r .PS ^^^ m ACTES SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN 1818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique par Ordonnance Royale du 15 juin 18 28 Athénée Rue des Trois-Conils, 53 ■^iKr- TOME LXXI 23SY9 BORDEAUX IMPRIMERIE A. SAUGNAG & E. DROUILLARD 3, PLACK DE LA VICTOIIIR, 3 1919 r ACTES DE LA SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX 5 ^^ b ACTES SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE BORDEAUX FONDÉE LE 25 JUIN. d818 Et reconnue comme établissement d'utilité publique ])'tr Ordonnance Roijnle du 15 juin 18î8 Athénée HuK DES Trois-Conils, 53 •^*h TOME LXXI BORDEAUX IMPRIMERIE A. SAUGNAC & E. DROUILLARD 3, PLACE DR LA VICTOIHE, 3 1 î) I î) CONSIDÉRATIONS NOUVELLES SUR LES AFFINITÉS RÉCIPROQUES DES MOLLUSQUES GASTÉROPODES PAR Louis BOUTAN Professeur de Zoologie et de Plij'siologie animale à la Faculté des Sciences de Bordeaux. INTRODUCTION ■ J'ai publié, il y a déjà fort longtemps, ,im travail intilulé « La cause principale de Tasymétrie des Mollusques Gastéro- podes )) (10) oîi j'essayais d'établir « que le type mollusque, originairement symétrique et tel qu'on l'observe normalement dans les Acéphales et les Céphalopodes, devient asymétrique chez les Gastéropodes, sous l'influence d'une cau^e mécanique résultant de Vantagonhme de croissance du pied et de la coquille dans le cours du développement ». Dans ce même travail, je concluais que les Opistobranches {Euthyneures) ne sont pas des Chiastoneures (Streptoneures) détordus. C'est à cette dernière conclusion que j'attachais le plus d'importance. A la suite des travaux de Bouvier (12), de Guiart (19) et de Pelseaeer (25), l'opinion contraire est devenue presque classique et la généralité des naturalistes admet maintenant que les Euthyneures dérivent des Streptoneures par dé torsion. Ayant été appelé à diriger, pendant plusieurs années, la Tome LXXI. 2 mission scienlifique pcrmanenle en Indo-Chine et, préoccupé d'antres travanx, j'avais laissé de côté celle question. Je la reprends anjonrd'hui et, après une élude approfondie du sujet, je nraperçois que, la discussion ayant été basée sur des définitions vagues et incomplètes, il en est résulté des confusions regrettables. Lorsque j'avais étudié, dans nn tout antre ordre (ridées, le pseudo-langage des animaux (H), j'avais constaté le même phénomène ; l'absence de précision dans des termes employés couramment, mais acceptés, sans examen préalable, pent conduire à une confusion extrême, dans une discussion en apparence bien ordonnée. J'ai pu, alors, grâce à un examen critique des formules acceptées avant moi, dissocier des phénomènes qui avaient passé inaperçus et montrer la différence fondauienlale qui sépare le langage humain du pseudo-langage des Anthropoïdes. Je souhaite d'obtenir un résultat aussi heureux dans l'étude d'une question aussi controversée que celle des affinités des Opifito branche s et des Prosobra?iches, en dissociant le terme vague de torsion employé, jusqu'à présent, pour caractériser ce qui se passe chez les Gastéropodes. Ce travail aura du moins nn côté original : il contiendra une critique, non seulement des opinions de mes adversaires, mais aussi de celles que j'avais exprimées antérieurement. ^'■juillel 11)10. CHAPITRE PREMIER Sur la nécessité de quelques Définitions préalables. Les Mollusques subissent dans le cours de leur évolution (développement larvaire et régularisation des jeunes), des phénomènes de croissance qui peuvent modifier plus ou moins, le volume, la forme et la position relative des diffé- rents organes. Ces phénomènes existent, aussi bien, dans les types à symétrie bilatérale que dans les types asymétriques. Si nous examinons, par exemple, un Céphalopode (fig. 1, no 2, p. 43), nous constatons que l'anus s'ouvre sur la face ventrale dans le voisinage de la bouche. Chez le Pélécypode (fig. 1, no 1, p. 13), l'anus s'ouvre au contraire sur la face dorsale, aussi loin que possible de la bouche, et il en est de même chez le Gastéropode (fig. 1, n" 4, p. 13). • Ces particularités, ainsi que bien d'autres, ne pouvaient manquer de retenir l'attention des naturalistes qui étudiaient con^parativement les Mollusques et ils ont senti la nécessité de les caractériser par des termes appropriés. Ces mots appropriés, pour permettre une discussion sérieuse, doivent avoir la précision suffisante pour caracté- riser tous les faits de même ordre, sans englober des phéno- mènes d'ordre différent. Je crois que, malgré les efforts consciencieux faits par les naturalistes, il n'en est malheureusement pas toujours ainsi — 8 — et que les termes, en quelque sorte consacrés par l'usage, ont contribué à perpétuer des confusions fâcheuses en confon- dant (les phénomènes qu'il importe de dissocier. C'est ainsi ([ue M. Pelskneer (25, p. 113) écrit dans un chapitre intitulé : Torsion, asymétrie et détorsion : « l.es Gas- téropodes sont caractérisés essentiellement par une Torsion produisant l'asymétrie d'organisation. Cette torsion a été comprise et expliquée de diverses façons et il y a déjà toute une littérature à ce sujet. )) On comprend très bien que les naturalistes expliquent de diverses façons la Torsion des Gastéropodes ; mais, pour rai- sonner sur cette torsion, il faut nécessairement qu'ils la com- prennent, c'est-à-dire qu'ils la définissent^ ào, la même façon. M. Pelseneer (25, p. 118) fait un effort louable pour arriver à cette définition précise : « La torsion, d'après lui, chez tous les Gastéropodes, se traduit par un mouvement qui a deux composantes : « 1° Flexion ventrale : elle se manifeste par le déplacement progressif de la région anale, de la partie postérieure du corps de l'embryon vers la partie antérieure et par la cour- bure du tube digeslif qui en résulte. « 2° La seconde composante est la Torsion proprement dite : la partie postérieure de l'embryon, dislincle de la portion Céphalo-pédieuse, tourne autour de l'axe longitudinal, sa face ventrale passant au coté dorsal par le côté droit (quand on regarde l'embryon par l'extrémité orale, ce mouvement est donc de môme sens que celni des aiguilles d'une montre. » (1) Je fais remarquer, tout d'abord, que ces deux composahtes ne sont pas tonjonrs des composantes. Elles peuvent agir isolément, indépendamment l'nne de l'antre, chez les Mollus- ques. La flexion ventrale peut, par exemple, chez les Scapho- (1) Pei.skneer ajoulo : « Telle esl l'explicalioii nu'caiii(|U(' iiun j'ai donnée de rasymélrie des Gastéropodes. Paniii les Ihéorics éniisca à ce sujet, c'est la seule qui ail trouvé conlinnalion de la pari de l'iombryologie et de la morphologie. » Je ferai remarquer que ce n'est i)as là une explication mécanique (pouvant expli- quer l'asymétrie des Uastéropodos), mais une simple constatation de faits mécani- ques, en delu5rs de toute explication, — 9 — podes et chez les Céphalopodes, entrer seule en jeu (1), et il en est de même pour la flexion dorsale chez les Pélécypodes. Il y a donc nécessité de distinguer leur action chaqu^i fois que l'oii parle de torsion chez les Gastéropodes; car ces deux composantes ne gardent pas, forcément, à priori^ la même valeur. Cependant, quelques pages plus loin, Pelseneer (25, p. 121) écrit : a L'idée de la Détorsion des Euthyneures que Bouvier et moi nous avons établie sur des observations d'anatomie comparée;, n'a pas été universellement admise, en ce sens qu'elle a ^té combattue par Boutan^, dont la manière de voir a trouvé quelqu'écho chez Simroth. Or les observations embryologiques dont on dispose aujourd'hui sont suffisantes pour établir : (( 1° Que la généralité des Euthyneures montrent, pendant le développement, une Torsion correspondante à celle des Streptoneures; (( 2° Que les embryons des Euthyneures sont, à l'état adulte, moins tordus que leurs embryons ou larves et que la fin du développement dévoile, souvent, cette Détorsion. )) Nous voici placés en face d'un nouveau mot : la déiorsion. Ce terme mérite, de toute évidenee, d'être exactement précisé et défini. Qu'est-ce qu'on doit entendre par détorsion ? Est-ce un phénomène exactement inverse de la torsion, dans lequel les deux composantes, flexion ventrale et torsion proprement dite, entrent en jeu dans l'ordre inverse de la torsion ? Est-ce un phénomène oli les deux composantes ont une valeur différente ? Pelseneer ne nous le dit pas et ne paraît Tnême pas s'être posé la question — qui est pourtant de première importance. (1) Il en est de même chez les Gasléropodes, au moins chez les Prosobranches, dans des cas téralologiques mis en évidence par Pelseneer, — 10 — Il est déjà 1res surprenant, qu'à un moment donné, les forces (|ui agissaient dans un sens se mettent à agir en sens contraire, il serait utile de nous dire si ces forces, agissant en sens contraire, conservent la môme valeur relative! L'absence de réponse à cette question doit nous mettre en défiance sur la précision des termes employés. Kn revenant sur nos pas, nous constatons en regardant la figure 1, numéro 4 (p. 13) que la soi-disante flexion ventrale (les Gastéropodes se traduit chez l'adulte par l'apparence d'une llexion dorsale et, reprenant alors la définition de Pelseneer pour la tlexion ventrale, nous constatons le vague des termes partie postérieure du corps, partie antérieure, courbure du tube digestif, qui auraient besoin d'être complétés par l'épithète de ventrale ou de dorsale... Car, si le Gastéropode a une partie antérieure et postérieure du corps, ces parties corres- pondent à une face ventrale et dorsale et la courbure du tube digestif peut se faire dorsalement ou ventralement selon les cas (Céphalopodes, Pélécypodes). La môme imprécision nous apparaît dans la définition fournie par Pelseneer de la torsion proprement dite : « La partie postérieure de l'embryon distincte de la portion Céphalo-pédieuse ... etc. ». Cette partie postérieure de l'embryon englobe, non seule- • ment la partie moyenne du tube digestif (région œsopha- gienne), mais aussi la région inférieure (région de l'estomac et de l'intestin). Or, rien ne nous prouve — à priori — que la torsion larvaire porte sur toute l'étendue de la région postérieure de l'embryon et l'idée directrice du travail, dont j'expose les résultats dans les chapitres suivants, est précisément de distinguer les phénomènes qui se passent dans la région u'sophagienne du tu])e tligcstif (région moyenne du corps), de ceux que l'on constate dans la région stomacale et intestinale (région inférieure du corps ou abdouiinah»). CHAPITRE II Définitions principales. — La Flexion ventrale. — La Flexion dorsale. — La Rotation larvaire de la région anale. — La Rotation de la coquille larvaire. — La Torsion proprement dite. J'ai cru nécessaire de faire les citations précédentes, non par esprit de vaine critique, mais pour montrer l'impérieuse nécessité, avant toute discussion approfondie, de s'entendre, au préalable, sur. le sens précis des termes employés. Ainsi que je le faisais remarquer dans le précédent chapitre, les Mollusques, en général, subissent dans le cours de leur développement des phénomènes de croissance qui peuvent modifier plus ou moins profondément les rapports, le volume et la forme des différents organes, chez l'adulte. 11 est donc indispensable de cataloguer avec précision ces phénomènes, avant toute discussion. C'est ce que je vais essayer de faire ci-dessous : 1° Flexion ventrale (fig. 1, n" 2). (( La flexion ventrale se manifeste, dit Pelseneer (25), par le déplacement progressif de la région anale, de la partie postérieure du corps de l'embryon vers la partie antérieure et par la courbure du tube digestif qui en résulte. )) Nous avons dit, pourquoi cette définition, avec les termes de partie poslèrieure et partie antérieure^ nous paraissait trop vasrue. — 12 — IMiKvinl lo Mollusque la bouclie en haut et la face ventrale tournée vers l'observateur, selon la position indiquée par Henri dk Lacazk Dlthiers et adoptée, pour raison de clarté^ jiar un grand nombre de naturalistes, je propose la définition siiivanlc : La (lexion ventrale est caractérisée par le déplacement progressif de la région anale de la pariie inférieure et ventrale du corps de l'embryon vers la partie supérieure et ventrale. l'Hic se traduit à nos yeux par une courbure ventrale de l'intestin, qui peut être schématisée par un V, dont la branche ventrale est formée par le rectum et terminée par l'anus. La flexion ventrale, ainsi définie, s'applique très bien au cas des Céphalopodes et des Scaphopodes, dans lesquels., l'anus se trouve rapproché de la bouche sur la face ventrale. Elle ne s'applique plus du tout au cas des Gastéropodes (1), ainsi que le montre la figure 1, n» 4 (page 13). Chez ces derniers, en effet, sauf dans des cas tératologiqucs, l'anus chez l'adulte est dorsal ou dorso-latéral. Je crois, donc, qu'il est nécessaire, pour caractériser ce qui se passe chez les Gastéropodes, de préciser par un terme bien choisi et bien défini la particularité qui les distingue à ce point de vue des autres JMoUusques. (Voir 3'"^ alinéa du môme chapitre). 2^ Flexion dorsale (iig. 1, n» 1). La Flexion dorsale est l'inverse de la llexion ventrale, ainsi que son nom l'indique. Elle est donc caractérisée par le déplacement progressif de la région anale de la partie inférieure du cor[)S de l'embryon — non plus ventralement vers la bouche — mais, dans une direction opposée, qui peut, progressivement, ramener la région anale sur la face dorsale. l^lle se Iraduit, comme la précédente, i)ar une courbure de l'intcslin qui peut être schématisée par un V ; mais cette fois, (1) .J'onlpiids piir ("lashM-opodrs, les Oiiislobranches et les Prosobrancbes k rcM-liision (les Aiiipliineuros, <[ui, (l'aillciirs, n'uni pas davanlaye île llexion venlrale. FiG. 1. . • No 1. _ Flexion dorsale (Pélécypodes). — La, V dorsal (au-dessous). N" 2. - Flexion ventrale (Céphalopodes). — 2,b, V venlral (à côté). jNjo 3. _ Piolalion larvaire de la région anale (Gastéropodes). N" 4. — Rotation anale. Lettres communes à toutes les figures : A i' A" A'" x\nus. — B, Bouche.— Es, Estomac. — FtZ, Lobe droit du ' foie. — Ffj, Lobe gauche du foie. — Œ, OEsophage. — 3/.S, Muscle adduc- teur supérieur. — P, Pied. Tous les animaux sont représentés de profil et du côlé droit. — J'' — lii hiaïu'Iic dorsale est formée par le reclum et terminée par laïuis. La fleure 1, \V> 1 et n" 2 moiilre clairement la (litlerence qni existe entre la flexion ventrale et la flexion dorsale. Ce terme île flexion dorsale s'applique très bien au cas des l'élécy[)odes, dans lesquels, l'anus se trouve reporté bien loin de la bouche, sur la ligne médio-dorsale. Il s'applique, aussi mal que le terme de flexion ventrale, aux (uistéropodes ; quoique, chez l'adiille, ainsi que le montre la figure I. n^' 4 (page 13), l'intestin forme scliémaliquement un V, dont la branche dorsale est le rectum terminé par Tanus, comme chez les Pélécypodes. 3^' ROTxVTION LARVAIRE DE LA RÉGION ANALE DES GASTÉROPODES (lig. 1, n"s 3^ 3 bis et 4). La Botalion larvaire de la région anale est un terme nou- veau que je crois nécessaire d'introduire pour remplacer le terme de flexion veulrale que Pelseneer emploie pour les Gastéropodes (1). D'abord, il ne me parait pas clairement démontré qu'il y ait une flexion chez les Gastéropodes (2) et ensuite, la défini- tion tlo la flexion ventrale (,( développement j)rogressif de la région anale de la partie postérieure da corps de l'ein/n'i/on vers la partie antérieure » malgré, le vague des termes employés par Pelseneer, s'applique fort mal à leur cas com- paralivement à ce qui se passe chez les autres Mollusques. Quand on a un anus finalement dorsal et une anse intes- tinale dorsale, comme les Gastéropodes adultes, l'épithète de flexion ventrale ne convient pas. Pelseneer a beau dire, c'est tout de même la flexion ven- trale, parce que simultanément intervient un autre phéno- mène, la torsion proprement dite, qui force l'anus à devenir dorsal et ijui masque la flexion ventrale. (1) Dans l'élude du développemci\l A'Acmœ Virginea (Boitan 10. p. 2ôS). Je l'avais (lésij,'née à tort sous le nom de flexion ano-pédieuse. (2) Voir le chapitre VI de ce niénioire. — 15 — Cette affirmative ne peut pas être admise sans examen. Évidemment, l'anus est dorsal ou tend à devenir dorsal chez tous les Gastéropodes ; mais devient-il dorsal par l'action de la torsion proprement dite (ce que Pelseneer admet à priori) ou bien, devient-il dorsal sous l'influence d'une autre cause indépendante de la première ? (1). C'est là une question qu'on ne s'était pas encore posée et qui renferme, peut-être, la clef des différences que présentent les Opistobranches et les Prosobranches. Dans tous les cas^ cette soi-disante flexion ventrale, n'est pas identique chez les Gastéropodes et chez les Mollusques cités plus haut, puisque, dans les Gastéropodes, la région anale se déplace vers la droite et vers le dos sous l'influence de deux forces qui ne sont pas dirigées dans le même sens; tandis que dans les autres Mollusques, la région anale se déplace sous l'influence d'une force unique et reste sur la ligne médiane. Cette soi-disante flexion ventrale n'est donc identique, ni comme mécanisme, ni comme résultat, à la flexion ventrale _que nous trouvons dans d'autres Mollusques. Le nom de flexion ventrale sans épithète peut créer une confusion ; celui de flexion ventrale des Gastéropodes n'est guère admissible, puisque le résultat final n'est jamais, chez les Gastéropodes, une flexion ventrale. Je propose de lui substituer : Rotation larvaire de la région anale, qui précise un fait certain et indiscutable : le dépla- cement, chez la jeune larve, de la région anale. Sans rechercher encore la cause qui détermine la rotation, je propose donc de définir la Rotation larvaire de la région anale, qui est un phénomène général chez tous les Gastéro- podes (Opistobranches et Prosobranches), de la façon suivante: La rotation larvaire de la région anale, consiste dans le (1) C'est en efîel, là, le poinl capilalde mon travail et, dans les chapitres suivants, j'espère démontrer que le déplacement de l'anus s'effectue en relation directe avec la rotation de la coquille larvaire et non, comme conséquence, de la torsion propre- ment dite, chez la plupart des Opistobranches. — 10 - 'déplacement vers la droite et vers le dos, de la région anale et, en particulier, de l'anus et de l'intestin en voie de for- mation. Le schéma ilo la. figiiro 1, ii<^^ 3 et 3 l)is (pag'e 13), indique les positions successives occupées par l'anus au moment oii le phénomène s'accomplit. L'anus d'abord ébauché en A"" sur la l'ace ventrale, se déplace vers la droite, en passant par A'", A", A' et A où il arrive sur la ligne médiane dorsale. 4" Rotation des points caractéristiuues de la côuiille lar- vaire DES Gastéropodes. Ce terme me servira à caractériser un phénomène mis en évidence par Guiart (19) et par Pelseneeu (24) dans les stades larvaires de la jeune larve des Gastéropodes. A un stade très jeune du développement le point caractéris- tique dorsal de la petite coquille end)ri/on>uiire (le tortillon) se déplace, exécutant un mouvement de rotation de droite à gauche, dans un plan oblique à l'axe de l'embryon. Cette rotation du point caractéristique paraît liée à un phénomène de croissance dans le même sens, du manteau qui sécrète la coquille (fig. 2). Elle représente, comme la rotation larvaire de la région anale, un phénomène général chez tous les Gastéropodes. Elle est de même sens que cette dernière et paraît favoriser le déplacement de la région anale, elle ne peut, en réalité, en être distinguée que théoriquement. Il n'y aura pas d'inconvénients à accoupler les deux phéno- mènes, en les désignant ainsi : Rotation de la, région anale et du tortillon de la coquille larvaire. 5° ÏOUSIOX PROPREMENT Dm:. Une définition précise me paraît particulièrement néces- saire; car, c'est à propos de la torsion larvaire, que je constate surtout une fâcheuse imprécision ; l'englohenwnt, sous un, ternie commun, de phénomènes différents. Pelseneer la définit ainsi ; « La partie postérieure de l'em- — 17 — FiG. 2. Rotation de la coquille larvaire. /, la, Ib, Lacuna pallidula. — 2, 2a, êh, Eolis concinna. (Figures imilées de Pelseneer). Lellres communes a. toutes les figures : A, Anus. — C, Coquille. — P, Pied. — P.o, Opercule. — T, Tortillon.— V, Voile. — Ca, Cellules anales. — Es, Estomac. — Fd, Lobe droit du foie. — 18 — bryon, distincle de la portion céphalo-péçlieiise, tourne autonr de l'axe longitudinal, sa face ventrale passant au côté dorsal par le côté droit (quand on regarde l'embryon par l'extré- mité orale, ce mouvement est donc du même sens que celui des aiguilles d'une montre) ». Je me rallie volontiers à cette définition, à condition que nous précisions le terme : la l'tavlie postérieure de V embryon. C'est là, je crois, qu'existe la confusion qui a trompé mes adversaires et qui m'a trompé moi-même, autrefois. Il y a trois parties dans l'embryon, comme dans l'adulte : 10 La tête, représentée surtout par le voile chez la larve; 2o La région œsophagienne, avec ses téguments et son contenu; 3° La région stomacale et intestinale, avec le manteau et la coquille. Dans la définition de Pelse.neer, la partie postérieure de l'embryon représente : la région œsophagienne, plus la région stomacale et intestinale. 11 admet, à priori, que ce sont ces deux dernières régions qui se tordent; cependant, nous sommes en droit de nous demander si la torsion proprement dite ne peut pas se loca- liser à la région œsophagienne seule. Nous avons défini, précédemment, la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire. La torsion pro- prement dite est de même sens; mais, se confond-elle néces- sairement avec les deux premiers phénomènes ? 11 est bien évident, que si torsion proprement dite se produit, elle ajoutera son action à la rotation de la coquille ; mais si elle ne se produit pas ? La rotation de la coquille larvaire ne pourra-t-elle, cependant, s'etTectuer et l'anus ne pourra-t-il pas se porter sur la face dorsale, par suite de phénomènes limités à la seule partie inférieure de rcuii)rvon, sans torsion de la partie œsophagienne ? Il était nécessaire de poser cette question qui, jusqu'ici, n'avait pas fixé l'attention, afin de dissocier des phénomènes d'ordre différent englobés, à tort^ sous un vocable commuji. — 19 — . Je signale, en effet, deux raisons importantes pour effectuer celte dissociation : 1° Parce que les effets produits ne sont pas les mêmes. La torsion, proprement dite provoque la torsion sur lui-même de V FiG. 3. 1. — Larve âgée à' Amphorina Olivacea (d'après Pelseneer). Celte larve a subi la rotation larvaire de la coquille et de la région anale sans torsion propre77ient dite. 2.— La même larve, telle qu'elle devrait se présenter, si elle avait subi la -torsion jiroprement dite, correspondant à la région œsophagienne. Lettres communes aux deux figures : C, Coquille. — M, Muscle. — Œ, OEsophage. — P, Pied. — V, Voile. — Fg, Lobe gauche du foie. — Fd, Lobe droit du foie. — gl.a, Glande anale. — r. Rectum. l'œsophage et d'une partie du système nerveux (fig. 4, page 21). La rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire produit un déplacement du tortillon et de l'anus, sans torsion nécessaire du tortillon et de la région anale sur eux-mêmes (fig. 3, page 19). 2o Parce que, la rotation de la région anale et du tortillon — 20 - de la coquille larvaire est lui phénomène général chez tow^ les Gastéropodes, tandis que la torsion proprement dite (qui porte sur la région œsophagienne de la larve) n'existe pas toujours. On comprend, maintenant, toute l'importance de cette distinction. Quand on englobait les deux phénomènes sous la môme rubrique, comme l'un était considéré comme général, avec toute raison d'ailleurs, l'autre passait aussi pour général et quand, chez l'adulte, on ne trouvait plus nulle trace du second, il fallait faire intervenir un phénomène inverse; d'où l'hypothèse de la détorsion — hypothèse rendue ainsi nécessaire par la simple confusion de deux phénomènes distincts. Il importe donc de préciser la définition de Pelseneer de la torsion proprement dite en l'énonçant ainsi : La partie infra-supérieure de l'embryon (région moyenne) distincte de la portion céphalo-pédiouse, et comprenant seule- ment la région œsophagienne, tourne autour de l'axe longitu- dinal, sa face ventrale passant au côLé dorsal par le côté droit. Il serait bon d'ajouter pour que celte définition soit com- plète que la torsion finale n'est pas forcément de 180°. Dans un mémoire : « Sur les causes principales de l'asymélrie des Mollusques Gastéropodes » (10, p. 283), j'avais distingué de la torsion larvaire ce que j'avais appelé la déviation larvaire en disant : « Dans la torsion larvaire, non seulement l'anus, mais la coquille toute entière, subissent une^roialion de 180 degrés, et le phénomène a lieu brusquement ». « Dans la déviation larvaire, l'anus seul subit un déplacement, à l'origine de moins de 180 degrés, la coquille garde sa position primi- tive, et le dt'placement a lieu progressivement » . « 11 y a donc, selon moi, une différence fondamentale dans la marche du développement, entre les formes de Gastéropodes Cliiasloneures et Orthoneures. » Je m'étais trompé et je ne lardai pas à rectifier mon erreur. Dans un autre travail paru un peu plus tard, en 1902 « La détorsion chez les Gastéropodes >) je reconnaissais que la distinction que j'avais — 21 — X- ;F — X-- FiG. 4. Parmophore Austral (onverL par la face dorsale et monlranl la torsion de l'œsophage 1res apparente à cause de la présence des poches œsophagiennes, p.œ.). R.C., Région céi^halique. R.Œ., Région œsophagienne sur laquelle porte la torsion proprement dite. B.ah., Région abdominale. Mus., Grand muscle en fer à cheval. Nota. — Le rectum, r, a- été coupé et tous les viscères enlevés, sauf la hrajiche croisée de la Streptoneurie. Tome LXXI. | établie élail trop absolue et que « dans la déoiation lurvaire on torsion incomplète, non seulement le complexe anal, mais aussi le mon terni et la coquille subissent une torsion de moins de 180". » Je reconnaissais ainsi, formellement, que torsion larvaire complète et déoiaton larvaire ou torsion incomplète, étaient des pbénomùnes de mênae ordre, différant seulement quantitativement et non qualitative- ment. Cependant, malgré cette amende honorable, je n'avais pas dû me faire bien comprendre, puisque Pelsea'eer écrivait en 1911 (25, p. 123), peut-être, dans des termes un peu trop vifs : « Une torsion d'un petit nombre de degrés est tout de même une torsion. Et il serait contraire d'une part à la logiriue, d'autre part à l'unité et à la clarté du langage scientifique de désigner sous le nom de déviation larvaire ce qui corres- pond à la torsion des Streptoneures. » 11 est parfaitement exact qu'une torsion d'un petit nombre de degré est tout de même une torsion; j'en demeure d'accord avec le savant Belge, mais il conviendra, à la réflexion, que ce n'est manquer ni à la logique, ni à la clarté du langage scientifique, de préciser le degré dans une torsion, ce que je faisais de toute évidence, en opposant torsion larvaire complète à torsion larvaire incomplète (déviation larvaire). 11 y a eu là un simple malentendu et je ne vois pour mon compte, aucun inconvénient à adopter le terme de Pelseneer : Torsion propre- ment dite. Cependant, cette torsion n'ayant pas nécessairement la même ampli- tude, il y a lieu, parfois, dans la torsion proprement dite, de distinguer la torsion complète de 180" ou plus et la torsion incomplète de 90" par exemple. Cette distinction, qui reste un peu arbitraire, n'a d'ailleurs qu'une importance tout à fait secondaire (I). Je crois qu'il est plus essentiel de dissocier, comme je viens de le faire, le phénomène de la rotation du tortillon do la coquille larvaire (liée intimement à la rotation larvaire du (1) Elle ne paniîl ulile que dans des cas spéciaux, tels que celui de I'uiline par exemple, où l'anus tout en devenant dorsal n'arrive jamais chez la larve el chez l'aduUe à allcindre la ligne médio-dorsale, quoique la roialiou de la réjjion anale el du lorlillon de la coquille larvaire, se produise conune d'iiabihuie. - 2â - complexe anal), du phénomène de la torsion larvaire propre- ment dite. C'est pour n'avoir pas, moi-même, compris, l'importance de cette distinction, que je n'ai pas, autrefois, caractérisé clairement et exactement la différence qui existe au point de vue du développement entre les Opistobranches et les Proso- branches. En résumé : Dire, avec Pelseneer et les autres auteurs, que la torsion que l'on observe, chez tous les Gastéropodes (sauf les Amphineures), au moins à l'état larvaire, est le résultat de la flexion ventrale et de la torsion proj^rement dite, me paraît ^insuffisant et inexact. Je crois qu'il faut supprimer le terme Flexion ventrale pour les Gastéropodes et le remplacer par : Rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire. Je- crois qu'il faut restreindre le sens du terme Torsion PROPREBiENT DITE, eu l'appliquant seulement à la torsion de la portion moyenne du corps. Cette .modification des termes employés permet de dis- tinguer : 1° Le cas général pour tous les Gastéropodes (sauf les Amphineures) : la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire qui correspond à la torsion de l'einbryon.; autour de l'axe longitudinal du corps, limitée à la région abdominale ; 2° Le cas particulier aux Prosobranches et à certains Opis- tobranches : la torsion proprement dite, plus la rotation de la région anale et du tortillon de là coquille larvaire qui correspond à la torsion de l'endwi/on, autour de l'axe longitu- dinal du corps, étendue à la fois à la région moyenne [œsopha- gieîine) et à la région abdominale . CÏLVPITRE m Définitions secondaires. — La Torsion fj[énérale. — La Détorsion. — La Détorsion proprement dite et la Dérotation. — La Régularisation. — L'Enroulement de la coquille. 1" Torsion. Ce terme étant employé, sans épitliète, par presqne tous les naturalistes, il n'y a pas grand avanlage à le changer, quoiqu'il puisse provoquer une confusion avec la torsion' 'pro- prement dite que nous venons de définir plus haut. Je propose seulement de lui appliquer l'épi thète de géné- rale, et de dire Torsion générale par opposition à Torsion proprement dite. Je crois qu'il faut, d'ailleurs, éviter d'employer ce terme vague et en user le moins souvent possible. Ce terme serait très dangereux dans la discussion, si on le considérait comme représentant partout la même chose. On doit garder présent à l'esprit qu'il peut correspondre à des états très différents du Mollusque. Appliqué, par exemple, à un Prosohranche adulte ou à un Opisto])rauchc adulte, il englobe, quelle que soit la théorie explicative, sous un môme vocable, des phénomènes que l'on ne peut rapprocher que très artificiellement. En résulné, le terme de Torsion générale, caractérise, sans précision, l'état d'asymétrie habituel du Gasléropode. — 25 — 2° Détorsion. J'ai déjà montré dans la première partie de ce chapitre la difficulté de définir exactement ce que les auteurs entendent par ce terme. Définir la détorsion, comme je l'ai fait pour la flexion dorsale, en disant que c'est l'inverse de la torsion générale, exposerait à des confusions regrettables. La torsion générale, en effet, ainsi que nous l'avons vu plus haut est un terme sans précision, englobant des phénomènes qui peuvent être qualitativement et quantitativement distincts. Ainsi définie, la détorsion ne saurait avoir plus de précision. En l'absence de toute définition trouvée dans les auteurs, je crois plus logique de décomposer ce terme vague en deux : l9 La Détorsioa proprement dite correspondant, en sens inverse, à la torsion proprement dite : La détorsion proprement dite sera donc le phénomène inverse de la torsion proprement dite. Elle consistera dans un' déroulement, autour de l'axe longitudinal, des parties du corps qui ont subi la torsion proprement dite. 2° La Dérotation anale, qui consistera dans le retour de la région anale de la face dorsale vers la face ventrale, de gauche à droite. La dérotation anale sera donc le contraire du phénomène de la' rotation larvaire de la région anale qui s'était effectué vers la droite et vers le dos. Le terme n'est pas heureux et le vocable est peu harmo- nieux; cependant, cela me paraît de peu d'importance. J'espère, en effet, établir dans ce travail qu'il ny a pas de détorsion proprement dite chez les Gastéropodes et qu'il n'y a pas davantage de dérotation anale. Ce sont là, des phénomènes inexistants, ainsi que nous le verrons par la suite. 3° Régularisation. Beaucoup de Gastéropodes, ayant subi dans le cours de leur développement des déformations diverses, soit par l'action de — 20 — la torsion g-énéralc, soit pour tonte antre cause, tendent à reprendre à l'état adulte une conformalion plus normale, sans subir d'ailleurs une détorsion proprement dite, ou une dérolation anale. FiG. 5. Prosobranches en voie de régularisation. 1. Parmopliorc. — 2. Ilaliotis. — 3. Slomalia. — 1. Xerila. — 7>. Turl)o. 6. Trocliiis. Nota. — Toits les animaux représentés, sont, vus de dos après enlèvement de la coquille, et l'on peut suivre la marche de la régularisation du muscle coquillier, qui arrive à former des parties s;/métriques dans Slo)nalia et Parmophore, — '27 — Ce résultat est obtenu, secondairement, par l'agrandissement et le chang-ement de volume d'un certain nombre d'organes qui tendent à rendre à l'animal une forme en apparence symétrique. La figure 5 de la page 26 fournit des exemples typiques de la régularisation. J'ai cherché à y mettre en évidence la régularisation du muscle coqaillier. Tel est le cas, par exemple, des Haliotis et des Parmo- phores. Tous les naturalistes sont, je crois, d'accord pour consi- dérer que cet acheminement secondaire vers la symétrie s'effectue comme nous venons de l'indiquer, au, moins dans les cas que je viens de citer, puisque le système "nerveux streptoneure reste, même après cette régularisation strepto- neiire, que l'œsophage reste tordu et que le complexe anal garde sa position dorsale ; cela exclut l'intervention, dans ce phénomène, de la détorsion proprement dite et de la dérotation anale. Pelseneer a parlé de symétrie extérieure secondaire (24, page 117) à propos des Hétéropodes; je prétère désigner le phénomène sous le ■ nom, plus général, de régularisation, parce que le terme de symétrie extérieure secondaire implique l'idée de réalisation de la symétrie, alors qu'il y a simplement tendance à la symétrie comme, par exemple, dans le cas de l'Haliotis (fig. 5, no 2). Si le terme de régularisation n'était pas adopté, il faudrait, dans tous les cas, substituer à symétrie extérieure secondaire, tendance à la symétrie extérieure secondaire ; puisqu'il est tout à fait exceptionnel qu'il y ait régularisation complète, c'est-à-dire symétrie secondaire. 4° Enroulement de là coquille. L'enroulement de la coquille est un phénomène qu'on doit distinguer de la rotation du tortillon de la coquille larvaire des Gastéropodes. C'est un phénomène secondaire qui ne se produit que tardi- vement sur les larves d'un grand nombre de Gastéropodes, — 28 — Je ne crois pas qu'il y ail divergence cnlrc les au leurs pour caraclériser le [)liénomène : La coquille s' accroissant inégalement par place arrive à s'enrouler. Il m'iniporle seulement d'insister sur ce fait : Tenrou- lement se produit après la rotation larvaire de la coquille et ne se produit pas toujours, tandis que la rotation du point caractéristique (tortillon) de la coquille larvaire est un phéno- mène général. Je n'aurai pas occasion d'étudier l'enroulement de la coquille dans ce travail. CHAPITRE IV Comparaison de deux formes caractéristiques de Streptoneures et d'Eutliyneures : Parmo- pliore et Doris. Tous les naturalistes, même ceux qui interprètent les Euthyneures comme provenant par détorsion d'ancêtres ana- logues aux Streptoneures, sont d'accord pour reconnaître qu'il existe, entre les deux groupes de Gastéropodes Streptoneures et Eathyneures, des différences considérables et M. Pelseneer'(I), par exemple, spécifie que Félude comparative de la morpho- logie des Gastéropodes adultes a conduit à les diviser en deux sous-classes généralement dénommées Slreptoneiçres et Euthy- neures. Il ajoute un peu plus loin : « La grande simplicité du classement des Gastéroijodes est confirmée dans ses détails par V embryologie ; celle-ci démontre, en effet, que les Ptéropodes se développent comme des Tectibranches {Euthyneures), dans lesquels leur morphologie à l'état adulte les a fait classer. De même, pour les Hétéropodes (Streptoneures), leur embryologie les r(rpproche des Tœnioglosses, pour lesquels leur organisation définitive a démoîitré les affinités. » On est donc d'accord, quelque soit d'ailleurs, l'origine des Streptoneures et des Euthyneures pour considérer qu'il y a dans les Gastéropodes deux types d'organisation bien tranchés, (1) Recherches sur l'embryologie des Gasléropodes, p. 135. — 30 — (ruiie part les Slroploiiciircs, d'aTitrc part les Euthyneures (I). Tous ceux (|ni out jxiussé uu peu loin leurs investigations sur le groupe des xMoUusquos sont maintenant de cet avis. Je crois nécessaire de comparer dans ce chapitre quelques formes caractéristiques de Streploncures et d'Euthyneures, pour niellre en lumière certains points, qui ne me paraissent pas avoir été suffisamment éclairés. Au lieu de comparer des t3'pes de Streptoneures et d'Euthy- neures présentant le plus de caractères coninums, ainsi qu'on a rhabiludc de le faire, je i)ren(lrai, tout d'ah(jrd, des formes aussi éloignées que possible et lout à fait caractérisées comme Streptoneures ou Euthyneures. Je décrirai, sommairement, le Parmophore comme type de Streptoneure aspidobranche et la Doris, comme exemple d'Euthyneure nudi branche. Les figures, insérées dans le texte, préciseront les faits, sur lesquels, je désire appeler Tattention. A. — Description du Parmopuore (2). Le Parmophore est, malheureusement, un animal exotique; mais il est, cependant, bien connu des naturalistes. Je l'ai recueilli en abondance dans la baie de Port-Jackson, en Australie, et je l'ai retrouvé ensuite dans le cannl de Suez, oii j'ai pu l'étudier à l'état larvaire et à l'état adulte. (1) A mon avis, les deux lypes d'organisaiion seraient mieux définis el avec plus de précision, en disant : formes Opislobranches el leurs dérivés, d'une part, el de l'autre, formes Prosobranches, puisque, selon moi, quelques Streptoneures dérivent des Eulhyneures. (2) MoNFORT a créé le genre Parmophore et le décrivit le premier sous le nom de Pavois (scutus). De Blainvili.e, qui en fit la première étude anatomique, le nomma Parmopliore et, malgré l'absence de li-ous el de l'entes, constata ses rapports a\ec les Fissurelles et les Emarginules. Je dois également signaler parmi les travaux anciens publiés sur ces animaux le mémoire de Quoy, Gaym.vuu el Hois-Duvai., dans le voyage de l'Asruoi.AHF.. Dans un mémoire intitulé « Recherches sur l'Analomie el le développement de la Fissurelle (6) j'ai déci-il rapidement le système nerveux du Parmophore austral. Dans son impoi'lanl iiuMUdii-e sui' le sysième nerveux « Morphologie générale et FiG. 6. Parmophore austral, dessiné sur des échantillons vivants provenant de Suez. ]\To 1. — Parmophore, vue dorsale. N» 2. — Parmophore, vue ventrale. B, Bouche. — Br, Branchie. — C. Coquille. — Col, Collerette ou manteau inférieur. — M, Manteau.— P, Pied. — T, Tentacule. Ce Gastéropode, dont les locaux échantillons peuvent atteindre jusqu'à dix cculimètres de longueur, vit à faible profondeur sous les pierres, où, il rampe et cherche sa nour- riture à la façon des Fissurelles et des llaliotis. Il offre, d'ailleurs, une parenté remarquable avec ces formes zoologiques, malgré les différences d'aspect. Il semble cons- tituer la forme la mieux régularisée de la série des Aspido- branches. C'est ce qui m'a amené à le prendre comme Ivpe (lig. 6, p. 31). Le manteau, M, fortement pigmenté à l'air en velours noir. Il est. très extensible et, sur l'animal vivant, il recouvre sou- vent, toute la surface extérieure de la coquille, C. En renversant l'animal sur la face ventrale (fig. 6, p. 31), on aperçoit la large sole pédieuse, P, surmontée, à la partie antérieure, par le muffle bordé d'une lèvre circulaire. Cette lèvre en fer à cheval présente un large sillon dans la portion qui regarde le pied. Au milieu s'ouvre la bouche, B, par 011 la radula peut faire une légère saillie à l'extérieur. De chaque côté de la lèvre, se dressent les tentacules, T, longs et très extensibles dans l'espèce considérée. Ces tenta- cules, qui portent les yeux faiblement pédicules, atteignent le quart de la longueur totale de l'animal. Entre le manteau et le pied, on distingue en écartant la frange du manteau avec des pinces (fig. 6, n"^ 2), une rangée de petits tentacules blanchâtres, Co/, qui s'étendent sur toute la longueur des flancs; c'est la collerette ou manteau inférieur, homologue à la collerette de l'Haliotis ou de la Fissurelle. Au-dessus de le tète, s'ouvre une large cavité qui occupe classsificalion des Gastéropodes Prorobranche y) (14) M. E. L. Bolvier a complété la description du système nerveux du Parmophore, en relevant une omission commise par moi au sujet de la commissure sous-œsophagienne. M. Pelseneer, dans son mémoire (23) sur les Epipodiures des Mollusques, a également dit quelques mots sur le Parmophore. Enfin, à propos d'une discussion qui s'était élevée au sujet de la masse nerveuse ventrale des Fissurellidés el de sa signification morphologique, j'ai publié en 1890 un travail sur le système nerveux du Parmophore dans ses rapports avec le manteau, la collerette (manteau inférieur et le pied). ^ — 33 — toute la portion antéro-dorsale de l'animal; c'est la chambre branchiale, Br (fig. 6 et fig. 7). Dans l'intérieur de cette chambre, en écartant les deux FiG. 7. Parmophore dont la cavité palléale a été ouverte après l'enlèvement de la coquille. Le plafond de la cavité palléale L.p, a élé rejeté sur le côté droit. Il porte, à sa face interne, les branchies avec le rectum R, coupé en r' au niveau du péri- carde. Péri. A, Anus. — Dr, Branchies. — C.P, Plancher de la cavité palléale. — L.p, Plafond de là cavité palléale. — M.T, Manteau. — Mu, Muscle en fer à cheval. — M.V; Masse viscérale. — P, Pied.— Péri, péricarde. — 'iî,' Rectum. lobes supérieurs du manteau, on distingue sur la ligne médiane, l'anus. L'orifice terminal du tube digestif se trouve donc reporté immédiatement au-dessus de la tête et le rectum suit le plafond de la cavité dans toute son étendue (fig. 7, /?). Les branchies, au. nombre de deux (fig. 7, Br)., s'étendent dans toute la lonoiiem' de la cavilu branchiale, qu'elles rem- plissent en grande pai-tie. Les orifices génitaux et nrinaires sont situés, à la base de l'organe branchial, de chaque côté du tube digestif. La cavité branchiale n'ayant qu'un seul orifice, l'orifice FiG. 8. N» 1. — Parmophore ouvert sur le côté gauche, la poi'Uon dorsale des téguments rejetée sur le côté droit. No 2. — Une poche œsopliagiennc du Parmophore ouverte pour montrer ses rapports avec l'œsophage. Lettres communes : Br, Branchies. — C, Collereile ou manteau inférieur. — Es., Estomac.^J)/.,(7, Masse g-énitale. — OE, OEso- phage. — P, Pied. — OE.p., Poche œsophagienne. — Po, Poche œsophagienne. — 7', Tentacule. antérieur, l'eau, conlrairenicnt à ce qui a lieu chez l'Ilaliotis et la Fissurelle, entre et sort par cette unique ouverture. Le renouvellement du liquide est assuré par les contractions rhytmiqnes des lobes du manteau, qui agrandissent et rapetis- sent la cavit('' de la chambre branchiale. La forme de la coquille est très caractéristique chez l'adulte. Aplatie en forme de bouclier, elle est légèrement échancrée à la partie antérieure, (^ette échancrnre est homologue : à la rangée de trous de la coquille de l'Haliotis^ à la fente de la coquille de l'Emarginule et au trou apical de la coquille de la Fissurelle. La coquille est lisse et nacrée; on y remarque une large impression musculaire en forme d'U très allongé. Ce muscle a été figuré, fig. 5, n^ 1 et fig. 7, Mu. La face supérieure est striée par des zones d'accroissement, et porte, chez l'adulte, une petite proéminence peu développée, située sur la ligne médiane, au tiers postérieur de la coquille. L'étude des stades larvaires du Parmophore prouve que cette éminence représente l'ancien tortillon de la coquille primitive, coquille nautiloide chez le jeune comme chez les Gastéropodes normaux. Coquille, manteau, tête et pied (c'est-à-dire l'ensemble des organes extérieurs) paraissent tout à fait symétriques chez l'adulte, par suite d'un phénomème secondaire de régulari- sation. Cette symétrie de l'animal n'est qu'apparente, ainsi que va nous le montrer l'organisation interne et, en particulier, l'appareil digestif. Celui-ci représente avec le système nerveux l'un des points les plus importants de cette description anatomique, étant donné le but particulier que je me propose. Le tube digestif (fig. 4 et 12, n» 3) est formé par la bouche,- le bulbe radulaire, l'œsophage muni d'une seule paire de grandes poches latérales (fig. 8, œ p. p. 34), un estomac volu- mineux, un intestin qui se poursuit par le rectum, B, et se termine par l'anus dorsal et médian. A, qui vient s'ouvrir au sommet de la cavité palléale (Ljj, fig. 7). Je ne décrirai pas en détail ces différentes parties ; leur disposition est sensiblement la même que dans la Fissurelle que j'ai étudiée minutieusement à ce point de vue (7). Cela m'exposerait à des redites sans intérêt pour le sujet. J'insiste seulement sur les particularités suivantes qui me paraissent capitales : — 30 — \o La bouche et le hulhe radiilaire sont parlaitement symé- triques ; 2» L'œsophage est nettement tordu sur lui-même (fig. 4 et 12, ro 3), ainsi que l'indique la position relative des poches œsophagiennes : La poche droite se trouvant originairement latérale, comme la poche gauche, est reportée sur la face dorsale du coté gaucho; tandis que la poche gauche est placée ventralement sur l'œsophage, ce qui nous indique le sens de l'enroulement vers la droite et dorsalement. Cette torsion de l'œsophage est encore indiquée par les filets du slomato-gastrique, qui sont disposés en spirale autour du cylindre œsophagien ; 3» L'estomac volumineux s'abouche avec l'œsophage dans sa partie inférieure et ventrale et avec l'intestin dans sa portion supérieure et dorsale, Es (fig. 4 et 8) ; 4° Malgré ses circonvolutions, l'intestin est tout entier dorsal et peut se schématiser par un V dont la branche libre dorsale se termine par l'anus (fig. 12, n» 3, p. 43). En somme, l'appareil digestif peut se * diviser en trois régions : a, Une région buccale et pédieuse symétrique, RC (fig. 4). ô. Une région œsophagienne tordue sur elle-même, Rœ. c, Une région stomacale et intestinale pliée sur elle-même, mais non tordue, /?. ab. J'ai décrit anciennement le système nerveux du Parmo- phore (6). Dans son beau travail sur le système nerveux des Prosobranches (12), Bouvier a complété plusieurs points de ma description trop sommaire et il a prévu que l'étude plus approfondie du système nerveux du Parmophore « serait d'un grand intérêt pour régler la question de l'épipodium » (1). C'est, en effet, en poursuivant l'examen de ce système nerveux, que j'ai pu montrer que l'épipodium du Parmophore ou manteau inférieur, était innervé par des nerfs partant de la (1) Bouvier, Syslèmo nerveux des Prosobranclies, p. 27. masse nerveuse ventrale et que ces nerfs se prolongeaient dans les lobes supérieurs du manteau. FiG. 9. Ensemble du système nerveux de l'Haliotis vu par la face dorsale. 