europxus L. Melissa officinalis L. Cornus sanguinea L. Arrivé à Citon-Cénac, on visita les carrières à champignons (Psalliota campestris) où des explications très claires et fort intéressantes furent données aux visiteurs par le propriétaire. On se diriga enfin, avant de repartir, vers les coteaux boisés, où l'on pût noter : Aquilegia vulgaris L. Endymion nutans Dum. 70 PROCÈS-VERBAUX Sanicula europœa L. Orchis purpurea Huds. Orchis mascula L. Ophrys aranifera Huds. Allium ursinum L. Etc. Culture de Lentinus tigrinus B. en milieu stérilisé. Par M. Boyer. J'ai recueilli à l'excursion de la Société Linnéenne du 12 mai sur des souches de peuplier, près de Léognan, plusieurs échantillons de Len- tinus tigrinus en très bon état. Ensemencés le 13 mai, ces champignons donnèrent très rapidement du mycélium et, fait remarquable, dès le 28 mai, de jeunes champignons apparurent sur plusieurs cultures. J'ai l'honneur de les présenter à la Société. Le plus grand de ces champi- gnons qui paraît complètement développé mesure 2 cent. 2 de haut; le chapeau a 1 cent. 5 de large. On voit sous le chapeau des lamelles blan- ches; les feuillets sont nettement décurrents, denticulés (à la loupe). Le chapeau est parsemé de petites écailles brunes surtout vers le centre, il est mince, déjà un peu écrasé au centre. Le pied blanc floconneux est moucheté de brun sur les premiers champignons apparus. Il n'y a pas de valve ni d'anneau; cependant quelques échantillons présentent une trace d'anneau. Ce caractère inconstant d'ailleurs ainsi que la petitesse de dimensions du pied et du chapeau sont les seules différences que pré- sentent les champignons de mes cultures avec les types ordinaires. Je rappelle comme autre fait à noter le très rapide développement de ces plantes (Température élevée jusque vers le 20 mai, puis pluies et refroi- dissement de l'atmosphère). Excursion du 12 mai 1912, du Bicon à Léognan par Carbonnieux, et de Léognan au Moulin du Coquillat Par M. Bouchon. La première partie de l'excursion comprenait l'étude des bois du Bicon et de Carbonnieux déjà visités par la Société Linnéenne le lï mai 1911. L'extrême sécheresse de ce printemps 1912 a considérablement hâté la végétation, aussi nombre de plantes récoltées en 1911 ont-elles passé fleurs. D'autres, au contraire, n'avaient pas été signalées; dans ce cas sont, pour le Bicon (dolmens) : PROCES-VERBAUX 71 Anthericum planifolium L. (Simethis bicolor Kuntb.). Avenu longifolia Thore. (Arrhenatherum Thorei Desm.). Les prairies conduisant à Carbon nieux, nous donnent : Heracleum Sphondylium L. Lychnis Flos-cuculi L. Enfin dans les Bois : Trifolium patens Schreb., etc. Orchis maculata L. Listera ovata R. Br. Car damine impatiens L. Aquilegia vulgaris L. Ophrys muscifera Huds. Sur la route conduisant à Léognan, nous récoltons de nombreux échantillons d' ' Orobanche minor Sutt. Dans la deuxième partie de l'excursion, au Moulin du Coquillat, nous notons : Mares et Ruisseaux : Callitriche vernalis Kiitz. Veronica Beccabunga L. Hottonia palustris L. Prairies, sous-bois, sables Carex hirta L. Briza média L. Arabis hirsuta Scop. Lathrxa clandestina L. Ranunculus trichophyllus Chaix. Nuphar lateum Sibth. et Sm. Bromus maximus Desf. Avena barbata Brot. Juniperus communis L. Enfin, au retour, au pied d'un ormeau sur la place de Léognan, nous récoltons : Anthriscus vulgaris Pers. Lichens recueillis par M. Edmond Baronnet : Periusaria communis D. C. Opegrapha atra Pers. Lecanora subfusca Acb. Physcia stellaris Ach. » var. Tenella Ach Lecidea flexuosa Nyl. Arthonia astroïdea Ach. Pertusaria Wulfeni D. C. Sticta Pulmonacea Ach. Peltigera canina Ach. Evernia prunastri Ach. Opegrapha vulgata Ach. Opegrapha varia E. Fr. Cladonia pyxidata Ach. Usnea barbata L. Urceolaria scruposa Ach. Parmelia caperata D. C. Parmelia Borreri Turn. 72 PROCÈS-VERBAUX Parmelia perlata Ach. Xanthoria parietina Aoh. Arthonia pruinosa Ach. Lecanora albella Ach. Graphis dendritica Ach. Champignons récoltés par M. G. Boyer : Boletus granidatus L. Polyporus squamosus Huds. Polyporus versicolor L. Souches de peuplier. Lenzites flaccida Fr. » » Lentinus tigrinus B. » » Cortinarius anomalus Fr. La température très chaude et sèche depuis longtemps n'a pas favorisé la production des champignons. A peu près seuls quelques champignons poussant sur le bois ont pu se développer. Un Nectanebus nouveau (N. Bœticus). Par J. Pérez. L'unique espèce de ce genre connue jusqu'à ce jour, le N.- Fischeri, décrite par Spinola, en 1838, dans les Ann. de la Soc. entomol. de France, est égyptienne. L'espèce dont la description suit est. espagnole, partant nouvelle pour l'Europe. Nectanebus Bœticus. Femelle : Long. 12-13 mm . Bien distincte par sa couleur foncière noire, sans trace de rougeâtre et ses dessins blancs. Ils consistent en une tache semilunaire au chaperon ; une ligne contre l'orbite antérieure, à bord interne très irrégulier; une tache ovale derrière les yeux ; une bande largement interrompue sur le prothorax; une tache triangulaire sous l'aile ; une très petite sur l'avant de l'écaillé ; une ovale aux angles antérieurs de l'écusson; une triangulaire sur les côtés du métathorax, plus près de la base que du bout; à chaque segment de l'abdomen, sauf l'anus, une tache latérale, la l re triangulaire, les suivantes plus ou moins ovales et très rapprochées de la base du segment, celle du 2 e biéchancrée en avant; le 5 e segment présente en outre deux très petites tachés submarginales très rapprochées de la ligne médiane. L'abdomen a une faible teinte brunâtre en-dessus, d'un brun châtain en-dessous. Mandibules brun jaunâtre, noires au bout. Antennes brun PROCÈS-VERBAUX 73 fauve en-dessous, depuis le bout du scape, plus sombres vers le bout, noirâtres en-dessus, plus claires du 3 e au 7 e articles, le 1 er et le 2 e anne- lés de brun jaunâtre à l'extrémité. Pattes brunes, fémurs presque noirs, genoux plus clairs, base des tibias et des prototarses d'un roussâtre clair, tirant au blanc jaunâtre. Ailes enfumées, nervures brunes, écailles bru- nes, rougâtres en arrière, tachées de blanc sur le devant. Tête relativement plus petite que celle du Fischeri, arrondie, sauf la troncature buccale; à peine plus large que longue, vue de face (Fischeri deux fois plus large). Orbites moins divergentes dans le bas Face pro- fondément creusée au milieu. Chaperon peu tuméfié, linéairement déprimé avant le bord, qui se soulève en uue lame oblique, sinuée au milieu, lar- gement arrondie aux angles latéraux Antennes plus courtes et plus épaisses, surtout le scape; derniers articles du funicule 1 1/2 fois plus longs que larges (Fischeri'2 fois). Bajoues seulement sinuées, non échan- crées. Prothorax plus court, à bourrelet plus épais. Dans le Fischeri, sur le devant du mésotho^ax, deux fines lignes peu profondes, assez écartées en avant, convergentes mais non contluentes en arrière, limi- tent un espace étroitement triangulaire, à surface convexe. Dans le Bœticus, ce triangle devient une carène peu élevée, un peu irrégulière; les fines lignes sont des sillons peu profonds, mats, finemens ponctués, limités extérieurement par deux petites collines vagues, presque lisses. Ecusson moins déprimé ; son bord postérieur en bourrelet moins épais que le postécusson. Triangle du métathorax plus élevé postérieurement, sa sculpture très fine, le sillon médian très raccourci, mais plus large. Adomen plus déprimé dans son ensemble que celui du Fischeri; mais les divers segments à profil plus convexe, par suite de leur fort rétrécis- sement à la bas 13 et au bout. Dépressions extrêmement courtes, précédées d'un fort bourrelet. Aux segments 1-5, dessus et dessous, les bourrelets sont marqués d'une étroite impression triangulaire, comme dans le Fis- cheri. 1 er segment plus large que long (Fischeri l'inverse). 6 e plus large- ment, mais moins profondément excavé sur les côtés. Fossette hypo- pygiale lancéolée; sa pointe très prolongée en avant, ses côtés portant en arrière un pinceau de poils bruns fauves et non noirs. Ponctuation en général plus forte que celle du Fischeri : elle est cependant plus fine et plus superficielle sur le chaperon. Sur le haut de la- face et au vertex, sans être uniforme, elle est loin de présenter l'énorme inégalité qui se voit, d'une place à une autre, dans le Fischeri : elle est partout forte, profonde, rugueuse, un peu écartée, en arrière des ocelles, autour d'un petit espace lisse très brillant. Sur le dos du méso- 6. 74 PROCÈS-VERBAUX thorax et l'écusson, elle est à peu près aussi grosse qu'à la tête, mais moins profonde et surtout très espacée, à peu près comme sur le méso- thorax du Fischeri. L'arrière du mésothorax, dans cette dernière espè- ce, présente un espace triangulaire criblé de points extrêmement fins et rapprochés ; cet espace est très rétréci dans le Bœticus, et s'écarte peu de la ligne médiane. L'abdomen-est très distinctement ponctué, les points, par places, plus petits que les intervalles; ceux-ci un peu ru- gueux, par suite le segment mat. Dépressions finement ponctuées à la base, lisses au bord. Mâle : Long. 10-1 i mm . Dessin très augmenté, jaune et non blan- châtre. Il comprend : mandibules sauf le bout; labre; chaperon; joues jusqu'au niveau de l'ocelle antérieur; une ligne au bas du front; une tache en fer de lance atteignant parfois l'ocelle antérieur; lâche post- oculaire agrandie; antennes avec le dessus d'un fauve un peu sombre, à partir du 3° ou 4 e article; bande du prothorax continue, très élargie, pro- longée jusqu'au tubercule humerai; ce tubercule lui-même; écaille des ailes; une petite tache sur le côté du mésothorax, en avant de l'écaillé; taches, très agrandies, subcoufluentes, de l'écusson; ses appendices; post- écusson; taches du mésothorax, très développées, embrassant le triangle jusque très près de sa pointe; tache irrégulière derrière le tubercule humerai, tache mésopleurale trapéziforme; sutures du médipectus; ta- ches de l'abdomen formant de larges