1. G.Céph., Ganglions cépbaliqnes eL slomalogasiriqnes. 2. G. P. palL, Ganglions pédleux et pallcaux. 3. G. DE, -Ganglions sus-iniesLinal, sous-inlesLinal et génilal. En réalité, sauf sur quelques points intéressants, mais secondaires pour le sujet qui nous occupe, le système nerveux du Parmophorc reproduit les grands traits du système Tome LXXI. 4 og nerveux des Aspidobranches (fig-. 9, p. 37), c'est-à-dire un système nerveux slreptoneure. C'est sur le caractère streptoneure, et sur la présence de la commissure viscérale croisée que je désire insister. De même que nous l'avons fait pour l'intestin, nous pouvons diviser le système nerveux en tr.ois parties : 1° Ganglions situés dans la tête (g-anglions cérébroïdes) (/ G. ceph., %. 9); 2° Ganglions situés sur le pied et intimement accolés à lui (ganglions pédieux et g-anglions palléaux) {S G. P. pal/., fig-. 9) ; 3° Ganglions situés dans la région œsophagienne du corps (ganglions sus-intestinal, sous-intestinal et génital, fig. 9, 3 G. œ). Tous les ganglions situés dans la tête et sur le pied sont normalement disposés; connectifs, commissures et ganglions sont symétriques par rapport au plan sagittal. Tous les ganglions situés dans la région œsophagienne sont anormalement placés et la commissure qui les réunit est tordue en 8 de chiffre (fig. 4 et fig. 9). L'étude des autres appareils du Parmophore est moins intéressante pour le sujet qui nous occupe. Ils apparaissent beaucoup plus tardivement. Il est, cependant, intéressant de noter : La présence de deux branchies symétriquement placés dans la cavité palléale et prosobranches ; la présence d'un cœur à deux oreillettes^ dont le ventricule est traversé par lô rectum et encadré par deux reins inégaux en volume; enfin, la présence, entre la bran- chie droite et le rectum, de l'orifice de la glande, soit mâle, soit femelle. Ce dispositif général peut, je crois, se résumer ainsi : Le complexe anal (rectum et orifice, branchies, orifices rénaux et génitaux) est dorsal, disposé à peu près symétri- quement par rapport au plan sagittal et — c'est là le carac- tère sur lequel j'insiste particulièrement — tous les orifices sont dirigés vers le haut du corps. J'ai décrit succinlement le développement du Parmophore — 39 — (8) que j'avais étudié à Suez. Ce développement rappelle, tout à fait, dans les premières phases larvaires, le dévelop- pement de la F'issurélle (7) et de l'Haliotis (10). C'est un développement de Prosobranche, suivi de régularisation. 3 PlG. 10. Doris Tuberculata (d'après le règne animal de Cuvier). îs'o 1. — Doris vue de dos. N" 2. — Doris vue par la face ventrale. N» 3. — Complexe anal et branchial. — A, Anus. — /?, Orifice du rein. B. DESCRIPTI0^^ DE LA DoRIS. Doris Tuberculata (Cuvier), Archidoris Tuberculata (Bergh), est une espèce qu'on trouve communément à marée basse sur toutes nos côtes. — 40 — A condition de la reclicrclicr an prinlcmps, en mars et en avril, on la Ironve, abritée sons les pierres, particnlièrement abondante dans les prairies de Zostères et dans les flaques sableuses des beri)iers. Le régime ilc l'animal paraît mixte. IlEcnT dans son impor- tant travail (20, p. 83) donne nn curieux renseignement à ce sujet : (( On sait, dit-il, que les Eponges servent assez rarement •d'aliments à d'autres animaux. Doiis Tuberculata et lïoris Johiisloni font volontiers leur nourriture d'une Eponge jau- nâtre, Halichondria pan'icea (Johnslo)i). » J'extrais de la table dichotomique des Nudib.ranches de RoscoFF, les caractères très bien résumés par Hechï (20, p. 17), de l'espèce en question : branchies peu nombreuses en formes de feuilles déchiquetées, disposées en rosette autour de l'anus dans le plan médian et du côté du dos. — Bords latéraux du dos sans prolongements. — Téguments dorsaux élargis en une sorte de manteau formant bouclier. — Corps peu élevé à contours arrondis. — Couleurs vices, Jaune ou orangé avec taches violettes ou brunes. Après cette présentation générale, reprenons plus en détail les caractères de la Doris Tuberculée que nous voulons opposer au Parmophore austral. Au point de vue extérieur, la forme un peu plus élargie, ne diffère pas ])eaacoup de celle du Parmophore, mais si nous retrouvons la grande sole pédieuseetle muffle proéminent de ce dernier, il n'est plus question, ici, de collerette ou manteau inférieur ni d'une cavité palléale antérieure contenant les branchies et le complexe anal (fig. 10). Ce qui représente les brancliies et le complexe anal (anus et rein, moins le canal et l'orifice génital) se trouve; sans protection, lil)rement en contact avec l'eau, vers le tiers infé- rieur du corps, sur la ligne médio-dorsale (fig. 10, n^ 1 et n» 3). L'animal est parfaitement symétrique extérieurement; mais le manteau proprement dit a disparu, pour faire pince à une sorte de carapace ou de bouclier dorsal qui ne présente plus — 41 — du tout les caractères tt/ piques du manteau du Parmoj)hore. Cette sorte de bouclier dorsal (N. fig. 10, n» 1) hérissé de papilles ou de verrues est dur et coriace et sa charpente est endurcie par des spicules (fig. M). Il ne protège plus la tète, en restant distinct de la région céphalique, comme chez le Parmophore; f/ se confond, en avant, avec la portion dorsale de la tête, sans qu'on puisse Fig. 11. Spicules de Doris Pilosa formant la charpenle du Nolœum, vus pa*' la face dorsale. (Imité de Aider et Hancock;) établir de limites précises entre la région céphalique et la région palléale proprement dite. Sa région supérieure paraît céphalique, puisqu'on lui voit donner naissance aux rhinophores rétractiles et perfoliés, qui représentent, de toute évidence, une paire de tentacules. Sa région inférieure, qui supporte les branchies et ou s'ouvre l'anus, offre au niveau de ces organes une mem-_ brane plus souple et plus délicate qui correspond, certaine- ment, à une portion palléale. Là, le manteau, rudimentaire il est vrai, offre la structure habituelle. Le bouclier céphalique de Doris, qu'on désigne sous le nom — 42 — de Nolœum, est regarde par quelques auteurs comme une formation mixte. Pelseneer (24', p. 40) ne paraît })as de cet avis et semble le considérer comme équivalent au manteau des Prosobran- ches. « Chez plusieurs Gastéropodes nus, dit l'auteur, à l'état adulte, il se développe dans le tissu conjonctif du manteau des spicules calcaires assez volumineux « Pleurobranches, Nudi- branches (Doridiens.). Pour Fischer (18, p. 518) le nom de manteau est morpholo- giquement et anatomiquement impropre, et le notœum repré- sente probablement « A la fois, les lobes épipodieux des Elysia ou des Aphysia soudés sur la ligne médiane et percés par les orifices respiratoire et anal et le disque céphalique des Philine. » Le Notœum serait ainsi d'origine : céphalique, pédieuse et palléale Cela me paraît beaucoup... et je crois que le Notœum est seulement d'origine céphalique et palléale. S'il était, également, d'origine pédieuse, il devrait y avoir des nerfs partant des ganglions pédieux qui viendraient s'y ramifier, alors qu'il n'en est rien. En résumé, malgré les grosses différences avec le Parmo- phore causées par la présence du Notœum : pied, muftle, notœum, sont exactement symétriques par rapport au plan sagittal (fig. 10). Etudions maintenant l'organisation interne de Doris Tuber- culata. Comme dans le Parmophore, c'est surtout l'étude du tube digestif et du système nerveux qui va nous préoccuper, conformément au plan que je me suis tracé. Le tube .digestif de Doris comprend, essentiellement, les mêmes parties que dans le Parmophore : bouche, bulbe radu- laire, œsophage, estomac et intestin qui se poursuit par le rectum dorsal et médian (fig. 12, n"» 1 et 2). Ce dernier vient s'ouvrir à la surface du Notœum, dans il i"^^"^ FiG. 12. N» 1. — Doris ouverte par la face doi'sale pour montrer le | trajet du rectum. N" 2. — La même ouverte par la face ventrale. N» 3. — Tube dig'estif du Parmophore, vu de profil et du côté droit. No 4. — Tube digestif de la larve âgée de Doris, vu de profil et du côté droit. N" 5. — Tube digestif de Doris adulte, vu de profil et du côté droit, Lettres communes aux deux premières figures : A, Anus. — B, Bouche. — Br. Brancliies. — F, Foie. — M.ff, Masse génitale. — UE, OEsophage. — Or.ff, Organes génitaux. — P, Pied. — Pc, Péricarde. Lettres communes aux figures 3, 4, 5 : A, i\nus. — Al, Anus larvaire ou place de cet anus cliez l'adulte. — Br, Bulbe radulaire. — Es, Estomac. — Fg, Fd, Lobes gauche et droit du foie. — OE, OEsophage. — Or.h, Orifice hépapthique. — R, Rectum. une cavilé pallcalc nuliiiiculairo, simple cupule, à ciel ouvert. Pas plus que chez le Parmophore, je ne décrirai en détail CCS (lillércules j)arlics, ([ui oui été étudiées uiinutieusement depuis longteuips. J'insiste seulement sur les poiuts suivants : 1° La bouche et le bulbe radulaire sont parlaitcmenl symé- triques; 2° L'œsophage, qui ne présente pas de poches u'sopha- giennes, se dilate en un ja])ot volumiueux. Cet œsophage, quoique ses dilTéreutes parties soient déviées sur la gaucho et tassées les unes sur les autres par suite de leur grand dévelop- pement, ne présente aucune trace de tdr.non sur lui-mthne. Je n'ai pu suivre le trajet des nerfs du stomato-gastrique avec une netteté suffisante sur Doris Tubcrculata, on les dislingue, cependant, suflisamment par place, pour se rendre compte de leur disposition rectiligne si bien accusée chez Philine que Ton avait accusée d'avoir un oesophage tordu; 30 L'estomac volumineux s'al)0uche avec l'œsophage dans sa partie inférieure et ventrale et avec l'intestin dans sa portion supérieure et dorsale (fig. 12, no S). Cet intestin relativement court présente une particularité fort importante à mes yeux: et sur laquelle IIecut (20, p. 133) a déjà appelé l'attention : <(. Je n'insisterai, dit-iL que sur un point très important du tube digestif des Nudibranches, la présence d'un volumineux repli ou bourrelet qui fait saillie dans la cavilé île l'intestin... L'existence de ce repli a déjà été signalé très brièvement par Bkrc.u et par Pelsenher chez plusieurs Nudibranches. » L'intestin est tout entier placé dorsalement par rapport à l'estomac. Par suite de sa brièveté et de la position de l'anus, on ne peut plus le schématiser comme un V droit mais plutôt par un Y renversé (fig. 12, n» l et n» 5, p. 43). En somme, si nous divisons l'appareil digestif, comme chez le Parmophore, nous trouvons : a, Une région buccale et pédieuse symétrique. /;, Une région œsophagienne non tordue sur elle-même. c, Une région stomacale et intestinale pliée sur elle-même mais non tordue (1). Le système nerveux (fig. 13) présente une forme très spéciale chez Doris, forme spéciale propre à tous les Niidi- branches et .qui a été étudiée avec grand soin par beaucoup d'auteurs et, en particulier, par Henri de Lagaze-Duthiers(21). FiG. 13. Système nerveux de Doris (Archidoris Tuberculata) ,vu par la face dorsale (d'après Guiart). G. Ganglions cérébroïde. — P, Ganglions pédieux. — Pv, Ganglions plcuro-viscéraux fusionnés. — P', Commissure pédieuse. — F', Commissure palléo-viscéraie. — gb, Nerf genito-branchial. — M, M, M. Nerfs palléaux. On y retrouve les centies caractéristiques des Gastéropodes, tassés et en partie fusionnés autour de la partie supérieure du tube digestif. La figure 13, que j'emprunte au beau travail de Guiart sur les Gastéropodes Opistobranches (19), suffit à en montrer les caractéristiques sans longue description. Ainsi qu'on le voit |l) Nous étudierons plus parliculièremenl celle queslion dans un chapilre spécial. — iO - dans- cette llgiirc, tous les centres nerveux sont réunis au- dessus du tube digestif : Les ce itres corébroides acculés, sont unis directement, d'une part, aux gaugliop.s pétiieux et, d'autre part, aux ganglions pleuraux-viscéraux. Lorsque Pelsenekr écrit 24, p. 46) : « Le système nerveux des Gastéropodes présente les mômes centres que chez les autres MoUustiues » j'en demeure d'accord avec lui ; mais lorsqu'il ajoute : « /a disposition des centres y est toujours caractérisée par l'asymétrie spéciale aux centres viscéraux ou aux nerfs qui en sortent, asymétrie résultant de celle des organes viscéraux » je n'ai qu'à renvoyer à la figure 13. On constatera ainsi que c'est aller trop loin que de dire que la disposition des centres es-t caractérisée, chez Doris, par l'asymétrie spéciale aux centres viscéraux En résumé, contrairement à ce que nous avons trouvé chez le Parmophore, nous constatons : que tous les ganglions du système nerveux sont situés dans la tête du côté dorsal et qu'il n'y a pas de ganglions dans la région œsophagienne^ par conséquent pas de ganglions placés d'une façon anormale et pas de commissure tordue en 8 de chiffre. L'étude des autres appareils de Doris Tuberculata est moins intéressante pour l'objet qui nous occupe. Comme chez le Parmophore, ils apparaissent plus tardivement. Il est, cependant, nécessaire de noter la présence des bran- chies en forme de feuilles déchiquetées, placées en cercle autour de l'anus, dans une cavité palléale à ciel ouvert et correspondant à un cœur franchement Opistobrdnche. Il est, aussi, intéressant de signaler la disposition du rein, très éloigné comme type de celui du Parmophore et se rappro- chant, comme l'ont déjà signalé Adlcr et Ilanckok, ainsi que Rémy Perrier (27), du rein des Chitons. (( L'axe de la glande rénale, dit Ilecht (20, p. lOi) est cons- titué chez Doris Tuberculata par un long tube qui s'étend depuis le bord postérieur du péricarde, jusque et souvent au delà, de l'extrémité antérieure du foie. 11 se dilate en une vaste chambre urinaire, réservoir commun des produits excrétés pur les lobes de la glande. Cette chambre commu- nique, on le sait depuis longtemps, avec le péricarde, par un canal réno-péricardique, et avec l'extérienr par un canal excréteur qui débouche. au voisinage de l'anus, jusqu'au centre de la rosette branchiale. » {R, fig. 10, n" 3.) « Les lobes de la glande sont répartis sur toute la longueur du canal collecteur médian et s'y abouchent à plein canal. On en compte cinq principaux, trois à droite relativement courts, deux à gauche de beaucoup les plus étendus, enfin, un grand nombre de petits. Ces lobes, ceux de gauche surtout, se subdivisent à leur tour en d'autres plus petits et arrivent à couvrir de grandes étendues. » En somme, le rein est unique chez Doris ; mais, son canal médian, qui se déverse au milieu de la rosette branchiale, nous indique un organe sensiblement symétrique par rapport au plan sagittal. Les organes génitaux sont formés par la glande herma- phrodite : Leurs orifices, mâle et femelle, ont perdu tout rapport avec le complexe anal proprement dit. Ils sont situés sur le côté du corps; le plus antérieur, correspondant au pénis. Le dispositif général peut, je crois, se résumer ainsi au point de vue qui nous occupe : Le complexe anal de Doris (rectum et orifice, branchie et orifice rénal) est dorsal comme chez le Parmophore, mais il est placé très bas sur cette face dorsale et tous les orifices sont dirigés vers le bas, à l'inverse de ce que nous avons constaté chez le Parmophore. Les formes larvaires qui ont été étudiées avec soin par plusieurs auteurs, parmi lesquels, je citerai Guiart (13) et Pelseneer (25) nous montrent les embryons avec une coquille nautiloïde que nous ne retrouvons pas chez l'adulte, mais qui offre, dans les stades jeunes, la même physionomie générale que celle des larves du Parmophore. CHAPITRE V Comparaison de Pariiiophore Adulte et de Doris Adulte. J'ai fait un assez long examen du type Parmophore et Doris, en mettant en lumière leurs particularités anatomiques, non pour faire œuvre originale, mais parce que ces particularités, décrites dans un grand nombre de mémoires, devaient être, en quelque sorte condensées, pour le but que je me propose. Lorsqu'on compare un Parmophore et une Doris, malgré les différences si frappantes de leur organisation et quoique l'on ait la sensation que l'on se trouve en présence de types éloignés l'un de l'autre, on sent que l'on a bien à faire à deux Gastéropodes. L'impression est la même qu'en face d'un Aigle ou d'un Aptéryx. L'un et l'autre sont certainement des Oiseaux, quoique l'on constate la nécessité de les mettre dans des groupes différents, les Ratites et les Carinates, ainsi que l'a fait Huxley, qui a mis en évidence le caractère précis qui permet de les séparer nettement. Remarquons, tout d'abord, que le type Parmophore et le type Doris sont tous les deux, symétriques à l'état adulte, du moins, si l'on considère seulement l'extérieur de l'animal : le mauteau, le pied et la ))ouche sont rigoureusement syuié- triques par rapport au plan médian sagittal. L'orifice anal, reporté très haut, il est vrai, chez le Parmophore et très ])as chez la Doris, se trouve exactement sur la ligne méiliane dor- — 40 — sale qui divise les branchies (Irès différentes dans les deux types) en parties symétriques. D'autre part, le développement nous apprend que l'orifice anal était primitivement ventral chez tous les deux. Cet ensemble de caractères communs permet, déjà, de les diffé- rencier parmi les autres Mollusques sans symétrie extérieure. La disposition des organes internes nous montre, au con- traire, deux fortes différences dans la partie infra-supérieure ou moyenne du corps : L'appareil digestif, que nous considérons dans les deux types vu par sa face dorsale comme dans la figure 12, n» 3 et no 5, est fortement tordu sur lui-même, dans sa portion œsopha- gienne, chez le Parmophore et ne présente aucune trace de cette déformation chez Doris, ou tout au plus une légère dévia- tion sur la gauche (simple déplacement sans enroulement). Cette première différence ne porte que sur la région œsopha- gienne et ne s'étend pas à la région abdominale, comme le montre la figure 12, n^ 2 et no 5. Il en est de même pour la seconde particularité : Le système nerveux est streptoneure chez le Parmophore et présente, par conséquent, une com7nis.mre croisée en S de chiure (fig. 4, page 21). Le système nerveux est euthyneure chez la Doris, et offre le type notoneure, fig. 13. Il n'a donc aucune commissure croisée et pas de ganglions dans la région œsophagienne . L'appareil circulatoire, a comme caractère d'être du type Prosobranche dans le Parmophore, Opistobranche dans Doris, c'est-à-dire, qu'il a une situation inverse dans les deux ani- maux, au point de vue de la position du cœur. Le rein, qui forme dans les deux cas, un organe à peu près symétrique, est formé de deux poches distinctes chez Parmo- phore, d'une seule poche chez Doris et ses canaux évacuateurs sont dirigés en haut (du côté de la tête) chez Parmophore, dans une direction exactement inverse chez Doris. — 50 - Enfin, les organes génitaux oll'rcnt le type iinisexuel, chez Parmophorc cl le type hermaphrodile, chez Doris. Maintenant que nous avons résumé, comparativement, les caractères Parmophorc et Doris, voyons ce qu'en pensent les auteurs. (( Les Euthyneures, dit Bguvhîr, ont été d'ahord Strepto- neure et l'Euthyneurie qui les caractérise est le résultat d'un déplacement de gauche à droite. Etant Prosobranches, les ancêtres des Euthyneures ont été caractérisés par un déplace- ment de 180^ de l'appareil branchio-anal ; chez leurs descen- dants, un mouvement s'est produit en sens inverse ramenant la branchie et l'anus à droite et détruisant en même temps la torsion en 8 de chilTre du système nerveux. » (( Toux ceux, dit Pelseneer( 25, p. 13o), qui ont poursuivi sur l'ensemble du groupe des investigations prolongées et détaillées, ont interprêté les Euthyneures comme provenant par détorsion d'ancêtres analogues aux Streptoneures. » (( L'embryologie des Gastéropodes ne fait que confirmer ces déductions : Elle révèle chez les Eulhyneures une flexion et une torsion de même nature que celle des Streptoneures. D'autre part, elle montre à la fin de la vie embryonnaire ou au commencement de la vie larvaire u)ie torsion p'iis grande qu'à l'état adulte (1) On peut donc conclure que dans la classe monophylétique des Gastéropodes, les Euthyneures sont moins tordus que lés autres parce qu'ils ont été détordus. » Ainsi, Doris étant incontestablement un Euthyneure a subi, selon les auteurs que nous venons de citer (lui ou ses ancêtres), une torsion, c'est-à-dire, d'après Pelseneer, une ilexion ventrale, plus une torsion proprement dite, à l'état larvaire. (1) Les points île suspensions corresponilent ;i celle plirase : w Kniin, elle fail voir que par Ions leurs caractères embryologiques les Euthyneures sont plus spécialisés que les Streptoneures archaïques qui représentent dans la nature actuelle, la souche commune de tous les Gastéropodes ». Il y a là, un argument (jue je nie rései've de discuter dans un des chapitres suivants. — 51 — Pais, il a subi une détorsion, c'est-à-dire, un phénomène assez mal défini par les auteurs, mais que nous pouvons interpréter comme une dérotation et une détorsion proprement dite. Admettons-le pour un instant : Doris, avec son œsophage sans trace d'enroulement, son système nerveux notoneure, son appareil circulatoire, bran- chial et rénal symétrique, a dû subir une sérieuse détorsion et sa larve a dû montrer « à la fin de la me embryonnaire ou au commencement de la vie larvaire » une torsion plus grande qu'à l'état adulte. Cependant, l'anus (et le complexe anal tout entier, bran- chie, rein, appareil central circulatoire) est à l'état adulte, non seulement dorsal, mais' situés sur la ligne médiane- dorsale, ce qui, d'après les auteurs, correspond à une torsion projjrement dite de 180". La larve à aucun stade nous montre-t-elle une torsion pro- prement dite du complexe anal supérieure à 180° ? Non. Les figures de Pelseneer sont trop caractéristiques pour que je ne les reproduise pas ici (fig. 14, page 52). Il est vrai que l'anus chez l'adulte est situé plus bas que chez la larve sur la ligne médio-dorsale (fig. 10 et 12); mais, il pourrait être situé encore plus bas, du moment qu'il reste sur la ligne médiane, on ne peut interpréter ce phénomène comme une détorsion. Ainsi, tandis que d'après les auteurs, Doris montrerait que tous ses organes ont subi une détorsion complète, nous cons- tatons, cependant, que le complexe anal n'a subi qu'un simple abaissement sur la ligne médio-dorsale. Devant cette contatation, on sent qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans l'interprétation des auteurs. Quel est, en effet, l'argument invoqué pour prétendre que les organes se sont tordus de 180° ? On prend par argument principal le déplacement de 1 80^ de l'appareil branchio-anal. Si l'anus reste dans une même position, il ne peut pas, logiquement, y avoir détorsion. On est donc en droit de se demander si la position de lanns sur la ligne médio-dorsale est, nécessairement, liée à la torsion FiG. 14. Développement de Doris (BUamellala) d'après Pei.seneeu. 1. — Jeune embryon avec invagination coquillière, vue dorsale. 2. — Jeune embryon avec invaginalion coquillière, vue ventrale. 3. — Jeune embryon avec invagination coquillière, vue du coté gaiiche, mais en projection, car ilest vu du coté gauche et en dessous. 4. — Embryon plus avancé, face ventrale. 5. — Embryon ;lgé, face ventrale. 6. — Embryon ;\gé, vu du côté droit. Lettres communes : A, Anus. — gA. Glande anale. ^ B. Bouche. — C, Coquille. — E.s, Estomac. — F, Foie. — M, Muscle. — r//, Utocysle. — /'. Pied. — vl. Hein larvaire. — y, Voile. proprement dite et si le complc.ve anal n'a pas [su prendre cette position par un tout autre procédé. Supposons, en elTet, que Doris est nu animal qui a toujours — 53 — eu un œsophage non tordu et qui, ni à l'état larvaire, ni à l'état adulte ne subit la torsion proprement dite. Il n'y aura plus de détorsion à invoquer pour expliquer son organisation symétrique et il suffira d'expliquer pourquoi l'anus est dorsal chez l'adulte. On pourrait imaginer, par exemple, que l'anus, chez la jeune larve, s'est progressivement déplacé, sur la ligne médiane, vers la partie inférieure de l'animal et qu'il a été amené ainsi dorsalement, dans la position figurée dans la larve âgée (fig. 14) où il occupe une position si caractéris- tique. Cela pourrait très bien se produire sans que l'animal ait eu à subir une torsion quelconque, ni da système nerveux, ni de l'œsophage. Si les choses se passaient ainsi, comme on peut le constater pour le Pélécypode, ce serait vraiment trop simple et des auteurs habiles et aussi compétents, au lieu de bâtir la théorie uii peu étrange de la torsion et de la détorsion, auraient, du premier coup d'œil, con'Slaté le phénomène. En réalité, la supposition que je viens de faire n'est pas complètement exacte et le résultat a été obtenu par des pro- cédés, appropriés à la forme larvaire gastéropode, différents de ceux employés pour la forme larvaire pélécypode. J'espère le démontrer dans les chapitres suivants. En attendant, je constate que l'étude comparative du Parmo- phore et de Doris, malgré la différence frappante dans les détails de l'organisation, ne nous montre au point de vue du plan général de symétrie, que deux ditïérences profondes : 1" Torsion de la partie œsophagienne du corps chez le Parmophore adulte; pas de torsion de la région œsophagienne chez Doris adulte ; 2" Malgré la position de l'anus dans les deux types, sur la ligne médio-dorsale, direction inverse de l'anus, orienté : en haut chez le Parmophore, en bas, chez Doris. Cette deuxième différence disparaît si l'on compare direcle- ToME LXXI. 5 — 54 — meiit la larve âgée de Doris avec le Parinophore (fiu^. 14). Il ne reste plus dès lors que la première diiïérence essen- tielle : Torsion de la partie moyenne du corps chez le Parmo- phore, ahsencc de cette torsion chez Doris. Laissant de côlé toute théorie et analysant seulement les faits, je constate que la comparaison du Parmophore et de Doris adultes nous montre : 1" Que ces deux types portent la trace d'une torsion autour de l'aie longitudinal du corps, dans la région abdominale, torsion qui se traduit extérieurement par la i)osition de l'anus sur la ligne médio-dorsale ; 2^> Que le Parmophore seul porte la trace d'une torsion autour de l'axe longitudinal dans la région moyeiuie du corps. Eu résumé, tandis que chez le Parmophore l'étude de l'adulte nous montre la torsion proprement dite, de la portion œsophagienne du tube digestif, qui malgré la régularisation chez l'adulte, a laissé une empreinte visihle dans l'organisa- tion interne; chez Doris, l'étude de l'adulte, avec l'cdtsoice de toute torsion de la même portion du tube digestif, nous incite à rechercher si l'anus à pu devenir dorsal sans torsion propre- ment dite, c'est-à-dire sans torsion portant sur la région œsophagienne. CHAPITRE VI Examen des conditions de fait qui rendent l'anus dorsal pendant le développement des Gastéro- podes. L'anus, d'abord terminal ou ventral, tend à devenir dorsal aussi bien chez les Opistobranches que chez les Prosobranches . Je crois qu'il y intérêt à déterminer exactement, avant toute interprétation.' ce que l'observation directe nous permet de constater à ce sujet. Au moment où se passent les premiers phénomènes, les différentes parties de la larve sont mal différenciées : A l'extérieur (fig. 15) on aperçoit : un rudiment de velum^ Y^ qui se reconnaît au développement de longs "cils vibratites; un rudiment de coquille, C, en verre de montre, et une petite pro-éminence, P, une bosse à peine perceptible, qui représente le pied. Tout l'intérieur de l'animal est obscurci par une masse endodermique o [jaque. Dans les cas plus favorables, on aperçoit, vaguement : une tâche noirâtre, gl. A, la glande anale; un petit enfoncement correspondant à la future bouche, Si, (stomodœum); un olo- cyste; un rein larvaire, RI, qu'on peut rendre plus net par une coloration physiologique. Enfin, tout à fait exceptionnellement, à côté de deux cellules proéminentes, qu'on appelle les cellules anales, C A, on dis- tingue, pajfois, le premier indice- d'un proclodœum, c'est-à- — i)G — dire l'orilice du tïilur aims, coin me l'a figuré Pelseneer (fig. 13, no 4, .1.) (le point anal, ce petit enl'oncenient considéré comme le futur anus n'est pas toujours visible el l'on distingue parfois, pas toujours, deux petites cellules, dont l'existence ji'est pas constante, et qu'on appelle les cellules anales. Voilà la larve telle qu'elle se [)résente apr^'S la fermeture du blastophore et la formation, à peine éiiauchée, d'une coquille cuticulaire à contours mal iléfiuis, (J, ligure lo. (Jue se passe-t-il ensuite ? L'anus situé à peu près à l'ojipusé île la bouche et tlu voile, par conséquent vers Textrémité inférieure ilu corps remonte- t-il sur la face ventrale ou redescend-il vers la face dorsale? Les auteurs ne nous l'indiquent pas sur leurs figures et les renseignements que je puis fournir d'après mes observations me laissent incertain. Dans les figures que je relève dans les ouvrages, nous passons immédiatement à un stade plus avancé, où l'anus est déjà sur le côté, latéralement placé. (Voir, par exemple, le n'» 2 et le n« 4 de la figure 15.) Pklsenekh, a étudié comparativement toute une série de formes d'Opistobranches : Polijcera ocellata [)lanche XIV, fig. 10 et II. — Cidnioiloris /iodosa, planche XV, fig. 1, 2, 3. _ Ooris hilamellala, planclie XV, W^. 18, 19, 20, 21, 22, 23. — Eolis co/ichia, planche XVI, fig. 21, 22, 23, 24, 2o, 26.— Amphorina olivacea, planche XVI, fig. 17, 18, 19, 20. — Den- dronotas arborescens, planche XVÏII, fig. 10, 11, 12. — Dolo cofo/iala, planche XIX, ïi^. 3, i. — llernuea hifida, planche XX, fig. M, 15, 10, 17. 18. — Eh/sia viridis, planche XXL fig. 17, 18, 20 (25). On voit que les observations sont abondantes el, cependant, en orientant toutes ces larves dans la même position, pas plus qu'en examinant l'ensemble des images de la figure la, que j'ai choisies parmi les plus caractéristiques, il n'est possible de décider, si l'anus remonte sur la face ventrale dans les dill'érents staiios, ou s'il recule ou sens inverse. _ 57 — FiG. 15. Larves de Philine montrant la position de la région anale. N» 1 et n" 2. — Deux slades du développement de Pliiline, d'après Guiart. Vue de profil du côté droit. No 3, n» 4 et n<>b. — Slades du développement de Philine, d'après Pelseneer. N° 3, profil côté gauche. — N" 4, profil côté droit. — N» 5, face ventrale. Lettres communes â toutes les figures : A, Anus.-^ B, Bouche.— C, Coquille.— CA, Cellules anales.— qI.A, Glande anale. — Es, Estomac. — Hg, Lobe gauche du foie. — P, Pied. — R, Rectum.— RI, Rein larvaire. — St, Stomodœum. — V, Voile. XoTA.— Dans les figures rfe Guiart, la région A est beaucoup moins visible que dans la reproduction. Je crois qu'il n'y a pas lieu de tenir rigueur aux natura- listes de ne pas avoir fourni, dans leurs %ures, de renseigne- — 58 — meni plus précis stir ce point particulier, robscrvalion étant particulièrement délicate. Dans les" stades jeunes, il n'y a pas d'anus, pas d'intestin; il // a setilenipnt des régions. 11 ne- me paraît pas douteux, cependant, que la région anale FiG. 16. Deux larves âgées de Philine, d'après Guiart. N" 1. Larve vue de dos. — N" 2. Larve vue de trois-quart. Letlrcs communes aux deux figures : A. Anus.— //?, Intestin. — Es, Eslomac. ^ /', Pied. — R. Rein. — V, Voile. Nota. — Cts deux larves mollirent que chez Philine, l'anus lout en étant dorsal reste à droite de la ligne médio-dorsale. pendant l'accroissement de la coquille de droite à planche, dont nous allons parler dans le chapitre suivant, se trouvant à proximité du manteau en formation, ne s'accroisse, avec lui, dans le même sens. Ce n'est que lorsque cet accroissement est terminé que l'intestin se délimite et vient se mettre en rapport avec l'estomac, dessinant alors pour le tube digestif inférieur, une — 59 — anse, qui, par son apparence, semble représienler l'anse (le la flexion dorsale et non l'anse de la flexion ventrale. On a alors l'aspect de la figure 16, nos { et 2, d'après GuiART, pour la Philine, oii l'anus n'est pas exactement sur la ligne médiane et reste à droite, comme le montre nettement la vue dorsale de la larve âgée, et celui de la figure 14, n° 6, d'après Pblseneer, pour Doris, où. l'anus est dans une position à peu près identique, mais cependant plus rapproché de la ligne médio-dorsale. Ces deux figures montrent que l'estomac et l'intestin for-" ment un V dorsal, dont une des branches est l'intestin terminé par l'anus. On peut se demander, maintenant, si le point où l'intestin s'unit à l'estomac est dorsal secondairement, après que l'estomac a tourné de 180° et s'il ne représente pas un point ventral de l'estomac ? Pelse^eer, qui malgré l'insuffisance des figures, ne met pas en doute la réalité de la flexion ventrale, a trouvé des larves tératologiques de Littorina rudis, qui, quoique Prosobranches, n'avaient subi aucune torsion proprement dite et avaient gardé l'anus ventral (fig. 17, n» 2). 11 y a vu une belle déraontra'tion de la réalité de la flexion ventrale qui se trouverait masquée d'ordinaire^ d'après lui, par la torsion proprement dite. Je reproduis cette intéressante figure (fig. 17) avec la larve normale de Littorina rudis, à anus dorsal (n" 1, fig. 17). Au premier abord la démonstration paraît élégante et convaincante; mais, en y regardant de près, on s'aperçoit que ce cas térétalogique, fort curieux, ne prouve rien du tout de ce que l'auteur veut prouver. En effet, lorsque l'anus ou la région anale gagne vers la face dorsale, rien ne permet de dire que l'intestin existe déjà, et tout semble indiquer au contraire qu'il ne se forme qu'après le déplacement anal, lorsque la larve est devenue plus âgée. Dès lors, si la région anale se trouve, comme dans le cas — (iO — léruli»l<)i;i(jno,, immoliiliscc sur la face ventrale, à un slade correspondanl à celui où l'inteslin se forme, il est tout naturel que ce dernier, refoulemetil ectodermique de l'amis resté ventral, s'abouche ventralement avec Festomac. Il dessine, ainsi, dans cette larve monstrueuse un V ventral. ■i Fin. 17. Deux larves de Littorina Rudis, d'après Pei.seneer. A'" 1. Larve âgée normale, vue de profil. — N" 2 Larve léralolog-ifine. vue de profil. Lellrcs communes aux deux figures : A, Anus. — C.p, Cavité palléale. — Es, EsLomac. — h.d, li.ff, Lobe droit el gauche du foie.— M, Muscle.— Œ, OEsophage.— Op, Opercule.— /', Pied.— li, Reclum.— m, Rein. — Bl. Rein larvaire. — T. Tentacule. — V, Vuile. qui n'existe, normalement, ni chez les Prosobranches, ni chez les Opistobranches et qui ne peut pas exister, normalement, puisque l'anus se déplace, avant que l'intestin ne se forme. Si l'intestin se dé[)Iaçait avec l'anus, après sa formation et sa soudure avec l'estomac, // devrait naître sur la face ventrale et cela se verrait (1) à moins que l'estomac ne tourne de iSih. (1) Gela se verrait, car l'iulestin devrait croiser reslomuc pour se porter dor.^a- lemciil. — 01 — Or, Texamen des larves permet de constater, grâce aux lobes du foie, que reslomac est déplacé légèrement de droite à gauche, mais que ce déplacement ne peut pas dépasser quel- ques degrés (fig. 16 et fig. 17). L'inspection des figures publiées nous montre, que le déplacement larvaire de la région anale, vers la droite et le dos, est un phénomène général chez les Gastéropodes (sauf chez les Amphineures). Faut-il interpréter ce phénomène comme une flexion ven- trale qui, secondairement, nous conduit à une flexion dorsale ? Faut-il, au contraire, y voir une flexion dorsale, contrariée par la position de la coquille, placée sur la ligne médiane dorsale et faisant obstacle au refoulement de l'anus sur la ligne médiane, lors de l'accroissement du pied ? C'est une affaire d'interprétation qui n'a, selon moi, qu'une importance relative. Je crois, plutôt^ qu'il n'y a pas de flexion du tout. L'examen consciencieux des figures ne permet pas de répondre à la question d'une façon précise et je crains que la question ne puisse être tranchée d'ici à longtemps, car, ainsi que je le faisais remarquer, si l'intestin n'existe pas d'une façon distincte au moment oîi l'anus arrive sur le côté droit, l'anse intestinale qui se forme ensuite secondairement, ne saurait nous indiquer la réalité d'une flexion primitive, soit ventrale, soit dorsale. Une flexion réelle du corps, semble, d'autre part, si l'on y réfléchit, très douteuse chez les Gastéropodes. Le pied chez le Gastéropode et, en particulier chez l'Opis- tobranche, est développé et forme déjà une bosse saillante, quand l'anus n'est encore décelé que par la présence des cellules anales, ou une toute petite cavité correspondant au premier indice du proctodœum (fig. 15). Pourquoi, dans ces conditions, Panus tendrait-il à se rap- procher de la bouche ? Il semble, au contraire, qu'il devrait être refoulé vers le bas, comme chez le Pélécypode ou — 02 — l'Amphineurc, si, d'autre part, le développement du man- teau et de la coquille ne s'opposait pas à cette descente vers le bas du corps. Pelsenp:er invoque (24, p. 117) une croissance plus grande fie la face dorsale^ une dévaginatlon de l'invagination coqiiil- lere, une invagination de la face ventrale pour former le Stomodœuni, enfin, le faible volume du pied, qui n'est pas attaché tout le long de la masse viscérale devenue saillante et qui s'étend, peu à peu, suivant une direction antéro-postérieure. Ces arg'uments ne me paraissent pas avoir grande valeur : Le pied, d'abord petit, s'accroît rapidement et dans une direction qui tend à refouler l'anus loin de la bouche. S'il n'est pas attaché le long de la masse viscérale, ne l'est- il pas encore moins dans le Pélécypode ? L'invagination du Stomodœum, n'existe-t-elle pas aussi chez le Pélécypode et ne se fait-elle pas, dans les deux cas, au-dessus du pied ? Reste la croissance plus grande de la face dorsale et la dévagination de l'invagination coquillière. Ces phénomènes, qui se passent en arrière de la région anale, peuvent modifier la direction du refoulement de l'anus, mais ne sauraient empêcher l'action produite par le dévelop- pement du pied. C'est ce que je constate en analysant les figures des mémoires publiés, où en étudiant les larves vivantes. J'ai beau passer en revue toutes les figures publiées, nulle part, je ne puis constater que l'anus s'est rapproché notablement de la bouche, comme l'exigerait la flexion ventrale. On constate seulement que le tortillon de la coquille embryonnaire se déplace dorsalement vers la gauche, que l'accroissement de la région anale se fait dans le même sens, et que l'anus passe progressivement sur le côté droit, puis dorsalement. Tous ces faits correspondentà un déplacement de la régi(Ui anale vers la droite, mais non à un rapprochement de l'anus et de la bouche, soit du côté ventral, soit du coté dorsal. — 63 — Ce point n'a du reste qu'une importance secondaire, car si la flexion ventrale ou dorsale existait chez les Gastéropodes, ce phénomène différerait complètement par ses résultats de la flexion ventrale des Céphalopodes et de la flexion dorsale des Pélécypodes. Il est plus intéressant de constater que cet examen rapide de la larve met en évidence la réalité du déplacement de l'anus ou la rotation larvaire de la région anale, chez tous les Gastéropodes. 11 semble indiquer, en outre, une certaine relation entre le déplacement de l'anus et celui du tortillon de la coquille larvaire que nous allons étudier dans les deux chapitres suivants. Il restera ensuite à examiner si la rotation larvaire de la région anale peut se produire indépendamment de la torsion proprement dite, telle que nous l'avons définie dans le chapitre II. CHAPITRE VII La rotation de quelques points caractéristiques de la coquille chez les Pélécypodes adultes. Certains phénomènes qui se passent chez les Pélécypodes, me paraissent de nature à éclairer l'étude de la rotation du tortillon dans les phases larvaires des Gastéropodes. Je les exposerai donc tout d'abord. Ils ont été étudiés soigneusement par Henri de Lacaze- Dlïthiers (22). Son beau mémoire que j'ai eu la bonne fortune de mettre au point après sa mort, forme une sorte de synthèse de ses travaux et, sans flatterie posthume, j'ai pu dire, dans l'intro- duction (22, page 99) : « L'histoire du Tridacne et de l'Hip- pope ne représente pas une monographie quelconque, elle a une portée plus haute : Elle est la suprême étape de la route jalonnée par l'étude de l'Anomie, du Dental, du Taret, du du Vermet, de l'Arrosoir et de bien d'autres types anormaux. » « N'est-il pas intéressant de constater que cette œuvre originale a été menée à bien par un savant de près de quatre- vingts ans ?» ' • Les Bivalves ont des parties tout à fait carastéristiques dans leur coquille : ligaments, crochets, charnière, etc. Or, dans les Tridacnes, ces i)arties sont situées dans une position inverse de celle qu'elles occupent dans les types normaux. Les naturalistes, qui avaient étudié ce Mollusque, n'avaient pas compris sa véritable physionomie. .. - . Fi-G. 18. Rotation des points caractéristiques de la coquille chez les Pélécypodes adultes. N" 1. Cytherea Chione. — N» 2. Moule.— N" 3. Huîlre. — No 4. Chama. Lettres communes : B, Bouche. — C, Crochet. — L, Ligament. — ad. s., Muscle adducteur supérieur. — ad. T.. Muscle adducteur inférieur. Toutes les figures sont représentées de profil et du côté droit. — GO - « L'animal de la Tridacne, avait dit Guvier (16, p. 142) est fort extraordinaire, parce qu'il n'est pas placé dans sa coquille, comme la plupart des autres. » Cetl(î interprétation avait été généralement adoptée et il en est résulté des descriptions tout à fait extraordinaires, comme celle, par exemple, que nous a fournie Vaillant (29), dans nn travail étendu. 11 ressort de l'étude faite par Henri de Lacaze-Duthiers que, si l'on place quelques types caractéristiques de Pélécy- podes dans leur position morphologique (c'est-à-dire la bouche en haut et en avant, la face ventrale et le pied tournés vers l'observateur). En regardant ces Mollusques de profil, encore contenus dans leur valve gauche, comme dans la figure 18, on constate que : 1° Dans Cytherea Chione, par exemple, les crochets, C, et le ligament, L, sont situés sur la face dorsale à l'opposé de la bouche, //, fig. 18, n» 1 ; 2" Dans la Moule, le ligament se trouve beaucoup plus haut sur la face dorsale et lès crochets forment la partie la 'plus élevée (point de réunion de la face dorsale et ventrale), C, fig. 18, no2; 3» Dans l'Huître, ligament et crochets se trouvent reportés dans la partie supérieure, fig. 18, n^ 3; 4" Dans Ghama, ligament et crochets tendent à devenir ventraux, toirt en restant au-dessus de la bouche, fig. i8, n° 4. yi' Enfin dans la Tridacne, ligament et crochets sont placés ventralement, du même côté que la bouche, fig. 19. L'on peut dire que les points de repère de la coquille de la Tridacne, par rapport à ceux de la coquille de Cytherea ont suhi une rotation de iSO^. C'est là le résultat brut facile à constater. En analysant les faits et en suivant ce voyage des points de repère de la coquille, dans la série, on constate qu'il est dû, de toute évidence, noji pai à une rotation réelle de la — G7 — coquille toute entière, mais à un accroissement exagéré dans certaines parties qï à un ralentissement de la croissance clans d'autres points. C'est ainsi, par exemple, que clans les coquilles dymiaires (fig. 18, n» 1, 2, 4)', si nous examinons le muscle adducteur inférieur, ad.i et le muscle adducteur supérieur, ad. s, nous voyons que, tandis que le premier reste en position sensible- ment constante par rapport à la bouche, le second s'éloig'ne de plus en plus vers le haut (Moule) pour devenir franchement ventral dons Chama, ainsi que l'a noté Henri de Lacaze- DUTHIERS (i). Ce phénomène ne peut être dû qu'à un accroissement consi- dérable de la portion de la coquille comprise entre les deux muscles, accroissement qui mesure à peu près exactement la rotation des points de repère. Ce phénomène de croissance, qui aboutit au déplacement des points de repère de la coquille, n'altère pas la symétrie de l'animal puisque tout se passe dans le plan sagittal. On serait même tenté de croire, en voyant le plan général de l'organisaton pélécypode ' respecté, que l'accroissement du manteau et de la coquille se produit en entière indépendance avec le reste de l'organisme. En réalité, il n'en est pas tout à fait ainsi. S'il n'y a pas dépendance absolue , il y a certainement influence réciproque. C'est ainsi, par exemple, que par rapport au Pélécypode normal (Cythereaj, chez la ïridacne (flg. 19), le cœur est (i) a Le Ghame griphoïde de la Méditerranée, dit H. de LACAZE-DuTHiaRS (22, p. 200), fournit déjà un exemple bien caractérisé du déplacement du muscle adduc- teur supérieur. Mais, sur des individus de taille bien supérieure et que je dois encore à l'obligeance de M. Boutan qui me les a rapportés de la Mer Rouge, le muscle adducteur supérieur ne mérite plus son nom : 11 est tellement passé en avant et en bas, que son bord inférieur est sur la même horizontale que le bord inférieur du muscle adducteur postérieur. Personne je crois n'a eu l'idée de parler de la torsion, de l'animal de Chama dans sa coquille. Il est trop évident que cet acéphale n'est nullement tordu et, cependant, outre cette position pré-orale du muscle, je con- state que le ligament est directement supérieur à la bouche, la charnière également, mais plus en avant. » 08 - Fil. 19. Tricdacna Elongata, vil' de profil, d'à vbs Heniu de Lacaze-Duthieus, pour moiilrer rdiiiiinisalion générale de ranimai el la pcsilion relativedu rein, du cœur fl du lu 11'. placé plus haut; en eflet, les reins énormes, /?, reposent encore sur le muscle adducteur inférieur, mais ils refoulent le péri- carde. Péri, et la glande génitale (fig. 19); si bien, que le cœur — 69 — remonte et que le foie, F, forme au-dessus de la bouche une masse considérable. La bouche (située entre les palpes, Pal.) se trouve ainsi plus bas que l'estomac et le foie. Certains organes ont donc pris un accroissement exagéré les uns par rapport aux autres. Cependant, malgré ce déplacement des points caractéris- tiques de la coquille, malgré cet accroissement de certaines parties, tous les organes restent dans leurs relations normales. Certains d'entre eux sont simplement accrus en volume, En résumé, l'étude comparée de la rotation de points de repère de la coquille dans les principaux types de Pélécy- podes (1), montre que certaines parties de la coquille et du manteau pjeuvent prendre un accroissement considérable et changer de position relative par rapport aux organes princi- paux de l'animal (bouche, pied, etc.) si bien que les rapports ordinaires paraissent renversés. Personne, je crois après l'étude si concluante de Henrc de LACAZE-DuTmERs uc continue à soutenir que l'animal de la Tridacne s'est retourné dans sa coquille ou que la coquille toute entière a tourné autour de l'animal, ce qui reviendrait au même. Il était intéressant de montrer que certains points caracté- ristiques de la coquille peuvent se déplacer, chez les Pélécy- podes, par rapport aux principaux organes du corps sans qu'il se produise aucun phénomène rappelant de près ou de loin la torsion proprement dite, telle que nous l'avons déhnie dans le Chapitre II. (1) Je n'ai choisi à dessein que quelques types, pour ne pas allonger cet exposé. Tome LXXI. CHAPITRE YIII La Rotation du tortillon de la coquille larvaire et de la région anale chez les Gastéropodes. Nous ne pouvons conclure de ce qui se passe clans la série des Pélécypodes adultes, où la coquille est bivalve, à ce qui va se passer chez les embryons de Gastéropodes, où la coquille est univalve et nautiloïde. Rien ne nous empêche, cependant, de comparer les phénomènes, en face desquels nous allons nous trouver avec ceux que nous connaissions déjà et d'en tirer d'utiles indications. Voyons d'abord les faits : La larve du Gastéropode présente, de très bonne heure, une invagination coquillière, qui va donner naissance à une petite pellicule en verre de montre, premier indice de la coquille. Peu à peu la coquille va augmenter de taille et, pendant que l'anus se déplace vers la droite et vers le dos, ainsi que nous l'avons noté dans le Chapitre VI, une bosse de la coquille (le futur tortillon), d'abord dorsale, va se porter vers la gauche et devenir finalement ventrale. C'est ce phénomène que j'ai caractérisé, dans le Chapitre II, sous le nom de rotation du point caractéristique (tortillon) de la coquille larvaire. C'est là un phénomène général chez les Gastéropodes, dont nous pouvons constater la réalité aussi bien chez les Opisto- branches que chez les Prosobranches (fig. 20). — 71 — FiG. 20. Rotation de la coquille larvaire. " /, la, Ib, Lacuna pallidula. — 2, Sa. 2h, Eolis eoncinna. (Figures imitées de Pelsexeer). Le lires communes à toules les figures : A, Anus. — C, Coquille. — P, Pied. — P.o, Opercule. — T, Tortillon.— V, Voile. — Ca, Cellules anales. — Es, Estomac. — Fd, Lobe droit du foie. La fii^urc 20 nous inoiilro-à la lois les embryons 1, \a, \ù, (le Lacuna (l^rosobranche) el coiix, 2, 2«, 2h (TEolis (Opistu- braiiche), d'après Pelsciiecr. Elle indique' bion celb' dillorence de' position du lortilbni, T, d'abord (b)rsal, puis venli'al, ptuidanl la croissance de la jeune larve. On est d'aecord sui' le l'ail bi-iilal, le déplaccnicnl du torlilloii, mais non sur lu façon donl s\'lj'ccluc vc dépla- ce me ni . CiuiART (19, p. 1()9 et suivantes), qui a l'oui-ni sur le déve- loppement de IMiiliue une; élude très documentée, écrit; (;eci : « La coquille larvaire de Pliillnc, dil-il, n'est tout d'alxjrd qu'une simple cuticule ectodermique, qui se développe au pôle opposé à la bouclie, en un point où l'ectoderme est aminci et limité par un bourrelet circulaire qui constitue le bord libre du manteau. Mais cette coquille ne va pas rester longtemps dorsale. De très bonne beure elle subil un nutuve- ment de torsion qui ramène f/raduellerne/i/ à (jauclte, puis venlralemenL » D'après Guiart, ce serait donc la coquille loufe entière qui subii*ait un mou renient de torsion. Je ne vois pas très bien ce qui pourrait faire subir à la coquille un nwuvcment de torsion ; une coquille ne se tord pas et nous ne voyons apparaître cbez la larve aucune force capable de produire un pareil pbénomène. Si nous nous appuyons sur l'exemple des Pélécypodes, on peut, au contraire, expliquer ce déplacement du tortillon, par uue croissance inégale en certaius points du Manteau et de la coquille. Je pense qu'il y a simplemeut une confusion de langage dans rexplicali.s7 détordue. Nous devrons conclure, au contraire, que cette région du tube digestif ne présente aucune trace de torsion, parce qu'elle n'a jamais été tordue. Nous pouvons nous demander, maintenant, comment s'ex- plique, la torsion du muscle columellaire, en dehors de toute torsion proprement dite. ' Les Pélécypodes doivent encore nous fournir d'utiles indi- cations à ce sujet. J'ai noté, dans le chapitre Vil, que dans le cas des dymiaires, pendant l'accroissement de la coquille, le point d'attache du muscle adducteur supérieur se déplaçait nota- hlement en suivant l'accroissement de la coquille. Or, £;i nous étudions, par exemple, le développement de la Moule, nous constatons que les deux valves de la coquille s'étant étendues de manière à commencer à recouvrir l'em- bryon, on n'aperçoit encore que le muscle adducteur supérieur. C'est donc lui qui se forme le premier et que nous pouvons comparer au muscle columellaire de la larve du Gastéropode. Le fait est remarquable, car l'on sait que le muscle adducteur inférieur est beaucoup plus développé chez la Moule adulte. Ce muscle adducteur supérieur peut se trouver reporté sur la face ventrale, subissant ainsi, comme conséquence de cet accroissement, un déplacement (une rotation) considérable, dépassant dans les cas extrêmes 90^ [Chama] sans qu'il y ait eu pour cela rotation de la coquille toute entière. Le cas n'est pas, cependiant, tout à fait le même,, dans le Pélécypode et dans la jeune larve de Gasléropode. Chez le Pélécypode, les muscles réunissent les deu.r rulces, l'accroissement est symétrique et il n'g a pas lieu d'observer une torsion du muscle adducteur supérieur qui se déplace. Chez le Gasléropode le musle columellaire réunit, comme — 81 — il est facile de le voir dans les figures 21 et 22, un point de la coquille et la région du voile de la larve. En outre, l'accroissement de cette coquille, en verre de montre, s'etTectue non plus dans le plan sagittal, mais dans un plan perpendiculaire ou légèrement oblique au premier, ainsi que nous le montre le développement du point caractéristique (le fntur tortillon) de la coquille. Dans ces conditions, le déplacement, consécutif à l'accrois- sement de la coquille dans la direction de droite à gauche, du point d'attache du muscle columellaire, explique la torsion du muscle, comme conséquence du déplacement du tortillon et de la région anale. L'examen que nous venons de faire, en nous servant des figm^es de Pelseneer et de ses propres constatations, mais sans adopter son interprétation et en nous guidant, au contraire, sur les renseignements fournis par la rotation des points caractéristiques de la coquille du Pélécypode adulte, est particulièrement instructif pour nous, puisqu'il nous montre à la fois : 1° Que la rotation de la coquille larvaire "peut se produire indépendamment de la torsion proprement dite ; 2° Que la torsion proprement dite ne s'est pas encore effec- tuée au stade relativement âgé oii le muscle columellaire est tordu sur lui-même, alors que chez les Prosobranches, la torsion proprement dite se produit à un stade extrêmement jeune. Il serait intéressant d'étudier comparativement le muscle columellaire dans la larve des Prosobranches ; je n'ai malheu- reusement que trop peu de documents à ce sujet. Cependant, dans quelques figures, en particulier dans la figure 2 de la planche 6 du beau mémoire de Pelseiseer (25), le muscle columellaire représenté chez un Prosobranche vu du côté gauche, ne semble présenter aucune trace de torsion. Il en est de même dans la figure 16 de la planche 12 du même travail. — 82 — Si l'observation se confirme, et si, réellement, les Proso- branches ne présentent pas de muscle columellaire tordu, on serait amené par cette constatation à conclure que l'attache du muscle columellaire a lieu dans la partie moyenne du corps et non sur le voile lui-même. Dans ces conditions, le muscle columellaire ne se tordrait plus sur lui-même, parée que la région moijenne du corps (le point d'attache du muscle) aurait subi la torsion proprement dite. Cette hypothèse a besoin d'être confirmée par de nouvelles observations, rendues malheureusement très difficiles par l'opacité des larves de la plupart des Prosobranches. CHAPITRE X Comparaison de la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille lar- vaire avec la torsion proprement dite. La torsion du muscle columéllaire chez les Nudibranches, si heureusement mise en évidence par Pelseneer, nous a permis dans des conditions qui me paraissent très élégantes, de différencier la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire, de la torsion proprement dite. Comparons maintenant ces deux phénomènes, pour mettre en évidence, non seulement leurs différences, mais aussi leurs ressemblances. Les Gastéropodes sont caractérisés, d'une manière générale, par la rotation du point caractéristique de la coquille larvaire et de la région anale. A ce phénomène général, se surajoute, chez tous les Proso- brariches et chez un certain nombre d'Opistobranches, un second phénomène particulier que nous pouvons considérer indépendamment du premier : la torsion proprement dite. Le phénomène général comporte un déplacement de la partie inférieure du tube digestif (rectum anus et en partie, estomac) sans que ces organes se tordent sur eux-mêmes. Le phénomène particulier consiste dans une torsion sur lui- même de l'œsophage et d'une partie du système nerveux. Pour comprendre facilement la rotation larvaire, nous pou- vons comparer la partie inférieure de l'embryon à un cône — 84 — droit, renversé et à base circulaire, (Jont le sommet, S, est occupe par l'estomac et où l'anus ventral et le tortillon dorsal se trouvent sur un point .1 et T (fig. 23, n° 1) de la circonfé- rence de hase. L'anus se déplace de la face ventrale vers la face dorsale, en passant par la droite et, le tortillon, de la face dorsale vers la face ventrale, en passant par la gauche. Les points A et T vont se ti'ansporler progressivement en A', A" et A'", T\ r" et r" (lig. 23) et l'intestin, lorsqu'il se sera formé, représentera une arête du cône. Cette arête, d'ahord incomplète, va se dé])lacer en même temps que le point A, sans se tordre sur elle-même. Pour schématiser de même la torsion proprement dite, nous pouvons comparer la région œsophagienne à un cylindre, con- tenant à son intérieur l'œsophage et portant, à sa surface, les régions épidermiques qui vont donner naissance aux ganglions sus, sous-intestinal, génital et à leur commissure (fig. 23, n" 2 et n" 3). Le cylindre, fixé par son extrémité supérieure au voile qui ne prend pas part au mouvement, va subir une torsion de droite à gauche, sa partie supérieure restant fixe. L'œsophage va se tordre sur lui-même, et les génératrices du cylindre vont prendre une forme spiralée (fig. 23, n" 3). Ainsi, dans les deux phénomènes que nous venons d'envi- sager, les parliez du corps où siège le mouvement de dépla- cement sont dilTérentes ainsi que le résultat du mouvement. Il était donc nécessaire de dissocier les deux phénomènes et de les désigner sous deux noms ditTérents pour éviter toute confusion. Dans les deux cas, copeniiant, il y a torsion du corps de l'embryon autour de l'axe du corps et dans le môme sens. Seulement, dans le premier cas, la torsion du corps se limite à la région ai)dominale et, dans le second, elle correspond à la région u'S()j)hagienne et s'ajoute à la première. 85 — V A PiG. 23. N" 1. — Schéma de la Rolalion larvaire du Tortillon de la région anale (la région abdominale est représentée par le cône contenant l'estomac, la face ventrale en avant).. — A, A', A", A'" : positions successives de l'anus. — T, T, T", T" : positions successives du tortillon. Nos2et3. — Schéma de la Torsion proprement dite (le cylindre représente la région œsophagienne rattachée au voile, V). — N" 2. — Le cylindre avant la torsion avec le système nerveu.x symé- trique. — Le cylindre après la torsion, et la formation de la Streptoneurie, La torsion proprement dite, ainsi envisagée, représente donc une action complémentaire qui s'ajoute, dans un certain nombre de cas, à celle que nous caractérisons sous le nom de rotation larvaire de la région anale. Tome LXXL 7 — 80 — Je n'ai pas cru devoir faire entrer le mot torsion dans la désignation du phénomène i;énéral parce que, quoiqu'il y ait torsion de la portion abdominale du corps, il y a seulement rotatioit ot non torsit>n de la région anale. La région anale se comporte d'une façon dill'érente de celle de l'œsophage, parce que l'œsopliage forme l'axe de la partie moyenne du corps et se confond, si je puis m'cxprimer ainsi, avec l'axe longitudinal de remi)ryon; tandis que l'anus et la partie intestinale qui prend naissance à ses dépens, font partie de la zjne périphériqne (fig. 23). Ponr se rendre un compte exact du })iiénomène, il faut donc comparer le déplacement de l'anus, non pas à celui de l'œsophage, mais à celui des régions épidermiqnes qui vont donner naissance aux tjanglions de la Stre|)toneurio. On peut s'étonner que, lorsque la torsion larvaire propre- ment dite vient s'ajouter à la rotation larvaire du tortillon et de la région anale, elle ne produise pas, finalement, une torsion beaucoup plus considérable du corps de l'embryon. Théoriquement, si la rotation larvaire de la région anale amène l'anus dorsalemont, elle correspond à une rotation sur une demi-circonférence, mesurée par un angle de 180*^. La torsion propremenl dite devrait produire une nouvelle rotation, dans le même sens, d'une demi-circonférence; d'où un nouvel angle de 480° et l'anus devrait se retrouver sur la face ventrale, après une rotation complète sur la circonférence toute entière (fig. 23). Cette objection, qui ne laisse pas d'être embarrassante au premier abord, est en réalité paradoxale parce qu'elle n'est vraie que |)our des objets mécaniques ot rigitles et non pour les objets vivants. Les différentes parties de l'embryon ne sont j)as rigidement soudées entre elles et l'accroissement relatif des parties peut varier dans des limites étendues. L'exemple du Pelécypode, que nous avons cité précédem- ment, peut nous venir en aide encore une fois. — 87 — Dans la série des Pélécypodes, il n'y a pas, ainsi que nous l'avons YLi dans le chapitre VI, de torsion autour de l'axe du corps, puisque tous les phénomènes de croissance se passent dans le plan sagittal, il y a cependant rotation des points caractéristiques de la coquille (charnière, crochets, etc.). Le phénomène est variable dans les différents types et nous trouvons toute une série intermédiaire avant d'arriver au cas de la Tridacne, où la rotation atteint environ une demi-circon- férence, soit 180°. 11 doit en être, probablement, de môme dans la larve du Gastéropode, et si nous observons un déplacement de la région anale de 180° ; l'estomac ainsi que le montre la position des lobes droit et gauche du foie (fig. 17, p. 60) ne tourne que d'un beaucoup plus petit nombre de degrés. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que la torsion propre- ment dite, qui porte sur la région œsophagienne, puisse s'effec- tuer sans exagérer outre mesure la rotation de la région ^nale . La raison visible de cet accroissement considérable par place de certaines régions du corps, avec ralentissement de croissance sur d'autres points, qui conditionne le phénomène dans les deux cas, n'est-il pas d'amener l'anus, le complexe anal et la cavité palléale sur la face dorsale du corps ? Les accroissements qui amènent la torsion du corps, soit dans la partie abdominale seulement, soit dans la partie abdominale et œsophagienne, doivent s'harmoniser pour produire, dans les deux cas, le résultat cherché : /'amis dorsal. Cependant, il est probable, que dans beaucoup de cas, la torsion de la portion œsophagienne du corps fait réellement sentir son action, par une rotation plus accentuée de l'anus. Une observation de Guiaut, m'incite à le croire. (( Il suffit, dit l'auteur (19, p. 187), de se reporter aux dessins donnés par les ditTérents auteurs qui se sont occupés du développement des Opistobranches pour constater l'exacti- — 88 - lude (le l;i Lursioii (1), torsion porLauL cgalemont sur la coquille et les organes qu'elle renferme. Toutefois, nous devons indiquer que jamais nous n'avons vu la portion renflée de la coquille se porter entièrement ventralement. Elle reste toujours un peu à gauche^ au niveau du gros sac nourricier , de l'orifice gauche du foie qui est logé dans le renflement (chez les Opistobranches). » Cette observation est très intéressante. Elle tend à montrer que l'absence de torsion proprement dite diminue la rotation du tortillon. Nous pouvons observer le môme fait dans la rotation anale de la Philine, l'anus n'arrive pas à la ligne médio-dor- sale et reste dorsalement et à droite (fig. IG, p. 58). Je crois que des observations attentives sur les larves de Prosobranches, montreraient dans bien des cas, le phénomène inverse (2). En résumé : la comparaison de la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire, d'une part, avec la torsion proprement dite, d'autre part, montre que si le résultat en gros est le même : Torsion d'une partie du corps de l'embryon de droite à gauche, il y a lieu cependant de distinguer les deux phénomènes, parce qu'ils intéressent deux parties ditTérentes du corps : 1° La torsion proprement dite, agissant sur la portion œso- phagienne, qui se tord autour de l'axe longitudinal et entraîne dans ce mouvement la portion inférieure du corps qui subit passivement les effets de cette torsion; 2° La rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire agissant, au contraire, sur la portion abdomi- nale seule. Ce deuxième phénomène est général chez tous les Gasléro7 podes, tandis que le premier s'observe seulement chez les Prosobranches et une partie des Opistobranches. (1) GuiART, bien entendu, ne l'ail aucune dislinclion entre la rotation larvaire du point caractéristique de la coquille et de la région anale et la torsion proprement dite. (2) Ce qui expliquerait le cas observé à propos du muscle eolumellaire des Prosobranches (Ch. IX, p. 82). CHAPITRE XI Les types archaïques des Opistobranches. L'étude que nous avons faite dans les chapitres précédents, de la rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire, nous a montré que l'enroulement caractéristique des Gastéropodes autour de l'axe de l'embryon se produit, chez les Nudibranches, tels que Doris, seulement, dans la portion abdominale du corps, sans affecter la région œsophagienne. On peut prétendre qu'en opposant Doris à Parmophore, j'ai choisi avec Doris un type hautement différencié et nullement archaïque. Cela est parfaitement exact; mais, n'infirme en rien ce que j'ai voulu démontrer tout d'abord : c'est-à-dire, qu'il existe des Opistobranches qui n'ont jamais éprouvé de torsion pro- prement dite et qui ne subissent aucune détorsion. Doris étant un animal bien étudié, il m'a paru avantageux de l'opposer au Parmophore, sans me préoccuper s'il n'y avait pas de formes plus archaïques dans son voisinage. Doris est une forme bien ditïérenciée; cependant, il ne faut rien exagérer,, car elle présente encore des caractères qui n'indiquent pas une organisation sensiblement plus élevée que celle du Parmophore et je ne vois pas, à la réflexion, qu'il y ait des raisons bien nettes pour prétendre que l'un constitue un type supérieur à l'autre. Or, le Parmophore est sans conteste, une forme inférieure par rapport aux Prosobranches. C'est parmi les Opistobranches et en particulier, parmi les Nudibranches que Doris représente un type relativement — 90 — supérieur; pourUinl, il conserve des caracLères jirimitit's par ra])port à la généralité des Gastéropodes et en parliculier le Nofo'i/m. Ce bouclier dorsal, encombré de spicules et de nodosités, ne constitue certainement pas l'éq/zira/cnf du maiitcai( des Proso- hr anches (fig. 11). « 11 est probable, dit Paul Fisclier (18, p. ol8) qu'il repré- sente à la fois les lobes épipodiaux des Elysia et des Aphysia soudés sur la ligne médiane et percés par les orifices respira- toire et anal et le disque céphalique des Philine. » Tout en reconnaissant la nature complexe du Notœum, j'y vois, bien plutôt l'équivalent du pseudo-manteau des Chilons, qui, lui non pins, n'est pas comparable au manteau des Proso- branches et qui est formé par la région céphalique intimement fusionnée avec le manteau proprement dit, en dehors de toute fusion avec des dépendances du pied. jMalgré l'absence de coquille chez Doris adulte et la présence de la coquille multi-segmentée chez le Chiton, on constate la présence d'organes sensoriels (rhinophores chez Doris, micrœs- tètes et még'alœtètes chez Chiton). D'autre pirt, l'aspect général, la stucture, la disposition par rapport aux différentes parties du corps, l'absence de toute cavité palléale, rendent ce rapprochement très plausible. Si la coquille segmentée a une plus grande importance chez le Chiton, on ne doit pas oublier que des genres voisins présentent, à ce point de vue, des dilTérences considérables. Chitonellus, par exemple, oli les segments de coquille se réduisent beaucoup ; Cryptochiton, où les plaques coquillières sont entièrement recouvertes, et qu'enfin, dans les Aplaco- phores, il n'y a plus de coquille du tout dans l'organe équi- valent à celui des Chitons. Dans ce dernier cas, la sfracn/re du' Xol'i'ton rt du pscudo- manleau des Anij)hineurrs offre des rcsseuddancrs frappantes^ comme le montre la figure 2o. Nous avons, cependant, intérêt, maintenant, à laisser de 9i — JJ Z. FiG. 24. Phyllidia trilineata (les deux premiers dessins sont imités du règne animal de Cuvier). Xo 1. _ phyllidie vue par la lace dorsale. No 2. — Phyllidie ouverte par la face dorsale pour montrer la disposition du tube digestif. ÎS^o 3. _ Phyllidie vue par la face ventrale ; du côté droit, le pied est légèrement relevé pour montrer les branchies en lames. Lettres communes au.x trois figures : A, Anus.— B, Bouche.— Br, Branchie. — Es., Estomac. — m, Muscle rélracteur du bulbe œsophagien.— iV, Nœtum.— œ, OEsophage. — P, Pied. — )•, Rectum. — T, Tentacule. côté Doris,.poiir des types incontestablement plus archaïques, comme Phyllidia, où nous voyons l'animal, qui reste aussi - 92 — symétrique que Doris, prendre des ressemblances extérieures beaucoup plus frappantes avec les Chitonidés (fig. 24). Dans Phyllidia Trilineata (Cuvier), figure 24, nous retrou- vons l'anus sur la ligne médio-dorsale, déjà beaucoup plus bas que chez Doris. Les branchies, formées non plus d'arbo- rescences, mais de lames nombreuses, placées entre le Notœum et le pied, rappellent la disposition des lames bran- chiales des Chitons {Br, fig. 24, no 3). Un pas de plus et nous arrivons à Fryeria où la disposition des branchies est la même que chez Phyllidia, mais où l'anus a la situation de celui du Chiton entre le Notœum et le pied (fig. 25, no 3). Là, la ressemblance devient tout à fait suggestive et nous avons presque tous les caractères extérieurs du Chiton (1) : Grande sole pédieuse occupant toute la face ventrale, mufle aussi peu indiqué que chez les Amphineures, grand Notœum dorsal, avec branchies périphériques et anus situé sur la ligne médiane entre le pied et le Notœum. Je ne prétends pas, bien entendu, que Fryeria soit un Chiton, ni Un Ampliineure — ^ non — il y a de grosses diffé- rences au point de vue de l'organisation interne, mais alors que parmi les Prosobranches archaïques nous trouvons la Patelle, et en général les Cyclobranches, qui reproduisent certains traits de la physionomie extérieure des Chitons, il est intéressant de remarquer que ces traits se trouvent encore mieux accentués chez Fryeria, par suite de la position de l'anus et de la présence du Notœum. Nous n'avons donc pas besoin des formes Prosobranches, même archaïques, pour rapprocher de tels Opistobranches des formes symétriques du groupe des Amphineures, et il m'a semblé intéressant de comparer dans une figure d'ensemble les rapports extérieurs des formes archaïques de Prosobran- ches, d'Amphineures et d'Opistobranches (fig. 25). (1) Sauf, peul-èlre, pour les orifices rénaux et pour les oririccs génilaux. — 93 FiG. 25. Comparaison de Patella, Chitonellus, Fryeria N" 1 el 1 b. — Patella, face ventrale et profil. N» 2 et 2 b. — Chitonellus, face ventrale el profil. N» 3 et 3 b. — Fryeria, face ventrale et profil. Lettres communes aux six figures : A, Anus.— B, Bouche. — Br, Branchies. — M, Manteau. — N, Notœum. — P, Pied. Dans la Patelle (la lV)rino qui se rapproche le plus des Amphineures, parmi les Prosohranches) (n»^ 1 et 1 h, fig. 2o), nous retrouvons, en dehors de la solo pédieuse aplatie, les branchies en lames dos Chilons, mais la fêle est déjà flér/ofiée (lu manlpau qui forme au-dessus crelle, une cavité palléale dans laquelle débouche l'anus et les onjices du complexe anal. Dans Doris, les branchies on lames dos Chilons n'i^xislont pas, mais le Noto-um prenil rnpparouco du psou(b)-m;iuloau des Chitons. Dans Fryeria (3 et 3 /y, lii^-. 25), nous retrouvons les bran- chies en lames disposées comme chez les Chitons, nous constatons l'absence de toute cavité palléale et l'anus terminal, comme chez ces derniers et, enfin, la présence du NoluMun déjà signalé chez Doris. La ressemblance extérieure avec les Amphineures est donc beaucoup plus complète chez Fryeria que chez la Patelle. Quoique la disposition extérieure de F'ryeria suggère très naturellement l'idée d'une forme encore plus archaïque que celle de la Patrelle, je ne crois pas, cependant, que la position de l'anus soit primitive chez elle et j'y vois un phénomène secondaire de régularisation. Fryeria et Phyllidia sont déjà des formes Gastéropodes et leurs larves à coquille nautiloïde nous montrent que nous sommes déjà loin de l'Amphineure. La position de l'anus et du complexe anal otïre^ d'aillours, beaucoup de variété chez les Nudibranchos adultes, quoique leur })osilion primitive soit, d'après moi, sensiblement la même pour tous, au moment oîi la larve, même âgée, possède encore sa coquille. Fryeria et Phyllidia, dont je ne connais [)as le dévelop- pement, ont certainement, au moment où leurs larves sont au stade caractéristique (après que la rotation de la région anale est complètement elTectuée) un anus dorsal placé comme chez Doris ou Philine (lig. 12, n»'* \ et 5, p. 13). Mes observations personnelles, appuyées sur les nombreux dessins ligures par — 95 — les auteurs, sur les Opistobranches et sur les Prosobranches permettent d'affirmer qu'il y a toujours chez les larves, à un stade relativement jeune, un anus dorsal ou sensiblement dorsal, comme dans la figure 12. Prenant pour point de départ cette première constatation, il est très intéressant de suivre les modifications du complexe anal dans la série des Opistobranches. Partant de ce que l'on peut appeler le point AL (anus larvaire), figure 12, n^ 4 et n" 5, page 43, point oii se trouvait situé l'anus chez la larve munie de sa coquille nautiloïde, on constate les modifi- cations suivantes : 1" Dans les Inférobranches (type Phyllidia), le rectum descend à peu près en droite ligne à partir du point AL, jusqu'à l'extrémité inférieure du corps ou presque jusqu'à cette extrémité, et les branchies ont la même situation que chez les Amphineures; 2° Dans les Antobranches (type Doris), le rectum suit le même trajet que dans les précédents, c'est-à-dire qu'il descend à peu près en droite ligne à partir du point AL, mais il n'atteint pas l'extrémité inférieure du corps, et les branchies entourent l'anus, comme une rosette; 3° Dans les Polybranches et les Pellibranches (types : Eolis, Tethys, Elysia), le rectum est court, et l'anus a tendance à passer sur le côté droit, tout en restant le plus souvent dorsal ; 4° Dans les Inférobranches (type Pleurophyllidia) le rec- tum s'incline obliquement à partir du point AL pour aboutir à un anus latéral, les branchies gardant leur forme archaïque; 5° Dans les Pleurobranches (type Umbrella), le rectum s'incline d'abord à partir du point AL et vient aboutir à un anus dorsal et postérieur tandis que la branchie, malgré son insertion latérale est franchement dirigée en arrière ; 6° Dans les Pleurobranches (type Pleurobranchus), le rec- tum s'achemine obliquement en arrière et aboutit à un- anus latéral, comme la branchie, franchement dirigée en arrière ; — 9G — 7° Dans les Tecli branches anaspides (type Aphysia), le rectum a sensiblement les mêmes dispositions que dans le Pleurobranche, mais l'obliquité du rectum à partir du point.lL est déjà moins grande, la branchie est encore dirigée en arrière ; 8" Dans les Tectibranches inoperculés (type Philine, type Acera, type Scaphander), nous voyons le rectum à partir du point AL devenir de plus en plus transversal et la branchie prendre une direction latérale et latérale supérieure. 9'' Enfin, daus les Tectibranches operculés (type Actéon), le rectum à partir du point AL se dirige franchement vers le haut, gardant sa direction j)rimitive, celle qu'il a normale- ment dans les Prosobranches et la branchie tout en restant du côté droit est devenue une branchie Prosobranche. Nous pouvons traduire tous ces déplacements que nous observons dans la série des Opistobranches adultes, par une comparaison : Le point AL est le centre du cadran d'une horloge ; la grosse aiguille figiire le rectum et suit, dans la série des Opistobranches, par un mouvement rétrograde, depuis la demie jusqu'à l'heure, en passant successivement par les points intermédiaires, les divisions du cadran. La comparaison n'est cependant pas absolument exacte, car l'aiguille varie de longueur dans les difTérents types. Dans aucun cas, on ne peut prétoudre qu'il s'agit dans ces déplacements du rectum et de l'anus dans la série dos Opisto- branches adultes, d'une détorsion proprement dite ou d'une dérotation (voir Chapitre 111). Le phénomène ne porte, dans la région abdominale, que sur une IVactiou de l'intestin et il rentre, nettement, dans la catégorie des régu/arisations. Après ces constatations, prétendre avec Bouvier, qu'Actéon est la forme la plus archaïque du groupe des Opistobranches, ou affirmer avec Pelseneer que les formes Chilina (pulmonés) et Actéon forment le point de départ du type Opislobranche, semble une assertion presque paradoxale. Elle ne peut s'expliquer que par la nécessité de trouver une série de formes conduisant des Prosobranches aux Opisto- l>r anches. Si Actéon se rapprochait des formes Cyclobranches ou Aspidobranches, qui dans le groupe des Prosobranches offrent, comme nous venons de le voir, un certain nombre de traits communs avec les Amphineures, on pourrait à la rigueur comprendre celte manière de voir ; mais, il n'en est pas ainsi; Actéon se rapproche visiblement des formes les plus élevées du groupe des Prosobranches et des plus différenciées ! Quant à Ghilina, avec son -orifice pulmonaire protégé par un lobe du manteau, son grand pied dilaté en avant, sa coquille auriculiforme, très développée et spiralée, avec son péristome simple et tranchant, on ne peut guère le rapprocher que des Auricula, formes maritimes, très spécialisées, sur la signification desquelles, je crois que personne n'est très bien fixé. ■ Aussi, considérant que les formes inférieures des Nudi- branches inférobranches_, Phyllidia, Fryeria et Doridella, ont des ressemblances tout à fait suggestives, avec les Amphi- neures, par leur notœum et par la disposition relative des branchies et du pied (ressemblances extérieures plus complètes encore que chez les Cyclobranches) il nous semble impossible de ne pas les considérer, malgré l'apparence plus condensée de leur système nerveux, comme des formes relativement rappro- chées des Amphineures ; car à côté de ce système nerveux, il y a un système circulatoire et un rein qui offre des ana- logies frappantes avec les mêmes appareils du Chiton. La condensation des ganglions nerveux dans la région céphalique est-elle d'ailleurs toujours une preuve de la supé- riorité d'un type zoologique ? 11 me suffira de rappeler que personne ne songe à mettre un Annélide au-dessous d'une Planaire, à cause de la présence d'une chaîne nerveuse ventrale. Dans les Pélécypodes, le type - 98 — Niuuilrt, si l)ieii étudié par Pklsenkrr, se placc-t-il au-dessus il'iiu Anodoule el d'im Unis, parce qu'une parlic des ganglions viscéraux (end à se fusion nor avec les ganglions cérébroïdes ? Le système uerveux de Doris (lig. 13), ou celui de Thétys condensé en une masse dorsale, me semble plus facile à rapprocher de celui du Cliiton que celui des Prosobranches, si l'on tient compte du fusionnement (qui correspond plus exactement à une non apparition) îles gaugli(jns sous, sus- intestinal et génital, avec les ganglions palléaux. Il semble donc plus naturel de partir des Nudi branches inférieurs pour remonter progressivement par les formes Teclibranches, vers les Bulles et les Actéons, qui se spécia- lisent comme les Prosobranches en s'entourant d'une coquille relativement énorme et perdent toute trace de Notipum. Les mêmes causes produisant les mêmes elï'els, nous verrons dans le chapitre suivant que Acléon aboutit vraisem- blablement aux Prosobranches par un phénomène de convei'- gence, qa'il est un a/toa tisse ment et -non an commencement. CHAPITRE XII Les Causes ou les Coïncidences. Dans son important mémoire (25, p. 113 et suivantes) sur l'embryogénie des Gastéropodes, Pelseneer, consacre le pre- mier chapitre de la troisième partie à la torsion, à l'asymé- trie et à la détorsion et recherche les raisons explicatives des phénomènes, que l'embryologie empêche d'accepter et celles qu'elle rend le plus acceptable. Après avoir montré que la torsion n'est pas due à la rotation de l'embryon sur lui-même, ni à l'asymétrie des deux lobes du foie, comme le voulait Plate (26, p. 189) ni à l'asymétrie de la glande génitale, Pelseneer écrit : « La torsion est due au mode de développement du pied. Tous les Mollus- ques, en dehors des Céphalopodes, présentent un grand développement du pied en arrière de la région céphalique. Ceci contrarie le développement de la branchie sur sa face originelle postérieure. Par réaction se produit l'extension de l'appareil branchial en avant chez : a) (( Les Lamellibranches, par simple croissance en avant sans multiplications, jusqu'auprès de la bouche.» h) (.(. Les Polyplacophores, par multiplications des Cténi- dies. » c) (( Les Gastropodes, par le phénomène de torsion ». Rendre le développement du pied, à lui seul responsable de la torsion, me paraît une assertion hardie. Uu.e cause simple comme celle-ci : développement du pied produirait des effets bien divergents, car, ainsi que le reconnaît, lui-même, l'auteur — 100 — dans la ci talion, le développement du pied aurait des etrets très dilï'érents chez les Lamellibranches, les Polyplacophores et les Gastropodes, et il serait nécessaire, tout d'abord, de nous dire d'une façon très précise, qu'est-ce qui, dans le mode de développement du [)ied, varie pour produire des effets si peu comparables ! • L'anus ou le complexe anal a une position différente, chez l'Acéphale, le Polyplacophore et le Gastéropode et, cependant, ce serait dans tous ces cas, le pied qui par son développement serait responsable do résultats si divers ? Si nous ne faisons pas intervenir au moins, parmi d'autres causes aussi vraisemblables, le manteau et la coquille à deux valves du. Lamellibranche, le Notœum du Polyplacophore, et le manteau avec la coquille univalve du Gastéropode, il me semble que le pied, à lui tout seul, reste impuissant à pro- duire des phénomènes si différents. J'ai renoncé pour mon compte à indiquer, avec précision, la cause de la torsion des Gastéropodes. 11 me paraît plus utile d'indiquer exactement, tout d'abord, ce qui se passe réel- lement, avant djen rechercher les causes lointaines, d'autant plus, que si nous admettons ponr un instant que le dévelop- pement du pied est responsable de la torsion, il faudra rechercher aussitôt la cause de ce développement du pied, ce qui peut entraîner un peu loin dans l'hypothèse. Les Gastéropodes (moins les Amphineures) présentent à l'état larvaire une petite coquille univalve avec un tortillon ou une bosse saillante. Tous (moins les Amphineures) éprou- vent, pendant que la coquille s'accroît, une rotation de certains points de la région abdominale autour de l'axe longitudinal de l'embryon, rotation qui transporte la région anale, origi- nairement ventrale, dorsalcment de droite à gauche et le tortillon, originairement dorsal, de gauche à droite, dans le même sens que la région anale. C'est ce phénomène que j'ai caractérisé sous le nom de rotation de la région anale et du tortillon de la coquille larvaire. (Voir Chapitre W.) — lOi — Les Gastéropodes ne sont pas les seuls parmi les Mollusques à présenter un pied rampant, puisque les Amphineures offrent, sous ce rapport, une grande ressemblance avec eux. Ce pieil rampant ne .peut être, à lui seul, la cause du phénomène que nous observons chez tous les Gastéropodes, puisque chez les Amphineures, nous ne constatons, chez la larve, aucune rotation de la région anale et que les Amphi- neures n'ont pas de coquille uni valve à tortillon. On peut donc en conclure, vraisemblablement : " 1° Soit que la cause principale de la torsion de la région abdo- minale, qui se produit chez tous les Gastéropodes sans excep- tion, réside dans la présence de cette coquille univalve à tortillon qui existe chez tous les Gastéropodes sauf chez les Amphineures (1). 2° Soit qu'on se trouve en face d'une simple coïncidence,, ce qui est infiniment moins vraisemblable. Au lieu de considérer les Gastéropodes en général, si nous étudions les différents groupes qui les composent, nous pouvons faire, également, des rapprochements intéressants. Les Nudibranches à notœum très développé, sans coquille et sans manteau distinct chez l'adulte, restent symétriques dans la région supérieure et mojenne du corps, ainsi que nous l'avons établi dans le Chapitre IX. Leur système nerveux est Orthoneurc (notoneure), leur œsophage ne présente aucune traoe de torsion et le rectum se trouve refoulé sur la ligne médiane-dorsale, vers la partie inférieure du corps, beaucoup plus bas que ne le comportait sa position chez la larve. Les Prosobranches n'ont jamais de Notœum et ont, en revanche, une coquille bien développée sécrétée par un man- teau distinct. Ils ne sont symétriques que dans la région céphalo-pédieuse du corps. Leur système nerveux est Strep- (l) On peut, cependant, déduire de l'exemple des Céphalopodes que le pied rampant est également une cause efTiciente du phénomène. Chez ces derniers le pied prend une forme particulière et la coquille nauliloïde lorsqu'elle existe ne tillit ja à déterminer la rotation anale. Tome LXXI. • 8 — 102 — ioucure, leur œsophag-e est tordu et l'auus et le rectum se trouvent en avant, vers la partie su|)érieure et dorsale du corps, plus haut que ne le enmporlail leur position chez la larve. Un [)eut en conclure connue pr«'cédeiument, soit : 1" (Ju'un nolœum très déadoppè ol l'ahscncc de coquille clie/ l'adulte, empêchent la torsion moyenne du corps et favorisent le refoulement du rectum vers la partie inférieure et que rahsence de Nolœum et la présence d'un manteau et d'une coquille fortement développée favorisent la torsion de la portion moyenne du corps et l'acheminement du rectum vers la partie supérieure du corps. 2» Soit qu'il y a là de simples coïncidences. Les coïncidences se multiplient si l'on tient compte des types intermédiaires : Les formes, en elTet, où le Notœum est très développé, où, cependant, le manteau commence à se dilférencier et où la coquille persiste chez l'adulte, sans acquérir une grosse imj)or- tance, restent symétriques dans la région supérieure et moyenne du corps. Leur système nerveux est notoneure. leur œsophage ne présente aucune trace de torsion, \wa\s\q rectum et surtout le complexe anal (hrancliies) ont tendance à se porter sur le côté comme si la présence de cette coquille qui se conserve chez l'adulte mettait obstacle à leur refoulement en arrière (Pleurobranches). Il y a là peut-être un indice du rôle de la coquille persis- tante. Nous le voyons s'affirmer dans les cas suivants. Lorsque le Notœum se scinde en deux parties : 1'^ un disque céphalique très développé ; 2» un manteau sécrétant une coquille encore faiblement développée. Les formes restent encore symétriques dans la partie supérieure et moyenne du corps, mais l'ouverture de la coquille se trouve reportée sur le coté droit et vers la partie inférieure de fa/ti/nal, comme si elle était refoulée j)ar le développement du discjuc cé[)ha1ique vers le bas. Le com])lexe anal suit le même mouvement (Aplysie), — 103 — Lorsque le Notœum, toujours scindé en deux parties, présente : 1° un disque céphalique moins important ; 2° un manteau sécrétant une coquille plus fortement développée, les formes offrent une tendance de plus en plus marquée à une torsion de la partie moyenne et œsophagienne du corps. La torsion proprement dite (voir Chapitre 11) s'ébauche et l'ouverture de la coquille toujours tournée vers la droite ne s'incline plus en arrière. 