bandes, étroitement rétrécies en avant, largrment et triangulairement en arrière, celle du 6 e segment continue; anus dont le bout seul est brun; de larges bandes basilaires aux segments ventraux 2-6, la l re parfois réduite à deux taches, bien marquées seulement sur les 1 ers , et dont la teinte, sur les suivants, se fond de plus en plus avec la couleur foncière roussâtre; pattes, avec toutes les hanches et trochanters, les fémurs et tibias postérieurs tachés de brun ou de noirâtre; parfois une petite tache noire au bout des fé- murs moyens. Pelottes noires. Ailes légèrement enfumées, nervures jaunâtres vers l'insertion. Tète presque ronde; yeux plus gros que dans l'autre sexe; face beau- coup moins large; chaperon deux fois plus large que long, son bord ex- trême relevé en un liséré saillant, inégal, les côtés largement sinués en . arc; prothorax très raccourci, son bourrelet postérieur très aminci au milieu; sillon médian du triangle très élargi et creusé en son milieu, rap- pelant ainsi, mieux que dans l'autre sexe, la structure propre aux Phi- lanthes. Tandis que, dans la femelle, la plus grande largeur de l'abdo- men est au milieu du 3 e segment, et que les segments 2 et 4 sont PROCÈS-VERBAUX 75 sensiblement égaux, la plus grande largeur, dans le mâle, est au bord postérieur du 3 e segment ; le 2 e est plus étroit que le 4 e , et l'abdomen se trouve ainsi plus étroit en avant qu'en arrière; le 1 er segment est d'ailleurs notablement plus large et sa partie déclive plus longue. Epipygium tronqué presque droit ou faiblement échancré, ses angles peu saillants, ses côtés légèrement arqués. Derniers segments ven- traux simples, ne rappelant en rien la conformation si compliquée du Fischeri. Tarses simples et grêles, ni épaissis, ni difformes. Ponctuation de la tête et du corselet fine et serrée; mésothorax mat; celle de l'abdomen plus grossière que dans la femelle et un peu plus écartée, Une Ç et 1 çf d'Andalousie, trois çf çf de la Sierra-Nevada. Séance du 19 juin 1912. Présidence de M. le Docteur B. Llagukt, vice-président. CORRESPONDANCE Lettre de l'Académie de Bordeaux invitant la Société à envoyer un délégué au bicentenaire de cette Compagnie. M. Bardié, président, est chargé de représenter la Linnéenne. PERSONNEL Après avis du Conseil, M. Giraud (Emile), s'occupant d'entomologie, présenté par MM. Lambertie et Manon, est nommé membre auditeur. M. le Président annonce la mort de M. l'abbé Mège, membre de la Société depuis l'année 1877. Le Trésorier transmet la démission de M. le docteur Abadie (de Bourg). ADMINISTRATION La Société accepte d'échanger ses Actes avec les publications de la Société entomologique d'Egypte. 76 PROCES-VERBAUX COMMUNICATIONS M. Eyquem présente deux plantes peu communes pour Ja Gironde : Saponaria Vaccaria L. et Coriandrum sativum L. à Caudéran. M. Barrer e rend compte de l'excursion géologique qu'il a faite dans le Gers, au falun de Manciet, en compagnie de MM. Duvergier, Peyrot et Neuville. Un grand nombre d'espèces helvétiennes et burdigaliennes ont été trouvées, parmi lesquelles plusieurs nouveautés. M. Peyrot doit donner une note sur ce falun, ainsi que sur la stratigraphie de cette région de l'Armagnac que les excursionnistes ont parcourue dans un rayon de 10 à 15 kilomètres. De beaux gisements ostréaires ont été repérés. Sur la culture de Pholiota prœcox, Psalliota arvensis et Psalliota pratensis en milieu stérilisé. Par M. G. Boyer. J'ai pu obtenir le mycélium de ces trois champignons que je n'avais pas encore cultivés. Psalliota arvensis Sch. récolté le 9 juin parM. Bardié, frère de notre Président, et communiqué par M. Doinet, Psalliota -pra- tensis Sch. récolté par moi le 6 juin à Gazinet et au moulin du Thil,près Gajac, le 13 juin commencent à donner du mycélium. Pholiota prœcox Pers., trouvé le 9 mni au vieux château de Blanquefort, a donné un abondant mycélium et a commencé à produire, dès le 10 juin, des appa- reils de fructification visibles sur la culture que j'ai l'honneur de présen- ter à la Société. D'autres champignons sont à l'essai et j'entretiendrai prochainement la Société du résultat de mes recherches à ce sujet. PROCÈS-VERBAUX 7 7 Séance du 3 juillet 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. PERSONNEL Après avis 'lu Conseil, M - R fmond, s'occupant d'fa naturelle, demeurant à Bordeaux, rue de Saint-Genès, 99, présenté par MM. Bouygues el Devaux, esl n mé membre titulaire. I OMMl N'ICATIONS M. Dorai i montre en son nom, deux superbes Polyporus lucidus y puis, an nom de M. Boyer, une culture, sur le milieu spécial de cet auteur, ■ I- Lentinus ligrinus. Séance du 17 Juillet 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. M. Manon montre une chenille : Ocneria (Lipparis) dispai I.. au sujet '!'• laquelle il donnera une note. M. Doini i signale l'invasion des arbres, au Vigean, parla Galeruca Xanthomelxna < Coléoptère i, M. Dayoie a ramassé le Chrysanthemum segetum à Beau Déseï « Mérign i . Nature de la pruine recouvrant certains polypores. Par M. L. Doinet. Unsi que m •- co ml pu I nstater par l'examen des deux polj pores que j'ai présentés à la dernière séance, ces deux champigo étaient recouverts, ainsi que quelques feuilles de géranium qui se Iroa- vaienl sur les chapeaux, el la partie supérieure de quelques brins d'herbe traversanl ces champignons, d'une couche ■ (environ un dixième de millimètre) d'une matière pulvérulente couleur d'ocre brune. En examinanl celte p - iu microscope, j'ai constaté qu'elle '"'lait 78 PROCES-VERBAUX exclusivement formée par un dépôt des spores de ce champignon. Par suite de quel phénomène ces spores, qui ont dû s'échapper par les pores des tubes revêtant le dessous du chapeau, sont-elles venues se poser sur ce chapeau? Il n'est pas rare de rencontrer, parmi les champignons imbriqués ou poussant en touffes, des chapeaux recouverts de spores provenant d'individus placés au-dessus. J'ai rencontré quelquefois des individus du genre Pholiota dont le chapeau, uniformément teinté d'ocre rousse, reprenait sa véritable coloration d'ocre jaune, très claire, après avoir été lavé avec un pinceau humecté d'eau. Mais tel n'est pas le cas pour les polypores dont il s'agit. Aucun d'eux n'était recouvert par un autre polypore. En 1906, à Préchac-les-Bains, j'ai eu l'occasion de récolter un poly- pore résineux, poussant isolément sur un tronc de chêne. 11 avait son chapeau recouvert d'une pruine analogue et très probablement de même nature. Je me borne, pour le moment, à signaler cette particularité. Note sur diverses Cécidies. Par !VS. Maurice Lambertie. Eriophjes genistx Nal. (Acarien). Amas sphérique, de 3 à 15 mm. de diamètre, composé de folioles couvertes d'un feutrage gris; ces folioles ont leurs bords, en général, recourbés vers le haut. — Sur Genista. Schizomyia galiorum Kieff. (Hém. Aphidide). Fleur demeurant fermée, épaissie et ovoïde. — Sur Galium. Andricus curvator Hartig. (Hym. Cynipide). Cécidie ayant la forme d'un pois, glabre sur le dessus, à peine, pubes- cente sur le dessous, munie d'une grande cavité qui contient une galle interne; limbe difforme et courbé. — Sur Quercus. Ces cécidies ont été trouvées au Cap-Ferret, au mois de Juin dernier. PROCES-VERBAUX Séance du 9 Octobre 1912 Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE Une demande d'échanges de Biarritz-Association, appuyée par M. Cas- tex, est agréée par la Société. COMMUNICATIONS M. Bardié donne le compte-rendu da VIII e Congrès Préhistorique auquel il représentait, avec M. Daleau, la Société Linnéenne. Capture de la Gicindela trisignata Déj. var. subsuturalis Souv. (Goléoptère-Carabides). Par M. Maurice Lambertie. Le 18 août dernier, en compagnie de notre collègue M. Giraud, je me suis rendu à Andernos pour retrouver la Cicindella trisignata Déj. var. subsuturalis Souverbie. Grâce aux indications du savant entomologiste qu'est le capitaine Léon-Dufour, nous avons pu capturer plusieurs exem- plaires de cette Cicindella dans un endroit marécageux, au bord du bas- sin, entre Taussat et Andernos. M. Jean en retrouve deux autres, le 8 septembre, à Ares, dans un terrain analogue. Les localités connues de cette rare variété sont : Pointe de l'Aiguillon, Arcachon (Souverbie); Andernos (Blondel de Joigny); Soulac (Eyquem); la Teste (Coutures) (i). Nous nous proposons, l'an prochain, de longer le bassin jusqu'au Cap-Ferret, pour savoir si elle se trouve dans d'autres endroits. (1) Bial de Bellerade, Blondel de Joigny et Couture. Catalogue des Coléoptères de la Gironde (Soc. Linn. Bordx., t. LU, p. 53). 