11 semble, dans ce cas, que le déve- loppement du disque céphalique devient insuffisant pour empêcher la torsion de la partie moyenne du corps et pour refouler le complexe anal vers le bas (1) (Bulle Scaphander). Enfin, lorsque le Notœum a disparu, qu'il ne reste plus qu'un rudiment de disque céphalique et que le manteau et la coquille ont pris la même importance que chez les Prosobranches, la région moyenne du corps subit la torsion proprement dite, la coquille a son ouverture dirigée comme chez les Prosobranches, vers le haut. Il semble que les condi- tions qui ont donné naissance au Prosobranche (absence de Notœum, présence d'un manteau sécrétant une coquille enroulée et volumineuse) se trouvent maintenant réaliséees, après s'être ébauchées dans lés cas précédents. Le parallélisme que nous venons de noter entre les positions du complexe anal che? les Opistobranches et les proportions relatives du Notœum, du manteau, et de la coquille, peuvent être considérés comme des coïncidences. Avec un peu de hardiesse, on serait tenté d'y reconnaître les causes qui expliquent les différences des principaux types d'Opistobranches et les jalons de la voie par laquelle l'Opis- tobranche converge vers le Prosobranche. Ces coïncidences donnent certainement à l'esprit plus de satisfaction pour expliquer les phénomènes que le seul déve- loppement du pied, pris comme facteur principal de tant de phénomènes variés. (1) Il existe une série de formes inlermédiaires où l'on peut snisre le pliénoniène pas à pas (Philine, Acère; etc.). — 104 — On iloil, cependant, remarquer ([ue le Notœun, le disque céphalique, la coquille volumineuse ne s'aperçoivent que chez les adultes et que les particularités qu'ils représentent n'ont pas été mises, encore, en évidence chez les larves. Existent-elles dans les larves, au moins à l'état de rudi- ment? Je ne puis l'affirmer dans l'état actuel de nos connais- sances qui sont trop incomplètes sur ce point. Peut-être que des recherches ultérieures nous éclaireront à ce sujet et nous montreront chez la larve de l'Opistohranche à Notœum, volumineux chez l'adulte, une soudure intine du voile avec la partie moyenne du corps, qui rendrait la torsion proprement dite impossible. CHAPITRE XIII La détorsion est un phénomène inexistant ciiez tous les Gastéropodes. Nous avons vu, dans le chapitre précédent, par quelle voie rOpisfcobranche archaïque pouvait progressivement s'ache- miner ou converger vers la forme Prosobranche. En dehors de toute théorie, nous pouvons suivre ses modi- fications, en partant de formes ayant une ressemblance extérieure frappante avec l'Amphineure. Ces formes (Phyllidie, Doris, etc.) sont rigoureusement symétriques dans la partie supérieure et moyenne du corps, et sont également symétriques, en apparence^ par rapport au plan sagittal, après la rotation de la région anale et du tor- tillon de la coquille larvaire, dans la région abdominale. x\près beaucoup d'intermédiaires (série des Tectibranches), nous arrivons progressivement, jusqu'à des formes telles que l'Actéon où le caractère prosobranche apparaît, avec la torsion proprement dite de la région moyenne du corps, entraînant la Streptoneurie et la torsion sur lui-même de l'œsophage. Nous assistons ainsi, progressivement, à la torsion autour de l'axe longitudinal, d'abord dans la portion abdominale, puis dans la portion moyenne du corps, coïncidant avec la suppression du Notœum et avec le développement du manteau et de la coquille. Nulle part, l'étude comparée de chaque larve avec son adulte ne montre le phénomène désigné par les auteurs sous — lOC) — le nom de délarsion, pliéiiomèiie (iiie j'ai déeumpusé, pour plus (le clarté dans le Chapitre 11, en : Détorsion proprement dite et Déro/a/ioii anale. Les formes les plus inlérieures (Nudibranches) subissent seulemenl nu stade larvaire la rotation de la réii'ion anale et du tortillon de la eoquille larvaire; si bien que, en compa- rant la larve et l'adulte, on ne constate nulle trace dans ces formes (Pbyllidie, Doris et iNudibranches en général) d'une torsion de la portion moyenne du corps (Torsion proprement dite) que l'on ne doit pas confondre avec la rotation île la région anale et du tortillon de la coquille larvaire qui a rendu l'anus dorsal. Pour [)réciser, je prendrai pour exemple Doris que j'ai étudié précédemment. INmiI-ou dire (jue la porliou nuoyenne du corits de Doris (région œsophagienne) est détordue ii l'étal adulte ? Non. Puisque la condition indispensable pour se détordre à l'état adulte est d'avoir été tordue à l'état larvaire. Nous devons en ciuiclure que Doris ne sahit pas la dclorsinn praprcDicnl dilc. Peut-on dire que la portion abdominale du corps de Doris est détordue à l'état adulte (ou pour être plus précis a subi la dérotation anale) ? Non. Puisque l'anus et le rectum se trouvent aussi bien chez l'adulte que chez la larve sur la ligne médio-dorsale. . Nous devons en conclure que Doris ne subit pas la déro- ta lion anale. Dérolalion anale et délorsioii pi'oprenuMit ilile correspon- tliinl exactement au terme plus vague de détorsion employé par l(^s auteurs, nous pouvmis conclure que c'est à tort que l'on a afiirmé (|in' Ions Irs Eallu/ncurcs prorcnaivnl par ilctorsion des Strepinneares. Le seul exemple de Doris suflirait à inlirmer cette assertion. L'examen des antres formes n'est pas moins concluant : Prenons par exemple un Tectibrancbe. tel que Pliiline. Nous ne trouvons pas ti'ace de la torsion proprement dite — 107 — chez la larve, donc pas de détorsion proprement dite chez l'adulte. L'anus chez l'adulte, n'étant plus sur la lij^ne médiane, comme chez la larve (I), dira-t-on qu'il y a eu (hh'olation chez l'adulte ? Non, ce serait là une fausse interprélalion. l*our qu'il y eut dérotation, il faudrait que l'intestin tout entier prit part au mouvement en sens contraire. Or, nous avons vu qu'une fraction seulement de l'intestin se déplace secondairement à partir du point AL (anus larvaire). C'est un phénomène de régularisation analogue à celui que nous avons décrit dans le Chapitre III. L'étude de Philine, confirme donc l'absence de toute détorsion. Il est facile d'en déduire que si, dans d'autres formes (telles que Scaphander, etc.), nous trouvons chez l'adulte un œso- phage en partie tordu et un système nerveux qui commence à devenir Streptoneure, cela tient à ce que chez la larve, il y a eu un commencement de torsion de la partie moyenne du corps, torsion qui se trouve conservée chez l'adulte. Enfin, dans le cas extrême d'Actéon, personne ne peut parler de détorsion, puisque chez l'adulte, nous trouvons la partie moyenne du corps franchement tordue et un système nerveux Streptoneure. Nulle part chez les Opistobranches nous n'avons trouvé place pour la détorsion. Certains Prosobranches vont-ils, enfin, nous montrer ce phénomène? L'étude du Parmophore (chapitre IV) et celle de tous les types archaïques d'Aspidobranches et de Cyclobranches nous offrent de remarquables phénomènes de régularisation qui tendent à donner à ces animaux une symétrie secondaire ; mais, sans aucun doute, tous ces Gastéropodes ont un œso- phage tordu, un système nerveux franchement Streptoneure et (1) Cela n'est pas absolument vrai, Tanus même chez la larve est sur le côté droit et non sur la ligne médio-dorsale. — 108 — 7in nntis r/orsa/. Il ne poiil dimc T'ire question de rlétorsion dans leur cas. Honvier (12) (nii a si inn^islralenienl éindit' le système nerveux des f^rosoltranches, avail cru nn instant trouver le pont taisant le passage aux Opistobrancln^s par certains Pro- sobranclios, (juil avait appelé les Orthoiieiiroïdes. J'ai pu, sans peine, mettre en évidence, dans mon travail sur la Nerila Polita et la Navicella Porcellana (9), la l)rauci)e sous- inleslinale du système nerveux Slreptoneure en voie d'atro- phie et montrer que ces animaux ne méritaient pas le nom d'Orthoneuroïdes. Le savant auteur, presque en même temps, constatait lui-même son erreur et la rectifiait. Tous les Prosobranches à l'état adulte régularisés ou non, zygoneures à droite, ou zygoneures à gauche, conservent l'em- preinte de la torsion générale primitive, /orsion proprement (lile et r' lî.). — Nudibrancliiata, Vdl. X (\o VExpédilion du CfidlciK/rr. 5. — RoL'UNE (Gilbort C). — Contributions to tlio Morphology oF tlie g'roup Neritacoa of Aspidobrauch Gasteropods, Part 1, Ihe Nerilida-, Pt'oçcrd'nujs of llu' Zixdoi/inil Societg of Jjuidoii, 1008, l*ublished April IDOU. 6. — -BouTAN (Louis). — Sur le système nerveux du Parmophorus Australis (Scutus), Comptes rendus de V Académie des Sciences, juin 1884, Paris. 7. — RoiTAN (Louis). — lieclu'rcbes sur l'anatoniie et le développe- ment de la Fissurelle, Arrliices de zooloi/ic expérimentale et géné- rale, 2'"'' série, T. III his su[>|tl., 1885, Reinwald, Paris. 8. — RouTAN (Louis). — Voyage dans la mer Riuigo, /{ente hioloi/ii/ue du .\ord de la France, Lille, 180'-?. 9. — Bt)iTAN ^Lduisi. — Le système nerveux de la Nerila PoH'ta et de la iNavicella Porcellami, Arcliire.s de ZDalai/ie rxpérime/ilale rt générale, 3"'" série, T. 1, 1893. (1) Pour un index biijliograpliiqu»' plus rouiiilcl suc l'iMiscnihlc de la «luestion, viiii' l'index puhli»' pur Ciiixnr, 19. — lin — 10. — BouTAN (Louis). — La cause principale de l'asymétrie des Mollusques Gasléropodcs, Archives de zoologie expériyiienlale et générale, 3""- série, T. VI [, 1899. 11. — BouTAN (Louis). — Pseudo-langage, Actes de la Société Linnéenne de Bordeaux, avril 1913, T. LXVH. '12. — Bouvier (E.-L.). — Système nerveux, morphologie et classili- > ' cation des Gastéropodes Prosobranches, Annales des sciences naturelles de zoologie, T. 111, 1887, iMasson, Paris. 13. — Bouvier (A.). — Observations sur les Gastéropodes Opistobran- che.3 de Li l'amille des Actœonidés, Bulletin de la Société Philoma- tiijue de Paris^ S'"" série, T. V, n" 1 14. — Bouvier (A.) et Fischer (P.). — Recherches et considérations sur l'asymétrie des Mollusques uni valves, Journal de Concliglio- logie, T. 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Castex a bien voulu m'apporter son concours pour donner aujourd'hui la Révision des Echi- nides de Biarritz. Comparant alors ces faunes locales avec les faunes échini tiques de la Haute-Garonne, des Corbières et de la Provence, on pourra fixer d'une façon plus précise le niveau stratigraphique de chaque assise et constater les services que les Echinides mieux étudiés sont appelés à rendre à la Géologie. Les Echinides des falaises de Biarritz sont depuis si long- temps connus et ont été si complètement décrits par Cotteau que tout semble avoir été dit à leur sujet. Nous en avons cependant entrepris la révision, parce qu'il était devenu nécessaire de mieux préciser le niveau de chaque espèce. Sans doute ce travail vient d'êlre heureusement tenté par Tome LXXI. 9 — lis — M. Buiissac dans ses Eludes slraligrapliiques et paléonloloyi- ques sur le NumtnuUtique de Biarritz. Il nous a paru cepen- dant que, pour arriver à des conclusions positives et certaines, il y avait lieu de disenter plus complètement certaines espèces, d'en décrire de nouvelles et de préciser leur gisement d'après nos propres observations. Mais nous avons pris pour guide de notre travail et comme point de départ de nos recherches l'important mémoire de notre regretté et glorieux confrère. 11 importe enfin d'indiquer ici la part prise par chacun de nous dans l'œuvre commune. Celle de M. Castex a été prépondérante pour les recherches sur le terrain, la récolte et la mise en état des matériaux. Je me suis réservé la partie plus exclusivement paléontologique, l'étude et les diagnoses des espèces nouvelles. J. La MBERT. — il9 — CONSIDÉRATIONS STRATIGRAPHIQUES Pour quiconque veut s'occuper de la Géologie et de la Paléontologie de Biarritz, une première difficulté naît de l'instabilité des noms de localités. Lorsqu'on jette les yeux sur une carte des falaises, comme celles données par M. Ber- trand (1) et M. Boussac, on est fort étonné de n'y plus retrouver les anciennes localités signalées par d'Archiac, telles Sopite, Le Goulet (2), ni même celles indiquées en 1873 par le Comte de Bouille (3). M. Boussac a reproché, non sans raison, à ce dernier d'avoir substitué à des noms connus de localités, comme Marbella, des noms de propriétaires, comme Lady Bruce. Mais il est tombé dans une autre erreur en étendant certaines dénominations à des points situés fort loin du lieu qu'elles désignent. De là des divergences fort regrettables. Il convient à notre avis de laisser notamment le nom de Villa-Marbella à la petite falaise murée sur laquelle s'élève la villa. Les rochers en face, qui découvrent seulement à marée basse, ont été jadis nommés rochers du Goulet; les habitants de Biarritz les appellent aujourd'hui rochers de la Villa Marbella; mais il nous paraît préférable de les distinguer sous le nom plus spécial de rochers de la Gourèpe, connu dans le monde entier depuis les travaux de Cotteau. Quant à la haute falaise qui s'élève au nord, nommée par le Comte de Bouille gisement de Lady Bruce et par M. Boussac gisement de la Villa Marbella, on doit pour éviter toute confusion la nommer gisement de l'Hermitage, nom de la villa la plus rapprochée. En ce qui concerne la stratigraphie des couches tertiaires, (1) Bull. Soc. Géol. de France (4), II, pi. I. (2) Description des fossiles i-ecueillis par M. Thorent dans les couches à Nummu- lines des environs de Bayonne, Mém. Soc. Géol. de France, 2"i^ série, t. II, n» 4, 1846. — Description des fossiles du groupe nummulilique aux environs de Bayonne et de Dax, Mém. Soc. Géol. de France, 2me série, l. III, n» 6. 1850. (3) Paléontologie de Biarritz, Congrrès scient, de France, 39™|^ session, Pau. — 120 — on sait qu'au-ilessus du congteinérat de base qui recoirvre le Crélacé aux grosses roches tie Peyreljlanque^ viennent des calcaires blanchâtres à NummuUtes perforatus, peu riches en Echinides, mais que surmontent des calcaires jaunâtres, passant à des calcaires marneux gris à NummuUtes atacicus. C'est le gisement de Biarritz le plus riche en Echinides. 11 affleure an pied de la falaise de Handia, à Peyreblanque et à La Gourèpe. Ces couches, dont la puissance est bien moins grande que la richesse en Echinides, ont été fortement dislo- quées par le soulèvement d'un anticlinal presque parallèle à la côte et sur le liane duquel les couches tertiaires plongent fortement à l'est, relevées parfois jusqu'à la verticale et sur certains points çn contact avec les argiles gypsifères versico- lores et les blocs d'Ophite du Trias. Plus au nord, les rochers de La Gourèpe, moins rapprochés du centre de dislocation, sont encore assez fortement inclinés vers l'est ; mais plus loin, les couches de la grande falaise de la Cote des Basques le sont moins. Les couches que nous venons d'examiner, calcaires marneux gris de La Gourèpe, blanchâtre de Peyreblanque, calcaires marneux gris bleuâtre de la Boche à Crabes, ou calcaires jaunâtres de Handia, sont attribués à l'étage Lutétien supérieur. Quant au puissant dépôt de marnes grises à Serpula spirulea de la Côte des Basques, on peut y distinguer avec M. Boussac plusieurs assises. La première est formée par un massif de marnes et de calcaires marneux gris, dont les bancs supérieurs plus calcaires sont particulièrement riches en NummuUtes striatus. Elle constitue l'extrémité sud de la haute falaise de la Côte des Basques et contient à son sommet le gisement fossilifère de l'Hermitage (1). On la retrouve dans la falaise de Ilandia, où elle est plus pauvre en Echinides. M. Boussac fait de la partie médiane de la Côte des Basques, composée de marnes bleues à Pentacrinites et également très (1) Lady BrucL' pour Al. de BiouiUt' el Villa Marbella pour M. Boussac. — 121 — pauvre en Echinides, une seconde assise qu'il réunit à la première pour former Télage Auversien. Nous adoptons volontiers cette classification. Les marnes, souvent éboulées, qui constituent ensuite la Côte des Basques jusqu'à Biarritz, présentent un ensemble difficilement séparable, bien que l'on rencontre plus fréquem- ment à la base Turbinolia calcar et au sommet Nummulites Bouc hein. Les couches moyennes otTrent une riche faune de petits mollusques, mais dans tout l'ensemble les Echinides restent exceptionnels, Toutes ces marnes viennent butter par faille à l'extrémité nord de la Côte des Basques contre les calcaires marneux gris de la perspective Miramar, aujourd'hui difficilement observables ; elles sont attribuées à l'étage Bartonien. Ces calcaires marneux gris de la perspective Miramar ont- ils leur prolongement vers le large aux rochers fortement redressés du Cachaou ? M. Boussac l'affirme et attribue ces derniers en presque totalité au Priabonien, malgré leur faune d'Echinides du Lutétien (1). A l'Eocène essentiellement marneux succèdent les grés jaunâtres, noduleux, inégalement résistants du Tongrien, que caractérisent Nummulites intermedius^ Brissoides ornatus, Scutella subtetragona et une assez riche faune d'Echinides. Le contact des calcaires marneux du Priabonien avec les couches gréseuses de l'Oligocène, se fait par faille à la perspective Miramar, mais M. Boussac a pensé que la super- position directe pouvait s'observer dans la petite dent du Cachaou. Nous faisons toutes réserves à ce sujet, car la superposition des bancs ne nous paraît pas être sur ce point aussi évidente que le pensait M. Boussac. L'Oligocène de Biarritz, qui atteint une puissance considé- rable, est entièrement gréseux et présente une grande unifor- mité à la fois minéralogique et paléontologique. On peut (i) Le prétendu Priabonien de Cachaou aurait en efTel fourni Rhyncholawpas Desori, Echinanthus sopitianus et Echinolampas ellipsoidalis. — 122 — cependant ilislingiier les couches inférieures de la Villa Belza et du Porl-Vicux, où les Ecliinides ne sont pas encore très abondants. Ils le deviennent davantage dans les hnncs plus clairs et plus pulvérulents de FAtalaye, du Rocher de la Vierge (Gucurlou), de la Roche-Percée (de l'Ermite) et du Port des Pécheurs. Tandis que l'Eocène, .depuis Ilandia jusqu'à la Villa Relza, notamment encore aux roches du Cachaou, se relevait vers le large avec une inclinaison orien- tale plus ou moins rapide, l'ensemble des roches longriennes s'incline fortement à la fois vers le nord et vers le large. L'ensemble précédent est recouvert par les bancs à parties dures, noduleuses, marno-gréseux de l'ancienne Villa Eugénie, aujourd'hui Hôtel du Palais. Ils renferment de nombreux Sckizasler, toujours les Brlssoides ornatuset Clypeaster Bouillei. Leur partie supérieure barre la plage et passe sons les rochers de la haute falaise abrupte dite du Coul. Les couches qui affleurent dans cette falaise du Coût ; celles plus au nord du grand cirque de la Chambre d'Amour avec Ostrea cyathula, comme celles des escarpements du Phare, doivent être attribuées à l'étage Slampien, bien que dans des sédiments restés identiques la faune ait peu varié et que certaines espèces se propagent depuis les couches inférieures du Port-Vieux jusqu'aux grès du Phare. Sur ce point cepen- dant et dans les couches les plus élevées, Bri.ssoides ornatus paraît remplacé par B. Vidali et Schiz-aster vicina/is par S. rimosus. Nous pouvons donc, en résumé, admettre à Biarritz la succession stratigraphique suivante, en faisant toutes réserves sur le prétendu Priabonien du Cachaou : Couches supérieures du Phare K. Slampien.... l Couches de la Chambre d'Amour et de Lou-Cout J. Bancs noduleux de la Villa Eugénie.. ... 1. Tongrien . . . . l Rochers de l'Atalaye H. Couches du Port- Vieux (i. — 123 — Priabonien . . Bancs de la perspective Miramar F. Bartonien . . . Marnes de la Côte des Basques E. Marnes à Pentacrinites D. Marnes de l'Hermitage C. Rochers de la Gourèpe B. Rocher de Peyreblanque A. Aliversien . . . Lutétien sup DESCRIPTION DES ESPECES Notre intention n'est pas de reprendre la description de toutes les espèces, dont la plupart sont aujourd'hui parfaite- ment connues par les travaux de Cotteau et les belles plan- ches de la Paléontologie française : Echinides Eocènes (1). Nous aurons seulement ici à les énumërer pour fixer plus étroitement leur position générique et surtout leur niveau stratigraphique, réservant pour un chapitre terminal les considérations d'ordre plus général à tirer de cette étude. Rhabdocidaris Pouechi Cotteau, 1863. Le Cidaris suhserrata d'Archiac, fi.guré par Cotteau (II, pi. 30i, fig. 17, 22) avec facette articulaire profondément crénelée, a tous les caractères d'un radiole de Rhabdocidaris et se rapproche beaucoup de ceux du R. mfspilum décrits et figurés par Cotteau sous le nom de Porocidaris pseudoserrata. II n'y a cependant pas d'identité entre eux et le radiole attribué au C. suhserrata me paraît semblable à celui du Rhabdocidaris Pouechi tel que je l'ai fait figurer dans ma Note de 1897 sur quelques Echinides éocènes de l'Aude (2). Cotteau, d'ailleurs, avait déjà signalé à Biarritz (II, p. 459) (1) Pour simplifier les cilalions, nous indiquerons cet ouvrage simplement par le numéro du volume, la page et le numéro de la planche. (2) Bull. Soc. Géol. de France (3), t. XXV, p. 483, pi. XVIII, fig. 11. — 124 — le /?. Pouechi et M. Castex vient d'en trouver un segment parfaitement caractérisé au gisement de La Gourèpe. Localités. — Sous le nom de Cidaris subserrata, Cotleau a cité l'espèce à La Gourèpe; M. Castex eu a retrouvé un fragment de test au même gisement et quelques radioles à la partie supérieure de la falaise de Peyreblanque (Villa du Baron de l'Épée), dans l'étage Lutélien supérieur. L'espèce est bien connue du Lutélien inférieur et moyen de l'Aude : Mont Alaric, Comigue ; elle a été citée au même niveau à Saint-Jeande- Vergnes et Courtaussa, jaiis à Fabas, Sabarat (Ariège), Pobla de Roda (Aragon) et Sella (Alicante;). Rhabdocidaris mespiium Desor (Hemicidaris), 18o5. Les radioles de cette espèce ont été signalés par Cotteau à Biarritz sous le nom de Porocidaris pseudoserrata. Je ne puis que renvoyer en ce qui les concerne à ce que j'en ai déjà dit dans le travail précité : Etude sur quelques Echinides éocènes de l'Aude (p. 484). M. Boussac signale l'espèce dans l'Auversien de l'Hermitage; mais les confusions avec Poroci- daris Schmideli sont faciles et fréquentes et il me paraît que beaucoup des citations de ce dernier dans le Lutétien sont le résultat de ces confusions. Localités. — M. Castex a recueilli les radioles du R. mespiium avec ceux du R. Pouechi dans la falaise de Peyreblanciue ; étage Lutétien supérieur. L'espèce se retrouve dans le Lutélien de l'Aude, de l'Ariège et des Basses-Pyrénées; elle a été également citée a \\'eesen (SaintGalI) et Bude (Hongrie). Porocidaris Schmideli .Munsler (Cidarifes), 1826. Cotteau a figuré un radiolc de. cette espèce bien connue et qui provenait de la Côte des Basques (II, pi. 310, fig. 10). M. Boussac en a figuré plusieurs autres recueillis dans le Bar.tonien de la môme falaise (pi. YIII). On sait que les radioles de la face inférieure du P. Schmi- -^ 125 — deli sont lisses, comprimés et ressemblent à ceux de certains Phymosoma. Ces radioles, dont d'Archiac avait fait son Cidaris incerta, ont été retrouvés par M. Castex associés à ceux de la face supérieure, en lame et avec dents de scie, dans l'Auversien de l'Hermitage. Cette espèce a été souvent confondue avec le Rhabdpcidaris mespilum et je crois que beaucoup des radioles cités par les auteurs dans le Lutétien appartiennent à ce dernier. Quant à celui signalé par M. Broussac à la falaise de Handia, comme sur ce point les deux étages Lutétien et Auversien sont juxtaposés, on peut admettre que là encore les radioles du P. Schtnideli appartiennent à l'Auversien. Il faut reconnaître toutefois que, pour être plus rare dans le Lutétien, l'espèce s'y rencontre parfois. Cotteau l'avait signalée dans le Lutétien de La Gourèpe et je l'ai retrouvée dans les roches de Peyre- blanque. M. Castex vient d'ailleurs de recueillir à La Gourèpe un fragment de test avec fossettes des tubercules interambuia- craires et ambulacres droits, formés de pores conjugués, zone interporifère étroite portant de quatre à six rangées de granules. En dehors de Biarritz, Cotteau a cité l'espèce à Urcuit, Angoumé, Tercis, Loustanaux et Antibes. Or les gisements d'Urcuit et de Loustanaux sont surtout Auversiens. Dans les Landes, si Cotteau rapporte Angoumé au Lutétien, Raulin n'y citait, pas P. Schmideii et ce qu'il dit de cette localité ne permet pas d'affirmer l'origine lutétienne de notre espèce, puisque là encore l'étage y voisine avec l'Auversien à Penta- crinites. A Antibes, les débris de test et les radioles du P. Schmideli sont encore assez abondants dans des couches à Fibularia siibcaiidata supérieures au Lutétien et qui appartiennnent au Bartonien. Hors de France, l'espèce a été signalée dans le Vicentin, le Frioul, l'Istrie, la Hongrie et l'Egypte. La plupart des radioles du Vicentin proviennent de l'Auversien de Ronca et même — 126 — clu Priabonien. Mais, il'après Oppenheim, ils auraient commencé à se montrer dans le Lutétien et un débris peu déterminable proviendrait même de Spilecco (Suessonien). Cette plus antique origine lui a valu d'être distingué sous le nom bien mérité de P. ruinée. Resterait à savoir si les indi- vidus du Lutétien du Vicentin et du Monte Gargano appar- tiennent bien à l'espèce plutôt qu'au Ehabdocidaris mespilum. En Egypte, le magnifique individu décrit et figuré par De Loriol provenait du Mokatlaiu, localité où il y a des niveaux divers de l'Eocène, particulièrement de TAuversien (^Haug, Traité de Géologie, II, 3, p. Io03). Fourtau cependant considère l'espèce comme du Lutétien et même du Suessonien, mais il s'agit d'individus non décrits ni figurés. En résumé, on peut considérer Porocidaris Schmideli comme une espèce plus ancienne, mais essentiellement développée dans l'Auversien et le Bartonien. Localités. — La Gourèpe, Peyreblanrjue (rare) ; étage Lulélien. L'Fierinitage (M. Castex), Handia (M. Boussac), étage Auversien. Falaise des Bains; étage Bartonien. Oidaris Daguiini Castex et Lambert. Nous sommes heureux de dédier a M. le Professeur E. Daguin, de Bayonne, savant explorateur des falaises de Biarritz, cette espèce, qui ne peut conserver le nom de Cidaris spinigera Dames, 1877, puisqu'il existait déjà un Cidaris du iliême nom, créé par Cotteau en 1862 pour des radioles du Crétacé inférieur du Var. Le type du faux Cidaris- spinigera Dames {non Cotteau) était un radiole du Bartonien du Monte Granella figuré par son auteur (taf. 1, fig. 2), remarquable par sa tige cylindrique ornée d'épines acérées, mais espacées en séries peu régulières. 11 est évident que Cotteau, dans la Paléontologie française, a confondu sous ce nom des formes très ditTérentes (II, pi. 303, fig. 6, 19), d'ailleurs de provenances diverses, et jusqu'à un radiole nettement crénelé de Coustaussa (Aude) — 127 - qui appartient au Rhabdocidaris Pouechi (fig. 13, 17). Le seul fragment de radiole de la planche 303 qui puisse être rapporté au Cidaris Dagumi (= Cid. spinigera Dames, non Gotleau) est celui des figures 18, 19. Malheureusement, Cotteau n'en a indiqué ni le niveau, ni la localité. Les radioles des figures 6, 7 et 11, 12, identiques à des formes du Stampien du Phare, doivent être rapportés à mon Cidaris Eugeniœ. Quant à ceux des Basses-Alpes (fig. 8, 10), on ne saurait les distinguer de ceux de Saint-Lambert près Vence, dont j'ai fait mon Cidaris Van-den-Heckei . Cotteau a réuni au faux Cidarns spinigera de Dames le C. siibularis Schauroth {non D'Archiac) ; c'est évidemment une erreur, car ce dernier du Priàbonien de Brendola porte sur sa tige dès granules spiniformes régulièrement disposées sur six rangées longitudinales, tandis que le C. Dagnini, l'ancien C. spinigera Dames {7ioîi Cotteau) a ses granules épars sur une tige cylindrique. Le C. Daguini est très rare à Biarritz oii nous n'en connais- sons que peu de radioles, l'un recueilli par M. Castex à La Gourèpe, quelques-uns par M. Daguin, un autre par moi aux roches de Peyreblanqiie, c'est-à-dire dans le Lutétien. L'espèce aurait donc apparu à Biarritz sensiblement plus tôt que dans le Vicentin. Cidaris subprionota Rouault, 1850. Cotteau a rapporté au Cidaris prionota Agassiz deux radioles différents (ÎI, pi. 306, fig. 17, 20). Le type (fîg> 19) est un fragment que l'on ne saurait sérieusement distinguer de certains radioles du Rhabdocidaris Pouechi. Il y a lieu, à mon avis, de supprimer purement et simplement Ce C. prionota, espèce mal établie sur un débris de radiole peu déterminable et identique aux radioles de R. Pouechi. Quant aux fragments de radioles assimilés ' par Cotteau (fig. 18, 19), ils appartiennent à une forme que je ne puis séparer du C..subprionota-àQ Bos d'Arros (fig. 20), — 128 — Cette espèce est surtout voisine du C. Eugeniv; elle en diffère par ses côtes moins épineuses, plutôt ornées de nodules et séparés par des intervalles plus larges. Localités. — Le type de la figure 18 aurait été recueilli par Hébert à la falaise de Handia ; M. Caslex a retrouvé l'espèce à la falaise de Peyre- blauque, étage Lutétien. Lo type |n"Ovenait comme nous venons de le voir du Lutét-en de Bos d'Arros. Cidaris handiensis Lambert. Je ne puis partager l'opinion de Cotteau sur la présence du Cidaris TaranieUii à Biarrilz. En admettant l'identité des radioles d'Amer (Gerona) avec le type de l'istrie, il en résul- terait que la forme intermédiaire des Basses-Alpes (U, pi. 302, fig. 12-13) appartiendrait à la môme espèce. Mais les baguettes cylindri(iues de Biarritz, avec fins granules alignés (fig. 6, 7), sont évidemment autre chose et je les désigne sous le nom de C. handiensis. Quant au radiole d'Urcuit, près Bayonne (fig. 1,5), à gra- nules moins régulièrement sériés, il me paraît différent; mais je ne vois pas comment on peut le séparer de ceux du C. striatogranosa d'Archiac, auxquels Cotteau avait négligé de les comparer. Localité. — Handia [tc>nl,',.iit.>- l. ('."», lUlT). — 1G3 — (Eoc, II, p^737, pi. 379, fig-, 1, 3) un individu recueilli par l'abbé Vidal dans le Slampien du Phare, le confondant avec le type des Calcaires de Blaye, conservé au Musée de Bor- deaux et qui n'est probablement qu'une variété du E. hla- viensis. L'individu de Biarritz se distingue certainement du type par sa forme plus renflée en arrière, un peu plus allongée, subrostrée, ses pétales plus étroits avec zones porifères moins déprimées et dans ma « Bévision des Echi- nides du Bordelais » (p. 4.^)) j'ai proposé pour kii le nom de E. lucifér. Cet EcJiinolampas se rapproche un peu du E. suùshni/is, mais s'en distingue par sa forme un peu plus allongée, rentrante en arrière, son apex plus excentrique en avant et ses pétales plus étroits. Leur longueur ne permet de le confondre ni avec E. Blainvillei Agassiz, ni surtout avec E. Delbosi Cotteau. Cyclaster declivus Cotteau, 1855. Cette espèce bien décrite et figurée par Cotteau (Eoc, I, p. 414, pi. 122, fig. 5, 7) est fort rare à Biarritz où nous ne l'avons pas retrouvée. Nous regrettons d'autant plus vivement de ne pas la connaître en nature que l'individu figuré dans la « Paléontologie française » s'éloigne beaucoup du type des Landes (fig. 1, 4 de la pi. 122), ses pétales sont bien plus enfoncés, plus inégaux et sa forme est moins tronquée en arrière. Cotteau n'a pas indiqué le gisement précis de l'individu de Biarritz et nous ignorons s'il provient de l'Oligocène ou de l'Eocène. Sans doute le type était éocénique et probablement du Lutétien, mais comme l'identité avec lui de l'individu de Biarritz n'est pas absolue, on ne peut affirmer son niveau stratigraphique exact. — -irv'i — Genre TRACHYASTER l'umrl, 180'.). l/cliidc (rciisctiihh; (jiic jc \ iciis de l'aire de Luiis les llein'uis- terin.i' |»()iir notre u Kss.ii d(; nomenclature raisonnée des l^eliinides nrobiifj'e à revenir (Micore nne fois snr les l'oi-nies diverses des anciens lleriiiasler lerliaires (I). Dans ma derni(M-e iiule pnhiiée (2) n'ayant à examiner que trois espèces j'avais naturellement, par cette tendance naturelle de chacun, cher- ché à réduire le nomhre des divisions génériques. Mais aujourd'hui, (îu présenc(! (tu nomhre si considérahie des espèces (\llemiaslerinœ (près de 300) je crois devoir rétahlir certains sous-g'enres et diviser en sections les 213 llon'uistcr connus, ainsi (|ue les 17 (espèces (h^ sous-^enre Op'issdstrr. Dans !(! j>roupe des llctnidslcni^i' tertiaires et actuels, à tuhercuies snr socle uhli(|ue, les Trachijastcr ont conservé leurs quatre pores g'énitaux. Oux-ci sont partiellement atro- phiés clu^z O/ji.ssasirr, dont hi type est de l'orme schizastéri- ([ue (3); mais dont h»s [»lus anciens j-e[)résentants suhfi^'lohn- leux rentrent dans la section Ditreinaslcv (4). Domel avait proposé son genre Trachyaslci' pour certains Ilcmiaslcr tertiaires à a])ex ethmolyse et tuhercuies dorsaux sur soch; (jhli(|ue (d lui donnait i)onr ty[)e son T. (//ohosus du IMiocène d'Alf^érie. (îauthier a admis le genre tout en criti- quant sa valeur, (lotteau l'a maintenu, mais en le confondant avec Mecasier. Treize ans |)lus tard Pomel a prétendu le transformer complètement. Il en fait un Opissaslcr à quatre pores génitaux et lui donne pour nouveau type Uemiaster niix qui n'en a que deux. Fourtau, qui semhie n'avoir connu (1) Liiinbej'l, » Dcscrip. Ecliiii. pcov. r.arci'luni' », p. 1(). (2) « Deseripl. Kchin. wù^. bass. lUiûiic », p, \'m. (3) En .sont *les synonyiiics Periastcr A\. A^assiz, IJ^TS (iniii d'Oiliij^iiy, IH^'J) el llypseldstev Clark , ' 1 '.) 1 7 . (4) Celle .seclioii des Dilrcinash'r Almiicr Clialiiin.s , ISS."), cdiTcspond aux Tmchyaslev Poinol, iss:^ [non Pomel, ISG'.»). .Je donne à la Iroisiènn; section, !i sillon anlérieur profond cl linis pores {ïénitaux h l'apex le nom de Lymanuster. Type : /.. Tvwsendi Al. Ayassiz [Scltiziislcrj du yidl'c de ('.alifoniic. — 105 — que ce nouveau genre Trachyaste)\\^ réunit à Opissafiter de treize ans postérieur. Je maintiens le genre Trachyasler, mais seulement le genre primilil' de 1869, dont T. globosus est le type (1). Slefanini a proposé à côté un genre Dichjaster pour les Trachyasler à apex eLhmolyse, caractère selon nous saiis valeur parce que individuellement variable dans le groupe qui nous occupe. Trachyaster Raulini Cotteau, 1887. Cette espèce bien figurée et décrite par Cotteau (Eoc, I, p. 404, pi. 114, fig. 2, 4 et pi. US, fig. 1, 3) a été citée par lui à Biarritz sans plus de précision du gisement. Mais un individu m'avait été donné par lui comme recueilli au Goulet. L'espèce est donc du Lutétien de La Gourèpe, oii M. Castex en a d'ailleurs retrouvé un débris. Trachyaster Douvillei Lambert (pi. II, %. 6). Espèce de moyenne taille, mesurant 40 millimètres de jongueur sur 35 de largeur et 27 de hauteur, dont le type est malheureusement un peu mutilé à sa partie postérieure. Forme générale ovalaire, rétrécie et échancrée en avant, plus large en arrière. Face supérieure assez haute, remarquable par la déclivité assez régulière de ses flancs et de sa partie antérieure; apex subcentral, dont le détail est peu distinct et sommet un peu en arrière de cet apex; carène postérieure saillante; sillon droit, étroit, canaliforme, profond en dessus. Pétales pairs inégaux, courts, étroits et assez profonds. Le fasciole péripétale, antérieurement coudé, se prolonge assez loin avant de franchir le sillon. Péristome excentrique en avant. Tubercules fins et très serrés. La forme très particulière de cette espèce ne permet de la (1) C'est à tort qu'au lexle publié en 1887 Pomel a subslitué k ce nom celui de glolmlus, puisque celui de globosus ne faisait pas réellement duuble emploi dans le même genre. Tome LXXI. 12 — lOG — confondre avec aucune autre el je suis heureux de pouvoir la dédier à M. Henri Douvillé qui a si bien éludié les falaises et les Nummulites de Biarritz Si l'on compare le Scliizastei' rimosas Agassiz, tel que Cotteau l'a figuré à la planche 100 de la « Paléontologie française », ou les individus du Stampien du Phare à celui figuré sous le même nom par d'Archiac en 1830 (pi. XI, fig. 5), on trouve entre eux des ditTérences considérables. Sur la figure de d'Archiac l'apex est plus excentrique en arrière, la carène est déclive, le sillon antérieur est beaucoup plus étroit, les pétales pairs sont plus courts, droits et, malgré la parfaite conservation du type, on ne voit aucune trace de fasciole latéral, enfin le péristome subtrigone ne se relie pas au sillon. Il me paraît évident que sous le nom de Schizaster rimosus d'Archiac avait-figuré un individu appartenant non à l'espèce d'Agassiz, mais à mon Trachyaster Douvillei. Opissaster Pellati Cotteau (Hemiaster), 4863. En créant cette espèce Cotteau la signalait à la fois dans les rochers de La Gourèpe et dans ceux du Phare; mais il est certain que le type décrit et figuré dans les (( Echinides des Pyrénées » (p. 117, pi. 6, fig. 7, 9) ne correspondait pas aux individus du Phare, lesquels constituent une espèce parti- culière, mon 0. Boii.ssaci. Quant au véritable 0. Pellati, celui du Lutétien de La Gourèpe, Cotteau dans la « Paléon- tologie française )) l'a simplement réuni au 0. y<«j: Desor de la section Dilremasler : il le décrit et figure sous ce nom (Eoc, I, [). 419, pi. 117, fig. 7, 12). Ce faisant Cotteau adop- tait les idées des auteurs qui réunissent au 1). nux toutes les espèces subglobuleuses de ce groupe des Ditremaster. Ces confusions sont à notre avis regrettables et il importe selon nous de distinguer les formes diflerentes et successives, caractéristiques des différents étages depuis le Lutétien moyen jusqu'au Stampien. Ces formes sont les suivantes : — 167 — Opissaster Boussaci Lambert. , Stampien. — nnx Desor Priabonien. — Pellati Gotteau. . . Lutétien supérieur. globuiiis Dames. — Fourtaui Lambert. ] — Passyi Gotteau. . • • Lutétien moyen. ■ — G reg oirei CoiiQ(i,\x. . ) Quant au 0. corcultim Laube (Hemiaster) il me paraît une simple variété sinon un synonyme du 0. nux. De toutes ces espèces la plus connue, celle à laquelle on a voulu réunir les autres est 0. nux, caractérisé par sa taille assez forte, sa forme renflée un peu plus longue que large, le faible creusement de ses pétales pairs, la présence de deux carènes de chaque côté du pétale impair et l'absence de sillon échancrant l'ambitus. Le type de l'espèce, du Nummulitique de Sauenbrunnen près Yberg a été perdu, mais il avait été moulé et ce moule V. 70 a été figuré par Ooster [Petrif. remarq. des Alpes Suisses, p. 107, pi. 26, fig. 2) et par de Loriol {Echin. tert. Suisse, p. 92,. pi. 16, fig. 2). Ge même auteur a figuré à côté un individu du Priabonien du Vicentin (fig. 3) qui paraît bien appartenir à l'espèce, mais un autre (fig. 4) du Lutétien de San Giovani llarione plus globuleux, plus large et pétales antérieurs plus divergents qui appartient au 0. globulus Dames. 0. Pellati Gotteau est une autre espèce du Lutétien qui se distingue du 0. nux par sa forme plus globuleuse, son léger sillon et ses pétales pairs plus courts. Nous verrons que 0. Boussaci Lambert du Stampien, plus allongé, moins caréné en arrière, a son labrum plus saillant, ses pétales pairs moins creusés, les postérieurs plus ouverts, non en cuilleron comme ceux des 0. nux et 0. Pellati. Avec 0. Fourtaui Lambert commence la série des formes à sillon antérieur plus ou moins apparent, comprenant les 0. Passiji Gotteau et 0. Gregoirei Gotteau (1). (1) J'ai établi 0. Fourtaui dans ma n Desciiplion des Echinides de la province — 108 — C'est ù loii (m'en l!)ll j'avais cru possible de réserver le nom de 0. Pcllali à l'espèce du Stampieu du Phare en lais- sant à celle de La Gourèpe le nom de 0. niix, puisque le type du Ueniiaster Pel/ali décrit et li^uré par Cotteau prove- nait du Lutétien de La Gourèpe et que d'autre part le vrai 0. nux est du Barlonien. 0. Pellati est donc une espèce de petite et moyenne taille, plus i^'lobuleuse que 0. nux et qui en ditîere comme je viens de le dire par son sillon antérieur très atténué, par ses pétales pairs un peu plus courts et plus profonds, les postérieurs plus nettement en cuilleron, jnir les bords de son pétale impair formant des carènes moins longues et moins aiguës. Localités. — Il Faut retrancher des gisements indiqués par Cotteau pour celle espèce sous le nom de D. nux (Eoc. I. p. 423) le Phare Saint- Martin et Lou Coût, où se trouve 0. Boussaci . (). Pellati se trouve seule- ment dans le Lutétien de La Gourèpe, où Pellat, Delbos, de Bouille, Cotteau, M Castex et moi l'avons recueilli. Il a été retrouvé en Cata- logne, à Coll Bas (Carme) par I\L Aimera, aux environs d'Amer et de Gurb (Vieil) par M. 'Vidal. Opissaster Boussaci Lambert (pi. Il, fig. 3, 5). Je dédie à la glorieuse mémoire de M. J. Boussac ce petit Opissasfer du Stampien, confondu par tlotteau d'abord avec son lleniiaster Pellati et ensuite avec son faux 0. nux du Lutétien de La Gourèpe, mais qui s'en dislingue par sa forme moins globuleuse, plus arrondie en avant, un peu moins large en arrière, son sommet plus rapproché de l'apex, ses pétales pairs plus superficiels, les postérieurs plus ouverts, non en cuilleron, son labrum moins saillant sur le péristome, son fasciole plus étroit et se prolongeant davantage en avant. Localités. — Lou Coût, Phare Saint-ÎNIartin ; étage Stampieu. de Barcelone » (p. 41) publiée eiTectivemenl pendant l'été de 1902 et dont il était rendu compte dans le fascicule 4 de la « Revue de Paléozoologie (p. 204) imprimé en septembre 1902. Gauthier a distingué cette même espèce comme variété a°(7(//)//aca du 0. nux dans son « Supplément aux Echinides de la Perse » publié seulement en décembre 1902 et distribué en janvier 1903. C'est donc à tort que Fourlau a considéré le Mémoire de Gauthier comme antérieur au mien. 109 Opissaster Degrangei Cotteau 1887. Nous n'avons pas retrouvé à La Gourèpe cette rare espèce, moins globuleuse que VO. iiux, plus rétrécie et amincie en arrière, avec sillon antérieur plus accusé à l'ambitus (Eoc, I, p. 423, pi. 118, %. 5, 9). Brissopsis biarrltzensis Cotteau, 1884. Cotteau qui, a décrit et figuré cette espèce (Eoc, I, p. 193, pi. 56, 57 et 58, fig. 1, 3) la citait à la Villa Eugénie et à la falaise de Lou Coût. M. Castex et moi l'avons retrouvée aux mêmes points ; à Lou Coût elle ne provient pas des roches éboulées du haut de la falaise, mais de la roche jaune qui affleure à l'entrée et paraît représenter la partie supérieure de l'étage Tongrien. Macropnéustes brissoides Agassiz (Eupatagusj, 1847. Cotteau a décrit et figuré cette belle espèce (Eoc, 1, p. 148, pi. 36, 37 et 38) avec une synonymie certainement erronée. Desmoulins en effet cherchait toujours à identifier les espèces de l'Aquitaine avec les types décrits par les anciens auteurs et comme le Macropneustes de sa collection ne.se rapportait pas à la fig. B, tab. XXVII de Leske, il a simple- ment supposé cette figure inexacte. Or l'espèce de Klein, son Brissoides cranium, dont Leske avait fait son Spatangus bris- soides n'a aucun rapport avec ce que Desmoulins entendait lui rapporter. Cotteau a malheureusement adopté la synonymie proposée par Desmoulins sans critique suffisante. 11 a commis une autre erreur en citant ensuite dans sa synonymie un prétendu Spatangus brissoides Grateloup, qui n'existe pas. L'espèce que Cotteau avait en vue, décrite p, 69 et figurée pi. I, fig. 11 (et non 2) du Travail de Grateloup, est son Spatangus punc- — 170 — fnhts, loquol no corrospoiul daillours millomonl. au .•>. pttnc- /(I///S Kamai'ck. II suit de là (|ii(' noire (^s[)è('0 n'aurait dû nMonir ni le nom de /jrlsso/dfs ni cidni de jiinirhtliis \ ctda cul du nmins t'Ié iucontcsIaldcuuMit iiri'dV'rablo. Aussi dans ma n névisiou des Kcliinides du IJordolais » ([). 72) avais-je donné à ros[)èco le nom de Mdcrnpnrt/s/cs (irafr/oKpi. (lopon- dant eommo le terme /)r/ss<)i(/rs ne iail pas doulde emploi dans le i^iMire de Macropiift/s/cs je erois aujourdliiii possible de le eonserver. l']n ell'el lorsqn"Ai;assiz en I8i7 eréail le c:{}iivv*Mit donc être abandonnée et reprise comme il suit : Sputnivjim piincl(jtu!> Gr&\,i^\ou\^ [lion 1 .ani;irck\ Moai sur les Oursins l'os- silos, p. 60, i>i. I, tig. Il — 1830 {W. SpitidtKjiis hris!;oi(l('s I pdrs) Desmoulins , Etudes sur les Eohinides, p. 39:2 — 1837 yTi/po et sipioiumis cxclusis) . Eitpiilaijiis brissoitirs Ayissiz et Dest>r : Catal. rais, des l'.cliinides, p. 110 — 1807. T. 98. — — d'Areliiac : Desi'rip. t'nss. grnujK- nuuiuiul. p. iiO — 1850. — — d"Orbigny : Prodrome iialéont. stralig. 11, p. 330 — 1850. (1) 1-e Spatanijus punctalus \.i\mnvc\i aviuit olr inlorpnMo aulremenl par de niainville en 18',>7 (Dirl. SI. Xal. '!". L, p. '.'iît r\ riMoimii cire un Micrnster ne pouvait plus sans inulifs r[vv iiilcrprelr par (Iralrluiip i-oiuiiu" un Mticropiirustcif. — 171 — EiipatfKjuf; hrissold.e;-; r.eyidcrif; ot Cf)t,lcan : C;jlal. fies Ecliin. ries l'yrô- néos, 1-. 338 - 1850. Macropneustes hrisHoides Desor ; Synopsis des Echiri. foss., p, 410 — 1858 (Syonymis partim exclusis). On peut reprendre et suivre ensuite la synonymie donnée par Cotteau à la page 140 de l;i, (( I*aléontologie française » (Eoc, I). En y ajoutant mon Macropneiistes Graleloupi Lam- bert, /Uj vision Echin. /lordnia/s, p. 72, note, 1012. Le M. BoiàUci Cotteau de La (jourèp(; ne me paraît pas pouvoir être sérieusement distingué du M. hrissoidcs avec lequel Cotteau avait omis do le; comparer et il me paraît devoir être lui-même rejeté dans la synonymie de ce dernier. Le M. brissoidas a été plusieurs fois rencontré dans le Lutétien à La Gourèpe et aussi dans les roches sous la falaise de Peyreblanque sous la roclie à Crai)es. Il se retrouve dans le Lutétien de La Chalosse et du Vicentin. Macropneustes pulvinatus d'Arfhiac (Micrasierj 184(). Cette espèce bien figurée et décrite par Cotteau (Eoc, F, p. 1o7, pi. Il, 42) est voisine de la précédente et en diffère par sa l'orme plus large, ses tubercules scrobiculés un peu plus développés et ses pétales pairs à peu près égaux. Localité. — Elle a été rencontrée dans le Lutétien de La Gourèpe. Macropneustes tumidus Cotteau, 1886. Voisine de la précédente, cette espèce, dont Cotteau n'a pu faire figurer un individu complet (Eoc, I, p. 155, pi. 40), s'en distingue par sa taille moindre, ses tubercules scrobiculés bien plus rares et ses pétales subflexueux ; elle se distingue du M. brissoides par son fasciole non brusquement coudé sur les flancs. Localité. — Ce Macropnenstes a été trouve dans le Lutétien au Mouli- gna et à la ta laisse de Handia prôs de la couche à Crabes. — 172 — Macropneustes Heberti Cotleau, 1886. Quelques fragments recueillis par M. Castex au gisement de l'Hermitage m'ont paru appartenir plutôt à cette espèce qu'aux précédentes, en raison de ses pétales très longs, comme ceux du M. pulvinatus, et de ses tubercules scrobi- culés très petits. Chez E. fi/nudits les pétales sont subllexueux. II faut noter que ces débris de test ont leurs pétales plus superficiels que le type du 31. Heberti (Eoc, I, p. 133, pi. 39). Sous-Genre DEAKIA Pavay, 1874. On confond généralement avec les Macropneustes certaines espèces qui en diffèrent par leur forme moins massive, leurs pétales pairs plus courts, logés dans des sillons mieux cir- conscrits, leurs tubercules scrobiculés, limités par le fasciole péripétale et plus contrastants. Elles rentrent dans la tribu des Brissoprinœ de la sous-famille des Plesiasteridas et méritent au moins d'être distinguées comme sous-genre de Macrop- neustes. On devra d'ailleurs séparer de Deakia les espèces dépourvues de gros tubercules scrobiculés dans l'enceinte du fasciole péripétale et à pétales pairs très divergent^, en croix, comme Macropneustes integer de Loriot de l'Eocène du Vicentin, qui se distingue de Brissoma par l'absence de sillon antérieur : G. Cruccihrissus. Rentrent dans le genre Deakia, tel que je le comprends, /). rotundata Pavay, type du genre, de l'Eocène de Hongrie, B. cordala et ï). ovata Pavay, des mêmes gisements, 7). Sowerhyi d'Archiac (Brissopsis) de l'Eocène de l'Inde, D. de pressa Duncan et Sladen {Metalia) des mêmes gisements, D. sindensis Lambert pour le Peripneustes spec. de l'Eocène de l'Inde décrit et figuré par Duncan et Sladen (Monog. foss. Echin. \V. Sind., p. 23 i, pi. 36, fig. 18, 19) et les espèces suivantes de Biarrilz dont Golleau faisait des Macropneustes. I/o — Deakia Pellati Gotteau {Macropneiistes) , 1863. Cette espèce se distingue par sa forme allongée,' déclive sur les flancs et ses pétales pairs dans de profonds sillons (Eoc, I, p. 161, pi. 44 et 45). Localité. — Lutétien de La Gourèpe. Deakia Guillieri Cotteau {Macropneustes) , 1886. Cette espèce, du même type que la précédente, en différer par ses pétales plus courts, plus enfoncés, subflexueux {Eoc, I, p. 163, pi. 46). Localité. — Lutétien de La Gourèpe. Schizobrissus biarritzensîs Cotteau [Brissus), 1876. Cette espèce, plus déprimée que les précédentes, a son apex plus excentrique en avant, son faciole plus sinueux (Eoc, I, p. 168, pi. 49). Son sillon antérieur plus accentué ; surtout la longueur de ses pétales pairs la placent dans le genre voisin Schizobrissus dont le développement est surtout miocé- nique. Elle est fort rare et l'on en connaît seulement le type recueilli par de Bouille à la falaise de Lou Coût, probable- ment dans les couches supérieures du Tongrien. Brissospatangus Caumonti Cotteau, 1863. Espèce fort rare recueillie par Cotteau à La Gourèpe, oîi nous ne l'avons pas encore retrouvée (Eoc, I, p. 136, pi. 30). , Linthia verticalis Agassiz (Schizaster), 1840. Cette petite espèce, assez commune, mais rarement bien conservée, a été décrite et figurée par Cotteau (Eoc, l, p. 249, — 174 — pi. 77, fig. o, et pi. 78) qui l'indique à Mouligiia et surtout dans le Lutétien de La (Jourèpe, où nous l'avons plusieurs fois retrouvée. Cotteau la citait aussi au Phare Saint-Martin ; ce qui est très certainement une erreur et cette citation doit être attribuée à une confusion de l'espèce avec quelques jeunes Sc/iizasler rimo.si/s. Quant à la citation de l'espèce dan^ le Vicentin, elle n'a pas été maintenue par Oppenheim. Linthia Heberti Cotteau {Periasler), 1863. Décrite et figurée dans la « Paléontologie française » (Eoc, I, p. 253, pi. 79 et 80, lig. 1, 2). Localité. — Celle espèce a été relrouvée par M. Castex dans le Luté- tien de La Gourèpc. Linthia dubia Cotteau, 1886. Cotteau en établissant cette espèce (Eoc, 1, p. 247, pi. 77, fig. 1, 4) n'était pas sans douter de sa valeur. M. Boussac ne l'a cité que sur le témoignage de Cotteau. Elle provenait du Lutétien de La Gourèpe, j'en ai retrouvé un individu un peu déformé dans les roches de la plage de Peyreblanque. Linthia Blancheti Colteau (Prenaster), 1887. 