80 PROCÈS-VERBAUX Hémiptères nouveaux ou rares pour le département de la Gironde. Par SV3. Maurice Lambertie. Espèces ou variétés nouvelles. Leptoterna dolabrata L. var. aurantiaca R l . — Plusieurs individus à Camblanes, en filoehant. Thamnotettix fenestratus H. -S. var. venosus Fieb. — Un individu à Citon, en Août. Thamnotettix Martini Letb. — Pris régulièrement depuis 1906, du mois d'Avril à Octobre, à Lacanau-Océan, Soulac et Camblanes, principa- lement sur le lierre et les cyprès. Idiocerus Fallenii Kb. — Un individu provenant du Haillan, capturé en Mai sur le peuplier. Cette espèce n'était signalée que d'Allemagne. Pediopsis infuscataï J. Sahlb. — Un individu, de Saint- Vincent-de- Paul, en Juin, sur les saules. Celte espèce n'était signalée que de Scan- dinavie et d'Allemagne. Tettigometra brachycephala Fieb. — Deux individus, capturés au Haillan, en Septembre, sur les chênes. Cette espèce n'était signalée que d'Espagne, Dalmatie et Sicile. Stiroma albomarginata 9 Curt. — Un seul individu capturé à l'Alouette (Pessac), en Septembre, en filoehant. Cette espèce n'était signalée que de Hailles, île Sainte-Aragonne, Amiens, fonds du Blamont, marais de Renancourt (Somme) (Michel Dubois); la Haye-Fouassière, la Verrière (Loire-Inférieure) (Abbé Dominique); Val-de-Mercy (Yonne) (D r Populus). Espèces rares ou très rares. Eupteryx Melissse Curt. — Un individu à l'Alouette, en Septembre, sur les plantes aromatiques. Euptevix pulchella Fall. — Un individu au Cap-Ferret, sur le chêne, en Juin dernier. Kybos smaragdula Fall. — Un individu à Gajac, en Août, sur l'aulne. Zygina blandula Rossi. — Plusieurs individus à Gajac, en Août, sur l'aulne. Athysanus obsoletus Kb. — Plusieurs individus à Camarsac, en Sep- tembre, en filoehant. PROCÈS- VERBAUX 8i Jassus modeslus Scott. — Deux individus à Saint-Vincent-de-Paul, en Juin, sur le Chêne. Acocephalus albifrons L. Sahlb. — Plusieurs individus à St-Médard- d'Eyrans, en Juillet, en filochant dans les marais. Idiocerus pœcilus H. -S. — Un individu à Camblanes, en Juillet der- nier, sur le peuplier. Pediopsis ulmi Scott. — Un individu à St-Médard d'Eyrans, en Juin, en filochant. Pediopsis nana II. -S. — Un individu à St- Vincent-de-Paul, en Juin, sur l'aulne. Ptyelus lineatus L. — Plusieurs individus au Ilaillan, en Octobre, sur le genêt. Stiroma pteridis Amyot. — Pris à l'Alouette, en Septembre, sur Pteris aquilina. Excursion au Gap-Ferret, le 7 Juillet 1912. Par 8V3. Bouchon. Cette excursion, beaucoup trop courte pour permettre une étude sé- rieuse, nous a cependant permis de récolter quelques plantes intéressantes. La première partie de nos récoltes, faite dans les lettes du Cap, sous la direction de M. le D r Beille, comprenait : Silène portensis L. nosum Clvd). — E . pilosum Bor. Juncus acutus L. Jasione montana L. var. maritima Juncus maritimus Lamk. Bréb. Samolus Valerandi L. Spiranthes seslivalis Bich. OE nanthe peucedanifolia Poil. Lotus hispidus Desf. Pohjpogon marilimus Willd. Anagallis tenella L. Trifolium scahrum L. Polygala vulgaris L. var. oxyp- Erodium cicutarium V Hérit. var. tera. — P. aquitanica Clvd. u arenarium Clvd. (forme gluti- Herniaria ciliata Babingt. L'après-midi, une rapide promenade sur les dunes et le bord du bassin, nous a donné : Convolvulus soldanella L. Enjngium maritimum L. Galium arenarium Lois. Salsola Kali L. Glaucium flavum Crantz. Polygonum maritimum L. Euphorbia Paralias L. Agropyrum acutum Bœm. et S. Linaria thymifolia DC. 82 PROCÈS-VERBAUX Séance du 23 octobre 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. PERSONNEL M. le Président annonce à la Société que M. Bouygues vient d'être nommé officier du mérite agricole. COMMUNICATIONS M. Boutan expose une curieuse étude sur le pseudo-langage d'un anthropoïde, du genre gibbon, recueilli par lui en Indo-Chine, dès sa naissance. Ce travail sera publié dans les Actes de 1913. M. Doinet présente une série de champignons : Hydnum velutinum Fr., Pleurotus Eryngii D. C, Lactarius uvidus Fr., Clitocybe infundi- buliformis, var. câlina Fr. (desséché), Leuzites iricolor B. (curieux individu se rapprochant du genre Dsedalea). L'excursion mycologïque est fixée au dimanche 10 novembre. La conférence-causerie de M. Doinet, sur les champignons récoltés, aura lieu le jeudi 14 novembre. M. Gouin montre un curieux oiseau, à corps d'alouette et à tête de mésange, qu'il a tué récemment aux environs de Bordeaux. Séance du 6 novembre 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. ADMINISTRATION La Société procède à l'élection des membres du Conseil et des Com- missions annuelles, Sont nommés membres du Conseil : MM. Bardié, Barrère, Baudri- mont, Boyer, Breignet, Daydie, Degrange-Touzin, Devaux, Lamarque, Llaguet, Muratet, Rozier. De la Commission des Archives : MM. Boyer, Castex, Feytaud. De la Commission des Finances : MM. Daydie, Gouin, Lacouture. PROCÈS-VERBAUX 83 De la Commission des Publications : MM. Doinet, Muratet, Rozier. De la Commission des Excursions : MM. Eyquem, Ne^raut (botanique) ; Daydie, Lambertie (entomologie); Castex, Rozier (géologie); Boyer, Doinet (mycologie). COMMUNICATIONS M. Bouygues dépose un travail intitulé : Recherches sur la tige des Dicotylédones. Une commission composée de MM. Devaux, Boyer, Pey- rot est chargée d'examiner le manuscrit et de donner son avis en vue de sa publication dans les Actes de 1913. M. Doinet, se rendant à une invitation de M. le docteur Martin, a récolté avec celui-ci de nombreux champignons parmi lesquels : Marasmius ahatus, Pleurotus salicinus, Boletus scaber (pied à coloration ver- dâtre), Russula Quelelii, Flammula sapinea, etc. M. Bardié signale la persistance à Moulis du Linosyris vulgaris D. C (Chrysocoma Linosyris L.), signalé déjà dans cette station par Laterrade. Sur la culture de quelques champignons en milieu stérilisé. Par M. G. Boyer. Voici la liste des nouvelles espèces que j'ai réussi à cultiver et que je présente à la Sociélé : Armillaria mellea Vahl., mycélium, ensemencement du 20 octobre 1912. Cl ithrus cancellatus Tour., mycélium, ensemencement du 5 juin 1912. Collybia fusipes Bull., mycélium et petit champignon bien formé datant d'août ou de septembre, ensemencement du 24 juin 1912. Lentinus tigrinus Bull, (déjà présenté), mycélium et nombreux cham- pignons, ensemencement du 13 mai 1912. Lentinus squamosus Schœff., mycélinm, ensemencement du 10 juil- let 1912. Pholiota œgerita Port, (déjà présenté), nouvelles poussées de cham- pignons dans plusieurs cultures pendant les vacances et jusqu'à ces temps derniers. Pholiota prxcox Pers., mycélium et petits champignons très desséchés datant d'août ou de septembre, ensemencement du 10 mai pour l'échan- tillon présenté. Psalliota arvensis Schœff., mycélium, ensemencement du 12 juin 1912. Psalliotapratensis Schœff., mycélium, ensemencement du 6 juin 1912. 84 PROCÈS-VERBAUX Observations sur le Calcaire gris de l'Agenais. Au nom de M. G. Dollfcs, membre honoraire de la Société, RI. Begrange-Touzin donne lecture de la lettre suivante que RI. Dollfus lui a adressée : « Mon cher Confrère, » Je viens de lire votre étude très intéressante sur le falun de St-Avit et les gisements de la vallée de la Douze. » Je suis parfaitement d'accord avec vous sur l'âge aquitanien de ces couches comme il a déjà été indiqué par Delbos, Rlayer, Benoist, Fallot. Et même à leur attribution à l'Aquitanien supérieur, au niveau du falun de Bazas. Riais nous différons sur l'attribution des calcaires lacustres qui encadrent les couches marines. Permettez-moi d'attirer votre attention sur ce point qui est digne de vos recherches. » Le calcaire lacustre inférieur, qui affleure au moulin de Carreau, est le Calcaire gris de l'Agenais, et non pas le Calcaire blanc dont la faune est absolument différente. » Quant aux couches lacustres supérieures au falun, elles sont l'équi- valent des marnes de St-Vivien que vous avez décrites dans votre tra- vail sur le Bazadais; elles sont dans la même position stratigraphique et elles diffèrent des autres horizons lacustres ; elles sont au sommet de l'Aquitanien. Il n'y a pas d'incertitude pour moi sur l'âge du calcaire gris mal odorant du moulin de Carreau, sa faune comprend : Hélix girondica, Hélix Lucbardezensis , Limnea dilatala, Planorbis Mantelli, Planorbis declivis, Hgdrobia aturensis, etc. C'est celle du calcaire gris typique, tel qu'il est visible à Port-Sainte-Rlarie, Aiguillon, Lavardac, Nérac et plus près à Sainte-Croix-du-RIont, Noaillan, etc. C'est pour moi l'Aquitanien moyen, du RIiocène inférieur. Tout autre est le Calcaire blanc de l'Agenais que je classe dans l'Etage Kasselien, au sommet de l'Oligocène. On y trouve à Lavardac, par exemple, d'après mes recher- ches : Hélix Ramondi, Hélix Baihii, Planorbis declivis, Planorbis Cornu, Limnea pachggasier, Limnea subpalusiris, Cgclostoma anti- quum. L'opposition des faunes est complète. » Ce calcaire blanc est représenté dans le Bazadais par des marnes à nodules, il a été entrevu par Benoist au moulin de Bernachon, il est à la base de la série de Saucats, tandis que le calcaire gris à Hélix girondica PROCÈS-VERBAUX 83 est au milieu de la même série, et vous l'avez reconnu vous-même (p. 37), comme élant le calcaire lacustre qui sépare les couches de La Brède et celles de Lariey. Ce qui est encore incertain pour moi ce sont les relations ou l'identité des moines de Saint- Vivien avec les marnes de l'Armagnac; dans tous les cas, l'assise lacustre de. l'Armagnac est supé- rieure aux faluns de Léognan. Je vous recommande la coupe de Lavar- dac-Montgaillard-Xaintrailles, vous reviendrez édifié sur les calcaires lacustres et leurs faunes distinctes, séparées par d'épaisses molasses. » Croyez, mon cher Confrère, à mes sentiments dévoués ». G. DOLLFUS. Paris, 6 août 1912. M. Degrange-Touzin répond en ces termes aux observations de M. Dollfus : Je ne saurais admettre que le calcaire lacustre inférieur qui affleure au moulin de Carreau, dans le lit de la Douze, presque au niveau des eaux de cette petite rivière, puisse être considéré comme étant le Cal- caire gris de VAgenais. Dans mon travail sur « Y Aquiianien dans la Vallée de la Douze », j'ai attribué ce calcaire lacustre au Calcaire blanc de VAgenais. Les considérations paléontologiques qui paraissent avoir entraîné l'opinion de M. Dollfus dans un sens opposé à mon appréciation ne me semblent pas de nature à modifier ma manière de voir. En définitive, pour M. Dollfus, il n'y aurait pas d'incertitude sur l'âge du calcaire gris, malodorant, du moulin de Carreau, parce que sa faune comprend : Hélix girondica, H. Lucbardezensis, Limnea dilatata, Planorbis mantelli, P. decliois, Hydrobia aturensis, faune qui est celle du Calcaire gris de VAgenais typique, tel qu'il est visible à Port-Sainte- Marie, Aiguillon, Lavardac, Nérac et, plus près, à Sainte-Croix-du-Mont, Noaillan, etc., et qu'on n'y trouve pas les espèces caractéristiques du Calcaire blanc de VAgenais, telles que : Hélix Ramondi, Limnea pachyhaster, L. subpaluslris Cyclostome aniiquum. Je ne pense pas que ces considérations soient de nature à faire admet- tre l'opinion de M. Dollfus qui est en contradiction avec la notre. Tout d'abord, il me paraît qu'il ne faut pas attacher une importance absolument décisive à l'argument tiré de la différence des faunes. Cette différence n'a pas une importance capitale dans la question qui nous occupe. S'il est vrai, en effet, que je n'ai pas