11 est difficile de comprendre comment Cotteau a pu être amené à faire un Prenaster de cette espèce qu'il déclare lui-même se distinguer de ses congénères par un léger sillon antérieur et alors qu'il n'avait pu en observer les fascioles. Elle a bien plutôt les caractères d'un Linthia et m'a parue devoir être reportée dans ce genre. (Voir Eoc, I, p. 395, pi. 112, lig. 6, 7). Localité. — L\mii[ue individu connu a été recueilli par ^L Blanchet dans le Lutétien, au Moulii^na. — 175 — Schizaster Studeri Agassiz, 1836. Cotteau a cité cette intéressante espèce, type du genre, dans le Lutétien de La Goiirèpe, malheureusement sans faire figurer aucun individu de ce gisement. Le moule S. 6 figuré par lui (Eue, I, pi. lOi) est bien celui du type de Sismonda (1) qui provenait de l'Eocène supérieur des environs de Nice (2). J'ai recueilli à La Gourèpc un individu très défectueux, qui m'a cependant paru appartenir à ce Schizaster, en sorte que le S. Studeri est bien, comme le pensait Cotteau, une espèce de la faune de Biarritz. Quant au Schizaster de la falaise du Phare, assimilé par Cotteau à l'espèce d 'Agassiz et figuré aux pi. 103, lOi et 403 de la (( Paléontologie française », c'est une forme voisine sans doute, mais différente et qu'Oppenheim en a séparé sous le nom de S. Airaghii. S. Studeri Agassiz est assez commun, mais rarement bien conservé dans des couches de l'Eocène supérieur des Alpes- Maritimes qui me paraissent devoir être attribuées plutôt au Bartonien qu'au Lutétien. Schizaster Leymeriei Cotteau, 1856. Cette espèce, bien décrite et figurée par Cotteau (Eoc, I, p. 316, pi. 94) a été rencontrée à La Gourèpe, à la Roche à Crabes et au Mouligna, dans le Lutétien. Elle est ordinaire- ment très déformée en raison de la minceur de son test. Schizaster biarritzensis Cotteau [Periaster), 1863. M. Castex a retrouvé à La Gourèpe cette très petite et très rare espèce, à large et très profond sillon (Eoc, 1, p. 281, pi. 84, fig. 39). (1) Sismonda est en effet le premier qui ait fait figurer l'espèce d'Agassiz, pi. 11, fig. 4, de son Mémoire sur les Echin. foss. del contado di Nizza. (2) Les figures de la pi. 104 sont malheureusement très défectueuses, retournées, avec l'apex rejeté par le dessinateur beaucoup trop en arrière. — 176 — Schizaster vicinalis Agassiz, 1847. Cette espèce bien décrite et figurée par Cotteaii (Eoc, I, p. 328, pi. 98 et 99) rappelle un peu par sa forme générale S. eurgnotus Agassiz du Miocène. Elle est caractérisée par son test cordiforme, déclive en avant, acuminé et rostre en arrière et son sillon large,, profond, rétréci sous l'ambitus qu'il échancre très nettement. Jjtauthier a prétendu « Echin. foss. de l'Algérie » (III, p. 56 et suivantes) que chez cette espèce les pores des pétales impairs étaient dédoublés. C'est une erreur matérielle. J'ai les types de Gauthier sous les yeux, et sur aucun d'eux on ne remarque la troisième rangée de pores décrite et figurée par lui (pi. V, fig. 4). Gauthier a pris pour une rangée supplémen- taire de pores de simples dépressions des sutures des plaques. S. rimosus Desor, très voisin, en diffère pour sa forme plus élargie en avant et en arrière, son apex moins excen- trique, son sillon moins large, ses pétales antérieurs plus divergents. J'ai rencontré le Schizaster vicinalis dans le Tongrien supé- rieur des roches de la Villa Eugénie ; mais l'espèce remonte plus haut et Cotteau l'a signalée à la Chambre d'Amour et à la falaise du Phare. On l'a citée aussi dans le Yicentin où son niveau stratigraphique est insuffisamment précisé. Elle a été retrouvée en Algérie, dans l'Oligocène du Kef-Iroud. Schizaster Degrangei Cotteau, 1887. Cette espèce, décrite et figurée par Cotteau (Eoc, I, p. 341, pi. 102) est voisine des 5. vicinalis et 5. rimosus. Elle, diffère du premier par son apex plus central et son sillon plus étroit, du second par la plus grande largeur de ses pétales anté- rieurs pairs et sa forme moins élargie en avant et en arrière. Cotteau l'a citée seulement dans le Tongriend es couches à Brissoides ornatus de l'Alalaye, elle paraît remonter jusque dans les roches de la Villa Eugénie et du Phare. Schizaster vasco Lambert, (pi. II, fig. 7, 9). Oti a jusqu'ici un peu confusément rapporté aux jeunes des S. vicina/is et S. rimosus tous les petits Schizaster que l'on rencontre dans les falaises, depuis l'Hôtel du Palais, l'ancienne Villa Eugénie, jusqu'au Phare. Cela n'est exact qu'en partie et certains de ces petits Schizaster appartiennent à une espèce particulière plus renflée, subglobuleuse, à pétales plus courts, les postérieurs en cuilleron, sillon s'atté- nuant et nul à l'ambitus, fasciole subcirculaire. Localité. — Ce Schizaster n'a encore été rencontré qu'à la falaise de Lou Coût, dans des roches éboulées des niveaux supérieurs et sans doute il provient déjà de l'étage Stampien. Schizaster rimosus Desor, 1847. Cette espèce bien décrite et figurée par Cotteau (Eoc, I, p. 335, pi. 100 et 101) est caractéristique des couches supé- rieures du Phare. Sa forme Irge, son sillon relativement étroit, canaliforme, son apex subcentral, ses pétales étroits, très inégaux, les antérieurs assez divergents, peu flexueuse, son péristome en large fente transverse, semi-lunaire, avec labrum assez saillant, ne permettent guère de le confondre avec ses congénères. C'est à tort selon nous que M. Fourtau a voulu la réunir au S. vicinalis, sous le double nom de vicinalis-rimosiis , pour édifier une généalogie qui manque de base réelle {Notes Echin. foss. Egypte, VI, p. 7), puisque les observations de Gauthier sur le pétale impair du S. vicinalis sont inexactes. Localités. — Le S. rimosus a été cité un peu de tous les côtés dans lEocène supérieur ; la plupart de ces citations ne lui appartiennent pas. Schizaster ambulacrum Deshayes (Spatangits), 1831. Bien que connue depuis fort longtemps cette espèce est — 178 - resiée des plus rares. Sa forme large, son sillon bien déve- loppé, Tétroitesse de ses pétales pairs, surtout la double courbure des antérieures, très divergents à leur extrémité, la grandeur de son périprocte circulaire, son l'asciole si brusquement coudé en avant, ne permettent pas de la confondre avec ses congénères. La forme de son sillon plus évasé et celle de ses pétales antérieurs moins profonds, plus longs, recourbés à leur extrémité, distinguent en particulier ce Schizaster de son compagnon le S. rlmosus. Cotteau attribuait l'espèce aux couches supérieui-es du Phare. Je considère cette attribution comme exacte et j'ai toujours rapporté au Stampien du Phare l'individu qui fait partie de ma collection. Cotteau me l'avait donné, encore dans sa gangue, sous le nom probable de S. rimosus. Schizaster Airaghii Oppenheim, 1902. J'avais distingué cette espèce sous le nom de 5. lucifer au cours d'une Etude sur le Sch. Studeri, publiée par M. Fourtau dans sa « Note sur les Echinides des environs de Minieh (1). C'est la forme du Tongrien assimilée à tort par Cotteau au S. Stiideri Agassiz (Eoc, I, p. 3i4, pi. 103 et iOi, fig. 1, 3), mais qui, malgré une certaine ressemblance dans la physio- nomie générale, en ditTère par son test plus haut, sa carène postérieure plus saillante, son sillon plus profond, échancrant plus nettement l'ambitus, ses pétales surtout plus longs, plus flexueux, plus nettement divergeants à leur extrémité. Cotteau avait d'ailleurs soigneusement indiqué ces ditïérences, bien qu'elles ne lui aient pas parues suffisantes pour légitimer une distinction spécifique (Eoc, 1, p. 319). Mais la distinction proposée par moi avait déjà été faite par Oppenheim (2) qui avait nommé notre forme de l'Oligocène .S'. Airaghii^ en prenant pour type l'individu de Carcare figuré (1) Bull. Institut Egyptien 5° Ser., T. Il, p. 1-12, 1909. (2) Oppenheim : Révision lertinr. Ecliin. \'eneliens uncl îles Trentinu. p. 248, 1902. — 179 — par l'auteur italien (1). Mon espèce tombe donc en synonymie. S. Airaghii est également voisin du S. rinioms ; il en diffère par sa forme haute, mais moins renflée, plus déclive en-dessus, son sillon canaliforme plus étroit, ses pétales pairs bien plus longs et plus flexueux, son fasciole bien plus coudé en avant. Cette espèce m'a paru surtout caractériser le Tongrien supérieur aux rochers de la Villa Eugénie; mais elle remonte plus haut jusque dans les couches du Phare. Elle se retrouve dans le Tongrien du bassin de la Borninda (Carcare). Prenasteralpinus Desor, 18S3. Je partage l'opinion de M. Boussac sur l'impossibilité de séparer spécifiquement de cette espèce le P. Jutieri Schlum- hQv^QV [Brissus], que l'on trouve avec lui dans le Lutétien de La Gourèpe (Eoc, I, p. 389, pi. 110). Ppenaster subacutus d'Archiac {Micraster), 1846. Cette rare espèce diffère de la précédente par sa forme plus allongée, plus rétrécie en arrière et la plus grande longueur de ses pétales postérieurs. On ignore le niveau stratigraphique exact de cette espèce recueillie sur le chemin de Villefranque près Biarritz et qui n'a pas été retrouvée. Agassizia Castexi Lambert (pi. II, fig. 10, 12). Petite espèce, mesurant 11 millimètres de longueur sur 10 de largeur et 11 de hauteur, très haute, globuleuse, dont le sillon antérieur disparaît complètement avant d'atteindre l'ambitus; pétales antérieurs pairs dirigés très en avant avec (1) Airaghi : Echin. del bacino délia Borninda, p. 29, pi. 7, fig. 4. La figure 5 paraît être autre chose. — 180 — zone porifère antérieure composés de pores rontls, microsco- piques; pores du pétale impair 1res espacés au nombre de 12, tandis qu'il y en a 18 dans les pétales pairs. Partie posté- rieure du test uialheureusement mutilée. .4. Lovisatoi Cotteau a une forme et des pétales très diffé- rents; A. Clevei Cotteau, moins renilé est dépourvu de sillon. Je ne connais d'ailleurs aucune espèce qui puisse être confondue avec .4. CastexL Localité. — Cet Agassizia a été recueilli jar M. Caslex au rocher écroulé en Face celui de Bastat, dans le Tongrien. Pericosmus Pellati Cotteau (pi. II, fig. 13, 14). Cotteau n'avait pour établir cette espèce que des individus très défectueux, écrasés et mutilés. Celui recueilli par M. Castex est plus petit, mais complet et mieux conservé que ceux décrits et figurés dans la « Paléontologie française » (Eoc, I, p. 436, pi. 120, fig. 5, 7). Ses facioles toutefois, surtout le péripétale, ne sont pas partout distincts. Cotteau a établi à cHé de cette espèce son P. Boiiillei (Eoc, I, p. 43i, pi. 120, fig. 1,4) pour un autre individu également et différemment déformé, mais qui ne saurait être spécifiquement séparé du P. Pellali. Localité. — Tous ces individus ont été recueillis dans le Lutétien de La Gourèpe. Hypsopatagus Bouillei Cotteau, 1885. Cette espèce est connue seulement pour un individu un peu mutilé, recueilli par de Bouille à la falaise de Lou Coût, dans les couches supérieures du Tongrien (Eoc. I, p. 94, pi. 20). Brissoides gourepensis Lambert. PI. II, fig. 13. Cotteau a confondu cette espèce avec le U. oniatus et la — 18i — figurée sous ce nom à. la pi. 8 de la « Paléontologie fran- çaise » (Eoc, 1). Elle se distingue toutefois de l'espèce du Tongrien par son sillon antérieur beaucoup plus atténué, presque nul, par ses pétales postérieurs plus longs, moins droits, plus effilés, par son fasciole descendant plus bas en avant et par ses tubercules scrobiculés qui s'avancent de ce côté presque jusqu'à l'ambitus. Bien qu'eu ait dit M. Boussac, on ne saurait confondre les deux espèces. Sans doute le B. ornatus est très variable, mais toutes les variations que l'on observe chez lui, sont des variétés cfe forme plus ou moins allongée, élevée, renflée ou déclive, tandis que les différences entre le B. gourepensis du Lutétien et l'espèce du Tongrien sont d'ordre spécifique et permettent de distinguer même des individus écrasés ou incomplets. Localité. — Ce Brissoides a été retrouvé par M. Castex. dans le Luté- tien de La Gourèpe, où Cotteau l'avait déjà signalé. Brissoides biarritzensis Cotteau [Euspatangus), 1885. Cette espèce décrite et figurée par Cotteau (Eoc, 1, p. 75, pi. 21) se distingue facilement de la précédente par sa forme large et renflée, subhémisphérique, son apex plus central, ses pétales bien différents, plus longs, les postérieurs plus droits et plus divergents, ses tubercules scrobiculés moins développés. Localité. — Coiteau l'a signalée à la falaise de Handia, probablement dans le Lutétien. Brissoides fallax Lambert. Cotteau, après avoir établi en 1883 l'espèce précédente, en a créé une seconde sous le même nom dix ans plus tard (Eoc, II, p, 656, pi. 339). Les deux espèces sont absolument différentes. Dans ces conditions la seconde doit recevoir un nom nouveau et je propose pour elle celui de fallax. Tome LXXI. 13 — 182 — Le type de la pi. 359 élail en 1res Idcheux état. En réalité l'espèce n'est pas aussi dilatée eu arrière; elle resseuible un })eu à VHcndpalagus l)es/nou/in.si, avec lequel elle a été parfois confondue, mais dont la distingue la présence d'un faciale péri pétale. Localité. — B. fallax a été rencontré dans le Lutétien de La Gourèpe. Brissoides ornatus Defrance [Spatanf/us), 1827. Ce Brissoides, depuis longtemps connu, a été» décrit et figuré par Cotteau (Eoc, 1, p. 43, pi. Yl, Vil et IX) et, comme nous venons de le voir, partiellement confondue avec une espèce du Lutétien de La Gourèpe dont j'ai faille B. gou- repensis. Le B. ornatus varie dans sa forme plus ou moins large, son sillon antérieur plus ou moins accentué, ses pétales plus ou moins larges. Localités. — Il a été rencontré à la Villa Beiza, aux rocher.s du Cachaou, au Port Vieux, au Roclier de la Vierge, à la Roche percée, à l'Atalaye, aux roches de Lou Jargin, du Port des Pêcheurs et de Basta, dans le l'ongrien inférieur ; puis aux roches de la Villa Eugénie et de Lou Coût dans le Tongrien supérieur. M. Boussac le cite encore au Phare où je ne l'ai plus rencontré, mais il s'agirait de savoir s'il a été trouvé à la base, dans le prolongement des couches de Lou Coût ou dans le Stam- pien qui les domine. Brissoides Vidali Cotteau, 1893. Il est assez difficile de bien comprendre cette espèce créée par Cotteau (Eoc, II, p. GiO, pi. 354, fig. 5, G et 335, fig. i) })Our l'ancien B. orjialus des couches supérieures du Phare. Plusieurs des ditïérences signalées entre les deux espèces sont en manifeste contradiction avec les figures. Ainsi le sillon antérieur serait plutôt moins accusé chez B. Vidaii ] ses pétales ne sont pas plus courts ; son apex n'est pas plus excentrique en avant. En réalité sa forme plus renflée est plus carénée en arrière; son talon est })lus saillant et ses — 183 — tubercules SGrobiculés descendent plus bas en avant. Ces caractères semblent permettre de distinguer en somme plutôt une variété stampienne du B. ornatiis qu'une véritable espèce différente. Hemipatagus Desmoulinsi (loiiQdM{Euspatangus), 1863. Cette espèce fut décrite et figurée par Cotteau comme Maretia{Eo(^., I, p. 26, pi. 2, fig. 1, 6). Localité. — M. Castex l'a retrouvée dans le Lutétien de La Gourèpe, où elle est rare. Hemipatagus Pellati Cotteau, 1863. Cette petite espèce, décrite et figurée par Cotteau (Eoc, I^ p. 28, pi. 41, fig. 7, 11) se distingue par la rareté de ses tubercules scrobiculés. Très rare, elle a été seulement ren- contrée dans le Tongrien supérieur de Lou Coût. Vasconaster sulcatus Haime (Breynia), 1853. Cette espèce décrite et figurée par Cotteau (Eoc, I, p, 103, pi. 22, 23 et 24) a été rapportée par lui au genre Sarsella. Mais ce genre de Pomel ne peut être maintenu, puisqu'on 1883 il existait déjà dans la Nomenclature un autre genre Sarsella proposé par Hœckel en 1879. Dans ces conditions nous avons dû changer le terme générique et le remplacer par celui de Vasconaster Lambert {Échin. néog. foss. Rhône, p. 191, note; 1915). Vasconaster diffère de Lovenia par l'absence d'ampoules internes correspondant aux tubercules. J'ai pu m'assurer par une coupe du test d'un individu de Biarritz que V. sulcatus était bien dépourvu d'ampoules internes. Hemipatagus pourvu de tubercules à ampoule, manque de fasciole endopétale ; son plastron est en grande partie lisse et il présente des tubérosités péribuccales qui manquent chez Vasconaster à — 18 'i — plaslron tubercule. Ce genre Vasconaster, dont le type est l'espèce de Biarritz ne saurait donc être conlundu avec aucun autre. Localité. — Colleau signalait l'espèce seulement à Lou Jargin; M. Castex Ta retrouvée au Rocher de la Vierge et surtout au Port-Vieux, dans les couches inférieures du Tongrien. TABLEAU DE RÉPARTITION DES ÉCHINIDES DES FALAISES DE BIARRITZ NOMS DES ESPÈCES z S b z w œ ta D z S z o f- < z S z o m < 2 0, z Ë 5 z o H z H S < H Z < 3 < LU •LU 52, w H > 3 m < eu Rhabdocidaris Pouechi Cotteau — ■ mespilum Desor Porocidaris Schmideli Munster Cidaris Daguini Castex et Lambert. . — suhprionata Rouaiilt — handiensis Lambert • subcylindviccc d'Archiac + + + + + + + + A. G. A. G. P. H. A. H. S, V.H.G. V. + + 4- + + + + intcvlinecito. d'Archiac + Uciolinovwn Oppenheim ■ V. — striatogranosa d'Archiac. . . . — s6inicisp6Tci d'Archiac. + + + — Gastaldii Michelotti + V. — Eugenise Lambert . — lucifevci Lambert + — Felicix Cotteau. Dorocidaris subularis d'Archiac — acicularis d'Archiac .... + + A. E. V. + + — Ederde Lambert + Cyaihocidaris crateriformis Gumbel, Leiocidaris Blancheti Cotteau Boussaci Lambert — jjentacrinorum Lambert . Hebertia biarritzensis Cotteau Radiocyphus arenntus d'Archiac .... — Bouiliei Lambert + + + + + + H, + + + ou A - E, . (1) Les lettres suivantes indiquent : A, A (2) Les lettres suivantes indiquent : A, A H, Hongrie — 0, Algérie — S, Suis aric — icante se — "* G, H — B, \[, Vie aute-G Barcel 3ntin. aronne onne - riège - \ragon — G 'roven Égyp ce. te — — 186 — A'OMS DES ESPÈCES z ■a r. a w < s y. w z 5 z 5 c z z E Z < D O 7 •UJ a > a < Leiopedina Caslexi Lambert Scilenia Pellati Cotteau. . + + + + Thjlechinus biarritzensis Cotteau. . . — nummuliticus Cotteau. . Porosoma Pellati Cotteau — Castexi Lambert. + + p. + Pvionechiuus prior Lambert. + Psammechinus biarritzensis Cotteau. — Castexi Lambert + + ' Circopeltis BouiUei Cotteau — iaroinensis Cotteau + + • Phymotaxis biarritzensis Cotteau . . . — « ' Vidali Cotteau . . .. + + Cœlopleurus coronalis Klein — Munieri Cotteau Baueria Aoassizi d'Archiac + + + + B. B. Fibularia biarritzensis Cotteau — Blancheti Cotteau. + + — Castexi Lambert. — Touzini Lambert + — BouiUei Lambert + SisTfiondia plcinulata d'Archiac Biarritzella marbellensis Boussac + Clypeaster biarritzensis Cotteau + + V. T. T. — BouiUei Cotteau Scutella subtetraciona Grateloup Echinoneus Michaleti Cotteau + + — Castexi Lauibert A. V. S. etc. Amblypygus dilatalus Agassiz — Pellati Cotteau Rhyncholampas ovalis Lambert. .... — Desori d'Archiac . . . Echinanthns sopitianus d'Archiac. . . + + + + + + 187 — NOMS DES ESPÈCES s ■H b + + + + + z ca > D < z H z o H < z Z O ca < S z S S o z o &-1 z s S < Z < P O ce T 'LU £1. en m > 3 m < Echinanthus /*e//aifCotteau — biarritzénsis Cotteau. . . Echinolampas ellipsoidalis d'Archiac — Jacquoti Cotteau. . . .*. — biarritzénsis Cotteau . ' — subsimilis d'Archiac . s. + — Delbosi Cotteau + ^ + — lucifer Lambert Cvclasler declivus Cotteau Linthia verticalis Agassiz + + + + + — Heberti Cotteau — dubia Cotteau • — Blancheti Cotteau Trachyaster Raulini Cotteau — Douvillei Lambert + Opissaster Degrangei Cotteau . . . . . . — Pellati Cotteau + + + A. P. B. — Raulini Cotteau — • Boussaci Lambert + Schizaster Studeri Agassiz.- + + + P. V. — Leymeriei Cotteau — biarritzénsis Cotteau vicinalis Agassiz + + + . . 1 . , — Deqranqei Cotteau '. . vasco Lambert + + + + — rimosus Desor — ambulacrum Deshayes . . .' — Airaqhii Oppenheim + Borm. V. s. Prenaster alpinus Desor + A. — subacutus d'Archiac. ..... Aqassizia Castexi Lambert + Pericosinus Pellati Cotteau Brissopsis biarritzénsis Cotteau + + — 188 - NOMS DES ESPÉCP]S z. H ■H b T. < Y. a. < z u "2 3 H H z u El H Z ; PYRÉNÉES — PROVENCE ai > 3 1 •r. i Macropneuslcs hrissoides Agassiz . . . — pulvinatus d'Archiac. — lumidus Cotleaii .... — Heberli Colteau + + + + ^'• + 1 + Deakia Pellali CûUeau + + — Guillieri Cotteau Schizohrissus biarritzensis CoLleau . . i + j Brissospalangus Cra«?jort/rColteaa . Hypsopataqus Bouillei Cotteau + + Brissoides gourepensis Lambert — hiarriizensis Cotteau — fallax Lambert + + + j — ornatus Defrance + + + V. — Vidali Colteau Hemipatagus Desmoulinsi Colteau . . — Pellali Colteau + + + Va%conasler sulcatus Haime 4 13 10 Total des Espèces... 108 53 15 6 » 25 li 18 1 7 3 7 Sur les 10(S espèces d'Echinides fossiles rencontrées à Biarritz, trois ont leur origine incertaine; les 105 autres se répartissent en 67 éocéniques et 37 de l'oligocène. La présence de 53 espèces, réparties en 29 genres, dans l'étroit espace du Lutélien, qui s'étend de La Gourèpe à Handia, est extrêmement remarqnable et fait de ce gisement un point unique au monde pour sa richesse en Ecliinides. L'Auversien, relativement pauvre, ne contient, malgré l'étendue des découverts, que 15 espèces. Les Kcliinides ont — 189 — presque disparu dans le Bartonien, qui n'a en propre qu'un seul radiole. Le Priabonien, si riche en Echinides dans le Vicentin, n'a fourni aucune espèce à Biarritz. Si toutefois l'on admet la succession stratigraphique de M. Boussac, il faudrait compter comme espèces priaboniennes quelques-unes récur- rentes du Lutétien. Rhyncholampas Desori, Echinanthus sopitianus, Echinolampas allipsoidalis et peut-être Brissoides goiirepensis qui, disparus dans les étages intermédiaires, seraient revenus sur la région à l'époque du Priabonien, identiques à ce qu'ils étaient pendant le Lutétien. Cette hypo- thèse paraît bien invraisemblable. Sur les 23 espèces du Tongrien deux sont communes avec le Stampien; mais aucune ne passe de l'Eocène dans l'Oli- gocène. La plupart des 108 espèces de Biarritz est spéciale à cette localité; 31 ont cependant été retrouvées ailleurs, dont 13 dans la région adjacente de l'Aquitaine, mais aucune ne se rencon- tre dans la faune voisine du Bordelais, riche cependant de 62 espèces. La plupart des espèces, à plus ou moins large développe- ment géographique, appartient à l'Eocène ; telles sont notam- ment celles retrouvées dans le Lutétien de la Haute-Garonne et de l'Alaric. 15 espèces de l'Eocène ont été retrouvées dans des régions plus éloignées de l'Espagne, de l'Italie, de la Suisse ou de l'Algérie ; 4 espèces oligocéniques seulement se retrouvent dans ces mêmes régions. La plupart de ces espèces communes à d'autres pays établissent le synchronisme du Lutétien supérieur de Biarritz avec celui des autres régions. C'est là un fait mis d'ailleurs hors de doute par les travaux de M. Boussac. Pour FAuversien les synchronismes sont moins clairs, car Porocidaris Schmideli est une forme de longue existence et par conséquent sans valeur au point de vue des rapports stratigraphiques. Cidaris slriatogranosa, qui se retrouve dans le Bartonien, est une espèce purement régionale. Mais Cidaris UgolinoYiim est commun avec un gisement du Véronais — 190 — . attribué au niveau de Ronca, que Haug place dans TAuver- sien (1). Cyathocidaris crateriformis serait un peu plus ancien, du Lutétien, au Kressenberg et en Hongrie; il semble donc vieillir plutôt que rajeunir la couche qui le renferme et justifie l'opinion de M. Boussac sur le rattachement de la zone à Pentacrines plutôt à l'Auversien qu'au Bartonien. Aucun Echinide ne permet l'établissement de synchronismes entre le Baftonien ou le Priabonien de Biarritz et celui d'autres régions. L'absence signalée à Biarritz des 62 espèces de l'Eocène du Bordelais est d'autant plus remarquable que sur ce nombre 35, attribuées par les auteurs au Lutétien, appartiennent en grande partie aux mêmes genres, Fifmlaria, E chinant lun^, Echinolampas, Linthia, Schizaster, Brissoides et que les assises des deux régions représentent également une formation sublit- torale, seulement un peu moins profonde dans le Bordelais qu'à Biarritz. Dans ces conditions la différence des faunes à une faible distance est inexplicable si l'on admet l'âge Luté- tien des assises de la Gironde ; elle s'explique au contraire parfaitement si l'on admet le synchronisme de ces assises avec le Bartonien de Biarritz, de faciès très dilTérend et presque dépourvu d'Echinides. Quant à la faune du Cachaou avec ses espèces lutétiennes reparaissant dans le Priabonien, alors que pas une ne s'est propagée dans les assises intermé- diaires de la région de Biarritz et ne se retrouve dans le Priabonien du Bordelais, c'est un de ces miracles paléontolo- giques que la stratigraphie est quelque jour appelée à nous expliquer, en le faisant disparaître. Les rapports paléontologiques entre le faciès sabloneux de l'Oligocène de Biarritz et le faciès calcaire-marjicux d'autres régions, ne peuvent être très étroits ; ils existent cependant : c'est ainsi que Cidaris Gastaldiî de la base du Tongrien à Biarritz se retrouve au même niveau à Dego (Italie); Chjpeas- ter biarritzensls et C. Doui/lei, aussi du Tongrien, se retrou- (1) Ilaujj : Tmilé de Géologie, II, p. Ii88. — 191 — vent en Tunisie et le premier, fréquent dans le Tongrien de l'Italie, est même cité dans celui de la Cyrénaïque. Echino- lam/pas Delhosi, qui remonte dans le Stampien de Biarritz, paraît se retrouver dans le calcaire à Astéries du Bordelais. Ajoutons que Brissoides Tournoueri Cotteau des mêmes gise- ments, semble bien n'être qu'une mutation du B. ornatus de l'Atalaye, qui remonte dans le Stampien du Phare et se retrouve au Monte Grummi dans le Vicentin, regardé par Haug comme Stampien (1). Le synchronisme des deux étages de l'Oligocène, proposé par M. Boussac, nous paraît donc indiscutable (2). ^ Mais M. Boussac va plus loin que nous et dans son tableau final de la page 89 il propose de distinguer, au-dessus des couches de l'Atalaye et du Port des Pêcheurs, l'horizon des Grès noduleux de la Villa Eugénie pour en faire du Stampien, tandis que les couches du Phare, de la Chambre d'Amour et évidemment leur prolongement, celles supérieures de Lou Coût, seraient déjà du Chattien (3). Nous avons bien admis la superposition de ces trois principales assises de l'Oligocène dans notre tableau, en commençant ce travail; mais, au point de vue de la division par étages, il ne nous paraît pas actuel- lement possible de distinguer la feune des roches de la Villa Eugénie et de l'entrée de Lou Coût de celle des couches inférieures de l'Atalaye, ni surtout de rapporter au Chattien les couches à Ostrea cyathula de la Chambre d'Amour et celles du Phare. Nous préférons nous en tenir à la classifica- tion de M. Haug (4), proposée par M. Boussac lui-même (1) Haug : op. cit. p. 1489. Le Rupélien de M. Plaug est un synonyme de notre Stampien. (2) On doit protester toutefois contre une erreur de la page 87 du travail de M. Boussac et qui consiste à placer dans l'Oligocène les couches à Echinolampas ovalis et prétendu E. subsimilis de Pauillac, le MeynieUj c'est-à-dire le calcaire de Saint-Estèphe encore selon nous Eocène (Priabonien). (3) L '.étage Chattien correspond aux couches à Hélix Ramondi et à l'ancien Aqui- tanien des auteurs, ce dernier se trouvant aujourd'hui remonté dans le Miocène. Le type du Chattien marin est représenté par les sables de Cassel (Hesse) et les couches de Blinde à Echinolampas Kleini (Voir Hang : op^ cit. p. 14i5). (4) Traité de Géologie, II, p. 1461 et suivantes. — 192 — lorsqu'il dit (p. 86): ce La partie supérieure depuis la falaise Loii Coût, jusqu'à la Chambre d'AïuQur, est Stampienne; la partie inférieure est lattorfienne >> c'est-à-dire pour nous Tongrienne (1). Cette classification nous paraît plus rationnelle et surtout plus pratique. Dans sa « Révision des Echinides du Bordelais >> (p. 71), l'un de nous a indiqué certains rapports entre les couches de la Gironde et celles du bassin de l'Adour. Les faits cités concernant plutôt la Chalosse et indirectement Biarritz, sont surtout relatifs au Lutétien et il nous paraît superflu d'y revenir ici. Nous devons toutefois constater que l'étude de nouveaux matériaux nous oblige à rayer Linthia Raulini de la liste des Echinides Bordelais. Quant au Schizaster Cotteaui Lambert, du calcaire grossier de Blaye, c'est bien, comme il a été dit, un Schizaster^ mais il avait été réuni à tort au Periaster Cotteaui Tournouer d'Hastingues, qui lui est bien, comme l'avait pensé Cotteau, plutôt un Linthia. Sans doute les deux formes sont très voisines, mais celle des Landes a ses pétales un peu moins enfoncés, les antérieurs pairs moins flexueux et moins rétrécis au voisinage de l'apex; son péris- tome est un peu plus large, avec labrum moins saillant ; son périprocte est un peu moins haut. 11 n'y a donc aucune espèce commune entre les calcaires de Blaye et le Lutétien des Landes, donc pas même de rapports indirects entre ces calcaires et les couches éocéniques de Biarritz. H y a au contraire des rapports directs entre le Stampien de Biarritz et celui de la Gironde. Faut-il conclure de ces observations, avec certains auteurs, que l'absence de rapports entre le Lutétien de Biarritz et les calcaires de Blaye ne s'oppose pas à leur synchronisme et peut s'expliquer par une simple modification de faciès ? Nous ne le croyons pas. Sans nier Timportance des changements (1) Nous préférons le nom de Tongrien, donné par DumonI, en 1839, à un ensem- ble de couches belges, en en relranchant, avec Munier Ohalmas e( do Lapparent, l'assise inférieure éocénique, au néologisme Lallorlien proposé par Mayer-Eymar seulement, en 18U3. - 193 — de faciès nous pensons que ce phénomène est trop souvent invoqué et constitue, dans bien des. cas, un trop facile argu- ment pour les discussions de géologie stratigraphique. Il nous parait insuffisant pour conclure au synchronisme de deux faunes dissemblables et, lorsqu'aucun rapport n'existe entre ces dernières, nous préférons, avec la vieille école, les consi- dérer comme d'âge différent. D'ailleurs nous ne sommes pas ici en présence de changement absolu de faciès, comme celui qui existe entre les calcaires de Blaye et les marnes de la *Côte des Basques. En ce qui concerne le Lutétien de la Gourèpe, il s'est déposé sans doute dans des eaux un peu plus profondes que les calcaires de la Citadelle de Blaye ; mais reste caractérisé par un grand nombre de genres com- muns, noivimmeni Hebertia,. Saie?iia, Cœlapleurus, Fibularia^ Rhyncholampas , Echinanthus, Echinolampas, Linthia, Schi- zaster, Brissoides. Et cependant il n' y a pas une espèce commune entre les deux gisements. Ce fait implique pour nous une notable différence dans l'âge des deux dépôts. Nous estimons en conséquence que les calcaires de Blaye et de Saint-Palais doivent se synchroniser, sinon avec le Bartonien de la Côte des Basques, du moins avec l'Auver- sien de l'Hermitage. Le Priabonien marin, si réduit à Biar- ritz^ est mieux représenté dans le Bordelais par le calcaire de Saint-Estèphe. Quant au Lutétien de la Gourèpe, on ne peut le retrouver dans le bassin de Bordeaux qu'en profondeur, 011 il a été atteint par quelques sondages. Le calcaire d'eau douce de Plassac, à Lymnea longiscata, compris entre les couches à Ostrea cucullaris et celles à Sismo7idia occitana, doit se placer à la partie inférieure du Priabonien, c'est-à-dire dans le Bartonien. Le Tongrien du Bordelais est lacustre ; c'est la Molasse du Fronsadais. Dans la Chalosse les Echinides de l'Eocène et de l'Oligocène sont assez nombreux, mais leur répartition stratigraphique manque encore de précision. La « Paléontologie française » les groupe presque tous dans l'Eocène, sans indication d'étage. — 104 — M. Cotlreaii a ])ieii essayé tlernièreinenl d'en faire le relevé (I) mais ses listes, fournies par réi^ions et par localités, nous renseignent insuffisamment sur le niveau stratigraphique précis de chaque espèce (2). Sur les 68 espèces d'Echinides signalés en Chalosse 23 se retrouvent à Biarritz, dont trois seulement dans l'Oligocène. Sur les 22 antres, 17 se rencontrent dans le Lutétien supé- rieur de La Gourèpe et 6 existent dans l'Auversien de l'Her- mitage. Ce sont les : Cidaris striatogranosa d'Archiac Dorocidaris acicularis d'Archiac. Porocidaris Schmiedeli Munster. Cijathocidaris crateriformis Gumbel. Thylechhniis nummiditicus Colteau. Macropneustes Heberti Cotleau. Seul l'un d'eux, Porocidaris Schmiede/i, remonte dans le Bartonien. Certaines espèces indiquent dans la Chalosse des niveaux inférieurs à ceux de Biarritz, comme les Plesiolampas de Louer et les Echinides du Lutétiien de Donsacq avec Cono- clypeus conoideus, Echinanthus heptagonw^, Galerolampas Thieryi (3), Prenaster Desori et Macropneustes brissoides, dont le dernier seul se retrouve encore dans le Lutétien supérieur de La Gourèpe. On a cité à la fois dans la Chalosse et dans la Gironde : Fibularia af finis, à Gibret^ Echinodiscus Degrangei, à Horsarieu (4), (1) Liull. Soc. Géol. de Fr. (4'=), T. XI, p. 42'.), 1911. (■;■ • ï ?î S '-^ -2 2 ^ < ï o ■ X 5 5 "^ ^ "^ ~ « r, ^ g 5 5 ■^ tf" ■^ 'S. sj s §,? - -^ >. o ~ ~- i. ï -ï S* -r; "3 0) "s 'SI •/; a; "^ 0, X — aj -F c a, 2 j: % 5: ■— ^ *5 c CJ -J ^ s ci CJ ^ ^ -l^j ^ C = ai ■Oi - "^^ oc - c ~ ~ loi: •"~ i. — es ^ c: î^ N ^ -5 p* • . > c £. E- "— î =5 _ÇS ^'^ « ■r; ;r; _2 = ^ < 1^1 3 ;< _L ■s 31 1 3 3 es ?» 5 'ï ' ^^ c - i ? J .^ " C' ^ ^ o; o rt ' — a, -" GJ s; -o ° ■o -o 2. _a. c ■ri -a ■S ^ CJ O) c •y X " — X -c J= -a y- c o; 55 c; a.-' Û -C cfi ■ t. ç C C ^ -= i i ^ C jJ .0) CB o 1. z u c c; œ r: c A^ ^ :§ s ^ ^ à c pi ■j. K CK r. S- ?■ Vî --^ j'. V. < S C u s > - ^ c < - s 8U30 oBïTO euao oa Il u EXPLICATION DE LA PLANCHE 1. FlG. 5. FiG. n. FlG. 7. FlG. 8. FlG. 9. FiG. 10. FiG. 11. FlG. 12. FlG. 13. FiG. 14. FlG. 1. — Fi'agrnenl de radiole du Cidaris Uf/olinonnn Opponhoim, de l'Aiiversien de l'Hermilaj^e. — Coll. Caslex. l'^iG. 2. — Le même, vu sur la face opposée. FlG. .^. — Radiole du Ci/ul/iocidaris craleriformis Guinbel, de l'Auversien de la Côte des Basques (gisemenl des Panlacriailes). — Coll. Gastex. [•"iG. 4. — Frafiiiienl de radiole du Cidat'is Eurjenisf Lambert, du Tongriaii de la Villa Eugénie. — Coll. Lambeii. Porlion grossie du même. Fragmenl de Tesl du Leiocidaris Boussaci Lambert, du Lulélien de La Gourèpe. — Coll. Lambert. Une plaque grossie du même. l'ragment de radiole du Leiocidaris Penlacrinorum Lambert, de l'Aïuer- sien du ^nsemenl des Pentacriues. — Coll. Castex. Le même, vu de côté. [•'raginent de plaque de la même espèce et du même gisement. — Coll. Caslex . Radiole du Cidaris semiaspera d'Archiac, du Barlonien de la Clôte des Basques (Abattoir). — Coll. Castex. Fragment de test du Dorocidaris EderiP Lambert, du Tongrien du Porl-des Pêcheurs. — Coll. Castex. Le même, grossi. Radiale du Porossma Castexi de FAuversiea du Haut de la falaise de Peyreblanque. — GoU. Caslex. FiG. 15 — Partie inférieure grossie d'une autre radiole de la même espèce, de l'Au- versien de la Côte des Basques (gisement des Penlacrines). — Coll. Lambert. FiG. 16. — Prionechinus prior Lambert, du Tongrien du Port-des-Pêcheurs. — Coll. Castex. Le même, grossi. Le même, vu de prolil. Baueria Agassizi d'Archiac {Cœlopleuriis). vu en-dessus, du Lntélien de La Gourèpe. (>oll. Castex. Le même, grossi Apex du même très grossi. Filnilaria Castexi Lambert, vu en-dessus, de l'Auversien de la roule de Bidart. — Coll. Caslex. ■ Le même, grossi. • Le même, vu en dessous. Le même, vu de profil. Diarrilzella marbellensis Bnussac : fragment de lest du bord latéral, montrant la disposition subradiale des cloisons et les i)iliers bordant le canal de l'intestin, de l'Auversien de l'Hermitage. — (Joli. Caslex. FlG. 27. — Ecfiinoiiens Castexi Lambert, vu en-dessus, du Stampîen du Phare Saiiil- Maiiin. — Coll. Caslex. FlG. 2S. — Le même, grossi. FlG. 20. — Le même, vu de prolil. FiG. 31-1. — L(! même, \u en des^'il)us. FlG. :U. — lilii/nrJudauipas uralis Lambert, du Lutclien de la partie inlV^rienre de la falai.se de Peyreblau(|iie. — Coll. Castex. Kiii. 32. — Le même, \u en dessous. Fu;. 33. — Le même, \ii de prolil. FlG. 3i. — Le inèiiii'. \u par derrière. FiG. 17 FlG. 18. FlG. 19. FlG. 20 FlG- 21 FlG. 22. FiG. 23 FiG. 24 FiG. 25. FiG. 26 Actes de la Soc . Linnéenne T. LXXI PLI. I: Gauthier, del etlith. E.Dnchatel Imp. ECHINIDES DE BIARRITZ EXPLICATION DE LA PLANCHE II FlG. 2. FiG. 3. FiG. 4. FiG. 5. FiG. 6. FiG. 1. — Echinolampas Delbosi Colleau, du Slampien du Phare Sainl-Marlin, vu de profil. — Coll. Lambert. Le même, vu en dessus. Opissaster Boussaci Lambert, du Slampien du Phare Sainl-Marlin, vu en dessus. — CoH. Caste.x. Le même, vu en dessous. Le même, vu de profil. Trachyasler Douvillei Lambert, du Tongrien de la Villa Eugénie, vu en dessus. — GolL Lambert. FiG. 7. — Schizaster vasco Lambert, du Slampien de Lou (loul, vu en dessus. — r,oIl. Lambert. Le même, vu en dessous. Le même, vu de profil. Agassizia Caslexi Lamberl, du Tongrien de Basla, vu en dessus. — (joll. Caslex. Le même grossi . Le même, vu de profil. Pericosmus Pellaii (jotleau, du Lulélien de La Gourèpe, vu en dessus. — Coll. Caslex. Le même, vu en dessous. Brissoides c/ourepensis Lambert, du Lulélien de T.,a Gourèpe, vu en dessus. — Coll. Caslex. FiG. 8. FiG. 9. FiG. 10. FiG. IL FiG. 12. FlG. 13. FlG. 14 FiG. 15. Actes de la Soc. Lmnéenne T. LXXI '^M?^''.. Pl.ll F.Gâutbier. del ethth. E.Dachatel.lmp. ECHINIDES DE BIARRITZ TABLE DES MATIÈRES (ACTES 1919) Pages BoLTAN (Louis). — Considérations nouvelles sur les affinités réciproques des Mollusques gastéropodes 5 Castex (L.) et Lambert (.!.). — Piévision des Echinides des Falaises de Biarritz HT Tome LXXI. Î4 EXTRAITS DES PROCÈS -VERBAUX DES Séances de la Société Linnéenne de Bordeaux \2 \9 PERSONNEL DE LA SOCIÉTÉ'^» Au 1er janvier 1920 KoNnATEUR DiKiîCTKiJFi : .I.-F. LATERRADE (mokt i,e :U octobue 1858), uikkc- teur pendant quarante ans et cinq mois, maintenu a l'erpétuitè en tète de l.\ ijste ijes membres, par décision (ju 30 novembre 1859. Des moulins (Ciiari>es), (mort i.e 24 décembre 1875), président pendant trente ANS, maintenu a perpétuité EN TÈTE DE l.A LISTE DES MEMBRES, PAR DÉCI- SION DU G FÉVRIER 1878. L. MOTELAY, U L, i, Président honoraire. CONSEIL D'ADMINISTRATION pour l'aiiiiée 1f)'iO. M.M Bardié, y I., Vrésidenl. | M.\l. Daydie, Arcliiolsle adjoivl. Lamarque, '^, pA., Vice-PréH. Degrange-Touzin. Baudrimont, y I., §, Secr. r/én. Devaux, P I. Malvesin-Fabre, .Sec/-, «f/^o////. j Feytaud, pA- Rozier (X.), Trésorier. \ Muratet, ^, ij \. Breignet, p I., Arrhivlsle. | COMMISSION DES PUBLICATIONS M.M. Malvesin. Muratet, ^, tj I. Rozier. • COMMISSION DES FINANCES COMMISSION DES ARCHIVES MM. Daydie. MM. Castex. Gouin. Chaine, p I., g. Lacouture. i Feytaud, p A. <1) Fondée le 25 juin 1818, la gociélé Linnéenne de Bordeaii.v a été if-counue comme Établissement d'utilité publique, par ordonnance royale du 15 juin 1828. Elle a été autorisée à modifier ses statuts par décret du Président de la Républi- que du 25 janvier 1884. PROCI^iS-VKRlJAUX MEMBRES D'HONNEUR i\i.\r. Le Préfet de la Gironde. Le Président du Conseil général de la Gironde. Le Maire de Bordeaux. Bonnier (Gaston), nie tle FEslrapade, 15, Paris JJolunii]U(\ Carthailhac (Einilc). 0. ^, n\e de la Chaîne, 5, Toulouse l^rôiiisloire. Cossmann (M.), ^, 8, chaussée de la Muelle, Paris Paléoulologie. Dollfus ((i.), 4."). rue de Chabrol, Paris Géoloeie. MEMBRES HONORAIRES MM. Coutures, rue de Mexico, Sfi, Caudéran Eulorn. ((>)]. Dupuy de la Grand'Rive (E.), p A., 36, Grande Rue, Libourne Géologie. Eyquem (Gaslon), chemin d'Eysines, 262, Caudéran Botanique. Jolyet (D' ), il Arcachon (Gironde) Biologie. Lustrac (de), 100, rue de la Croix-Blanche Botanique. Neuville (Marcel), 129, allées de Boulaul Géologie. Neyraut, %^ A., 236, rue Sainte-Catherine Botanique. MEMBRES TITULAIRES et Membres à vie (•) MM. Arné (Paul), 121, l'ue .luduïque Zoologie. Artigue (Félix), lOi, rue Mondenard Géologie. Baraton (Commandant Louis), 0. ^, N. 1., 2, rue Pérey Botanique. Bardié (Armand), || I., 49, cours Georges-Clemenceau Botanique. Baronnet, 213, rue de Saint-Genès Botanique. Barrère (D' P.), 28, avenue de Mirmonl, Caudéran Botanique. Baudrimont (D"' Albert), 40, rue des Remparts Biologie. Beille (D-), ^, IJ I., éi 35, rue Constantin ' Botanique. Boutan, CI I., Professeur de Zoologie, Faculté des Sciences, 1 i9, c. de la Marne. Zoologie. Breignet (Frédéric), Q 1., 10, rue de rEglise-Saint-Seurin Entom. (Lép.). Cabantous (Louis), || A., ^, villa Monrepos, chemin Duvergier, 1, Caudéran. Entomologie. Cadoret (Yves), 4, rue de l'Eglise Saint-Seurin Zoologie. if Castex (Louis), G, rue Desfourniel Paléontologie. Chaîne (.Joseph), |^ 1., ^ , 247, cours de l'Argonne Zoologie. -^ Claverie (Aurélien), château La Peyruche, à Langoiran Histoire naluri*^. Charrier, Directeur de la Station scientifique du Collège Bégnaull, à Tanger. Sciences nal'". Dautzenberg (Philippe), 209, rue de l'Université, Paris Géologie. Daydie (Cli.)-, 91, rue du Grand-Maurian, Bordeaux-Saint-Auguslln Coléopt., Conch'. PROCÈS-VERBAUX 5 Degrange-Touzin (Armand), 157, rue de TEglise-Saint-Seurin .- Géologie. Desmazes (Jean), au Collège de Blaye Botanique. Devaux, pi., 44, rue Millière '. Botanique. Directeur de l'Ecole de Saint-Genès Zoologie. Dubreuilh, pharmacien, 7, rue Judaïque Botanique. Dupuy (D'- Henri), p A., Villandraul (Gironde) Botanique. Durand-Degrange, P A., ^, 24, rue Trocard, Libourne (Gironde) Botanique. Durègne, ^, P I., 309, boulevard de Caudéran Géologie. Duvergier, ^, domaine 4e Caillavet, Mérignac (Gironde) Paléontologie. Feytaud (D''), P A., maître de conférences de zoologie agricole à la Faculté des Sciences, 149, cours de la Marne Zoologie. Fiton, p I., i ., directeur de l'Ecole primaire supérieure de Talence Botanique. Gouin (Henri), 99, cours d'Alsace-et-Lorraine Entom. (Lép.). Grangeneuve (Maurice), 32, allées de Tourny '. Minéralogie. Gruvel, ^, P I., i, 66, rue Claude-Bernard, Paris (V^) Zoologie. Guestier (Daniel), 0. ^, 41, cours du Pavé-des-Chartrons Géologie. Henriot (Philippe), château de Picon, Eynesse (Gironde) Bolan., Entom. (lépid.). Hillairet (D-- Jean), à Cadillac-sur-Garonne. Botan., Biol. Journu (Auguste), 55, cours Georges-Clemenceau Botanique.. Kunstler, Jj^, p T., Muséum d'histoire naturelle (Jardin-Public) Zoologie. * Labrie (x\bbé), Px\., curé de Frontenac (Gironde) Botan., Préhist. Lacouture, 25, cours Balguerie-Stuttenberg Botanique. Lafabrie-Raymond (J.-xV.), 31, avenue de Mirande, Caudéran Conchyliologie. Lalanne (D'' Gaston), p A., Castel d'Andorte, Le Bouscat (Gironde) Botan., Préhist. Lalesque (D'')', villa Claude-Bernard, Arcachon Biologie. Lamarque (D'' Henri), ^, p A., 85, rue de Saint-Genès Botanique. ic Lambertie (Maurice), 35, rue des Faures Entom. (Hém.). La'wton (Edouard), 94, quai des Chartrons Ornithologie. Llaguet (D"' B.), ^, p 1., villa Linné, 11, avenue de la Chapelle, Arcachon. ■ Biologie. Malvesin-Fabre (Georges), 1, rue de Talence Botanique. Manon (D'), ^, médecin-major de 1'''' classe en retraite, 35, cours Pasteur . . Entomologie. Massart (Gaston), 35, rue d'Eysines Zoologie. Muratet (D" Léon), aj^, p I., 1, place de la Victoire Biologie. Pain ((D'' Denis), 164, rue Sainte-Catherine Biologie. Peytoureau (D'), 14, cours Georges-Clemenceau Biologie. Plomb (Georges), 22, rue Edison, Talence Botanique. Preller (L.), 5, cours de Gourgue Botanique. Queyron, P A., ^, médecin-vétérinaire, rue des Écoles, La Iléole Botanique. Reyt (Pierre), Bouliac (Gironde) Géologie. Rozier (Xavier), 7, rue Gouvion Géologie. Sabrazès (D'), p T., 50, rue Ferrère Biologie. Sarrazin (M"'L.), pi., profes'' au Lycée de Jeunes Filles, 90, r. Mondenard. Botanique. Sauvageau (Camille), p I., professeur à la Faculté des Sciences, Bordeaux. Botanique. Sigalas (Raymond), 99, rue de Saint-Genès Zoologie. Simon (Piené), professeur à l'Ecole Normale, Saint-André-de-Cubzac Botanique. PROCES-VERD.MX MEMBRES CORRESPONDANTS ( Los meinljres donl les noms son! inarqiii's iriiii -k smil cotisaiils el reçoivent les pnblications). MM. Archambaud (Gaston), 9, rue Bel-Orme. -k Bon (Marcel), juge au Tribunal civil de Montmorillon (Vienne) Ornilli. (Col.). -k Bouygues, || I., 0. §, Institut botanique de l'Université, à Caen Botanique. * Carnegie Muséum, Pi'ttsburg (Pensylvanie). ir Châtelet (Casimir), y A., 32, rue du Vieux-Se.Klicr, Avignon Géologie. if Clark (Graham), Lovaine Row, 5, Newcastle-on-Tine (Angleterre) Géologie. ir Claverie, ^, §, inspecteur des Eaux et Forêts, à Digne (Basses- Alpes) . . Botanique. * Daleau (François), H I., Bourg-sur-Gironde Préhistoire. * Dubalen, directeur du Muséum, Mont-de-Marsan (Landes) Géologie. if Ferton (Ch.), chef d'escadron d'artillerie en retraite, Bonifacio (Corse) Entom. (Hyni.). if Gendre (D' Ernest), Inspection de l'Assistance publique, Angers (M. -et-L.). Zoologie. if Hermann, 8, rue de la Sorbonne, Paris Zoologie. Janet (Charles), 71, rue de Paris, à Voisinlieu, par Allonne (Oise) Entomologie. * Lambert (Jules), Président du Tribunal civil, rue Saint-Martin. 