rencontré Hélix Ramondi ni Cyclostoma antiquum dans le calcaire lacustre du moulin de Carreau, j'y ai trouvé deux espèces que M. Dollfus considère aussi comme caracté- 8G PROCÈS-VERBAUX risliques du Calcaire blanc de VAgenais. Ces deux espèces sont Limnea subpaluslris et L. pachygaster. Je les ai citées dans ma note et, comme en définitive, mes trouvailles paléontologiques dans le calcaire lacustre du moulin de Carreau, qui est particulièrement difficile à explorer, comme je l'ai dit, se réduisent à quatre espèces, il se trouve que, sur ces quatre espèces, il y en a deux qui, d'après M. Dollfus lui-même, sont caractéristiques du Calcaire blanc de VAgenais. J'ajoute que la variété carinata de Hélix girondica que j'y ai trouvée aussi, ne se rencontre pas exclusivement dans le Calcaire gris de VAge- nais. Dans la Gironde, on recueille cette forme ainsi que la variété sub- soluta de Hélix girondica dans le Calcaire bleuie de VAgenais, à Léogeats et à Noaillan, calcaire que M. Dollfus considère à tort, selon nous, comme atlribuable au Calcaire gris de VAgenais. Et, d'autre part, il est certain que, dans la région girondine, la différence des faunes entre les deux calcaires lacustres de l'Agenais (blanc et gris) n'est pas aussi tran- chée qu'elle peut l'être dans l'Agenais. Il n'y a même pas, peut-on dire, de différences essentielles, entre ces faunes qui se trouvent à peu près complètement mélangées. Ce qui provient sans doute de cette circons- tance que la Gironde est le point extrême ou se sont déposées les cou- ches qu'on peut attribuer à ces deux calcaires dont la faune se différencie davantage quand on l'étudié dans le centre du bassin, c'est-à-dire dans l'Agenais. Il faut donc reconnaître que l'argument paléontologique invoqué par M. Dollfus contre l'attribution au Calcaire blanc de VAgenais du cal- caire lacustre du moulin de Carreau est dénuée de toute portée décisive. Mais des considérations stratigraphiques dont l'importance ne saurait être méconnue viennent à l'appui de l'opinion que nous avons émise. En définitive nous avons dit, dans notre étude sur « l'Aquitanien de la vallée de la Douze », que l'observation permettait de reconnaître la présence, dans cette région, d'une grande formation marine comprise entre deux formations d'origine lacustre, l'une supérieure l'autre infé- rieure à cette formation marine. Nous avons ajouté que cette formation marine est en tout semblable à celle qui est comprise, dans la Gironde, entre les deux calcaires lacustres que tout le monde attribue : le plus inférieur, au Calcaire blanc de VAgenais, le plus supérieur, au Calcaire gris de l'Agenais. Nous avons même signalé que cette formation marine présente, à sa partie inférieure, comme on peut le constater dans la Gironde (marnes de Labrède, marnes de Saint-Côme, etc.) des couches d'origine fluvio-marine, alors que les couches supérieures sont plus PROCÈS-VERBAUX 87 exclusivement marines. Nous en avons conclu qu'il y a une identité d'origine remarquable, à ce point de vue, entre les couches de la Gironde et celles de la vallée de la Douze. Et, par voie de conséquence, nous en avons aussi conclu que la formation marine de la vallée de la Douze repose comme celle de la Gironde, sur un calcaire lacustre qui ne peut être que le Calcaire lacustre blanc de l'Agehais (c'est celui du moulin de Carreau), de même qu'elle est recouverte par un calcaire lacustre qui ne peut être que le Calcaire gris de l'A gênais (c'est celui que nous avons signalé dans la coupe de Canenx et à la partie supérieure de la coupe du moulin de Carreau ; celui également que M. Fallot a découvert à la fon- taine des Fées). Nous ne pouvons donc que persister dans l'opinion que nous avons émise, opinion qui n'est pas contredite par les données paléontologiques et qui repose sur des considérations stratigraphiques de la plus haute valeur. Séance du 20 novembre 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE Lettre de M. Carlailhac acceptant de faire, le mercredi 11 Décem- bre 1912, sous les auspices de la Société, une conférence sur les OEuvres d'art de l'homme préhistorique de nos pays, récemment découvertes. PRÉSENTATIONS M. Doinet montre quelques champignons récoltés, en majeure partie, à Talence : Amanita citrina Sch. (champignon mortel à phalline), Lepiota pro- cera Scop. (pied très tigré), Clitocybe infundibuliformis Sch. (grands exemplaires), Lactarius theiogalus B., L. scrifluus Fr., Russula inté- gra L., R. Queletii Fr., Cantharellus cibarius Fr. de grandes dimen- sions, au chapeau lobé, aux hords enroulés et ondulés, aux feuillets frisés, anastomosés, très ramifiés; Psalliota arvensis Sch., Boletus cas- teneus B., B. granulatus L., B. bovinus, var. miiis Kr. M. Malvezin soumet un Coprinus hemerobius et M. Bardié une ample récolte de Russula amena, Boletus granulatus , ainsi qu'un magnifique Pleurotus ostreatus. 88 PROCÈS-VERBAUX L'Académie des Sciences, Belles-Letlres et Arts de Bordeaux ayant invité la Société Linnéenne à se faire représenter aux solennités de son Bi-centenaire, celle-ci a délégué son président, M. A. Barbie, qui a pré- senté l'adresse suivante : Adresse à l'Académie de Bordeaux Lue par Rfl. A. Bardié à la séance solennelle du Bi-centenaire de cette Compagnie, le 12 Novembre 1912. Monsieur Le Présibent, Messieurs, Le Bi-centenaire de votre Compagnie, est pour la Société Linnéenne de Bordeaux, une nouvelle occasion d'adresser à l'Académie des Scien- ces, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux, l'hommage du profond attache- ment qu'elle ne cesse d'avoir pour sa glorieuse aînée. Depuis bientôt un siècle que les deux Sociétés vivent côte à côte, la communauté des travaux scientifiques a créé entre elles des liens qui restent toujours aussi étroits. A trente reprises, l'Académie a fuit à la Société Linnéenne l'honneur de choisir, parmi ses membres, ceux qu'Elle jugeait dignes de venir gros- sir sa cohorte d'élite; tels les Billaudel, Laterrade, Grateloup, Des Mou- lins, Lespinasse, ces maîtres toujours vénérés des Linnéens. L'Académie, ainsi que la Société Linnéenne, déplore des deuils récents qui les ont privées l'une et l'autre de savants comme Brochon, Millarclet, Vassilière et de Nabias. Monsieur le Présibext, Messieurs, Trois des membres de votre Compagnie comptent encore parmi les plus fervents Linnéens. C'est vers eux que se tourne notre Société, pour les prier d'être auprès de vous les interprètes de tous leurs collègues. M. M. de Loynes, Durègne et Maxwell savent la haute déférence que la Société Linnéenne a pour fa savante concitoyenne, qu'elle s'efforce de seconder dans les branches scientifiques. Si, par son enseignement pratique, ses excursions, ses conférences, elle peut contribuer à former des naturalistes dignes d'être distingués PROCES-VERBAUX 89 par l'Académie de Bordeaux, elle sera amplement récompensée de son effort. Et lorsque, dans cinq ans, va sonner pour elle l'heure du cente- naire, du premier, elle ose espérer qu'à ce moment, l'Académie de Bordeaux voudra bien lui accorder le précieux témoignage de sa sym- pathie et de son appui. Séance du 4 décembre 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. CORRESPONDANCE Circulaire annonçant la IX e session du Congrès International de Zoo- logie, à Monaco, du 25 au 30 mars 1913. COMMUNICATIONS M. Daleau présente une note ethnographique à propos de dents de cervidés, cochées, trouvées à Pair-non-Pair. M. Doinet signale que la touffe de Pleurotus ostreatus, dont il a été montré de beaux fragments à la dernière séance, avait une hauteur de 80 centimètres, sur une largeur de 30 à 40 centimètres, et pesait au moins 60 kilos. Il montre un Clavaria pistillaris L. de grande taille. M. Labrie a ramassé récemment (décembre) Y Adonis autumnalis L. en pleine floraison. M. Baudrimont rapporte un cas de polydactylie (duplication du doigt postérieur) chez la poule, qu'il doit à l'obligeance de M. Breignet. La polydactylie, qui n'est pas rare chez l'homme et qui se montre très fréquemment chez les gallinacés, est extrêmement héréditaire, si bien que certaines races, telles que les poules du Houdan, possèdent, d'une manière constante, cinq doigts au lieu de quatre. Dans le cas présent, il s'agit d'un sujet de la race commune, chez lequel (ce qui est d'ailleurs la règle), l'anomalie est symétrique et égale des deux côtés. Il faut noter enfin que les deux doigts postérieurs ne sont pas libres dès leur racine, et que la division ne commence qu'après la première phalange, qui est commune aux deux doigts. 90 PROCÈS-VERBAUX Sur la rétention des liquides antiseptiques injectés dans les bois en vue de leur conservation. Par MM. Devaux et Bouygues. Introduction. L'un des problèmes les plus pressants pour l'industrie, à l'heure actuelle, est celui de la conservation des bois. C'est pour essayer d'ob- tenir cette conservation que l'on emploie de plus en plus des substances antiseptiques en injection ou en imprégnation. Parmi ces substances il en est qui ont acquis le premier rang : ce sont les huiles lourdes provenant de la distillation de la houille et que l'on appelle improprement créosote. On peut dire que ces huiles lourdes, plus ou moins riches en phénols et en hydrocarbures variés, sont, à l'heure actuelle, les conservateurs par excellence des bois. On adjoint du reste, à la créosote d'autres substances, analogues ou non, telles que les hydrocarbures entrant dans la constitution des pétroles, etc. Malheureusement la créosote et tous les produits antiseptiques simi- laires employés à la conservation des bois ne sont pas fixés dans la matière ligneuse : ils gardent leur liquidité et, sous l'influence des agents extérieurs, cosmiques et autres, ils sortent de l'intérieur du bois et sont peu à peu rejetés à l'extérieur. Il en résulte que la pièce de bois perd de plus en plus l'agent qui la protégeait. Dès lors, le problème essentiel à résoudre maintenant, pour assurer la conservation des bois, est celui de la fixation, de la rétention de l'an- tiseptique à leur intérieur : c'est la conclusion formelle à laquelle sont arrivés tous les ingénieurs directeurs de services dans lesquels on emploie les bois. Etudes des causes de la rétention et du rejet de la créosote injectée dans les bois. Nous avons fait de nombreuses recherches, théoriques et expérimen- tales, sur l'injection des bois et sur les causes qui tendent à produire la désinjection. PROCÈS-VERBAUX 91 Les études et travaux antérieurs de l'un de nous (1) concernant la circulation des gaz et des liquides dans les tissus végétaux et enfin, des recherches étendues de physique moléculaire avaient été pour nous une précieuse préparation ; mais des expériences et des observations directes, effectuées en commun, nous ont permis d'appliquer ces données essentielles au cas pratique des bois injectés. Nous nous contenterons donc d'exposer ici seulement les résultats de nos études en ce qui regarde les facteurs de la rétention ou du rejet de la créosote et autres liquides antiseptiques injectés dans les bois. Constitution d'un bois injecté. — Tous les bois sont constitués par un ensemble de cellules et de vaisseaux, c'est-à-dire de cavités micros- copiques limitées par des parois minces de cellulose lignifiée. Les actions moléculaires y agissent avec puissance à cause de la petitesse du dia- mètre de ces cavités. Attractions moléculaires. — Dans un bois injecté par un liquide quelconque, celui-ci est logé dans les cavités; mais une partie aussi imprègne l'épaisseur même des parois. Dans tous les cas il y est retenu par les attractions moléculaires, capil- larité ou imbibition (2), c'est-à-dire par des forces très puissantes pour les épaisseurs très petites mais dont l'intensité diminue rapidement et (1) H. Deyaux. — Mécanisme des échanges gazeux (thèse doctorat es sciences 1889). — Aération des tissus massifs (1891). — Porosité des tiges ligueuses (Soc. Se. Phys. et Nat. de Bor- deaux, t. V, 4 e série, 1894). — Recherches sur les lames 1res minces liquides ou solides (Proc. Verb. Soc. Se. Phys. de Bordeaux, Nov. 1903). — Comparaison de l'épaisseur critique des lames très minces avec le diamètre théorique de la molécule (Proc. Verb. Soc. Se. Phys. de Bordeaux, Avril 1904). — De l'épaisseur critique des solides et des liquides réduits en lames très minces (Journal de Phys., Juin 1901). — Recherches sur les lames d'huile étendues sur l'eau ^Journal de Phys. 1912, p. 699). (2) Nous distinguons l'imbibition de la capillarité comme on le fait en physiologie végétale. L'imbibition est la pénétration et la rétention d'un liquide dans un solide sans cavités préexistantes : eau dans la gélatine; benzine dans le caoutchouc; elle est toujours accompagnée de gonflement. Dans la capillarité au contraire il y a des cavités préexistantes, le solide est poreux et la pénétration a lieu essentiellement par suite d'attractions siégeant sur des surfaces libres : adhésion des liquides aux solides et tensions superficielles des liquides. 92 PROCÈS-VERBAUX devient presque nulle aux épaisseurs sensibles. Il en résulte que la rétention du liquide injecté est très puissante quand la proportion de ce liquide est petite, mais qu'elle, est très faible quand cette proportion est notable. C'est pourquoi, toutes choses égales d'ailleurs, les pertes d'un bois injecté sont toujours maxima au début et vont s' affaiblissant peu à peu. Si bien qu'à la fin elles deviennent pratiquement nulles quoi- que le bois contienne encore une proportion importante du liquide antiseptique. La quantité de liquide retenue dans un bois dépend, du reste, de la masse de la substance ligneuse (pour ce qui est retenu par imbibition) et de la surface interne totale, c'est-à-dire de la somme de toutes les petites surfaces des cavités cellulaires et vasculaires (pour ce qui est retenu par capillarité). Dans une étude faite en 1907, sur le bois de pin, nous avons reconnu que cette surface interne, qui est toujours considérable, atteint eh moyenne 60 à 70 mètres carrés pour un décimètre cube de bois. Si l'on suppose que cette surface est uniformément couverte d'une couche de 1 millième de millimètre de liquide, le bois contiendra 60 à 70 grammes de ce liquide, ce qui correspond à une proportion d'environ 12 à 14 kilogr. d'injection pour 100 kilogr. de bois de pin (densité supposée = 0,5). Pour cette proportion la rétention du liquide est considérable; mais on peut se demander si la dose suffit pour empêcher l'attaque du bois? D'autre part, quand cette proportion augmente, si elle double par exemple, la rétention baisse rapidement. Indépendamment de la rétention due à une attraction moléculaire, les liquides injectés dans les bois peuvent y être retenus chimiquement, par union avec la substance ligneuse, ou bien mécaniquement par défaut de fluidité du liquide injecté ou par imperméabilité partielle ou complète des parois. Examinons spécialement ces deux derniers points. Fluidité du liquide injecté. — La fluidité règle l'écoulement de tous les liquides. Plus elle est diminuée, plus aussi les mouvements sont ralentis. Or dans un bois injecté les mouvements de masse ne peuvent s'effectuer que dans des couches très minces ou même dans l'épaisseur des parois. Ils sont donc soumis à des frottements d'autant plus consi- dérables que la surface interne est plus grande et que la couche liquide est plus mince. De là une rétention momentanée, comparable à celle d'un vase poreux qui retient quelque temps les liquides qu'on y met, ou plus exactement à une masse poreuse imbibée. Dans une telle masse poreuse, et aussi dans un bois injecté, l'écoulement dépend des forces extérieures, PROCÈS-VERBAUX 93 mais il ne va jamais jusqu'à la disparition complète. Dans tout bois injecté une portion du liquide est pour ainsi dire immobilisée, c'est celle qui a le contact le plus intime avec les parties solides, c'est-à-dire avec les membranes cellulaires. Le problème à résoudre est donc celui d'augmenter la proportion de liquide immobilisée dans le bois, en diminuant le plus possible sa fluidité. Perméabilité des parois. — Dans tout bois injecté, les cavités closes (cellules et trachéides) forment une masse très importante, la masse principale le plus souvent. L'entrée du liquide dans ces cavités nécessite la perméabilité des parois au moment de cette entrée. Si l'on arrive à obtenir une diminution de cette perméabilité dans la suite, on obtien- dra une rétention partielle ou complète de l'antiseptique injecté ce qui sera une deuxième solution du problème cherché, non contradictoire du reste avec la première. Il convient de rapprocher de ce moyen l'enrobage, c'est-à-dire la pro- duction d'une imperméabilisation de l'extérieur des pièces de bois. Actions tendant à produire la désinjection. Ces actions sont variées; citons en particulier, parmi celles qui agis- sent sur les bois d'œuvre : 1° La pesanteur ; 2° Les dilatations par échauffement; 3° L'attraction capillaire du sol ou du milieu où est placée la pièce de bois ; 4° L'eau ; 5° Les alternances d'humidité et de sécheresse. 1° Pesanteur. — Divers indices démontrent que la créosote ou tout autre liquide injecté dans une pièce de bois, obéit à Faction de la pesan- teur et tend à s'accumuler dans les parties les plus basses. Mais la sortie à l'extérieur ne se produit alors que si l'excès local de saturation ainsi produit devient notable, soit parce qu'on a fait absorber au bois une masse énorme de liquide, soit parce qu'on n'a pas su faire pénétrer ce liquide au-delà des couches superficielles. 2° Dilatations et exsudations par échauffement. — Les traverses de chemins de fer, pavés de bois, poteaux télégraphiques, etc., sont des pièces de bois injectées qui sont soumises en général aux alternances 9'l PROCES- VERBAUX diurnes de la température au moins pour certaines de leurs parties. Quand il y a échauffement, surtout au soleil, il y a dilatation thermique. Cette dilatation, dans le cas actuel, est compliquée du fait que normale- ment le bois injecté n'est pas saturé, c'est-à-dire qu'il contient de l'air en même temps qu'un liquide, de la créosote par exemple. Et la dilata- tion thermique de cet air agit de telle sorte qu'elle tend toujours à chas- ser le liquide injecté avant qu'une portion de l'air puisse sortir. Ce fait singulier et important tient à ce que l'air est emprisonné, sous la forme d'une fine bullette à l'intérieur de la créosote, dans chaque cavité cellulaire ou vasculaire. Toutefois en raison de sa fluidité infiniment plus grande, l'air s'échappe aussi, de sorte que les oscillations de température ne font sortir en somme que très peu de créosote à l'extérieur et seulement de la créosote superficielle. 3° Attraction capillaire du sol ou est placée la pièce de bois. — Il résulte de nos expériences et observations directes que lorsqu'une pièce de bois injectée est placée dans le sol, celui-ci agit sur le liquide injecté avec une puissance considérable. C'est certainement de ce côté que se trouve la cause principale des pertes que subissent les bois injectés. Nous étions loin de nous attendre, lorsque nous avons abordé cette partie de nos études, à trouver des pertes de créosote montant par exemple à 100 grammes par jour et par mètre carré de bois. C'est cependant ce que nos mesures nous ont révélé à plusieurs reprises. Les pertes des surfaces latérales d'un poteau de bois de pin sont pres- qu'aussi fortes que celles des sections. On peut bien facilement contrôler ce que nous avançons en mettant un fragment de bois créosote pesé dans un vase cylindrique en verre, au milieu d'une masse de terre sèche. Dans une terre calcaire de couleur blanche, la créosote produit une tache sombre très visible qui s'étend progressivement à des couches de plus en plus éloignées du bois. En un mois et demi par exemple, l'épaisseur de terre imbibée atteignait de 4 à 7 centimètres autour d'une pièce de bois ayant 14 à 15 centimètres de diamètre. C'est-à-dire qu'en un mois et demi, la masse de terre entiè- rement imprégnée de créosote perdue atteignait un volume égal à celui du morceau de bois lui-même. Le phénomène débute instantanément. Dès que le morceau de bois créosote est mis en terre, il perd de la créosote, si bien qu'au bout de PROCÈS-VERBAUX 95 vingt-quatre heures, il est entouré d'un manchon de terre créosotée de plusieurs millimètres d'épaisseur. L'appréciation des pertes est donc rapide et facile. Cette action de la terre sèche est due à ce que les corps poreux exer- cent sur les liquides une attraction capillaire considérable, tout comme le bois lui-même. 11 y a dès lors lutte entre les attractions, attraction du bois et attraction de la terre. Celle-ci l'emporte, parce que la terre est sèche, dépourvue de tout liquide. Les conditions de ce phénomène particulier existent communément pour les bois d'œuvre injectés et placés dans les parties superficielles du sol, de sorte que les pertes d'antiseptique sont particulièrement mar- quées à ce niveau. Toutefois il est bien évident que la structure du sol joue un rôle direct. Plus cette structure est fine, plus aussi l'attraction capillaire est consi- dérable et inversement. Avec un ballast grossier, calcaire ou siliceux, bs pertes sont à peu près nulles. 