57, Troyes. Conchyliologie. Lamic, 2, rue Sainte-Germaine, Toulouse. if Lastours (D"' Louis de), 5, place Dumoustier, Nantes Entomologie. * Lataste (Fernand), Cadillac (Gironde) Zoologie. if Maxwell (.L). "J}^, ||A., Procureur gén^' près la Cour d'appel de Bordeaux. Botanique. * Peyrot, || I., 31, rue Wustemberg Paléontologie. Ramond-Cajal, laboratoire d'histologie de la Faculté de Médecine de Madrid. Zoologie. if Ramond-Gontaud, || I., assistant de géologie au Muséum national d'his- toire naturelle, 18, rue Louis-Philippe, Neuilly-sur-Seine Géologie. Regelsperger (G.), 83, rue de la Boétie, Paris Géologie. Rochebrune (de), || I., assistant au Muséum, 55, rue Butîon. Paris Zoologie. * Simon (Eug.), 16, Villa Saïd, Paris Entom. (Arach.) * Southoff (Georges de), 13, via Santo-Spîrito, Florence (Ilalie) Erpétologie. "Verguin (f.,ouis), lieutenant-colonel d'artillerie Botanique. MEMBRES AUDITEURS MM. Ballais (Camille), k Castel-d'Andorte, Le Bouscat Botan. (Orch.). Bertrand (Henri), 2, rue Julie Hist. naturelle. Biget (Jean), 20, rue Domrémy ' Botanique. Bouchon, préparateur à l'Herbier municipal, 19. rue Verdier Botanique. Capdeville (Gérard), instituteur à l'école Panl-Berl. .\rcîichon liiologie. Courtel (Emile), 102, chemin de Pessac, Talenco Botanique. PROCÈS-VERBAUX 7 Godillon (E.), 36, avenue des Camps, Le Bouscat Botanique. Grédy (Henry), f| A., 19, cours du Pavé-des-Ghartrons Zoologie. Haillecourt (Marcel), au Dispensaire d'hygiène, rue du Casino, Arcachon.. . Botanique. Pépion (Aristide), rue Viclor-Hugo, Bègles Botanique. Pique (Abbé), curé de Saint-Brice, par Sauveterre-de-Guienne Botanique. Tempère (Gaston), villa Andrée-Lucie, Arcachon Biologie. Liste des publications périodiques reçues par la Société'^* I. — Ouvrages donnés par le Gouvernement français. Ministère de l'Instruction publique : Académie des Sciences (Institut de France). Comptes rendus hebdomadaires des séances. Bibliographie annuelle des Travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Bibliographie générale des Travaux historiques et archéologiques publiée par les Sociétés savantes de France. Comité des Travaux historiques et scientifiques. Nouvelles archives du Muséum d'histoire naturelle de Paris. Annuaire des Bibliothèques et des Archives. Pievue des Sociétés savantes. II. — Sociétés françaises. x\lger Bulletin de la Société d'histoire naturelle de l'Afrique du nord. Amiens * Société Linnéenne du Nord de la France. Angers '. Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques. Arcachon * Société scientifique. Station biologique. AijTUN * Bulletin de la Société d'histoire naturelle. AuxERRE Bulletin de la Société des sciences historiques et'naturelles de l'Yonne. " - (1) L"s Sociétés marquées d'un astérisque sont celles dont les publications ne sont pas par- venues à la Société Linnéenne dans le courant des années 1917-19. Messieurs les Bibliothécaires de ces Sociétés sont priés d'en faire l'envoi dans le plus bref délai. 8 procès-verbaux" IjAGNKRES-DE-BiGoartE. * Bulletin de la Société Raniond. Folklore pyrénéen. Bar-le-Dl'c 'Mémoires de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc. Besançû>' * Mémoires de la Société d'émulation du Doubs. Biarritz * Biarritz Association. Bordeaux Bulletin de la Société de Géographie commerciale do Bor- deaux. — 'Annales de la Société d'Ayricuilure du déparlenienl delà Gironde. — 'Nouvelles annales de la Société d'Horticulture du départe- ment de la Gironde. — Académie nationale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux. — Procès-verbaux et Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles de Bordeaux. — * Observations pluviométriques et thermométriques faites dans la France méridionale et plus spécialement dans le déparlement de la Gironde. — Bulletin de la Société d'études et de vulgarisation de la Zoologie agricole. Bourg 'Bulletin de la Société des Xaturalistes de l'Ain. Brest ' Bulletin de la Société académique de Brest. Caen Société Linnéenne de Normandie. Carcassonne Bulletin de la Société d'Études scientifiques de l'Aude. Chalons-sur-Marne . Mémoires de la Société d'Agricultui'e, Commerce, S'ciences et Arts du déparlement de la Marne. Charleville 'Bulletin de la Société d'Histoire naturelle des Ardennes. Chaumont 'Essai de nomenclature raisonnée des Echinides, par Lam- bert (J.) et Thierry. Cherbourg ' Mémoires de la Société nationale des Sciences naturelles et mathématiques de Cherbourg. Co>!GARNEAU * Travaux scientifiques du Laboratoire de Zoologie et de Physiologie maritimes. Dax ' Bulletin trimestriel de la Société de Borda. Grenoble Annales de l'Université. — Société dauphinoise d'Études biologiques (Bio-Club). Levallois-Perret ... 'Annales et Bulletins de l'Association des Naturalistes. Lille ' Société géologique du Nord. Limoges Revue scientifique du Limousin. Lyon ' Annales de la Société Linnéenne de l-yon. — 'Société botanique de Lyon. — Mémoires de l'Académie des Sciences. Belles-Lettres et Arts. Macon ' Bulletin trimestriel de la Société d'Histoire naturelle.. Le Mans Bulletin de la Société d'Agriculture. Sciences et Arts ile la Sarlhe. Marseille Annales du Musée d'Histoire naturelle de Marseille. PROCÉS-VERBAUX • 9 Marseille * Annales de la Faculté des Sciences de Marseille. — * Bulletin de la Société Linnéenne de Provence. Metz Mémoires de l'Académie des Lettres, Sciences, Arts et Agriculture. — Bulletin de la Société d'iiistoire naturelle de Metz. Montpellier Académie des Sciences et Lettres de Montpellier. (Mémoires de la section des Sciences). Moulins Revue scientifique du Bourbonnais et du Centre de la France. JNangy Mémoires de l'Académie Stanislas. — * Bulletin de la Société des Sciences naturelles et Piéunion biologique. Nantes * Bulletin de la Société des Sciences^naturelles de l'Ouest de la France. Nice * Bulletin mensuel des Naturalistes des Alpes-Maritimes. — Piiviera scientifique. Nîmes * Bulletin de la Société d'Étude des Sciences naturelles. Niort * Bulletin de la Société de Botanique des Deux-Sèvres, de la Vienne et de la Vendée. Paris Bulletins de la Société géologique de France. — Journal de Conchyliologie. — Association française pour l'Avancement des Sciences. — Bulletins et Mémoires de la Société botanique de France. — Revue générale de Botanique (G. Bonnier). — * Bulletin de la Société mycologique de France. — Herbier du Muséum de Paris. Phanérogamie. Notulae systematicee. — * La B^euille des Jeunes Naturalistes. — Société zoologique de France. — ■ Société entomologique de France. — Bulletin de la Ligue française pour la protection des oiseaux. — ^ Bulletin de la Société philomathique. Perpignan.... * Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées- Orientales. Rennes Insecta. L.A Rochelle * Académie de la Rochelle (Section des Sciences naturelles). R,ouEN. *Bulletin de la Société des Amisdes Sciences naturelles de Rouen. Toulon * Annales de la Société d'histoire naturelle. Toulouse Mémoires de l'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres. — "* Société d'Histoire naturelle et des Sciences biologiques et énergétiques. Troyes Mémoires de la Société académique d'x\griculture, des Sciences, Arts et Belles-Lettres du département de L'Aube. Vannes * Bulletin de la Société polymalhique du Morbihan. 10 rROCÉS-VERBALX III. — Sociétés étrangères. Allemagne 11). Berlin Zeilschrift der deutschen geologischen Gesellschaft. Mona- Isberichle. Abhandlungen. . — Verhandlunijcn des bulaiiischen Vereins dcr proviiiz Bran- denburg. — Mitlheilungen und Bei'icht ans dein zooiogiscben Muséum. — Enlomologische niillheiluiigeii. Bonn Verhandlung-en el Sitzung-sberichte des naturhislorischen Vereins. Brème Abhandiungen herausgegeben voni naturwissenschaftlichen Verein. Fh.\xcfort-sur-]\1ein. Bei'icht und Abhandiungen der Senckenbergischen N'alur- forschenden Gesellschaft. Fribourg * Berlchle der naturl'orschenden Gesellschaft. GiESSEN 'Bericht der Oberhessischen Gesellschaft fur Xalur und Heilkunde. Malle * Nova acta Academiee Caesarse Leopoldino-Carolinae Germa niœ Naturœ Guriosorum. — * Leopoldina amtliches. Hambourg * Jahrbuch der Ilamburgischen wi'ssenschaftlichen Anstallen. — Mitlheilungen ans dem naturhistorischen Muséum. Kiel * Schriflen des naturwissenschaftlichen vereins l'iir Schlewig- Holslein. K[el el Helgoland . . Wissenschaftliche Meeresuntersuchungen herausgegeben von der Kommission zur wissenschaftlichen Untersuchund der deutschen Meere in Kiel und der biologischen Ans- talt auf Helgoland. Kœnigsberg * Schriflen der physikaliscli-okonomischen Gesellschafl zu Kœnigsberg. Leipzig Zoologischer Anzeiger. — Leipziger Zeilschrift fiir deutsches Recht. Munich Matheinatisch-physikalischen Glasse der K. B. Akademie der Wissenschaflen zu Munchen. Munster .lahresberichl des Weslfalischen provinzial Vereins. WiESBAUEN Jahrbiicher des Nassauischen vereins fiir Nalurkunde. .\ KG EN TIN E (HÉPUBLIOUKI. Buenos-Ayres Bolelin de la Academia nacional de Ciencias en Cordoba. (1) Depuis le co.timoDcemeiit des liostilités le.** éohansjes avec l'Alleinagoe et l'Autriche sont iuferrunijjus. PROCES-VERBAUX . ii Australie. Sydney. * Records and Memoirs of the Australian Muséum. — * The Australian Zoologist. — Nombreuses autres publications. ^ x\uTRIGHE-H0XGRIE. Brunn Verhandlungen des naturforschenden vereines. Budapest Annales historico-naturales, Musei nationalis Hungarici. " Cragovie * Bulletin international de l'Académie des sciences. (Comptes rendus des séances). Gr.vz.. Mitlheilungen dès naturvvissenschafllichen Vereines fur Sleiermark. Vienne. : . . Akademie der Wissenschaftlichen. Silzungsberichle. Denk- schriften. Mittheilungen der Erdbeben Kommission. — Annalen der K. K. naturhistorischen Hofmuseums. — Verhandlungen der K. K. zoologisch-botanischen Gesells- chafl. — .. Jahrbuch und Verhandlungen der K. K. geologischen Reichsanslalt. Belgique. Bruxelles Académie royale des Sciences, Lettres et Beaux-Aiis dé Belgique. — Mémoires de l'Académie. — Bulletin de l'Académie (Classe des sciences). — * Annuaire de l'Académie. — * Mémoires du Musée royal d'histoire naturelle. — Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique. — Bulletins et Mémoires de la Société belge de Géologie, de Paléontologie et d'Hydrologie. — * Société entomologique de Belgique. — Annales de la Société royale zoologique et malacologique de Belgique. Liège Annales de la Société géologique de Belgique. — Mémoires de la Société royale des Sciences. — Publications relatives au Congo belge. Brésil. Rio-DE-J.ANEiRO Archivos da Escola superior de Agricultura e Medicina veterinaria. — Archivos do Museu nacional. Canada. IL'^LiF.A.x Proceedings and Transactions of the Nova Scotiars Institute of Science. 12 PROCÈS-VERBAUX Québec Le Naturaliste Gaiiadien, Ottawa * Geologiçal and natural hislory Survey of Canada. — Canada Department of mines. Geologiçal Survey branch. — Nombreuses publications. Chili Valparaisù ;... * Bùlelin del Museo nacional. Danemark. Copenhague Académie royale des Sciences et Lettres du Danemark. Mé- moires et Bulletins. — Videnskabelige Meddelelser Ira den nalurhistoriske forening. — Det Kgl. danske Videnskabernes selskab. Biologiske med- delelser. Egypte. Le Cure * Bulletin de la Société enlomologique d"Egypte. Espagne. Barcelone *Butlleti del Club montanyenc. — Publicacions de la Junta de Ciences naturals. ^L\DRID Sociedad espaùola de Historia natural. — Ministerio de Marina. Boletin de Pescas. — *Memorias de la Real Academia de Ciencias. — 'Trabajos del Laboratorio de Investigaciones biologicas de la Universitad de ÎNIadrid. (Suite de la «Revista trimesirial Micrografica»). — 'Boletin del Instituto geologico. — * Instituto nacional de Ciencias fisico-naturales. — 'Trabajos del Museo de Ciencias naturales. TuY Broteria. Saragosse Boletin de la Sociedad ibérica de Ciencias naturales. ErAT.--UMs. Berkeley University of Calil'ornia Publications. ' Boston ' Boston Society of Natural Ilistory. Brooklyn 'The Muséum of the Brooklyn Institute of Aris and Sciences. Cambridge Bulletin of the Muséum of comparative Zoology al Harvard Collège. Ciiapel-Hii.i 'Journal of the Eiisha Milchell scicntilic Society. Chicago Field Muséum of Natural Ifislory. Ithaca . Cornell University Agricullural cxpcrimcnl Station. Lansing x\cademy of sciences. PROCÈS- VERBAUX 13 Madison * Wisconsin Geological and Nalural Hislory survey. — * Wisconsin Academy ol' sciences, arls and lellers. MiCHiGAN Ann. Arbor. University of Michigan. Montana * Bullelin of Ihe Universily. New-Haven Conneclicul Academy of Arls and Sciences. New- York Annals and Memoirs of Ihe New- York Academy of Sciences. Philadelpiue Academy of Natui'al Sciences : Proceedings. Journal. — Proceedings of the American philosophical Sociely. RoGHESTER * Proccedings of Ihe Rochester Academy of Sciences. Saint-Louis Missouri bolanical Garden. — * Transactions of Ihe Academy. Topeka * Transactions of the Kansas Academy of Sciences. Urbana Bullelin of the Illinois-Slate laboratory of Natural History. Washington Journal of Agricultural research. — Proceedings of the national Academy of sciences. — Smitlisonian Institution : — Annual report of the Board of Régents of the Smithsonian Institution. — Smithsonian contributions to knowledge. — U.-S. National Muséum : Proceedings, Bullelin and annual Report. — Contribution from the U. S. National Herbarium. — Smithsonian Miscellaneous collection. Quarterly issue. — Carnagie Institution — Publications diverses. Grande-Bretagne. Gardiff * Transactions of the Cardiff naturalisl's Sociely. Dublin Royal Dublin Society : Economie proceedings, Scientific proceedings, Scientific transactions. Edimbourg Proceedings of the Royal physical Society. Glasgow * The Glasgow naturalist. LivERPOOL Proceedings and transactions of the Liverpool biological Society. Londres Hooker's Icônes plantarum. — The quarterly Journal of the geological Society. Geological literalure. — ' Proceedings of the geologist's Association. — The journal of Ihe, Linneaa Society : Botany, Zoology. Inde. Calcutta * Asiatic Sociely of Bengal : Journal, Proceedings. — Geological Survey of India : Memoirs, Records, Palseon- tologia indica. — - Report of the progress of Agriculture in India, 14 PROCKS-VERBAUX PusA " .Moino'u's uf llie deparliniMil oï Agricullure in India. — Agricullural research Inslilule. Italie. Bologne *Academia délie Scienze dell' Inslilulo di Bologna : Memorie y Rendiconlo. Milan Mil délia Societa llaliana di Soieiizo naliiraii e del Mnseo civico di Sloria nalurale. Pl^?R Sociela loscana di Scienze nalurali. PouTici BoUelino del Laboralorio di Zoologia générale e agraria. — *Annali délia Regia Scuola Superiore di Agiicnllnra. RoMU AUi délia Reale Academia dei Lincei : Rendicunli. — Bollelino délia Sociela geologica ilaliana. — "Bollelino del Real Gomilalo geologico d'Kalia. — *Annali di Bolanii^a. Japon. Toicio .... * Annolaliones zoologica? japonensos. — Impérial Uni\ersily Gaiendai'. LUXEMUOCRG. LuxEMBiiLRG * Société de? Nalui'alisles lu\emboiii'geoi?. ■NIrmole. Mexico 'Anales del Inslituto medico nacional. — Instilulo geologico. Boletin. Pai'ergones. — - Sociedad cienlifica « Anlonio Alzate ». — Secrelaria de Formento. Bolelin de la direccion de esludios biologicos. XoRVixiE. Bergen. Berg-ens Muséum Aarbok et Aarberelning. Christl\nl\ * ^^'yt niagaziu l'or naturvidenskaberne. Trondh.iem * Del Kongelige noi'.>l. Leyde Mededeelingen van's Riyks herbanum (Herbier de l'Etat^. NuMEGEN Nederlandsch kruidkundig archief. — Recueil des Travaux botaniques néerlandais. Pérou. Lima Boletin del Cuerpo de Ingeniores de Minas del Paru. PROCÈS-VËRBAIX 15 Portugal. Lisbonne. * Gommunicaçoes da Seccao dos Trabalhos g'eologicos de Portugal. — Gommunicaçoes da commissao do service geologico. Porto .\nnaes scientificos da Academia polytechnica do Porto. Roumanie. Bucarest. * Anuarulii Museului de Geologia si de Paleonlologia. PiUSSlE. . Helsingfors * Socieias pro fauna el flora fennica. KiEw * Mémoires de la Société des Naturalistes de Kiew. Moscou ' Société impériale des Naturalistes de Moscou. Pétrograd ' Académie impériale des Sciences de Pélrograd : Publica- tions diverses. — * Travaux du Musée botanique de l'Académie impériale des sciences. — *Acti Horti Petropolilani. — ' * Shedae ad herbarium flora? rossica?. — * Flora Siberise et Orientis extremi Museo botanico. — 'Gomité géologique de Pétrograd. — * HorsB Societatis entomologicse rossicse. — * Pievue russe d'entomologie. Suî^.DE. LuND * Acta universitatis Limdensis. Stockholm * Kungliga svenska Vetenskaps-Akademiens : Handlingar, Bihang, Ofversigt. — *x\rkiv fiir Botanik, Kemi-mineralogi, Zoologi, Matematik, Astronomi och Pisick, Gèologi. — *Arsbok. — Lefnadsteckningar. — Sveriges geologiska undersôkning. — Geologiska fôreningens fôrhandlingar. — Entomologisk tidskrift. — 'Meddelanden fran K. Vetenskapsakademiens Nobelinstitut. — * Les prix Nobel.. Upsala Publications diverses de l'Uni versilé. — Bulletin of the Geological Institution of the Universily of Upsala. Suisse. Bale Bericht iiber die Verhandlungen der naturforschenden Gesellschaft. Ai) l'ROCKS-VERliAI.'X Genève Vniuiaiie du Goiiservuloiie cl un Jardin bolaniqucs de Genève. — SJciélé de Physi(|iie el d'flisloirc naturelle de Genève. — 'JJuUelin de l'Inslilul nalional genevois-. — HiiUclin de la Sociélé bolaniqiie. — * Bulletin de l'Herbiei' Boissier. L.\.usANNE Bulletin de la Sociélé vaudoise des Sciences naturelles. NEucH.vrEL Bulletin de la Sociélé neuchàteloise des Sciences naturelles. Zunicu Vierteljahrschrift der naturforschenden Gesellschafl. URunu.w. Montevideo * Anales del Museo national. IV. — Ouvrages divers. ANCUiiinE et PnKSTAT. Calnlogue des plantes de la région bayonnaiso, Bayonne. 1018. AnB.\UMONT (d') l.a lige des Ampelidées, Paris, 1881. Baudrimont (A.) Travaux et publications de A. Baudrimont, Bordeaux, 1860. Berlkse (Abbé) Monographie du Genre Camellia, Paris, 1837. Blay.\c (J.) Notice nécrologique sur Gaston Vasseur, 1917. BoicuARD (A.) Notice sur les titres et travaux scientifiques de .M. le Pro- fesseur A. Bouchard (de Bordeaux), Bordeaux, 1889. Bol TAN (L.) Voyage dans la Mer Rouge, Lille, 1892. Blffon (de) OEuvrcs complètes de Buiïon avec la nomenclature com- plète et la classiOcalion de Cuvier, annotées par M. Flou- rens, 10 volumes, Paris. Ghaine (.1.) Tableaux syno])liqnes ilu tlcveloppeiucnl (hi Lii|)iii, Paris, 1911. JliiuKi-AT (Paul) Bésunié des principaux faits intéressant le service géolo- gique de Portugal de 1915 à 1917, Lisbonne. — Biographie de géologues portugais, Lisbonne, 1918. Clermont (J.) Capture <.VA>itliocov)ns feneslnitiis Lind. dans la Gironde, 1913. — Notes sur la Ciciiu/eln trisit/iuila \:w. nithsiihiralis Souy. 1915. Cossmann Essais de Paléoconchologie comparée, IP livr., Paris, 1918. Cotta (.\lberl) Les ti-avaux de l'Association Centrale pour lAménagemenl des Montagnes dans les Alpes françaises, Bordeaux, 1918. Dkmacmy (Edouard).. Notes d'entomologie scienlilique : 1"', 2'- et 3' noies, Amélie- les-Bains, 1918. Desa/aiis de Monthaillaiu) (Baron). — Album iconographique des .\valars de Clémence Isaure, Toulouse, 1915. Descomues (Paul) Éléments de sylvonomie. Économie et piilitii]ue forestière, 1913. — L'évolution de la politique forestière. 1914. PROCÉS-VERBAUX 17 Descombes (Paul) .... Elude sur l'aménagemenl des monlagnes dans la chaîne des Pyrénées, Bordeaux, 1905. Des Moumns De la connaissance des fruits el des graines, Bordeaux, 1862. Deyrolle (A.) Catalogue méthodique des Lépidoptères d'Europe, Paris, 1861. EwARD (Alfred) and D.wies (Olive B.). — The Flora of Ihe northern terrilory, Melbourne, 1917. Faere (J.-H.) ^lœurs des Insectes, Paris, 1 volume. Feytaud (D>' .1.) Les plantes pièges. UAraujia albens Don., Bordeaux. 1919. FiTON (J.) Notice sur Léonce Motelay (1830-1917), Bordeaux. Oranger (Ali)er[).... La faune ornithologique de la Sibérie orientale considérée dans ses rapports avec la faune française, Béziers, 1896. OuÉBiiARD (D'' Adr.).. Notes provençales, nos 2 à 10. Healey D.-V.LL (William). — Spencer FuUerlon Baird. Biographie, Philadelphie, 1915, Lambert (J.| et Thiéry (P.). — Essai de nomenclature raisonnée des Échinides, 1914. Lapparent (A. de). .. Cours de Minéralogie, ^'^ éd., Paris, 1899. Lemaire (Ch.) et Chauvière. — Traité de la culture des Géraniums, des Calcéo- laires, des Verveines el des Cinéraires, Paris, 1842. Linder Notice nécrologique, 1917. Marseul (de) Catalogue des Coléoptères d'Europe, 1876. M.'VURY (Lieuten^ Fr.). L'apogée de l'effort militaire français, Paris, 1918. Melou (G.) Dix ans de chasses entomologiques aux colonies (Sénégal, Côte d'Ivoire, Madagascar). Industrialisation de la chasse aux Métérocères, Tananarive, 1898. — Où vont les millions que dépensent chaque année les collec- tionneurs de Papillons, Tananarive, 1918. IVeyraut Le Saxifrdga ciliaris de la Flore de France, Paris, 1913. — Révision des Saxifrages de la section Dactyloïdes Tausch de l'herbier Lapeyrouse, Paris, 1915. — Matériaux pour servir à l'histoire du genre Prunus, Bor- deaux, 1918. Queyrox (Ph.) La Gavacherie de Monségur, Agen, 1907. — Catalogue des plantes vasculaires du bassin du Drol (Dor- ■ . dogne, Lot-et-Garonne, Gironde), Paris, 1907. Petit-Lafitte (Aug.). De la connaissance des terres cultivées, leur origine, leur formation, etc., Bordeaux, 1845. — La vigne dans le Bordelais, Paris, 1868. Ragonot-Godefroy . . Traité sur la culture des OEillels, Paris, 1842. Raymondo (Bened.) . . Noticia sobre alguns Lepidopteros serigenos do Brasil, Rio de Janeiro, 1919. Reclus (D'- P,) Notice sur Paul Broca, Paris, 1880. Rouget (Fernand). . . . Ce que tout Français doit savoir sur l'Afrique équaloriale française, Paris, 1918. Saint-Amans (de) Voyage agricole, botanique et pittoresque dans une partie des landes de Lot-et-Garonne et de celles de la Gironde, Paris, 1812. P.-V. 1919. 2 1° PROCÈS- VER BAUX Ségur (Octave) Flore des jeui.es personnes ou lettres élémenlaires sur la Botanique, écrites par une Anglaise à son amie et traduites de l'Anglais par Octave Ségur, Paris, an IX (1801). Vasselr (Gaston).... Éocène de Bretagne. Faune de Bois-Gouët, 1017. ^ Nouvelle iconographie des Cameilias, Gand, 1859. — Correspondance botanique. Liste des Jardins, des Cliaires et des Musées botaniques du monde, Liège, 3* éd., 1875: 4^ éd., 187G. PROCES-VERBAUX 19 Réunion du 8 janvier 1919. Présidence de M. Bardié, Président intérimaire. Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. M. LE Président adresse ses vœux de bonne année et souhaite que la Linnéenne reprenne normalement le cours de ses travaux. CORRESPONDANCE Lettres de démission : i° de M. Rondou, membre correspondant à Gèdre ; 2° de M, Letanneur, qui est sur le point de quitter la France. Lettre de remerciement de M'""^ Môtelay pour l'envoi du texte du discours prononcé par notre Président aux obsèques de M. Motelay. M'"" Motelay dit également, dans cette lettre, que le legs fait à notre Société lui sera bientôt délivré. Circulaires : 1° de I'École d'Anthropologie proposant l'organisation d'un centre commun d'action pour assurer un renouveau d'activité aux sciences anthropologiques ; 2'^ du Comité de la rive gauche dq Rhin demandant l'adhésion de notre Société aux vœux qu'elle a émis touchant les conditions de la Paix à imposer aux Allemands. Après échange d'observations, il est décidé que la Société, en tant que corps scientifique, n'a pas à donner son adhésion ; les membres restant, bien entendu, libres d'adhérer à titre individuel. M. LE Président nous entretient de la question du déboisement de notre sol. La Société s'associe au vœu de M. Descombes, demandant qu'un milliard soit prélevé sur l'indemnité de guerre pour assurer le reboisement de la France. ADMINISTRATION Vote sur la candidature de M. Bertrand (Henri), présenté par MM. Bardié et Malvesin, qui est élu membre auditeur. 20 PROCKS-VERBAUX COMMUNICATIONS 1" De M. Chaîne, sur les rapports entre l'Anatomie comparative et les Sciences mathématiques. 2" De MM. Feytaud et Gexdue : «i sur la répartition des gîtes d' Ano- phèles maculipennis et A. bifarcalus ; . h) Sur la résistance des larves d'Anophèles dans les eaux pieriquées. M. Bardié ofTre à la Société Linnéenne un certain nombre d'ouvrages parmi lesquels quelques-uns, anciens, oiïrent le plus grand intérêt. M, l'Archiviste remercie M. Bardié du don généreux qu'il lait à notre Société. La séance est levée à 6 h. 45. Mathématiques et Anatomie comparative Par J. Chaine. Actuellement une Science quelconque ne saurait rester confinée en elle-même sans crainte de demeurer éternellement slationnaire ; pour normalement progresser, elle doit s'extérioriser et, par suite, faire de larges incursions dans les autres branches du savoir humain. Lorsqu'il s'agit de Sciences en quelque sorte de même ordre, comme la Zoologie et la Botanique, la Physique et la Chimie, l'Embryologie et l'Anatomie, la Physique et les Mathématiques, le fait paraît naturel et ne choque nullement ; mais, pour bien des esprits, il n'en est plus de même lorsqu'on tend à rapprocher des sections qui, dans la classification des Sciences telle qu'elle est aujourd'hui établie, sont très distantes l'une de l'autre, l'Anatomie et la Physique par exemple ou, mieux encore, l'Anatomie comparative et les Mathématiques. C'est» en effet, surtout les Mathématiques que la plupart des natura- listes considèrent comme en dehors de leurs préoccupations ordinaires. Ils reconnaissent bien que pour beaucoup de questions à résoudre la Physiologie ne peut guère se passer de l'aide que lui apportent la Physique et la Chimie, mais il semble qu'il leur est plus difficile d'admettre le concours immédiat des Mathématiques. Cependant, maintes fois, nous avons vu des physico-mathématiciens et même des mathématiciens purs apporter leur collaboration efficace à la solution de problèmes nettement physiologiques, llelmhollz, par exemple, a prêté la contribution de son savoir, en grande partie mathémathique, à l'étude PROCÈS-VERBAUX 2i de racoustique et de Toptique physiologiques par ses deux ouvrages : Die Lehre von den Tonempfindungen als phijsiologische Grundlage fur die Théorie des Musik (Braunsweig, 1877) et Handhuch der phgsiolo- gischen Optik (Hambourg, 1894) ; André Broca a étudié les transfor- mations de Ténergie dans l'organisme (Rapport présenté au Congrès international de physique de Paris, 1900), etc., etc. Il est toutefois à remarquer que si les uns attendent trop peu de secours des mathêmathiques, par contre d'autres leur en demandent trop ; c'est ce qui explique la froide défiance des premiers et l'enthou- siasme ardent des seconds. Mais la froideur, en ces temps-ci l'emporte de beaucoup encore sur l'enthousiasme. « Longtemps, en effet, l'introduction des sciences mathématiques dans le domaine de la Morphologie a été tenue pour suspecte ; il paraissait dangereux de vouloir enchaîner par des formules trop simples des faits aussi complexes que ceux étudiés par les zoologistes et les botanistes. Peu à peu cependant la nécessité se fait sentir de déterminer par des, mesures précises l'étendue des variations dues aux facteurs primaires et de chercher à trouver les lois de ces variations » (1). M-ais, en ce qui concerne plus particulièrement l'Anatomie, et surtout l'Anatomie comparative, il semble, du moins au premier abord, qu'un fossé assez profond les sépare de la Physique, de la Chimie et des Mathématiques ; cependant il est à remarquer que si l'Anatomie compa- rative puise ses documents au sein même des diverses sciences morpho- logiques, elle ne recueille pas moins d'utiles enseignements en s'adres- sant aux sciences dites exactes, enseignements dont elle tire de précieuses déductions propres à jeter la lumière sur certains points obscurs de son domaine. L'Anatomie comparative est en dépendance certainement moins étroite avec la Physique et la Chimie que le sont la Physiologie et l'Histologie ; mais, qu'on le veuille ou non, cette dépendance n'en existe pas moins, car bien des questions ne peuvent être solutionnées que grâce au concours apporté par ces sciences. C'est ainsi que la connaissance des lois de l'hydrauhque, de l'optique, de l'acoustique, de la capillarité nous explique une foule de dispositions anatomiques que sans elles nous ne pourrions comprendre ; les lois sur le rayonnement de la chaleur nous rendent accessibles l'existence et la constitution des (1) GiARD (A.). Les tendances actuelles de la Morphologie et ses rapports avec .les autres Sciences, Bulletin scientifique de la France et de la Belgique. t. XXXIX. 1905. ZZ PROCES-VERBAUX régulateiirs thermiques des animaux. A son tour, la Chimie intervient pour les questions des pigments, de la nature chimique des parties, etc., etc. D'autre part, bien des problèmes de l'Anatomie comparative relèvent directement des Sciences mathématiques, particulièrement de la Méca- nique et de la Géométrie ; je puis citer, par exemple, l'explication à donner des courbures de la colonne vertébrale, les questions de symé- trie, la division des corps par plans divers ; le jeu des leviers, des poulies, des résistances nous donnent la raison d'être de certains aspects, etc., etc. Il n'est pas jusqu'à l'élaboration des grandes lois régissant l'organi- sation générale des êtres qui ne fasse encore appel à elles et, à ce sujet, il est à noter que l'histoire de la Science nous révèle, chaque jour, une collaboration de plus en plus efficace et de plus en plus directe des Mathématiques à la' perception et la compréhension des choses de la Nature. Je ne citerai, comme exemple, que la tentative de Galton (1) pour mesurer numériquement certains éléments de la théorie de l'évo- lution organique, comme l'hérédité ou les variations et la création, en Allemagne, sous l'initiative de Wilhelm Roux, d'une école bioméca- nique. Il est indéniable que pour la détermination exacte de ces lois, les méthodes de V analyse sont de précieux auxiliaires pour le raisonnement et, en particuUer, la méthode infinitésimale, qui constitue l'instrument analytique le plus délicat et en même temps le plus puissant qui ait jamais été imaginé. Comment la méthode inlînitésimale peut-elle arriver à ces fins ? Vito Vollerra nous le montre en ces quelques lignes : « Imaginons la succession des événements dans un temps infiniment court et dans un espace" également, infinitésimal. Il devient alors possible de distinguer dans les changements des éléments variables les parties prédominantes de celles qui sont néghgeables. On pourra alors, en mesurant les premières ou en établissant entre elles des relations, déduire de ce qui est arrivé dans un certain moment et dans un certain endroit^ ce qui aura lieu en tons temps, et partout où les lois élémen- taires sont satisfaites. Fixer ces lois élémentaires s'appelle poser des équations di/férentiellcs ; les résoudre, c'est-à-dire calculer de proche en proche tous les éléments inconnus, s'appelle les intégrer. » (2). (1) Francis Galton, Natural Inherilance, Londres, 1889. (2) Vilo VoLTERRA, Lcs Mathémal iqucs dan? les Sciences biolos^iqiics el sociales, Iraduclion par Ludovic Zorelli. PROCÈS-VERBAUX 23 N'est-ce pas là une des manières d'opérer de l'Anatomiste comparatif? Ne met-il pas successivement en présence le même organe chez les diverses espèces vivantes du groupe animal qu'il étudie ? Et, ensuite, lorsque cela est possible ne fait-il pas appel aux êtres géologiques? En agissant ainsi il partage, sans y songer peut-être mais par la force même des choses, le temps et l'espace en tranches excessivement réduites, comme le dit Vito Volterra. Il peut dès lors, avec faciUté, déterminer les parties prédominantes à l'exclusion de toutes autres et, en se basant sur les résultats partiels déjà obtenus, pour établir les lois qui ont présidé à l'évolution de l'organe considéré il n'y a plus qu'à rechercher comment ces parties prédominantes se sont comportées dans la suite des temps. Il est une autre méthode de raisonnement mathématique sur laquelle je crois devoir encore attirer l'attention, par le fait que, dans un certain nombre de cas, elle trouve son application en morphologie : la méthode statistique basée sur le calcul des probabilités. C'est Pearson qui mit en évidence l'importance de cette méthode dans le domaine des Sciences naturelles, principalement en ce qui concerne l'étude de l'évolution des êtres (1). En résumé donc, les raisonnements de nature mathématique ont eu et auront encore davantage dans l'avenir une énorme influence sur la logique des réflexions en Morphologie et plus particulièrement en Anatomie comparative. Certainement, comme Giard l'a écrit et comme je le faisais remarquer au début de cet article, bien des esprits se refu- seront à reconnaître une telle vérité : des naturalistes, en effet, contre toute évidence ne veulent pas admettre l'introduction des sciences mathématiques dans leur domaine ; comme, d'autre part, certains mathématiciens et physiciens dénient aux biologistes la juste compré- hension des sciences dont ils s'occupent. Il est vrai que lorsqu'il s'agit de simples observations telles que, par exemple, la constitution d'un appareil d'Insectes ou la structure d'un tissu, les mathématiques ne sauraient être de mise ; mais il n'en est plus de même lorsqu'on envisage le raisonnement. Là, qu'on le veuille ou non, la logique seule peut conduire à des résultats précis ; or la logique est sœur de la disci- (i) Karl Pearson : Contributions to tlie matheinaticat Ttieory of Evolution, Philosophical, transaction of the Royal Society of London, vol. 185, 1895. — . Mathematical Contributions to the Theory of Evolution, vol. 189, Londres, 1897. :^4 PROCES-VERBAUX pline intellecluelle et la connaissance des raisonnements malhémaliques seule peut donner au penseur celte discipline que ne possédera jamais celui qui n'a pas fait de sciences exactes. C'est ainsi que se dévoile la puissance des méthodes que les mathématiques mettent largement à la disposition de ceux qui savent s'en servir. (( En principe philosophique, le système des études mathématiques constitue nécessairement la véritable origine spontanée de Fart général ou raisonnement positif, dont l'esprit humain ne peut réaliser complè-' tement le libre développement qu'à l'égard des recherches à la fois les plus générales, les plus abstraites, les plus simples et les plus précises. ..... En examinant celle relation fondamentale sous un point de vue plus spécial, il est aisé de sentir que les principaux raisonnements biologiques exigent, par leur nature, un genre d'habitudes intellectuelles dont les spéculations mathématiques, soit abstraites, soit concrètes, peuvent seules procurer un heureux développement préalable. Je veux parler surtout de celle aptitude à former et à poursuivre des abstrac- tions positives, sans laquelle on ne saurait, en biologie, faire aucun usage rationnel et étendu, ni physiologique ni même simplement anatomique, de la méthode comparative proprement dite. » (1) Notes présentées par MM. Feytaud et Gendre. 1° Sur la Répartition des Gîtes d' « Anophèles maculipennis » et d' « An. bifurcatus » : MM. Feytaud et Gendre ont étudié, dans la Dordogne et la Gironde d'une part, dans la Meurthe-et-Moselle d'autre part, la répartition des gîtes des deux espèces d'Anophèles françaises [macuUpennis et bifur- catus). Leurs habitats diffèrent sensiblement. Le facteur essentiel de leur répartition paraît être la température du milieu aquatique. An. maculipcnnis se développe surtout dans des eaux stagnantes assez propres et ordinairement ensoleillées (mares claires, fossés, bords des étangs et des rivières) à végétation plus ou moins abondante, à température élevée (20''-25"). (1) Comte (Aiignstp). Cours de Philosophie posilive. toine lll. Bachelier. Paris. 1838. PROCÉS-VERBAUX . 25 An. bifurcalus affectionae les eaux pures, renouvelées et froides (12"-15°). On le trouve notamment dans les sources fraîches, les ruis- selets, les fontaines couvertes, les puits. La prédilection de cette dernière espèce pour les eaux à basse tempé- rature explique son développement plus précoce au printemps (Léger) et son extension dans la montagne (observations de Léger dans les Alpes et de Brolemann dans les Pyrénées). 2" Sur la Rés[Stance des Larves d'Anophèles dans les eaux picri- QUÉES : Dans les poudreries comprenant des fabriques de mélinite, on a eu l'idée de lutter contre les moustiques en versant des boues picriquées dans les pièces d'eau (réservoirs d'incendie, etc.). MM. Feytaud et Gendre, visitant un grand établissement de ce genre, ont remarqué que, si les eaux complètement saturées d'acide picrique ne renferment aucune faune, il se développe par contre un grand nombre d'insectes, en particulier des larves d'Anophèles, dans des eaux fortement dénaturées et teintées par les boues de fusion. Pour éprouver la résistance des larves de Culicides en miUeu picrique, ils en ont fait vivre dans des solutions titrées. Prenant comme base une solution sursaturée à la température de 20o5 (ce qui correspond d'après Marchand à 12 gr. 1/2 d'acide picrique pur par litre), ils ont essayé des dilutions progressives, jusqu'à 1/600. La survie des larves d'âge moyen de l'une et l'autre espèces d'Ano- phèles (maculipennis el bifurcatus) mises dans le miUeu d'expérience a été d'un quart d'heure seulement avec une dilution à 1/2, elle atteignait cinq heures à 1/25, quatre ou cinq jours à 1/100, une semaine à 1/400. A 1/600 la survie fut largement suffisante pour leur permettre d'évoluer jusqu'à la transformation en nymphes et de passer à l'état adulte. 26 PROCÈS-VERBAUX Réunion du 5 février 1919 Présidence de M. Dardié, Président iiiléiiniaire. Le procès- verbal de la précédente séance est lu et adopté. iM. Llaguet, notre Président mobilisé, déclare adhérera la propo- sition faite par M. Bardié à la dernière réunion et rappelée parle procès-verbal, de renouveler le bureau pour 1919 sitôt que nos collè- gues seront de retour. M. Bardié salue M. Llaguet, lui dit combien tous les Linnéens sont heureux de le voir au milieu d'eux et combien aussi il regrette que notre Président, quoique démobilisé, reste séparé de nous par la distance puisqu'il a décidé de se fixer à Arcachon. M. Llaguet répond qu'il lui est certainement pénible de quitter Bordeaux, mais qu'il est de son devoir d'aller là où il croit avoir à remplir une mission sociale. Mais, plus Linnéen que jamais, il reste uni à tous ses collègues et compte venir parmi eux toutes les fois qu'il le pourra. M. Bardié souhaite la bienvenue à notre nouveau collègue, M. Ber- trand, professeur à Saint- Genès. 11 espère beaucoup d'un représentant de ce groupe où nous avons compté le regretté M. Louis Viguié, où se sont formés Michel Moustier et Louis Roch, et où la Société est encore représentée par deu.x membres MlM. Sagaspe et Malvesin. COMMUNICATIONS M. Chaîne offre une intéressante brochure dont il est Fauteur, intitulée : « Études sur le développement du Lapin » et fait une intéres- sante communication sur « Les organes du vol chez la poule ». 1\L Llagurt annonce pour bientôt des photographies documentaires accompagnées d'explications sur deux cas de tératologie végétale. L'un est une exfoliation des pins, sorte de groupements de feuilles dits « Balais de sorcières » et dû à l'action de certaines bactéries ; l'autre une inflorescence produite par un groupement anorauil de cônes de pins. M. Bardié présente quelques observations et un vœu sur la conser- vation des forêts. PROCES-VERBAUX 27 M. Bertrand remarque à ce sujet que le déboisement ne sévit pas seulement à la campagne. On abat sans raison les arbres de certaines de nos places publiques et on ne les remplace pas. 11 cite certains cas précis, qui seront examinés et fourniront les matériaux d'une enquête sur la question. La séance est levée à six heures. Comparaison de la puissance des Organes du Vol chez les races de Poules Par J. Chaîne. Le point de départ de ce travail se trouve dans la phrase suivante de Godron : « Les Poules cochinchinoises et bramapoutres ayant été mises pendant une longue suite d'années dans l'impossibilité d'exercer* le système musculaire qui meut les ailes, les muscles pectoraux sont devenus moins gros et moins actifs et les ailes se sont raccourcies. » (1) 'C'est un phénomène bien connu que tout organe qui ne travaille pas a tendance à se réduire, aussi mon but en entreprenant des recherches sur cette question a-t-il simplement été de montrer l'importance de celte réduction et de déterminer ses conséquences sur l'ensemble de l'organisme. Je n'ai donc pas limité mon étude aux muscles des ailes et aux dimensions de ces parties, j'ai poussé beaucoup plus loin mes observations; mais ici, dans 'cette première note, je me bornerai à donner les résultats obtenus par des mensurations portant sur les divers organes du vol. ; J'ai choisi comme matériaux d'études les Poules cochinchinoises, race ne volant pas, et les Poules minorques qui sont, au contraire, très bonnes voihères. Dans chacune de ces races j'ai examiné les mâles et les femelles. Je n'ai pas comparé entre eux les nombres représentant les mesures des organes mêmes, ce qui n'aurait eu aucun sens mes sujets ayant des tailles différentes, mais bien les quotients par ces nombres de certaines mesures portant sur le corps entier de mes Oiseaux (poids, longueur, volume, surface). Voici comment j'ai déterminé les mesures portant sur le corps entier : (1) Godron : Sur l'espèce et les races chez les êtres organisés. 28 PROCKS-VERBAUX Le poids est celui de l'animal vivant ; La longueur est mesurée de rexlrémité du bec à l'extrémité du crou- pion. J'ai laissé la queue en dehors de mes mesures parce qu'elle est plus ou moins longue suivant que l'animal est bon ou mauvais voilier; en faisant entrer la queue dans la mesure de la longueur j'introduisais une variable, d'où une cause d'erreur; Le volume a été mesuré sur l'animal plumé, plusieurs épreuves faites sur le même sujet emplumé m'ayant donné des résultats différents ; J'ai déterminé la surface, d'une façon approximative, par l'expression empirique k L, y)"" oîrV représente le volume, que j'ai préféré à la formule également empirique, acceptée par quelques auteurs, kvVp^ où P représente le poids. J'ai obtenu kr=13 par de nombreux essais effectués sur des poules ordinaires. Il est à remarquer que les résultats fournis par les expressions k |w^ y)^ et k kV p^ diffèrent très peu l'iHi de l'autre. 1'' Aile. — J'ai mesuré l'envergure de l'Oiseau, puis la longueur, la largeur et la surface de l'aile. Toutes ces mesures ont été prises les rémiges en place et l'organe étendu comme dans le vol. Avec ces données j'ai établi les résultats suivants : 10 X long, corps envergure 10 X long, corps long, aile Surf, corps surf, aile Coq cocliiu. Poule cocliin. Coq miiiorqiie Poule niiiiorque = 7 7 5,5 6 = 14 15 12 12,5 = 11 13 7 10 Ces résultats démontrent bien que les ailes sont plus développées chez les Minorques, race qui vole, ([ue chez les Cochins qui ne volent pas. Déterminons maintenant les caractéristiques de l'aile : racuité et l'indice. F. Houssaye et A. Magnan ont ainsi défini l'acuité [[) : « le rapport de l'envergure absolue à la largeur absolue maxima de l'aile ». J'appellerai indice le quotient de la longueur par la largeur : (1) F. Houssaye el A. Magnan : Jj'envei'j^iii'e d la queue des Oiseaux. C. B. Acad. des Sciences, 1912, T. 154, p. 31). PROCES-VERBAUX Coq cocliiii, Poule cochiii. Coq minorque Poule minorque Acuité de l'aile. . . 430 456 353 385 Indice de l'aile. . . 205 213 155 180 20 L'acuilé et l'indice de l'aile sont donc notablement plus faibles dans la -race bonne voitière que dans l'autre. Dans l'élude du vol des Chéiroptères Bizot a introduit le calcul d'un nouvel indice, Vindke brachial, qu'il définit : le rapport de la longueur n, , ,, , • 100 X Ions-, bras ,, . du bras à celle de 1 avant-bras, soit ^f-; J ai pense qu il long, avant-bras. pourrait être intéressant de déterminer l'indice brachial de mes sujets ; sa détermination m'a donné les résultats suivants : Coq cochin, Poule cochin, Coq minorque Poule minorque 105 104 103 102 Ces résultats montrent que l'indice bi'achial des Cochins, mauvais voiliers, est supérieur à celui des Minorques, bons voiliers. 