4° Influence de l'eau. — Les bois injectés sont enfin soumis à l'in- fluence de l'eau, que celle-ci vienne de la pluie ou bien qu'elle se trouve à l'état d'imbibition dans le sol où est placée la pièce de bois. C'est alors que se rencontrent les conditions les plus complexes. Il y a conflit entre les attractions du bois et de la terre pour deux liquides différents, l'eau et la créosote. Il est impossible de dire à priori le résultat de ce conflit. On serait tenté de croire que la créosote imbibant un corps poreux empêche l'eau d'y pénétrer. Mais nous avons soumis la chose au con- trôle de l'expérimentation et nous avons trouvé un résultat absolument contraire. Du papier, du bois, imprégnés de créosote, d'huile, ex., s'im- bibent parfaitement avec de l'eau. L'imbibition, pour le papier écolier en particulier, est même plus facile si ce papier est huilé ou créosote que s'il est sec (I). Il y a de ce côté tout un ensemble de faits extrêmement curieux dont nous poursuivons l'étude. Mais voici ce qui, dès main- tenant, est bien établi. L'attraction pour l'eau est certainement beaucoup plus forte que pour la créosote. Car il résulte de nos expériences que l'eau déplace la créosote des corps poreux, bois, papier, terre, surface des récipients, etc., qu'elle (1) H. Devaux. — Sur un moyen de fixer instantanément les figures d'évolu- tion que forme l'huile en s'étendant sur l'eau. — Pr. Verb. Soc. Se. Phys. et nat. de Bordeaux, 28 mars 1912, et Bull. Soc. Phys. de Paris, 1912. 98 PROCÈS-VERBAUX occupait. La créosote se rassemble alors en gouttes plus ou moins grosses. Dans le cas particulier du bois, le phénomène se produit tout d'abord à la surface, lorsque cette surface est sèche et qu'une pluie vient la mouiller. La créosote ainsi rassemblée en gouttes est ensuite emportée définitivement loin du contact du bois. Mais en même temps l'eau pénè- tre dans le tissu ligneux lui-même et elle tend à y rassembler aussi la créosote en imbibant les parois et en s'accumulant dans les cavités. Tou- tefois des adhérences difficiles à vaincre, surtout pour les bois injectés depuis un certain temps, font qu'en réalité ces déplacements sont des plus irréguliers; de sorte qu'on peut dire simplement qu'un bois créo- sote que l'ou mouille, tend à s'imbiber d'eau en subissant des modifica- tions dans la répartition interne de son antiseptique, avec une perte variable dans ses régions superficielles. Des faits secondaires d'émulsionnement viennent encore compliquer ces phénomènes déjà si complexes. 5° Alternances d'humidité et de sécheresse. — Les pièces de bois situées au voisinage du sol ou dans les parties superficielles du sol sont soumises à des variations très fréquentes d'humidité ou de sécheresse en même temps que de température. C'est alors que se présente le maxi- mum de complexité des actions qui tendent à produire des mouvements des liquides et des gaz dans ces pièces de bois. Lorsqu'une pluie survient, elle rassemble et balaye au loin la créosote purement superficielle, mais elle produit une contraction thermique de l'air confiné d'où résulte une absorption rapide de l'eau par la surface du bois, avec les conséquences que nous venons de signaler plus haut. Cette absorption est d'autant plus faible que la perméabilité des couches superficielles est plus faible aussi. Lorsque la sécheresse revient une partie de l'eau s'évapore, le reste tend à pénétrer plus profondément par imbibition. Bientôt la créosote peut imbiber de nouveau les parties superficielles et comme celles-ci ont été appauvries, il vient de nouvelle créosote de la profondeur à la surface. On comprend qu'à la longue les alternances continuelles de mouillage et de dessication des surfaces dues aux intempéries arrivent à désin- jecter d'une manière de plus en plus notable les portions superficielles des pièces de bois. Ainsi s'explique le fait que la pourriture des bois finit par se produire, PROCÈS-VERBAUX 97 même pour les bois injectés, en commençant parles régions qui sont au voisinage du sol ou dans les régions superficielles de celui-ci. Telles sont les causes et les conditions qui régissent la rétention et la déperdition que subissent les bois injectés avec la créosote pure et autres antiseptiques analogues. La connaissance de ces laits nous a permis d'aborder la solution du problème à résoudre, c'est-à-dire favoriser tou- tes les causes qui retiennent la créosote et entraver si possible son départ. Conditions à remplir pour retenir la créosote dans le bois. Dans la pratique on ne peut guère agir sur les conditions d'emploi des bois injectés. Il est impossible de les soustraire à l'action de la pesan- teur, des variations de température, d'humidité, et au contact du sol. Toutefois dans ce dernier cas, on pourra ralentir d'une manière impor- tante les pertes, de créosote en mettant autour de la pièce de bois un ballast aussi grossier que possible. On supprimera ainsi en très grande partie les pertes par imbibition active de la part du sol. Mais il est d'autres facteurs non extérieurs, sur lesquels on peut agir plus ou moins complètement : ce sont en particulier la fluidité de la créosote d'une part, et la perméabilité des parois cellulaires d'autre part. Toutes les causes qui diminueront la fluidité de la créosote après son injection dans le bois diminueront les pertes. 11 en sera de même des causes qui arriveront à imperméabiliser plus ou moins complètement la substance ligneuse elle-même, soit pour l'eau, soit pour la créosote, soit même pour l'air. Nous avons pensé que ce double problème peut être résolu par l'emploi de substances solides à la température ordinaire et solubles à chaud dans les liquides antiseptiques employés. On peut citer, pour les injections à la créosote, les acides stéarique, palmitique et autres acides gras solides, les cires animales, végétales ou minérales; les paraffines, cérésines, caoutchouc et autres hydrocarbures solides, les savons gras ou résineux de cuivre ou d'autres métaux et plus généralement toutes les substances présentant ce double caractère d'être solides prises isolément, à la température ordinaire, et d'être solu- bles au moins à chaud, dans les liquides employés à l'injection du bois. Ces substances solides, employées soit iodément, soit en mélange, étant parfaitement solubles à chaud dans la créosote et les liquides simi- laires, on opérera l'imprégnation ou l'injection des bois par un système quelconque, en variant au besoin les doses du solidifiant au cours de l'opération. 98 PROCÈS-VERBAUX Essais expérimentaux. — Nous avons fait de nombreuses expériences pour essayer la valeur pratique de ce procédé. Ces essais ne sont pas terminés mais les résultats obtenus présentent dés maintenant un inté- rêt direct. Ils ont porté sur l'emploi de la paraffine comme stabilisant de la créosote injectée dans les bois. Le paraffinage peut-être opéré de diverses façons; deux seront don- nées à titre d'exemple. 1° Dissoudre à chaud dans la créosote ou les liquides analogues, une certaine quantité de paraffine avec ou sans mélange avec les substances citées plus haut, puis injecter ou imprégner les bois, par un des procé- dés connus avec le mélange ainsi paraffiné. 2 J Injecter ou imprégner les bois par la créosote ou tout autre liquide analogue contenant pour la première partie de l'opération, une faible quantité de paraffine par exemple, la proportion de paraffine pouvant augmenter au cours de l'imprégnation jusqu'à produire à la fin du trai- tement une sorte d'enrobage du bois. Dès le début, nous avons reconnu un fait intéressant, c'est que le mélange de paraffine et de créosote fait à chaud se coagule par refroidis- sement constituant une véritable gelée. La créosote est donc entièrement soldifiée par l'adjonction d'une proportion suffisante de paraffine, avec 10 °/ par exemple. Cette gelée fond très facilement et donne un liquide aussi fluide que la créosote pure. Nous avons injecté des pièces de bois de pin de dimensions variées avec de la créosote ainsi paraffinée. Comparativement d'autres pièces de bois semblables étaient injectées à la créosote pure. Les quantités de liquide injecté ont varié dans de grandes proportions depuis 25 °/ jus- qu'à 130 °/ . Enfin nous avons pris dans certains cas la précaution d'enrober les pièces de bois à la paraffine pure à la fin de l'injection. Les échantillons ainsi préparés ont été soumis ensuite à des influences tendant à leur faire perdre la créosote injectée, spécialement la succion capillaire du papier buvard ou de la terre. Résultats. — 1° Dans tous les cas, la présence de paraffine affaiblit manifestement les pertes et ceci d'autant plus que la proportion de paraffine est plus considérable. Elle psut être déjà réduite à un demi avec des doses faibles du fixatif. 2° On augmente d'une manière considérable la rétention par l'enrobage des pièces de bois à la paraffine pure. PROCÈS-VERBAUX 99 3 D Quand on poursuit l'examen sur la même pièce de bois placée en terre, on reconnaît que les pertes en créosote se prolongent fort long- temps. Cette prolongation est surtout manifeste, comme il fallait s'y attendre, sur les pièces qui ont le mieux retenu leur provision intérieure. 4° Le parafunage agit donc en ralentissant les pertes journalières surtout pendant tes premiers mois de mise en terre. 5° Ce ralentissement paraît devoir être considérable avec un enrobage soigné, de sorte que la rétention serait pratiquement parfaite surtout dans un ballast grossier. Nous devons ajouter pour terminer que les bois ainsi traités sont devenus beaucoup moins perméables à Veau et à l'air, particulièrement lorsque la surface a été enrobée; l'absence d'air dans les couches super- ficielles donne à ces bois une teinte plus foncée et caractéristique. Grâce à cette diminution de la perméabilité superficielle, les mouve- ments d'entrée et de sortie de l'eau sous l'influence des intempéries sont très entravées et, par là même, les pertes de créosote qui en sont la conséquence. Cette imperméabilisation, d'autre part, sera une entrave directe à la contamination des bois. Toutes les causes qui empêchent les entrées ou les sorties des fluides, s'opposant aussi à l'entrée des germes et des éléments nécessaires à leur développement et à leur végétation. Compte rendu de la causerie sur les champignons faite par M. Léopold Doinet, membre de la Société. Pan M. Eyquem. Une conférence-causerie mycologique, placée sous le patronage de la Société Linnéenne de Bordeaux, a eu lieu le 14 novembre 1912, à 8 h. 1/2 du soir, dans la salle n° 14 de l'Athénée municipal, par M. Léopold Doinet, membre de la Société Linnéenne. Celte causerie avait attiré un nombreux auditoire, et les champignons' récoltés dans une précédente excursion figuraient sur le bureau. En ouvrant la séance le Président, M. A. Bardié présente le confé- rencier et prononce quelques mots. La Société Linnéenne de Bordeaux dit-il, a l'habitude, depuis quelques années, d'inviter le public à ses excursions scientifiques, et les personnes qui s'intéressent aux sciences naturelles y viennent toujours très nombreuses. La dernière excursion de l'année, faite le 10 novembre courant, placée 100 PROCÈS-VERBAUX sous la direction de nos collègues MM. Léopold Doinet et du D r Boyer, a été consacrée à l'étude des cryptogames, et ces Messieurs ont eu l'ama- bilité de donner toutes les explications utiles au sujet de la récolte des champignons. Le résultat des récoltes faites dans cette journée a été exposé, lundi il novembre, dans la salle des séances delà Société. Cette exposition a reçu de nombreux visiteurs et a été très appréciée par le public. M. L. Doinet, qui s'intéresse tout particulièrement aux études myco- logiques et qui est l'auteur des magnifiques aquarelles qui décorent la salle, a bien voulu vous faire connaître les observations qu'il a faites sur les champignons et indiquer les moyens de discerner les espèces comes- tibles de celles qui ne le sont pas. M. le Président donne ensuite la parole au conférencier. M. Léopold Doinet, après avoir rappelé sommairement les expressions et le sens précis de la terminologie mycologique, les caractères de quel- ques familles (Agaricinées, Polyporées, Hydnées), dit qu'il n'y a aucun procédé, aucune régla générale permettant de distinguer les champi- gnons vénéneux des champignons comestibles, et que toutes les croyan- ces routinièrement conservées à ce sujet dans les campagnes et même dans les villes, sont complètement erronées. Le seul moyen de connaître les espèces comestibles, dit le conférencier, c'est d'étudier les champignons dans des ouvrages spéciaux, complétés par des iconographies d'un dessin et d'un coloris exacts, représentant chaque espèce sous ses quatre formes principales : 1° à l'état naissant, 2° à l'état jeune, 3° à l'état adulte et 4° à l'état âgé; ou mieux encore de recourir au savoir des personnes compétentes, naturalistes professionnels ou amateurs, s'occupant principalement de mycologie, de les accompa- gner dans leurs excursions, de récolter les champignons sur le terrain, d'en examiner avec soin la forme générale, puis la coloration ainsi que les caractères des différentes parties, d'en apprécier l'odeur, la saveur et de ne point borner son étude à quelques espèces comestibles, mais sur- tout, et c'est là un point essentiel, de noter avec soin les caractères des espèces vénéneuses pouvant être confondues avec les espèces comestibles que l'on connaît. On distingue dans les champignons quatre catégories : Les champignons à phalline, espèces toujours mortelles. Les champignons à muscarine, rarement mortels. Las champignons incomplètement étudiés, espèces suspectes. Les champignons comestibles. PROCES-VERBAUX 101 Les champignons à phalline ne se rencontrent que parmi ceux des genres Amanita et Volvaria, c'est-à-dire parmi les champignons ayant une volve ; il suffît donc, pour prévenir les empoisonnements mortels d'être à même de reconnaître les champignons ayant une volve ou en présentant des traces et, quand on ne connaît pas très bien les champi- gnons comestibles apppartenant aux genres Amanita et Volvaria, de s'abstenir de récolter des espèces de ces deux genres. Il est indispensable, par conséquent, en ramassant des champignons de ne pas les arracher, mais de les enlever avec leur pied complet et de s'assurer que ce genre n'a pas de volve. Après avoir fourni d'intéressants renseignements sur les actions si différentes de la Phalline et de la Muscarine sur l'organisme humain, M. Doinet explique la nature et la fonction des spores et du mycélium partie végétative des champignons. Le conférencier rappelle une parti- cularité du genre Russula dont toutes les espèces à saveur douce sont comestibles et du genre Fistulina à chair rouge également comestible. Enfin M. Doinet signale, dans un autre ordre d'idée, les dégâts occasion- nés par un champignon du genre Merulius et les mesures de protection qu'il convient de prendre dès que l'on constate que des boiseries sont attaquées par ce dangereux cryptogame. M. le Président remercie M. L. Doinet de sa savante causerie qui a vivemesit intéressé l'auditoire et invite les assistants à s'approcher de la table pour l'examen des champignons et recevoir de nouvelles explica- tions s'il y a lieu. Séance du 18 décembre 1912. Présidence de M. A. Bardié, président. PERSONNEL M. le Président informe la Société que M. Sauvageau et M. Gruvel, viennent, l'un et l'autre, d'obtenir à l'Académie des Sciences, un prix sur la subvention Bonaparte, pour leurs travaux dans le domaine des scien- ces naturelles. 102 PROCÈS-VERBAUX ADMINISTRATION Les dates des séances pour 1913 sont ainsi fixées : . . 4-18 Juillet .... . . 2-16 Octobre . . . . . 8-22 Novembre . . . . 5-19 Décembre . . . . 3-17 Janvier 8-22 Février 12-26 Mars 5-19 Avril 2-16 Mai 7-21 M. le Président informe la Société que son Conseil d'Administration a fait, le Samedi 7 décembre 1912, à 10 h. 1/2 du matin, une démarche auprès du maire de Bordeaux, M. Gruet, pour lui demander de vouloir bien accorder à la Linnéenne une subvention annuelle supplémentaire de 500 francs. Cette subvention est destinée à parer aux frais d'excur- sions publiques et à organiser, le soir, des cours pratiques de botanique, géologie, zoologie et préhistoire. A la délégation du Conseil de la Société, composée de MM. Bardié, Uaguet, Barrère, Breignet, Baudrimont, Day- die, Lamarque, s'étaient joints deux Linnéens, M. Journu, adjoint au maire et M. Peytoureau, conseiller municipal, ainsi que deux autres conseillers MM. Bsrgaud et Vaillandet, dont la sympathie est acquise à la Société. M. le Maire a fait à la délégation, qui lui a offert un volume des Actes, le plus cordial accueil et lui a promis d'user de toute son influence pour mettre la Société à même d'étendre le champ de son action. En confirmation de la démarche ainsi faite auprès du Maire, la lettre suivante lui a été adressée par M. le Président : à Monsieur le Maire de la Ville de Bordeaux. Monsieur le Maire, La Société Linnéenne a l'honneur de venir solliciter votre appui auprès du Conseil Municipal, pour l'obtention d'une subvention annuelle sup- plémentaire de cinq cents francs, destinée à lui permettre la continuation des œuvres qu'elle a créées depuis plusieurs années et qui ont pour but de répandre et de développer, dans le public, la connaissance de celles des sciences naturelles qui lui sont d'une grande utilité. Fondée en 1818 par J.