2° Muscles pectoraux. — J'ai réuni les divers pectoraux d'une même aile, j'ai mesuré le poids et le volume de cet ensemble et établi les quo- tients suivants : 10 X poids corps poids pectoraux Coq cochin. Poule cochin. Coq minorque Poule minorque 390 280 199 189 10 X volume corps ^ ^^^ ^^^ 196 169 ■ vol. pectoraux Ces résultats montrent que les muscles pectoraux ont un poids et un volume proportionnellement plus élevés par rapport au poids et au volume du corps chez les espèces qui volent que chez celles qui ne volent pas. 30 Queue. — La queue jouant un rôle important dans le vol j'ai également recherché ses caractéristiques ; dans les mesures j'ai laissé de côté les grandes plumes du coq formant panache; j'ai déterminé Ja surface de la queue étalée comme dans le vol. J'ai obtenu les résultats suivants : 30 PROCl":S-VERBAL'X 100 X surface corps surf, queue longueur corps Coq cocllin. Poule cochiii. Coq minorqiie Poule minorque 381 587 205 310 longueur queue = 42 48 20 20 100 X long. indice de la queue = ~ 83 78 00 71 larg. Ces nombres monlrenl que la queue esL plus développée proportion- nellement au corps chez les races qui volent que chez celles qui ne volent pas. Enfin si je compare ces résultats aux nombres qui représentent l'acuité de l'aile je trouve une confirmation de l'observation de F. Hous- saye et A. Magnan qu'à une grande acuité de l'aile correspond une courte queue. Réunion du 12 mars 1919. Présidence de M. A. Ijardié. Présidenl inlériniaire. i\I. LE PaÉsm^xT souhaite la bienvenue à M. Pain, récemment démobilisé. Il félicite, au nom de tous les Linnéens, M. Duvergier qui a gagné la Légion d'honneur sur le champ de bataille et en revient indemne ainsi que ses trois fils. Il annonce que notre collègue, M. le D'" Barrère, vient d'être promu médecin-major ; la Société Linnéenne lui adresse ses bien vives félici- tations. CORRESPONDANCE Lettre de M. Rozier^ trésorier, au sujet du legs Motelay, annonçant que la famille de notre regretté. Président honoraire prend à sa charge les droits de succession. M. le Président exprimera les remerciements de la Société. Communication du « Répertoire de Bibliographie Scientifique » demandant l'avis de la Société sur cette publication. Or nous ne l'avons jamais reçue ; c'est donc la seule réponse que nous puissions y faire pour le moment. PROCES-VERBAUX PRÉSEiNTATION M. Aurélien Claverie, habilant Langoiran (Gironde), présenté comme membre auditeur par MM. Bardié et Breignet. PERSONNEL M. Bon qui, démobilisé, a quitté Bordeaux et repris son siège de juge au Tribunal de Montmorillon, demande à être membre corres- pondant. La Société, regrettant vivement le départ de notre collègue, accepte sa proposition et espère qu'il voudra bien, de temps en temps, nous communiquer le résultat de ses observations et de ses recherches. ADMINISTRATION M. Breignet rappelle que, lors d'une précédente séance, une discus-, sion s'est engagée au sujet de l'attitude qu'il convient d'adopter envers les Sociétés allemandes. Il lit à ce propos la récente lettre écrite par M. le recteur Thamin en réponse à la communication faite par l'Université d'Upsal des protestations de deux Universités allemandes. Dans sa lettre, M. le Recteur propose de ne point renouveler les relations tant que ne sera pas disparue la génération qui s'est désho- norée par ses cruautés au cours de cette guerre. M. Breignet ajoute combien une entente serait opportune sur un tel sujet entre toutes les Sociétés Scientifiques de France. M. RozTER soulève la question des collections déjà données à la Linnéenne ou qui lui sont destinées. Manquant de place pour les installer, il faut obtenir des pouvoirs publics le local nécessaire. Ces collections d'études ne feront point double emploi avec les collections d'exposition du Muséum du Jardin public. Elles sont indispensables à l'œuvre de diffusion scientifique que poursuit notre Société. Elles facili- teront singulièrement la tâche des amateurs débutants et rendront attrayante une initiation qui, réduite à la sèche théorie des traités, risque fort de rebuter les plus courageux. Après un échange de vues à ce sujet, il est décidé qu'une délégation fera une démarche auprès delà Municipalité et lui remettra un mémoire. M. D.wDiE propose de mettre à l'étude quelques excursions et de .>^ l'ROCIiS-VF.HBAL'X reprendre les réunions bi-mensuelles. Ces deux propositions sonl prises en considération. Fiches de Botanique et d'Entomologie. — iM. Breignrt met la Société au courant du travail qu'il a courageusement entrepris et mené à bien pour une bonne part déjà, en vue de dresser le catalogue de la Flore et de la Faune de la Gironde et des déparlements limitrophes. Il annonce que M. Lambertie s'est chargé des (iches concernant les Coléoptères et (lue son travail est terminé ; il a le plaisir de le présenter à la Société. M. LK Prksidext remercie et félicite très vivement M. Breignel et M. Lambertie du dévouement scientiliquo qu'ils ont montré une fois de plus. 1\I. IMalvesin, qui a déjà eu bien souvent l'occasion de mettre à contribution les fiches si parfaitement dressées par M. Breignet, témoi- gne de l'utilité et de l'intérêt très grands que présente un tel répertoire. Les recherches en sont de beaucoup facilitées avec la certitude presque complète de posséder à peu près toute la bibliographie régionale de l'espèce considérée, ce qui est très précieux. M. Breignet dépose au nom de M. Llaguet deux brochures sur les travaux de l'Association centrale pour l'aménagement des montagnes : i'^ dans les Alpes françaises; 2" dans la chaîne des Pyrénées. COMMUNICATIONS .M. Chaîne présente un certain nombre d'objets fabriqués en Alle- magne en tissu de papier. Déjà il avait entendu parler d'un hùtel de Hambourg où les draps de lit et même les serviettes de toilette étaient en tissu de papier. Ces temps derniers il a pu se procurer un certain nombre d'objets de cette sorte provenant d'Alsace-Lorraine. Le papier, coupé en longues bandes étroites, est enroulé, constituant une sorte de fil plus ou moins gros, qui est ensuite tissé de différentes façons en combinant parfois même des fils de différentes couleurs. M. Chaîne fait circuler ces objets et chacun peut apprécier la solidité de la ficelle et de la grosse toile, la finesse d'imitation des étoffes de robes imprimées en bleu et blanc et de la (s gabardine y>, la légèreté d'un faux-col souple et d'une casquette, la résistance des bretelles où tout est en papier sauf les boucles métalliques, l'élégance de pan- toufles, la souplesse d'un torchon. M. DuvERGiER fait observer que l'invention dos tissus de papier est PROCES-VERBAUX 33 italienne et antérieure à la guerre, les Allemands n'ont fait que l'appli- quer en grand pour remédier à la pénurie des matières premières. M. DuvERGiER raconte comment il a pu faire de la géologie jusque sur le front, dans les tranchées. M. Eyquem écrit à M. Bardié qu'il a remarqué à la poudrerie de Saint- Médard un tilleul entre les grosses branches duquel a poussé un superbe pied de Sambucus nigra couvert de feuilles. Cela constitue une véritable greffe naturelle vivant aux dépens des vaisseaux hbéro- ligneux du tilleul. Pittosporum des Archives Départementales . — M. le Président fait une communication au sujet du Pittosporum des Archives Départe- mentales. Le remarquable sujet dont la Société s'est occupée l'année dernière n'a pas été détruit ni transplanté, mais a été taillé de telle façon que sa physionomie s'en trouve étrangement modifiée. Informé de ce fait, notre Président s'est aussitôt rendu auprès de gens du métier, pour savoir d'eux le préjudice que cette opération pouvait causer à notre arbrisseau. Or, il a appris que l'horticulteur chargé du travail s'était avec hésitation et regret résigné à l'important émondage qui lui était imposé ! Toutefois, il se serait opposé à cette coupe s'il n'avait été persuadé qu'elle ne pouvait être fatale à un sujet aussi vigoureux. Il est vrai, ajoute-t-il, que pendant plusieurs années, l'arbrisseau n'aura pas son élégance d'autrefois; mais, peu à peu, les grosses brandies dénudées se garniront de rejets, et le Pittosporum reprendra, par la suite, sa jolie forme naturelle. A ce propos, la Société vient de recevoir d'un ami des vieux arbres, au courant de nos démarches, la copie d'une partie du rapport que M. Brutails, archiviste départemental, a adressé au Conseil général pour l'exercice 1917-1918, et où il est question du Pittosporum. Ce rapport se termine ainsi : « ... Je devrais peut-être vous entretenir des incidents survenus au sujet de l'arbuste qui décorait jadis, qui envahit présentement la cour des Archives. Mais je ne vois guère le moyen de conter comme il conviendrait dans un rapport administratif cette histoire burlesque. « Signé : L'Archiviste départemental, (( Brutails. » L'Assemblée tout entière manifeste sa surprise indignée de voir qualifier de burlesque la défense que notre Société a prise d'un arbris- P.-V. 1919. 3 .J-1 PROCliS-VKRBAUX seau extraordinaire qui est en même temps un souvenir local ; aussi se réserve-t-elle d'envoyer sa protestation à qui de droit. En effet, l'on admettra difficilement qu'une Société qui depuis cent ans s'occupe d'histoire naturelle ne puisse s'intéresser au sort d'un végétal remar- quable au même titre que les Sociétés Archéologiques ou Historiques qui défendent les vieilles pierres? En outre, un fonctionnaire logé dans un bâtiment public peut-il se débarrasser, pour des motifs personnels, d'un arbrisseau que recom- mandent son âge, sa taille, sa beauté ornementale, et aussi les souve- nirs d'un vieux passé bordelais? Il n'est jamais venu à l'idée des habitués ni des visiteurs occasionnels des Archives de se plaindre d'être gênés par le Pitîosponim qui faisait leur admiration et dont les fleurs au parfum pénétrant les embaumaient au passage. Notre Société ne peut que se féliciter de la campagne qu'elle a menée. Le séance est levée à 6 heures 3/4. Réunion du 2 avril 1919 Présidence de M. Bardik, Présidenl intérimaire. Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté. M. LE PaÉsmEXT souhaite la bienvenue à M. le D'' Lamarque, récem- ment démobilisé. CORRESPONDANCE Lettre de M. le D'' Calmette, directeur de l'Institut Pasteur de Lille, accusant réception de la lettre de sympathie qui a été envoyée aux Professeurs de Lille victimes des brutalités allemandes; De M. Surgis demandant des renseignements sur les Frankeniacées exotiques ; De M. le D'" Blondel de Joigny fils, à Arcachon, annonçant son désir de vendre la bibliothèque et les collections entomologiques de son père, ancien Linnéen. PROCES-VERBAUX ^S PERSONNEL Un télégramme a fait part du décès de M. Leymon, membre honoraire, habitant Floirac. Sur avis favorable du Conseil M. Claverie, habitant rue David- Johnston, s'occupant d'Histoire Naturelle, présenté par MM. Bardié et Breignet est élu Membre auditeur. ADMINISTRATION M. LE Président annonce que le Conseil a examiné la question des élections et a décidé de les faire en novembre quand tous nos collègues mobilisés seront de retour, A la rentrée nos réunions, mensuelles depuis la guerre redeviendront bi-mensuelles. COMMUNICATIONS Lettre de M. Lambertie au sujet de deux découvertes entomologiques dé M. Tarel fils, de Bergerac, quia Tintention de devenir notre collègue. M. Feytaud fait une très intéressante communication sur VAraujia albens. M. Bertrand cite un certain nombre de faits qu'il verse au dossier de la question du déboisement. M. LE PRÉsmENT, à ce sujet, signale les excellente articles de M. E. Bodin, directeur du périodique bordelais « Bois et Résineux », Sur sa proposition la Société vote des félicitations à M. Bodin pour son intéressante et courageuse campagne. La séance est levée à 7 heures. Note sur deux nouvelles aberrations de la « Cicindela hybrida L, » (Coléoptères) Par Maurice Lambertie. Dans une excursion qu'a faite M. P. Tarel à Amélie-les-Bains et cà Sonlac, il a trouvé entr'autres de Cicindela vulgaires, deux aberrations de Vhijbrida L. ab. circumflexa Beuthier et semi-humeralis Beuthier. 3G PROCÈS-VERBAUX L'aberration circumflexa n'est signalée que de Fontainebleau et de Postdam et semi-humeralis de Marseille et de Hongrie. Nous devons être reconnaissants à ce jeune entomologiste pour ces découvertes. 11 faut espérer qu'il en apportera de nouvelles qui enri- chiront notre chère science. Note sur une nouvelle aberration de la « Gicindela hybrida L. » (Goléoptère) Par Maurice Larrvbertie. Dans une note parue dans la revue (1) Miscellanea Entomologica, M. Pierre Tarel a décrit une nouvelle aberration de la Cicindela hybrida L. Voici la descrip'.ion de cette aberration que ce jeune entomologiste a dénommé ab. Delugini P. Tarel. Bronzé cuivreux : palpes labiaux clairs, non métalliques; écusson et suture très cuivreux : lunule humérale non interrompue ; fascie médiane courte, épaisse, presque de largeur égale, médiocrement angulée et arquée, « s'unissant à la lunule apicale, sur le bord de Télytre, par une bande assez large résultant de la dilatation extrême de la fascie médiane à sa partie inférieure. » Il est à placer près de l'aberration circumflexa Beuthier. Capturé le 7 juin 1915 à Amélie près Soulac, sur les dunes abruptes qui longent l'Océan. Sur le fonctionnement du piège de 1' « Araujia albens » Par le D' J. Feytaud. Beaucoup de livres et d'innombrables ai'tii'les ont mis en lumière les remarquables adaptations des insectes et des fleurs. Les auteurs se plaisent à nous montrer le merveilleux agencement du cornet de l'Aristoloche, des étamines à bascule de la Sauge et des pollinies (i) Voir Miscellanea Entomolorjica, vol. XXII. PROCES-VERBAUX Ô I d'Orchidées. Ils nous font entrevoir, avec ces exemples, une parfaite harmonie entre la fleur et l'Insecte butineur, l'attrait du nectar incitant celui-ci à visiter les corolles, dans lesquelles il se charge ou se débar- rasse inconsciemment du pollen fécondateur. Or cette merveille d'harmonie est parfois en défaut ; la règle comporte des exceptions. Quelques fleurs en effet, douées d'un vif attrait pour les buveurs de nectar, sont agencées de telle sorte que ceux-ci restent accrochés et meurent sur place sans aucun profit pour la plante. Un exemple remarquable nous est fourni par l'Araujia (Araujia ou Physianthus albens G. Don = ser/c?/era Brot.), Asclépiadée sud-améri- caine largement répandue dans les jardins de Bordeaux et de la banlieue. Les fleurs de cette plante prennent des papillons^ surtout des Sphinx (Sphinx convolvuli L., Macroglossa stellatarum L.), des Noctuelles {Plusia gamma L., Mamestra oleracea L., etc.) et des Piérides (Pieris brassicœ L., Pieris rapœ L.), ainsi que des Abeilles [Xylocopa violacea Fabr., Bombus hortorum L., Apis mellifica L.). Je me propose de donner ailleurs une étude plus générale sur l'Araujia (1). Dans la présente note je veux seulement préciser comment fonctionne son piège. Les deux ovaires, avec les cinq étamines qui sont appliquées à leur surface, forment, au centre de la fleur, une pyramide pentagonale. Les arêtes correspondent à l'aff'rontement des lames bordantes de deux étamines voisines, lames saillantes disposées comme les volets d'une fenêtre et séparées par une étroite rainure, sur le haut de laquelle chevauche le groupe de deux poUinies jumellées de part et d'autre d'un rétinacle noir (fig. 1). L'extrémité inférieure des lames, beaucoup plus saillante que l'autre, forme un bec bifide surplombant un nectaire. L'insecte, pour butiner, doit placer sa trompe juste entre les deux pointes du bec, en face de la rainure ; quand il la retire, elle s'engage forcément entre les lamelles. Lors de la maturité du pollen, celles-ci cèdent à la pression et la trompe remonte aisément jusqu'au rétinacle, qu'elle accroche et qu'elle soulève, emportant avec lui les deux poUinies attenantes. Par contre, avant la maturité, les lamelles étant rigides et les poUinies non libérées, la trompe se coince, plus ou moins haut selon son calibre, (1) Dr J. Feytaud. — Les fleurs-pièges : V Araujia albens. (Bull. Soc. Zool. Agri- cole, Bordeaux, 1919). 38 TROCES-VERBAIX , St ■A --- £ FiG. 1. — Vue schématique de la fleur d'Araujia dont le calice et la corolle sont enlevés. e, lamelle pétaloïde de l'ë lamine ; /. lamelle bordante p. pollinie: /■. rélinacle : n. nectaire: a7. stigmate. h FiG. 2. — Schéma des trois modes de captnro : A. Coincement entre les lamelles bordantes de deux étamines voisines (face et profil) : B. Accrochage au bord inférieur d'une lamelle (face). G. Coincement des poUinées lixées à la trompe (face et prolil). /, trompe : ;•, rétinacle : p, pollinie : /•', rclinalc fixe ii la trompe : />'. poUinics engagées sous les lamelles. PROCÈS-VERBAUX 39 soit dans la fente interlamellaire, soit dans l'incisure du rétinacle, et l'insecte ne parvient pas à s'en dégager (fig. 2 A). Ce mode.de capture est déjà indiqué par MM. Marchand et Bon- jour (1). Mais il en est un autre que je considère comme très courant et que je n'ai vu signalé nulle part. C'est le cas d'un papillon ou d'une abeille portant déjà sur sa trompe un bissac de pollen. Marchand et Bonjour considèrent- comme sauvé le Papillon ou l'Hyménoptère qui, visitant une fleur mûre, réussit une fois à se dégager en enlevant un appareil poUinique. En fait cet Insecte est plus exposé que jamais à se faire prendre. L'accrochage du rétinacle s'est produit près du bout de la trompe chez le Papillon, immédiatement au- dessus du cuilleron chez l'Abeille. Pour boire une nouvelle coupe de nectar, soit sur une autre fleur d'Araujia, soit sur un autre angle de la même fleur, l'Insecte fait glisser sa charge (rétinacle et pollinies) sur la pente des lamelles. Le paquet parvient au bec, le franchit, s'engage au-dessous des lames, mais ne passe pas dans la rainure beaucoup trop étroite pour hii. La trompe, solidaire du rétinacle et, par suite, de tout l'appareil pollinique qu'elle a pris en charge, se trouve retenue par lui comme une corde par un nœud (fig. 2 C). Ainsi le butineur, après avoir échappé à la menace d'un premier piège grâce à l'enlèvement d'un bissac de pollen, peut être pris secon- dairement dans un autre par le fait même de cette charge qui s'unit trop intimement à la trompe. Réunion du 7 mai 1919. Présidence de M. Bardié, Président intérimaire. CORRESPONDANCE Lettre de la Société de Vulgarisation de Zoologie agricole de la Gironde émettant le vœu que soit créé à la Faculté de Bordeaux une (1) E. Marchand et S. Bonjour. — Sur les fleurs-pièges de YAraujia sericifera et du Mandevillea suaveolens. (Bull. Soc. Se. nat. de l'Ouest, Nantes, 1899, p. 57-84). 40 PROCÈS-VERBALX maîtrise de conférences de zoologie appliquée. Ces conférences devant être faites le jour et complétées par des tournées à la campagne. Ce vœu appuyé par M. Breignet est adopté à l'unanimité. Lettre de M. Macalister, professeur d'archéologie à l'University Collège de Dublin, demandant la permission de reproduire des illustra- tions de nos actes en indiquant la provenance. Une deuxième lettre du même remercie de l'autorisation qui lui a été accordée. Lettre de la Fédération Française des Sociétés de Sciences naturelles. Cette lettre, accompagnée des statuts, est remise à J\l. Chaîne pour qu'il veuille bien en présenter l'analyse. Lettre du rédacteur en chef du périodique bordelais ^Oi5 el Résineux, remerciant le Président des félicitations qu'il lui a adressées au nom de la Société. Dans un article de son journal il reproduit les félicitations de la Linnéenne et dit qu'elles sont pour lui un précieux encouragement. ADxMINISTRATION M. Breignet communique une lettre de M. LIaguet proposant une excursion à faire prochainement à Arcachon. La proposition est adoptée et la date fixée au l'''' juin. Au sujet de la fête Linnéenne une commission composée de MM. Bou- chon, Daydie et Malvesin est nommée pour choisir une localité et organiser l'excursion. M. Breignet rend compte des heureuses démarches qu'il a faites pour obtenir à l'Athénée une salle destinée à recevoir nos collections. Grâce à la bienveillance de M. l'Adjoint aux Beaux Arts, à l'appui de notre collègue i\I. Journu, adjoint lui aussi, M. Breignet a obtenu une promesse formelle. J\L LE Président propose à la Société, qui accepte à l'unanimité, de voter des félicitations et des remerciements à M. Breignet dont le dévouement inlassable vient encore de se déployer sans compter. La Société vote également des remerciements à M. Degrange-Touzin qui, par une lettre adressée à M. le Président, lègue ses précieuses collections à la Société Linnéenne. PROCES-VERBAUX PERSOiNNEL 4i Sur avis favorable du Conseil est admis comme membre titulaire M. Plomb (Jean-Georges), demeurant à Talence, rue Edison, s'occu- pant de botanique et présenté par MM. Bardié et Breignet.- DONS Don par M. Lambertie de divers spécimens d'erpétologie. Don par M. Breignîet du Cours de Minéralogie de De Lapparent et par M. Lambertie du Catalogue des Coléoptères d'Europe par Lambert. COMMUNICATIONS ^L Chaîne lit deux communications : Contribution à la Biologie du Néophron percnoptère ; l'autre sur un cas de parasitisme de « Sambucus » signalé par M. Eyquem. M. Breignet présente un nématode trouvé dans un poisson et sur un cas curieux de survivance chez deux Lépismes. Communication de M. le doctem' Gendre : Description du mâle cV « Echinuria Leptajjtili » Ged., Dispharage parasite du Marabout. La séance est levée à 7 heures. Contribution à la biologie du Néophron percnoptère Par J. Chaîne. Au cours d'un voyage au Maroc il m'a été donné de visiter l'autru- cherie de Meknès. Je ne dirai rien de celle-ci bien que je fus très vivement intéressé par ce que j'y vis, voulant simplement me borner, dans cette courte note, à rapporter un fait étrange conté, à mes compa- gnons d'excursion et à moi, par un des gardiens de l'étabUssement. Je le donne tel que je l'ai entendu, assurant seulement l'authenticité de la conversation. Le gardien en question après nous avoir présenté ses pensionnaires et fait assister à un de leurs repas, nous fournit certains détails sur l'élevage des Autruches, et, entre autres choses, nous décrivit les nids 42 PROCÈS-VERBAUX que les mères établissent en certains endroits du parc qui leur est affecté. En visitant ces nids, en dehors des moments de couvée, les gardiens, à maintes reprises, constatèrent la présence de pierres entre- mêlées aux œufs et souvent trouvèrent même des œufs brisés. Chaque fois ils enlevaient avec soin les pierres et les débris de coquille, mais aux visites suivantes, faites le lendemain ou quelques jours après, il leur arrivait fréquemment de retrouver, dans les mêmes nids, des pierres et des œufs cassés. Très intrigués par ce phénomène qui se reproduisait d'une façon assez générale toujours avec les mêmes caractères et qu'ils ne pouvaient pas expliquer, ils décidèrent de se mettre à l'alTùt près d'un nid, bien cachés de façon à n'être aperçus par qui que ce soit, et d'observer attentivement ce qui se passerait. Au cours d'un de leurs guets, ils virent un A'éophron percnoptère. Oiseau très commun dans la région, volant en quête de nourriture au-dessus du parc. Lorsqu'il découvrit un nid d'Autruche, il s'en approcha et, prenant une pierre dans son bec la jeta contre les œufs d'une assez courte distance ; lorsqu'un œuf était brisé il en mangeait le contenu répandu dans le nid. Plusieurs fois il recommença .la même opération. A diverses reprises les gardiens de l'autrucherie auraient été témoins d'un tel manège. L'homme qui nous narrait cette histoire ajouta que quelques-uns de ses camarades auraient vudes Néophrons remonter dans les airs avec une pierre au bec pour la laisser retomber de haut sur le nid ; mais ni lui, ni les autres gardiens ni virent jamais les Oiseaux frapper directement les œufs avec leur bec pour les casser. Les pertes causées par ces manœuvres seraient assez importantes. Comme nous paraissions un peu sceptiques, notre guide nous conduisit dans une petite salle, sorte de musée où sont réunis divers objets concernant l'autrucherie de Meknès, pour, dil-il, nous fournir les preuves irrécusables de la véracité de ses dires. Là, il nous montra des pierres qu'il lious certifia avoir été ramassées dans les nids et des débris de coquilles d'œufs qui auraient été cassés par les Néophrons ; jniis il nous fit voir un bel Oiseau empaillé, accroché à la muraille, les ailes étendues, avec une pierre en son bec, et nous le présenta comme un des auteurs des méfaits qu'il nous avait décrits, tué sur le champ même de ses exploits. Cet Oiseau était évidemment un .Xéophron percnoptère, magnifique spécimen bien adulte ; c'est tout ce que je puis nettement affirmer sur tout ce que je viens de rapporter, car c'est la seule chose que j'ai personnellement vue. PROCES-VERBAUX 43 De retour en France, j'ai dépouillé avec soin la bibliographie ornilho- logique, aussi bien au chapitre dn Néophron, qu'à celui de l'Autruche, pour y découvrir quelque relation pouvant confirmer ou infirmer ce que j'avais ouï dire à Meknès. Je n'ai absolument rien trouvé, si ce n'est le passage suivant, extrait de Brehm, qui montre bien qu'à l'occa- sion le Néophron ne dédaigne pas les œufs d'Oiseaux: « Bolle dit qu'aux Canaries, le Néophron est regardé comme un des plus grands pillards de nids. Don Lorenzo Maurel raconta à Bolle qu'il ne pouvait que très difficilement élever des paons, car les Percnopléres en dévo- raient tous les œufs à peine pondus. » Au Maroc, les Néophrons percnoptères sont assez communs; les indi- gènes les appellent rokhmas. A Meknès, ils nichent dans les rochers de El Hajdeb, distants de la ville d'une trentaine de kilomètres environ ; ils n'en descendent pour venir dans la plaine que de mars en septembre époque qui correspond à celle de la ponte de l'Autruche ; ils se réunis- sent parfois en bande de vingt à trente individus et chassent constam- ment pour rechercher les charognes dont ils se nourrissent; c'est au cours de ces chasses qu'ils s'attaqueraient aux œufs lorsqu'ils décou- vrent un nid. Sur un cas de parasitisme de « Sambucus » signalé par M. Eyquem Par J. Chaîne. Dans la séance de notre Société du mois de mars dernier, il fut donné lecture d'ime lettre de M. Eyquem signalant une curieuse union d'un Sureau et d'un Tilleul. En deux mots, je rappellerai le fait : Dans la cour de la poudrerie de Saint-Médard, près Bordeaux, croît un Tilleul entre deux branches duquel a pris naissance un Sureau. Ce dernier pousse avec vigueur et le Tilleul, de son côté, ne paraît nullement incommodé de cette associa- tion quelque peu insolite. Cette union suggéra à M. Eyquem les réflexions suivantes que nous trouvons dans sa lettre: « Je crois à une greffe naturelle, c'est-à-dire que la radicelle du Sambucus ayant été soudée par la nature au Tilleul, ce Sambucus doit prendre sa nourriture par les vaisseaux libéro- 44 PROCÈS-VERBArX ligneux du Tilleul; cesl ce dernier qui lui donne une partie de sa sève. Celte greffe naturelle me surprend beaucoup car elle doit être plus commune que je ne le crois. » Bien que n'étant pas botaniste, je crois pouvoir prendre part à la discussion ainsi ouverte par M. Eyquem, d'autant plus que celui-ci semble demander un complément de documentation. Je n'ai pas vu le sujet en question, je ne saurais donc rien en dire, et, par suite, encore moins me Jjaser sur lui pour en inférer quoi que ce soit; du reste, mon incompétence en ce qui concerne des végétaux ne m'incite guère à le faire. Aussi me bornerai-je à simplement éclairer le débat en apportant ici l'opinion de personnes plus qualifiées que je ne le suis. Dans une intéressante étude sur la vie et la mort des espèces (1) E. Rabaud pose exactement la même question que M. Eyquem. Parlant du conflit pouvant résulter de la rencontre d'individus, provoquée ou non par une certaine affinité, il écrit : « La mort d'un certain nombre d'entr'eux s'ensuit, mais pas forcément la mort pure et simple. Si, parfois, les plantes meurent et se désagrègent, si le cadavre de l'agres- seur tué se désorganise sur place, une autre éventualité peut cependant se produire : l'un des individus ne deviendrait-il pas parasite de l'autre? Bien qne n'ayant pas été directement constaté, le fait semble très probable, et affirmer sa réalité revient certainement à exprimer plus qu'une simple hvpothèse. » L'observation de M. Eyquem prend donc ainsi une réelle importance puisqu'elle fournit la constatation directe qui manquait à Rabaud, si toutefois il est bien exact, comme d'ailleurs rien ne parait s'y opposer, que le Sureau se nourrit aux dépens du Tilleul. Du reste, cela semble d'autant plus possible que des expériences assez récentes de Maillard tendent à prouver qu'une plante normalement libre peut se transformer en parasite si les circonstances l'y contraignent. Maillard, en effet, dans certaines conditions de milieu qu'il indique (2) a réussi à faire vivre en semi-parasite le Cresson alénois (Lepidium sniivum, L.) sur le Haricot ordinaire (Phaseolus vulgaris L.). Les racines du Cresson s'enfoncèrent dans les tissus du Haricot et prirent la forme de suçoirs tout comme les racines des plantes depuis long- (1) E. Rabaud. Essai sur la vie et la inorl de.s espèces. Hullelin Scienlifîqne de la France et la DelQirjue, T. 50, 1917. (2) M. Maillard. Le Lepidium salivum rendu semi-parasite expérinieulalemenl, C.-R. Acad. des Sciencen, T. 150, 1913. PROCÈS-VERBAUX 45 temps adaptées à la vie parasitaire, détournant ainsi à l'avantage du Lepidiuvi une partie des aliments destinés à l'hôte. Il est d'ailleurs très probable que l'existence à l'état spontané de parasites partiels tels que Osyris alba L., Thesium devaricatum Jan., Melampyrum arvana^, L. dérivent d'un phénomène qui consiste à ce que des racines de végétaux accumulés en quantité dans un espace restreint pénètrent dans des racines voisines car, comme le fait remar- quer très justement Rabaud, on peut voir une preuve directe de ce processus dans le fait que Osyris alba L. développe des suçoirs jusque dans ses propres racines. J'ai tenu à signaler ici ces remarques qui semblent répondre par l'affirmative à la question posée par notre collègue M. Eyquem, Description du mâle d' Echinuria leptoptili Gedoelst, Dispharage parasite du Marabout Par E. Gendre. Gedoelst (l)a faitconnaîtreenl916souslenom cV Echinuria leptoptili, un dispharage de l'estomac (?) du Marabout, Leptoptilus criimeni fer Less., recueilli à Dolo, au Congo belge, par le D'' Rovere, dont il n'a eu à sa disposition que des femelles. Or, en examinant la collection faite par le D'' Bouet en Afrique Occidentale française, j'ai trouvé dans un tube, sans aucune indication de l'organe où ils avaient été aperçus, 33 spéci- mens dont 1 mâle de ce çnême Dispharage récoltés aussi chez un Marabout à Bodjécali (Dahomey), en janvier 1910. Il m'a paru intéres- sant de décrire ce mâle afin de compléter les caractères de l'espèce. Echinuria leptoptili Gedoelst. Mâle. — Dimensions : longueur totale, 6 "V" 55 ; largeur m/"' 2G. Longueur du pharynx, "'/"i 15; de l'œsophage, "V" ^^l du ventri- cule, 1 '"/"i 66; de la queue, "i/"^' 16 (1/40 environ de la longueur totale). «Corps jaune pâle, graduellement aminci de part et d'autre, mais (1) Gedoelst : Notes sur la faune parasitaire du Congo belge {Revue Zoologique Africaine, vol. V, fasc. 1, pp, 52-53, 1916). 'id PHOCKS-ViaUiAL'X d'une façon beaucoup plus sensible en avant qu'en arrière. (ailiciiU» striée transversalement. Pas de membranes latérales. ft Tête conique, constituée par deux lèvres latérales et égales présen- tant chacune près de leur base deux papilles sur la face externe. Bouche ovalaire, dorso-venlrale. Cordons cutanés, au nombre de quatre, naissant |iar paires aux commissures labiales et s'étendant en ligne droite le long des lignes submèdiaues, sans faire un relief notable à la surface du corps, sur une longueur de '"/'" 01, c'est-à-dire en arrière du niveau de l'extrémité antérieure du ventricule où ils s'anoi^lomosenl deux à deux en formant une anse à faible convexité postérieure (Cig. 1). Ces cordons se composent, comme l'a indiqué Gedoeist, d'une bande- lette simple, plissée li'ansversalement, mais qui présente en outre sur toute sa bordure périphérique externe une série de petites expansions cuticulaires, en forme de dénis de scie, semblables à celles rpie von Liustow a décrites chez Disphafngus squamalus (1). Ces expansions particulièrement apparentes aux angles de courbure existent aussi chez la femelle. Il y a une |>eti[o papille conique (?), difficile à voir, de chaque côté du corps, au sommet de la convexité de l'anse des cordons. Le pharynx est étroit, tubulaire, linemenl strié transver- salement ; l'œsophage est épais et cylindrique : le ventricule glandulaire est un peu atténué aux deux extrémités. « Queue conique, pointue, à sommet émoussé i^tig. 2). Bourse formée de deux ailes membraneuses, striées transversalement, amincies et foliacées dans la région caudale, épaisses, festonnées et largement adhérentes au corps par leur base au-dessus du cloaque, jusqu'à leur origine qui remonte assez loin en avant de cet organe, à '"/'" 40. Pas de subdivision de la bourse en deux zones concentriques par une cloison longitudinale comme dans certaines espèces (VAcuaria. Neuf paires de papilles, toutes pédonculées et latérales : quatre préanales et cinq postanales. Les trois premières préanales sont à peu près équidis- lantes, la quatrième plus éloignée. Les postanales sont plutôt groupées par couples de deux, sauf la cinquième qui est isolée près de l'extré- mité de la queue. Parmi ces dernières papilles, la deuxième paire est la plus longue, la quatrième la plus grosse et la cinquième la plus petite. (.< Deux spicules de taille et de forme différentes. Le spicule gauche (fig. 3, vues latérale de la tête et dorsale de la pointe) très allongé, (1) von Linslow : NeiTKUotlen, Treniiiloden und Acanlhoccphalcn, gosammell von Pmf. Fedtschenko iArcli. /". Salurf/esch, Berlin Bd, XLIX, p. 2.S7, taf. Vil, lis. 18-19, 18S3). PROCKS-VERBAUX M flexible, eri bag'Lielte creuse, à surface ornée d'un semis de granulations réfringentes, mesure '"/'" 00. Sa tète est évasée en entonnoir et se prolonge en haut et en arrière par deux petites apophyses qui servent de surface d'insection aux muscles rétracteurs ; sa pointe est fine et arrondie. (I a deux ailes membraneuses tout le long de son liers posté- rieur et une petite protubérance latérale à sommet mousse, légèrement recourbée en arrière, à peu de distance de sa pointe (53 fx). Celte saillie FlG. 1 PlG. 3 Fie. 4 %c^ FiG. 2 FiG. 5 donne à l'extrémité de l'organe qu'elle rend difficile à dégager de sa gaine, l'aspect d'un harpon quand on le regarde par la face dorsale. Le spicule droit (fig. 4), au contraire, est une pièce cylindrique, arquée, courte et robuste, de '"/'« 18 de longueur sur 10 [j. de large. Il paraît tubuleux ou constitué par une gouttière à bords repliés et accolés en avant. On voit à son extrémité un orifice ovale qui est susceptible de se dilater et de présenter l'aspect reproduit dans la fig. \ (à droite du spicule), lorsqu'on comprime de face, avec une lamelle, la pointe de l'organe à sa sortie du cloaque. «Appareil génital simple, s'ôtendant jusqu'à l'extrémité postérieure du ventricule. » La plupart des femelles sur les 32 que le tube contenait, étaient plus 'j8 procès-verbaux ou moins rétractées et impropres à un bon examen, mais quelques-unes qui avaient gardé leur habitus à peu près normal, se prêtaient à une comparaison avec la description originale de Gedoelst. J'ai pu constater de cette manière quelques différences qui tiennent vraisemblablement à ce que les exemplaires observés par le savant professeur belge n'étaient pas dans un parfait étal de conservation. La plus petite femelle avait 5 '"/'" 95 de longueur, la plus grande Il '"/'" 83. Les dimensions de la femelle la mieux conservée qui mesu- rait 10 '"/'" 61 étaient les suivantes: largeur, "'/'" 35 ; longueur du pharynx, 0'"/'" 22; de l'œsopliage, ""/'" 48; du ventricule, 2 '"/'" 3 i ; de la queue, '"/"' 05 (1/212 environ de la longueur totale). Chez cette femelle les cordons cutanés présentaient la même dispo- sition que ceux du mâle, c'est-à-dire, étaient rectilignes, très peu saillants au-dessus de la peau et sans festons. Ils mesuraient "'/'"97 de longueur (1) s'élendanl ainsi comparativement un peu plus loin au-dessus du ventricule que chez le mâle. Chez les femelles à demi rétractées, la configuration générale des cordons avait subi une modification. Ceux-ci au lieu de former comme à l'état normal une boucle allongée terminée par une anse à convexité postérieure, offraient plus ou moins l'aspect d'un fer de lance et l'arc à convexité postérieure était remplacé par un arc très surbaissé se rapprochant de la ligne droite, avec un petit plissement à convexité antérieure en son milieu qui donnait Tillusion d'un début de récurrence. Ces faits méritent d'être notés parce que c'est peut-être une semblable disposition des cordons que Molin (2) a décrite par les mots « brève regredientes v> dans ses diagnoses de Dispharagus longeornatus et D. lon- gevaginatus. Cette hypothèse autoriserait, jusqu'à plus ample informé, à classer ces deux dernières espèces dans le genre Echinuria ( = s. g. Hamanma), classement déjà proposé par A. Railliet, A. Henry et P. Sisoiï pour D. longeornatus (3). Dans le cas des femelles précédentes, les cordons ne présentent que de rares festons, mais quand la rétraction est profonde, ces derniers se rencontrent sur toute la longueur : ils apparaissent comme des défor- (1) 1 "'/■" 18 chez la femelle de 11 "\'<^ 83. (2) MoLiN : Una monografia del génère Dispharagus iSilzunr/sber. d. K. Akiiii. Wien, 1860, vol. XXXIX, pp. 486 et 489). (3) A. Railuet, a. Henry el P. Sisoff : Sur les allinilés des Dispharages {Acitaria, Bremser) Némalodes parasites des Oiseaux (Cohi/it. Rend. Soc. Uiol. Paris, T. LXXIU, p. 632, 101-2;. PROCES- VERBAUX Aô mations dues à ce que le raccourcissement de la paroi musculaire du corps n'est plus exactement suivi par celui des cordons au-delà d'une certaine limite. En outre, la bandelette cuticulaire simple qui constitue ces organes à l'état normal, peut elle-même se plisser dans le sens de sa longueur et simuler une double bandelette particulièrement visible sur l'arc anastomotique. Des modifications tout aussi importantes s'observent dans la région caudale. « Le relèvement de la queue vers la face dorsale, la dilatation de la face ventrale en avant de la vulve et le recouvrement de cet organe masquant en partie l'atténuation postérieure du corps » signalés par Gedoelst, correspondent à des aspects très exactement décrits qu'on rencontre chez certaines femelles, mais qui sont encore des consé- quences de la rétraction. Je donne (fig. 5) un dessin de la queue d'une femelle non retractée. Entre la disposition représentée dans ce dessin et celle relatée plus haut on peut observer une série très variée d'états intermédiaires. La vulve se trouve à la face ventrale à "'/>" 21 en avant de l'anus (au 1/1,02 de la longueur du corps); son ouverture est limitée par une grosse lèvre antérieure. Un court ovéjecteur de 89 f/, dirigé en avant, lui fait suite, continué lui-même par une longue trompe d'un trajet compliqué. Cet organe court d'abord en ligne droite, d'arrière en avant, sur une longueur de m/n^ 37 (chez une femelle de taille moyenne), puis fait brusquement un double tour de spire transversal en avant, et reprend ensuite sa direction postéro -antérieure qu'il conserve sur une longueur à peu près égale à la première Alors, il se réfléchit, sa direction de postéro-antérieure devient antéro-postérieure. Il chemine ainsi côte à côte, mais en sens inverse du segment précédent jusqu'au niveau des tours de spire au travers desquels il s'engage en les croisant d'avant en arrière. De là, il rejoint la partie initiale de la trompe, longe l'ovéjecteur, fait une première boucle d'arrière en avant, puis une deuxième d'avant en arrière et se termine juste au-dessus de la vuTve, dans la corne de l'utérus. Jusqu'à l'extré- mité du dernier tour de spire la trompe a une épaisseur régulière, sa lumière est étroite et sa structure très musculeuse; dans la circonvo- lution suivante, au contraire, ses parois sont amincies, son canal large et son diamètre augmenté. Elle se rétrécit ensuite et va en diminuant de volume jusqu'à son abouchement avec l'utérus. L'appareil génital est simple (Gedoelst) ; l'oviducte el l'ovaire s'aper- çoivent à l'extrémité postérieure du ventricule. P.-V. 1919. 4 50 PROCliS-VERBAUX Réunion du 4 juin 1919. Pri^siclence tle M. Baiiuik, Prùsidenl inlrriiiuiirc. Le procès-verbal de la précédente séance est lu el adopté. M. LE Président souhaite la bienvenue à nos deux nouveaux collègues, MM. Claverie et Plomb. CORRESPONDANCE Lettre de M. l'Adjoint au Maire informant la Société que des dispo- sitions sont prises pour mettre à la disposition de la Société la salle 5 de l'Athénée municipal, destinée à recevoir les collections qui lui seront léguées. Lettre de TAcadémie de Metz invitant la Société à une séance solen- nelle organisée par elle pour célébrer son centenaire. Lettre de M. Moysset, rue Camille Godard, 102, offrant de vendre une collection ornithologique. ADMINISTRATION M.Boubès fait don à la Société des œuvres de Buffon (12 volumes). M. Chaîne rend compte du rapport demandé sur l'affiliation de la Société Linnéenne à la Fédération Française des Sociétés de Sciences Naturelles. La Société décide d'y adhérer et désigne M. Chaîne pour s'occuper de la question, M. Bardiè, président intérimaire, annonce que sur la proposition de M. Llaguet, président, le Conseil a procédé à la nomination d'un secrétaire général. M. le D'' Baudrimont, le plus ancien des secrétaires adjoints a été choisi pour remplir ces fonctions. Sur la proposition de M. le PnÉsmENT, M. Jolyet est nommé membre honoraire. L'ordre du jour appelle le choix d'une localité jiour la 101" fête Linnéenne. M. Daydie présente le rapport de la Commission nommée à cet effet. Sur sa proposition, la Société décide une excursion à Pessac. PROCÈS-VERBAUX 51 COMMUNICATIONS M. Lataste profite de sa présence à celle réunion pour corriger une erreur bien involonlaire qui s'esl glissée dans un de ses précédents travaux. Il a signalé que les musaraignes et les chauves-souris ne criaient pas au Chili. Or il s'est aperçu depuis que c'est TaflaiWisse- ment de son .acuité auditive qui ne lui permet plus de distinguer les sons aussi aigus. M. Bardié annonce la dissolution du Comité Girondin pour la cueil- lette des plantes médicinales. L'insuffisance de la subvention officielle est la cause de cette disparition. M. Bardié rappelle les discussions déjà engagées au sujet de l'origine des tulipes en France ; il expose les différentes théories : celle de MM. Simon (des Deux-Sèvres) et Rouy qui placent leur introduction au xvii" siècle, puis celle de M. l'abbé Labrie, qui est aussi la sienne, d'après laquelle ces belles plantes auraient été importées par les Romains. On les rencontre, en effet, dans les cultures près des restes de villas romaines. M. Bardié apporte une nouvelle preuve ; il présente quelques planches d'un ouvrage paru à Lyon vers 1800 et représentant un certain nombre de mosaïques du i^'' au iv^ siècle provenant des villas de la vallée du Rhône. Or plusieurs offrent, plus ou moins styUsé, le profil si ornemental de la Tulipe. L'une d'entre ces mosaïques présente également une guirlande de Physalis alkekengi. M. Plomb offre à la Société un certain nombre de plantes cueillies sur le front ou bien dans le Plateau central où il fut hospitalisé. Ce sont : Maianthemum bifolium, Pyrola rotundifolia, Boirychium lunaria, Scilla bifolia, Listera ovata, Ixia hulbocodium. M. LE Président le remercie vivement de ce don qui est intéressant non seulement au point de vue botanique mais aussi comme souvenir, étant données les conditions particulièrement émouvantes dans lesquelles a été faite une telle récolte. M. Lambertie offre également divers spécimens herpétologiques : Couleuvre, Triton, Lézard, OEuf de Seiche. M. Lataste fournit à ce sujet d'intéressantes explications. Enfin M. Bardié propose à la Société de féliciter et de remercier M. LIaguet pour la façon charmante dont il a reçu les Linnéens à Arcachon, dimanche dernier. La séance est levée à G h. 3/4. . 52 PROCÈS-VERBAUX Rapport sur la proposition d'affiliation de la Société Linnéenne à la « Fédération française des Sociétés de Sciences Naturelles » . Par J. Chaîne. Je laisserai de côté toutes les questions concernant l'administration et le fonctionnement même de la Fédération, qui rappellent plus ou moins ce qu'on trouve dans toute association, pour porter toute notre attention sur les seuls points qui nous intéressent, c'est-à-dire : i» la distinction faite entre les Sociétés lilulaires et les Sociétés adhé- rentes ; 2° le but de la fédération. Les Sociétés adhérentes payent une cotisation annuelle de 20 francs et les Sociétés titulaires une cotisation de 100 francs. Elles jouissent, au sein de la Fédération, absolument des mômes droits. Les délégués des unes et des autres, également, prennent part à toutes les délibérations et votes, peuvent, faire partie de toutes les commissions et délégations, être choisis comme membre du Conseil et du Bureau. La seule différence qui existe entre les Sociétés titulaires et adhé- rentes est que les premières peuvent être représentées à l'assemblée générale par cinq délégués au maximum, tandis que les Sociétés adhé- rentes n'ont qu'un seul délégué. Le but de la Fédération est d'unir les efforts en vue d'une action commune pour le progrès des Sciences Naturelles, de soutenir les intérêts moraux et matériels des Sociétés affiliées, libérer le travailleur français de toute emprise germanique. ' Les moyens d'action sont des publications, congrès, conférences, expositions, attributions de subventions, concours ainsi que la création de relations plus intimes avec les associations et les établissements français et étrangers d'ordre scientifique. La Fédération comprend treize Sociétés fondatrices parmi lesquelles je puis citer les Sociétés zoologique, botanique et géologique de France, les Sociétés entomologique et mycologique, la Société de biologie, la Société des anatomistes, etc. . . En conséquence, je conclus pour une affiliation à la Fédération française des Sociétés de Sciences Naturelles au titre de membre adhérent. PROCES-VERBAUX Oo Si la Société Lianéenne partage ma manière de voir, je demanderai d'envoyer notre adhésion sans retard, d'abord parce que dès avril il nous était demandé de répondre d'urgence, ensuite parce que déjà certaines sociétés bordelaises ont fait parvenir leurs adhésions, enfin parce que la Fédération a commencé ses travaux depuis le 14 mai dernier. Ce jour-là, en effet, elle a nommé son Conseil et son Bureau et des Commissions ont été constituées pour l'étude de grandes questions telle que la Bibliographie et 1' « Histoire Naturelle de la France ». Séance solennelle du 1 01 ""^ anniversaire de la Société Linnéenne Tenue à Pessac le 29 juin 1919 Présidence de M. Bardié, Président intérimaire. M. Bardié regrette tout particulièrement l'absence de notre Président, M. le Docteur Llaguet, retenu malheureusement par des circonstances indépendantes de sa volonté. M. Malvesin, Secrétaire adjoint, fait la lecture du procès-verbal de la dernière séance. COMMUNICATIONS. M. le Professeur Boutan fait une communication sur la forme générale des Gastéropodes. Dans cette communication préliminaire M. L. Boutan expose à la Société son opinion personnelle sur la délorsion chez les Gastéropodes. Il est devenu presque classique de considérer les Gastéropodes Opistobranches comme des mollusques ayant des formes larvaires tout à fait analogues à celles des Gastéropodes Prosobranches au point de vue de la torsion larvaire. Dans le cours de leur évolution ils subiraient une détorsion qui donnerait aux adultes leurs caractères définitifs. M. Boutan, contrairement à cette opinion classique, espère démontrer que le phénomène de la détorsion n'existe pas chez lés Opistobranches. M. Malvesfn fait ensuite part à la Société de la pénible constatation qu'il a été à même de faire la semaine précédente à Arlac oii tous les 04 PROCES-VERBAUX arbres qui bordaient la rive droite du Peugue ont été abattus. Par contre il a trouvé deux importantes stations, l'une d'Hypericum monlanum, l'autre de Narthecium ossifragum. M. le Docteur Feytaud signale les dégâts actuels d'une Tentlirède, la Lyda pivi, sur le feuillage des poiriers aux abords du château Haut-Brion. Il rappelle les caractères des larves de cette espèce et sa biologie. Puis il expose les observations qu'il a faites au printemps dans ses champs d'expériences de la Grave-d'Ambarès et de Villenave-d'Ornon sur des Tenthrèdes du genre Hoplocampa, attaquant les pommes et les poires. Des élevages sont en cours pour tâcher d'établir s'il sagit d'une seule espèce 6.' Hoplocampa ou de deux espèces distinctes. Des dégâts analo- gues, signalés en Angleterre sur les pommes, sont attribués -àV Hoplo- campa testudinea, tandis qu'en Italie on aurait obtenu des poires séreuses V Hoplocampa brevis. La présence de larves de ce genre dans les jeunes fruits de notre région offre un intérêt; leurs dégâts étaient, en effet, jusqu'à présent, confondus avec ceux de la Carpocapse (Carpocapsa pomonella) dont l'apparition est plus tardive. Sur une question de M. Bardié, M. Feytaud donne aussi quelques indications sur la Tavelure des poires, maladie cryptogaraique très commune sur certaines variétés. DISCOURS DE M. A. BARDIÉ Président intérimaire. Ces intéressantes communications terminées M. Bardié, président intérimaire de notre Société pendant toute la durée de la guerre, lit un très beau Discours-Rapport dans lequel il retrace, dans ses grandes lignes, l'histoire de notre Société durant cette dernière année d'épreuves avec ses travaux, ses deuils, ses joies et les distinctions honorifiques obtenues par ses Membres. 11 termine en remerciant tous ceux des Linnéens qui n'ont cessé de se dévouer à notre chère Société à laquelle il souhaite, maintenant que la Victoire glorieuse de nos Armes est venue couronner cette terrible épreuve de cinq années de la plus effroyable des guerres, la reprise rapide de sa vie normale et laborieuse dans le calme de la Paix. M. Degrange-Touzin fait remarquer que si, dans son beau discours, M. Bardié a remercié tout le monde, il s'est totalement oublié lui-même. PROCÉS-VERBAUX 55 Aussi tient-il à réparer cette injustice volontaire due à une modestie exagérée et est-il heureux de remercier au nom de tous notre aimable et dévoué Président intérimaire, qui, au milieu des difficultés sans nombre de ces dernières années, n'a cessé de travailler à la prospérité de notre Société. La séance est levée à 19 heures. Note sur quelques Tenthrèdes du Poirier. Par M. le D>' Feytaud. Dimanche dernier, lors d'une excursion de la Société de Zoologie agricole dans cette même commune agricole de Pessac où nous célébrons aujourd'hui la Fête Linnéenne; nous avons observé dans le verger du Château Haut-Brion de nombreux nids de Lyda piri. Cet Insecte, dont l'appellation scientifique admise actuellement est Neurotoma flaviveniris Retz, est un Hyménoptère de la grande famille des Tenthrèdes. Ses larves, de couleur rose chair, sont de fausses chenilles; elles n'ont avec les chenilles vraies (larves de Lépidoptères) qu'une ressemblance superficielle; cependant les propriétaires non' pré- venus, frappés par l'apparence de leurs toiles plus que par celle de leur corps, les confondent couramment avec des « chenilles fileuses. » Elles tissent en effet au printemps des nids soyeux autour des rameaux du Poirier et, groupées sous ces abris, elles dévorent le feuillage. Leurs dégâts peuvent être graves. Ils sont conjurés par l'appUcation en temps opportun de bouiUies cupriques et surtout de bouilUes insecti- cides arsenicales ou nicotinées. En même temps que la Lyda, sur les mêmes poiriers, j'ai pu montrer aux excursionnistes les dégâts beaucoup plus communs d\iCèphe(Cephus compressus), autre représentant de la même famille, dont les larves creusent le centre des rameaux. La femelle du Cèphe, au moyen de sa tarière dentelée, donne au rameau vert une série de coups de poinçon, disposés suivant une ligne en spirale; elle enfonce uu œuf dans l'un de ces trous. La larve creuse sa galerie dans l'axe du rameau en se diri- geant vers la base. Enfin j'ai eu l'occasion de faire au printemps (1919) des observations sur une Hoplocampa s'attaquant aux poires. Ses dégâts n'avaient pas encore été signalés dans notre région, à ma connaissance. Les larves de 56 PROCÈS-VERBAUX celle Tenthrède, qui parail èlre VHoplocampa testiidinea Kliig., opèrent comme celles de la Tenthrède des prunes (IJoploccnnpa fulvicomis Fabr.). Elles attaquent les fruits tout jeunes, en creusent très largement le cen- tre et forent un trou rond bien net. Les poires ainsi alleintes tombent prématurément, en mai. Avant de pénétrer à l'intérieur d'une poire^ il arrive que la petite larve creuse à la surface de celle-ci, ou de quelque autre voisine, une galerie traçante, qui ne compromet pas par elle-même la vilalilé du fruit, mais qui le marque d'une bride cicatricielle et lui imprime une déformation durable. J'ai observé également les dégâts de l'Hoplocampe sur les pommes. Dans l'un et l'autre cas, l'attaque se produit de très bonne heure, provoquant l'arrêt de développement et la chute de nombreux fruits au printemps. On confond d'ordinaire ces dégâts avec ceux de la Carpocapse {Carpocapsa pomonella L.), qui sont beaucoup plus tardifs. Réunion du 2 juillet 1919. Présidence de M. A. Bardié, Président intérimaire. M. Baudrimont fait la lecture du Procès- Verbal de la Séance solennelle tenue à Pessac le 29 juin 1919, à l'occasion du 101'"" Anniversaire de la Société. CORRESPONDANCE M. Bardié donne lecture d'une lettre de la Fédération Française des Sociétés des Sciences Naturelles, lui annonçant l'envoi du Procès- Verbal de l'Assemblée Générale tenue le 15 mai, ainsi qu'une circidaire adressée aux différentes Sociétés affiliées et relative à des questions géologiques, paléontologiques et minéraiogiques qui seront bientôt examinées par une Commission intersociétaire. Notre Société n'ayant encore rien reçu, M. l'Archiviste écrira une nouvelle lettre à la Fédération Française des Sociétés des Sciences Naturelles. M. Bardié dépose sur le bureau de la Sociélé la photographie de l'excursion d'Arcachon que vient de lui adresser M. le Docteur LIaguet. PROCÉS-VERBAUX 57 Celte photographie prise dans le jardin même de M. Llaguet, à la villa Linné, avant le départ des excursionnistes, est fort bien réussie. Elle sera pour tous un double et précieux souvenir de cette agréable journée et surtout de la si cordiale réception de notre Président. M. Llaguet lui a envoyé en même temps la liste des plantes récollées à cette époque de Tannée dans les environs d'Arcachon, liste qu'il a donnée a^ec M. Tempère fils et qui figurera à la suite du compte rendu de l'excursion. COMMUNICATIONS M. Bardié fait la lecture de trois inléressantes communications de M. Henriot : l" Sur un lépidoplère méconnu injustement : Orrhodia rubigo Rh. 2" Sur deux lépidoptères girondins : Endrosa irrorella Cl. et Dysauxes punctata F. ■ 3" Sur l'époque d'éclosion de nombreux lépidoptères. M. Bardié lit ensuite une communication de M. Queyron sur une nouvelle station (ï Euphorbia palustris L., en Gironde, dans la commune de Montagoudin, près La Réole. M. le Professeur Boutan fait une communication des plus intéres- santes a Sur la flexion dorsale chez les Opistobranches y), note préli- minaire d'un très important mémoire d'une soixantaine de pages environ avec plusieurs figures dans le texte. M. Bardié remercie M. Boutan de sa belle communication ainsi que de l'important travail qu'il nous annonce et qu'avec tous les membres présents il serait heureux de voir figurer dans nos Actes. Aussi, sur sa demande, il est décidé que le Conseil se réunira très prochainement pour discuter si l'état actuel de leurs finances permet d'insérer dès mainte- nanl ce mémoire dans le dernier volume des Actes actuellement en cours et sur le point de paraître. M. BouTAX offre ensuite à la Société un exemplaire de son travail :, « Voyage dans la Mer Rouge », pulDliéen 1892 dans la Revue biologique du Nord de la France. M. Bardié présente quelques plantes que M.Caslex, encore mobilisé, lui a envoyé de l'Est oii il se trouve actuellementel qui seront adressées à M. Neyraut pour êlre déterminées. M. Castex a eu l'heureuse fortune d'assister en qualité de délégué de notre Société au Centenaire de l'Académie de Metz, célébré solennelle- 58 PROCÈS-VERBAUX ment le 12 juin dernier et dont il nous a envoyé le programme. Un rapport sur cette Séance historique sera demandé à M. Castex et inséré dans nos Procès-Verbaux. M. Barduc présente plusieurs plantes récoltées par M. Daydie à Floiiac, au voisinage de l'Observatoire, ainsi que des productions anormales développées sur des branches de Saule. Les plantes seront adressées à M. Neyraut. Quant aux formations anormales trouvées sur des bran- ches de Saule, M. Lambertie indique qu'il s'agit d'une Cécidie, VErioplujide. M, Lambertie présente quelques Cécidies : Perrisia filicina, KielT, sur la fougère. Cijnips Kollari, Hartig., sur le chêne. Perrisia crataegi, Winn., sur ]q crataegus. Diastrophus rubi, Hartig., sur le rubus. 11 fait ensuite don à la Société de plusieurs exemplaires intéressants (reptiles et annélides) qui figureront en bonne place dans nos Collections. M. Bardié le remercie de sa communication et de ses dons si fréquents et si intéressants pour notre futur Musée. Enfin il ne veut pas terminer cette séance, la dernière de l'été, sans souhaiter à tous de bonnes et reposantes vacances et, pour la rentrée, le retour définitif dans leurs foyers et parmi nous de tous ceux de nos collègues qui sont encore sous les drapeaux. La séance est levée à 19 heures. Une espèce de lépidoptère méconnue injustement, , Orrhodia rubigo, Rbr. Par Philippe Henriot. Je ne crois pas pouvoir me dispenser de dire un mot de cette espèce à nos confrères en lépidoptérologie de la Société lÀnnéeune. Elle intéresse en elfet très particulièrement notre région. Orrhodia rubigo Rbr., qui fut décrite en 1871 a toujours été méconnue depuis lors par les entomologistes sur la foi de Standingor qui l'indique comme synonyme douteux de rubiginca F. Or, rubiginca F. est une espèce d'automne, comme toutes les Orrhodia connues jusqu'ici, PROCÈS-VERBAUX ' 59 sauF rubigo Rbr. Celle-ci est exclusivement priatanière et vole en février- mars sur les saules en fleurs. Prise en nombre restreint chaque année à Saint-Côme de Bazas par M. l'abbé J. Sorin, elle abonde à Picon, Son histoire est extrêmement curieuse; je ne puis songer à la raconter en détail. Mais j'ai publié, grâce à l'hospitalité que M. .Oberihur m'a offerte si généreusement dans ses merveilleuses Etudes de Lépidopté- rologie comparée, une notice détaillée insérée au fascicule XVI de cet ouvrage et accompagnée de figures excellentes dessinées et gravées par le maître J. Culot, de Genève. Je me borne donc à signaler ici ce travad. 0. Rubigo Rbr. n'est encore authentiquement connue que de la Gironde et des Landes. Elle figure en effet dans la collection Lafaury avec l'étiquette erronée : Rubiginea F. Le type de rubigo Rbr., sans indication de provenance est conservé dans la collection de M. Mabille, neveu de Rambur, au Perreux. A propos de deux lépidoptères girondins. Par Philippe Henriot. Endrosa irrorella Cl. paraîtn'avoir été que rarement observée jusqu'ici dans notre département. Signalée de Caudéran et de Villeneuve de Blaye par l'abbé Mège, elle semble considérée comme une des espèces rares de notre région. J'en ai capturé un individu le 14 août 1918, dans des friches herbues à Picon, non loin du Moulin des Graves, mais je l'ai retrouvée en considérable abondance ce mois de juin 1919, dans la même localité. Elle semble confinée à ce coin, car c'est en vain que j'ai battu le reste de la propriété pour en trouver d'autres exemplaires. L'espèce est donc chez nous bivoltine, l'exemplaire capturé en août étant d'une fraîcheur parfaite et évidemment récemment éclos. Dijsauxes punctata F. est également considérée comme rare chez nous. Or, elle est répandue près de Picon, mais également localisée. Elle est aussi bivoltine, ce qui ne me paraît pas fréquemment noté dans les ouvrages entomologiques que j'ai sous les yeux et oià les auteurs indiquent simplement comme époque : juin à août. Sa station principale est sur la pente très abrupte du coteau de Picon qui descend vers le châ- teau de la Tucque d'Eynesse et le village des Régniers. Elle vole en nombre le matin dans les rangs de vignes incultes et des allées herbues. Elle se pose volontiers sur les feuilles de la vigne. On la trouve communément 60 PROCÈS-VERBAUX en juin; elle reparaît, jjeul-étrc plus abondamment encore, du 15 août au J5 septembre environ. Des exemplaires attardés peuvent encore être capturés en octobre et j'en ai pris moi-même un individu isolé à Port- Sainte-Foy (Dordogne), sur le coteau du Foreau, le 4 octobre 1909. Je ne l'ai jamais revue dans cet endroit où des recherches phis attentives la feront sans doute retrouver. Sur l'époque d'éclosion de certains lépidoptères. Par Philippe Henriot. On connaît de nombreux exemples de papillons dont les éclosions se font à des époques très irrégulières. Tels sont par exemple les Erio- gaster lanestris qui peuvent éclore à un an et plus de distance les uns des autres, bien qu'ayant formé leur chrysalide à la même époque. M. Robert Brown a naguère cité à la Société le cas de certaines Cucullia qui chrysalidant ensemble à l'automne donnaient leurs papillons en deux éclosions séparées par un long intervalle. Il s'agissait, je crois, de C. gnaphalii Hb. et anthemidis Gn. Je puis ajouter à ces noms celui de C. lactuce Esp. Une série de chenilles de cette espèce trouvées à Picon sur des Sonchus divers en juillet 1917 ont donné leurs papillons partie en août 1917 et partie en mai 1918. Je signale également le cas de Hoplitis Milhauseri F. Une chenille trouvée à Picon le 2 juillet 1914, donnait son papillon vers le 10 août, après trois semaines environ de nymphose. Une autre chenille trouvée le 4 juillet 1918, également adulte, n'est éclose que le 19 juin 1919. Une nouvelle station d'Euphorbia palustris L. en Gironde. Par M. Ph. Queyron. i\I. Queyron signale la présence dans le RéoUiis, d'une plante considérée comme rare par les Aoristes girondins : Euphorbia palustris L. Une station très importante d'E. palustris se trouve au midi de la ligne de Bordeaux à Cette, dans des terrains marécageux, à deux cents mètres du pont du village du FleiUat, commune de Montagoudin près la Réole. E. palustris est une belle plante atteignant au Fleiit;il une taille de 12 à 15 décimètres. PROCÈS-VERBAUX Cl On a signalé seulement quelques stations à'E. palustris autour de Bordeaux : Bacalan et Bruges (Laterradej, les marais de Montferrand (Motelay), Blanquefort (Lafont), Saint-Laurent du Médoc (Deysson). L'aire géographique de cette plante est TEurope centrale et australe, elle manque dans le Plateau central d'après l'abbé Coste. Le botaniste agenais Saint-Amans, dans sa Flore (page 191), a décrjt sous le nom d'B. pilosa une Euphorbe qui se rapproche beaucoup du type palustris. Chaubard et Debeaux font de l'ancien E. pilosa de Saint-Amans, une sous-race très voisine d'E. palustris, à laquelle ils rattachent aussi E. procera, se basant sur ce fait, qu'on ne rencontre E. palustris que dans quelques localités de la Gironde près de Bordeaux, et sur les rives de l'Adour dans le département des Landes. La Rotation anale chez les Opistobranches. Par L. Boutan, Professeur de Zoologie à la Faculté des Sciences de Bordeaux. Dans un mémoire déjà ancien, j'avais étudié spécialement les causes de l'asymétrie des Mollusques gastéropodes et j'avais essayé de montrer que les Mollusques Orthoneures ne sont pas des Molluques Chiastoneures détordus. Cette opinion que j'avais soutenue de nouveau dans un autre mémoire « sur la détorsion chez les Gastéropodes » ne paraît pas avoir été adoptée par le plus grand nombre des naturalistes. L'idée contraire est devenue presque classique à la suite du beau mémoire sur l'embryologie des Gastéropodes publié en 1911 par M. Paul Pelseneer qui conclut formellement de ses recherches que la classe des Gastéropodes est « monophylétique et que les Euthyneures (Orthoneures) sont moins tordus que les autres (Chiastoneures) parce qu'ils ont été détordus. , Les arguments et les critiques, parfois très vives de M. Paul Pelse- neer, ne m'avaient pas complètement convaincu, mais entraîné par d'autres travaux, détourné de ce sujet par un séjour de quatre années en Indo-Chine où je dirigeais la mission scientifique permanente, j'avais remis à plus tard une nouvelle étude de la question. J'espère que, pour avoir été mûrie et différée pendant plusieurs 02 PROCÈS-VERBAUX années, l'éLude nouvelle, que j'annonce aujourd'hui n'en sera que plus convaincante el aura perdu tout caractère d'ardente polémique. En étudiant de nouveau cette question, il me paraît que les diver- gences de vues signalées plus liau't, tiennent beaucoup moins à des dilïérences dans le^; laits observés, qu'à des définitions confuses et .incomplètes servant de point de départ à l'interprétation des faits. 11 s'est produit, je crois, dans cette discussion une confusion de même ordre que celle que j'ai mise on lumière, dans un tout autre chapitre de l'histoire naturelle, en distinguant le pseudo-langage des Anthropoïdes, du langage humain proprement dit. Celte confusion, je dois le reconnaître, je l'ai commise comme mes contradicteurs et, en la mettant en évidence, je serai amené à critiquer el à modilier ma propre interprétation des faits, aussi bien que la leur. Si nous étudions deux types d'apparence régulière chez les Gastéro- podes, en prenant d'une pari un Streptoneure comme le Parmophore ou un Eulhyneure comme la Doris, nous constatons que l'anus et, d'une façon générale, le complexe anal (branchies, reins), sont situés sur la face dorsale, sensiblement sur la ligne médiane dorsale. Cette position de l'anus d'après les idées généralement admises tient, à ce que les Gastéropodes ont subi à l'état larvaire une torsion qui a dans le cours du développement amené sur la face dorsale le complexe anal primitivement ventral. 11 est facile d'observer cependant, que le résultat n'est le même qu'en apparence et que dans le Parmophore, le rectum a une situation ascen- dante, indiquée par les branchies; tandis que chez la Doris, le rectum se dirige vers la portion inférieure du corps. Les différences internes, sont également très considérables, puisque le système nerveux est Streptoneure dans le Parmophore et Eulhyneure dans Doris. Celle constatation nous amène à nous demander, si dans ces deux cas, la torsion telle que l'entendent les auteurs (rotation autour de l'axe longitudinal), explique le phénomène que nous constatons. Dans le premier cas, la torsion, conslatée d'ailleurs à l'étal larvaire, explique à la fois la position de l'anus et la déformation du système nerveux. Dans le second cas, on ne comprend pas pourquoi le système nerveux reste symétrique et pourquoi le rectum prend une direction inverse de celle qu'il a dans le Parmophore. Je suis persuadé que dans le cas de la Doris, la torsion larvaire PROCÈS-VERBAUX 63 (rotation autour de l'axe longitudinal) correspond à une fausse interprétation des faits. A côté de la torsion proprement dite (rotation autour de Taxe longitu- dinal) plusieurs naturalistes et en particulier Pelseneer ont signalé la flexion ventrale (déplacement progressif de la région anale de la partie postérieure de Tembryon vers la partie antérieure). Je crois qu'il faut distinguer en outre ce que je puis appeler /a rotation anale par opposition à la précédente (déplacement progressif de la région anale vers le dos). Nous aurions ainsi chez le Parmophore, nous expliquant la position de l'anus et la torsion du système nerveux : la torsion proprement dite et la flexion ventrale (ce deuxième phénomène rappelant ce qui se passe chez les Céphalopodes), Nous aurions chez la Doris, une rotation anale sans la torsion proprement dite et, par conséquent, sans détorsion ultérieure. Nous aurions, enfin, chez beaucoup d'Opistobranches comme chez la Doris :.une rotation anale accompagnée d'un commencement de torsion. Torsion progressive dans les différents types de Tectibranches et arrivant à son maximun chez l'Actéon. Les Gastéropodes, auraient donc selon moi une larve à peu près sem- blable à l'origine, mais qui se modifierait dans deux sens différents pour donner les Prosobranches et les Opistobranches : Les Prosobranches, à la suite de la torsion larvaire complète ; Les Opistobranches, à la suite de la rotation anale. Réunion du 8 octobre 1919. Présidence de M. Bardié, Président intérimaire. Le Procès-Verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le PRÉsmENT annonce le décès de M. Paul ChoffaL, ancien collègue savant, modeste et affable, auteur de remarquables études sur le Juras- sique du Portugal. M. Breignet fait part à la Société du décès de Madame Daydie, mère de notre bien cher Collègue. M. le Président exprime à M. Daydie les condoléances de la Société. b'i PROCES-VERBAL'X CORRESPONDANCE. Lettre de M. A. Claverik. répondant à la nouvelle de son adhésion et ajoutant qu'il sera heureux quelque jour de devenir membre titulaire. Première lettre de M. Boutan, au nom de la Société de Zoologie agri- cole, remerciant de l'adhésion apportée par la Société Linnéenne au vœu demandant la création d'une maîtrise de Conférence de zoologie appliquée. Deuxième lettre de M. Boutan remerciant la Société de l'acceptation de son travail sur les mollusques Castéropodes. Lettre de l'A. F. A. S., invitant à son Assemblée Générale qui se tien- dra à Paris le jeudi 9 octobre et sera suivie de visites aux régions dévastées de Soissons et de Reims. Circulaires de la Fédération des Sociétés françaises des Sciences Naturelles. M, Llaguet apprend à la Société que M.Bouygues vient d'être nommé Maître de Conférences à la Faculté de Caen. La Société lui adresse ses félicitations. Lettre de M. Lambertie communiquant une demande de M. Oberlhur qui offre d'échanger ses « Études de Lépidoplérologie comparée » contre la collection complète de nos Actes. — M. Breignet, Archiviste, expose qu'il est impossible de disposer d'une Collection entière, mais que l'on peut offrir quarante à quarante-cinq volumes, et ajoute que l'ouvrage dont il s'agit est extrêmement beau. Lettre d'une Société de Chicago demandant l'échange des publications et annonçant un catalogue qui, d'ailleurs, n'est pas encore arrivé. Communication de M. Duralen sur l'adaptation d'un Saxifrage dans le département des Landes. A ce propos M. Lamarque rapporte que, de trois pieds de celte même Saxifrage plantés par lui dans son jardin, un seul avait prospéré, mais avait malheureusement été cassé accidentelle- ment au moment où il allait fleurir. Le P/ttosporum des Archioes Départi'mentales. — M. Bardii': entretient la Société Linnéenne du Piltosporum des Archives Départe- mentales dont elle s'est occupée au cours de ces dernières années (Voir Procès- Verbaux du 5 juin 1918 et 12 mars 1919). Il présente la photographie de ce bel arbuste et il fait don à la Société de la photolypie qui paraîtra dans nos publications. Notre collègue a appris que, dans les journées du IG au 19 septembre dernier, à l'occasion d'une cérémonie privée, les a:bres et arbrisseaux PhOCÈS-VERBAUX 65 qui garnissaient les parois et les angles des bâtiments des Archives ont été enlevés. La cour a été recouverte d'une épaisse couche de gravier. Il ne reste plus que les deux Chamœrops placés de chaque côté de l'entrée de la grille et le Pillosporum. conservé grâce. aux démarches de la Société Linnéenne. Le bel arbrisseau que nous sommes allés examiner de nouveau s'est garni d'une végétation nouvelle et, malgré sa mutilation, il continue à faire l'admiration du public. On ppul toutefois regretter, puisqu'on devait faire subir à la cour une telle transformation, qu'on ait émondé pareillement l'arbrisseau cente- naire qui ne gênait personne, ainsi que nous l'avons démontré. M. Llaguet dit que son travail avec M. Tempère fils, sur la flore du Bassin d'Arcachon, avance et qu'à ce sujet ils ont trouvé des variétés d'espèce nombreuses et très nettes. M. Bouchon fait remariquer qu'il en est souvent ainsi au bord de la mer. C'est ainsi qu'il existe une variété de la lupuline qu'il a trouvée auprès des rochers de Vallières. M. Bouchon dit qu'il a trouvé deux nouvelles stations de Myriophy- lum Proserpinacoïdes aux Allées de Boutant et à la barrière de la Benauge dans les prés ainsi que dans les marais de rivière. Une excursion mycologique est décidée pour le dimanche 26 octobre à Léognan et à Gradignan. Une seconde excursion pourrait être faite quinze jours après àCarbon- nieux, Le Thil avec retour par Cadaujac. La séance est levée à dix-neuf heures. Adaptation d'une Saxifrage dans le département des Landes. Par P. Dubalen. En 1872, il me fut donné par M. Verlot, chef de culture au Jardin des Plantes de Paris, toute une série de saxifrages vivantes des Alpes et des Pyrénées. Pendant quelques années je réussis à les faire vivre, cependant leur végétation devenant plus ou moins défectueuse, après cinq ou six ans elles avaient disparu et je ne m'occupais plus d'elles. Sur une terrasse ombragée par des magnolias, exposée au nord d'un grand bâtiment où je les avais installés au début, je trouvai en 1885 en bordure d'un escalier en pierre plus ou moins désagrégée quatre ou cinq P.-V. 1919. 5 CG PROCÈS- VEHUAL'X pieds de saxifraga hirsuta L., var : Geum, croissants parmi les bordu- res de buis, de lierre et de plusieurs autres plantes annuelles; depuis cette époque j'éloigne souvent toutes ces plantes et je constaie que mes saxifrages prennent de l'extension et que peu à peu elles gagnent tous les insterstices des marches de l'escalier. Cette espèce semble donc être adoptée à ce nouveau milieu dont l'altitude n'est que de 100 à 110 mètres. Les tiges florales de certains pieds atteignent 0.30 de hauteur qui est celle de la plante dans les Pyrénées. Réunion du 5 novembre 1919. Pi'ésidence de M. A. Bardié, Président intérimaire. M. le Président souhaite la bienvenue à M. le D'' Muratet qu'il est heureux de revoir parmi nous. CORRESPOiNDANCE 1" Lettre du Comité de la Foire de Bordeaux demandant à la Société de vouloir bien figurer dans le Comité de patronage de la « Semaine Coloniale et Touristique ». Sur la proposition de M. Bardié, la Société est d'avis d'accepter celte proposition. 2° Circulaire de la Fédération française des Sciences Naturelles invi- tant notre Société à la Réunion des Directeurs de publications scientifi- ques qui aura lieu le 13 novembre prochain. 3° Deuxième circulaire invitant la Société à l'Assemblée générale de la Fédération française des Sciences Naturelles qui se tiendra à Paris le 19 décembre 1919. Sur la proposition de M. Feytaud, il est décidé que la Société demandera à M. Gruvel, qui demeure à Paris, de vouloir bien la repré- senter à cette réunion : le Secrétaire général est chargé d'écrire dans ce sens à M. Gruvel. 4» Lettre de M. Scholl remerciant M. Bardié des renseignements qu'il lui a donnés sur M. Cl.waud. M. Bardié demande que l'on veuille PROCÈS-VERBAUX 67 bien, si possible, lui envoyer un exemplaire du catalogue où il pourra trouver tous les renseignements qu'il désire sur les travaux de M. Clavaud. 5° Lettre de M. Oberthur relative à sa dernière demande d'échange qui, de part et d'autre, ne peut être acceptée. ÉLECTIONS POUR 1920. L'Assemblée passe ensuite aux élections pour l'année 1920, 1° Éleclion des Membres du Conseil d'Administration : Sont élus : MM. Bardié, Baudrimont, Breignet, Daydie, Degrange- Touzin, De vaux, Feytaud, Lamarque, Llaguet, Malvesin, Muratet, Rozier. 20 Commission des Publications : Sont élus : MM. Malvesin, Muratet, Rozier. 3° Commission des Finances : Sont élus : MM. Daydie, Gouin, Lacouture, 4° Commission des Archives : Sont élus : MM. Castex, Chaine, Feytaud. COMMUNICATIONS 1° Communication de M. Henriot sur « les Pièges naturels des Papillons ». 2° Note de M- Henriot « sur Orrhodia Rubigo Rbr. ». Ces deux communications seront insérées dans les Piocès-Verbaux. 3° Communication de M. A. Bardié sur « Le Lappa major dans la Gironde ». Cette Communication sera insérée dans les Procès-Verbaux. 4» M. Bardié donne un aperçu de la dernière excursion mycologique ainsi qu'une première liste des Champignons récoltés. M. Simon doit prochainement nous en donner une nouvelle. M. Malvesin est chargé du compte rendu de l'excursion. • La séanc-e est levée à 18 h. 30. 68 PROCÈS-VERBAUX Les « pièges naturels » des papillons Par Philippe Henriot. Il n'y a plus aujourd'hui un seul lépidoptérisle qui n'ait recours aux pièges pour la chasse des hélérocères : l'emploi des appâts sucrés ou des appareils lumineux, où chacun peut apporter des variantes selon son ingéniosité personnelle, fournit des renseignements infiniment précieux sur des espèces dont on ne connaîtrait pas, sans eux, l'exis- tence dans telle ou telle région. Mais sans négliger, certes, des procédés dont j'use moi-même largement, il m'a paru intéressant d'insister un peu sur les « pièges naturels » — fleurs ou fruits — que nous avons à notre disposition. Les chasses dont je vais parler ici ont été faites au voisinage de Sainte-Foy-la-Grande ; la majeure partie d'entre elles sur ma propriété de Picon, qui domine le cours de k Dordogne à peu de distance du bourg d'Evnesse. La situation est favorable aux chasses : une longue bande de bois — chênes et charmes — couronne en eflet ce coteau ; un vieux mur vêtu de lierre entoure les environs immédiats de l'habi- tation : un vivier bordé de saules se trouve dans le voisinage; au sud, des vignes dominent sur un plateau qui s'abaisse rapidement vers un ravin boisé. La miellée et la lampe m'ont rapporté dans ce site des espèces fort intéressantes dont plusieurs n'ont pas encore été observées ailleurs en Gironde : Lophopteryx Cuculla Esp., Drepana harpagula Esp,, Agrolis cinerea M., Plusia iota L., Cleophana anarrhini Dup., Thalpochares Dardouini B. sont du nombre; mais je ne veux parler ici que de ce que j'ai trouvé sur certaines fleurs et certains fruits. Au plein de l'été, la diversité des lleurs est telle que les papillons semblent n'avoir guère de préférences marquées ; cependant, en mai, par exemple, le 8//^/i(? /iM. Pterophorns nionodaclylas L. Depressaria pallorella L. — yeatiana F. — purpurea H\v. — nervosa Hw. Theristis mucronella Se. etc., etc. . . La liste des captures faites sur les figues serait presque identique- ment la même, avec la suppression de quelques Géomètres que je n'ai pas encore vues fréquenter les figuiers et avec l'addition d'Ennomos alniaria L. et de Cerostoma perskella F. que je n"ai pas encore prises sur le lierre. Quant aux espèces du saule, en voici également la liste, moins longue, mais respectable encore, si l'on tient compte de la précocité de la saison et de l'inclémence ordinaire de la température et de l'atmosphère : Agrotis saucia Hb. Pachnohia rubricosa F. — leucographa Hb. Valeria jaspidea V\\\. Clantha hyper ici F. Tœniocampa goUiixa L. — miniosa F. — pulverulenla Es)). — slabilis View. Tœniocampa. incerla Hfn. — gvacilis F. Orlhosia ruticilla Esp. Hoporina croceago F. Orrhodia eri/lhrorrphala F. — ver 0)1 ira' Hb. — vau punctalum Esp. — vaccinii L. — liguln Es]). PROCES-VERBAUX /O Orrhodia rubiginea F. Larentia salicata-ablutaria B, — rubigo Rbr. — multistrigaria Hw. Scopelosoma satellitia L. — designata Rott. Xylina semibrunnea Hw. — badiata L. — socia Rott. PhibalapterijxpolygrammataBkh. — furcifera Hïn. Bapta pictaria Curt. — ornitopus Rott. Hibernia leucophœaria Schiff. Calocampa vetusta Hb. — marginaria Bkh. — exoleta L. Biston stratarius Hb. Xylocampa arcola Esp. Hemerophila abruptaria Thrhg. Scoliopteryx libalrix L. Sarrothripus revayana Se. Plusia guita Ga. Plati/ptilia acanthodactylaUh. Larentia siterata Hp. J'ai rintention de publier bientôt, avec le concours de notre collègue M. Gouin, dans les Actes de la Société Linnéenne une révision critique de toutes les espèces de macrolépidoptères authentiquement rencontrées jusqu'ici en Gironde et on y trouvera d'autres renseignements. Il m'a paru néanmoins de quelque intérêt de publier ces deux listes, singuliè- rement révélatrices, à elles seules, de la richesse de notre, faune lépi- doptérologique. Note sur « Orrhodia rubigo » Rbr. Je crois boa d'attirer de nouveau l'attention des lépidoptérisles de notre région sur YOrrhodia rubigo Rbr. Cette espèce, décrite par le célèbre médecin d'Ingrandes en 1871, sur un ex. unique provenant de la collection Pierret, avait été méconnue depuis lors et les collec- tions qui le possèdent l'avaient étiquetée Orrhodia rubiginea ¥. sur la foi d'une synonymie donnée par le Calalog Staudinger 1901. M. Charles Oberthiir a bien voulu, avec une très grande bienveillance, m'ofFrir l'hospitalité de ses. admirables Etudes de lépidoptérologie comparée pour y publier (fasc. XVI, pp. 333-339) la notice que j'avais rédigée sur cette espèce qui n'est encore connue que de la Gironde et des Landes. Assez rare à Saint-Côme-de-Bazas oiî M. l'abbé J. Sorin, curé du village, la capture néanmoins chaque année, elle est d'une prodigieuse abondance à Picon. Elle figure également dans la collection Lafaury, au Muséum, sous le nom de rubiginea F. 11 sera intéressant de savoir les limites de son aire d'extension. /4 PROCES-VERBAUX Les caractères distinctifs de rubiginea F. et de rubigo Rbr. sont assez nombreux. Le principal est évidemment la date d'apparition : à rencontre de toutes les Orrhodia qui éclosént à l'arrière-saison, rubigo éclôt en février, mars, comme Orthosia rulicilla Esp. Elle se distingue aisément de rubiginea par sa forme plus trapue, sa couleur plus ferru- gineuse — son nom de rubigo est à cet égard bien expressif — ; par sa ponctuation, non pas noire, mais d'un brun rouge foncé ; par la non transparence en noir de la réniforme sur le dessous des supérieures ; cette transparence est au contraire très nette chez rubiginea. J'ai décrit au mèuie endroit sous le nom de Joannisi nov. var. une variété nouvelle de rubigo dont j'ai pris trois ex. à Picon. Cette variété qu'on pourrait définir a alis anlicis albo-vel-griseo-variegatis » semble être exactement à rubigo ce que Graslim Obth. est à rubiginea F. Réunion du 3 décembre 1919. Présidence de M. Bardié, président intérimaiie. Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. CORRESPONDANCE i° Lettre de J\L Claverie remerciant de sa nomination de membre auditeur et demandant son admission comme membre titulaire à vie. •Cette candidature est adoptée. 2" Lettre de M. Gruvel acceptant de vouloir bien représenter notre Société à la réunion de la Fédération des Sociétés des Sciences Natu- relles du 13 novembre 1019. 3" Deuxième lettre de M. Gruvel faisant connaître qu'il a assisté à cette réunion où il a été nommé une Commission poiu" étudier la création d'une imprimerie coopérative pour assurer l'impression des publications scientifiques de tous ordres, et nous demandant de lui adresser pour la prochaine réunion tous les documents pouvant concerner notre Société à ce sujet. Après discussion, il ne semble pas que nous puissions nous engager à l'avance, d'autant qu'il nous est impossible de faire imprimer nos PROCES-VERBAUX 'O publications autrement que sur place. En tous cas réponse sera faite à M. Gruvel parle Secrétaire général pour le remercier d'avoir bien voulu représenter notre Société à cette réunion. 4° Lettre de M. Bouygues acceptante titre de membre correspondant de la Société Linnéenne et remerciant notre président intérimaire, M. Bardié, de ses félicitations. 5" Lettre de M. John Frôdin, Sund (Suède) qui étudie la question des limites forestières de Scandinavie, et demandant si l'on peut lui fournir des renseignements, pour études comparatives, sur celle dfs Pyrénées. M. Bardié transmettra la lettre à M. DescOmbes qui est tout indiqué pour donner avec autorité de telles indications. ADMINISTRATION M. Bardié rend compte de la dernière réunion du Conseil et donne la composition du nouveau bureau pour 1920 : Président MM. Bardié. Vice- Président D"" Lamarque. Secrétaire général. . . D^" Baudrimont. Trésorier Rozier, Archiviste Breignet. Archiviste adjoint . . Daydie. Secrétaire adjoint. . Malvesin. COMMUNICATIONS DIVERSES M Llaguet rend compte qu'à Arcachon eût lieu une excursion mycologique à la même date que celle de la Société à laquelle prirent part MM. L'aguet, Capdeville, Ilaillecourt et Tempère fils. Il montre ensuite la continuation de son travail avec M. Tempère fils sur la Flore du bassin d' Arcachon. Il présente quelques-unes de ces fiches qui portent mentionnées toutes. les indications concernant chaque espèce avec toutes leurs localisations, non seulement au pourtour d' Arcachon mais dans toute la région, Cazeaux, Cap Ferret, etc. Le travail que fait M. Tempère fils est considérable, car il a entrepris non seulement la Flore mais la Faune du Bassin d'Arcachon. M. Llaguet offre ensuite à la Société, au nom de M. le D'" Hillairet, trois cartons de 340 plantes. 76 PROCÈS-VERBAUX Enfin M. Li.aguet demande que, chaque année, la Société veuille bien consacrer une de ses excursions à Arcachon el ses environs, ce qui est accepté avec plaisir et à l'unanimité. M. Lataste offre ensuite un petit opuscule à la Société : The types of the mammnls described by M. Fernand Lataste., by Oldfield Thomas. Il nous montre des oranges de deux ans qui, après avoir atteint une certaine dimension et être devenues jaunes la première année, restent à la branche, redeviennent vertes pendant la période d'hiver, pour regrossir et rejaunir l'année suivante, et demande si ce phénomène est connu en botanique. M. Baudrimont offre à la Société un tirage a part d'un article paru dans le Journal de Médecine de Bordeaux sur son voyage en Russie, intitulé : Vingt jours en Laponie. 11 lit ensuite le compte rendu de l'Excursion faite à Arcachon le premier juin dernier, auquel fait suite l'intéressant compte rendu botanique de MM. LIagùet et Tempère fils. Au sujet de l'hypothèse souvent admise de l'introduction de la Phytolaque en Gironde par les moines de Carbonnieux, M. Malvesin fait remarquer que c'est une erreur qui a été relevée à plusieurs reprises notamment par Brochon. Enfin, M. Mâlvesin demande que, dès maintenant, on commence à. s'inquiéter des excursions prochaines et que l'on n'attende pas plus longtemps pour nommer la Commission chargée d'en établir le pro- gramme. La séance est levée à 18 heures 30. Note sur un oranger en caisse Par Fernand Lataste A Cadillac-sur-Garonne (Gironde^ je possède un oranger en caisse qui, chaque annéC;, se couvre de fleurs et de fruits. D'ordinaire ces fruits arrivent à une taille normale, jaunissent et mûrissent en automne, mais ne sont pas comestibles, leur intérieur se montrant membraneux et cotonneux, sans jus. Par exception, en 1918, l'année ayant été particulièrement ensoleillée et la caisse ayant été quotidiennement arrosée, j'ai pu récolter deux ou trois douzaines d'oranges douces et juteiises qui, sans être de première PROCES-VERBAUX i i qualité, valaient la moyenne de celles que l'on peut acheter sur nos marchés. Mais le fait que je tiens particuhèrement à signaler (quoique sans aucnne prétention de priorité ; car je ne suis pas botaniste et n'ai fait aucune recherche dans la littérature spéciale), fait que. j'observe réguliè- rement depuis pkisieurs années^ c'est le suivant : Si l'orange, jaunie et mûre à l'automne, est laissée sur l'arbre, elle reverdit plus ou moins au printemps et se remet à croître, pour jaunir de nouveau à l'automne. Un citronnier,' qui voisine avec cet oranger et qui, lui, me fournit régulièrement des fruits nettement supérieurs, par la taille et le jus, à ^ceux de nos marchés, présente le même phénomène : ses fruits, parfaitement jaunes et mûrs en automne, reverdissent et reprennent leur croissance au printemps. Compte rendu de l'Excursion du 1er juin 1919 à Arcachon Par M. le docteur Albert Baudrimont. Pour sa première sortie, la première aussi après la fm victorieuse du plus effroyable cataclysme qui ait encore bouleversé notre planète, notre Société ne pouvait mieux faire que de répondre à l'aimable invitation de son président M. le docteur Llaguet et de choisir, comme but d'excursion, la belle forêt qui borde à l'est le bassin d'Arcachon, entre la ville d'été et la future station du Pyla. Aussi, le 1^'' juin au matin, malgré les averses torrentielles de la nuit et la menace d'un ciel en grisaille ouaté de nuages noirs, les Linnéens, joyeux et mouillés, prenaient place, par petits groupes, dans les compartiments déjà bondés, regorgeant de la foule turbulente des dimanches. Bientôt, nous laissons loin derrière nous la ville maussade et triste, les forêts de Pessac et de (îazinet, empanachées de brumes flottantes. A Facture, le temps est encore indécis. Peu à peu cependant, quelques taches bleu clair, timides d'abord, puis de plus en plus nombreuses à mesure que nous avançons, déchirent la masse grise et, à notre arrivée, il fait tout à fait beau.' Notre Président, organisateur de cette journée qui, malgré nos 7) •. . Les « Balais des Sorcières » 26 — et Tempère fils. Compte rendu botanique de l'excursion d'Arca- chon, le l'^"' juin 1919 84 Malvesin Hypericum montanum et Narthecium ossifragum à Arlac 54 — Sur la Phytolaque en Gironde 76 Plomb Quelques plantes cueillies sur le front de guerre 51 QuEYRON (Ph.) Une nouvelle station A'Euphorbia palustris L. en Gironde 60 (1) La table des matières conlenues dans les Actes se trouve après ceux-ci. PROCES-VERBAUX ENTOMOLOGIE Feytaud (D"^) Dégâts causés sur les poiriers, pommiers el leurs fruits par Lt/c?o pyri, Cephus compt-essus et les Hoplocampa 54, 55 Feytaud (D'') el Gendre (D') Sur la répartition des gîtes d'Anophèles macu- iipennis et d'An, bifurcalus 24 — — Sur la résistance des larves d'Anophèles dans les eaux picriquées 25 Henriot (Ph.) Une espèce de Lépidoptère méconnue injustement : Orrhodia rubigo Rbr 58 — A propos des deux Lépidoptères girondins 59 — Sur l'époque d'éclosion de certains Lépidoptères .... 60 — Les « pièges naturels » des papillons 68 — Note sur Orrhodia rubigo Rbr. 73 Lambertie (M.) Note sur de nouvelles aberrations de la Cicindela hybrida L. (Col.) 35, 36 — Quelques Cécidies 58 ZOOLOGIE BouTAN Sur la forme générale des Gastéropodes 53 — Sur la flexion dorsale chez les Opistobranches 57 Gendre (D'') Description du mâle d'Echiniiria leptotili Gedoelst, Dispharage parasite du marabout 45 SUJETS DIVERS Bardié (A.) A propos du Pillosporum des Archives départe- mentales 33, 64 — Plscours prononcé à la Fête Linnéenne à Pessac, le 29 juin 1919....' 54 Baudrimont (D') Compte rendu de l'excursion du l" juin 1919, à Arcachon 77 Chaîne (J.) Mathématiques et Anatomie comparative 20 — Comparaison de la puissance des organes du vol chez les races de poules 27 — Objets fabriqués en tissu de papier 32 — Rapport sur la proposition d'affiliation de la Société Linnéenne à la a Fédération française des Sociétés de Sciences naturelles » 52 Feytaud (D') Sur le fonctionnement du piège de VAranJia ulbens. 36 PROr.KS-VERBAUX 89 Pages. Membres du Conseil el des Commissions 3 Personnel de la Sociélé 4 1 Admissions. 19,31,35,41,50 Mouvement du personnel. ... Démission ,19 I Décès 35, G3 Bullelin bibliographique 7 Dislinclions honorifiques 30 Dons divers 20, 32, 40, 41, 50, 51, 57, 58, 75, 7G Séance solennelle du 10^' anniversaire de la Société Linnéenne à Pessac, le 29 juin 1919 53 Sur le déboisement, le reboisement et vœux 19, 27, 35 Salle des collections d'études 31 , 40, 50 Fiches de Botanique, Entomologie, Géologie, Zoologie, etc 32 Vœu pour la création d'une maîtrise de Conférences de Zoologie 39 Sur un vœu relatif à la création d'une imprimerie coopérative pour l'impression de toufes les publications des Sociétés savantes 74 P.-V. 1919. lîonleaiix. — liiip. A. Sauonac & R. Droiii.i.aiîd, place de la Mdoirf •4^ roi'R I.A VENTE DES VOLUMES S'df/resser : ATHÉNÉE rue des Trois-Conils, 53 BORDEAUX M M. \667