-F. Laterrade, la Société Linnéenne ne tarda pas à réunir l'élite des savants français et étrangers. Par Ordonnance PROCES-VERBAUX 10-3 Royale du 15 juin 1828, elle fut reconnue d'utilité publique. C'est grâce à son initiative que le Maire de Bordeaux instituait dans notre Ville, le 28 avril 1829, un marché aux fleurs. En 1835, elle concourait à la fon- dation du Comice Agricole de l'arrondissement de Bordeaux et de la Société d'Agriculture. C'est également sous ses auspices que fut insti- tuée, en 1839, la Société d'Horticulture de la Gironde. Les travaux de la Société Linnéenne forment soixante-six volumes, d'Actes et de Procès- Verbaux. Ils sont échangés avec les publications des plus célèbres sociétés scientifiques du Monde. Notre Société a pu ainsi former une bibliothèque de 16.000 volumes, mise à la disposition de ses membres et ouverte en outre, aux étudiants de nos Facultés. Les frais d'impression des publications de la Société sont à peine assurés par les cotisations des membres titulaires, corres- pondants et adhérents ou auditeurs et par une subvention de la Ville de Bordeaux; si bien que l'importance des travaux publiés au cours des dernières années, a amené un sérieux déficit qui ne pourra guère être comblé que par une allocation extraordinaire demandée à l'État. Mais la Société Linnéenne, fidèle à ses traditions, a pensé qu'elle devait aussi faire bénéficier le public bordelais de ses études de vulga- risation scientifique. Pour suppléer, dans la mesure du possible, à l'ab- sence du Cours Municipal de Botanique, supprimé depuis treize ans, elle a organisé des excursions publiques où les plus qualifiés de ses membres donnent des explications sur la botanique, la zoologie et la géologie. Chacune des douze excursions de ces deux dernières années a réuni une moyenne de soixante personnes. Les grandes conférences et les causeries scientifiques faites sous les auspices de la Société, à l'Athénée, ont eu aussi un légitime succès. La dernière causerie, en date du 14 novembre dernier, était consacrée à l'étude des champignons et aux moyens essen- tiellement utiles de reconnaître les espèces dangereuses. Elle avait été précédée d'une excursion mycologique publique et de l'exposition des champignons récoltés par les participants. En présence de résultats aussi satisfaisants, la Société Linnéenne voudrait assurer la pérennité des œuvres dont l'expérience a démontré la nécessité. Elle aurait même l'intention d'augmenter le nombre des causeries qui seraient faites par des spécialistes choisis par elle, sur la botanique, la mycologie, la zoologie, la géologie et la préhistoire. Ces causeries-conférences auraient lieu le soir, à l'heure où les négociants, employés et ouvriers pourraient y assister. Mais les ressources dont peut disposer notre Société étant exclusivement absorbées par ses publi- 104 PROCÉS-VERBAL'X cations, il ne lui serait pas possible de faire face aux frais nécessités par ces diverses institutions, si la Municipalité ne lui venait en aide, au moyen d'une subvention spéciale de cinq cents francs, qui représente le minimum de la somme indispensable au fonctionnement des œuvres d'instruction populaire dont il est question. La Société Linnéenne, dont vous avez tout récemment reçu avec beau- coup de bienveillance une délégation, ose espérer, Monsieur le Maire, que le Conseil Municipal accueillera favorablement sa demande. Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Maire, avec nos remercîments, l'expression de nos sentiments respectueux et dévoués. Pour la Société Linnéenne : Le Secrétaire général, Le Président, D r P. Barrère. Armand Bardié. COMMUNICATIONS M. Bardié rend compte de la conférence faite par M. E. Cartaiihac, le mercredi 11 décembre, dans le grand amphithéâtre de l'Athénée. Devant une salle trop petite pour un public d'élite, le succès du maître préhis- torien fut complet. Afin de lui prouver la reconnaissance de la Société, M. le Président proposera au Conseil, dans sa prochaine réunion, de nommer M. E. Cartaiihac membre d'honneur de la Linnéenne. M. Llaguet présente une carotte curieuse rappelant, dans tous ses détails, le corps d'un nouveau-né. M. Peyrot dépose le 5 e fascicule de la Conchologie néogénique de l'Aquitaine contenant la fin des bivalves. Ce travail paraîtra dans les Actes de 1913. Le D r A. Baudrimont rapporte un cas très rare de malformation du pied (ectrodactylie ou, plus exactement, monodactylie). 11 s'agit d'une jeune fille, par ailleurs parfaitement constituée, dont le pied droit est réduit à une baguette se terminant par un orteil possédant un ongle très bien formé. Deux radiographies, dues à l'obligeance de M. le Professeur Sigalas, montrent la disposition squelettique de ce rudiment de pied qui se compose des os du gros orteil et de la partie du tarse correspondante. A noter que le calcanéum fait défaut et semble représenté par une sorte de tubérosité implantée à l'extrémité inférieure du péroné, qui est très augmentée de volume. La flexion et l'extension se font au niveau du tarse lui-même et non autour de l'articulation tibio-tarsienne, dont les PROCÈS-VERBAUX 105 mouvements sont à peu près nuls. Pendant la station verticale et la marche, le sujet repose sur la partie correspondant au tarse, et un appa- reil prothétique, qui masque complètement cette diformité, lui permet de parcourir d'assez longues distances. Nombre d'explications ont été tour à tour proposées pour éclaircir la genèse de l'ectrodactylie ; à vrai dire, on en est encore réduit aux hypothèses. - TABLE DES MATIÈRES (i: %* (PROCÈS-VERBAUX 1912) BIOLOGIE Baudrimont (D r ) Sur un cas très rare de Monodaclylie BOTANIQUE Bardié (A.) Isopyrum thalictroïdes à Capian — Sur le Linosyris vulgaris D. C. à Moulis — Présentation de champignons Baronnet Lichens recueillis, le 12 mai 1912, du Bicon à Léognan Bouchon Excursion botanique, du 12 mai 1912, du Bicon à Léognan et au Moulin du Coquillat — Excursion au Gap-Ferrel, le 7 juillet 1912 Bouygues Recherches sur la tige des Dicotylédones Bouygues et Devaux. Sur la rétention des liquides antiseptiques injectés dans les bois, en vue de leur conservation Boyer (D r ) Sur la production du Mycélium de différents cham- pignons — Pleurolus conchatus obtenu par culture pure — Sur plusieurs espèces de champignons obtenues récemment en cultures pures — Culture de Lentinus tigrinus B. en milieu stérilisé. — Champignons récollés, le 12 mai 1912, du Bicon à Léognan — Sur la culture de Pholiota prœcox, Psalliota arvensis et P. pratensis en milieu stérilisé — Culture de Lentinus tigrinus — Sur la culture de quelques champignons en milieu stérilisé Daydie Chrysantliemum segetum à Beau-Désert 104 56 83 87 70 81 83 90 22 56 64 70 72 76 77 83 77 (1) La table des matières contenues dans les Actes, se trouve à la page 325, à la fin de la l re partie du volume. ■ 108 PROCÈS-VERBAUX Pages Doinet Stereum hirsutum à hymenium orange 21 — Dacrymices stillatus très petit 23 — Préssntation de champignons intéressants 57, 58, 77, 82, 87, 8' — Nature de la pruine recouvrant certains polypores. 77 — Herborisation mycologique à Léognan 83 — Sur un Pleurotus ostreatus géant 89 — Conférence-causerie sur les champignons les plus dangereux et sur le moyen de les reconnaître.. . 99 Eyquem Excursion botanique à Cilon-Cénac, le 28 avril 1912. C9 — Saponaria vaccaria et Cbriandrum sativum à Gaudéran 7G — Compte rendu de la causerie sur les champignons faite par M. Doinet, le 14 novembre 1912 99 Labrie (Abbé) Floraison & Adonis autumnalis, en décembre 89 Lambertie Notes sur deux plantes rares de la Gironde : Peta- sites vulgaris Desf., Leucoium œstivum L . . 40 Llaguet Présente une carotte offrant un cas curieux de tératologie 104 Malvezin Présente un Coprinus hemerobius 87 Viguié Expérimentation dans les vignes 32 ENTOMOLOGIE 32 Barrère (D r ) Nouveau procédé de destruction des insectes de la vigne Baudrimont (D r A.). . Sur les Pyrophorus 67 Breignet Sur les ravages par Cnethocampa processionnea. . . 23 Brown A propos de Lithosia unita Hb 21 Claverie La Processionnaire du Pin 48 Doinet Invasion de Galeruca xanthomelœna 77 Lambertie Phsedon cochlearise dans les cressonnières 57 — Rectification sur MacropternaMarginalis Fieb.(Hèm.) 57 — Myzus oxyacanlhae (Hém.) au Haillan 58 — Notes sur diverses Cécidies 78 — Capture de la Cicindela trisiynata Déj. var. subsu- turalis Souv. (Col.) 79 — Hémiptères nouveaux ou rares pour le déparlement de la Gironde 80 Manon (D r ) Abondance de Cicindela flexuosa 67 — Sur la chenille à'Ocneria dispar 77 Perez (.1.) La Monobia quadridens à Bordeaux 63 _ A propos de YApion Chevrolati. et de l'A. limonii. 66 — Un Nectanebm nouveau (N. Bœticus) 72 PROCES-VERBAUX 109 GEOLOGIE Pages Dollfus Observations sur le Calcaire gris de l'Agenais 84 Degrange-Touzin . . . Observations à propos de la note de M. Dollfus sur le Calcaire gris de VA gênais 85 Dubalen Eaux thermales des Landes et la fosse de Capbreton 41 _ Description du Gouf de Capbreton (divers auteurs). 46 _ Géologie du département des Landes. Calcaires de Laurel et Pimbo 68 PRÉHISTOIRE Daleau A propos de dents de cervidés trouvés à Pair-non- Pair 89 ZOOLOGIE Baudrimont (D r ) .... Un cas de polydactylie chez la poule 89 Boutan Sur le pseudo-langage d'un anthropoïde 82 Dubalen Sur quelques animaux marins recueillis dans la fosse de Capbreton 45 Gendre (D r ) Sur quelques espèces de Dispharages du Dahomey. 23 Gouin Sur un oiseau hybride ? 82 SUJETS DIVERS Administration. — Membres du Conseil et des Commissions pour 1913 ... 82 Dates des séances de 1913 102 Bulletin bibliographique 7 Distinctions honorifiques et récompenses 64, 82, 101 Dons divers 31 Personnel de la Société 3 Admissions 23, 57, 66, 67, 75, 77 Démissions 56, 75 Décès 66, 75 Procès-verbal de la séance du 10 janvier 1912 . . 21 — — 24 janvier 1912 23 — 7 février 1912 31 _ _ 28 février 1912 34 — — 6 mars 1912 56 — — 20 mars 1912 56 — 3 avril 1912 57 — _17 avril 1912 58 — 1" mai 1912 63 — _15 mai 1912 64 — 5 juin 1912 . . 66 110 PROCÈS-VKRBAUX Procès-verbal de la séance du 19 juin 1912 75 3 juillet 1912 77 17 juillet 1912 77 — — 9 octobre 1912 79 23 octobre 1912 82 — — 15 novembre 1912 82 20 novembre 1912 87 — — 4 décembre 1912 89 18 décembre 1912 101 Bardié Discours prononcé à la 93 e Fête Linnéenne à Sainl- André-de-Gubzac 58 — Adresse de la Société Linnéenne à la Fête du bi-cenlenaire de l'Académie de Bordeaux 88. — Visite à la Municipalité de Bordeaux, en vue d'une subvention annuelle supplémentaire 102 — A propos d'une conférence de M. Cartailhac 104 Barrère (D r ) Compte rendu des travaux de la Société Linnéenne pendant l'année 1911 35 Daydie Rapport de la Commission des Finances 39 Doinet Rapport de la Commission des Publications 32 Feytaud (D r ) Rapport de la Commission des Archives 33 Lambertie Vœu pour faciliter le classement des travaux d'his- toire naturelle - 32 Offre de l'herbier de M. Godard 34, 56 ■ ■ ta POUR LA VENTE DES VOLUMES S'adresser : ATHÉNÉE rue des Trois-Conils, 53 BORDEAUX fctf vfe 4-8* ^ f i ùi> 1Z wTjiI / S L>M _j » > > y j V J f >, SMITHSONIAN INSTITUTION LIBRARIES 3 9088 01314 9836 — ;_ i 1 m, km j JK — J < S i r.r * ~ ^j L___ f — "^É "-"■^^^-w w B»i "~^~"~".lr ',' '"1. "~ Jf m" — -"■» ■ - ' *f ^ -. ¥L-^ w 1 » '■■-•*' V - > ■ » J* » > v